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Plusieurs voix s’élèvent à gauche pour demander un acte II de la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes), fragilisée par de nombreux désaccords. A l’issue des élections législatives de 2022, cette coalition était pourtant devenue la première force d’opposition à Emmanuel Macron à l’Assemblée nationale. Retour sur les 10 premiers mois de la Nupes, avec deux journalistes du service politique du Parisien en charge de la gauche, Pierre Maurer et Julien Duffé.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Raphaël Pueyo, Emma Jacob et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network - Identité graphique : Upian

Archives : BFM, France 2, France 3, France Info.

#nupes #lfi #eelv

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Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11La verte Sandrine Rousseau ou encore l'insoumis Jean-Luc Mélenchon demandent un acte 2 de la NUP.
00:17L'ancien Premier ministre de François Hollande, Bernard Cazeneuve, lance de son côté son propre mouvement et fustige la coalition
00:24de gauche.
00:24En remportant 150 sièges de députés à l'Assemblée en juin 2022, la NUP est devenue la première force d
00:30'opposition à Emmanuel Macron.
00:32Mais depuis, elle se montre régulièrement divisée, par exemple sur la stratégie à adopter pendant l'examen de la réforme
00:39des retraites
00:40ou plus récemment à l'occasion d'une législative partielle début avril en Ariège
00:45ou encore quand la France Insoumise a voté le 11 avril la réintégration du député Adrien Catenins.
00:52Codesources retrace les dix premiers mois de la NUP à l'Assemblée
00:55avec deux journalistes du service politique du Parisien en charge de la gauche, Pierre Maurer et Julien Duffet.
01:05Et derrière Emmanuel Macron et Marine Le Pen, c'est Jean-Luc Mélenchon qui arrive en troisième position.
01:11On a choisi de commencer ce récit le dimanche 10 avril 2022, au soir du premier tour de la présidentielle.
01:17Ce soir-là, Jean-Luc Mélenchon fait un très gros score, près de 22% des suffrages exprimés.
01:23Les autres parties de gauche, eux, sont balayées avec moins de 5% des suffrages.
01:281,75% pour la candidate socialiste Anne Hidalgo.
01:32Pierre Maurer, Jean-Luc Mélenchon est en position de force à partir de là à gauche ?
01:36Oui, à ce moment-là, les écologistes sont en train de se déchirer sur la stratégie qui a été menée
01:40pendant la campagne de Yannick Jadot.
01:42Les socialistes, eux, sont balayés.
01:44Les communistes qui ont été menés par Fabien Roussel ont plutôt joué les figurants.
01:49Donc Jean-Luc Mélenchon, même s'il a pris un coup sur la tête en étant éliminé dès le premier
01:52tour,
01:53il est en position de force par rapport à ses partenaires.
01:55Au tout début du mois de mai, Europe Écologie Les Verts, puis le Parti Communiste et le Parti Socialiste
02:00annoncent successivement avoir trouvé un accord électoral pour les législatives
02:04avec la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon.
02:07Cette coalition va s'appeler la NUP pour Nouvelle Union Populaire, Écologique et Sociale.
02:13Julien Duffet, que prévoit cet accord électoral ?
02:15On se situe dans une élection législative, il y a la volonté de gouverner.
02:20Et cet accord, donc, c'est 650 propositions.
02:22Les principales qui sont mises en avant, c'est le SMIC à 1 500 euros,
02:26c'est la retraite à 60 ans, c'est le blocage des prix sur les produits de première nécessité.
02:30Il y a aussi l'instauration d'une 6e république ou encore l'allocation d'autonomie pour les jeunes.
02:39C'est la première fois qu'il y a un accord général de toutes les forces,
02:45dès le premier tour, sur des candidatures uniques, dans toutes les circonscriptions.
02:50Comment est-ce qu'il a réussi à convaincre ces différents partis de gauche de le rejoindre dans cette union
02:55?
02:55Déjà en proposant une discussion sur ces propositions,
02:58et en n'éludant pas d'ailleurs les différences,
03:01ils en ont listé 33 où ils ont ce qu'ils appellent les nuances.
03:03Le cœur de l'accord, c'est quand même un accord électoral,
03:06c'est-à-dire qu'il y a des circonscriptions réservées à chacun des partenaires,
03:10et la France insoumise, certes, se réserve la plus grosse part,
03:14mais il accorde suffisamment de circonscriptions aux socialistes, aux écologistes et aux communistes,
03:19pour qu'ils puissent soit maintenir leur groupe,
03:22soit en créer un pour les écologistes qui n'en avaient pas jusqu'ici.
03:25Au premier tour des élections législatives, le dimanche 12 juin,
03:28avec plus de 25% des suffrages au niveau national,
03:31l'ANUP est juste derrière la formation d'Emmanuel Macron,
03:35et au soir du second tour, l'ANUP apparaît comme la principale force d'opposition,
03:39avec environ 150 députés devant le Rassemblement national de Marine Le Pen, 89 députés.
03:46Dans le détail, la France insoumise a 72 députés,
03:49les socialistes 26, les verts 23 et 12 pour les communistes.
03:53Pierre Maurer, dès le lendemain, le lundi 20 juin,
03:57Jean-Luc Mélenchon, qui lui a fait le choix de ne pas se représenter aux législatives,
04:01demande la création d'un groupe parlementaire unique de l'ANUP au sein de l'Assemblée.
04:06« Nous devons être et rester une alternative unie.
04:10L'ANUP devrait se constituer comme un seul groupe au Parlement. »
04:14Il surprend ses partenaires,
04:15puisque cette proposition n'avait jamais été discutée avec eux.
04:19Pour eux, former un groupe unique,
04:21ça reviendrait à supprimer, en tout cas à diluer leurs identités.
04:26Et immédiatement, ses partenaires de l'ANUP lui opposent un refus net et catégorique,
04:30et Jean-Luc Mélenchon finira par abandonner cette proposition,
04:33et même faire un mea culpa.
04:34Dans les jours qui suivent, le premier secrétaire du Parti Socialiste,
04:37Olivier Faure, apparaît comme le chouchou de la France Insoumise et de Jean-Luc Mélenchon.
04:42« Parmi les Insoumis, on dit que les deux hommes parlent la même langue,
04:44la langue socialiste un peu, puisqu'on se souvient que Mélenchon est un ancien socialiste.
04:48Et puis dans les premières semaines de l'ANUP,
04:51il y a aussi des prises de parole assez incisives d'Olivier Faure,
04:54en meeting à Aubervilliers, puis à l'Assemblée,
04:57et qui sont saluées par les Insoumis.
04:59Ces interventions sont retweetées des milliers de fois par les Insoumises,
05:03qui d'ailleurs rend plutôt content Olivier Faure.
05:06On peut dire que dans ces premiers jours de l'ANUP,
05:08il y a une lune de miel entre Olivier Faure et la France Insoumise.
05:12Pierre Morer, le 1er août dans Le Parisien,
05:14vous racontez les premières divisions qui apparaissent à l'Assemblée au sein de l'ANUP.
05:18Oui, dès le départ, la proposition de Jean-Luc Mélenchon de former un groupe unique a jeté un froid.
05:22Ensuite, les Insoumis ont présenté une motion de censure sans en informer leurs partenaires.
05:27Donc ça a fait grincer, notamment chez les socialistes.
05:31Il y a aussi eu un tweet de la présidente des députés Insoumis,
05:34Mathilde Panot, le jour des commémorations de la rafle du Veldiv,
05:38dans lequel elle accuse Emmanuel Macron de rendre hommage au maréchal Pétain.
05:42Et ce tweet, il a beaucoup heurté chez les socialistes,
05:44notamment le député Jérôme Gage, qu'il a corrigé publiquement sur Twitter.
05:49Mais peu à peu, les choses se mettent en place.
05:51Et des réunions de coordination, notamment le mardi matin,
05:55se tiennent, ce sont en fait des cadres de régulation.
05:58Le vendredi 9 septembre, Fabien Roussel, le secrétaire national du Parti communiste,
06:02est à la fête de l'humanité.
06:03Et devant des journalistes, il dit vouloir défendre la gauche du travail,
06:07pas celle des allocations familiales.
06:09Un travail et un salaire. Et sortir d'un système de revenus de substitution,
06:14de RSA et d'allocations chômage.
06:17Cette phrase fait vivement réagir dans sa famille politique.
06:21Oui, pour tout vous dire, on était en interview avec Julien Dufay,
06:24le jeudi matin, avec Fabien Roussel, et il nous avait prévenu qu'il allait parler de ça.
06:29On a tout de suite compris que ça allait être assez explosif.
06:32Et immédiatement après sa sortie publique, donc le vendredi,
06:35ses partenaires de l'ANUP l'accusent directement de sortie de route,
06:40d'être trop à droite, voire de reprendre à son compte
06:43des propositions de la droite ou de l'extrême droite
06:46pour séduire cet électorat.
06:51Quelques jours plus tard, le mardi 13 septembre,
06:54éclate l'affaire Adrien Catenins.
06:56Le député insoumis fait l'objet d'une enquête pour violence par conjoint.
06:59Il reconnaîtra avoir giflé son épouse pendant une dispute.
07:03Et le dimanche 18 septembre, Jean-Luc Mélenchon apporte son soutien aux députés sur Twitter.
07:08Il lui redit notamment son affection.
07:11Cette réaction passe très mal, Julien Dufay, chez beaucoup de députés de gauche.
07:15Ça provoque un vrai malaise, d'abord dans ses propres rangs d'ailleurs,
07:19puisqu'il y a des députés comme Clémentine Autain,
07:21ou même la députée d'Orden, Pascal Martin,
07:24ou encore Manon Aubry qui est eurodéputée,
07:27qui très vite se désolidarise de Jean-Luc Mélenchon
07:30et qui explique en clair qu'elle ne se reconnaisse pas dans ses mots.
07:33Il y a des députés écologistes comme Sandrine Rousseau,
07:36mais également des socialistes, des communistes,
07:38qui vont condamner ses propos, qui vont parler de fautes politiques.
07:41Certains y voient même une sorte de déclin de Jean-Luc Mélenchon
07:44qu'ils jugent dépasser sur ces questions de violences faites aux femmes.
07:48Les Verts, eux aussi, vont être touchés par un scandale.
07:50L'affaire Julien Bayou, révélée par la verte Sandrine Rousseau
07:54le 19 septembre à la télévision.
07:56En résumé, Julien Bayou est accusé par une ex-compagne de violences psychologiques.
08:00Quel effet est-ce que ça produit au sein de la NUP ?
08:02La conséquence, c'est que Julien Bayou quitte son poste
08:06de président du groupe écologiste à l'Assemblée.
08:08Il y a une ambiance absolument délétère chez les Verts.
08:11Et plus largement, ça vient dans une période
08:13où il y a des crises en pagaille dans la NUP.
08:16On s'écharpe sur les propos de Sandrine Rousseau
08:18qui avait parlé du barbecue symbole de virilité.
08:22On s'engueule sur les propos de Fabien Roussel sur la gauche des Allocs.
08:25En quelques semaines, on est passé d'un été assez euphorique
08:29à une rentrée franchement catastrophique.
08:35Pierre Morer, le 16 octobre, vous publiez un reportage dans Le Parisien
08:39réalisé auprès des lecteurs de gauche, à Rennes-en-Île-et-Vilaine
08:42et à Ivry-sur-Seine-dans-le-Val-de-Marne
08:44Que vous disent ces hommes et ces femmes au sujet de la NUP ?
08:47Le peuple de gauche est encore sous le choc
08:50des affaires Quatennens et Bayou
08:51très surpris de cette rentrée horribiliste, compliquée pour la NUP.
08:56Mine de rien, il y a quand même un réel espoir
08:58qu'a suscité l'Alliance, notamment chez les plus jeunes électeurs.
09:01Mais la figure de Mélenchon reste clivante
09:03et beaucoup doutent de sa capacité à maintenir l'union
09:07voire à la faire gagner plus tard.
09:10Bonsoir, bonsoir, bonsoir, bonsoir à tous !
09:13Le samedi 29 octobre, l'ancien président socialiste, François Hollande,
09:17est l'invité de Léa Salamé sur France 2 dans son émission Quelle époque ?
09:21Pendant une séquence, l'ancien président doit imaginer une question
09:24pour les personnalités dont les photos apparaissent successivement à l'écran.
09:29Pour Jean-Luc Mélenchon, François Hollande lance
09:32Pourquoi continuer ?
09:33Puis s'affiche le visage d'Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti Socialiste.
09:38Olivier Faure.
09:39Pourquoi continuer encore ?
09:42Julien Duffet, pourquoi est-ce que François Hollande lance cette pique au sujet d'Olivier Faure ?
09:46Parce que pour l'ancien président, Olivier Faure se fourvoie dans cette ligne pronupe.
09:52Alors Olivier Faure, lui, il a pour projet de réarimer le Parti Socialiste à la gauche
09:58pour oublier les années Hollande.
10:00Donc on comprend bien pourquoi ça ne plaît pas à l'ancien président.
10:03Et en fait, ce que nous dit François Hollande à longueur d'interview,
10:07c'est qu'Olivier Faure est soumis aux insoumis,
10:10qu'il abandonne la gauche du sérieux, la gauche du gouvernement.
10:14Il dit même que Faure est devenu le porte-parole de Jean-Luc Mélenchon.
10:17Cette année, en 2023, le Parti Socialiste doit se réunir en congrès à Marseille du 27 au 29 janvier.
10:23Les divisions sont profondes.
10:25Ça se voit au moment du vote pour le poste de premier secrétaire du PS.
10:29Oui, deux lignes s'opposent.
10:31D'un côté, les partisans d'Olivier Faure, le premier secrétaire socialiste sortant.
10:35Et de l'autre côté, les partisans de Nicolas Maillard-Rossignol,
10:39qui est le maire de Rouen, qui s'oppose à Olivier Faure,
10:42et qui est beaucoup plus ambigu vis-à-vis de la NUP et de Jean-Luc Mélenchon.
10:46Les deux hommes, au premier tour, ont obtenu un score très serré,
10:50qui n'a pas pu être départagé par ce qu'on appelle une commission de recollement,
10:55qui était chargée de recompter les bulletins de l'ensemble des fédérations.
11:00Qui plus est, les deux s'accusent de tricherie et de coup bas.
11:04Donc le score n'est pas vraiment réglé.
11:06On se bat à coups de communiqué.
11:08Chaque camp revendique la victoire.
11:10Et au final, c'est plutôt celui d'Olivier Faure,
11:12qui est quand même plus ou moins arrivé en tête,
11:14qui obtient la victoire, mais qui est fragilisé sur ses bases,
11:18et notamment au sein du Parti Socialiste.
11:21Le 1er février, l'ancien Premier ministre de François Hollande, Bernard Cazeneuve,
11:25annonce dans l'hebdomadaire Le Point, Julien Dufay,
11:27qu'il va lancer son propre mouvement.
11:29Oui, il veut lancer son propre mouvement,
11:31parce que lui, il est clairement anti-NUP.
11:34Il a d'ailleurs claqué la porte du Parti Socialiste
11:37au moment où le PS avait conclu cet accord.
11:39Il avait accusé d'ailleurs le Parti Socialiste d'être devenu le toutou des insoumis.
11:44Avec ce mouvement, il veut fédérer tous ceux qui sont contre la NUP.
11:48Ce n'est pas encore un parti, mais à terme,
11:49on sent qu'il y a la volonté de créer un mouvement politique.
11:53On en vient au débat sur la réforme des retraites.
11:55Projet de loi examiné à l'Assemblée du lundi 6 au vendredi 18 février.
12:00Et le 13 février, un député insoumis, Aurélien Saint-Houle,
12:04dérape face au ministre du Travail, Olivier Dussopt.
12:06Vous ne pouvez pas arriver ici et me dire que la suppression des CHSCT n'a eu aucun effet.
12:12Ce sont 150 orphelins, veuves, veuves en plus.
12:16Et vous avez la responsabilité de ces choix politiques.
12:19Vous êtes un imposteur et un assassin.
12:22Le député insoumis va rapidement présenter ses excuses au ministre.
12:26Mais Julien Dufay, cette sortie est mal vécue par de nombreux élus de la NUP.
12:30Il y a une intervention qui est assez remarquée,
12:32c'est celle du patron du groupe communiste, André Chassène,
12:34qui se dit choquée, blessée, humiliée par les propos de son collègue.
12:39Il y a le patron des députés socialistes, Boris Vallaud,
12:42qui explique lui aussi qu'il ne faut pas utiliser de tels mots
12:45qu'ils peuvent blesser ou heurter.
12:47Même dénonciation chez les écologistes.
12:49Bref, il y a un vrai malaise autour de ce terme employé par Aurélien Saint-Houle.
12:53Pendant l'examen du texte, les différents groupes de la NUP
12:55ne sont pas d'accord sur la stratégie à adopter.
12:58La France insoumise veut maintenir des milliers d'amendements
13:02pour marquer son mécontentement.
13:03Mais Pierre Morer, les autres partis, les Verts, les socialistes, les communistes,
13:08retirent eux leurs amendements
13:09en espérant que l'article 7 du texte ait le temps d'arriver au vote.
13:14L'article 7, c'est le cœur de cette réforme,
13:16c'est celui qui recule l'âge de départ à la retraite à 64 ans.
13:20Les communistes sont les derniers à retirer leurs amendements
13:23dans un ultime coup de pression, d'une certaine manière, sur Jean-Luc Mélenchon
13:28pour pousser ces troupes à retirer leurs amendements.
13:30Ça les mènera à voter au sein de leur groupe
13:33et d'une courte majorité, ils décideront de maintenir leurs amendements jusqu'au bout.
13:38Dans la foulée, Jean-Luc Mélenchon publiera un tweet très polémique
13:41où il fustige la stratégie de ses partenaires
13:44de retirer leurs amendements,
13:46ce qui va créer de profonds désaccords au sein de la NUP.
13:51Pourquoi est-ce que les autres parties de la NUP voulaient que l'article 7
13:54soit soumis au vote des députés ?
13:56C'était l'idée de faire un coup d'éclat ?
13:58Tout du moins, en fait, les autres parties de la NUP voulaient clarifier la situation,
14:03c'est-à-dire qu'au moins en allant au vote,
14:05on pouvait savoir, une fois le vote passé,
14:08quels députés avaient voté ou non pour la réforme des retraites
14:12et pouvoir ensuite les pointer du doigt ou pas.
14:14Suite à ce désaccord stratégique, le 20 février,
14:17la députée Europe Écologie-Les Verts Sandrine Rousseau
14:20appelle à un acte 2 de la NUP, elle l'avait déjà dit.
14:23Quelle est son idée ?
14:24Elle réclame, notamment, ce sont ces mots,
14:27une coordination qui prenne des décisions de manière beaucoup plus claire et démocratique.
14:31Que les insoumis respectent ses partenaires,
14:34qu'il y ait un meilleur respect entre les composantes de l'intergroupe de la NUP.
14:39Elle réclame donc cet acte 2, c'est une formule qui va être beaucoup reprise,
14:41mais c'est vrai qu'il y a un flou autour de ce qu'elle recouvre réellement.
14:46Fin mars, l'actualité à gauche est marquée par une élection législative partielle en Ariège.
14:51Le second tour, le dimanche 2 avril, est un duel entre la députée sortante,
14:55l'insoumise Bénédicte Thaurine,
14:58et une socialiste opposée à la NUP,
15:00donc opposée à la direction du PS, Martine Fraugé.
15:03Finalement, c'est elle, la socialiste, qui remporte le scrutin.
15:06Le second tour de la législative en Ariège, résultat d'une guerre à gauche
15:11qui opposait la candidate sortante insoumise à une dissidente socialiste.
15:15Et c'est cette dernière, Martine Fraugé, qui a créé la surprise
15:18en renversant l'insoumise Bénédicte Thaurine, soutenue par la NUP,
15:21avec près de 60% des voix.
15:24Le leader de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon,
15:26dénonce ce soir, je cite, une lamentable combine politicienne.
15:31Pierre Maurer, qu'est-ce que cet épisode a mis en lumière ?
15:34Le premier enseignement, c'est que toutes les forces politiques
15:37qui sont opposées à la NUP, c'est-à-dire la droite, l'extrême droite,
15:41la majorité présidentielle, les macronistes,
15:44se sont coalisés d'une certaine manière pour soutenir Martine Fraugé,
15:48qui l'a largement emportée face à Bénédicte Thaurine, face à LFI.
15:53Il y a même l'ancien Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin,
15:56qui parle de front républicain contre la France insoumise.
15:59L'autre enseignement, c'est que les socialistes ressortent de la séquence très divisée,
16:03puisque la direction du Parti socialiste ne reconnaît pas l'élection de Martine Fraugé,
16:07en tout cas ne la reconnaît pas comme une députée socialiste,
16:10et fait un communiqué dans lequel il déplore sa victoire.
16:16Ce jour-là, toujours le dimanche 2 avril,
16:18Jean-Luc Mélenchon est à la télé sur France 3,
16:20et il reprend à son compte l'idée d'un acte 2 de la NUP,
16:23réclamé par Sandrine Rousseau quelques jours plus tôt.
16:26Oui, il est d'accord avec Sandrine Rousseau.
16:28On entend des voix à gauche parler d'acte 2, est-ce que c'est aussi le cas pour vous
16:33?
16:33Ah ben oui.
16:34Qu'est-ce qu'il faut faire ?
16:35J'en suis partisan, parce que la vérité c'est que nous avons réglé en 12 jours
16:39une crise qui durait depuis 10 ans.
16:42Il fait même à cette occasion un léger ma culpa,
16:44il dit qu'il n'aurait pas dû créer un groupe unique NUP à l'Assemblée,
16:47qu'il a voulu aller trop vite et que ça a heurté ses partenaires.
16:50J'avais proposé, moi j'ai voulu aller trop vite,
16:52à un moment donné j'ai dit on fait un seul groupe,
16:54alors après il n'est qu'ils n'ont pas le niché.
16:55Je pense que ce n'est plus à moi de m'exprimer là-dessus.
16:58Mais concrètement, il n'avance pas beaucoup de pistes
17:01pour concrétiser cet acte 2 qui reste quand même assez flou.
17:05Le mardi 4 avril, les députés de l'ANUP,
17:07quel que soit leur parti, sont invités à un séminaire à l'Assemblée.
17:11L'objectif c'est officiellement de parler de la suite à donner à l'ANUP.
17:16Pierre Morer, comment ça se passe ?
17:18Ça se passe plutôt bien en fait.
17:20Ces réunions ne sont pas propices aux grosses engueulades
17:23ou aux règlements de comptes, chacun y va plutôt de sa proposition.
17:27Un tel veut former, en tout cas proposer un gouvernement de l'ANUP.
17:31Un autre propose qu'on approfondisse le programme.
17:34D'autres veulent parler de 6ème République.
17:37Donc finalement ça n'avance pas vraiment.
17:39Et on en sort plutôt avec le sentiment d'un statut quo de l'ANUP.
17:43Mais chacun s'est promis en tout cas de répéter ses réunions plus régulièrement.
17:48En tout cas que tous les parlementaires de l'ANUP
17:50se rencontrent au moins une fois par mois.
17:52Le week-end des 8 et 9 avril, le leader communiste Fabien Roussel est à Marseille
17:56pour le congrès du Parti communiste.
17:58Et il prône une nouvelle fois ses distances avec l'ANUP.
18:01Oui, quelques jours avant il avait affirmé dans une interview à L'Express
18:04que l'ANUP était dépassée.
18:06Et là quand il est à la tribune au congrès du PCF à Marseille,
18:09il affirme que chez les communistes on vote démocratiquement pour élire le chef.
18:13Pas comme les tribuns, dans une référence évidente à Jean-Luc Mélenchon.
18:17Il est clairement dans une stratégie de former une autre union à gauche
18:21qui pourrait aller jusqu'à Bernard Cazeneuve qu'il a rencontré récemment.
18:25Nous appelons à aller plus loin.
18:27Et bien sûr, parallèlement à cela, nous continuerons de discuter
18:30avec toutes celles et ceux qui le souhaiteraient.
18:32Et ce n'est pas à nous de fermer la porte à qui que ce soit.
18:35Et il y a une détestation réciproque entre lui et Jean-Luc Mélenchon
18:39comme entre Jean-Luc Mélenchon et Bernard Cazeneuve.
18:42Pierre Morer, le mardi 11 avril, à l'Assemblée,
18:45le groupe insoumis vote à bulletin secret la réintégration d'Adrien Catenens
18:50qui avait été suspendu après sa condamnation pour violence conjugale.
18:5447 voix pour, 15 contre, 2 abstentions.
18:57Cette réintégration qui était voulue par Jean-Luc Mélenchon
19:00provoque un tollé au sein de l'ANUP.
19:03Oui, c'est sans surprise.
19:04Tout le monde s'attendait à ce qu'Adrien Catenens
19:07redevienne un député insoumis.
19:08Au sein de l'ANUP, la réponse est immédiate.
19:11Les socialistes dénoncent une faute politique
19:14dans un communiqué qui est d'une violence rare,
19:17en tout cas à l'égard de cette décision.
19:19Les écologistes sont sur une position un petit peu plus modérée.
19:22En tout cas, eux aussi disent qu'Adrien Catenens
19:25ne pourra en aucun cas participer aux instances de l'ANUP,
19:28mais qu'eux ne souhaitent pas faire d'ingérence
19:30au sein du groupe insoumis.
19:33Et c'est notamment ce qu'ils avaient dit le matin même
19:35en coordination de l'ANUP.
19:37Donc, tous les partenaires de LFI sont en désaccord
19:40avec cette décision,
19:42mais finalement, ils ne peuvent rien y faire.
19:44Julien Duffet, est-ce que l'ANUP est encore une coalition ?
19:48Oui, c'est une coalition,
19:49puisqu'on a quatre groupes parlementaires,
19:51des députés qui travaillent ensemble.
19:53La question, c'est la suite.
19:55Est-ce qu'elle est en dehors du Parlement ?
19:57Et notamment lors des prochaines élections.
19:59Or, on sait déjà que les chances sont quasi nulles
20:01pour que l'ANUP parte rassemblée aux européennes de 2024,
20:05puisque les écologistes qui veulent partir seuls à ces élections
20:08ont déjà dit non.
20:09Donc, on voit qu'en dehors de l'Assemblée,
20:13pour l'instant, il n'y a pas vraiment de réalité pour l'ANUP.
20:15En tout cas, il y a une difficulté à la faire sortir de l'Assemblée.
20:28Merci à Pierre Morer et Julien Duffet.
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