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Le camp présidentiel perd sa majorité absolue à l’Assemblée alors que le Rassemblement national obtient un nombre historique de députés. Récit.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Sarah Hamny, Thibault Lambert, Marion Bothorel et Lolla Sauty - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian

Archives : France Télévisions, Public Sénat, Franceinfo, L’OBS, France 24, BFM TV, LCP.

#election #nupes #lrem

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00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:13LREM et ses alliés ont perdu la majorité absolue à l'Assemblée.
00:17L'ANU, insoumis en tête, est la première force d'opposition.
00:20Mais si l'on regarde les partis séparément, c'est le RN de Marine Le Pen,
00:24qui est le premier parti d'opposition avec 89 députés.
00:28Voilà les principaux enseignements du second tour des législatives, le dimanche 19 juin.
00:35Comment Emmanuel Macron a-t-il mené la campagne des élections législatives ?
00:39A-t-il anticipé la forte poussée du RN ?
00:43Cet épisode de Codesources est raconté par David Doucan, chef du service politique du Parisien,
00:47et Rosalie Lucas, chef adjointe de ce service.
00:59Cette campagne des législatives débute en fait juste après le premier tour de la présidentielle.
01:04Le dimanche 10 avril, Emmanuel Macron et Marine Le Pen se qualifient pour le second tour,
01:09mais Jean-Luc Mélenchon termine troisième avec près de 22% des suffrages.
01:13Et le 19 avril, il lance un mot d'ordre dans une interview sur BFM TV.
01:18Je suis venu ce soir vous dire une chose.
01:21Je demande aux Français de m'élire Premier ministre.
01:25Je leur demande pour m'élire Premier ministre d'élire une majorité de députés insoumis.
01:30Rosalie Lucas, à ce moment-là, est-ce que la majorité présidentielle se lance dans la campagne pour les législatives
01:36?
01:36Pas du tout. On est dans l'entre-deux-tours de la présidentielle.
01:39Donc l'obsession d'Emmanuel Macron à ce moment-là, c'est d'être réélu le dimanche,
01:43et surtout réélu le mieux possible.
01:45Donc lui, de toute façon, avait dit à ses troupes,
01:48on ne parle pas législative avant la fin de la présidentielle.
01:51Le dimanche 24 avril, second tour, Emmanuel Macron est réélu président de la République.
01:56Emmanuel Macron, 58,2%, le prochain président de la République.
02:03David Doucan, que dit-il le soir de sa victoire ?
02:05Il envoie le message suivant, il dit...
02:07Dès à présent, je ne suis plus le candidat d'un camp, mais le président de toutes et tous.
02:16Parce qu'en fait, Emmanuel Macron sait bien et sent bien que la situation politique est compliquée.
02:23Il voit un pays face à lui qui est divisé.
02:26Il constate des résultats électoraux qui mettent des partis extrêmes très haut.
02:31Et donc, il est déjà dans cette inquiétude qui est de dire, voilà, j'ai réussi ce que personne auparavant
02:37n'avait réussi,
02:38c'est-à-dire être réélu dans le cadre du quinquennat et sans sortir d'une cohabitation.
02:44Mais, au fond, c'est comme si le plus dur restait à faire.
02:50Au tout début du mois de mai, entre le dimanche 1er mai et le mercredi qui suit,
02:54après plusieurs jours de tractation, les écologistes, les communistes, puis les socialistes rejoignent la France Insoumise,
03:01coalition baptisée Nouvelle Union Populaire Écologiste et Sociale, la NUP ou la NUPS ou NUPES.
03:07Comment réagit Emmanuel Macron à ce moment-là ?
03:10Ce qui est intéressant, c'est qu'au fond, il ne réagit pas vraiment.
03:13Pendant cette même période, Emmanuel Macron, lui, est occupé à essayer de construire un gouvernement.
03:17Sauf que construire un gouvernement, ça se fait dans l'ombre, ça se fait en privé.
03:22Si bien que, eh bien, Jean-Luc Mélenchon, non seulement réussit un coup politique important,
03:28mais a tout le loisir d'en faire état médiatiquement auprès de nos concitoyens.
03:33Et à ce moment-là, Emmanuel Macron cherche son futur premier ministre ou sa première ministre.
03:38Deux jours plus tard, le 6 mai, Rosalie Lucas, la majorité présidentielle, LREM, le modem de François Bayrou
03:44et le mouvement d'Edouard Philippe Horizon se rassemblent pour les législatives sous la bannière « Ensemble ».
03:50Ce qui est intéressant, c'est que ce n'est pas un parti unique, c'est une confédération.
03:54Chaque parti conservera son identité et surtout aura son propre financement.
03:58Pour un Edouard Philippe, c'est très important,
04:01puisque ça va permettre à son parti par la suite d'avoir du financement et donc de pouvoir exister.
04:06Ces tractations, elles ont été très très longues.
04:08Ça a duré quatre jours et quatre nuits.
04:10Ça a été très très tendu parce qu'il fallait accorder des circonscriptions aux uns et aux autres.
04:15Plusieurs fois, Edouard Philippe et son mouvement ont menacé plus ou moins de claquer la porte.
04:19Et à l'arrivée, Horizon, donc le parti d'Edouard Philippe notamment, décroche 58 circonscriptions.
04:25Ça ne veut pas dire qu'à l'arrivée, il aura 58 députés, parce que derrière, il faut gagner.
04:30Mais pour Edouard Philippe, c'était important de se dire que potentiellement,
04:34après les législatives, il aurait un groupe à l'Assemblée.
04:37Le 10 mai, les candidats investis par la majorité se réunissent à Aubervilliers, près de Paris, pour un séminaire.
04:43Emmanuel Macron fait une apparition en fin de matinée,
04:45mais la campagne de la majorité ne démarre toujours pas.
04:49Rosalie Lucas.
04:50Non, parce que Emmanuel Macron essaye un peu de motiver les troupes à Aubervilliers,
04:54mais il faut savoir qu'il y a des investitures encore à donner.
04:57Toutes n'ont pas été faites.
04:59Donc voilà, tout le monde ne peut pas se lancer.
05:01Et donc il y a encore un peu du flottement finalement,
05:03même si le mot d'ordre est là, il faut aller faire campagne.
05:06Mais médiatiquement, c'est toujours la gauche qui occupe le terrain.
05:09Le 16 mai, trois semaines après son élection, Emmanuel Macron nomme enfin sa première ministre,
05:14l'ancienne ministre du Travail Elisabeth Borne,
05:17ex-collaboratrice des socialistes Ségolène Royal ou encore Bertrand Delannoye.
05:21Quelques jours plus tard, le gouvernement est formé.
05:24Et comme en 2017, David Doucan, certains des ministres sont candidats aux législatives.
05:29Oui, il y en a 15 en tout, candidats dans différentes circonscriptions pour les législatives.
05:34Ce n'est pas anodin parce que la règle est connue.
05:37Elle a été même rappelée juste après la formation du gouvernement.
05:40Un ministre qui se verrait battu à l'élection législative dans sa circonscription
05:45devrait quitter le gouvernement et démissionner.
05:47Donc c'est un enjeu personnel et politique très fort pour chacun de ces 15 ministres.
05:52Le 18 mai, un candidat de la majorité présidentielle, Jérôme Perra, ancien conseiller d'Emmanuel Macron
05:57et qui se présentait en Dordogne, doit abandonner parce que sa condamnation pour violences conjugales a refait surface.
06:03Sa condamnation, qui est 3000 euros d'amende avec sursis pour fait de violences conjugales, remonte à 2020.
06:10Et le 18 mai, invité d'une matinale radio, le patron d'En Marche, Stanislas Guérini,
06:16a des propos qui ne passent pas, c'est-à-dire qu'il parle d'un honnête homme.
06:20Sur l'affaire, moi j'ai pris du temps pour lire, les attendus, pour comprendre, pour savoir
06:24si au fond on pouvait avoir affaire à quelqu'un qui pouvait être capable de violences volontaires.
06:30Je crois et j'en suis même infiniment convaincu que ça n'est pas le cas, sinon jamais, jamais j
06:35'aurais permis cette investiture.
06:36Or, quelle que soit l'histoire qu'il y a derrière, cet homme a été condamné.
06:40Donc c'est un peu compliqué d'avoir ces propos-là et en fait c'est ça qui met le
06:43feu.
06:44Et dans la journée, très rapidement, En Marche se rend compte qu'ils ne peuvent pas garder Jérôme Perra.
06:49Guérini l'appelle, ils discutent et en fin de journée, Jérôme Perra dit qu'il se retire.
06:54Le 21 mai, une enquête du site internet Mediapart met en cause le nouveau ministre des Solidarités
06:59et candidat dans l'un, l'ancien LR Damien Abad.
07:03Plusieurs femmes l'accusent de viol.
07:05Rosalie Lucas, c'est une campagne qui part mal pour la majorité ?
07:08Bah oui, parce qu'à nouveau, ça met le focus sur l'égalité hommes-femmes, les violences contre les femmes,
07:14le harcèlement.
07:15La plainte qui a été faite contre lui a été classée sans suite.
07:18Mais voilà, c'est encore une fois un bruit de fond qui est mauvais pour la majorité.
07:22Dans la majorité, personne n'est à l'aise.
07:24Le premier conseil des ministres se passe avec cette situation-là.
07:28Donc effectivement, ça part mal pour la majorité.
07:33Que disent les sondages à ce stade ?
07:35À ce stade, les sondages qui se projettent en nombre de sièges à l'Assemblée
07:40donnent une large majorité à la majorité présidentielle.
07:44C'est-à-dire, par exemple, il y a un sondage Harris Interactive
07:46qui donne entre 300 et 350 sièges à l'Assemblée pour la majorité.
07:50Donc là, c'est une majorité très large.
07:53Emmanuel Macron se satisfait tout à fait de ces chiffres-là.
07:56Le vendredi 3 juin, moins de dix jours avant le premier tour des législatives,
08:01Emmanuel Macron accorde une longue interview à l'ensemble de la presse quotidienne régionale
08:06dont fait partie Le Parisien.
08:07Et il attaque Jean-Luc Mélenchon, qu'il renvoie dos à dos à Marine Le Pen d'une formule.
08:12Le projet de Jean-Luc Mélenchon ou de Marine Le Pen, c'est le désordre et la soumission.
08:18David Doucan, Emmanuel Macron commence à redouter à ce moment-là un bon score de la NUP.
08:23En tout cas, il constate, comme chacun d'entre nous, une dynamique.
08:27Le fait qu'il y ait cette union, eh bien, remotive, redonne de la fierté
08:31à un électorat qui, depuis cinq ans, était dans une forme de démoralisation.
08:37Et ça, Emmanuel Macron, non seulement le perçoit, mais ce sont les remontées qui lui arrivent.
08:42Et le jeudi 10 juin, il est en déplacement dans le Tarn.
08:45Emmanuel Macron appelle les Français à lui donner une majorité claire.
08:48Ce que je veux pouvoir conduire, pour vous, à vos côtés, dans les années qui viennent,
08:53c'est la mise en œuvre du projet que j'ai défendu durant la campagne présidentielle
08:57et qui nécessite, comme le commande nos institutions,
09:01une majorité forte et claire à l'Assemblée nationale.
09:05Si l'élection du président de la République est cruciale,
09:08l'élection des députés est décisive.
09:11Quelle est la hantise ?
09:12C'est celle d'un deuxième mandat qui serait un quinquennat pour rien.
09:16C'est-à-dire sans être en capacité de réformer le pays en profondeur.
09:20Et donc, c'est pour cela qu'il se met lui-même en première ligne.
09:23C'est pour cela qu'il appelle ses électeurs à lui, à se mobiliser,
09:27pour pouvoir réformer le pays comme il le souhaite.
09:30Pendant ce déplacement dans le Tarn, le 10 juin, en fin de matinée,
09:33il est interpellé par une lycéenne.
09:35Vous mettez à la tête de l'État des hommes qui sont accusés de viol et de violence pour les
09:39femmes.
09:39Pourquoi ?
09:40Les propos de la lycéenne font le tour.
09:42Des réseaux sociaux sont entendus sur les radios, les télés.
09:45Mais ça reste un problème pour le gouvernement et pour la majorité présidentielle.
09:48Le dimanche 12 juin, c'est le premier tour des législatives.
09:50Le soir à 20h, la majorité présidentielle est au coude à coude avec la NUP.
09:56Un peu plus de 25,5% des suffrages.
09:5825,2% pour Ensemble.
10:01Donc la majorité présidentielle, 25,2% pour NUP.
10:07David Doucan, certains ministres candidats sont en danger dans la circonscription où ils se présentaient.
10:12Amélie de Montchalin dans l'Essonne, Clément Beaune, Stanislas Guérini, chacun dans leurs circonscriptions respectives à Paris.
10:19Chacun de ces ministres, dès le lundi matin, a redoublé d'efforts pour aller à la rencontre des habitants de
10:24leurs circonscriptions.
10:25Donc ça, c'était une première réaction.
10:27La seconde réaction, elle relève plus de la politique nationale.
10:31Pointez les aspects du programme de la NUP qui peuvent vraiment effrayer, rebooter l'électorat macroniste.
10:39C'est la stratégie des ministres qui sont en difficulté dans leur circonscription à ce moment-là, dans l'entre
10:44-deux-tours.
10:45Rosalie Lucas, dans le Loiret, l'ancien ministre de l'Éducation nationale qui vient de passer 5 ans à ce
10:50poste,
10:50Jean-Michel Blanquer, n'est pas qualifié pour le second tour.
10:53Il arrive dans cette circonscription, il n'a pas d'attache, donc il a l'image du parachuté.
10:59Après, il mène une vraie campagne, c'est-à-dire qu'il sillonne les routes du Loiret à bord d
11:04'une Renault Trafic,
11:06casquette sur la tête, voilà.
11:07Mais ça ne passe pas, sa campagne n'a pas été simple.
11:10Quelques jours avant le premier tour, il est aspergé de crème chantilly par deux enseignants.
11:15Et à l'arrivée, en plus, non seulement la campagne a été dure, mais en plus, ça n'a pas
11:19payé pour lui.
11:2126 députés sortants de la majorité sont battus dès le premier tour.
11:26Rosalie Lucas, par ailleurs, pendant la soirée électorale, il y a une confusion sur les consignes de vote pour le
11:31second tour,
11:31dans les circonscriptions où la majorité est éliminée et où le RN sera présent au second tour.
11:38C'est-à-dire que la majorité présidentielle ne s'est pas préparée à autant de duels entre la NUP
11:43et le RN.
11:44Donc Olivia Grégoire, nouvelle porte-parole du gouvernement, arrive sur les plateaux et elle parle de cas par cas.
11:49J'ai une question importante, si par exemple le RN se trouve face à LREM, au second tour, est-ce
11:55que vous appellerez à voter pour l'un ou pour l'autre ?
11:57Je trouve que vous demandez, alors qu'on n'a pas fini de dépouiller, on est encore sur des résultats
12:02qui ne sont pas définitifs, ça va bouger toute la soirée.
12:04C'est une question qui concerne très peu de circonscriptions.
12:07Je crois que ce sont des débats locaux et ce n'est pas ce soir un enjeu national.
12:10Elle ne parle en aucun cas de faire barrage au RN, ce qui normalement aurait dû être une consigne plus
12:15classique.
12:16Et donc là, ça part un peu en petite cacophonie.
12:19Vers 22h, 22h30, là, la position officielle, c'est de dire effectivement pas une voix au RN.
12:25Éventuellement, la majorité présidentielle peut accepter d'appeler à voter pour des socialistes, des écologistes.
12:31À chaque fois, ils ajustent un petit peu selon la circonscription et selon le profil du candidat de la NUP.
12:36Dès le lendemain, le lundi, la majorité se remobilise.
12:38Le lundi matin, Elisabeth Borne est en visioconférence, David Doucan, avec les candidats ensemble.
12:44Qu'est-ce qu'elle leur dit à ce moment-là ?
12:45Elle trouve à ce moment-là une formule.
12:47Puisqu'elle dit « Jean-Luc Mélenchon prétend vouloir devenir Premier ministre, il est surtout premier menteur ».
12:52La Première ministre a envie, de plus en plus, on le sent, d'assumer son rôle.
12:56Son rôle de chef de la majorité, de chef de campagne.
12:59Voilà ce qu'elle balance devant ses collègues.
13:03Dans les premières heures, au lendemain du premier tour des législatives,
13:06Emmanuel Macron ne fait pas d'allusion à l'élection qui vient de se passer.
13:10Le président de la République est en déplacement sur un salon d'industrie militaire et de sécurité.
13:15Il est interrogé et il dit « ce n'est pas le lieu, ce n'est pas le moment ».
13:19Donc dans un premier temps, il a une forme de réserve.
13:22Ça inquiète une partie de sa famille politique parce qu'en plus,
13:24ils ont en tête que son agenda de l'entre-deux-tours a une forte connotation internationale,
13:28avec un déplacement en Roumanie, en Moldavie.
13:31Les cassiques de la Macronie se disent « bon, vu que de toute façon, il est le seul dont la
13:35voix porte,
13:36s'il ne dit rien, s'il n'intervient pas pendant l'entre-deux-tours,
13:39on va avoir du mal à mobiliser nos troupes ».
13:41Donc il y a cette inquiétude-là.
13:43Mais le mardi 14 juin, à 15h30, avant de s'envoler justement pour la Roumanie et la Moldavie,
13:49il fait une allocution surprise sur le tarmac de l'aéroport d'Orly.
13:53Décrivez-nous la scène d'un mot, qu'est-ce qu'on voit à l'image ?
13:55Un pupitre est installé avec derrière lui l'avion, l'A330 présidentiel.
14:01La scénographie rappelle des scènes qu'on a souvent vues avec des présidents américains.
14:05D'abord, c'est une allocution très solennelle.
14:07Il s'adresse directement aux Français et il leur dit premièrement « donnez-moi une majorité solide ».
14:12J'entends les inquiétudes, les difficultés qui se sont exprimées.
14:17Et je respecte chaque voix, chaque sensibilité.
14:22Mais parce qu'il en va de l'intérêt supérieur de la nation,
14:25je veux aujourd'hui vous convaincre de donner dimanche une majorité solide au pays.
14:32Et puis, il cogne sur ses adversaires.
14:35En écoutant l'allocution, on comprend bien que c'est la NUP de Jean-Luc Mélenchon qui est principalement visée.
14:39Et là, il dit « rien ne serait pire que d'ajouter un désordre français au désordre mondial ».
14:46La situation internationale est trop grave.
14:47« Si vous votez pour la NUP, vous allez ajouter du désordre ».
14:50Et au fond, à la fin de l'allocution, on comprend que dans son regard à lui,
14:54les candidats de la NUP ne sont plus dans la République.
14:56Dimanche, aucune voix ne doit manquer à la République.
15:03Rosalie Lucas, on n'a pas parlé de Marine Le Pen et du Rassemblement National dans ce podcast.
15:08Elle est discrète pendant cette campagne ?
15:10Elle a été assez discrète avant le premier tour.
15:14On ne la voyait pas trop sur le terrain.
15:15Ce qui l'a un peu réveillé, c'est le stade de France.
15:17Donc avec les incidents qu'il y a eu pour la finale de la Ligue des Champions.
15:22C'est là qu'elle a commencé à dire « écoutez, élisez une centaine de députés RN et vous verrez
15:28que ce genre d'incident, il n'y en aura plus ».
15:30C'est ça un peu qui la réveille.
15:31Après, on la voit un peu plus sur le terrain.
15:33Elle va soutenir des candidats.
15:35Elle est très présente évidemment dans sa circonscription à Hénin-Beaumont.
15:38C'est là qu'elle commence à revendiquer un peu plus la « gagne », contrairement à ses débuts d
15:43'entrée en campagne.
15:44Mais l'URN est présent dans combien de circonscriptions pour le second tour du 19 juin ?
15:49Ils sont présents notamment dans 203 circonscriptions.
15:52Dans une centaine, ils sont en balotage plutôt favorable.
15:55Donc alors qu'avant le premier tour, les responsables du RN disaient « bon, ce qui serait bien, c'est
16:00d'avoir au moins un groupe à l'Assemblée, ça ne nous est jamais arrivé ».
16:03Donc un groupe à l'Assemblée, ça veut dire avoir au moins 15 députés.
16:06Après le premier tour, ils parlent d'avoir une cinquantaine de députés.
16:09« Attention, il est 20h. »
16:12Dimanche 19 juin, à 20h, les premières estimations sont dévoilées.
16:16C'est une claque pour la majorité présidentielle qui perd la majorité à l'Assemblée nationale.
16:21« 224 sièges pour Ensemble, la coalition présidentielle, suivie par l'ANUP, 149 sièges. »
16:28Finalement, LREM et ses alliés comptent 245 députés.
16:33L'ANUP termine deuxième force avec 131 sièges d'après le ministère de l'Intérieur, 142 en y ajoutant des
16:40candidats d'hiver gauche.
16:41Mais surtout, le Rassemblement national fait une percée historique avec 89 sièges de députés.
16:48Rosalie Lucas, comment réagit l'entourage d'Emmanuel Macron ?
16:52C'est la sidération, en fait. Ils ne s'attendaient pas à ce score-là, même si beaucoup disaient «
16:55bon, on aura peut-être du mal à accrocher la majorité absolue ».
16:58Il y avait quand même un certain optimisme et ils se disaient « on va quand même y arriver ».
17:02Donc, quand les résultats tombent, c'est une claque.
17:06Une claque d'autant plus importante qu'il y a des symboles qui tombent, des figures de la Macronie et
17:10des très fidèles du chef de l'État.
17:12Richard Ferrand est battu dans sa circonscription, Richard Ferrand qui était le président de l'Assemblée nationale,
17:18Christophe Castaner qui est le président du groupe des députés de la majorité présidentielle à l'Assemblée est battu également,
17:25sans compter les trois ministres qui ont été battus et qu'il va falloir remplacer dans le prochain gouvernement.
17:35Et au passage, on signale que le taux d'abstention frôle les 54%.
17:39Rosalie Lucas, pourquoi est-ce qu'il y a autant de députés et rassemblements nationaux élus ?
17:44Eh bien, une des clés, c'est sans doute la fin du Front républicain.
17:47Surtout au niveau local, il y a des candidats de la majorité présidentielle qui avaient été battus au premier tour
17:52et qui ont refusé de donner des consignes.
17:55Certains ont dit « moi, je voterais blanc », d'autres ont été très flous.
17:58Donc ça, ça reflète le fait qu'à la fois chez les responsables politiques, mais aussi chez les électeurs,
18:03le côté faire barrage au RN, ça ne marche plus.
18:06On l'a vu aussi, le second tour médiatiquement et au niveau politique a opposé Jean-Luc Mélenchon à Emmanuel
18:13Macron.
18:14Emmanuel Macron a beaucoup joué sur la peur de la victoire de l'ANUP en disant « attention, il faut
18:18sauver la République, votez pour nous ».
18:20Et donc finalement, en agitant cette peur de l'extrême gauche, entre guillemets,
18:24il a peut-être dissuadé certains électeurs de faire barrage au RN.
18:29Le lundi 20 juin, un gros titre par la une du Parisien, « ingouvernable ».
18:34Rosalie Lucas, avec cette Assemblée, le pays va effectivement être ingouvernable pour Emmanuel Macron ?
18:40Oui, parce qu'il y a 577 députés à l'Assemblée nationale,
18:44ça veut dire que pour la majorité absolue pour voter les textes, c'est 289.
18:48Or, la majorité présidentielle en a 245.
18:52Ça veut dire qu'à eux seuls, ils n'ont pas de quoi faire voter les textes à l'Assemblée
18:56nationale.
18:57Est-ce qu'Emmanuel Macron va essayer de faire alliance avec les Républicains ?
19:01Les Républicains qui ont 74 sièges, ça pourrait être une solution.
19:06Sauf que dès dimanche soir, les responsables des Républicains ont dit « attention, nous sommes dans l'opposition et nous
19:12y resterons ».
19:12C'est notamment Christian Jacob, le patron des Républicains, qui a dit ça dimanche soir.
19:16Donc ça veut dire que pour l'instant, il n'y a pas forcément d'alliance possible avec LR.
19:20Après, l'autre solution, ça peut être de faire des alliances au coup par coup pour chaque texte.
19:25Mais là, ça va être très très compliqué.
19:27Et on ne voit pas non plus les groupes de la NUP et du RN faire des compromis avec Emmanuel
19:33Macron.
19:33Donc là, s'ouvre une période très compliquée et peut-être instable à la tête du pays.
19:46Merci à Rosalie Lucas et David Doucan.
19:49Les résultats circonscription par circonscription, l'organisation de la nouvelle Assemblée, la réaction d'Emmanuel Macron et du gouvernement.
19:56Actualité à suivre en direct sur leparisien.fr.
20:00Cet épisode de Code Source a été préparé par Clara Garnier-Amouroux.
20:04Production Sarah Amny, Thibaut Lambert, Marion Bottorel et Lola Sauti.
20:09Réalisation Julien Moncouquiol.
20:11Code Source est le podcast d'actualité du Parisien.
20:14Nous publions un nouvel épisode chaque soir de la semaine.
20:16Pour n'en rater aucun, n'oubliez pas de vous abonner sur votre application audio préférée.
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