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Après la dissolution de l’Assemblée, le Rassemblement national cherche à faire alliance en vue des élections législatives anticipées. Cet épisode de Code source est raconté par Alexandre Sulzer et Quentin Laurent, journalistes au service politique du Parisien en charge de la droite et de l’extrême-droite.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Production : Thibault Lambert, Clara Garnier Amouroux, Camille Ruiz - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network -
Archives : France 2, TF1, BFMTV, RTL.
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NewsTranscription
00:03Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Une campagne électorale de trois semaines pour les législatives du 30 juin et 7 juillet
00:16et dans les premiers jours une dynamique favorable au Rassemblement National.
00:21Dans les jours qui ont suivi l'annonce de la dissolution de l'Assemblée par Emmanuel Macron,
00:25le RN a reçu deux soutiens importants, celui du président des Républicains Éric Ciotti
00:31et celui de Marion Maréchal, la tête de liste aux Européennes du mouvement d'Éric Zemmour, reconquête.
00:36Éric Ciotti comme Marion Maréchal ont été exclus de leurs partis respectifs suite à ce rapprochement.
00:43Codesources racontent l'annonce choc de la dissolution et le tout début de campagne pour les législatives,
00:48vu du RN, avec deux journalistes du service politique du Parisien en charge de la droite et de l'extrême
00:54droite,
00:54Alexandre Sulzer et Quentin Laurent.
01:04J'ai décidé de vous redonner le choix de notre avenir parlementaire par le vote.
01:11Je dissous donc ce soir l'Assemblée Nationale.
01:14Dans cet épisode de Codesources, on va raconter la dissolution et le début de la campagne des législatives,
01:20vue du RN.
01:22Un mot d'abord sur Jordan Bardella.
01:24Il a 28 ans, fils unique de parents divorcés d'origine italienne.
01:28Il grandit en banlieue.
01:29Il adhère au FN à l'âge de 17 ans en 2012.
01:32Il étudie la géographie à la Sorbonne, mais il abandonne son cursus sans diplôme pour se consacrer à la politique.
01:39Repéré par Marine Le Pen, il est tête de liste aux Européennes 2019 à 23 ans.
01:44Il rassemble un peu plus de 23% des suffrages et pour ses Européennes 2024, il arrive en position de
01:52force, Alexandre Sulzer.
01:53Pourquoi ?
01:54Parce que l'opinion est clairement sensible à son discours sur le pouvoir d'achat, sur l'immigration, sur la
02:02sécurité dans le cadre d'une France qui n'a pas de majorité à l'Assemblée Nationale.
02:06On a l'impression qu'on est dans un pays un petit peu bloqué et le RN incarne plus que
02:11jamais, aux yeux d'un grand nombre de Français, une alternative.
02:15En tout cas, c'est comme ça qu'il se présente et les sondages, effectivement, sont très bons pour Jordan
02:20Bardella.
02:21Depuis l'annonce de sa candidature, dès septembre, il sera toujours en tête des sondages.
02:25Jordan Bardella, d'un mot, il est plutôt bon client dans les médias.
02:28Il est aussi très présent sur les réseaux sociaux comme TikTok.
02:30Oui, c'est sa grande force. Dès qu'il a pris la tête de la liste des Européennes en 2019,
02:35il a été formé, médiatrainé pour être une bête de plateau.
02:39Et c'est également une bête des réseaux sociaux sur TikTok et sur les autres réseaux sociaux prisés des jeunes.
02:44Il fait des petits formats complètement dépolitisés, pas de message politique, mais une image sympathique, très lisse, qui plaît beaucoup.
02:51Ma mère me remercie pour lui avoir souhaité une bonne fête des mères devant 5 millions de Français.
02:57Qui n'est pas donné à tout le monde, donc j'en profite.
03:00Quentin Laurent, à plusieurs reprises, comme le 17 avril sur BFM TV, Jordan Bardella réclame en cas de victoire aux
03:07Européennes la dissolution de l'Assemblée.
03:09Si je suis en tête des élections européennes le 9 juin prochain, je demanderai le soir même la dissolution de
03:15l'Assemblée nationale.
03:16Pourquoi est-ce qu'il demande ça ?
03:17Il demande la dissolution parce que Bardella, comme Marine Le Pen, veulent faire de cette élection un enjeu national.
03:23Donc ils veulent lier les élections européennes qui n'ont a priori rien à voir avec la politique nationale.
03:28Ils veulent en faire un enjeu, ils veulent utiliser ce qui sera leur victoire pour faire trébucher Macron,
03:33pour donner vraiment l'impression que cette victoire aux Européennes engage le président de la République.
03:38De son côté, Alexandre Sulzer, Marine Le Pen demande un débat avec le président Emmanuel Macron.
03:43L'intérêt de Marine Le Pen, c'est de dualiser le paysage politique, elle et Emmanuel Macron.
03:49Et plus ce duel est mis en scène, plus c'est dans son intérêt.
03:53Le jeudi 23 mai, France 2 organise un débat entre Jordan Bardella et le chef du gouvernement Gabriel Attal.
03:59Quentin Laurent, est-ce qu'on peut dire que le président du RN réussit son débat ?
04:03Alors, ce qu'on peut dire, c'est qu'il est venu préparer.
04:05On sent qu'il a travaillé, il est venu avec plein de chiffres, plein de détails précis.
04:09Clairement, il a bossé.
04:10Le patriotisme économique à l'intérieur, la priorité nationale pour nos entreprises dans la commande publique, la préférence européenne.
04:16Mais, quand on prend un petit peu de recul, il donne l'impression d'être sur la défensive,
04:20de laisser la main à Gabriel Attal et du coup, d'être moins à l'offensive
04:24et d'être un petit peu en dessous de Gabriel Attal sur cette séquence.
04:28Le Premier ministre qui, sur le coup, va donner l'impression de remporter la manche.
04:32Si vous l'avez lu, vous devriez savoir qu'elle entre en vigueur en 2026.
04:35Non, je n'ai pas besoin de la lire, monsieur.
04:36Je regarde la facture d'énergie des Français et des entreprises.
04:39Mais mettez-vous à la place des fois, monsieur Attal.
04:42En tout cas, ce n'est pas un débat raté pour Jordan Bardella,
04:45comme ça avait pu être le cas pour Marine Le Pen en 2017.
04:48Ce n'est pas du tout un débat raté.
04:49Globalement, il est venu préparer, il a plutôt réussi sa prestation.
04:54Mais, quand on compare à Gabriel Attal, on voit qu'il était plus en défensive.
04:59Il est 20h, vous la découvrez, notre première estimation.
05:02On en vient au soir des élections européennes, le dimanche 9 juin.
05:05Les estimations tombent à 20h et la large victoire du RN annoncée par les sondages est confirmée.
05:1131% des suffrages exprimés.
05:1330 députés européens français sur 81 sont désormais RN.
05:18Comment réagit Jordan Bardella juste après l'annonce des résultats ?
05:21Il prend la parole dès 20h05.
05:23Le but, c'est vraiment de réagir tout de suite, avant même le président de la République,
05:26pour s'afficher comme le grand vainqueur du scrutin
05:29et, à nouveau, marteler le message que tout le monde attendait,
05:33à savoir un appel à la dissolution de l'Assemblée nationale.
05:35Le président de la République doit choisir de s'en remettre à l'esprit des institutions.
05:41Nous lui demandons solennellement de prendre acte de cette nouvelle donne politique,
05:45d'en revenir au peuple français et d'organiser de nouvelles élections législatives.
05:53À 21h, Emmanuel Macron s'exprime de l'Elysée, une allocution de 5 minutes,
05:58dissolution de l'Assemblée, législative anticipée les 30 juin et 7 juillet.
06:02Le président parle, je cite, d'un temps de clarification indispensable.
06:07Comment réagit Jordan Bardella en découvrant cette décision comme tout le monde ?
06:11Jordan Bardella est avec Marine Le Pen dans un petit salon au premier étage d'un pavillon du parc floral
06:17au bois de Vincennes, près de Paris, enfermé, comme ça, avec l'état-major du parti.
06:23Donc, sa réaction, quand il la prend, n'est pas publique,
06:26mais on sait qu'il ne s'y attendait pas du tout.
06:28L'appel à la dissolution, c'était une posture, c'était pour déstabiliser Emmanuel Macron.
06:33Il partait du principe qu'il ne le ferait pas et donc qu'il pourrait le mettre face à ses
06:37contradictions.
06:38Là, Emmanuel Macron le prend au mot, il dit, allez, d'accord, je dissous,
06:43et ça prend complètement l'état-major du RN à contre-pied.
06:47À partir de là, beaucoup de Français ont le sentiment, qu'ils le redoutent ou bien qu'ils l'espèrent,
06:52que Jordan Bardella peut finir en tête de ses législatives anticipées.
06:56Marine Le Pen précisera rapidement que c'est bien lui, Jordan Bardella,
06:59et non elle, que le RN voudrait à Matignon dans cette hypothèse.
07:03D'abord, Quentin Laurent, on rappelle que le RN a gagné 89 sièges de député
07:07aux législatives de juin 2022, quelques semaines après le très gros score de Marine Le Pen
07:12en avril 2022 au second tour de la présidentielle.
07:15Elle avait rassemblé près de 41,5% des suffrages exprimés.
07:19Pourquoi, deux ans plus tard, le RN ferait un score beaucoup plus important aux législatives qu'en 2022 ?
07:25Depuis deux ans, Marine Le Pen a tout fait pour apparaître comme une opposition responsable.
07:32C'est ce qu'on a appelé la stratégie de la cravate,
07:33pour montrer que non, elle et ses députés ne sont pas des excentriques, des extrémistes,
07:39ce sont des gens sérieux, qui travaillent,
07:41et ça a pu infuser dans l'opinion,
07:44et de fait, ça pourrait expliquer que des gens refusent moins de voter pour eux.
07:47Les enquêtes d'opinion le montrent.
07:49Depuis deux ans, Marine Le Pen et le Rassemblement National progressent dans l'opinion,
07:54et ce, même dans les catégories de population qui étaient jusque-là très réticentes à voter pour le RN,
08:00comme par exemple les cadres ou les personnes âgées.
08:07Dans l'hypothèse d'une victoire du RN aux législatives,
08:10hypothèse dont on ignore le degré de probabilité,
08:13est-ce que ce parti aurait les ressources humaines pour former un gouvernement ?
08:16Le gouvernement Attal, par exemple, compte environ 35 membres,
08:20avec les ministres délégués et les secrétaires d'État.
08:22Alors, les 35 membres, le RN, ils les ont.
08:24Après, la question, c'est de savoir, est-ce qu'il y a 35 personnes
08:26qui ont vraiment les épaules, l'expérience, l'expertise,
08:29pour pouvoir tenir ce genre de poste ?
08:32Alors, Marine Le Pen est plus entourée aujourd'hui qu'elle ne l'était il y a quelques années.
08:36Ensuite, c'est une question à laquelle il est difficile de répondre.
08:39Alexandre Sulzer, est-ce que le RN a assez de monde pour avoir des candidats partout à ces législatives ?
08:44On rappelle qu'il y a 577 députés à l'Assemblée.
08:47Est-ce qu'il y a aujourd'hui 577 candidats solides au sein du RN ?
08:52En tout cas, le RN soutiendra des candidats dans l'ensemble des circonscriptions.
08:56L'objectif, c'est que l'ensemble des candidats aient déposé leur candidature
09:00ce jeudi 13 juin dans les préfectures.
09:03On ne sait pas encore la liste des candidats, donc c'est difficile de savoir leur fiabilité.
09:07Ce qui est sûr, c'est que le parti a énormément travaillé en amont
09:10pour être prêt pour dégainer des candidats, être prêt en cas de législative anticipée.
09:16Ils ont fait passer des entretiens importants pour pouvoir placer les meilleurs candidats possibles,
09:23à leurs yeux en tout cas, par rapport aux candidats qu'ils avaient présentés en 2022.
09:27Les candidats qui ont raté de peu l'élection il y a deux ans dans des territoires qui leur étaient
09:34pourtant favorables,
09:36si l'état-major a jugé que c'était plus du fait de leur mauvaise campagne,
09:41parce qu'ils n'étaient pas convaincants, parce qu'ils n'ont pas réussi à bien se mobiliser,
09:44ont tous été écartés. L'objectif, c'est d'avoir les meilleurs profils cette fois-ci,
09:48parce que pour la première fois, l'ERN peut, de façon crédible, peut-être atteindre le pouvoir.
09:55A quoi ressemble l'ERN vu de l'intérieur ? Est-ce que c'est une grosse structure ?
09:58Le siège est une petite structure qui se situe rue Michel-Ange dans le 16e arrondissement.
10:02Il n'y a pas de logo, c'est très discret. Il est sur trois étages.
10:05Pour y monter, il y a un ascenseur minuscule. On tient à peine à deux, trois personnes.
10:10Et ensuite, une fois qu'on est dans les étages, ce sont des grands couloirs avec, de chaque côté,
10:15des petits bureaux assez impersonnels. Ce n'est pas très impressionnant, ce n'est pas très spectaculaire.
10:19Et les gens qui comptent au ERN, ils sont combien aujourd'hui ?
10:21Aujourd'hui, dans les gens qui comptent au sein du Rassemblement National,
10:25il y a un peu deux écuries, celle de Marine Le Pen, celle de Jordan Bardella.
10:29Chacun a environ une dizaine de fidèles sur lesquelles ils se reposent,
10:33qui leur donnent des conseils stratégiques, des conseils politiques.
10:36Donc ça fait une vingtaine vraiment de personnes dont on peut dire qu'ils sont la tête du parti.
10:40Alexandre Sulzer, au lendemain des Européennes et de la dissolution,
10:43le lundi 10 juin, vers 17h, Jordan Bardella et Marine Le Pen rencontrent Marion Maréchal à Paris,
10:49au siège du ERN qu'on vient d'évoquer.
10:52Marion Maréchal, la nièce de Marine Le Pen, est tête de liste aux Européennes du parti Reconquête d'Éric Zemmour.
10:57Le but de cette rencontre, déjà, c'est que les gens le sachent.
11:01Dès que le principe de l'arion a été acté, ils ont fait fuiter dans la presse,
11:05les caméras ont été conviées.
11:06Et s'ils avaient voulu se rencontrer de façon discrète, ils auraient pu le faire dans n'importe quel appartement
11:10d'une connaissance.
11:11Là, le but, c'est de faire un acte politique,
11:14où Marion Maréchal, en réalité, déjà trahit Éric Zemmour d'une certaine façon,
11:18puisqu'elle n'a aucun mandat de son parti pour négocier.
11:21Mais elle s'approprie ce mandat,
11:23et en son nom propre, va négocier avec Jordan Bardella et Marine Le Pen.
11:28C'est un peu une sorte de retour à la maison, même si elle-même ne rejoint pas formellement le
11:32Rassemblement National.
11:33Quand elle sort, elle dit qu'elle est prête, qu'il n'y a rien d'acté,
11:36mais que les deux partis sont d'accord pour s'entendre,
11:40à condition, précise-t-elle, que Éric Zemmour ne soit pas dans la boucle.
11:45Quant à Laurent, que dit Jordan Bardella après cette réunion ?
11:48Jordan Bardella, l'important pour lui, c'est de montrer qu'il est capable de rassembler,
11:51au-delà de son parti, d'où cette réunion avec Marine Maréchal,
11:55mais surtout, il annonce avoir d'ores et déjà des contacts avec des cadres importants du parti Les Républicains.
12:00Alors, à ce moment-là, on ne peut pas le vérifier,
12:02mais c'est une annonce qui, potentiellement, change la donne.
12:05Bonsoir Marine Le Pen.
12:06Bonsoir.
12:06Le soir du lundi 10 juin, Marine Le Pen est l'invité du 20h de TF1,
12:10et elle est catégorique.
12:11Le RN est prêt à gouverner.
12:13C'est ce que les Français attendent de nous.
12:15Ils ont lancé un signal clair.
12:17Ils ont dit, nous souhaitons que l'on change de direction.
12:22Eh bien, nous leur disons, chiche, nous sommes prêts à le faire.
12:27Le lendemain, le mardi, Éric Ciotti, le président du parti Les Républicains,
12:30est l'invité du 13h de TF1, et il fait une annonce fracassante.
12:34Il appelle à faire alliance avec le RN pour les élections législatives.
12:38Donc, il faut une alliance, c'est le sens de la Vème République.
12:41Une alliance avec qui, Éric Ciotti ?
12:43Une alliance avec Marine Le Pen, clairement, c'est ce que vous nous annoncez ?
12:45Une alliance avec le RN, avec ses candidats ?
12:49Éric Ciotti n'avait prévenu absolument personne de sa famille politique
12:53qu'il allait appeler à cet accord.
12:56Tout juste, avant le 13h, il prévient Laurent Wauquiez,
12:58qu'il soutenait quand même pour la présidentielle,
13:00pour lui dire, écoute, voilà, je pense que c'est la meilleure solution.
13:03Et donc, pendant ce JTD, il dit, voilà, il faut faire alliance avec le RN,
13:08défendre les valeurs de la droite, c'est comme ça qu'on peut s'en sortir.
13:10Il dit qu'il n'a pas réussi avec LR à faire exister ce parti seul,
13:15et que, voilà, pour faire emporter ces valeurs, ces valeurs de droite, dit-il,
13:18il faut s'allier avec le RN.
13:20De nombreux responsables républicains se désolidarisent aussitôt.
13:24Alors, la quasi-totalité, même peut-être tous les responsables les plus importants des républicains
13:28se désolidarisent avec Éric Ciotti.
13:31Gérard Larcher, le patron du Sénat, Bruno Retailleau, Laurent Wauquiez lui-même.
13:35Quand on fait de la politique, on ne répond pas par des accords, des coalitions,
13:40des petites ententes faites en catimini pour négocier des circonscriptions.
13:43Tout le monde dit non, ce n'est pas possible, ça va contre l'histoire de notre parti,
13:48ça va contre nos valeurs.
13:52Alexandre Sulzer, mardi après-midi à 16h, Marion Maréchal publie un communiqué
13:57indiquant que sa formation reconquête n'a finalement pas trouvé d'accord avec le RN.
14:03Oui, en fait, c'est Jean-Anne Bardella qui l'a appelé en milieu de journée pour lui dire
14:05finalement, on ne fera pas d'accord avec toi.
14:08Les propos qu'a tenus Éric Zemmour pendant la campagne contre nous
14:12et la virulence de ses propos, l'outrance de ses propos,
14:15ne font qu'un accord avec lui est impossible.
14:17Les entourages de Marion Maréchal et d'Éric Zemmour se rejettent la responsabilité de cet échec.
14:22Oui, absolument.
14:24Évidemment, Marion Maréchal considère que c'est la stratégie d'Éric Zemmour
14:26pendant la campagne qui a cogné comme un sourd contre Jordan Bardella
14:30qui rend impossible ce rapprochement et ce que dit également d'ailleurs Jordan Bardella.
14:35En revanche, de l'autre côté, ils assurent que Marion Maréchal a voulu être trop gourmande,
14:40qu'elle avait des exigences de sièges qui étaient trop élevées,
14:43qu'elle a été manipulée par le RN, qu'elle a été mise en scène,
14:47que les propos d'Éric Zemmour, outrancier selon le RN,
14:51étaient déjà connus de Jordan Bardella, donc pourquoi l'avoir convoqué avant ?
14:55Et donc, c'est aussi une rivalité de narratif qui se met en place.
14:58Alexandre Sulzer, dans votre article racontant cet épisode dans Le Parisien,
15:01vous avancez, vous, une autre explication.
15:04Oui, ce qui se dit également, c'est qu'en fait, le lundi,
15:08Jordan Bardella, qui connaît pourtant la nature de reconquête,
15:11est prêt à discuter avec une partie de reconquête, en tout cas avec la partie marionniste,
15:17et qui, finalement, il change d'avis le lendemain.
15:20Entre temps, qu'est-ce qui s'est passé ?
15:21Il y a quand même eu un accord avec Éric Ciotti.
15:24Donc, on peut se douter qu'il y a un lien entre les deux,
15:27d'autant qu'Éric Ciotti ne voit pas forcément d'un bon oeil la concurrence de reconquête
15:31dans sa propre circonscription des Alpes-Maritimes.
15:34Il aurait dit qu'il ne voulait pas que l'ERN se mette d'accord avec reconquête,
15:38comme il aurait posé ça comme condition d'une signature avec le Rassemblement National.
15:43Mais lui dit que c'est complètement faux.
15:46Il a même, selon mes infos, appelé Éric Zemmour pour lui dire que c'est complètement faux.
15:50Quant à Laurent, Éric Ciotti, lui, convient d'évoquer,
15:53il est exclu du parti par un bureau politique des Républicains le mercredi 12 juin.
15:58Oui, la totalité des ténors du parti Les Républicains,
16:01se sont réunis à 15h au Musée Social, donc pas très loin de l'Assemblée Nationale,
16:06et ils ont voté à l'unanimité l'exclusion de leur propre président de parti, Éric Ciotti.
16:12Alors, il a répliqué dans la minute en publiant un communiqué
16:15en disant que ce bureau était nul et non avenu
16:17parce que seul lui, président de LR, avait la possibilité de le convoquer.
16:22Donc, il y a une vraie bataille juridique qui s'engage.
16:24En clair, il ne rend pas les armes, Éric Ciotti ?
16:25Ah non, il ne rend pas les armes.
16:27Il a même annoncé ce jeudi 13 qu'il allait se rendre à son bureau,
16:31qu'il y serait présent et qu'il était encore pleinement président de LR.
16:34Pendant toute cette séquence,
16:36Jordan Bardella a hésité dans sa réponse sur un sujet important,
16:39celui de la réforme des retraites,
16:41réforme promulguée en avril 2023
16:43et qui a porté l'âge légal de départ à la retraite
16:46de 62 ans à 64 ans.
16:49L'ERN était contre.
16:51Marine Le Pen, pendant la présidentielle 2022,
16:53a promis que celles et ceux ayant commencé à travailler
16:57avant leurs 20 ans pourraient partir en retraite à l'âge de 60 ans.
17:01Le mardi 11 juin, dans la matinale de RTL,
17:04Jordan Bardella a refusé de dire si oui ou non.
17:07Il comptait abroger la réforme des retraites s'il était nommé à Matignon.
17:11Est-ce que vous abrogez la réforme des retraites ?
17:13Nous verrons, excusez-moi, je vais hériter si nous avons la chance d'accéder à Matignon.
17:18Je m'adresse à quelqu'un qui va être Premier ministre.
17:19D'accord, nous allons, et moi je...
17:21Le soir même, dans le 20h de France 2,
17:23il dit finalement en quelques mots qu'il reviendrait bien sur la réforme Macron,
17:26mais sans donner de précision.
17:28La réforme des retraites viendra dans un second temps.
17:31Ça veut dire que vous ne la supprimeriez pas ?
17:33Non, moi je l'ai dit.
17:34Quant à Laurent, pourquoi Jordan Bardella semble hésiter sur cette question ?
17:38Jordan Bardella hésite parce qu'en fait il prépare le terrain.
17:40C'est-à-dire que le RN a toujours promis de renverser la table,
17:44de défaire ce qu'Emmanuel Macron aurait fait,
17:46mais seront-ils seulement capables de le faire ?
17:49Ce n'est pas sûr en fait.
17:50Peut-être si on leur donne l'RN,
17:52ils n'auront pas la possibilité, les moyens économiques de dire
17:55voilà, on revient sur cette réforme.
17:56Et il y a une autre explication potentielle,
17:59c'est qu'il vient de nous un accord avec Eric Ciotti,
18:01donc avec la droite française,
18:03qui elle, était plutôt favorable à cette réforme.
18:05Donc s'y opposer de manière trop frontale,
18:08c'est potentiellement braquer cet électorat
18:10qu'il aspire à convaincre.
18:11Ça prouve que Jordan Bardella voit déjà
18:13que c'est plus compliqué de gouverner potentiellement
18:15que d'être un simple opposant ?
18:16Ils ont le pouvoir en ligne de mire,
18:18ils ne peuvent plus faire abstraction de la réalité,
18:21et la réalité c'est un contexte économique qui n'est pas simple,
18:24c'est une dette que Jordan Bardella se met à évoquer
18:26alors qu'elle n'était pas du tout dans son discours avant.
18:28Donc oui, il y a un peu un début de retour à la réalité.
18:34Le mercredi 12 juin, à la mi-journée,
18:36Emmanuel Macron organise une conférence de presse
18:38pour expliquer sa décision de dissoudre l'Assemblée.
18:41En résumé, il se dit optimiste,
18:43il dit que son camp peut espérer obtenir
18:46une majorité claire pour gouverner.
18:48Si le jour d'après, les extrêmes devaient gagner,
18:52je pense que la France en sortira affaiblie.
18:55Mais si le jour d'après,
18:57une majorité claire de gouvernements en sortait,
19:01la France serait renforcée.
19:03Quelques heures plus tard, en début de soirée,
19:05Marion Maréchal appelle à voter pour les candidats RN aux législatives.
19:10Éric Zemmour, en réaction, l'exclut de son parti Reconquête.
19:14Oui, en fait, l'accord entre le Rassemblement National
19:16et Reconquête a capoté la veille.
19:19Et après cette annonce,
19:20il y a eu un bureau exécutif à Reconquête
19:23qui a été extrêmement houleux,
19:25qui a duré à peine cinq minutes.
19:27Marion Maréchal est arrivée.
19:28On l'a décrit comme hurlant,
19:30tapant contre les murs.
19:31Elle a dit,
19:32putain, putain, j'en ai plus rien à foutre.
19:34Vous vous démerdez maintenant.
19:35Elle en voulait à mort à Éric Zemmour.
19:37Elle lui a dit que lui et sa compagne
19:39et conseillère Sarah Knafow,
19:41qui était la numéro trois sur sa liste,
19:43avaient saboté, ce sont ses termes,
19:45sa propre campagne.
19:46Et elle est partie.
19:48Donc, les ponts étaient, en fait,
19:49en réalité coupés depuis la veille.
19:51Ce qui s'est passé, donc,
19:52c'est que désormais,
19:54Marion Maréchal se sent totalement libre.
19:56Même si elle n'a pas formellement
19:57démissionné de Reconquête,
19:59elle n'a plus de compte
20:00à rendre à Éric Zemmour.
20:02Et donc, elle est allée discuter,
20:04négocier à nouveau
20:05avec Jordan Bardella
20:06pour dealer quelques postes
20:08auprès de ses proches,
20:10pour ses amis, son entourage,
20:11avec le Rassemblement National.
20:13Et donc, logiquement,
20:14Éric Zemmour l'a exclu
20:15dans la foulée
20:16de son propre parti,
20:17mais il a également exclu
20:19Guillaume Pelletier,
20:21ainsi que Nicolas Bay
20:23et Laurence Trochu,
20:25qui avaient accompagné
20:26Marion Maréchal dans sa démarche,
20:27c'est-à-dire que
20:28la moitié du bureau exécutif
20:31de Reconquête
20:32a été virée de son propre parti.
20:36Reconquête avait, par ailleurs,
20:37réussi à faire élire
20:38cinq euros députés,
20:40quatre ont été exclues,
20:41il ne reste plus que Sarah Knafow,
20:42toute seule.
20:43Ces quatre euros députés,
20:44du coup, ils vont aller
20:44dans le groupe RN,
20:45ça va faire 34 députés européens
20:47RN à Bruxelles ?
20:49Normalement, non,
20:50il reste à voir ce qui va se passer,
20:51mais ils ont été élus
20:52sous manière Reconquête,
20:54même s'ils ne sont plus
20:55dans ce parti,
20:56ils gardent leur mandat,
20:58ils devraient, logiquement,
20:59il reste à voir ce qui va se passer,
21:00mais logiquement,
21:01plutôt rejoindre le groupe
21:02des conservateurs,
21:03de l'ECR,
21:04des conservateurs européens,
21:06dont le leader
21:07est la première ministre italienne,
21:08Giorgia Meloni.
21:09Alexandre Sulzer,
21:10au sein du RN,
21:12comment est-ce qu'on juge
21:13ce tout début de campagne électorale ?
21:15Le scénario est idéal
21:17pour le RN qui se frotte les mains,
21:20non seulement ils ont eu
21:20la dissolution,
21:22même dans leurs rêves,
21:24ils ne pensaient pas l'obtenir,
21:25et ils l'ont obtenu,
21:25et là,
21:27le paysage politique
21:28est balayé,
21:29sauf eux.
21:30À droite, en tous les cas,
21:31les partis sont en train
21:32de s'effondrer,
21:33d'exploser,
21:34de se diviser,
21:35et eux apparaissent
21:36comme un pôle de stabilité.
21:37J'ai un conseiller de Marine Le Pen
21:38qui me disait encore ce matin
21:39« Le plan se passe à merveille,
21:42on a tué méthodiquement
21:44et en pendant notre temps,
21:45d'abord le gouvernement,
21:48puis à l'air,
21:49et reconquête. »
21:58Merci à Alexandre Sulzer
22:00et Quentin Laurent.
22:01Code source est le podcast quotidien
22:02d'actualité du Parisien.
22:04Cet épisode a été produit
22:05par Thibaut Lambert
22:06et Barbara Gouy,
22:07réalisé par Julien Moncouquiol.
22:09Pour suivre en direct
22:10l'actualité de ces élections
22:12législatives anticipées
22:13des 30 juin et 7 juillet,
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22:18Et puis n'oubliez pas
22:19les deux autres podcasts du Parisien,
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22:27racontée chaque samedi.
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