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  • il y a 10 heures
Propulsé au gouvernement au début de la pandémie, il est devenu l’un des visages incontournables de cette crise sanitaire. Du syndicalisme étudiant à l’exécutif, Code source retrace son parcours avec Marcelo Wesfreid, journaliste politique au Parisien.


Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Clawdia Prolongeau - Production : Mathias Penguilly, Thibault Lambert et Ambre Rosala - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network - Identité graphique : Upian -


Archives : AFP, BFMTV, CNEWS, INA, LCP, RMC, Europe 1.

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Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Ses amis le décrivent comme chanceux et ambitieux.
00:15Médecin neurologue, député socialiste puis LREM, il rêvait de devenir ministre de la santé.
00:21Il y est arrivé à 40 ans, mais sans doute au pire moment, au tout début d'une crise sanitaire
00:27mondiale.
00:28Codesource raconte aujourd'hui le parcours d'Olivier Véran avec Marcel Ovest-Fred du service politique du Parisien.
00:43Marcel Ovest-Fred, le 14 février, vous interviewez Olivier Véran à l'occasion de ses un an au ministère de
00:49la santé.
00:50Il est comment en vrai ?
00:51Il est étonnamment disponible pour quelqu'un qui est aux avant-postes de la gestion de crise.
00:56C'est quelqu'un de naturel, il n'est pas vraiment langue de bois, il est assez direct, il parle
01:00de façon simple, un peu blagueur par moment, un peu outré par d'autres.
01:05Voilà, c'est quelqu'un d'assez spontané.
01:10Marcel Ovest-Fred, vous allez nous raconter son parcours et cette première année au ministère de la santé.
01:15Olivier Véran est né le 22 avril 1980 à Saint-Martin-d'Air en Isère, juste à côté de Grenoble,
01:21dans une famille de la classe moyenne.
01:22Oui, sa mère est prof d'anglais et son père est ingénieur informatique, il fait ses études à Grenoble, il
01:29se dirige assez tôt vers la filière médicale.
01:32La chose publique l'intéresse également.
01:35Pour financer ses études, il travaille à l'hôpital comme aide-soignant et quand il est interne à Grenoble dans
01:40les années 2000,
01:41Olivier Véran devient le numéro 2 d'un syndicat national des internes.
01:45Il en est porte-parole et il va participer activement à une grève en 2007 contre la politique de la
01:51ministre de la Santé d'alors, Roselyne Bachelot.
01:54Alors ça c'est cocasse, c'est un peu l'ironie de l'histoire, puisque Roselyne Bachelot et Olivier Véran
01:58sont aujourd'hui collègues du même gouvernement de Jean Castex.
02:03On retrouve dans les archives de l'INA des images de ce porte-parole syndical.
02:08Le problème pour qu'on en arrive à faire grève, c'est qu'on en arrive à la dernière solution
02:14possible,
02:15puisque toutes les tentatives pour essayer de négocier directement avec le ministère se sont révélées totalement inefficaces.
02:22Il a le même visage, le même entrain, le même bagout, et donc effectivement il rentre dans l'action publique
02:27via le combat syndical.
02:32Et il est repéré pendant cette grève par une députée socialiste.
02:36La députée PS de l'ISER de l'époque, Geneviève Fioraso, repère ce jeune homme et elle se souviendra de
02:44lui au moment où elle cherchera un suppléant.
02:46En 2012, Olivier Véran est au Parti Socialiste et c'est comme ça que commence sa carrière politique.
02:52Geneviève Fioraso est réélu en juin 2012 comme députée, mais elle est ministre de l'enseignement supérieur et de la
02:59recherche.
03:00Mécaniquement, ça propulse son suppléant à l'Assemblée nationale.
03:03Mais c'est comme ça que ce jeune homme, il est à l'époque trentenaire, qu'il se fait remarquer
03:08parce qu'il est assez actif en prenant en charge des dossiers assez sociétaux.
03:12La taxe soda, la maigreur des mannequins par exemple, la question des salles de shoot, l'alcoolisme des jeunes, le
03:20tabagisme et aussi l'expérimentation du cannabis thérapeutique.
03:23D'un mot, juste avant de devenir député en 2011, il avait fait un master d'économie de la santé
03:28à Sciences Po.
03:29Oui, on sent qu'il a envie de creuser un petit peu les dossiers de fond et notamment sur leur
03:34volet administration, technicité, on va dire, des comptes sociaux.
03:45En 2015, il rencontre Emmanuel Macron quand celui-ci est encore ministre de l'économie et il est séduit.
03:50Oui, alors Olivier Véran à ce moment-là est socialiste, plutôt de ce qu'on va appeler l'aile droite,
03:55Strauss-Kanien, surtout Pierre Moscovici, c'est un peu ce courant-là.
04:00Donc naturellement, comme beaucoup de cette frange-là du parti socialiste, il commence à être attiré par ce jeune ministre
04:07de l'économie qui a beaucoup d'ambition, qui veut casser les codes.
04:10Et à partir de là, il va être assez tôt dans l'aventure d'En Marche.
04:14Il est l'un des premiers à rallier Emmanuel Macron dans sa quête de l'Elysée en avril 2016 et
04:20il participe au programme santé du candidat.
04:22Oui, alors les mauvaises langues disent que le fond du programme santé a été fait par Jérôme Salomon, l'actuel
04:28directeur général de la santé, le numéro 2 du ministère,
04:32qu'on voit très souvent annoncer les chiffres épidémiologiques à la télé.
04:36Bon, comme dans toute campagne, voilà, ça joue des coups dans les équipes.
04:40En tout cas, lui est positionné comme référent santé, donc peut naturellement envisager de devenir ministre de la santé si
04:47Emmanuel Macron est élu.
04:49Emmanuel Macron accède à l'Elysée en mai 2017.
04:53À ce moment-là, Olivier Véran espère déjà devenir ministre de la santé ?
04:56Oui, parce que référent santé dans l'équipe du candidat victorieux, on va dire que la marche suivante, naturelle, mécanique,
05:05normalement, c'est de devenir ministre.
05:07Mais non.
05:07Le président de la République a nommé madame Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé.
05:15C'est Agnès Buzyn qui sort du chapeau, peut-être aussi pour des raisons de parité.
05:20Et c'est une déception pour Olivier Véran, dont le nom reviendra systématiquement comme une rumeur insistante à chaque remaniement.
05:28À ce moment-là, il garde donc son fauteuil de député de l'Isère, il est élu en juin et
05:33à l'Assemblée, lui qui est marié et père de deux enfants, va se rapprocher d'une autre députée.
05:38Il se met en couple avec Coralie Dubos qui est une députée en marche de l'Hérault, très active dans
05:46le groupe.
05:46Elle est aujourd'hui présidente déléguée du groupe majoritaire au Palais Bourbon.
05:50Mais il ne s'en cache pas, elle-même fera des déclarations sur le sujet.
05:55Ils ont deux, trois ans d'écart et c'est un couple qui aujourd'hui intéresse pas mal les journaux
06:01People.
06:02En annonçant ma candidature à la mairie de Paris, je connaissais la dureté de la vie politique.
06:09Le vendredi 14 février 2020, coup de tonnerre, le candidat de la République en marche pour les municipales à Paris,
06:14Benjamin Griveaux,
06:15jette l'éponge suite à la diffusion sur Internet d'une vidéo intime.
06:19J'ai décidé de retirer ma candidature à l'élection municipale parisienne.
06:25La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, accepte de le remplacer au pied levé dans cette campagne.
06:31Et le dimanche, Olivier Véran reçoit un coup de fil.
06:34Un proche du président de la République lui demande au tout de go, est-ce que tu as un beau
06:39costume ?
06:39Alors, surprise d'Olivier Véran, oui, oui, peut-être que tu auras à monter à Paris rapidement dans la journée.
06:47Olivier Véran, à ce moment-là, est en famille, il est en train de pique-niquer, c'est un jour
06:50un peu ensoleillé.
06:51Il est sur les hauteurs de Grenoble, sous un chêne pour la petite histoire.
06:55Et bon, il continue sa vie de famille parce qu'à ce moment-là, son nom est tellement de fois
07:00revenu qu'il se dit,
07:01bon, une fois de plus, il n'y croit pas, jusqu'à un second coup de fil où on lui
07:06dit,
07:06cette fois-ci, tu t'arranges, tu montes à Paris, on va rendre public ta désignation.
07:10Et le lendemain, le lundi, il remplace Agnès Buzyn au ministère de la Santé.
07:14Il est comment pendant cette passation de pouvoir ?
07:16Il est très ému.
07:17Agnès Buzyn aussi est très émue, elle a quelques larmes devant les caméras.
07:21Toi, Olivier Véran, qui prend aujourd'hui la tête de ce très beau ministère, je sais que tu es prêt.
07:26Tout ça, il faut se remettre dans le contexte de l'époque, qui est un peu surréaliste.
07:29On a cette sex tape qui rebat les cartes.
07:32On a une ministre de la Santé, Agnès Buzyn, qui avait dit quelques jours auparavant,
07:36« Non, mais moi, de toute façon, j'ai trop de choses à faire. »
07:38Donc personne n'imaginait qu'elle abandonnerait le poste, puisqu'on est au début de la crise Covid et ça
07:42lui sera reproché.
07:44Elle y va quand même, sans doute poussée par le président de la République.
07:46Et voilà un jeune homme de 39 ans, il a 39 ans à l'époque, Olivier Véran, qui se retrouve
07:51au poste de sa vie.
07:52J'ai été aide-soignant de nuit, j'ai été médecin.
07:55Je pense chaque mot de ce que je dis et je veux prendre soin à mon tour de celles et
07:58ceux qui prennent soin de nous lorsque nous en avons besoin.
08:03À ce moment-là, c'est finalement le tout début de la pandémie de Covid-19.
08:07Et le 22 février, dans une interview accordée aux Parisiens, il lance, je cite, « l'alarme maximale ».
08:13À l'époque, lui, il pense que ce qui va être l'essentiel de son travail, replaçons-nous dans le
08:20contexte, c'est la réforme des retraites.
08:22Il est d'ailleurs, lui, à ce moment-là au Parlement, rapporteur d'une partie du volet des retraites.
08:26On est dans les grèves, etc. Et donc, lui, il pense, puisqu'il a les comptes sociaux aussi dans son
08:31périmètre, qu'il va faire beaucoup de travail sur les retraites, etc.
08:35Et le président de la République lui dit, lors d'un entretien qu'il a juste avant de vraiment prendre
08:39ses fonctions, il lui dit, regarde de façon assez intense cette histoire de Covid, ça monte.
08:43On avait eu quelques cas en France et effectivement, ça va devenir l'essentiel de son temps.
08:49On a les contaminations, les clusters qui commencent à se multiplier. Et donc là, on change totalement de registre et
08:57c'est la mobilisation générale.
08:59Dans les jours qui suivent, on le voit chaque jour à la télé. Il se veut pédagogue, par exemple, le
09:039 mars, sur le plateau de BFM TV.
09:06Il prend une feuille et, comme un professeur, il dessine des courbes.
09:11Ça, c'est le temps qui s'écoule. Ça, ça va être le nombre de malades qu'on va avoir.
09:17Je ne sais pas si vous arrivez à avoir.
09:17Vous arrivez à avoir. Très bien.
09:19Pour montrer ce qui, à l'époque, est une réalité que nous tous ignorons et qui est devenu maintenant quelque
09:24chose d'un peu plus banal, à savoir que le problème d'une épidémie, c'est la saturation du système
09:29hospitalier.
09:29On ne peut pas empêcher un virus de circuler dès lors qu'il circule de personne en personne. C'est
09:35un phénomène naturel. Mais on peut éviter que trop de malades se contaminent d'un certain nombre.
09:39Le surlendemain, il est avec le ministre de l'Éducation, Jean-Michel Blanquer, visite dans une école d'ici Les
09:43Moulineaux. Il dit qu'il ne faut pas avoir peur d'emmener ses enfants à l'école.
09:46Personne ne connaît ce virus. C'est un grand inconnu. On pense à l'époque que ça peut être proche
09:52d'une grippe. Dans la foulée, deux jours plus tard, le sommet de l'exécutif, le président de la République,
09:58à la télévision, annonce la fermeture des écoles et des établissements universitaires et des lycées.
10:04Donc, à partir de là, il est démenti par les faits dans cette épidémie que les politiques apprennent à découvrir
10:09en marchant.
10:09Et justement, le début de la gestion de crise est marqué par un changement de position sur le port du
10:14masque.
10:15Oui, au début, le gouvernement maintient l'idée que le masque n'est pas indispensable.
10:22Dans la situation actuelle, j'insiste, l'usage du masque en population générale n'est pas recommandé et n'est
10:30pas utile.
10:30Olivier Ferrand fait même des appels à ce que les Français, qui auraient des masques chez eux, les remettent aux
10:37services de santé, aux hôpitaux.
10:40Et il défend l'idée que le port du masque est même relativement inutile, puisqu'il faut savoir, un, bien
10:46le porter.
10:47Deuxièmement, si vous le mettez ensuite dans votre poche, vous allez contaminer votre poche.
10:53Donc, il a un discours plutôt dissuasif sur le masque.
10:57À l'époque, l'OMS ne le recommande pas.
10:59Et la direction générale de la santé lui envoie des notes lui expliquant que le masque n'est pas l
11:03'alpha et l'oméga.
11:04Position qui, évidemment, paraît totalement délirante avec le recul.
11:09Marcel Ovest-Frette sur un tout autre dossier.
11:11Le lundi 13 juillet, des négociations se terminent.
11:14Le Ségur de la santé.
11:16Le gouvernement annonce 8 milliards d'euros de revalorisation pour les personnels des établissements de santé.
11:20Olivier Véran promet 15 000 postes créés à l'hôpital.
11:24Ça ne satisfait pas les syndicats.
11:26Mais à ses yeux, c'est un point positif de son bilan déjà ?
11:29Oui, c'est historique.
11:30Rappelez-vous que sa prédécesseure, Agnès Buzyn, a dû affronter des manifestations, des grèves très fortes du système hospitalier,
11:37des urgences d'abord, et qui s'est élargie, parce qu'il fallait plus de moyens.
11:41Et elle avait péniblement obtenu 500 millions d'euros.
11:44Là, 8 milliards, on est dans un changement d'échelle considérable.
11:48Et c'est lui, Olivier Véran, qui, sur fond de crise sanitaire, obtient des révalorisations extrêmement significatives.
11:56Il vient de la gauche, c'est pour lui, par ailleurs, une victoire symbolique.
11:59Il met souvent en avant sa qualité de ministre des Solidarités.
12:03Il dit très souvent, je suis ministre des Solidarités et de la Santé.
12:06C'est vrai, c'est son libellé, même si tout le monde résume ça à la santé à cause de
12:09l'épidémie.
12:10La solidarité, il va en parler aussi en juin, une fois que le premier confinement est terminé.
12:14Il obtient la création d'une cinquième branche de la Sécurité sociale, on en parle peu, mais c'est très
12:19important,
12:20autour des questions de dépendance.
12:23C'est donc un sujet dont on va beaucoup reparler dans les prochains mois.
12:29Pendant le mois d'août et début septembre, Olivier Véran alerte sur une nouvelle vague de l'épidémie.
12:35Et il demande des restrictions locales.
12:37Il est inquiet assez tôt.
12:40Si la situation sanitaire ne s'améliore pas, et si le nombre d'entrées en réanimation continue à croître,
12:46il faudra sans doute prendre des mesures encore plus fortes.
12:49Il pousse, c'est normal, c'est son rôle de ministre de la Santé qui voit les chiffres commencer à
12:53s'affoler
12:53pour des restrictions, notamment locales.
12:55Les bouches du Rhône sont notamment extrêmement exposées par le retour de l'épidémie.
13:00Mais ce n'est pas encore le climat qui règne à l'Elysée,
13:03c'est balayé d'un revers de la main à ce moment-là par le chef de l'État,
13:06qui est encore dans une perspective de garder la tête au-dessus de l'eau et de ne pas reconfiner.
13:11Des dizaines de citoyens ont déposé plainte contre lui et le gouvernement
13:15pour mise en danger de la vie d'autrui à partir du printemps.
13:18Une partie de ces plaintes sont recevables, selon la Cour de justice de la République.
13:22Et le jeudi 15 octobre au matin, son bureau et son appartement sont perquisitionnés.
13:27Événement extrêmement désagréable pour lui, on peut le comprendre.
13:30Il est en plus les mains dans le cambouis de la gestion de la deuxième vague.
13:33Les enquêteurs spécialisés dans les atteintes à l'environnement et à la santé publique
13:37sont à la recherche d'éléments, des documents, des rapports, des e-mails, des agendas,
13:41bref tout ce qui pourrait permettre d'établir que les ministres en toute connaissance de cause
13:45se seraient volontairement abstenus de prendre les mesures permettant de combattre la crise sanitaire.
13:51Il a un discours assez net, je lui ai posé d'ailleurs la question là-dessus.
13:54Il dit voilà, moi ça ne me pose pas de problème, je ne peux pas me mettre dans une disposition
13:58d'esprit
13:59de me dire à chaque fois que je prends une décision, est-ce que je ne vais pas passer au
14:03tribunal ?
14:04Je suis de toute façon comptable de mes actes, on peut me le reprocher, je peux avoir à les justifier.
14:08C'est normal, ça fait partie du job.
14:10Le mois suivant, à l'Assemblée, le mardi 3 novembre, il défend sa gestion de crise
14:15lors d'un débat sur le prolongement de l'état d'urgence sanitaire.
14:18On est en fin de journée, le ministre Véran rentre, il est allé voir des services de réanimation
14:25en banlieue parisienne, il a vu des cas, y compris de jeunes qui se retrouvent dans des situations extrêmement critiques
14:30et quand il arrive dans l'hémicycle, il prend la parole.
14:35Dans la première chambre, il y avait un jeune homme de 28 ans, en coma, intubé.
14:39Il est pris à partie et il a une réaction qui fuse au micro, qui est spontanée, qui est non
14:44calibrée.
14:45C'est ça la réalité, mesdames et messieurs les députés.
14:47Si vous ne voulez pas l'entendre, sortez d'ici.
14:49Elle est là, la réalité de nos hôpitaux.
14:51C'est ça la réalité de nos hôpitaux.
14:53Vous êtes en train de débattre de ce sujet alors que nous soyons se battre pour sauver des vies de
14:57cette manière-là dans nos hôpitaux.
14:58Il est ministre, donc membre d'un exécutif qui est responsable devant le Parlement.
15:04Le Parlement peut le renverser.
15:05C'est évidemment inadmissible d'un point de vue du respect des institutions, mais on peut comprendre aussi qu'il
15:10est à ce moment-là fatigué sur les nerfs, dans la lessiveuse de la gestion de crise.
15:17Il s'en excusera d'ailleurs à Mezzo-Voce dans les jours qui suivent.
15:21À ce moment-là, certains députés d'opposition sont très critiques contre lui.
15:24Oui, très critiques parce qu'ils lui reprochent de ne pas respecter la séparation des pouvoirs, mais aussi d'avoir
15:30peut-être un peu la grosse tête, le melon.
15:31Il est partout sur les télés.
15:32Je voudrais revenir simplement sur ce qui s'est passé hier soir.
15:37On peut être énervé, on peut être agacé, on peut être fatigué, surtout quand on est ministre de la Santé
15:43actuellement face à une crise sanitaire extrêmement rude.
15:45Il n'y a qu'une chose qu'on ne peut pas faire, c'est mépriser la représentation nationale en
15:50disant aux députés « sortez d'ici ».
15:56En décembre, à la fin du mois de décembre, la campagne de vaccination part très lentement en France.
16:02À ce moment-là, la foudre tombe sur le gouvernement, jugé incapable de s'en occuper et notamment sur le
16:09ministère de la Santé parce que la particularité de la gestion de crise en France, c'est qu'on a
16:12donné au ministère de la Santé le soin de s'occuper de la logistique pendant la première vague et pendant
16:18la deuxième vague.
16:19Or, le ministère de la Santé n'est pas du tout un ministère comme l'intérieur ou l'armée rompu
16:23à ça. Il y a des administrations assez lourdes et le choix de mettre le sanitaire devant, il va se
16:28payer par des lourdes difficultés en matière de logistique.
16:31Donc, à ce moment-là, il est vraiment critiqué.
16:33Sur cette campagne de vaccination, au départ, c'est présenté comme une volonté, le fait d'aller lentement par Olivier
16:37Véran.
16:38On rame un peu au gouvernement pour expliquer que c'était prévu.
16:41C'est vrai que la stratégie du gouvernement, on ne cherche pas à faire du nom, mais à cibler les
16:46publics les plus fragiles.
16:48Il n'empêche, le rythme de vaccination de la France est largement inférieur à ce qu'ont nos voisins qui
16:55pourtant, rappelons-le, ont reçu à proportion de leur population un nombre de doses équivalentes.
17:00À ce moment-là, fin décembre, Emmanuel Macron fait savoir qu'il n'est pas satisfait d'Olivier Véran ?
17:04L'opinion publique est un peu chauffée à blanc par ce fiasco, disons-le.
17:08Et Emmanuel Macron fait savoir à travers des confidences distillées délibérément, on va le dire, dans le journal du dimanche,
17:17qu'il est en colère, qu'il veut redresser un petit peu la barre.
17:22L'opposition lui fera remarquer que c'est lui qui a mis en place cette stratégie, que c'est lui
17:25qui a l'administration et le gouvernement sous son autorité.
17:29Mais c'est vrai qu'à partir de là, les choses vont quand même s'accélérer et qu'on est
17:33aujourd'hui à plus de 3 millions de personnes vaccinées.
17:36Dans les semaines qui suivent, la campagne de vaccination s'accélère et le 8 février, en tant que médecin, Olivier
17:42Véran reçoit lui-même sa première dose de vaccin.
17:46La scène se passe dans un centre hospitalier de Melun, au sud de Paris, devant les caméras.
17:51Il s'installe sur sa chaise, il déboutonne entièrement sa chemise, laissant voir une partie de son torse.
17:58Alors un peu pudiquement, il remonte sa chemise.
18:00L'infirmière le vaccine.
18:03Ça va ?
18:03Ah bah oui.
18:05Super, rien sorti.
18:08Avec une dose d'AstraZeneca et là, un peu fièrement, il se rhabille en disant qu'il n'a pas
18:12besoin de pansement, que ça ne saigne pas.
18:15Hop !
18:16Allez !
18:17C'est bon, ça n'a pas saigné.
18:20Ça a été formidable.
18:22Tout ça devant les caméras, l'image va tourner sur les réseaux sociaux, elle sera très commentée, sur le thème
18:26aussi un petit peu people, du ministre un peu sexy, parce que bon, voilà, il est un peu musclé, il
18:30est jeune, il a 40 ans.
18:31Lui se défendra absolument d'avoir voulu faire un coup de com' et assurera que ça a été purement improvisé,
18:37que le directeur de l'hôpital lui a simplement dit qu'il avait une dose pour lui et lui a
18:41proposé, comme soignant, de pouvoir en bénéficier.
18:44En tout cas, l'image fait parler, par exemple, l'ancienne ministre de la Santé et actuelle ministre de la
18:48Culture, Roselyne Bachelot.
18:50La petite chemise sur le téton, là, c'était bien, et plutôt beau gosse, alors je lui ai donné un
18:58surnom.
18:59Je l'appelle maintenant Jolithorax.
19:02Marcel Ovest-Fred, je le disais au début de cet épisode de Code Source, vous l'avez interviewé le 14
19:07février à l'occasion de ses un an au ministère de la Santé.
19:10Est-ce qu'il vous a paru fatigué ?
19:13Étonnamment non.
19:15Il a, il faut le souligner, une résistance physique assez spectaculaire parce que c'est un travail extrêmement erratant avec
19:21beaucoup de pression.
19:23Il ne gagne pas toujours ses arbitrages.
19:25Il était, par exemple, favorable, lui, à un reconfinement il y a quelques semaines et le président de la République
19:29a fait le pari de ne pas reconfiner au plan national.
19:33Il a la responsabilité de l'épidémie.
19:35Il a une équipe autour de lui qui est assez jeune.
19:37Il paraît relativement dynamique malgré cette charge.
19:43Olivier Véran est à la fois très critiqué pour sa gestion de crise, mais il est devenu incontournable médiatiquement.
19:49Il a une plutôt bonne cote de popularité pour une partie des Français.
19:53Qu'est-ce qu'il peut viser aujourd'hui ?
19:55Certains le voient à Matignon dans un deuxième quinquennat Macron.
19:59Il fera partie des ministres de toute façon incontournables.
20:02Il me dit je dois terminer ce que je fais, mais je peux être aussi utile ailleurs.
20:07Sous-entendu, il se voit aussi dans d'autres couloirs ministériels que celui de sa spécialité d'origine.
20:20Merci à Marcel Ovest-Fred.
20:23Cet épisode a été produit par Mathias Penguilly, Thibaut Lambert et Ambre Rosala.
20:28Réalisation, Julien Moncouquiol.
20:30Code Source est le podcast d'actualité du Parisien, disponible chaque soir du lundi au vendredi.
20:35Pour ne rater aucun épisode, abonnez-vous sur Apple Podcast ou Google Podcast par exemple.
20:41N'hésitez pas à nous écrire codesource at leparisien.fr
20:45et puis si vous aimez Code Source, dites-le nous en laissant des petites étoiles
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