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Ce mardi 9 septembre, après avoir échoué à obtenir la confiance des députés, le Premier ministre François Bayrou a présenté sa démission au président. Quelques heures plus tard seulement, en fin de journée, Emmanuel Macron a nommé Sébastien Lecornu pour le remplacer. Récit.

Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Thibault Lambert, Clara Garnier-Amouroux et Pénélope Gualchierotti - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network

Archives : LCP, TF1, BFMTV

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#françoisbayrou #gouvernement #politiquefrançaise #assembléenationale

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News
Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12La France a un nouveau Premier ministre, le cinquième depuis la présidentielle de 2022.
00:17Quelques heures après la démission de François Bayrou, Emmanuel Macron a nommé son remplaçant le mardi 9 septembre en fin
00:24de journée.
00:25Sébastien Lecornu, 39 ans, ministre depuis 8 ans, notamment ministre des armées ces trois dernières années.
00:32Sébastien Lecornu est issu des Républicains, c'est un proche du chef de l'État.
00:36Codesource revient aujourd'hui sur la chute de François Bayrou, son vote de confiance perdu à l'Assemblée.
00:42Pourquoi ce vote a-t-il été organisé ? Comment s'est-il déroulé ? Quelles sont les principales réactions
00:46?
00:46Et pourquoi Emmanuel Macron a-t-il nommé son successeur sans attendre ?
00:51On fait le point avec deux journalistes du service politique du Parisien, Marcel Ovest-Fred, chef adjoint de ce service,
00:57et Thomas Soulier, chargé notamment de l'Élysée et de Matignon.
01:04Comme souvent dans Côte-Source, on commence par quelques minutes de rappel, de contexte,
01:09et on a choisi de commencer cet épisode le dimanche 9 juin 2024, le soir de la dissolution.
01:15Je dissous donc ce soir l'Assemblée nationale.
01:19C'est le jour des élections européennes, perdues par le camp macroniste qui termine deuxième,
01:24avec deux fois moins de voix que le RN arrivé en tête, plus de 31% pour le RN.
01:30Thomas Soulier, rappelez-nous pourquoi, ce soir-là, Emmanuel Macron dissout l'Assemblée ? Quelle est son idée ?
01:36Ce n'est pas un coup de tête, cela fait deux, trois mois qu'il y réfléchit en coulisses, en
01:40privé, avec des proches.
01:42Il en a marre de cette majorité qui est relative et pas absolue à l'Assemblée.
01:48Il a 250 députés, il en faut 289 pour avoir la majorité absolue.
01:52Et il considère qu'avec de nouvelles élections législatives, il pourrait décrocher une majorité absolue.
01:59C'est un pari tellement risqué qu'à part lui et deux, trois personnes, personne n'y croit à ce
02:04moment-là.
02:04Le résultat de ces législatives, organisées en juin et juillet 2024,
02:08c'est que le parti présidentiel perd des sièges de députés et que l'Assemblée est encore plus divisée.
02:14On rappelle l'état des forces, la gauche rassemblée sous la bannière Front Populaire est en tête,
02:19193 sièges, concrètement LFI a 72 sièges, le PS 66, près de 40 pour les écologistes.
02:26Le RN compte, lui, 126 sièges de députés, plus de 140 avec ses alliés, près de 50 pour les républicains.
02:34Le Premier ministre, Gabriel Attal, démissionne suite à la défaite électorale de son camp.
02:40Son successeur, Michel Barnier, va chuter début décembre 2024 suite à une motion de censure.
02:46François Bayrou est nommé Premier ministre le 13 décembre 2024.
02:51Marcel Ovest-Fred, pourquoi Emmanuel Macron fait appel à lui ?
02:54Alors, sur le papier, François Bayrou a un avantage, c'est qu'il est à la fois du bloc central,
03:00c'est l'allié historique d'Emmanuel Macron et en même temps, c'est quelqu'un que le parti socialiste
03:05aime bien.
03:06Les liens existent puisque, rappelons-le, François Bayrou a voté François Hollande en 2012
03:11et n'a pas appelé à voter Nicolas Sarkozy en 2007.
03:15Il n'empêche, le 13 décembre, au moment où il va désigner le successeur de Michel Barnier pour Matignon,
03:20à ce moment-là, le président de la République penche plutôt pour Sébastien Lecornu,
03:24ministre des Armées, transfuge de la droite, mais qui est assez fin manœuvrier
03:30et que le président aime beaucoup.
03:31Sauf que ce qui va se passer, c'est que dans les premières heures de la matinée,
03:36François Bayrou va faire le forcing pour pouvoir être nommé
03:39en menaçant d'arrêter de soutenir Emmanuel Macron et les coalitions gouvernementales
03:44qui pourraient appuyer le gouvernement s'il n'est pas nommé.
03:46Et en résumé, François Bayrou à Matignon n'arrive pas à dégager une majorité
03:50avec des députés de droite et de gauche pour l'aider à gouverner.
03:54Thomas Soulier, c'est un échec.
03:56Un échec attendu.
03:57Avec cette configuration politique à l'Assemblée, il est impossible de décrocher une majorité.
04:02François Bayrou n'essaie même pas.
04:04Il n'aime pas ça, le marchandage, comme il le dit.
04:07Ce qu'il veut juste, lui, c'est décrocher un budget.
04:10Et donc il arrive, deux mois après, à tordre le bras, en quelque sorte,
04:15au Parti Socialiste, à faire des concessions
04:17et à décrocher un accord de non-censure du PS tout en gardant dans le gouvernement
04:22sept ministres LR.
04:25Mais tout va se tendre après l'annonce de ces mesures d'économie
04:28dans le cadre du budget 2026 le 15 juillet.
04:31Oui, car là, il déplaît à tout le monde.
04:33Toutes les oppositions lui tombent dessus, notamment avec cette fameuse mesure totem,
04:37mesure choc, la suppression de deux jours fériés.
04:40Tout le monde lui tombe dessus, mais lui, refuse de négocier.
04:44Il refuse le marchandage, encore une fois.
04:47Et là, il est dans une impasse politique.
04:50On en vient au jour du vote de confiance, le lundi 8 septembre.
04:54François Bayrou avait annoncé solliciter ce vote de confiance le 25 août.
04:58Une façon de choisir sa sortie, alors qu'il allait sans doute être censuré à l'Assemblée
05:02au moment de l'examen du budget prévu entre octobre et décembre.
05:07À 15h, le lundi 8 septembre, François Bayrou est à la tribune de l'Assemblée
05:12pour son dernier discours en tant que Premier ministre.
05:15Thomas Soulier, quelle est son attitude ?
05:17Alors moi, je suis dans les tribunes presse tout en haut de l'hémicycle.
05:20Je le vois arriver six minutes avant le début de la séance.
05:24Il arrive de manière très discrète, avec le visage fermé.
05:29On le sent très concentré, très frappé par le moment politique qui est fort pour lui.
05:34Il arrive, quelques ministres l'embrassent, des députés Modem, qui sont partis,
05:39viennent parfois lui faire une table dans le dos, comme s'ils lui disaient,
05:43« Bon, ça va bien se passer ».
05:46Lui s'assoit, regarde son téléphone et on sent qu'il est très seul dans le moment politique dans l
05:52'hémicycle.
05:53Mesdames et messieurs les députés,
05:55cette épreuve de vérité, avec l'assentiment du président de la République, je l'ai voulu.
06:01Une fois à la tribune, qu'est-ce qu'il dit ?
06:03Rien de plus qu'avant.
06:04Il fait un best-of de ses meilleurs punchlines des derniers mois,
06:10sur encore une fois la falaise, les finances publiques, la dette.
06:14Jusqu'au moment où l'irréparable est là, et où l'on arrive au bord de la falaise.
06:18Avec un marqueur politique, la France va droit dans le mur, je vous aurais prévenu.
06:24Les questions politiques, ce sont celles qui concernent les adultes, qui se disputent tout le temps.
06:29Et les questions historiques, ce sont celles qui concernent les enfants, et le monde que nous leur construisons.
06:36Un discours d'une quarantaine de minutes.
06:38Après le Premier ministre, c'est au tour des chefs de file des différents partis à l'Assemblée de s
06:42'exprimer à la tribune.
06:43Marcelo Vestfred, le socialiste Boris Vallaud, est particulièrement virulent.
06:48Nous sommes convoqués ici à un rendez-vous que nous n'avons ni souhaité, ni organisé.
06:52Très dur contre François Bayrou, il l'accuse de chercher une dérobade,
06:56et non pas une porte de sortie politique, mais une dérobade.
06:59Vous ne ferez pas aujourd'hui de votre défaite une victoire.
07:02De l'absurde un haut fait.
07:04Du vide politique, l'étoffe d'un destin.
07:08Non, ce vote auquel vous vous sommetez n'est pas un acte de courage, c'est une dérobade.
07:13Et en fait, ça résume bien ce divorce qui a eu lieu ces neuf mois entre le Parti socialiste et
07:20François Bayrou,
07:21qui était pourtant censé avoir un profil proche des sociodémocrates, avec qui des liens auraient pu se faire.
07:27En réalité, c'est l'incompréhension, c'est le sentiment qu'il y a eu une sorte de trahison de
07:32la parole donnée.
07:33Et ça se traduit par ces mots très forts à la tribune de l'Assemblée nationale.
07:37Ensuite, Boris Vallaud enchaîne, et cette fois-ci, accuse le chef de l'État d'être le responsable, au fond,
07:44le premier responsable de cette crise institutionnelle.
07:46Que dit Laurent Wauquiez pour les Républicains ? Laurent Wauquiez qui a une position mesurée face à François Bayrou ?
07:51Alors lui, sa cible numéro un, ça va être l'extrême gauche. Il dit, en France, le danger principal, c
07:58'est la France insoumise.
08:00En réalité, par rapport au gouvernement, il a une position mitigée, c'est-à-dire qu'il va voter la
08:05confiance, mais sans enthousiasme, dira-t-il.
08:08Et en laissant la liberté de vote à son groupe, ils sont 49 dans son groupe, et de fait, la
08:14moitié du groupe s'abstiendra ou votera compte cette motion de confiance.
08:18Pour le RN, à la tribune de l'Assemblée, toujours, Marine Le Pen réclame la dissolution.
08:22Marine Le Pen, à la tribune, est extrêmement véhémente, à l'encontre du chef de l'État.
08:27Elle estime qu'il doit maintenant enclencher le levier que la Constitution lui donne de la dissolution et que le
08:36Rassemblement national est prêt à gouverner.
08:37De son côté, la chef de file du groupe LFI, donc la France insoumise à l'Assemblée, Mathilde Panot, réclame
08:43la démission d'Emmanuel Macron.
08:46À présent, il ne reste plus beaucoup d'options aux forces nées de l'Élysée.
08:49Le président ne souhaite pas changer de politique, alors il nous faudra changer de président.
08:56Marcel Ovest-Fred, pour le parti présidentiel Renaissance, quelle est la position de Gabriel Attal, l'ancien Premier ministre ?
09:03Ce que propose Gabriel Attal, c'est un changement de méthode.
09:06C'est ce qu'il explique dans nos colonnes, notamment dans une interview.
09:08À savoir, au lieu de faire ce qui a été fait jusqu'à présent, c'est-à-dire Emmanuel Macron
09:12qui nomme un Premier ministre,
09:14lequel est chargé de trouver un périmètre un peu préviable et des ministres issus de formations différentes.
09:20Non, il propose qu'une personnalité neutre prenne le temps, avec toutes les formations politiques,
09:26de se mettre d'accord sur ce que pourrait faire un gouvernement.
09:30Et cette personnalité, alors il ne cite pas de nom directement, mais enfin, on sait qu'il pense notamment à
09:35l'ancien patron de la CFDT, Laurent Berger,
09:38quelqu'un qui ne soit pas présidentiable, qui ne soit pas lui-même candidat à Matignon,
09:41mais qui puisse voir tout le monde et à partir de là, se mettre d'accord, une fois qu'on
09:45sait ce qu'on veut faire,
09:46se mettre d'accord sur un nom et une équipe.
09:50On en vient au vote dans l'une des salles de l'Assemblée, non filmées, les députés votent avec des
09:55bulletins papiers.
09:56Vers 18h20, une demi-heure plus tard, environ, la présidente de l'Assemblée, Yael Brown-Pivet, annonce le résultat.
10:04Pour la confiance, 194 voix, contre 364. Il y a 15 abstentions.
10:21A peine un tiers des députés ont voté la confiance. C'est un sérieux revers pour le Premier ministre Thomas
10:28Soulier.
10:28Ce qui est frappant ce lendemain soir, c'est le score du côté des Républicains.
10:32Imaginez, quasiment la moitié du groupe du parti de droite n'a pas voté la confiance à François Bayrou,
10:38alors que ce parti, LR, a des ministres au gouvernement.
10:42C'est un paradoxe politique. Dans le bloc central, en revanche, François Bayrou a fait quasiment le plein des voix.
10:50Moins une, Violette Spilbou, députée Renaissance, et qui était la co-rapporteure de la commission d'enquête,
10:56Souvenez-vous sur Betaram, elle avait eu des mots très très durs sur François Bayrou,
11:02et on voit qu'entre les deux, le divorce est consommé.
11:09François Bayrou va remettre sa démission au président le lendemain, le mardi 9.
11:13Il va rester à Matignon pour gérer les affaires courantes, en attendant de savoir qui va le remplacer.
11:18Un Premier ministre qui chute après un vote de confiance.
11:21C'est une première depuis l'instauration de la Ve République en 1958.
11:27Thomas Soulier, François Bayrou, se voit rester dans l'histoire comme un homme politique responsable,
11:31qui aura alerté le pays sur le poids de la dette et la nécessité de faire des économies.
11:36Est-ce que ce sera le cas, à votre avis ?
11:38Factuellement, oui. Il restera comme le Premier ministre, qui aura alerté,
11:43essayé de créer un électrochoc dans l'esprit des Français.
11:46Mais lui, il va plus loin. Lui, il aimerait que les Français lui soient grés d'avoir dit cela,
11:52et que dans deux ans, pour la prochaine élection présidentielle,
11:56ils disent « François Bayrou avait prévenu, on peut lui faire confiance ».
12:00Sauf que voilà, François Bayrou, depuis des mois, il dévise dans les sondages,
12:05atteignant vraiment des records d'impopularité.
12:08Donc, ce n'est pas seulement un rejet de sa politique, c'est un rejet de sa personne.
12:12Et on ne voit pas comment, aujourd'hui, François Bayrou pourrait, sur un court terme,
12:18recoller les morceaux avec les Français.
12:19On revient au soir du vote de confiance, juste après l'annonce du résultat.
12:23Dans la foulée, Jean-Luc Mélenchon, pour la France insoumise,
12:26demande le départ d'Emmanuel Macron. Marcel Ovest-Fred.
12:29Alors d'abord, Jean-Luc Mélenchon, qui n'est plus député,
12:31il était présent dans les tribunes à l'Assemblée nationale pour assister,
12:34en direct à la chute du chef du gouvernement.
12:37Et effectivement, lui, ce qui l'intéresse, c'est moins François Bayrou
12:40que l'étage du dessus, l'Élysée,
12:43et notamment provoquer un départ anticipé d'Emmanuel Macron.
12:47Et pour cela, il pousse pour une destitution au Parlement.
12:50Et il pousse aussi pour qu'il y ait une pression dans la rue,
12:53notamment à travers le mouvement du 10 septembre au Contou,
12:56et ensuite de l'intersyndicale du 18 septembre,
12:58pour que le chef de l'État n'ait d'autre option que de quitter l'Élysée,
13:03et de provoquer une présidentielle anticipée,
13:05qui, rappelons-le, dans ces cas-là,
13:07aurait lieu entre 20 et 30 jours, à peu près, selon la Constitution.
13:11De son côté, le Rassemblement national, on le disait,
13:13réclame une dissolution de l'Assemblée,
13:15et donc de nouvelles élections législatives.
13:18Pourquoi ?
13:18D'abord, le Rassemblement national a des troupes
13:21qui sont très en colère contre l'exécutif,
13:23et donc qui sont ce qu'on appelle dégagistes,
13:25c'est-à-dire qu'ils veulent vraiment qu'on change le personnel.
13:28Donc ça, elle répond d'abord à ça.
13:29Ensuite, il y a aussi une raison judiciaire qui vient s'ajouter à cela,
13:34qui est un peu plus complexe,
13:35à savoir que si les législatives anticipées sont déclenchées,
13:39elle sera, à ce moment-là, elle l'a dit,
13:40un nouveau candidate à Hénin-Beaumont dans le Pas-de-Calais,
13:43sauf que, normalement, elle ne peut pas l'être,
13:45compte qu'il la frappe,
13:46mais, dans ces cas-là, ça lui permet de faire un recours,
13:48pour faire simple, auprès du Conseil constitutionnel,
13:51et du coup, de faire trancher, par le juge suprême des élections,
13:55son statut, est-ce qu'elle est, oui ou non, inéligible,
13:58dans la mesure où l'appel n'a pas encore eu lieu.
14:01Et si elle était éligible, elle le serait donc pour des législatives,
14:04mais aussi, bien sûr, pour la prochaine présidentielle.
14:06Le socialiste Boris Vallaud, à l'Assemblée, lui,
14:09redit que les socialistes se sentent prêts à gouverner.
14:12En votant aujourd'hui contre la confiance,
14:14les socialistes prennent la responsabilité d'affirmer qu'ils sont prêts,
14:18avec la gauche et les écologistes à gouverner,
14:20et à rechercher dans un même élan la stabilité politique
14:23et la justice fiscale, sociale, territoriale.
14:25Marcelo, un Premier ministre socialiste,
14:27c'est réaliste pour Emmanuel Macron ?
14:29Alors, sur le papier, non,
14:31puisqu'ils ont présenté un contre-budget
14:32qui est très difficile à accepter, à avaler,
14:35pour Emmanuel Macron.
14:36Notamment, il y a une taxe sur les très hauts patrimoines,
14:38qu'on appelle la taxe Zuckman, etc.
14:39Mais la situation politique est tellement compliquée
14:43que, de toute façon, le chef de l'État,
14:46même s'il voulait nommer à nouveau quelqu'un
14:49issu de son camp,
14:50qui ne détricote pas sa politique,
14:52eh bien, ce profil serait condamné
14:55à être censuré rapidement.
14:57Donc, sur le papier, il n'en a aucune envie
15:00et ça semble compliqué,
15:02mais peut-être n'aura-t-il pas le choix.
15:05Et en tout cas, c'est une ouverture à noter.
15:08Les socialistes, qui étaient dans une opposition assez frontale
15:11ces dernières années,
15:12se disent là, prêts à reprendre une culture du gouvernement.
15:15Un peu plus tard, dans la soirée, juste avant 20h,
15:18l'ancien Premier ministre Gabriel Attal
15:20propose une nouvelle fois au chef de l'État
15:22de nommer un négociateur,
15:24je cite,
15:25chargé de réunir les forces politiques
15:26pour bâtir un accord d'intérêt général.
15:29Idée qu'il défend aussi dans une longue interview
15:32accordée aux Parisiens,
15:33on l'évoquait à l'instant.
15:34Presque au même moment,
15:35dans un communiqué,
15:36l'Élysée fait savoir
15:37qu'Emmanuel Macron va nommer
15:39le ou la remplaçante de François Bayrou,
15:41je cite,
15:42dans les tout prochains jours.
15:44Thomas Soulier,
15:45est-ce que ça exclut, du coup,
15:47l'idée de Gabriel Attal
15:48de négocier un accord avec les partis
15:50avant de choisir
15:52qui va diriger le gouvernement ?
15:53Oui, et cela fait un an
15:54qu'on a ce problème politique,
15:56c'est-à-dire que Gabriel Attal martèle
15:58qu'Emmanuel Macron
15:59met le qui avant le quoi,
16:01met la personnalité avant le projet.
16:03Il y a un an,
16:05quasiment jour pour jour,
16:06nous sommes à Matignon,
16:07un lundi après-midi,
16:08et Michel Barnier,
16:09qui vient d'être désigné Premier ministre,
16:11convoque les chefs de partis.
16:13Et là, il pose une question,
16:14est-ce que vous voulez
16:15rentrer dans une coalition gouvernementale ?
16:17Alors certains disent,
16:18oui, oui, oui, bon.
16:19Et là, Marc Fénaud,
16:20le patron des députés Modem,
16:22dit, attendez,
16:23pourquoi pas,
16:24mais pour faire quoi ?
16:25Et là, Michel Barnier lui répond,
16:27on n'a pas le temps.
16:28Il y a un problème majeur
16:30dans ce pays, en France,
16:31contrairement à d'autres démocraties
16:32comme en Allemagne ou les pays scandinaves,
16:34c'est qu'on ne prend pas ce temps
16:35de digestion,
16:37de deux, trois semaines de négociation
16:39pour savoir,
16:40on se met d'accord
16:41sur quatre ou cinq textes
16:42et après,
16:43on désigne
16:44qui sera le Premier ministre.
16:45En résumé,
16:46si Emmanuel Macron fait la même chose
16:48que pour les précédentes nominations,
16:50est-ce qu'il ne doit pas,
16:51est-ce qu'il ne peut pas s'attendre
16:52à avoir le même résultat,
16:53c'est-à-dire un gouvernement
16:54qui ne tient pas ?
16:55Si on ne tranche pas le fond,
16:56la forme peut,
16:57une nouvelle fois,
16:58pêcher.
16:59S'il désignait
16:59telle ou telle personne
17:00qui n'a pas de contrat
17:01de coalition
17:02sur le fond
17:02avec les Républicains
17:03et le PS
17:04sur les retraites,
17:06on fait quoi ?
17:06Sur le budget,
17:08on fait quoi ?
17:09Sur la proportionnelle,
17:10on fait quoi ?
17:11La fin de vie également.
17:12Comme il n'y a pas d'accord,
17:14dans deux semaines,
17:16comme dans deux mois,
17:17comme dans un an,
17:18vous pouvez avoir
17:18ce nouveau Premier ministre
17:20qui tombe
17:20faute d'un accord de fond.
17:22Marcel Ovest-Fred,
17:23aujourd'hui,
17:24quels sont les noms
17:24qui circulent
17:25pour remplacer François Bayrou
17:26et surtout,
17:27quel profil
17:28va chercher le chef de l'État ?
17:29Alors,
17:30on commence à avoir
17:30un petit peu de recul
17:31puisqu'on va maintenant
17:32nommer le huitième
17:34Premier ministre
17:35depuis 2017,
17:36rendez-vous compte,
17:37et c'est à peu près
17:38toujours la même histoire
17:39les remaniements
17:39avec Emmanuel Macron.
17:41Il dit toujours
17:41que ça va aller vite
17:43et ça prend toujours du temps
17:44et on a toujours
17:45un moment
17:45où il y a une sorte
17:46de tourniquet
17:47avec des noms
17:48qui montent
17:48et puis ensuite
17:49leur cote redescend
17:50et puis d'autres noms
17:51montent, etc.
17:52Le chef de l'État,
17:53il joue un petit peu
17:54à tester dans l'opinion publique
17:56des hypothèses,
17:56à regarder si elles volent,
17:58ce terme très utilisé
18:00dans la Macronie,
18:01et puis si ça ne marche pas,
18:02et puis faire des contre-feux,
18:03etc.
18:04Alors,
18:05les noms,
18:06d'abord,
18:06on a eu Gérald Darmanin,
18:07le ministre de la Justice,
18:08ensuite,
18:09on a eu Sébastien Lecornu,
18:10le ministre des Armées,
18:11on a Xavier Bertrand,
18:12dont le nom revient beaucoup,
18:14le président de la région
18:16des Hauts-de-France,
18:17on a maintenant
18:18Yaël Braun-Pivet
18:19qui se dit aussi intéressé,
18:20la présidente
18:21de l'Assemblée nationale,
18:22et aussi,
18:24peut-être,
18:24Catherine Vautrin,
18:26ministre de la Santé
18:26et du Travail.
18:27Vous pouvez avoir aussi,
18:28dans les profils à gauche,
18:30c'est moins évident,
18:31mais vous pouvez avoir
18:32Olivier Faure,
18:32le patron du PS,
18:33vous pouvez avoir
18:34Boris Vallaud,
18:34celui qui dirige
18:35le groupe
18:35des députés socialistes,
18:37peut-être un député
18:38comme Jérôme Gage,
18:39ou voir l'ancien
18:42Premier ministre
18:42issu de la gauche,
18:44Bernard Cazeneuve.
18:45Finalement,
18:46quelques heures après
18:47la démission de François Bayrou,
18:49le mardi 9 septembre,
18:50avant les journaux
18:51de 20h,
18:52Emmanuel Macron
18:53dévoile le nom
18:54de son remplaçant,
18:55Sébastien Lecornu,
18:56jusqu'ici ministre des Armées.
18:58Marcel Ovest-Fred,
18:59est-ce que vous pouvez
19:00nous le présenter ?
19:01Alors, Sébastien Lecornu,
19:02c'est vraiment un fidèle
19:04parmi les fidèles
19:04d'Emmanuel Macron.
19:06À la base,
19:07c'est un transfuge
19:09des Républicains,
19:10quelqu'un qui a
19:11une carrière politique
19:12d'élu local d'abord.
19:13Il a commencé très jeune,
19:14il a été maire de Vernon
19:15dans l'Eure à 27 ans,
19:17ensuite il a été président
19:18du conseil départemental
19:20de l'Eure,
19:21quelqu'un qui a beaucoup
19:21d'expérience pour son âge,
19:23il a seulement 39 ans,
19:24et il a un long parcours
19:27déjà gouvernemental,
19:28puisqu'il commence
19:29un peu vraiment
19:29tout en bas,
19:31en étant secrétaire d'État
19:32à l'écologie de Nicolas Hulot,
19:35c'est là où notamment
19:35il va gérer une réforme
19:37qui était assez difficile
19:38à faire, complexe,
19:38qui est celle de la chasse,
19:39puis il va s'occuper
19:40des dossiers liés
19:41aux collectivités territoriales,
19:43et enfin,
19:44il passe ensuite
19:45à un ministère plus important
19:46que les Outre-mer,
19:47où il aura à traiter
19:49la question très complexe
19:50de la Nouvelle-Calédonie,
19:51et enfin,
19:52depuis trois ans,
19:53il s'occupait
19:54des questions de défense,
19:55c'est-à-dire qu'il était
19:56en première ligne
19:57sur la question
19:58du conflit ukrainien.
20:01Alors,
20:01au-delà de sa proximité,
20:03on a bien compris
20:03qu'Emmanuel Macron
20:04se sent proche
20:05de Sébastien Lecornu,
20:07pourquoi le président
20:08fait appel à lui aujourd'hui ?
20:09Alors,
20:09c'est quelqu'un
20:10qui a une particularité,
20:12c'est qu'il a un peu
20:13la politique dans le sang,
20:14il adore faire des deals,
20:16des négociations,
20:17il est assez habile,
20:18c'est quelqu'un
20:19de très courtois,
20:20de rond,
20:21et qui sait bien naviguer
20:23dans le monde parlementaire,
20:25et par exemple,
20:26il a fait passer une loi
20:27de programmation militaire
20:29qui a été votée
20:30des communistes
20:31au Rassemblement National,
20:32et capable,
20:33c'est un exploit politiquement,
20:35c'est quelqu'un
20:35qui ne suscite pas
20:37d'irritation.
20:38En revanche,
20:39c'est le revers de la médaille,
20:41c'est pas un grand communicant,
20:43or,
20:43à ce poste-là,
20:44il va devoir s'exprimer
20:45devant la nation,
20:46y compris
20:47prendre des coups,
20:48assumer parfois
20:49peut-être des oppositions,
20:50donc c'est un pari,
20:52mais le chef de l'État
20:53choisit surtout
20:54quelqu'un en qui
20:55il a absolue confiance
20:56qu'il fera ce qu'il lui dit.
20:58On voit que l'idée
20:58de Gabriel Attal
20:59de nommer un négociateur
21:01qui aurait travaillé
21:02pendant plusieurs semaines
21:03pour dégager
21:04un socle commun,
21:05une sorte d'accord gouvernemental
21:07a été balayé,
21:08ça va être très compliqué
21:09malgré tout
21:09pour Sébastien Lecornu
21:10aujourd'hui.
21:11Dans la mesure
21:12où c'est un intime
21:13du chef de l'État,
21:14qu'il est là
21:14depuis huit ans
21:15au gouvernement,
21:16c'est un record,
21:18c'est pour les oppositions
21:19quelqu'un qui incarne
21:20la Macronie.
21:21Donc ça va être
21:22plus difficile pour eux
21:23de se dire
21:24on va toper
21:24avec quelqu'un
21:25qui est l'ombre projetée
21:27du chef de l'État.
21:28Donc ça,
21:29c'est effectivement
21:29quelque chose
21:30qui peut complexifier
21:31l'équation.
21:32Est-ce qu'Emmanuel Macron
21:33ne reproduit pas
21:34les mêmes erreurs
21:35en utilisant
21:35la même méthode
21:36que jusqu'ici ?
21:37Ce qui est juste,
21:37c'est qu'il ne renverse
21:38pas la table.
21:39Il reste dans son cap
21:41qui est de ne pas nommer
21:43quelqu'un venu de la gauche,
21:45quelqu'un qui pourrait
21:46éventuellement détricoter
21:47son bilan,
21:48notamment pro-business.
21:50Mais du coup,
21:51c'est vraiment
21:52sa dernière cartouche.
21:54Si la tentative
21:55Lecornu
21:55ne fonctionne pas,
21:57à ce moment-là,
21:57le chef de l'État
21:58se retrouve en première ligne
21:59et c'est lui
22:00que les oppositions
22:01iront chercher
22:02le poussant
22:03à démissionner
22:04pour qu'il y ait
22:04une présidentielle anticipée.
22:17Merci, Thomas Soulier,
22:19Marcel Ovest-Fred.
22:20Toute l'actualité politique
22:21est à suivre en direct
22:22sur leparisien.fr.
22:25Cet épisode de Code Source
22:26a été produit par
22:27Clara Garnier-Amourou,
22:28Pénélope Gualquier-Roti
22:29et Thibault Lambert.
22:31Réalisation,
22:31Julia Moncouquiol.
22:32Code Source
22:33est le podcast quotidien
22:35d'actualité du Parisien.
22:36N'oubliez pas
22:37Crime Story,
22:38chaque samedi,
22:39une affaire criminelle
22:39racontée par
22:40Claudia Prolongeau
22:41et Damien Delsenie.
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