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LREM et ses alliés n’ont pas obtenu la majorité absolue à l’Assemblée nationale. Un scénario catastrophe pour la Macronie qui doit désormais trouver un moyen de gouverner. Récit.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Raphaël Pueyo, Thibault Lambert et Lolla Sauty - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian
Archives : France 2, BFMTV, France Inter.
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00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Emmanuel Macron privé de majorité absolue à l'Assemblée nationale, comment va-t-il pouvoir gouverner ?
00:18On s'achemine pour l'instant vers des accords au cas par cas, texte par texte, après les législatives des
00:2412 et 19 juin.
00:26Jusqu'ici, le chef de l'État n'a pas trouvé de meilleure solution pour compenser la contre-performance électorale
00:32de La République En Marche et de ses alliés.
00:34Cet épisode de Codesources est raconté par deux journalistes du Parisien, Pauline Théveniot qui suit l'exécutif au sein du
00:40service politique et Rosalie Lucas, chef adjointe de ce service.
00:50Il est 20h et vous voyez apparaître l'Assemblée telle que prévoit Ipsos Soprasteria avec d'abord 224 sièges pour
01:01Ensemble, la coalition présidentielle, suivie par la NUP, 149 sièges.
01:06Une surprise, 89 sièges pour le Rassemblement national.
01:10Le dimanche 19 juin, à 20h, les premières estimations du second tour des législatives sont dévoilées.
01:15Pauline Théveniot, décrivez-nous comment Emmanuel Macron découvre ses résultats ?
01:20Il les découvre à l'Elysée où il a réuni sa garde rapprochée aux environs de 20h.
01:24Il y a des résultats qui remontent les uns après les autres sur les smartphones.
01:29Et petit à petit, la sidération grandit.
01:33Il réalise qu'il s'ouvre une période extrêmement incertaine, extrêmement compliquée.
01:38Il y en a qui nous disent clairement, ce soir-là, c'est une grosse claque, c'est la cata,
01:43c'est l'effondrement.
01:44Et ils ne savent pas du tout encore où cette situation va les mener et comment ils vont s'en
01:50sortir.
01:53Rosalie Lucas, deux piliers de La République en marche.
01:55Deux proches d'Emmanuel Macron sont battus.
01:57Le président du groupe LREM à l'Assemblée, Christophe Castaner, et le président de l'Assemblée, Richard Ferrand.
02:03Emmanuel Macron perd la majorité absolue à l'Assemblée.
02:06Et à partir de là, la question qui se pose, c'est comment va-t-il pouvoir gouverner ?
02:10Ils espéraient tous, même si certains avaient alerté, avoir au moins 289 députés, qui est la majorité absolue.
02:16Et là, ils ne sont que 245 députés.
02:20Ça veut dire qu'il leur manque sur le papier 44 députés pour pouvoir faire voter des textes tranquillement, sans
02:25trop d'angoisse.
02:26Et donc, la question des prochains jours, c'est comment fait-on pour trouver ces députés qui nous manquent,
02:31pour faire voter les réformes que voulait Emmanuel Macron ?
02:34Là, s'ouvre une période d'inconnue pour le président de la République qui, quoi qu'il en dise, ne
02:38s'attendait pas à ça.
02:39Pauline Théveniot, un peu plus d'un mois après sa nomination, la nouvelle Première ministre, Elisabeth Borne, est considérée comme
02:44affaiblie. Pourquoi ?
02:45Déjà, une Première ministre qui n'a pas la majorité absolue, et en plus qui ne l'a pas à
02:4944 voix, ce qui est énorme, est mécaniquement affaiblie.
02:53Par ailleurs, le dimanche soir, son discours est trouvé un petit peu raide.
02:57On juge qu'il manque de souffle, elle n'a pas vraiment la clé encore pour sortir de cet impasse.
03:02Jamais l'Assemblée nationale n'a connu une telle configuration sous la Vème République.
03:08Cette situation constitue un risque pour notre pays, au vu des défis que nous avons à affronter, tant sur le
03:18plan national qu'à l'échelle internationale.
03:21Ça relance les critiques sur le fait que c'est une ministre jugée techno, pas assez politique.
03:26Or, dans le contexte, il faudra quelqu'un d'extrêmement politique à Matignon, puisqu'il va falloir aller chercher toutes
03:32les voix pour obtenir une majorité absolue.
03:34Pendant la soirée électorale, une figure des Républicains, l'ancien ministre Jean-François Copé, propose l'idée d'un pacte
03:41avec LREM pour gouverner le pays.
03:43Nous sommes, nous, LR, en situation de prendre nos responsabilités. Je le répète, non pas pour servir de béquille, certainement
03:50pas, non pas pour des ralliements individuels,
03:53mais pour exiger un pacte de gouvernement qui soit extrêmement clair sur nos idées.
03:58Mais Rosalie Ducat, dans les heures qui suivent, les cadres des Républicains rejettent cette idée.
04:03LR s'est plutôt bien sorti de ces élections. Ils sont 61 députés à l'Assemblée nationale.
04:08Donc ils se sentent un peu regaillardis et surtout, ils ne veulent pas faire de cadeau à Emmanuel Macron.
04:14Il y a un comité stratégique le lundi après-midi et, à la quasi-majorité absolue, ils ferment la porte
04:19à une discussion avec Emmanuel Macron.
04:22Pendant ce jour d'après, pendant cette journée du lundi, qu'a fait Emmanuel Macron et son entourage ?
04:27Déjà, il n'y a pas vraiment de réaction au résultat de la veille, si ce n'est des éléments
04:31de langage défensif.
04:33Et puis, au fil de la journée, on apprend que toutes les réunions de la majorité, du gouvernement, le conseil
04:37des ministres du lendemain,
04:38sont annulées. C'est le signe que l'heure est vraiment grave.
04:42Mais on voit bien que ça flotte encore et il faut attendre 24 heures pour que l'Elysée annonce
04:48que finalement, Emmanuel Macron va consulter les chefs de partis de tous les partis susceptibles d'avoir un groupe à
04:55l'Assemblée.
04:56Et l'entourage d'Emmanuel Macron essaie d'élargir la majorité, c'est-à-dire de rallier des députés élus
05:01?
05:02Oui, c'est-à-dire que la première ministre, Elisabeth Borne, il y a notamment Gérald Darmanin, Bruno Le Maire
05:07ou Thierry Solaire pour la droite,
05:09ils font chauffer leur téléphone, ils envoient des SMS pour essayer de savoir qui sont les députés
05:14qui pourraient venir grossir les rangs de la majorité ou à minima être, comme on dit, dans une opposition constructive
05:21et se montrer bienveillant à l'égard de la majorité et volontaire pour l'aider à passer des textes.
05:27Peu de temps après, Elisabeth Borne présente sa démission à Emmanuel Macron, qui la refuse.
05:33C'est une façon de réaffirmer son soutien à la première ministre, mais est-ce que l'on sait pour
05:37combien de temps ?
05:38Non, on ne sait pas pour combien de temps. Il y a d'ailleurs cette scène assez étrange
05:41où Aurélien Rousseau, qui est le directeur de cabinet d'Elisabeth Borne, réunit les chefs de cabinet ministériel,
05:47donc de tous les ministres d'Elisabeth Borne, et dit « bon ben voilà, le président a renouvelé sa confiance
05:52à la première ministre,
05:53mais on ne sait pas pour combien de temps ».
05:54Toujours le mardi 21, sur BFM TV, l'ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron, Edouard Philippe,
06:00appelle à la formation d'une grande coalition.
06:02Oui, alors il faut savoir qu'Edouard Philippe, il est resté muet jusque-là depuis le soir du second tour
06:07des élections législatives,
06:08ce qui accroît l'idée que le pouvoir et la majorité sont sidérés par ces résultats.
06:14Donc sur BFM, Edouard Philippe, il appelle pour que soit noué un accord de gouvernement
06:19avec des députés de gauche et de droite qui voudraient bien coopérer avec Emmanuel Macron et la majorité.
06:26Nous allons devoir, me semble-t-il, constituer une coalition, une grande coalition,
06:31avec des gens qui spontanément n'ont pas envie de travailler ensemble,
06:34avec des gens qui se sont engagés sur des programmes différents.
06:37C'est aussi le moment où, dans la journée, Emmanuel Macron teste auprès de ses interlocuteurs
06:42l'idée d'un gouvernement d'union nationale.
06:44On voit bien que cette idée, elle tournera vite court.
06:50Rosalie Ducas, le mardi, est également marquée par l'arrivée des nouveaux députés à l'Assemblée
06:55et notamment des près de 90 députés du Rassemblement National.
06:59Ils arrivent et ils ont eu pour consigne de la part de Marine Le Pen de venir en tenue correcte,
07:04c'est-à-dire qu'elle leur a demandé d'être en costume,
07:06elle a demandé effectivement de soigner la tenue vestimentaire
07:08et elle veut vraiment présenter son groupe comme un groupe responsable
07:12et un groupe qui va travailler.
07:14Seulement, ils sont 89 et dans le lot, il y a quand même des élus qu'elle ne connaît pas
07:18vraiment.
07:19Il va falloir les surveiller de près parce qu'ils ne sont pas forcément au point
07:22et elle ne veut surtout pas de gaffe parce qu'elle, elle veut que son groupe apparaisse
07:26comme un groupe professionnel.
07:27Le mercredi matin, sur France Inter, le président du Modem, François Bayrou,
07:31allié d'un R.E.M., estime qu'Elisabeth Borne n'est plus la femme de la situation.
07:36Oui, François Bayrou n'était pas pour sa nomination.
07:38à Matignon et donc là, il profite un peu des résultats des législatives
07:43pour dire que non, elle n'est pas à sa place.
07:46Je pense que les temps exigent que le Premier ministre ou la Première ministre soient politiques,
07:51qu'on n'ait pas le sentiment que c'est la technique qui gouverne le pays.
07:55Ça fait assez sourire certains ministres qui disent
07:58« la danse dépend à commencer sur les plateaux télé ».
08:00Il n'est pas le seul, François Bayrou d'ailleurs, à se faire remarquer ce mardi-là.
08:05Il y a Catherine Vautrin également, présidente de l'agglomération de Reims,
08:08qui refait parler d'elle.
08:10Une interview en plateau sur BFM.
08:13Et Catherine Vautrin, ce n'est pas anodin,
08:15elle avait été pressentie pour aller à Matignon
08:17avant que le choix ne se porte finalement sur Elisabeth Borne.
08:21Pauline Théveniot, cette journée est importante pour LREM,
08:24qui doit d'abord remplacer son président de groupe à l'Assemblée, Christophe Castaner.
08:29Une élection est organisée dans la matinée.
08:31Elle se tient lors d'une réunion à huis clos de tous les députés marcheurs
08:35qui là élisent au premier tour la députée des Yvelines, Aurore Berger.
08:40Ce n'est vraiment pas une surprise que ce soit elle qui soit élue par ses pairs.
08:45Elle est là candidate soutenue par l'exécutif,
08:47au point que quand il y a eu la naissance un peu d'un front anti-berger
08:50et que certains ont imaginé une candidature alternative,
08:54celle d'un autre député, Jean-René Cazeneuve,
08:57eh bien celui-ci a été débranché en haut lieu.
09:00Et dans l'après-midi, c'est Richard Ferrand qu'il faut remplacer après sa défaite,
09:04celui qui occupe le perchoir, c'est-à-dire la présidence de l'Assemblée nationale.
09:08Les députés à l'REM doivent choisir celui ou celle qui sera leur candidat
09:13et donc qui sera, sauf coup de théâtre, élu à ce poste clé le mardi 28.
09:18Le candidat officiel d'Emmanuel Macron s'appelle Roland Lescure,
09:22le frère du journaliste Pierre Lescure, porte-parole d'LREM,
09:25et fraîchement élu député des Français de l'étranger.
09:28Oui, c'est clairement le candidat de l'Elysée et de Matignon.
09:31Sauf que la veille, à 20 minutes de l'heure limite du dépôt des candidatures,
09:36Yael Brown-Pivet, la ministre des Outre-mer, s'est déclarée également candidate.
09:41Ça fait longtemps qu'elle en a envie du perchoir.
09:44Et donc, le mercredi après-midi, alors que tous les parlementaires de la majorité
09:48se réunissent pour choisir leur candidat,
09:51elle sort du chapeau, ce qui signifie que c'est elle qui sera la candidate de la majorité
09:55à l'élection pour le perchoir.
09:57Rosalie Lucas, pendant ce temps, le mardi et le mercredi,
10:00Emmanuel Macron a reçu à l'Elysée, pour les consulter,
10:02les dirigeants des partis qui auront des groupes constitués à l'Assemblée,
10:05c'est-à-dire au moins 15 députés.
10:08Que donnent ces consultations ?
10:09Emmanuel Macron sonde beaucoup, mais à sa façon classique,
10:13c'est-à-dire qu'il lance des pistes, sans dire laquelle il privilégie lui-même,
10:17et puis il écoute.
10:18Il écoute ce que vont lui dire un Christian Jacob, patron des Républicains,
10:22un Fabien Roussel, patron du Parti communiste.
10:25Il évoque la question d'un gouvernement d'Union nationale,
10:28il évoque une coalition possible à l'Assemblée.
10:31Et il les sonde même, par exemple, sur Elisabeth Borne.
10:34Est-ce que vous, pour vous, le maintien d'Elisabeth Borne à Matignon,
10:37c'est un problème, ou est-ce que vous seriez prêts à travailler avec elle ?
10:41Donc, en fait, il ne leur sort pas grand-chose de tout ça.
10:44Chacun à la sortie répond au micro des journalistes qui sont présents,
10:49mais on ne sait pas ce que le président a dans la tête,
10:52et on ne sait surtout toujours pas ce que les opposants sont prêts,
10:55ou pas, à faire avec le président Emmanuel Macron.
10:58Et le soir, à 20h, le chef de l'État prend la parole à la télévision.
11:02Intervention de 8 minutes, suivie sur TF1, France 2,
11:06où les chaînes d'info partent plus de 15 millions de personnes.
11:08Françaises, Français, mes chers compatriotes.
11:11D'abord, Pauline Théveniot, le chef de l'État exclut l'idée d'un gouvernement d'Union nationale.
11:15Oui, il l'exclut d'emblée.
11:17C'est l'un des tout premiers points de son intervention.
11:19C'est-à-dire qu'il n'y aura pas de gouvernement rassemblant l'intégralité des forces politiques du pays.
11:27Et pour cause, c'est qu'il n'y a aucun parti de l'opposition qui est souscrit à cette
11:31idée.
11:32Si bien que le président, après l'avoir testé, est obligé de dire que même pour lui, ce n'est
11:36pas justifié.
11:37La plupart des dirigeants que j'ai reçus ont exclu l'hypothèse d'un gouvernement d'Union nationale.
11:43Laquelle, d'ailleurs, n'est à mes yeux pas justifiée à ce jour.
11:46Et le président demande aux partis d'opposition à l'Assemblée nationale de dire publiquement s'ils sont prêts à
11:52travailler avec lui et dans quelle mesure.
11:54Oui, il pose deux alternatives.
11:56Soit former un gouvernement de coalition, soit essayer de nouer des majorités texte par texte.
12:02Et surtout, il leur donne un ultimatum.
12:04Il dit...
12:05Demain et vendredi, je vous représenterai au Conseil européen.
12:07Où nous allons examiner en particulier la question décisive de la candidature à l'adhésion de l'Ukraine à notre
12:14Union européenne et du contexte géopolitique.
12:16Dès mon retour, à la lumière des premiers choix, des premières expressions des groupes politiques de notre Assemblée nationale,
12:25nous commencerons à bâtir cette méthode et cette configuration nouvelle.
12:30En fait, c'est une façon de leur renvoyer la responsabilité, pour le dire familièrement, de leur renvoyer la patate
12:34chaude alors que lui-même est dans l'impasse.
12:37Et qu'à ce moment-là, déjà, ces lieutenants, ces conseillers, ceux qui ont justement passé des coups de fil
12:42toute la semaine auprès des députés et des différents chefs de parti,
12:46savent bien qu'il n'y a quasiment plus aucune chance, voire pas de chance du tout, de pouvoir former
12:52un gouvernement de coalition.
12:55Rosalie Lucas, comment réagissent les oppositions ?
12:57Chez LR, ils n'ouvrent pas plus la porte que précédemment et ils disent pas question de signer un chèque
13:03en blanc au président de la République.
13:05Chez RN, qui veut toujours jouer la carte du groupe qui n'est pas là à l'Assemblée pour mettre
13:11le bazar, mais pour travailler pour les Français,
13:13ils disent bah ok, nous on veut bien être constructifs, mais il faut nous dire sur quoi et comment.
13:19Donc la porte n'est pas fermée, mais elle n'est pas non plus vraiment ouverte.
13:22Et puis après, il y a la réaction de Jean-Luc Mélenchon, qui lui est très ferme pour fermer la
13:27porte.
13:28Il dit que c'est un appel vain de la part du président de la République et qu'il n
13:31'est pas question d'y répondre, il parle de ratatouille.
13:34Rien ne peut effacer cette réalité qui est celle du choix des Français.
13:41Le choix n'est pas la ratatouille.
13:43L'exécutif est faible, mais l'Assemblée nationale est forte de toute la légitimité de son élection toute récente.
13:53Lui, il ferme la porte catégoriquement.
13:55Rosalie Lucas, le lendemain, le jeudi, Marine Le Pen se fait élire présidente de son groupe avec une mise en
14:01scène soignée.
14:01C'est le député Chenu qui propose aux autres députés du groupe de l'élire par ovation.
14:09Donc, ils sont malins, ils filment la scène.
14:11Donc, on voit tout le groupe RN debout qui applaudit sa présidente de groupe.
14:16Chers collègues, le procédé à un vote non pas à main levée, mais par réclamation.
14:21J'ai Marine Le Pen à la tête du groupe Rinceau de l'Union Nationale.
14:24Et évidemment, derrière, le parti publie cette vidéo sur les réseaux sociaux.
14:28Elle va pouvoir à nouveau se réaffirmer comme première opposante parce qu'il y a quelqu'un qui n'a
14:32pas fait le même choix qu'elle.
14:33C'est Jean-Luc Mélenchon qui, lui, n'a pas voulu se représenter à l'Assemblée
14:37et qui, on peut imaginer, a quelques regrets quand même parce que tout va jouer à l'Assemblée désormais.
14:43Lui, il n'y est pas. Marine Le Pen y est.
14:45Et évidemment, on peut imaginer qu'elle pense à la suite.
14:50Pauline Théveniot, ce jour-là, le Parisien raconte comment Emmanuel Macron et ses conseillers
14:54revoient à la baisse leur ambition de faire grossir le groupe LREM à l'Assemblée.
14:59Oui, c'est à ce moment-là, en coulisses, on avoue enfin ce que l'on savait déjà,
15:04même quand Emmanuel Macron a prononcé son allocution,
15:06c'est-à-dire qu'ils n'ont pas d'espoir de pouvoir nouer une coalition,
15:10ils n'ont pas d'espoir non plus de pouvoir, en fait, faire grossir les groupes de la majorité au
15:16Parlement.
15:17Et ce qui ressort, en réalité, c'est que ce qu'a dit Emmanuel Macron dans son allocution du mercredi
15:23soir,
15:23c'était un peu comme une tentative de coup de bluff,
15:25puisqu'il savait déjà que, finalement, il faudrait certainement en passer par la recherche de majorité au cas par cas,
15:33texte par texte.
15:34Et visiblement, à ce moment-là, le maigre espoir d'Emmanuel Macron, c'est l'idée de deux groupes flotteurs,
15:39c'est ce qu'explique le Parisien. De quoi s'agit-il ?
15:42Il s'agirait de deux groupes de députés, l'un sur la gauche de la majorité, l'autre sur sa
15:47droite,
15:48assez hétéroclite, composé de députés un petit peu esselés,
15:51qui n'appartiendraient pas à la majorité, mais ils pourraient venir apporter leur voix,
15:57texte par texte, c'est ce qu'on appelle l'opposition constructive,
16:00ou alors s'abstenir dans une abstention bienveillante qui permettrait à la majorité de passer ces textes.
16:06Rosalie Lucas, le jeudi 23 et le vendredi 24, Emmanuel Macron est en Belgique, à Bruxelles,
16:11pour un sommet européen. Et le vendredi après-midi, face aux caméras,
16:14il évoque à nouveau la situation politique en France, brièvement.
16:17Il en parle, oui, au cours d'une conférence de presse commune avec le président du Conseil européen,
16:22Charles Michel, et avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
16:26Et en fin de conférence de presse, un journaliste pose la question à Emmanuel Macron,
16:31est-ce que votre situation en France ne vous affaiblit pas sur la scène européenne ?
16:35Est-ce que ça affaiblit pas votre leadership ?
16:37Eh bien Emmanuel Macron, qu'est-ce qu'il fait ? Il banalise.
16:40La France est dans une situation parlementaire qu'elle a connue, d'ailleurs, en 1988,
16:46un peu de choses de différences, mais elle est surtout affreusement banale au niveau européen.
16:54Sur l'ensemble des États membres, il y en a une vingtaine qui ont des gouvernements de coalition,
16:59et certains avec 5, 6, 7 partenaires, ou d'autres qui agissent en gouvernement minoritaire.
17:04Et il dit qu'il est totalement confiant sur ce qui peut se passer à son retour en France
17:08et sur le fait qu'il trouve un moyen de débloquer la situation.
17:11Dans son allocution de mercredi, Emmanuel Macron avait laissé comprendre que les partis d'opposition
17:16devaient se positionner avant le vendredi soir, en clair une sorte d'ultimatum de 48 heures.
17:22Une fois ce délai passé, finalement, on en est où ?
17:25Eh bien on en est, toujours au même point, c'est-à-dire qu'Emmanuel Macron revient de Bruxelles,
17:29mais l'opposition a déjà dit clairement qu'elle fermait la porte aux discussions,
17:33puisque de toute façon, elle ne sait pas vraiment sur quoi le président veut discuter.
17:38Et le lendemain, le samedi, le président accorde un entretien à l'agence France-Presse,
17:43une façon de parler à tous les médias d'un seul coup,
17:45et il dit renouveler sa confiance dans la durée à Elisabeth Borne.
17:50Alors en moins d'une semaine, c'est la deuxième fois qu'il lui renouvelle sa confiance,
17:53c'est quand même quand il a besoin de le préciser, de le marteler à ce point,
17:56c'est bien qu'il y a quand même un doute et un problème.
17:58Cette fois, il ajoute dans la durée.
18:02Donc il confirme réellement Elisabeth Borne à son poste,
18:06et en tout cas il lui confie deux missions clés,
18:09c'est-à-dire de relancer encore une fois les discussions avec les partis de l'opposition,
18:14et aussi de regarder comment former ce qu'il appelle un gouvernement d'action,
18:19début juillet, en clair.
18:22Eh bien s'ouvre une nouvelle semaine de discussions avec les partis,
18:25et de réflexion sur un prochain remaniement.
18:29Et il précise aussi l'arc avec lequel il veut travailler,
18:33il dit des communistes OLR, excluant de ce fait LFC d'un côté, le RN de l'autre.
18:40Rosalie Lucas, si on se résume à la date du mardi 28 juin,
18:44on ne sait pas encore comment Emmanuel Macron va gouverner avec cette majorité relative à l'Assemblée ?
18:49Et non, ce n'est toujours pas, il a essayé de gagner du temps mercredi au travers de son allocution,
18:56aussi à travers de sa réponse à Bruxelles,
18:58mais on en est au même point, on sait qu'il n'y aura pas de gouvernement d'Union nationale,
19:02et là on a plutôt l'impression que le gouvernement va prendre acte du fait
19:07qu'il va devoir travailler les textes à chaque fois,
19:10c'est-à-dire à chaque fois aller chercher une majorité.
19:12Pour l'instant on en est là, et la suite au prochain épisode.
19:31Merci à Rosalie Lucas et Pauline Thévignot.
19:34Toute l'actualité de la politique est à suivre en temps réel sur leparisien.fr.
19:40Cet épisode de Codesources a été produit par Lola Sauti,
19:43Raphaël Pueyo et Thibaut Lambert.
19:45Réalisation, Julien Moncouquiol.
19:47Codesources est le podcast d'actualité du Parisien,
19:50nous publions un nouvel épisode chaque soir de la semaine.
19:53Pour n'en rater aucun, n'oubliez pas de vous abonner sur votre application audio préférée.
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