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Après une campagne européenne marquée par les désaccords, les différents partis de gauche sont parvenus à un accord de principe pour faire bloc contre l’extrême-droite aux élections législatives anticipées. Pierre Maurer et Julien Duffé, journalistes au service politique du Parisien en charge de la gauche, reviennent sur les étapes-clefs de cet accord.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Production : Thibault Lambert, Clara Garnier Amouroux, Camille Ruiz - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network -
Archives : BFMTV, Quotidien, Fr2, France 24, AFP.
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NewsTranscription
00:03Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12LFI, PS, Verts et communistes parlent d'un nouveau front populaire en vue des législatives des 30 juin et 7
00:18juillet.
00:19Un accord de principe a été trouvé au lendemain de l'annonce par Emmanuel Macron de la dissolution de l
00:24'Assemblée.
00:25Pour ces 4 parties, il y aura un seul candidat par circonscription.
00:29Leur objectif, essayer de freiner le RN, vainqueur des européennes du 9 juin.
00:34Le mercredi 12 juin, ces 4 parties ont négocié toute la journée à la fois un programme électoral
00:40et les noms des candidats désignés pour les 577 sièges de députés à pourvoir.
00:46Codesources raconte comment la gauche s'est divisée pendant la campagne des européennes
00:50et comment elle essaie aujourd'hui de se ressouder en vue des législatives anticipées.
00:55Récit de deux journalistes du service politique du Parisien en charge de la gauche,
01:00Julien Dufay et Pierre Maurer.
01:05D'un mot, Pierre Maurer, quel est l'accord de principe qui est annoncé tard le lundi 10 juin
01:10par 4 parties de gauche, LFI, le PS, Europe Écologie Les Verts et les communistes ?
01:16En fait, les 4 principales formations de la gauche posent un cadre général.
01:21Ils se mettent d'accord pour former un front populaire
01:24qui doit aller plus loin qu'un rassemblement des simples formations politiques
01:28puisqu'ils appellent aussi les formations syndicales associatives à les rejoindre.
01:33Et ils se mettent déjà d'accord sur le principe de présenter des candidats uniques de la gauche
01:37dans chaque circonscription.
01:38Et il leur reste désormais à parler du fond du programme.
01:41Julien Dufay.
01:42Tout le monde se rend compte qu'il y a un risque réel de voir dans à peine un mois
01:48l'extrême droite au pouvoir en France.
01:50Une arrivée par les urnes, ce qui serait une première en France.
01:54Et donc, ils sont tous saisis en fait d'un moment de gravité face à cette histoire
01:58et d'un sentiment de responsabilité aussi à agir vite et à agir de manière efficace.
02:05On va revenir sur cet accord à la fin de ce podcast
02:07et on va voir qu'il ne règle pas tout, loin de là.
02:10Mais pour bien comprendre, on a choisi de commencer cet épisode de Code Source
02:13au soir des élections législatives du printemps 2022.
02:18L'alliance de la gauche, baptisée à ce moment-là la NUP,
02:21termine en deuxième position.
02:23Du côté de la NUP, la fourchette est assez haute.
02:27Ce sera le principal groupe d'opposition.
02:29Oui, elle arrive en deuxième position avec un contingent de 151 députés,
02:34ce qui en fait un groupe conséquent.
02:37Alors, ce n'est pas un groupe homogène, on va dire,
02:40puisque les socialistes ont un groupe, les écologistes ont un groupe.
02:43D'ailleurs, ils reviennent à l'Assemblée alors qu'ils n'y étaient pas.
02:46Les communistes ont un groupe et les insoumis ont un groupe
02:49et ils forment le plus gros contingent de la NUP avec 75 députés.
02:54Clairement, à ce moment-là, c'est LFI qui a le plus de pouvoir au sein de cette alliance ?
02:57Oui, clairement, parce que le rapport de force,
03:00il est défini par l'élection présidentielle qui a eu lieu quelques semaines auparavant,
03:05où Jean-Luc Mélenchon a réalisé le score de 22%.
03:08Il est très loin devant, par exemple, le candidat écologiste Yannick Jadot,
03:12qui n'a pas fait 5%, et je ne parle même pas de la candidat socialiste
03:17qui a fait 1,75%, le pire score de l'histoire du PS.
03:20Dans les mois et les années qui suivent, Pierre Maurer, à l'Assemblée,
03:23la NUP se déchire. Pourquoi et sur quel point ?
03:26En fait, il y a plein de différents.
03:28Ça démarre très vite sur des questions internationales.
03:31Il y a des profonds désaccords entre les différentes formations politiques.
03:34Et puis très vite, il y a l'affaire Adrien Quatennens qui éclate,
03:38ce député insoumis, dauphin de Jean-Luc Mélenchon,
03:41qui a reconnu avoir asséné une gifle à sa compagne.
03:44Et à ce moment-là, l'alliance se déchire sur le rapport des uns et des autres
03:48aux violences sexistes et sexuelles.
03:50Et puis plus tard, c'est beaucoup de questions de stratégie, de forme.
03:55Les partenaires de Jean-Luc Mélenchon, qui, il faut le rappeler, n'est pas député,
03:58ne s'est pas présenté à une réélection,
04:01lui reprochent une forme de brutalisation de la vie politique
04:04et un interventionnisme dans les réformes parlementaires beaucoup trop important.
04:07On en vient à la campagne pour les élections européennes.
04:10Au début de l'année 2024, l'ANUP est plus divisée que jamais,
04:14notamment concernant l'attitude de la France insoumise
04:16après l'attaque terroriste de grande ampleur du Hamas sur Israël le 7 octobre
04:20et la riposte militaire de l'État hébreu,
04:23les bombardements qui ont suivi sur Gaza
04:25et qui ont fait des milliers de victimes civiles.
04:27Expliquez-nous ça.
04:28Dès le 7 octobre, le groupe parlementaire insoumis
04:31publie un communiqué qui va devenir urticaire pour leurs partenaires
04:35puisqu'il leur reproche dans ce communiqué
04:38de ne pas être assez compatissant vis-à-vis des victimes israéliennes.
04:43En tout cas, il les soupçonne d'être un peu trop connivants avec le Hamas.
04:48Et ce premier communiqué va tendre immédiatement les relations
04:52entre les partenaires de l'ANUP,
04:53qui n'ont pas du tout les mêmes positions
04:55vis-à-vis de ce qu'il s'est passé le 7 octobre.
05:00Les différents partis de gauche partent en ordre dispersé
05:03pour ces européennes.
05:04Manon Aubry, notamment pour la France insoumise.
05:06De son côté, Raphaël Glucksmann pour le PS
05:09et son mouvement citoyen Place Publique
05:12réussit sa campagne électorale.
05:14Julien Dufay, en tout cas, il a de bons sondages.
05:16Oui, très vite en fait.
05:17Dès le mois de décembre, on le voit se détacher dans les sondages
05:20par rapport aux têtes de liste écologistes, insoumises ou communistes.
05:25Et ça va se confirmer dans les semaines qui viennent.
05:27En fait, il arrive, contrairement aux autres candidats,
05:32à imposer un récit qui part de son histoire personnelle,
05:34puisqu'il s'est beaucoup impliqué dans les années 2000 en Géorgie,
05:38qui était alors en prise avec la Russie de Poutine déjà.
05:42Il s'est beaucoup impliqué en Ukraine au moment de la Révolution Orange,
05:46puis au moment de l'annexion de la Crimée par la Russie.
05:51Bref, c'est un engagement très ancien pour lui.
05:53Donc il va réussir, à partir de la guerre en Ukraine,
05:55à construire un récit, le relier à un protectionnisme européen,
06:00à une protection de l'Europe nécessaire et à une défense nécessaire
06:03par rapport au péril Poutine.
06:05Et je pense que c'est ça qui a infusé dans l'opinion
06:09et qui explique sa dynamique.
06:13Il est 20h, vous la découvrez, notre première estimation.
06:16Le dimanche 9 juin au soir, les résultats des européennes tombent.
06:20Scrutin marqué par le très fort score du Rassemblement national,
06:23emmené par Jordan Bardella, plus de 31%.
06:25C'est deux fois plus que la liste qui termine deuxième,
06:29la liste de la majorité présidentielle de Valérie Ayet.
06:32Et c'est 8 points de mieux pour le RN
06:35qu'aux précédentes élections européennes en 2019.
06:38Raphaël Glucksmann pour le PS et place publique est troisième
06:41avec près de 14%.
06:43LFI termine quatrième à près de 10% des suffrages exprimés.
06:475,5% pour les Verts, les communistes font 2,5%.
06:50Pierre Maurer, à gauche, à ce moment-là,
06:53donc peu après 20h, comment on analyse ces résultats ?
06:55Il y a d'abord de la stupeur face aux résultats de l'extrême droite
06:58qui est à un niveau jamais relevé pour des élections européennes.
07:02Mais dans le camp socialiste et chez les insoumis,
07:05il y a d'abord un sentiment de victoire
07:07puisque Raphaël Glucksmann est le véritable troisième homme
07:10de cette campagne des européennes.
07:13Et Manon Aubry, elle réalise un meilleur score qu'en 2019
07:16puisqu'elle atteint à peu près la barre des 10%.
07:19Et même chez les écologistes, en fait, il y a une forme de réjouissance
07:22parce qu'ils ont tellement eu peur de perdre leur groupe
07:24et de passer sous la barre des 5%
07:26qu'au moins, ils ont sauvé leur groupe.
07:29Et puis les communistes s'attendaient à faire un résultat de ce niveau-là.
07:33Raphaël Glucksmann, dans sa première réaction,
07:35après avoir évoqué le score du Rassemblement National,
07:38on sent qu'il est très satisfait de ce résultat.
07:41Oui, il est très satisfait.
07:42Et très vite, il va se projeter au-delà de l'élection européenne
07:45sur la recomposition à gauche,
07:47sur ce qui va se passer sur la scène politique française
07:49et sur la création nécessaire d'un nouvel espace politique.
07:53Il avait déjà dessiné ça dans les derniers jours de campagne,
07:56ouvert aux démocrates sincères,
07:58loin de toute calomnie, de toute outrance.
08:00Et là, on voit clairement qui il vise.
08:02Il vise les insoumis qui ne l'ont pas aménagé du tout pendant la campagne.
08:05Ça a été très violent.
08:06Il vise également Jean-Luc Mélenchon
08:08qui, selon lui, brutalise la vie politique française.
08:10Concrètement, qu'est-ce qu'il a reçu comme attaque
08:12pendant cette campagne de la part d'LFI ?
08:13LFI, en fait, l'a vu très rapidement
08:16comme le représentant, je cite, de la vieille gauche
08:19ou de la gauche molle, c'est-à-dire de la gauche sociale-démocrate.
08:22On a vu en lui le retour annoncé de François Hollande
08:27ou du PS des vieilles années
08:29qui est absolument honnie par les insoumis.
08:32Et puis, assez vite aussi,
08:34il y a eu des critiques sur son soutien à Gaza.
08:37On sait que ça a été au cœur de la stratégie des insoumis
08:41pendant ces élections européennes
08:42et on lui reproche un soutien timide
08:44ou en tout cas, et puis parfois,
08:46de ne pas avoir reconnu, par exemple, le terme de génocide.
08:49Tout ça a contribué à rendre les relations exécrables
08:52entre les deux camps.
08:55J'ai décidé de vous redonner le choix
08:58de notre avenir parlementaire, par le vote.
09:01Je dissous donc, ce soir, l'Assemblée nationale.
09:04Quelques minutes après 21h,
09:06la dissolution de l'Assemblée nationale
09:08est annoncée par Emmanuel Macron
09:10en direct de l'Élysée.
09:11Qu'est-ce qu'on se dit à gauche
09:13après ce coup de tonnerre ?
09:14La première réaction, en fait,
09:16c'est la surprise totale.
09:18Et puis, très vite,
09:19les États-majors et les députés
09:21se ressaisissent en se disant
09:22« Bon, ben, voilà,
09:23il faut qu'on reparte immédiatement en campagne. »
09:26Donc, par exemple, chez les insoumis,
09:28le discours qui est très vite arrêté,
09:30c'est « Nous, on n'a pas peur de faire la campagne,
09:31on n'a pas peur du peuple,
09:32donc on y retourne. »
09:34Mais au départ,
09:35les réactions étaient très surprises.
09:36Chez les autres,
09:37chez les socialistes,
09:38chez les écologistes et les communistes,
09:40il y a beaucoup aussi d'incertitudes,
09:42de peurs,
09:42parce qu'une bonne partie de toute la gauche
09:46est consciente du risque
09:47de se faire balayer à la fin du mois
09:49et donc beaucoup ont conscience
09:51du risque de perdre leur siège
09:53à l'Assemblée nationale.
09:54Toujours le dimanche soir,
09:55à Amiens,
09:56François Ruffin,
09:57le député LFI de la Somme,
09:58réagit avec virulence.
10:00On a, dit-il, un taré,
10:02un pyromane à la tête de l'État
10:03et il appelle à une nouvelle alliance de la gauche.
10:06« Il nous faut une gauche unie.
10:08Il faut arrêter les conneries.
10:09C'est le seul moyen d'aujourd'hui
10:11faire front au Rassemblement national.
10:13J'en appelle, dès ce soir,
10:15Marine Tondelier,
10:16Olivier Faure,
10:18Fabien Roussel,
10:19Emmanuel Bompard
10:20pour qu'on se range derrière une barrière commune,
10:22une barrière front populaire. »
10:24Pierre Morer, vous,
10:25à ce moment-là,
10:26vous êtes avec les socialistes.
10:27Comment réagit leur tête de liste,
10:29Raphaël Glucksmann ?
10:30« Raphaël Glucksmann,
10:31qui va s'exprimer en duplex assez vite,
10:33et lui,
10:34est complètement sonné par cette annonce.
10:35C'est fou. »
10:38« Par qui on est dirigé ? »
10:40« Est-ce que, en tant que citoyen,
10:42là, pas journaliste,
10:43mais est-ce que vous avez conscience
10:45de par qui nous sommes dirigés ? »
10:47Désormais, le président de la République
10:49obéit à Jordan Bardella.
10:51« Et on sent,
10:52chez les autres socialistes que j'ai rencontrés,
10:55une stupeur,
10:56mais aussi une urgence à agir,
10:57parce qu'il pensait avoir deux ans,
10:59à peu près,
10:59pour recomposer la gauche,
11:02pour redéfinir une union,
11:03que tout le monde estimait nécessaire
11:05pour avoir des chances de gagner en 2027.
11:07Mais là,
11:08ce qu'ils pensaient pouvoir faire en deux ans,
11:10ils vont devoir le faire en deux jours. »
11:15Pierre Maurer,
11:15le jour d'après,
11:16le matin du lundi 10 juin,
11:18que se passe-t-il à gauche ?
11:19« Dès le lundi matin,
11:21on comprend que les uns et les autres
11:23se rencontrent,
11:24les communistes parlent avec les socialistes,
11:27les socialistes parlent avec les écologistes,
11:29et que des négociations
11:30sont déjà bien amorcées.
11:32Toute cette journée du lundi,
11:34Raphaël Glucksmann se montre très discret,
11:36Julien Duffet. »
11:37« Oui, on l'a vu la veille,
11:38donc le dimanche soir,
11:39juste après les résultats,
11:41mais il va se montrer très discret
11:42toute la journée de lundi.
11:43On ne sait pas vraiment
11:44s'il va s'exprimer,
11:46on ne sait pas vraiment non plus
11:47ce qu'il pense vraiment
11:49des négociations qui s'engagent à gauche,
11:51s'il les approuve.
11:52Certains socialistes se demandent même
11:54s'il est à Paris
11:56ou s'il est parti à Bruxelles
11:57pour négocier les postes
12:00qui commencent à se négocier là-bas.
12:01Bref, on est dans le flou côté socialiste. »
12:05Dans l'après-midi,
12:06les partis de gauche se réunissent
12:07dans le nord de Paris,
12:08près de la gare du Nord,
12:09au siège national des écologistes.
12:12« Oui, alors en fait,
12:13les écologistes,
12:13depuis le lundi matin,
12:14ils jouent un peu les entremetteurs
12:16entre les ex-partenaires de la NUP.
12:18Ça a été les premiers
12:19à proposer leur siège
12:20pour que des négociations se tiennent.
12:22Et donc, les Insoumis
12:25qui, au préalable,
12:26avaient déjà envoyé un communiqué
12:27proposant une réunion
12:28de toutes les forces de gauche,
12:30rejoignent les écologistes
12:32à leur QG à partir de 16h.
12:34Les communistes sont déjà présents.
12:35On n'attend plus, en fait,
12:37que les socialistes
12:38qui mettent trois bonnes heures
12:40avant d'arriver
12:41et qui arrivent vers les coups
12:42de 19h30. »
12:44Donc là, concrètement,
12:44qui parle avec qui ?
12:45Comment ça se passe ?
12:46« Tout le monde est autour
12:47de la même table.
12:48À l'intérieur,
12:49comment ça se passe ?
12:50Il y a deux groupes.
12:50Il y a un groupe
12:51qui travaille sur le fond de l'accord
12:53et il y a un groupe
12:54qui travaille sur les circonscriptions
12:56et l'attribution
12:57de chaque circonscription
12:59à tel ou tel député
13:00de telle ou telle formation politique. »
13:02« Raphaël Glucksmann, bonsoir. »
13:03« Bonsoir. »
13:04Finalement, Raphaël Glucksmann
13:05est bien à Paris
13:06et non à Bruxelles.
13:07Il est l'invité du 20h de France 2.
13:09C'est pour ça qu'il restait discret
13:10jusque-là.
13:11Julien Duffet,
13:12pendant cette interview,
13:13il pose plusieurs conditions
13:15à un accord électoral
13:16avec les autres partis de gauche.
13:18« Je suis en tête à gauche.
13:19Donc voilà les conditions. »
13:20« Oui, exactement.
13:21Il en pose cinq principales.
13:22Il y a le soutien des signataires
13:25de cet accord
13:26à la construction européenne
13:29qui est très importante pour lui,
13:30à la résistance ukrainienne.
13:32Il y a trois autres points
13:33qui font plus consensus
13:34qui est l'abrogation
13:35de la loi immigration,
13:38de la réforme des retraites
13:39ou encore de la réforme
13:40de l'assurance chômage.
13:41Et puis, il y a un dernier point
13:42qui lui tient aussi à cœur,
13:44c'est le rejet
13:45de toute forme
13:45de brutalisation
13:46de la vie publique.
13:48« Un rejet
13:48de la brutalisation
13:49de la vie politique.
13:50Des insultes,
13:52des fake news,
13:53des calomnies.
13:54Et si ces conditions
13:55ne sont pas remplies,
13:56on ne fait pas ça. »
13:58On voit clairement,
13:59là encore,
14:00qu'il vise Jean-Luc Mélenchon.
14:01« D'un mot,
14:02clairement,
14:02ce qu'il dit,
14:02ça semble exclure LFI
14:04d'un accord ? »
14:05Non,
14:06parce que ces conditions,
14:08elles ont déjà été émises
14:09dans un communiqué
14:10un peu plus tôt
14:11par le Parti Socialiste
14:12et par le parti
14:13de Raphaël Glucksmann
14:14Place Publique.
14:15En fait,
14:16ça fait partie
14:16de ce que met
14:18à la fois Glucksmann
14:19et le Parti Socialiste
14:20dans la balance
14:21pour arriver à un accord.
14:22On demande des concessions
14:24aux Insoumis
14:24sur ces points.
14:25Toujours dans cette interview,
14:27Raphaël Glucksmann
14:27met en avant
14:28le nom d'un homme
14:29qui pourrait,
14:30selon lui,
14:31arriver à Matignon
14:32si l'alliance de la gauche
14:33arrive en tête
14:34aux législatives.
14:35C'est un peu
14:36l'annonce surprise
14:37de cette interview
14:39à laquelle
14:40on ne s'attendait pas.
14:41Il pense,
14:42pour occuper le poste
14:43à Matignon,
14:43à Laurent Berger,
14:44donc l'ancien patron
14:46de la CFDT,
14:47un syndicat réformiste,
14:48qu'il estime
14:49le plus à même
14:50de rassembler
14:52les Français.
14:53Il ajoute
14:53qu'il ne voit pas
14:54Mélenchon Premier ministre.
14:56C'est une façon aussi
14:57d'écarter,
14:58pour lui,
14:58la possibilité
14:59de voir l'Insoumis
15:00à Matignon.
15:01Cette proposition,
15:02le syndicaliste
15:03Laurent Berger
15:04comme candidat potentiel
15:05pour Matignon,
15:06comment c'est perçu
15:06par le reste de la gauche ?
15:07On sait que
15:09Raphaël Guzman
15:10en a parlé
15:10à l'intéressé,
15:11à Laurent Berger,
15:12mais on ne sait pas vraiment
15:13si ça fait consensus
15:14au sein du Parti Socialiste.
15:15Ça a été discuté,
15:16on en avait entendu parler
15:17par certains cadres
15:19du Parti Socialiste
15:20dans l'après-midi,
15:21mais par exemple,
15:22les Insoumis
15:23pensent que c'est
15:23complètement improvisé
15:24et que ça n'a aucun sens.
15:26À ce moment-là,
15:27vous êtes toujours
15:27tous les deux devant
15:28le siège des écologistes
15:29à Paris,
15:30près de la Gare du Nord,
15:31et vous voyez
15:32de nombreux jeunes
15:33manifestants de gauche
15:34qui viennent de défiler
15:35contre le Rassemblement National.
15:37Oui,
15:38c'est assez étonnant
15:38parce que c'est assez soudain.
15:39On sait qu'il y a
15:40Place des Rueurs-Républiques,
15:42donc à un kilomètre
15:43du siège des Verts,
15:44une manifestation
15:45à la fois
15:46contre l'extrême droite
15:47et pour réclamer
15:48cette unité à gauche.
15:50Beaucoup de jeunes,
15:51souvent des militants,
15:52des organisations de jeunesse,
15:53des partis politiques,
15:54et on les voit arriver
15:55devant le siège des Verts
15:56au cri de unité populaire.
15:58La jeunesse exige l'union
16:00ou encore la jeunesse
16:04emmerde le Front National.
16:06Bref,
16:07on sent qu'ils sont là
16:08pour mettre la pression
16:09aux responsables
16:10des partis de gauche
16:11qui sont en train
16:11de négocier au même moment
16:12derrière les fenêtres.
16:13À ce moment-là,
16:13il est 22h30.
16:14Pierre Morer,
16:15que se passe-t-il ensuite ?
16:16Juste avant que les jeunes
16:18arrivent devant le QG,
16:19nous,
16:20on reçoit un court communiqué
16:21qui est juste un fichier Word
16:23qui a l'air d'être
16:24une simple ébauche
16:25où on nous annonce
16:26que les quatre formations
16:28principales de la gauche
16:29ont conclu un accord
16:30pour un front populaire.
16:31Donc,
16:31on est saisi d'un doute
16:32à ce moment-là.
16:33On se dit,
16:33est-ce que c'est vraiment
16:34l'annonce d'une union ?
16:36J'en parle aussi
16:37à un cadre de la Réunion
16:38qui est à l'intérieur
16:39qui me dit,
16:39oui, c'est bon,
16:40on est tous d'accord.
16:41Et donc,
16:42à ce moment-là,
16:42on comprend que l'union est formée
16:44et au moment où les jeunes
16:45arrivent en criant
16:46Union, Union,
16:46l'union est déjà formée.
16:48Il ne reste plus
16:48qu'aux quatre chefs
16:50des principaux partis
16:51à sortir sur le trottoir,
16:52ce qu'ils font
16:53dans les minutes suivantes
16:54pour annoncer
16:55tout sourire,
16:56heureux,
16:57la conclusion de cet accord.
16:59On a signé un document
17:01à cette organisation politique
17:05et en lançant un appel
17:07à être plus nombreux demain.
17:09Et d'ores et déjà là,
17:10je crois qu'il y a
17:11une quinzaine d'organisations politiques
17:13déjà ce soir
17:14qui ont rejoint cet appel.
17:16Demain,
17:17j'espère que nous atteindrons
17:18la vingtaine
17:19et que ce rassemblement
17:20très large
17:21nous permettra
17:21d'aller jusqu'à la victoire.
17:26Pierre Morère,
17:27pour la fin de ce podcast,
17:28on est au siège
17:29du Parti communiste
17:30à Paris,
17:30place du colonel Fabien.
17:32L'union
17:32qu'on vient d'évoquer
17:33au soir du lundi 10 juin,
17:35c'était un accord de principe,
17:36des candidatures uniques
17:38pour les partis de gauche
17:39dans chaque circonscription.
17:40Ceux que les partis concernés
17:42ont baptisé
17:43le Front populaire
17:44et le mercredi 12 juin
17:46au matin,
17:47LFI,
17:47PS,
17:48Verts et communistes
17:49se réunissent
17:50au siège du PC.
17:51Les discussions
17:52se poursuivent
17:53au moment où on se parle
17:54en fin de journée.
17:55Qu'est-ce qu'ils négocient ?
17:56Alors en fait,
17:57dans la nuit,
17:57les négociations ont bien avancé.
17:59D'un côté,
18:00ils se sont mis
18:00plutôt d'accord
18:01sur un projet
18:02de programme commun,
18:04même s'il reste encore
18:06des points durs
18:07à trancher.
18:08Ce qu'il reste à déterminer,
18:09c'est des détails
18:10d'attribution
18:11des circonscriptions,
18:13mais aussi des points
18:15durs de négociation
18:16au niveau programmatique
18:18qu'il faut trancher.
18:19Les quatre partis présents
18:20à ces négociations
18:21se sont déjà mis d'accord
18:22sur le nombre de candidats
18:23que chaque formation
18:24va pouvoir présenter
18:25le dimanche 30 juin.
18:27Environ 230
18:28pour la France insoumise,
18:29c'est 100 de moins
18:30qu'en 2022.
18:31Le PS va pouvoir
18:32se présenter
18:33dans 175 circonscriptions,
18:35100 de plus
18:36qu'il y a deux ans.
18:37On voit que le rapport
18:37de force a changé.
18:38Il y aura environ
18:3990 candidats verts
18:41et 50 communistes.
18:42Là,
18:43pas de grand changement
18:43par rapport
18:44aux précédentes législatives.
18:46Pierre Morère,
18:46qu'est-ce qui peut bloquer
18:47ces négociations maintenant ?
18:49Qu'est-ce qui les rend compliqués ?
18:50D'abord,
18:50il y a encore des questions
18:51programmatiques à trancher,
18:53même si la volonté
18:54des uns et des autres,
18:55c'est de faire des concessions,
18:57de dépasser les problèmes
18:58pour avancer
18:59d'une voie commune.
19:00Il y a aussi encore
19:01des problèmes
19:01de circonscription,
19:03avec probablement
19:04des problèmes
19:04de personnalité.
19:05On sait que pour beaucoup,
19:06le fait qu'Adrien Quattenins,
19:08le député Léfi,
19:09qui a été condamné
19:09pour violences conjugales,
19:10se représente
19:11dans sa circonscription
19:12du Nord,
19:13est un problème.
19:15Et puis enfin,
19:16il y a une question centrale
19:18qui, pour l'instant,
19:19n'a pas été tranchée,
19:20c'est est-ce qu'on présente
19:21un candidat
19:22au poste de Premier ministre ?
19:23En tout cas,
19:24est-ce qu'on met
19:24une personnalité en avant
19:27pour candidater
19:28à Matignon,
19:29notamment face
19:30à Jordan Bardella ?
19:31Et ça,
19:32ça n'a pas encore
19:33fait l'unanimité non plus.
19:34Raphaël Glucksmann,
19:35le chef de file
19:36de la liste PS
19:37et place publique
19:38pour ces européennes,
19:39est-ce qu'il était
19:39pour s'unir
19:40avec LFI,
19:41malgré les violences
19:43des attaques
19:43qu'il a parfois subies
19:44de la part
19:45de certains insoumis
19:46pendant la campagne
19:46des européennes ?
19:48Alors non,
19:48très clairement,
19:49Raphaël Glucksmann,
19:49il avait imaginé
19:50une autre recomposition
19:52de la gauche
19:53avec un espace
19:54social-démocrate
19:55recréé.
19:57Tout a été le bouleversé
19:58dimanche soir.
19:59Et aujourd'hui,
20:00les représentants
20:01de ce mouvement,
20:02dont certains
20:03de ses plus proches
20:03conseillers,
20:04sont ici aux négociations
20:05pour déboucher
20:07sur un accord commun,
20:08mais ils viennent
20:09avec des prétentions
20:10très fortes
20:11et des points
20:12de discussion
20:12très forts.
20:13Et c'est ça
20:14qui rend les négociations
20:15compliquées,
20:15puisque par exemple
20:16sur l'Ukraine,
20:17sur l'antisémitisme,
20:19le mouvement
20:20de Raphaël Glucksmann
20:21veut inscrire
20:22noir sur blanc
20:22dans le projet
20:24programmatique
20:25qui est en train
20:26d'être élaboré
20:26des positions
20:27très tranchées
20:28qui ne font pas
20:29l'objet d'ambiguïté.
20:34Merci à Pierre Morer
20:35et Julien Dufay.
20:37Code source
20:37est le podcast
20:38quotidien
20:38d'actualité du Parisien.
20:40Cet épisode
20:41a été produit
20:41par Thibaut Lambert,
20:42Clara Garnier-Amourou
20:43et Camille Ruiz,
20:44réalisé par
20:46Julien Moncouquiol.
20:47Pour suivre en direct
20:48l'actualité
20:49de ces élections
20:50législatives
20:50anticipées
20:51des 30 juin
20:52et 7 juillet,
20:53rendez-vous
20:53sur leparisien.fr.
20:55Et puis n'oubliez pas
20:56les deux autres podcasts
20:57du Parisien,
20:58Le Sacre, témoignage
20:59de médaillés d'or
21:00olympiques et paralympiques
21:01chaque mercredi
21:02et Crime Story,
21:03une grande affaire criminelle
21:04racontée chaque samedi.
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