Le 29 avril, plusieurs syndicats de médecins et d’étudiants en médecine ont manifesté pour s’opposer à une proposition de loi qui prévoit de revenir sur leur liberté d’installation. Une idée souvent évoquée ces quinze dernières années, pour lutter contre les déserts médicaux, mais qui n’a jusqu’à maintenant jamais réussi à voir le jour. Récit. Écoutez Code source sur toutes les plates-formes audio : Apple Podcast (iPhone, iPad), Amazon Music, Podcast Addict ou Castbox, Deezer, Spotify.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Raphaël Pueyo, Orianne Gendreau et Pénélope Gualchierotti - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : François Clos, Audio Network
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00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour CodeSource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Pour lutter contre les déserts médicaux, une proposition de loi est examinée en ce moment à l'Assemblée.
00:17Texte défendu par un groupe d'élus de gauche et de droite, de LR à LFI.
00:22Principale mesure pour les jeunes médecins, l'interdiction de s'installer dans les régions où les généralistes sont déjà assez
00:29nombreux.
00:30Cette potentielle réforme n'est pas soutenue par le gouvernement, les syndicats de médecins y sont fermement opposés.
00:36Cela fait une vingtaine d'années que l'on parle de restreindre la liberté d'installation des médecins pour mieux
00:41les répartir sur le territoire.
00:43Mais cela n'a pas été fait jusqu'ici. Pourquoi cette mesure est-elle aujourd'hui défendue par les députés
00:49?
00:49Et sera-t-elle cette fois-ci appliquée ? Réponse avec Véronique Hunsinger, journaliste santé au Parisien.
01:05Véronique Hunsinger, dans la nuit du jeudi 3 avril, l'Assemblée adopte un article de loi qui concerne les médecins.
01:11Que prévoit ce texte ?
01:12Les futurs médecins ne pourront pas s'installer en plus des médecins déjà installés là où on considère qu'ils
01:18sont en nombre suffisant.
01:20Cela ne veut pas dire qu'ils ne pourront plus s'installer, mais il faudra à ce moment-là qu
01:23'ils reprennent le cabinet d'un confrère ou d'une consoeur qui part, soit qui déménage, soit le plus loin
01:29qui part en retraite tout simplement.
01:33Alors on va voir dans ce podcast que cela fait plus de 15 ans qu'il est question de restreindre
01:37la liberté d'installation des médecins généralistes et que finalement ça n'est pas fait.
01:42D'abord, Véronique Hunsinger, à partir de quel moment on considère qu'on est dans un désert médical ?
01:46Les agences régionales de santé décident que certaines zones sont en désert médical au terme d'un très savant calcul
01:54qui combine tout un tas d'indicateurs, l'âge des médecins, le temps de trajet pour y accéder, l'âge
02:01de la population, la part de malades chroniques.
02:04Enfin voilà, c'est toute une espèce d'algorithme au terme duquel on décide qu'un endroit est un désert
02:09médical.
02:09Et au bout du compte, ça représente quelle proportion de la surface de la France ?
02:13Alors les déserts médicaux ont grignoté de plus en plus du territoire en 20 ans, au point qu'aujourd'hui
02:19c'est 87% du territoire métropolitain qui est considéré comme un désert médical.
02:28D'un mot, les généralistes, ils ont un rôle clé pour la santé des Français. Il y a énormément de
02:33consultations chaque jour de la semaine chez les généralistes.
02:35Tous les jours, il y a un million de Français qui franchissent les cabinets des médecins généralistes.
02:40Et leur rôle est très important parce que c'est eux qui sont chargés de la coordination des soins notamment,
02:47en particulier pour les malades chroniques qui voient toute une série de spécialistes qui sont soignés à l'hôpital.
02:52Et c'est pourquoi aujourd'hui, il y a effectivement 6 millions de Français qui n'ont pas de médecin
02:56traitant, mais il y a surtout 600 000 malades chroniques qui n'ont pas de médecin traitant.
03:01Et pour eux, c'est vraiment un problème très important.
03:04Vous le disiez, 87% du territoire, on sait où sont ces déserts médicaux ?
03:08Alors au départ, c'était surtout les territoires ruraux, un certain nombre de départements de ce qu'on appelle en
03:14France un peu la diagonale du vide.
03:16Également les banlieues des grandes villes où les médecins ne voulaient plus s'installer.
03:20Mais ces zones ont tellement grignoté toute la France qu'aujourd'hui, il n'y a presque plus aucun endroit
03:26qui est épargné.
03:27Sont encore épargnées les très grandes villes, Paris et encore les grandes métropoles régionales sont épargnées, le pourtour méditerranéen, une
03:36partie du pourtour atlantique.
03:38Mais de fait, quasiment toute la France aujourd'hui est considérée comme insuffisamment dotée en médecins généralistes.
03:45Les médecins généralistes sont libres de s'installer où ils le souhaitent. Dans leur esprit, c'est même au cœur
03:50de leur statut, c'est ça ?
03:51Oui, tout à fait, parce qu'un médecin libéral n'est pas salarié, ni de l'État, ni de l
03:56'assurance maladie, ni d'un hôpital.
03:59En fait, il est à la tête d'une petite entreprise, doit investir d'ailleurs pour cette entreprise, trouver des
04:05locaux, financer le matériel.
04:07Donc c'est aussi pour ça que les médecins libéraux sont très attachés à leur liberté, notamment la liberté d
04:13'installation,
04:14qu'ils considèrent aussi comme une contrepartie du fait qu'ils sont des entrepreneurs en fait.
04:21Véronie Kounsinger, c'est à partir de 2002 que l'on commence à s'inquiéter de la baisse du nombre
04:25des médecins en France.
04:27Oui, tout à fait. Pendant des dizaines d'années, on a pensé qu'il n'y avait pas de problème,
04:31qu'il y avait même trop de médecins en France.
04:33Et en 2002, c'est le ministre de la Santé de l'époque, Jean-François Matéi, qui commande un rapport
04:39au doyen de la Faculté de médecine de Marseille,
04:42le professeur Yvon Berléand. Et il se rend compte qu'effectivement, en 2002, il y a largement assez de médecins,
04:50mais qu'on est au bord d'une bascule, puisqu'on a formé très peu d'étudiants dans les précédentes
04:55décennies.
04:56Et ce qui est montré du doigt à ce moment-là, c'est le nombre de médecins qui est formé
05:00chaque année, le fameux numerus clausus.
05:02Tout à fait. Alors, le numerus clausus, il a été créé en 1971. C'était Simone Veil, qui était ministre
05:09de la Santé à l'époque.
05:11L'idée, c'était, oui, de réguler un petit peu le nombre de médecins dont on estimait qu'ils étaient
05:15en surnombre.
05:17Donc, à l'époque, on fixait par convention qu'on allait limiter le nombre d'étudiants en deuxième année de
05:22médecine à 8000, à peu près.
05:24Les années suivantes, on est allé de plus en plus loin dans la diminution du nombre d'étudiants.
05:30Vraiment, le creux, ça a été le plan Juppé en 1995. Là, on est descendu à 3500 étudiants en médecine
05:37chaque année, ce qui était très, très peu.
05:40Et pire que ça, même, le plan Juppé a incité les médecins en activité à partir en retraite de façon
05:47prématurée.
05:48Donc, on leur donnait à l'époque plusieurs centaines de milliers de francs pour qu'ils arrêtent de travailler dès
05:5357-58 ans.
05:57En 2006, le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, présente un premier plan pour lutter contre les déserts médicaux.
06:04Oui, tout à fait. Donc, c'est le fameux rapport de 2002 qu'il retrouve sur son bureau.
06:08Et puis, il y a aussi des remontées de terrain. Xavier Bertrand aime bien aller dans les cabinets de médecins.
06:13Il aime bien aller dans les zones rurales. Et il se rend compte qu'il y a un problème qui
06:17est en train de se dessiner.
06:18Il commande aussi à ses services des remontées chiffrées. Et c'est à cette époque qu'on se rend compte
06:24que 12% des communes françaises commencent à être en manque de médecins généralistes.
06:31Alors, qu'est-ce qui est décidé ?
06:33Alors, qu'est-ce qui est décidé ? Il lance un grand plan sur la démographie médicale.
06:38Là, il n'est absolument pas question de contraintes à cette époque-là.
06:43La première mesure, mesure tout à fait de bon sens, c'est de réaugmenter le nombre d'étudiants en médecine.
06:50On passe à peu près à 6 000 étudiants par an. Donc, on double par rapport à 10 ans auparavant.
06:57Et puis, l'idée de Xavier Bertrand, c'est vraiment d'inciter les médecins à aller dans les campagnes.
07:02Parce que c'est là qu'on avait identifié le problème. Et on les incite essentiellement de manière financière.
07:09Donc, une des premières mesures, c'est que les médecins, ce qu'on identifie à cette époque-là comme les
07:15zones désertiques,
07:17bénéficient d'une espèce de petite prime de 20% d'honoraires en plus pour travailler dans ces zones-là.
07:24L'année suivante, en 2007, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale prévoit pour la première fois
07:30une restriction de la liberté d'installation dans les zones où il y a déjà beaucoup de médecins.
07:35Oui, tout à fait. Alors, 2007, changement de quinquennat.
07:39C'est Nicolas Sarkozy qui est président de la République et Roselyne Bachelot, ministre de la Santé.
07:44Et on change un peu de doctrine. Donc, pour la toute première fois, effectivement,
07:48un article du budget de la Sécu pour l'année suivante met sur la table l'idée que les médecins
07:54ne puissent plus s'installer
07:56là où on considère qu'il y en a déjà suffisamment.
07:59Donc, c'est exactement la même idée qui est aujourd'hui en débat à l'Assemblée nationale.
08:04Et donc, que se passe-t-il à ce moment-là ?
08:05Ça jette immédiatement des milliers d'internes dans la rue.
08:09Les internes, en fait, c'est ces étudiants en médecine en fin de parcours, en troisième cycle,
08:14qui travaillent à l'hôpital, qui représentent à peu près 40% de l'effectif des médecins.
08:20Donc, ils sont absolument indispensables à l'activité des hôpitaux.
08:23C'est un mouvement très important. Les internes sont dans la rue.
08:26Il y a des manifestations dans toute la France. Il y a des très grosses manifestations à Paris.
08:31C'est une manifestation historique.
08:33Ça témoigne d'une grogne et d'une colère du monde médical global
08:36contre la dérive de notre système de santé qu'orchestre le gouvernement actuellement.
08:40C'est un mouvement qui recueille un très gros écho médiatique à l'époque.
08:46Suite à cette mobilisation, la mesure est abandonnée.
08:50Et dans les années qui suivent, on va régulièrement parler dans l'actualité
08:53d'une potentielle restriction de cette liberté d'installation.
08:58Oui, la restriction de la liberté d'installation devient un serpent de mer pendant une quinzaine d'années.
09:04À chaque budget de la Sécurité sociale, il y a des députés, des sénateurs
09:09qui, par voie d'amendement, essayent de remettre la question sur le tapis.
09:13On en reparle encore en 2013-2014.
09:17Donc, le nouveau changement de majorité, le président de la République est François Hollande,
09:21la ministre de la Santé pendant cinq ans est Marisol Touraine.
09:24Elle défend une grande loi de réforme de la santé en 2014.
09:28Et là, pareil, il y a une pluie d'amendements.
09:30Même la Commission des Affaires Sociales propose encore une fois de restreindre la liberté d'installation.
09:37Et ce qui est amusant, c'est que les gouvernements, que ce soit de gauche ou de droite,
09:41s'opposent toujours à la restriction de la liberté d'installation.
09:44Et c'est plutôt le Parlement, en fait, qui pousse en ce sens.
09:47On sait pourquoi le gouvernement s'oppose à cette mesure ?
09:49Alors, les syndicats de médecins ont des arguments très convaincants
09:53quand ils sont dans le bureau du ou de la ministre de la Santé.
09:57À tort ou à raison, souvent, les politiques pensent que les médecins ont beaucoup d'influence sur leurs patients.
10:04Et c'est vrai que souvent, les mouvements de protestation des médecins sont plutôt soutenus par la population.
10:09En 2018, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, annonce dans le Parisien la fin du numerus clausus à partir
10:15de 2020.
10:16Emmanuel Macron avait promis cette mesure en 2017.
10:19Mais les effets de cette décision ne se feront pas sentir avant très longtemps.
10:24Oui, tout à fait, parce que c'est à partir de la rentrée 2020 qu'on commence à augmenter très
10:29largement le nombre d'étudiants.
10:31Mais des études qui durent 8, 9, 10, 12 ans selon certaines spécialités.
10:36Donc les effets pleins de cette mesure ne se feront pas sentir avant 2030.
10:41À vrai dire, ça ne change pas grand chose.
10:42Mais en pratique, on continue à augmenter le nombre d'étudiants en médecine.
10:48On passe à ce moment-là à 8 000, 9 000 et maintenant 10 000 étudiants formés chaque année.
10:54À partir de juillet 2022, un député socialiste, Guillaume Garrault,
10:58essaie de fédérer d'autres députés autour d'une proposition de loi
11:02pour restreindre la liberté d'installation des généralistes.
11:05Oui, alors Guillaume Garrault, il est député de la Mayenne,
11:09un département qui souffre depuis très longtemps et de façon assez dramatique d'un manque de médecins.
11:14Il lance un groupe de travail avec une cinquantaine de députés,
11:18alors vraiment de tous bords, à l'exception cependant du Rassemblement National.
11:23Donc ces deux députés commencent un tour de France des déserts médicaux.
11:27Ils rencontrent beaucoup d'élus locaux qui le rallient assez facilement à leur cause
11:32parce que c'est des élus locaux qui sont absolument désespérés de ne plus trouver de médecin pour leur commune.
11:38Le groupe de travail écrit une proposition de loi qui est co-signée,
11:43c'est un fait absolument exceptionnel, par 250 députés de tous bords,
11:48de la France insoumise à François Hollande à la droite républicaine.
11:52Une première mouture de cette proposition de loi est examinée à l'Assemblée juste avant l'été 2023.
11:57Quelle est sa principale mesure ?
11:59L'idée de limiter les nouvelles installations de médecins dans des zones où on estime qu'il y en a
12:05déjà suffisamment.
12:06Et parmi les autres mesures de cette proposition de loi, il y en a une qui concerne les gardes.
12:10C'est une mesure qui crispe vraiment beaucoup les syndicats de médecins et les généralistes
12:15parce que les gardes n'étaient plus obligatoires depuis une vingtaine d'années.
12:19Donc les gardes c'est le soir essentiellement et le week-end.
12:23Et la proposition de loi veut à nouveau les rendre obligatoires pour tout le monde.
12:27Là on est donc en 2023, que fait le gouvernement ?
12:30Alors le ministre de la Santé de l'époque, François Braun, qui est lui-même médecin,
12:34est totalement opposé à cette idée.
12:37Donc le gouvernement ne reprend pas du tout à son compte la proposition.
12:41Donc les choses traînent et puis on arrive après à la dissolution.
12:44Donc le texte est abandonné.
12:48Véronie Kuntzinger, on en revient au début de cet épisode de Code Source,
12:52le jeudi 3 avril à l'Assemblée.
12:54Les députés votent donc un article pour interdire l'installation des généralistes
12:58dans les secteurs qui en ont déjà assez.
13:01Comment réagissent les syndicats de médecins ?
13:03Eux ils disent que ça va dégoûter les jeunes de faire médecine,
13:07que certains iront travailler à l'étranger si on les oblige à aller à un endroit
13:11où ils ne voudront pas aller.
13:12Quant aux syndicats de médecins installés, ils soutiennent les internes
13:17parce qu'ils ne veulent pas non plus se couper des jeunes générations,
13:21même si un certain nombre de médecins installés ne verraient pas forcément
13:26d'un mauvais oeil un peu de régulation,
13:28parce que ceux qui exercent dans des zones où il y a déjà assez de médecins
13:32n'ont pas envie de voir arriver une nouvelle concurrence.
13:35Et ceux qui exercent dans les déserts médicaux
13:38et qui sont totalement épuisés et accablés de travail,
13:41eux aimeraient bien justement que les jeunes viennent travailler avec eux.
13:45Il y a ce vote à l'Assemblée, un mouvement d'action qui se prépare pour le 29 avril.
13:49Comment réagit le gouvernement ?
13:51Alors le gouvernement se désolidarise complètement de l'initiative parlementaire,
13:57mais décide quand même de recevoir les syndicats de médecins et les syndicats d'interne
14:01et bricole un peu à la va-vite en fait un plan d'action pour allumer un contre-feu.
14:10Le vendredi 25 avril, le Premier ministre François Bayrou est en déplacement dans le Cantal
14:15avec quatre ministres dont celui de la santé, Yannick Noderre, un cardiologue.
14:19Le but de cette visite est de parler des déserts médicaux.
14:23Est-ce que le Premier ministre fait des annonces ?
14:25Oui, il annonce un plan qui est un catalogue de mesures dont certaines existent déjà,
14:31certaines mesures sont amplifiées.
14:33L'idée phare du plan, c'est de demander à tous les médecins
14:37d'exercer jusqu'à deux jours par semaine dans un désert médical.
14:41Alors là, l'exécutif est un peu flou parce que l'entourage du Premier ministre
14:46dit qu'il y aura des pénalités pour ceux qui refusent.
14:50Le Premier ministre lui dit aux médecins, attendez, c'est un peu la dernière chance en fait
14:54pour vous éviter la fin de la liberté d'installation, donc saisissez-la.
14:59Mais ça, c'est mal vu par les médecins ?
15:01Finalement, c'est remplacer une contrainte pour les jeunes par une contrainte pour toute la profession en fait.
15:08Et ça existe déjà, il y a des médecins, notamment des spécialistes,
15:11qui font ce qu'on appelle des consultations avancées dans des territoires ruraux,
15:16dans des cabinets secondaires, mais il est hors de question pour eux que ça devienne obligatoire
15:22et surtout pour les généralistes qui sont déjà débordés d'activités dans leur cabinet,
15:27qui disent oui, très bien, mais qu'est-ce que je fais de mes patients au cabinet
15:30si je dois partir deux jours ailleurs ?
15:32Véronique Unzinger, les syndicats de médecins et d'étudiants en médecine
15:35organisent une journée de grève et de manifestation, comme on l'a dit, le mardi 29 avril.
15:40Est-ce que la mobilisation est importante ?
15:42Oui, la mobilisation est un succès, comme à chaque fois qu'il y a un appel à la grève des
15:48internes.
15:49Le syndicat des internes dit qu'un interne sur deux était en grève ce jour-là,
15:54donc il y a eu des assignations, effectivement, pour que les soins puissent être assurés dans les hôpitaux.
15:58Et dans la rue, il y a eu des dizaines de manifestations dans toute la France,
16:02et une grande manifestation à Paris, qui a réuni entre 3 et 5 000 participants,
16:09ce qui est beaucoup pour la profession de médecin.
16:10Moi, demain, si cette loi passe, clairement, je pars à l'étranger ou j'arrête et je fais autre chose.
16:15Et je pense qu'on est très nombreux dans ce cas-là.
16:18Pas de nouvelles réactions du gouvernement suite à cette journée de mobilisation réussie.
16:22Le texte proposé par les députés, lui, revient à l'Assemblée, ce mardi 6 mai.
16:28Véronique Unzinger, est-ce qu'on sait si, au bout du compte, ce texte va être adopté par les parlementaires
16:32?
16:33Alors, le premier article avait été adopté sans difficulté en avril.
16:38Il est très probable que la suite du texte le soit également,
16:41d'autant que les députés ont reçu l'appui, via une tribune qui est parue dimanche, de 1 500 élus
16:48locaux.
16:49Il faut savoir que les députés ont aussi derrière eux les maires, les conseillers départementaux,
16:54tous ces élus locaux pour qui la question des déserts médicaux est devenue une priorité absolue.
17:00Donc, pour vous, le texte a de bonnes chances de passer à l'Assemblée.
17:03Ensuite, il doit aller au Sénat.
17:04Est-ce que cette réforme peut passer contre l'avis du gouvernement ?
17:08Aujourd'hui, on est dans une situation politique très particulière
17:11puisque le gouvernement n'a pas la majorité à l'Assemblée nationale
17:16et des majorités de circonstances peuvent voir le jour.
17:20Et sur les déserts médicaux, qui sont une thématique très consensuelle à l'Assemblée nationale,
17:26la proposition de loi est soutenue par des députés de tous bords, à l'exception du RN.
17:32Donc oui, le texte a toutes les chances d'être adopté, malgré l'opposition du gouvernement.
17:38Donc, au bout du compte, on pourrait avoir un gouvernement qui est obligé de mettre en place,
17:42de mettre en musique une réforme qu'il n'a pas souhaitée ?
17:44Oui, absolument. Encore faut-il que le texte soit adopté au Sénat.
17:48Mais il faut savoir que les sénateurs, parfois encore plus que les députés,
17:53ont toujours été très en faveur de la régulation de l'installation des médecins
17:57parce que, tout simplement, c'est l'Assemblée des territoires, c'est l'Assemblée des élus locaux.
18:02Et notamment, la commission de l'aménagement du territoire, qui est très influente au Sénat,
18:07a toujours été en faveur de la régulation des médecins.
18:12Véronique Munsinger, vous qui êtes spécialiste santé,
18:14comment est-ce que vous comprenez l'hostilité ou la prudence du gouvernement sur cette proposition de loi ?
18:20Visiblement, le gouvernement, comme les précédents, ne veut pas se mettre à dos le corps médical.
18:25Des manifestations de médecins, des manifestations d'internes, surtout,
18:29ça peut prendre beaucoup d'ampleur, ça peut bloquer les hôpitaux.
18:32Et je pense que c'est un front que le gouvernement ne voudrait surtout pas voir s'ouvrir aujourd'hui,
18:37en plus des fronts et des mouvements sociaux qui existent déjà.
18:50Merci Véronique Munsinger.
18:52Cet épisode de Code Source a été produit par Pénélope Gualquierotti,
18:55Raphaël Pueyo et Oriane Gendreau.
18:58Réalisation, Pierre Chafonjon.
19:00Code Source est le podcast quotidien d'actualité du Parisien.
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