- il y a 11 heures
- #droguedesythese
- #overdose
- #addiction
Deux reporters du Parisien ont mené l’enquête sur ces nouvelles drogues aux effets puissants à l’origine de vagues inhabituelles d’overdoses, comme celle survenue au mois de mai en Île-de-France.
Pour Code source, Elsa Mari, journaliste santé au Parisien revient sur ce phénomène inquiétant aux côtés de Gwenaël Bourdon, journaliste à la cellule enquête Île-de-France.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Raphaël Pueyo, Barbara Gouy et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network
Archives : BFMTV
#droguedesythese #overdose #addiction
Pour Code source, Elsa Mari, journaliste santé au Parisien revient sur ce phénomène inquiétant aux côtés de Gwenaël Bourdon, journaliste à la cellule enquête Île-de-France.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Raphaël Pueyo, Barbara Gouy et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network
Archives : BFMTV
#droguedesythese #overdose #addiction
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Depuis plusieurs années, depuis au moins 5 ans, le Parisien parle régulièrement des
00:16nouvelles drogues de synthèse. Le 23 juin, notre journal a consacré son fait du jour à ce sujet,
00:21sa une et son premier dossier, avec ce titre, le fléau des nouvelles drogues. L'Île-de-France
00:27venait de connaître une vague d'overdoses mystérieuses au départ, 23 overdoses en 24 heures.
00:33Les drogues de synthèse font des ravages parce qu'elles sont très puissantes, très
00:37addictives et qu'elles sont disponibles facilement sur internet. Alors de quoi s'agit-il ? Quels
00:42sont les dégâts provoqués par ces produits ? Réponse dans Codesource aujourd'hui avec
00:46deux journalistes du Parisien, Gwenaëlle Bourdon du service Enquête Île-de-France et Elsa
00:51Marie, spécialiste santé au sein du service Société.
01:00Gwenaëlle Bourdon, le mardi 16 mai, une vague d'overdoses est signalée dans deux départements
01:04d'Île-de-France, les Hauts-de-Seine et la Seine-Saint-Denis.
01:06Oui, il va y en avoir une vingtaine en l'espace de 24 heures, c'est beaucoup et donc évidemment
01:11ça inquiète. Ce sont des overdoses à l'héroïne, aucune n'est mortelle.
01:16En Île-de-France, l'Agence Régionale de Santé alerte sur un produit stupéfiant responsable
01:21de 23 overdoses depuis deux jours dans les Hauts-de-Seine et en Seine-Saint-Denis.
01:24On a tout de suite des précisions sur ce qui se passe.
01:26En fait, ça va commencer dans les Hauts-de-Seine. Les sapeurs-pompiers sont appelés pour
01:30des malaises à un domicile. Quand ils arrivent, ils trouvent trois personnes,
01:34deux qui sont inconscientes et une femme qui parvient quand même à leur expliquer
01:37qu'elle a acheté son produit de l'héroïne en Seine-Saint-Denis. Ils sont transportés
01:43à l'hôpital. On va ensuite signaler deux nouveaux malaises, un homme et une femme
01:48dans une voiture à Gennevilliers. Et puis ensuite, on signale d'autres cas à la Courneuve
01:53et dans d'autres villes en Seine-Saint-Denis.
01:58Au total, il y a 23 overdoses en 24 heures. D'un mot, c'est rarissime.
02:03En tout cas, c'est suffisamment rare pour alerter à la fois, évidemment, les services de police,
02:08la justice, puisqu'une enquête est ouverte pour déterminer l'origine de ce produit.
02:14L'Agence régionale de santé va émettre une alerte à la fois en direction de tous les services
02:19d'urgence de la région pour leur signaler qu'il y a ce produit dangereux qui circule.
02:24Elle prévient aussi toutes les équipes qui sont amenées à intervenir auprès des toxicomanes,
02:29des consommateurs de drogue. Et de leur côté, ces équipes-là vont elles-mêmes, à leur tour,
02:34alerter les usagers, leur dire qu'une drogue a déjà provoqué une série de malaises,
02:39d'intoxications, d'overdoses, et donc leur demander à eux-mêmes d'être vigilants.
02:44C'est d'ailleurs ce qui va conduire ensuite certains usagers à apporter des échantillons
02:48qu'ils jugent suspects, de façon à ce que ces échantillons puissent être analysés.
02:52À ce moment-là, la raison de cette série d'overdoses est un mystère.
02:55Des échantillons de l'héroïne saisies après ces overdoses sont analysés.
03:00Et le 23 mai, Gwenaëlle Bourdon vous expliquez dans Le Parisien ce que ces analyses nous ont appris.
03:05Ce que révèlent ces analyses, c'est d'abord que cette poudre est bien de l'héroïne,
03:09dosée entre 18 et 26%.
03:11Mais par contre, là où il y a une grosse surprise, c'est qu'on découvre que cette héroïne,
03:15elle a été coupée avec deux cannabinoïdes de synthèse, du cannabis de synthèse,
03:23MDMB4ENPINACA et ADBBUTINACA.
03:25C'est une grosse surprise, c'est surtout du jamais vu en France.
03:28La responsable du Centre parisien d'évaluation de la pharmacodépendance
03:33dit qu'on a, dans une revue scientifique, trace d'une série d'overdoses aux États-Unis
03:39avec un autre cannabinoïde de synthèse.
03:41Mais il n'y a aucun précédent sur le territoire national.
03:46Elsa-Marie, vous avez visité l'un des deux laboratoires qui ont fait ces analyses.
03:50Vous nous en parlerez plus tard dans cet épisode de Code Source.
03:53Mais d'abord, de quoi est-ce qu'on parle ? C'est quoi une drogue de synthèse ?
03:56Alors, c'est des substances qui sont fabriquées au laboratoire
03:59et qui imitent les effets des drogues plus classiques.
04:02Par exemple, vous avez le cannabis qui est une plante
04:05et le cannabinoïde de synthèse qui est sa version chimique.
04:09Et ces drogues, elles sont fabriquées à partir de dérivés de pétrole, d'acide, d'acétone.
04:15Et on les appelle les nouveaux produits de synthèse, donc les NPS.
04:19Elles sont apparues au début des années 2010.
04:21Et en fait, elles circulent de plus en plus parce qu'elles sont moins chères
04:24et souvent beaucoup plus fortes, donc plus addictives.
04:27Elsa-Marie, quelques jours après cette vague d'overdoses,
04:30vous décidez d'essayer d'acheter des drogues de synthèse sur Internet pour un article.
04:34D'abord, pourquoi ? Quelle est votre idée ?
04:36Parce qu'on me dit qu'on n'a plus besoin de passer par un dealer,
04:39de le rencontrer pour se fournir et qu'on peut aller sur Internet
04:42et en quelques clics en commander, se faire livrer,
04:46ce qui me paraît quand même assez étonnant.
04:48Je cherche à savoir si c'est possible et si c'est le cas,
04:50ça veut dire que c'est quand même un vrai problème
04:52parce que ces drogues sont beaucoup plus accessibles qu'avant.
04:55Avant cette opération de test, vous vous fixez plusieurs règles.
04:58Oui, évidemment, la première règle, c'est de ne pas raconter aux lecteurs
05:03les mots-clés que j'ai tapés sur Internet pour me fournir ces drogues
05:07et de ne pas citer les sites parce que l'idée,
05:10ce n'est pas de leur faire de la publicité, évidemment,
05:12mais aussi de dépenser la somme la plus faible possible
05:16pour ne pas alimenter le trafic.
05:17Et aussi, je me mets d'accord avec un laboratoire
05:20avant de les commander pour qu'ils analysent ces drogues
05:23et qu'ensuite, ces drogues restent au laboratoire
05:26et évidemment, je ne les récupère pas.
05:28Racontez-nous le tout début, votre recherche sur Internet.
05:31Je tombe assez facilement sur plusieurs sites
05:33dont l'un est même noté 4,7 sur 5,
05:37comme si on évaluait un restaurant.
05:39Les commentaires sont assez logieux,
05:40on dit que le service est rapide,
05:43la livraison également,
05:45que ce sont même des produits de haute qualité.
05:48Et le site est situé aux Pays-Bas
05:51et il promet une livraison en moins de 24 heures
05:53dans un emballage discret.
05:54Qu'est-ce qu'on peut acheter sur ce site ?
05:56Alors, il y a une trentaine de produits chimiques
05:58qui sont proposés avec des noms invraisemblables,
06:013 CMC, 2 FMA.
06:03Et en fait, ça ressemble à une sorte de boutique de vêtements,
06:06sauf qu'en fait, on ne vend pas des robes,
06:08mais on vend des sachets, des pots,
06:10avec à l'intérieur des gélules, des poudres,
06:12des cristaux, donc de la drogue.
06:14Ce sont en fait des puissants anesthésiants,
06:17des dérivés de calmants.
06:18Et en fait, on peut avoir le prix
06:21en fonction du gramme qu'on souhaite.
06:23Finalement, qu'est-ce que vous achetez ?
06:24Alors, j'achète 3 produits.
06:25D'abord, je vais acheter de la 3-ACMC,
06:28qui est un peu la nouvelle cocaïne dont on parle beaucoup.
06:31J'achète aussi un nouveau stimulant
06:33dont je n'ai jamais entendu parler,
06:34la 5-MMPA,
06:35et des cachets qui sont des anxiolytiques,
06:38c'est-à-dire qui agissent contre l'anxiété.
06:40Ça m'étonne qu'on puisse les vendre
06:42parce que je sais qu'en cas de surdose,
06:45eh bien, on risque l'arrêt cardio-respiratoire.
06:48D'ailleurs, il y a eu 9 morts récemment
06:50avec ces produits au Canada.
06:52Donc, je décide de le mettre dans mon panier
06:54parce que ça m'étonne qu'on puisse en vendre.
06:56Je passe commande,
06:57je paye en fait par virement bancaire,
06:59et puis quelques minutes plus tard,
07:00je reçois un mail me disant
07:01« Merci pour votre achat ».
07:02Il y a même étonnamment en pièce jointe la facture.
07:05La livraison est moins rapide
07:07que les 24 heures annoncées sur le site.
07:09Votre colis en provenance des Pays-Bas
07:11met 7 jours à arriver,
07:13et ce jour-là,
07:13vous allez le chercher dans un point relais à Paris.
07:16L'épicier qui vous tend l'enveloppe
07:18ne se doute de rien.
07:19J'imagine que ces livraisons,
07:21c'est un casse-tête pour les autorités,
07:22pour les douanes et les forces de l'ordre en général ?
07:24Oui, c'est un casse-tête,
07:25et c'est ce que nous disent d'ailleurs
07:26les policiers de l'APJ que l'on rencontre.
07:29Ils nous disent que déjà,
07:30c'est compliqué de tracer les adresses Internet.
07:32Donc ils ne peuvent pas freiner ce commerce en ligne.
07:35En plus que les douanes veillent au grain,
07:37mais on ne peut pas non plus mettre un chien renifleur
07:39derrière chaque enveloppe venant de l'étranger.
07:41Ces chimistes ont toujours un temps d'avance,
07:44parce qu'ils vont créer sans arrêt des nouvelles drogues,
07:48changer la formule,
07:49et donc le temps que cette drogue se popularise,
07:52qu'elle arrive en France,
07:52qu'elle soit repérée par les autorités,
07:55qu'elle soit interdite,
07:56et bien ça peut mettre un à deux ans.
07:57Les autorités ont toujours un train de retard.
08:00Une fois rentrée chez vous,
08:01vous ouvrez l'enveloppe.
08:03Est-ce que ce que vous recevez correspond à la commande ?
08:06Oui, alors c'est vrai que l'enveloppe,
08:07elle est très légère.
08:08Donc je me dis, je me suis fait avoir.
08:10Et en fait, quand j'ouvre l'enveloppe,
08:12et bien non, il y a trois petits sachets transparents,
08:14soigneusement étiquetés,
08:15avec les noms des produits.
08:17Donc il y a bien le nouveau stimulant,
08:18qui est une poudre légèrement marron.
08:21Ensuite, il y a les cachets contre l'anxiété,
08:23ce sont des comprimés verts.
08:25Et dans l'autre sachet,
08:26il y a des cristaux de 3 ACMC.
08:28Comme prévu, vous allez faire analyser ces produits
08:30pour déterminer précisément leur composition,
08:32et vous vous rendez au laboratoire de toxicologie de Garches
08:36dans les Hauts-de-Seine,
08:37un laboratoire chargé notamment d'analyser les drogues
08:39suite à des intoxications ou à des overdoses.
08:42Oui, alors je leur amène ces trois produits.
08:44Quelques jours plus tard,
08:45j'ai la réponse,
08:46puisqu'ils ont été analysés.
08:47Effectivement,
08:48c'est bien les produits que j'avais commandés.
08:51La 3 CMC, même pure à 100%,
08:53donc elle est assez forte.
08:55Et pour les deux autres produits,
08:56ils ne sont pas capables de me donner la concentration,
08:59parce qu'en fait,
08:59ils n'ont pas ces produits dans leur pharmacie.
09:02Le nouveau stimulant, en fait,
09:03est inconnu au bataillon,
09:04et donc ils décident même de garder mes produits
09:06pour les avoir en cas d'intoxication.
09:11Et donc, ce laboratoire est l'un des deux
09:13qui a permis de révéler la présence
09:14de cannabis de synthèse
09:16dans l'héroïne à l'origine
09:18de la vague d'overdose.
09:20Que vous dit l'expert de Garche
09:21que vous interviewez au sujet de ce phénomène ?
09:24Les nouvelles drogues de synthèse,
09:25en fait, le préoccupent énormément.
09:27Il dit que c'est quand même terrible
09:28de s'en procurer aussi facilement,
09:30que ces produits sont extrêmement dosés
09:34et qu'on le voit, d'ailleurs,
09:35il y a de plus en plus de décès chez les jeunes.
09:38Et ce qui l'agace aussi,
09:40c'est que, comme on l'a expliqué,
09:41en fait, c'est compliqué de classer
09:43ces produits stupéfiants,
09:45ça met du temps.
09:45Et il me dit que parfois,
09:47le juge,
09:47parce que lui, il est expert judiciaire,
09:49le juge lui demande
09:50de rendre la drogue au consommateur
09:53parce qu'elle n'est pas encore
09:55classée stupéfiante.
09:56Donc on arrive à des situations kafkaïennes.
09:59Pour lui, c'est une course sans fin
10:01entre les trafiquants et eux.
10:02Elsa-Marie, cela fait 7 ans
10:03que vous couvrez le sujet de la drogue.
10:05Pour le Parisien,
10:06vous êtes spécialiste santé.
10:07En juin 2022, par exemple,
10:09vous aviez fait un reportage
10:10sur l'apparition et le développement
10:12de la 3MMC,
10:13dont vous avez déjà parlé,
10:14une sorte de sous-cocaïne
10:16moins chère et plus dangereuse.
10:18Vous faites notamment parler
10:19à un homme de 29 ans
10:20que vous appelez Benjamin.
10:22Et il vous raconte
10:22comment ce produit
10:23s'est répandu très vite
10:24dans son entourage.
10:25Oui, il m'explique en soirée
10:26quand il demande à ses copains
10:27s'ils ont de la C,
10:28donc de la cocaïne,
10:29on lui répond
10:30« Non, je n'ai pas de C,
10:31mais j'ai la 3MMC ».
10:33Et c'est dire à quel point
10:34finalement cette drogue
10:35s'est popularisée,
10:36c'est une sorte effectivement
10:37de nouvelle cocaïne,
10:39mais beaucoup moins chère.
10:40Et quand les usagers
10:42commandent en fait
10:43de la cocaïne
10:43à leur dealer habituel,
10:45ils leur répondent parfois
10:46qu'ils n'en ont pas,
10:47mais qu'ils ont un autre produit
10:47qui est beaucoup moins cher,
10:48donc la 3MMC.
10:50Ce que m'explique Benjamin,
10:51c'est que finalement,
10:51on est passé de « personne en prend »
10:53à « tout le monde en prend ».
10:54Dans ce reportage,
10:55il y a aussi le témoignage
10:56d'un autre consommateur
10:57de 34 ans,
10:58vous l'appelez « Matisse ».
11:00Cet homme a vu les dégâts
11:01provoqués par cette nouvelle drogue
11:03chez plusieurs proches.
11:04Il a l'habitude de consommer
11:05des drogues,
11:06notamment la 3MMC.
11:08Alors cette fois-ci,
11:09dans un contexte sexuel,
11:11pour ses effets désinhibants.
11:13Lui, ce qu'il me dit,
11:14c'est qu'il voit les dégâts
11:16en fait de cette drogue,
11:17notamment auprès de deux amis.
11:20L'un en fait est en arrêt maladie
11:22depuis plusieurs mois
11:23et déprimé.
11:24Et l'un de ses amis,
11:25à la tête d'une entreprise,
11:26a fait faillite
11:27à cause de cette drogue.
11:27Et ce n'est pas étonnant
11:29parce que les édictologues
11:30nous disent que cette drogue
11:31est plus dangereuse
11:32que la cocaïne.
11:34Elle peut entraîner
11:35des risques neurologiques,
11:37des idées suicidaires,
11:38mais aussi,
11:38en cas de surdose,
11:40des arrêts cardiaques.
11:42Gwenaëlle Bourdon,
11:42pendant l'été,
11:43le jeudi 3 août,
11:44six dealers présumés,
11:45soupçonnés d'avoir vendu
11:46l'héroïne à l'origine
11:48de la vague d'overdose
11:49du mois de mai,
11:50comparaissent devant
11:51le tribunal correctionnel
11:52de Bobigny.
11:53Oui,
11:53ils sont soupçonnés
11:54d'avoir participé
11:55au trafic d'héroïne
11:56qui règne à la cité
11:57des cosmonautes
11:58à Saint-Denis.
11:59Deux d'entre eux
12:00sont soupçonnés
12:01d'avoir vendu la drogue
12:02précisément
12:03les 16 et 17 mai,
12:04c'est-à-dire au moment
12:05où il y a eu
12:06cette vague d'overdose.
12:07L'un d'eux
12:08admet, d'ailleurs,
12:09avoir vendu la poudre
12:10en précisant
12:11qu'il ne savait absolument pas
12:13ce que contenait le produit.
12:14Et de fait,
12:15dans ce procès,
12:15on n'en apprendra pas
12:16beaucoup plus
12:17sur l'origine
12:18et la composition
12:20de cette drogue,
12:21qui l'a coupée,
12:22pourquoi est-ce qu'il y avait
12:23des cannabis
12:24de synthèse dedans,
12:25tout ça,
12:26on ne le saura pas.
12:26Les 6 personnes jugées
12:27vont être condamnées
12:28à de la prison ferme
12:29de 2 à 4 ans.
12:30Toujours pendant l'été,
12:31Gwenaëlle Bourdon,
12:32vous faites un reportage
12:33aux abords
12:33d'un centre d'accueil
12:34de consommateurs de drogue
12:35à Aulnay-sous-Bois
12:36en Seine-Saint-Denis.
12:37Et ce jour-là,
12:38devant ce centre,
12:39il y a le camion
12:40d'une association
12:40qui va au contact
12:41des consommateurs
12:42pour leur proposer
12:44de tester
12:44leurs drogues,
12:45de leurs produits.
12:46Et Gwenaëlle,
12:47ce camion laboratoire
12:48a eu un rôle important
12:49dans la réaction
12:49au mois de mai
12:50face à la vague d'overdose.
12:51Oui, alors ce camion,
12:53c'est donc le camion
12:53de l'association
12:54Analyse Ton Prod,
12:55qui effectivement pratique
12:57l'analyse de produits
12:58dans les festivals
13:00où circulent
13:01un certain nombre
13:02de drogues.
13:03Et ces analyses,
13:04elles ont un double objectif.
13:06D'abord,
13:06elles permettent
13:07aux consommateurs
13:07de savoir
13:08si le produit
13:09qu'ils ont acheté,
13:09ils peuvent le consommer
13:10et ils peuvent,
13:11le cas échéant,
13:12adapter aussi leur consommation
13:13selon que le produit
13:14est très déçu.
13:15pas dosé ou moins dosé.
13:17Et là,
13:18ils tentent de développer ça
13:19auprès de publics
13:20plus précaires.
13:20C'est la raison
13:21pour laquelle
13:21ils vont une fois par mois
13:23à Aulnay-sous-Bois
13:24au contact
13:25de consommateurs
13:26d'héroïne
13:26ou de cocaïne.
13:28Ils ont été
13:29les premiers
13:29à faire
13:31les premières analyses
13:32sur un échantillon
13:33de cette fameuse poudre
13:34d'héroïne frelatée
13:35aux cannabinoïdes
13:36de synthèse.
13:37Et donc,
13:38ils vont contribuer
13:39à une connaissance
13:40de ce produit
13:41et à une alerte
13:43sur ce type
13:45de produit.
13:45Ce camion est garé
13:46devant un centre d'accueil,
13:47ce qu'on appelle un caru
13:48d'un centre d'accueil
13:49pour les consommateurs
13:50de drogue,
13:51où ils peuvent parler
13:52avec des infirmiers
13:53et des éducateurs,
13:54par exemple.
13:55Présentez-nous les lieux.
13:56C'est comme une petite maison
13:58qui est située
13:59en lisière
14:00de l'hôpital intercommunal
14:02d'Aulnay-sous-Bois.
14:03Il y a des éducateurs,
14:04il y a des infirmiers
14:05qui reçoivent
14:06des usagers de drogue
14:07qui peuvent aussi venir
14:09tout simplement
14:09prendre une douche,
14:10boire un café
14:11et puis avoir des informations,
14:13être éventuellement dirigés
14:14vers les services sociaux.
14:15Et ce centre-là,
14:16il fait la promotion
14:17depuis un moment
14:18de l'analyse de drogue
14:19auprès des usagers.
14:20Et c'est pour ça
14:21que ces derniers
14:21ont pris l'habitude
14:22d'apporter
14:23des petits échantillons
14:24d'un produit
14:25quand il le juge suspect.
14:27Et c'est ce qui va être
14:28extrêmement utile
14:28au moment de la vague d'overdose.
14:30Vous parlez avec un homme
14:31accro à l'héroïne
14:32qui est inquiet
14:33depuis la série noire du printemps.
14:35Oui, parce qu'il dit
14:36que lui-même,
14:36une fois,
14:37il a pris
14:38ce qu'il pensait être
14:39de l'héroïne
14:40et qu'il en a subi
14:41des effets
14:43totalement inédits.
14:43Il dit qu'il a été obligé
14:45d'aller aux urgences.
14:46Et cet homme-là
14:47fait partie de ceux
14:48qui ont pris l'habitude
14:49quand ils le peuvent
14:50d'apporter un peu de drogue
14:51pour la faire analyser.
14:52L'une des responsables
14:53de ce lieu
14:53vous raconte
14:54un cas extrême
14:55de mauvaise réaction
14:56à un produit
14:57au printemps dernier.
14:58Oui, c'était à peu près
14:59au moment des overdoses
15:00et cette responsable
15:02raconte qu'il a fallu
15:03se mettre à 6
15:04pour maîtriser un homme
15:05qui était en pleine crise.
15:07Cet homme avait le visage
15:09déformé par la peur
15:10et il criait
15:11« Aidez-moi,
15:12je veux mourir,
15:13j'arrive plus à respirer ».
15:14La responsable dit
15:16qu'en 27 ans de travail
15:17au contact des usagers
15:18de drogue,
15:19elle n'avait jamais vu ça.
15:21Un animateur vous donne
15:22un autre exemple.
15:23Oui, ils sont même
15:23plusieurs à donner
15:24des exemples
15:25de personnes
15:26qui disent
15:27avoir vu des poules
15:28ou avoir le sentiment
15:29de cramer de l'intérieur.
15:31En fait,
15:31ils ont tous été frappés
15:32par des effets
15:33auxquels ils n'étaient pas
15:34habitués
15:35et surtout face auxquels
15:36ils se sentaient
15:36totalement impuissants
15:37parce qu'ils disposent
15:39au cas rude
15:40d'antidotes
15:41quand ils font face
15:42à une surdose
15:43d'héroïne par exemple.
15:44Il existe des produits
15:45qui permettent
15:45d'atténuer
15:46ou de stopper
15:47les effets de l'héroïne.
15:48Mais là,
15:49le problème,
15:50c'est que face
15:51à ces produits coupés,
15:53ils ne disposent
15:54d'aucun outil.
15:55Elsa-Marie,
15:56aujourd'hui,
15:57de nombreux spécialistes
15:58en addictologie,
15:59redoutent l'arrivée
15:59en France
16:00d'une drogue de synthèse
16:01qui fait des ravages
16:02aux Etats-Unis
16:03et au Canada,
16:04le fentanyl.
16:05Oui,
16:05c'est un opioïde de synthèse
16:07qui est un véritable fléau.
16:09C'est une drogue
16:10extrêmement puissante,
16:1250 fois plus mortelle
16:13que l'héroïne.
16:14Juste pour donner
16:15un exemple,
16:16en 2022,
16:17il y a 70 000 personnes
16:18aux Etats-Unis
16:19qui sont mortes
16:20après avoir consommé
16:21cette drogue
16:22qu'on appelle
16:22la drogue du zombie
16:23parce qu'effectivement,
16:24ceux qui la consomment
16:27marchent dans la rue
16:28comme des zombies,
16:30tombent par terre.
16:31C'est vraiment
16:31des images
16:32très impressionnantes
16:33et cette drogue,
16:34à la base,
16:35elle était utilisée
16:36pour soigner
16:37les malades
16:38atteints de cancer.
16:39Aujourd'hui,
16:40elle s'est démocratisée
16:41et il y a même
16:42certains centres-villes,
16:44certains quartiers,
16:45par exemple à San Francisco
16:47où il y a beaucoup
16:48de toxicomanes
16:49qui sont effectivement
16:50sous l'emprise
16:51de cette drogue.
16:52Cette drogue
16:52forcément fait peur.
16:53Pour l'instant,
16:54elle n'est pas chez nous
16:55mais les autorités
16:56évidemment redoutent
16:57qu'elle arrive en France.
17:08Merci à Elsa Marie
17:09et Gwenaëlle Bourdon.
17:10Cet épisode de Code Source
17:11a été produit par
17:12Raphaël Pueyo,
17:13Thibaut Lambert
17:14et Barbara Gouy.
17:15Réalisation,
17:16Julien Moncouquiol.
17:17Code Source
17:18est le podcast quotidien
17:19d'actualité du Parisien.
17:21Pour nous retrouver facilement,
17:22n'oubliez pas de vous abonner
17:23sur votre application audio
17:24préférée.
17:25Vous pouvez nous écrire
17:26pour nous faire des retours
17:27ou nous proposer des sujets
17:29codesource at leparisien.fr
17:31Et puis si vous aimez Code Source,
17:33n'hésitez pas à aller écouter
17:34le second podcast du Parisien,
17:36podcast fait divers,
17:37Crime Story,
17:38une nouvelle affaire criminelle
17:39chaque samedi.
Commentaires