- il y a 12 heures
- #ericciotti
- #politique
- #rn
En annonçant vouloir faire alliance avec le RN de Jordan Bardella pour les élections législatives anticipées des 30 juin et 7 juillet, le président des Républicains a profondément déboussolé son parti. Cet épisode de Code Source est raconté par Alexandre Sulzer, journaliste au service politique du Parisien en charge de la droite.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Production : Thibault Lambert, Clara Garnier Amouroux et Camille Ruiz - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : François Clos, Audio Network -
Archives : TF1, Public Sénat, France Télévisions, Europe 1, Cnews.
#ericciotti #politique #rn
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Production : Thibault Lambert, Clara Garnier Amouroux et Camille Ruiz - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : François Clos, Audio Network -
Archives : TF1, Public Sénat, France Télévisions, Europe 1, Cnews.
#ericciotti #politique #rn
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:01Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Le RN de Jordan Bardella peut-il remporter les élections législatives anticipées des 30 juin et 7 juillet ?
00:17C'est la question principale aujourd'hui en France, au premier jour de cette campagne éclair qui va durer deux
00:22semaines.
00:23Le camp d'Emmanuel Macron semble divisé, l'alliance de la gauche, le nouveau front populaire est fragilisée,
00:29notamment par des choix contestés de l'insoumis Jean-Luc Mélenchon sur les candidatures.
00:34De leur côté, les républicains se déchirent.
00:37Éric Ciotti, le président du parti, s'est fait exclure le 12 juin de sa propre formation,
00:42après son annonce d'une alliance avec le RN.
00:46Pourquoi Éric Ciotti a-t-il fait son choix ? Qui avait-il consulté ?
00:50Cet épisode de Codesources est raconté par Alexandre Sulzer, du service politique du Parisien,
00:54en charge de la droite et de l'extrême droite.
01:04Le mardi 11 juin, Éric Ciotti, 58 ans, député des Alpes-Maritimes et président du parti Les Républicains,
01:11fait une annonce fracassante au 13h de TF1.
01:13Je crois que le pays n'a jamais été autant à droite, il attend la droite, il attend des actes
01:21de droite.
01:22On ne peut plus être dans l'impuissance, dans la communication,
01:25dans une forme d'immobilisme qui nous a conduits là où nous sommes.
01:29Éric Ciotti, moins de pouvoir d'achat.
01:31Personnel, vous nous parlez à titre personnel, ou est-ce que vous engagez votre parti Les Républicains ?
01:36En tout cas, je souhaite que ma famille...
01:39Dans cet épisode de Codesources, on va voir pourquoi Éric Ciotti a fait ce choix,
01:42et qui il a consulté.
01:45D'abord, Alexandre Sulzer, rappelez-nous qui est Éric Ciotti.
01:48Éric Ciotti est un député de la première circonscription des Alpes-Maritimes,
01:54c'est un classique du parti Les Républicains.
01:56Ça fait des décennies maintenant qu'il est une figure de la droite française.
02:01Il a commencé comme collaborateur de Christian Estrosi,
02:04avant de s'éloigner et de s'affronter avec son ancien mentor.
02:08Pour des raisons de rivalité personnelle,
02:11le collaborateur a voulu être calife à la place du calife,
02:13scénario assez habituel en politique,
02:15et c'est devenu vraiment un ennemi de Christian Estrosi dans la région niçoise.
02:20Le rêve d'Éric Ciotti, c'est d'être maire de Nice,
02:22et d'éloger l'actuel maire, qui est Christian Estrosi.
02:26Éric Ciotti est à la droite de LR.
02:28Pourquoi est-ce qu'on peut dire ça ?
02:30Alors déjà, il est élu dans un territoire où il faut être très à droite.
02:32C'est vrai que les Alpes-Maritimes, c'est une terre vraiment de droite.
02:35Donc pour espérer gagner, il faut être déjà sur ce créneau-là.
02:40Ensuite, il a toujours été porteur de questions régaliennes.
02:44C'est vraiment quelqu'un qui s'intéresse prioritairement aux questions de sécurité,
02:49aux questions d'immigration, avec des positions extrêmement fermes.
02:52Par exemple, le rétablissement du droit du sang et la fin du droit du sol.
02:55C'est l'une des mesures qu'il défend.
02:57Et en termes économiques, il assume d'être très libéral,
03:00voire baisser les impôts et baisser également toute forme de droit de succession.
03:07Depuis quand est-ce qu'il présidait l'R et pourquoi est-ce qu'il a réussi à atteindre cette
03:11position ?
03:11Il s'est présenté à la présidence des Républicains après la dernière élection présidentielle.
03:17Il avait gagné déjà un peu d'épaisseur politique au sein de son parti lorsqu'il s'était présenté à
03:22la primaire interne des Républicains pour la présidentielle.
03:25Il s'était retrouvé au second tour face à Valérie Pécresse.
03:27Il avait perdu, puisqu'on se souvient que c'est Valérie Pécresse qui avait été désignée par les Républicains pour
03:31la présidentielle.
03:32Mais c'est lui quand même qui avait créé la surprise et ça lui avait donné déjà des envies d
03:37'indépendance.
03:38Celui qui avait été toujours un peu le porte-parole d'abord de Christian Estrosi, puis de François Fillon, de
03:42Nicolas Sarkozy.
03:43Même si sa promesse principale quand il a pris la tête du parti, c'était de propulser Laurent Wauquiez comme
03:49candidat de sa famille en 2027.
03:52Alexandre Sulzer, au soir des Européennes, à 20h, les résultats tombent.
03:56Le Rassemblement National et Salis sont à 32,4%.
03:59Plus de 31% pour le RN de Jordan Bardella.
04:03Renaissance à 14,5%.
04:05Juste devant Raphaël Glucksmann pour le PS et le mouvement Place Publique.
04:09Pour LR Les Républicains, François-Xavier Bellamy est cinquième derrière les Insoumis.
04:13Le score de François-Xavier Bellamy, un peu plus de 7%.
04:16Ces résultats étaient plus ou moins prévus par les sondages.
04:20Le dimanche, en fin de journée, donc avant les résultats,
04:23que compte faire ou dire Éric Ciotti pendant la soirée électorale qui s'annonce ?
04:27Il est en route pour TF1.
04:29Éric Ciotti a anticipé le fait que les résultats ne seraient pas bons pour les Républicains
04:32qui prouvent qu'il reste un tout petit parti.
04:34Et il a un projet dont il a parlé à quasiment personne,
04:37c'est de changer le nom des Républicains.
04:39Il va proposer sur le plateau de lancer une procédure
04:42qui sera ensuite soumise au vote des adhérents.
04:45Il souhaite ainsi ouvrir un nouveau chapitre.
04:47Là, il apprend par le président du Sénat, Gérard Larcher, républicain lui aussi,
04:51ce que va annoncer Emmanuel Macron.
04:53En réalité, Éric Ciotti est informé que la dissolution va être annoncée par Emmanuel Macron
04:59par un journaliste.
05:00Éric Ciotti n'y croit pas.
05:02Il appelle aussitôt Gérard Larcher qui, justement, vient de raccrocher avec Emmanuel Macron
05:07et qui donc lui confirme, oui, le président de la République va dissoudre l'Assemblée nationale.
05:10Que dit Éric Ciotti à la télé le soir après l'annonce de la dissolution et des législatives anticipées ?
05:16Alors le plan, initialement, tombe complètement à l'eau puisque c'est un séisme politique.
05:20Tout est rebattu.
05:21La seule chose qu'il annonce, c'est qu'il est hors de question de mettre en place
05:26une alliance électorale avec la majorité macroniste.
05:32Le lundi matin, le lendemain, il réunit son cabinet.
05:35Il réunit son cabinet pour les sonder.
05:37Il leur dit alors qu'est-ce que je fais ?
05:38Il reconnaît qu'il va falloir désormais réfléchir à des alliances.
05:42Alors il ne dit pas encore exactement ce qu'il a en tête,
05:44mais il reconnaît que de toute façon, il a déjà fermé la porte la veille au soir à Emmanuel Macron.
05:49Donc certains comprennent entre les lignes qu'il n'y a plus beaucoup d'autres choix.
05:54Que fait-il le soir avant de se coucher ?
05:57Éric Ciotti est en pleine introspection.
05:58À minuit 36, il envoie un SMS à un très vieux compagnon de route, un fidèle parmi les fidèles,
06:03et il lui demande est-ce que je lance un appel à l'Union des droites.
06:08Celui-ci lui répond « Non, tu seras désavoué, mais je serai suivi par les militants »,
06:13lui répond aussitôt Éric Ciotti.
06:15Preuve déjà que l'idée chemine dans son cerveau.
06:17À 17h, Éric Ciotti se rend au Sénat.
06:20Oui, il y a une réunion de tous les cadres, de tous les dirigeants des Républicains,
06:22pour réfléchir à la suite, qu'est-ce qu'il convient de faire.
06:25Il se retrouve dans les dorures du bureau de Gérard Larcher,
06:28s'y trouve évidemment le président du Sénat, le président du groupe LR au Sénat, Bruno Retailleau,
06:34celui de l'Assemblée nationale, Olivier Marlex, François-Xavier Bellamy,
06:37enfin vraiment tout ce qui compte à LR.
06:38Ils réfléchissent et ils se mettent tous d'accord sur une ligne, une ligne d'indépendance.
06:42On va aller au législatif sous nos propres couleurs,
06:44hors de question de faire une alliance avec les macronistes,
06:47mais hors de question également de faire une alliance avec le Rassemblement national.
06:50C'est une ligne sur laquelle Éric Sotty n'émet aucune divergence.
06:54Il est d'accord, il ne dit rien d'autre que « vous avez raison ».
06:58Et on rappelle qu'il est président de ce parti, Les Républicains,
07:01le lundi soir, en tout début de soirée, il monte dans sa voiture.
07:05Oui, alors il ne dit rien à ses collaborateurs, l'ensemble de son cabinet, il ne dit rien,
07:09il prend la voiture, il part à des rendez-vous dont il ne dit pas la destination,
07:12à son chauffeur, il demande d'éteindre le téléphone portable pour ne pas pouvoir être géolocalisé
07:18et il se rend dans le 16e arrondissement.
07:21Là, à une adresse secrète, il rencontre en toute discrétion Jordan Bardella et Marine Le Pen
07:26pour pouvoir entamer des négociations dans le cadre d'un accord pour les législatives.
07:30Ce rendez-vous avec Marine Le Pen et Jordan Bardella ne dure pas très longtemps.
07:34Dans la foulée, il remonte dans sa voiture.
07:37Qu'est-ce qu'il demande à son chauffeur ?
07:38Alors il va quelques rues plus loin, toujours dans le 16e arrondissement.
07:41Il a rendez-vous avec Vincent Bolloré, le célèbre homme d'affaires
07:44qui détient de nombreux médias, CNews, Europe 1, le journal du dimanche,
07:48qui est un partisan assumé, revendiqué de l'union des droites
07:51et il va le consulter pour savoir ce qu'il convient de faire.
07:57D'un mot, qu'est-ce que ça veut dire l'union des droites dont on entend souvent parler ?
08:00L'union des droites, c'est l'idée que la droite gaulliste, le Rassemblement National
08:05et toutes les autres formations les plus à droite ont toujours été divisées,
08:10mais que sur le fond, ils seraient d'accord sur l'essentiel que leurs électeurs
08:14finalement pourraient se retrouver sur une plateforme commune,
08:16un peu comme une sorte de NUPES, mais version de droite,
08:18et doivent se mettre ensemble pour gagner les élections.
08:21Ce milliardaire, Vincent Bolloré, est-ce qu'on sait ce qu'il dit à Éric Ciotti ?
08:25On imagine qu'il l'encourage, évidemment, puisque c'est un projet qui lui tient à cœur
08:29et que précisément, c'est ce qu'Éric Ciotti a en tête.
08:33Le mardi, la rumeur court chez les plus hauts responsables républicains
08:36de ce qu'Éric Ciotti prépare.
08:38Oui, les premières rumeurs commencent à circuler,
08:41des textos sont arrivés le matin sur des téléphones de journalistes,
08:44notamment, c'est une rumeur, mais absolument pas consolidée.
08:48Tous les élus des Républicains, les députés, les chefs,
08:52essayent de joindre Éric Ciotti pour savoir ce qu'il en est,
08:55les boucles WhatsApp chauffent, mais Éric Ciotti ne répond pas,
08:58il a totalement disparu.
08:59Aux quelques-uns à qui il accepte de répondre, il ne dit rien.
09:03Valérie Pécresse, par exemple, fait partie de ceux qui arrivent à le joindre
09:05et il lui reconfirme qu'il est sur cette ligne d'indépendance.
09:09À 11h, Éric Ciotti réunit à nouveau son cabinet
09:12au siège des Républicains à Paris, rue de Vaud-Girard.
09:15Oui, il les réunit et il finit par leur dire,
09:18alors que tout le monde commence à s'affoler,
09:20la réalité, je vais faire une alliance avec le Rassemblement National.
09:24Tout seul, de toute façon, on est mort.
09:26Donc il met carte sur table, il dit qu'il va l'annoncer
09:29au journal télévisé de TF1 à 13h.
09:31Et aussitôt, il leur demande, est-ce que vous voulez des circonscriptions,
09:34est-ce que vous voulez être investi ?
09:35Certains acceptent, certains refusent au sein de son cabinet.
09:39Il essaye de les encourager, il leur dit, c'est l'occasion ou jamais.
09:41On a l'impression que c'est un peu le Père Noël qui distribue des cadeaux.
09:44On en revient au début de cet épisode de Code Source.
09:46Éric Ciotti, qui devait faire le 20h de TF1,
09:49a finalement avancé son rendez-vous.
09:50Il est donc dans le journal de 13h pour faire cette annonce.
09:53Il appelle les Républicains à s'allier avec le Rassemblement National.
09:57Nous avons besoin d'une alliance avec le Rassemblement National,
10:02avec ses candidats, une alliance à droite,
10:04avec tous ceux qui se retrouvent dans des idées droites.
10:07Arrêtons de faire des oppositions fictives, un peu factices,
10:12pour nous mettre au travail.
10:14À ce moment-là, c'est un tollé dans son propre camp.
10:16Alexandre Sulzer, la plupart des cadres républicains, le désavoue.
10:20Tous, sans aucune exception parmi les dirigeants,
10:24appellent immédiatement à sa démission des Républicains.
10:27Il nous a menti, c'est de la déloyauté.
10:29C'est un manque de droiture.
10:31Il ne nous représente pas, il ne représente plus notre famille politique.
10:34Je crois qu'il n'y a pas de place pour les traîtres
10:36ni pour les putschs à la petite semaine.
10:38Éric Ciotti, dehors.
10:40Il doit quitter ses fonctions de président, pas seulement.
10:43Il ne doit plus être adhérent de LR.
10:45C'est un tollé, absolument.
10:47Tout le monde est sidéré par la trahison,
10:50en tout cas ce qu'ils vivent comme une trahison d'Éric Ciotti.
10:55Après ce 13h, que se passe-t-il quand Éric Ciotti revient au siège de LR
10:59au 238 rue de Vaugirard à Paris ?
11:02Il reconvoque son cabinet pour travailler,
11:03mais comme s'il n'avait pas compris que certains n'allaient pas le suivre,
11:07certains lui disent « non, on n'est pas d'accord avec ta stratégie ».
11:10Là, il s'énerve, il leur dit « mais en fait, j'ai des collaborateurs
11:13qui ne pensent pas comme moi et qui travaillent pour d'autres ».
11:15Il sous-entend presque qu'il les trahirait
11:18ou qu'il travaillerait en sous-main pour ses rivaux.
11:21C'est vrai que beaucoup de collaborateurs disent souvent d'Éric Ciotti
11:24qu'il est extrêmement paranoïaque,
11:25qu'il voit l'ombre de Christian Estrosi un peu partout.
11:28Mais ça, c'est vraiment un point de non-retour pour ses collaborateurs
11:31parce que ça fait des années, pour certains, des mois,
11:34qu'ils travaillent avec lui jour et nuit.
11:35Évidemment, c'est extrêmement prenant comme travail.
11:38Et là, il les accuse de travailler pour d'autres.
11:40À ce moment-là, la rupture est définitive.
11:42À partir de là, plusieurs permanents du parti LR,
11:45choqués par son choix de s'allier avec le RN,
11:48choisissent une forme de désobéissance civile.
11:51Absolument. Alors, les membres du cabinet qui ne sont pas d'accord,
11:53la majorité d'ailleurs de son cabinet qui ne sont pas d'accord,
11:56ne répondent plus à ces appels.
11:58Des permanents refusent de faire remonter des notes d'information
12:02parce qu'Éric Ciotti, il retourne à son bureau,
12:03il commence à travailler.
12:04Il demande des notes des fédérations,
12:07des remontées de résultats, circonscription par circonscription
12:10pour pouvoir préparer les législatives.
12:12Et les permanents disent non, on n'en voit pas, on refuse.
12:16Le Community Manager, par exemple, change les codes
12:18des réseaux sociaux du parti
12:20pour qu'Éric Ciotti n'ait plus la main sur ses réseaux sociaux,
12:23que ce soit Twitter, Instagram.
12:25Et l'informaticien du parti bloque l'accès carrément d'Éric Ciotti
12:30à son propre mail Outlook Les Républicains.
12:32La nuit suivante, Éric Ciotti envoie un message
12:35sur l'une des boucles WhatsApp des Républicains.
12:37Il justifie sa prise d'opposition, il envoie un message,
12:40mais parmi les 61 députés du groupe LR,
12:44seuls deux réagissent et en fait lui disent
12:47leur profond désaccord.
12:49Il lui demande de démissionner.
12:53Alexandre Sulzer, on en vient au mercredi 12 juin.
12:56Ce jour-là, les plus hauts responsables du parti
12:58se réunissent en bureau politique
12:59et ils excluent leur président.
13:02Menant des négociations secrètes,
13:04sans concertation avec notre famille politique
13:07et ses militants,
13:08Éric Ciotti est en rupture totale
13:10avec les statuts et la ligne portée par les Républicains.
13:14Il est exclu ce jour des Républicains.
13:17Il décide de l'exclusion d'Éric Ciotti
13:19de sa qualité de membre des Républicains.
13:22Il n'y a pas de possibilité d'exclure un président en tant que tel.
13:25C'est carrément en tant qu'adhérent des Républicains
13:27qu'Éric Ciotti est exclu du parti.
13:29Comment réagit Éric Ciotti dans les minutes qui suivent ?
13:31Éric Ciotti immédiatement indique
13:34que cette procédure est totalement,
13:36non seulement illégitime,
13:37mais surtout illégale,
13:38qu'elle est en dehors des statuts.
13:40Effectivement,
13:41d'un point de vue strictement réglementaire,
13:43la convocation du bureau politique,
13:44normalement se fait par décision du président du parti
13:47ou par un quart des membres du Conseil national.
13:50Et ce n'est pas la procédure qui a été appliquée.
13:53Mais en réalité,
13:54ce qu'ont en tête les cadres des Républicains,
13:56c'est qu'il faut faire à la fois un acte politique
13:58et un deuxième bureau politique
14:01qui respecte les formes sera reconvoqué plus tard.
14:04Il faut avant tout frapper les esprits,
14:06imposer un rapport de force avec Éric Ciotti
14:08et montrer que le parti,
14:11dans sa quasi-intégralité,
14:13désavoue sa décision.
14:17Le jeudi matin,
14:18Éric Ciotti annonce qu'il se rend à son bureau,
14:21rue de Vosgirard,
14:21au siège des Républicains,
14:22comme d'habitude.
14:23Lui, comme il ne reconnaît pas l'exclusion,
14:25il veut montrer qu'il est toujours chez lui
14:27au siège des Républicains
14:28et donc il retourne dans son bureau.
14:29Juridiquement, aujourd'hui,
14:30vous êtes toujours président
14:31et vous allez à votre bureau
14:32comme si de rien n'était ?
14:33Bien sûr.
14:34Le coup de force,
14:34c'est ceux qui ne respectent pas les statuts.
14:38D'autres permanents se trouvent dans le siège.
14:41En fait, il y a vraiment deux directions
14:42en parallèle qui occupent ce siège à ce moment-là.
14:45Mais Éric Ciotti, lui,
14:46est calfeutré quand même dans son bureau.
14:48Il se fait filmer par un de ses collaborateurs
14:50pour montrer qu'il est chez lui.
14:52Mais en réalité, l'image est un petit peu
14:53contre-productive
14:54car il est tout seul dans ce bureau.
14:56Il n'y a plus grand-chose dessus
14:57et les réseaux sociaux s'en emparent
14:59pour se moquer de lui.
15:00Alexandre Sulzer,
15:01quelques heures plus tard,
15:02toujours le jeudi,
15:02Éric Ciotti,
15:03le président déchu des Républicains,
15:06déjeune avec Marine Le Pen
15:07et Jordan Bardella.
15:08Oui, le rendez-vous est tenu secret.
15:11On ne sait pas dans quel restaurant
15:12ils se sont vus.
15:12Personne ne sait.
15:14Mais l'idée, c'était quand même
15:15de discuter encore
15:17de différents points politiques.
15:19Et le but était aussi de le faire savoir
15:21pour dire ça y est,
15:22les choses se finalisent.
15:24Maintenant, on est vraiment devenu
15:25des partenaires politiques.
15:26Le jeudi 13,
15:27François-Xavier Bellamy,
15:28qui a été désigné pour co-diriger le parti
15:31depuis l'exclusion d'Éric Ciotti,
15:32est au micro de Pascal Praud
15:34sur Europe 1,
15:35Europe 1 Radio appartenant
15:36au milliardaire Vincent Bolloré,
15:38vous l'aviez rappelé.
15:39François-Xavier Bellamy
15:40est interrogé sur son vote
15:41dans l'hypothèse d'un second tour
15:43dans une circonscription
15:43entre un candidat RN
15:45et un candidat LFI.
15:46Ah mais moi, j'ai aucun problème.
15:48Je fais barrage, évidemment,
15:50à la France insoumise.
15:51Aujourd'hui, notre défi,
15:52c'est de réussir à faire en sorte
15:54d'éviter que la France ne tombe
15:56dans les mains
15:56de cette alliance d'extrême-gauche.
15:58Mais c'est-à-dire que vous voteriez
16:00pour un candidat du Rassemblement national
16:02face à un candidat du Front populaire.
16:05Évidemment.
16:06Alexandre Sulzer,
16:07ça fait désordre, cette réponse,
16:09quelques heures après l'exclusion
16:10d'Éric Ciotti
16:10pour cause d'alliance avec le RN ?
16:13Oui, le message est un peu brouillé,
16:14évidemment,
16:15puisque François-Xavier Bellamy
16:16n'est pas pour des accords
16:18dès le premier tour
16:18avec le Rassemblement national.
16:20Mais le fait qu'il fasse le choix,
16:21comme il dit, bien sûr,
16:22pour le RN en cas de second tour
16:24face à la France insoumise,
16:25ça vient naturellement brouiller le message.
16:28Beaucoup de cadres,
16:29à ce moment-là,
16:29reconnaissent une maladresse.
16:30D'un mot, Alexandre Sulzer,
16:32en France,
16:32combien d'élus LR
16:33pourraient suivre Éric Ciotti
16:35dans cette voie
16:36de s'allier avec le RN ?
16:37Si on parle des députés LR,
16:39il n'y a aujourd'hui
16:39qu'une députée,
16:41Christelle Datorny,
16:42qui a suivi Éric Ciotti.
16:44C'est une députée des Alperitines,
16:46Éric Ciotti,
16:47donc c'est assez logique
16:47qu'elle lui soit fidèle.
16:48Les autres LR n'ont pas suivi.
16:52Qu'est-ce que révèle cette séquence
16:54avec Éric Ciotti
16:55qui va au RN ?
16:56Elle révèle des désaccords majeurs
16:58stratégiques au sein des Républicains.
17:00Éric Ciotti a exprimé tout haut
17:02ce qu'une partie de la base,
17:04en effet, approuve,
17:05c'est-à-dire une union des droites.
17:07Dans cette séquence,
17:08Éric Ciotti joue la base
17:09contre l'appareil.
17:10Il dit être le porte-parole
17:11des militants.
17:13Alors évidemment,
17:13tous les militants
17:14ne sont pas d'accord avec lui,
17:14mais il est vrai qu'une partie
17:16de la base le suit
17:17dans cette union des droites.
17:19Le dimanche 16 juin,
17:20Éric Ciotti a investi 62 candidats.
17:22Dans cette liste,
17:23il n'y a aucun cadre
17:24des Républicains.
17:25La moitié de ces candidats
17:27n'étaient pas membres de LR.
17:29Éric Ciotti a dû les chercher ailleurs,
17:31par exemple,
17:31des anciens émouristes,
17:33des proches de Marion Maréchal
17:34ou encore des intervenants
17:36réguliers de CNews
17:37comme l'essayiste
17:38proche du RN,
17:39Guillaume Bigot.
17:40Alexandre Sulzer,
17:41ce qui frappe
17:42quand on vous écoute
17:43dans ce podcast,
17:44c'est qu'avant de s'allier
17:45avec le RN,
17:46Éric Ciotti a consulté
17:47le milliardaire
17:48Vincent Bolloré.
17:49Donc en annonçant
17:50ce rapprochement,
17:51il ne parle pas uniquement
17:53à ses électeurs
17:53des Alpes-Maritimes.
17:55Non, bien sûr,
17:55c'est vraiment
17:57une opinion populaire
17:59dans une partie
17:59des sympathisants
18:00et c'est une opinion
18:01qui est relayée
18:02par certains médias
18:03également
18:03à travers de nombreux plateaux.
18:15Merci Alexandre Sulzer.
18:17J'ajoute que ce lundi 17 juin,
18:19le parquet de Nice
18:20a confirmé l'ouverture
18:21d'une enquête préliminaire
18:22visant Éric Ciotti
18:23pour détournement
18:25de fonds publics
18:26suite à un signalement
18:27de l'association
18:28anticorruption Anticor,
18:29signalement à propos
18:30de cartes de parking
18:31gratuites
18:32dont Éric Ciotti
18:33et plusieurs de ses collaborateurs
18:35auraient bénéficié
18:36sur le port de Nice
18:37entre 2021 et 2023.
18:39Éric Ciotti dénonce,
18:40je cite,
18:41une manipulation politique
18:42évidente.
18:44Code Source
18:44est le podcast quotidien
18:45d'Actualité du Parisien.
18:47Cet épisode a été produit
18:48par Claire Garnier-Amourou,
18:50Thibault Lambert
18:51et Camille Ruiz.
18:52Réalisation,
18:53Pierre Chafonjon.
18:54Pour suivre en direct
18:56l'actualité
18:56de ces élections
18:57législatives anticipées
18:58des 30 juin
18:59et 7 juillet,
19:01rendez-vous sur
19:01leparisien.fr.
19:03Et puis n'oubliez pas
19:04les deux autres podcasts
19:05du Parisien,
19:06Le Sacre,
19:07témoignage de médaillés
19:08d'or olympiques
19:09et paralympiques,
19:10c'est chaque mercredi,
19:11et Crime Story,
19:12une grande affaire criminelle
19:13racontée chaque samedi.
19:15Sous-titrage Société Radio-Canada
19:16Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires