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En mai 2022, Jean-Luc Mélenchon célébrait avec les principaux dirigeants des partis de gauche une union historique baptisée Nupes, en vue des élections législatives. Mais aujourd’hui, l’avenir de la Nupes s’écrit en pointillé, après plusieurs mois de polémiques, de désaccords et de crises successives.
Pour Code source, les journalistes Pierre Maurer et Julien Duffé qui couvrent la gauche au service politique du Parisien, reviennent sur les événements qui ont amené la Nupes à cette crise.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Raphaël Pueyo, Barbara Gouy et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : François Clos, Audio Network
Archives : Sud Radio, BFMTV, TMC, Europe 1, France Inter
#nupes #politique #jeanlucmélenchon
Pour Code source, les journalistes Pierre Maurer et Julien Duffé qui couvrent la gauche au service politique du Parisien, reviennent sur les événements qui ont amené la Nupes à cette crise.
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00:02Bonjour, c'est Thibault Lambert et vous écoutez Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11La nouvelle union populaire écologique et sociale, surnommée NUPES ou NUPES, semble plus que jamais dans l'impasse.
00:18Cette alliance des quatre principaux partis de gauche, qui forment le premier bloc d'opposition à l'Assemblée nationale,
00:24est traversée depuis des mois par une succession de crises internes.
00:27Ces tensions ont franchi un nouveau cap à la mi-octobre.
00:31Les députés socialistes et communistes ont décidé de prendre leur distance avec la France insoumise,
00:36après que certains élus ont refusé de qualifier le Hamas, auteur des récents massacres en Israël, d'organisations terroristes.
00:44Alors Codesources vous raconte comment l'union a tourné à la désunion,
00:48avec Pierre Morer et Julien Dufay, ils couvrent tous les deux la gauche au service politique du Parisien.
00:57On va revenir plus en détail sur les récents événements qui ont mené la NUPES dans l'impasse.
01:02Mais d'abord, on a choisi de commencer cet épisode à la date du samedi 6 mai 2022.
01:07Ce jour-là, les principaux dirigeants des partis de gauche et des écologistes sont réunis sur scène,
01:12à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, pour sceller leur union en vue des prochaines élections législatives.
01:18Julien Dufay, décrivez-nous ce moment.
01:20C'est d'abord une grande scène avec le logo de la NUPES, donc ce logo arc-en-ciel,
01:25et sur l'estrade, donc Jean-Luc Mélenchon,
01:30qui accueille le chef des socialistes, Olivier Faure, le chef des écologistes, Julien Bayou.
01:35Le communiste Fabien Roussel s'est déjà éclipsé, mais il était là quelques minutes plus tôt.
01:39C'est un moment historique, comme va le dire Jean-Luc Mélenchon.
01:43Mon expérience du combat politique me fait mesurer la profondeur historique
01:49de ce que nous sommes en train de réaliser, je le sais.
01:53Ce qui était inimaginable, 15 jours auparavant, on était en pleine campagne présidentielle,
01:57les quatre candidats de gauche multipliaient les invectives les uns envers les autres.
02:02Pour la première fois, il y a un accord général de toutes les forces de gauche,
02:05au premier tour du législatif, sur l'ensemble des circonscriptions,
02:08ils vont concourir sous la même bannière, la bannière de la NUPES.
02:13En quelques mots, qu'est-ce que la NUPES ? D'où est-ce que ça vient et quel est
02:16son objectif ?
02:17Ça veut dire nouvelle union populaire, écologique et sociale.
02:21On voit bien qu'on essaie de ménager les insoumis, les socialistes, les écologistes et les communistes.
02:27Donc c'est d'abord un accord électoral, ça veut dire que dans les 577 circonscriptions de France,
02:33il n'y aura qu'un seul candidat de gauche.
02:36Les insoumis, évidemment, en récupèrent la majorité,
02:38mais il y en aura assez pour les écologistes, les socialistes et les communistes
02:42pour constituer un groupe à l'Assemblée.
02:44Mais c'est aussi un programme partagé de gouvernement,
02:47ils vont s'entendre sur des mesures.
02:49Les plus emblématiques, c'est le SMIC à 1500 euros,
02:52c'est la retraite à 60 ans ou encore l'instauration du référendum d'initiative citoyen.
02:58On a mis un peu sous le tapis les questions qui fâchent.
03:02On part groupés pour les législatives de juin 2022.
03:05Pierre Morer, qui sont les artisans de cette union ?
03:08Les discussions ont tout d'abord été menées sous la houlette de la France insoumise
03:12puisque Jean-Luc Mélenchon a fait 22% lors de l'élection présidentielle.
03:17Celui qui mène les discussions, c'est Manuel Bompard,
03:19qui est le bras droit de Jean-Luc Mélenchon.
03:21Du côté des socialistes, on retrouve le maire Pierre Jouvet.
03:25Du côté des écologistes, c'est Julien Bayou qui est à l'époque encore patron du parti.
03:29Et en fait, l'accord, il est enterriné par la signature du parti socialiste réellement le 5 mai
03:36puisque les quatre composantes de cette nouvelle alliance ont trouvé un accord
03:41pour offrir 70 candidats au parti socialiste.
03:47Nous avons réussi l'objectif politique que nous nous étions donné en moins d'un mois
03:55de faire tomber celui qui, avec autant d'arrogance, avait tordu le bras de tout le pays
04:01pour être élu sans qu'on sache pour quoi faire.
04:04Le dimanche 19 juin 2022, c'est le second tour des élections législatives.
04:09On connaît donc la composition de la future Assemblée nationale.
04:13Est-ce que c'est une victoire pour la NUPES ce soir-là ?
04:16L'alliance, elle obtient 150 députés.
04:18Le groupe insoumis passe de 17 à 75 députés,
04:22ce qui est une croissance considérable.
04:24Ils sont quasiment multipliés par 4.
04:26Donc leur rentrée à l'Assemblée se fait dans une atmosphère euphorique
04:30puisqu'il y a une alliance de la gauche qui n'avait pas été connue depuis des années.
04:34Mais le résultat obtenu n'est pas à la hauteur des attentes.
04:40Cette alliance, elle forme néanmoins un bloc important à l'Assemblée ?
04:44Oui, parce que la majorité présidentielle, fait inédit,
04:47se retrouve en situation de majorité relative.
04:50C'est-à-dire que sur certains textes de loi,
04:52il va lui manquer des voix pour faire passer ses projets de loi.
04:56Et ces 150 députés de la NUPES
04:59agissent comme une voix d'opposition importante à la majorité présidentielle.
05:03A partir de là, concrètement, comment ça fonctionne la NUPES à l'Assemblée ?
05:07Comment ça s'articule ?
05:08Tous les mardis matins, des représentants des 4 parties,
05:11donc des 4 groupes de députés de la gauche,
05:14se réunissent lors d'une réunion qu'on appelle l'intergroupe de la NUPES.
05:18Et en fait, ce qui se met en place plutôt de manière informelle,
05:21c'est des échanges entre les députés des différents groupes en bilatéral,
05:25soit par WhatsApp, soit dans des boucles.
05:27Il y a peu de cadres formels à cette coalition,
05:30si ce n'est cette réunion d'intergroupe.
05:31Et en dehors de l'Assemblée nationale,
05:34il y a une réunion tous les lundis
05:35des chefs des partis de la NUPES
05:38pour faire un bilan, pour tracer la stratégie
05:42ou aussi parfois pour s'engueuler.
05:45Julien Dufay, dans les mois qui suivent,
05:47cette alliance est traversée par un certain nombre de crises.
05:50Il y a d'abord l'affaire 4 Ténins,
05:52donc ce député du Nord qui va être condamné pour violence conjugale.
05:56Jean-Luc Mélenchon va le soutenir de manière inconditionnelle.
05:59Il a purgé sa peine, maintenant ça suffit.
06:01Foutez-lui la paix, lâchez-nous, laissez-nous faire de la politique.
06:05Arrêtez de venir sans arrêt pour voir s'il n'y a pas moyen que deux insoumis s'engueulent entre
06:09eux.
06:09Ça va créer vraiment là aussi des dissensions,
06:12à la fois dans la France insoumise,
06:14mais aussi avec les partenaires qui vont parler de fautes politiques.
06:17Deuxième crise, c'est la crise des retraites.
06:20Alors la NUPES est unie sur cette question,
06:22sur le fond, elle fait des meetings en commun,
06:23mais elle va se lézarder sur la stratégie,
06:27c'est-à-dire que Jean-Luc Mélenchon, par un tweet,
06:29va finalement imposer aux insoumis une stratégie d'obstruction.
06:33Il y a des milliers d'amendements pour ne pas que l'on vote l'article clé de cette réforme,
06:38c'est-à-dire celui qui fixe à 64 ans l'âge légal de départ à la retraite.
06:42Et là encore, ça se fait contre l'avis des trois autres partenaires.
06:46Et puis enfin, une troisième crise,
06:48c'est celle après les émeutes qui suivent la mort de Naël à Nanterre.
06:53Jean-Luc Mélenchon ne veut pas appeler au calme,
06:56il préfère appeler à la justice.
06:57Là encore, ça va être très mal ressenti de la part notamment des socialistes et des communistes,
07:01qui eux, solennellement, appellent au calme.
07:07On fait un saut dans le temps, Pierre Morère, cette année.
07:09Le mardi 2 mai, les dirigeants de chaque parti doivent se retrouver,
07:12notamment pour évoquer la stratégie en vue des élections européennes de 2024.
07:17Comment se passe cette réunion ?
07:19En fait, elle se passe assez mal, parce que ce soir-là,
07:22Marine Tondelier, qui a été élue à la tête des écologistes après que la NUP ait été formée,
07:27reproche aux Insoumis de mettre en permanence la pression sur leurs partenaires.
07:32Et en fait, ce soir-là, les quatre composantes de la NUP restent campées sur leur position.
07:37Aucune décision n'est prise.
07:39Et l'acte 2 de la NUP, qui est espéré par certains, ne voit pas le jour.
07:45Pourquoi certains refusent l'idée d'une liste commune en vue des européennes ?
07:48Bien, l'argument principal des écologistes, c'est qu'en y allant séparés,
07:53quatre listes différentes de gauche obtiendraient plus d'eurodéputés
07:57que si les quatre partenaires de gauche ne formaient qu'une seule liste.
08:02Et puis après, il y a une autre problématique de fond,
08:04c'est que les écologistes sont des fédéralistes.
08:08Les Insoumis, eux, plaident pour la désobéissance à certains traités européens.
08:12Donc c'est ce que rappellent de nombreux écologistes,
08:14c'est qu'on ne peut pas mettre sous le tapis ces divergences de fond.
08:18À la fin du mois d'août, Julien Dufay, les partis de gauche organisent comme chaque année
08:22leurs universités d'été respectives.
08:25Quelle est l'ambiance à ce moment-là ?
08:26On peut dire que l'ambiance, elle est un peu moins euphorique que l'année précédente
08:29où chaque parti avait organisé ses universités,
08:32mais où il y avait eu des moments de NUPES,
08:34c'est-à-dire qu'on avait aménagé au sein de ces campus
08:37des interventions de membres de partis partenaires
08:40dans chacune de ces universités.
08:43Là, il n'y a pas ça, il y a beaucoup moins d'enthousiasme,
08:46on sent déjà une tension sur cette question de l'Union aux Européennes
08:51et déjà une sorte de prélude à une crise de la NUPES.
08:55À ce stade, il n'y a pas que des désaccords de fond,
08:57il y a aussi des rancœurs personnelles entre élus et entre clans
09:01qui alimentent un climat d'invectif général.
09:04Pierre Maurer, vous pouvez nous donner quelques exemples ?
09:06C'est un peu Marine Tondelier qui a lancé ce climat d'invectif
09:10puisque dès janvier 2023, elle qualifie ses partenaires insoumis de forceurs
09:15dans leur volonté d'avoir une liste commune de la NUPES aux Européennes.
09:18Il faut arrêter de faire les forceurs en fait,
09:20on l'a dit, on l'a redit, on l'a re-redit,
09:22maintenant stop, on discute quand ils veulent de plein de choses.
09:24Ils m'ont aimé, il est des forceurs.
09:26C'est non, c'est la dernière fois que je le dis,
09:27je pense que maintenant c'est clair pour tout le monde.
09:29Par ailleurs, il est de notoriété publique
09:31que la relation entre Jean-Luc Mélenchon et Fabien Roussel,
09:33le patron du Parti communiste, elle est délétère.
09:36Il y a aussi des relations entre députés.
09:39On pense par exemple à Sandrine Rousseau
09:42qui régulièrement sur Twitter s'invective avec Fabien Roussel.
09:45Donc tout cela alimente les tensions permanentes.
09:53Le lundi 18 septembre, quelques jours avant la reprise des travaux parlementaires,
09:57Julien Dufay, vous vous rendez à Ivry dans le Val-de-Marne
10:00où se déroule le séminaire de rentrée des députés de la NUP.
10:03Quel est leur état d'esprit à ce moment-là ?
10:05Alors il n'est pas très bon.
10:07D'abord, ils ne sont qu'une quarantaine sur les 151 députés de la NUPES
10:10qui donne une indication sur l'état des troupes.
10:13Et tous ceux que je rencontre parlent d'une rentrée plombée
10:16à la fois sur le débat, on l'a dit, sur la liste aux européennes
10:20mais aussi sur les invectives.
10:22À cette époque, Jean-Luc Mélenchon vient de dire sur BFM TV
10:25qu'il n'aimait pas ses partenaires,
10:27qu'il ne faisait pas de l'union parce qu'il les aimait.
10:30Personnellement, je ne fais pas la NUPES parce que j'aime les autres.
10:33Je ne les aime pas.
10:34Ah, vous n'aimez pas vos partenaires, non ?
10:36Non.
10:36Je rencontre le patron des députés socialistes Boris Vallot
10:39qui me dit, on est les témoins accablés
10:42des invectives des uns et des autres.
10:44Il ne faut pas donner l'impression que le divorce est consommé.
10:47On mesure que l'enthousiasme n'est pas au rendez-vous.
10:49Pierre Morer, deux jours plus tard, la députée insoumise de Paris,
10:52Sophia Chiquirou, proche de Jean-Luc Mélenchon,
10:54crée la polémique après avoir comparé,
10:56dans une publication Facebook,
10:58le chef du parti communiste Fabien Roussel
11:00à un ancien collaborationniste.
11:02Oui, en fait, elle a partagé un message sur Facebook
11:05qui disait, il y a du Dorio dans Fabien Roussel.
11:10Dorio, c'est qui ?
11:11C'est un ancien communiste qui était passé à la collaboration
11:14pendant la Seconde Guerre mondiale.
11:17Jean-Luc Mélenchon, avec son compte Facebook,
11:19a écrit le mot « ok » sous cette publication.
11:22Et forcément, ce message est perçu comme une insulte
11:25par Fabien Roussel et l'état-major communiste.
11:30Pierre Morer, le samedi 7 octobre, en début de matinée,
11:33l'organisation terroriste du Hamas attaque Israël
11:37avec des milliers de roquettes,
11:38des commandos armés s'infiltrent sur le territoire
11:41au sud du pays.
11:42Ils capturent plus de 150 otages.
11:45À la mi-journée, un premier bilan fait état
11:47de 1 200 civils israéliens tués.
11:50Dans un tweet, le président français, Emmanuel Macron,
11:53condamne, je cite, « fermement les attaques terroristes
11:56qui frappent Israël ».
11:57En début d'après-midi, le groupe des députés insoumis
12:00publie à son tour un communiqué.
12:03Que disent communiqués ?
12:04Bien, je vais vous lire la première phrase,
12:06puisque c'est cette phrase en particulier
12:08qui a fait couler beaucoup d'encre.
12:10L'offensive armée de forces palestiniennes menée par le Hamas
12:14intervient dans un contexte d'intensification
12:16de la politique d'occupation israélienne.
12:19En fait, dans la foulée, le groupe parlementaire insoumis
12:22est accusé de renvoyer dos à dos le Hamas,
12:26ce qui est considéré comme une organisation terroriste,
12:29et l'État d'Israël.
12:31Alors, il faut savoir que Jean-Luc Mélenchon
12:33s'était exprimé avant la publication de ce communiqué sur Twitter,
12:36où lui semblait condamner toutes les violences,
12:39puisqu'il écrivait « toute la violence déchaînée contre Israël
12:42et à Gaza ne produit et ne reproduit qu'elle-même. »
12:49Ces propos de Jean-Luc Mélenchon et ce communiqué de la France insoumise
12:52provoquent des réactions indignées de tous bords, y compris à gauche.
12:56Par exemple, le lendemain, la publication du communiqué,
13:00c'est le député socialiste Jérôme Gage
13:02qui a une expression assez importante,
13:05puisque c'est un député pronupe,
13:07qui est un ancien proche de Jean-Luc Mélenchon,
13:09et il se dit dégoûté.
13:11J'ai été abasourdi, dégoûté, effrayé,
13:15de voir que dans ce moment-là,
13:16on pouvait avoir une relativisation, une explication,
13:20chercher peut-être des circonstances explicatives
13:23à l'intervention des terroristes.
13:24Quand on est dans ce moment de guerre, d'émotion, de sidération,
13:28chaque mot compte.
13:29Toute prise de position qui, dans l'immédiat,
13:33n'a pas cette clarté, pardon de le dire,
13:35elle me dégoûte, elle pose problème,
13:37parce qu'elle ne dit pas clairement les choses,
13:39et dans un moment comme celui-là,
13:40on doit dire clairement les choses.
13:41À tel point qu'il s'interroge
13:43sur une nécessité de sortie de la nupe
13:46de la part des socialistes,
13:47et plus globalement,
13:49le communiqué des insoumis
13:50est vilipendé par toute la classe politique,
13:52et y compris en interne à LFI.
13:55Oui, je viens du fait, à la France insoumise,
13:56est-ce que tout le monde est d'accord
13:57avec les mots qui ont été employés ?
13:59Non, loin de là, il y a des voix,
14:01comme celle du député François Ruffin.
14:04Il va donner une interview, François Ruffin,
14:05où il va dire que la parole des insoumis
14:07n'est pas à la hauteur des événements,
14:10mais il n'est pas le seul,
14:11puisqu'on peut citer les députés Alexis Corbière,
14:14Clémentine Autain, Raquel Garrido,
14:16qui faisaient déjà figure de frondeur
14:18au sein de LFI,
14:19et puis il y en a d'autres un peu moins connus,
14:21à l'image du député Rodrigo Arenas.
14:25Le mardi 10 octobre,
14:27les députés insoumis,
14:28présidés par Mathilde Panot,
14:29organisent une conférence de presse
14:31pour tenter de s'expliquer comment ça se passe.
14:34Mathilde Panot va à ce moment-là dire
14:36qu'elle ne change pas sa position d'un iota,
14:39et elle va surtout donner l'impression
14:41de s'embourber un peu dans des circonvolutions.
14:43On va la presser de questions,
14:45et elle va finir par lâcher
14:46« Nous condamnons l'ensemble des crimes de guerre
14:48qui visent à la terreur,
14:49donc on peut appeler ça terroriste ».
14:51En fin de conférence de presse,
14:53on va lui demander comment elle définit le Hamas.
14:56C'est la branche armée
14:58qui aujourd'hui est responsable des crimes de guerre,
15:01et c'est largement documenté,
15:03vous pourrez...
15:04Mais j'ai répondu sur « terroriste » en fait.
15:07La clarification qui était attendue ne vient pas.
15:10La France insoumise, du moins sa direction politique,
15:14ne veut pas accoler le mot « Hamas » est terroriste.
15:20Le lendemain, c'est la maire de Paris, Anne Hidalgo,
15:22qui prend la parole dans les colonnes du Parisien,
15:24et elle a des mots très durs envers la NUPES.
15:27Elle fait une interview au lance-flamme,
15:29contre Jean-Luc Mélenchon,
15:30mais aussi contre Olivier Faure,
15:32puisqu'elle dit que l'insoumis représente
15:35une impasse absolue pour la gauche,
15:37et elle dit d'Olivier Faure, du premier secrétaire du PS,
15:40qu'il se cache sous la figure tutélaire de Mélenchon,
15:43qu'il emmène tout le monde dans le mur.
15:45Elle lui reproche aussi de manquer de courage.
15:48Anne Hidalgo, dont on sait qu'elle n'apprécie pas Olivier Faure
15:51depuis la dernière campagne présidentielle,
15:53profite du moment pour le mettre sous pression,
15:56afin qu'il se désolidarise de Jean-Luc Mélenchon et de la NUPES.
16:00Pierre Morer, elle n'est pas la seule à critiquer
16:02le poids de Jean-Luc Mélenchon au sein de la NUPES.
16:05Qu'est-ce qui est reproché au leader de la France insoumise ?
16:07Ce qui lui est reproché, c'est ses tweets,
16:10ses interventions permanentes dans les débats au sein de la NUPES,
16:13ses interventions dans la stratégie à établir,
16:16et aussi sa mise sous pression permanente des partenaires.
16:20Par exemple, il y a un tweet qui a beaucoup choqué
16:22les socialistes et les écologistes,
16:25où il plaçait ses partenaires de la NUPESES,
16:27sur le même plan que des élus du Rassemblement national.
16:30Et plus largement, ce qui est reproché au tribun insoumis,
16:35c'est sa stratégie de conflictualisation permanente du débat politique.
16:40Quelques jours plus tard, le dimanche 15 octobre,
16:43le parti communiste réuni en Conseil national
16:45vote une résolution concernant la NUPES.
16:49Qu'est-ce qu'elle dit, cette résolution ?
16:50Sans grande surprise, les communistes pointent l'impasse
16:54que serait la NUPESES à leurs yeux.
16:56Ils appellent à la dépasser, si ce n'est à en tourner la page,
17:00pour en ouvrir une nouvelle,
17:02puisque le PCF, dans cette résolution,
17:05appelle l'ensemble de la gauche
17:07à un nouveau rassemblement de la gauche et des écologistes,
17:11dans le but d'élargir l'union.
17:13Donc le divorce de la NUPESES n'est pas formellement prononcé,
17:17mais en tout cas, il en prend le chemin.
17:19Et surtout, cette résolution,
17:21elle met un peu plus la pression sur Olivier Faure,
17:23qui doit réunir les socialistes deux jours plus tard.
17:26Et le mardi 17, justement,
17:27Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti Socialiste,
17:30est l'invité de France Inter,
17:32et il enfonce le clou, Julien Duffet.
17:34Oui, il a des mots forts, il dit qu'il enrage,
17:36qu'il n'en peut plus de la stratégie de Jean-Luc Mélenchon.
17:40Là où j'enrage, c'est que depuis une semaine,
17:43de quoi parle-t-on ?
17:44On parle exclusivement de la France Insoumise,
17:47qui a refusé à un moment de requalifier,
17:50ce qui est pourtant une évidence,
17:51le Hamas d'organisations terroristes.
17:54Et je n'en peux plus.
17:55Il explique qu'il n'a pas signé la NUPES en mai 2022
17:59pour la bordélisation permanente,
18:01ce sont ses mots,
18:01et il annonce aussi qu'il va proposer,
18:04le soir même, la suspension
18:06des travaux parlementaires de la NUPES aux socialistes.
18:09Pour lui, il y a eu un dépassement de borne
18:11de la part de Jean-Luc Mélenchon,
18:12mais il y a aussi une pression, on l'a vu,
18:14avec Anne Hidalgo,
18:15une pression de ses opposants internes
18:18au Parti Socialiste,
18:19qui lui disent que là, il faut vraiment marquer le coup.
18:23Quelques minutes plus tard,
18:24sur une autre radio,
18:25la députée LFI de Paris,
18:27Danielle Obono,
18:28répond aux questions de Jean-Jacques Bourdin
18:30sur Sud Radio.
18:31Elle est de nouveau interrogée sur le Hamas.
18:34Qu'est-ce qu'elle dit ?
18:34L'intervieweur Jean-Jacques Bourdin
18:36renverse la question qui fait débat.
18:38Il ne demande pas à Obono
18:41si le Hamas est au risque,
18:42il lui demande si le Hamas
18:43est un mouvement de résistance.
18:44Oui, c'est nécessaire d'avoir des clarifications,
18:49parce que les mots sont importants.
18:50Moi, je vis de clarification, justement.
18:52Est-ce que c'est un mouvement de résistance ?
18:54C'est un groupe politique.
18:56On va sentir la députée un peu déstabilisée.
18:59Bourdin va insister lourdement.
19:01Est-ce que le Hamas est un mouvement de résistance ?
19:03Et l'Insoumise va finir par dire oui.
19:06C'est un mouvement de résistance.
19:07C'est ce que vous pensez ?
19:08Qui se définit comme tel,
19:09et qui est reconnu comme tel
19:10par les instances internationales.
19:12C'est un mouvement de résistance.
19:13C'est ce que vous pensez ?
19:14Pierre Morer, ces mots provoquent immédiatement
19:17une avalanche de réactions indignées
19:19jusque dans l'hémicycle
19:21et même au sein de son propre camp.
19:22À partir du moment où elle prononce ces mots
19:25et que la séquence devient virale
19:27sur les réseaux sociaux,
19:28tout le monde s'en saisit,
19:30à commencer par le ministre de l'Intérieur,
19:32Gérald Darmanin,
19:33qui saisit la justice pour apologie du terrorisme.
19:36Daniel Obono se retrouve rapidement isolé,
19:39y compris au sein de son propre camp,
19:41les Insoumis.
19:42ne partage pas sa position.
19:44Le soir même, le Parti Socialiste se réunit
19:47en congrès national et soumet au vote son avenir
19:50au sein de la NUPES.
19:51Quel est le résultat, Pierre Morer ?
19:53Alors, il est décidé d'un moratoire
19:55de la participation du Parti Socialiste
19:58aux travaux de la NUPES.
20:00Alors concrètement, qu'est-ce que c'est un moratoire ?
20:01C'est juste une suspension de la participation du PS
20:05aux travaux de l'Alliance.
20:07Ce moratoire, il est adopté à une petite majorité des voix,
20:11environ 54%.
20:12Et surtout, ce qui est acté,
20:14c'est la défiance des socialistes
20:16à l'égard de Jean-Luc Mélenchon,
20:18puisqu'il est écrit dans le texte qui a été voté
20:21que Jean-Luc Mélenchon a été un facteur d'union,
20:24mais qu'il est aujourd'hui devenu un obstacle.
20:27Et ils appellent à former une autre méthode du travail,
20:30si ce n'est un autre rassemblement.
20:36Et dans un billet sur son blog,
20:38publié le dimanche 22 octobre,
20:41Jean-Luc Mélenchon écrit, je cite,
20:42que concernant la NUPES,
20:44un point de non-retour a été franchi.
20:46Pierre Morer, ça veut dire que c'est fini ?
20:48Pas encore totalement,
20:50puisqu'on l'a vu précédemment,
20:51la NUP, elle vit essentiellement à l'Assemblée nationale.
20:54Et pour le moment,
20:55l'intergroupe de la NUP à l'Assemblée
20:57se réunit toujours entre les communistes,
21:00les insoumis et les écologistes.
21:02Depuis mardi 9 octobre,
21:04les socialistes n'y participent plus,
21:07mais les autres continuent de se réunir.
21:09Donc factuellement,
21:10l'intergroupe de la NUP vit encore,
21:12et les députés écologistes
21:14appellent les 150 députés de la NUP
21:16à se réunir dans les prochains jours
21:17ou les prochaines semaines
21:18pour tenter de sauver l'Union.
21:21Une fois tout cela dit,
21:22on voit bien que la NUP,
21:24telle qu'elle a été fondée en mai,
21:272022,
21:28n'existe plus vraiment.
21:30Julien Dufier,
21:30quel peut être l'avenir de la gauche
21:32sans cette alliance ?
21:33Tout va dépendre un peu
21:34de la recomposition à venir.
21:36Est-ce qu'il va y avoir
21:37une autre forme d'union ?
21:39Pour l'instant, on ne sait pas.
21:40En politique,
21:41le juge de paix,
21:41ce sont toujours les électeurs.
21:43Ils sont appelés aux urnes
21:44en 2024 pour les européennes,
21:46donc on verra
21:46quel poids ils donnent
21:48à chacune des composantes
21:49politiques de la gauche.
21:51La grande inconnue,
21:52ça reste 2027.
21:53Est-ce que la gauche
21:54pourra s'entendre
21:55pour présenter un candidat commun ?
21:57Pour le moment,
21:58rien n'est moins sûr.
21:59C'est la grande question
22:00dont personne n'a la réponse.
22:09Merci à Pierre Morer
22:10et Julien Dufier.
22:11Cet épisode a été produit
22:13par Barbara Gouy
22:14et Raphaël Pueillot,
22:15réalisation Pierre Chaffanjon.
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22:21d'écoute préférée
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22:25Nous publions un nouvel épisode
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