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Si le chef de l'État a attendu le dernier moment pour annoncer sa candidature, il sillonne la France et multiplie les annonces en vue d’un nouveau mandat depuis l’été. Récit avec Pauline Théveniaud et Olivier Beaumont, journalistes au service politique du Parisien.

Dans ce podcast : Emmanuel Macron est candidat à sa réélection il l'a dit le jeudi 3 mars dans une lettre adressée au peuple français publiée par la presse écrite régionale. Annonce effectuée à cinq semaines du premier tour de la présidentielle le dimanche 10 avril. On pourrait parler d'une campagne éclair escamotée par la guerre en Ukraine mais le président sortant sillonne la France et multiplie les annonces depuis l'été dernier.
Emmanuel Macron quitte le fort de Brégançon le 22 août, la fin de l'été est marquée par l'actualité internationale : le départ dans le chaos des américains d'Afghanistan retrait achevé le 30 août. Emmanuel Macron lui est en déplacement à Marseille le mercredi 1er septembre il est venu annoncer un grand plan pour la ville et il reste deux jours et demi sur place. Deux jours et demi au cours desquels il multiplie les visites thématiques : dans un commissariat dans les quartiers nord, dans une école, dans un hôpital, il parle aussi environnement….

Pour en savoir plus : https://www.leparisien.fr/podcasts/code-source/emmanuel-macron-a-peine-candidat-mais-en-campagne-depuis-des-mois-04-03-2022-JDU35K3BGVH2TBAHKLY7VMATCE.php

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Benoît Gillon - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian

Archives : Elysée, TF1, BFMTV.

#elections #macron #présidentielle

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Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavie pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Emmanuel Macron est candidat à sa réélection.
00:14Il l'a dit le jeudi 3 mars dans une lettre adressée au peuple français,
00:18publiée par la presse écrite régionale.
00:21Annonce effectuée à cinq semaines du premier tour de la présidentielle,
00:25le dimanche 10 avril.
00:26On pourrait parler d'une campagne éclair, escamotée par la guerre en Ukraine,
00:31mais le président sortant sillonne la France et multiplie les annonces depuis l'été dernier.
00:37Cet épisode de Codesource est raconté par deux journalistes du service politique du Parisien,
00:41en charge de l'exécutif, Pauline Théveniot et Olivier Beaumont.
00:46Pauline Théveniot, le jeudi 3 mars au soir, Emmanuel Macron officialise sa candidature
00:51dans une lettre adressée aux Françaises et aux Français,
00:54publiée par la presse régionale dont fait partie le Parisien.
00:58Que dit cette lettre en résumé ?
00:59Déjà, elle dit enfin clairement, ce qu'il refusait de dire jusqu'à présent,
01:04c'est qu'il est candidat à sa réélection.
01:07Après, c'est une lettre très très simple,
01:10sans lyrisme et sans annonce non plus,
01:12où finalement, il développe son propos en quatre temps.
01:16Il défend son bilan, il parle des temps bouleversés que nous traversons,
01:21il met un petit tir à un adversaire en particulier, sans le nommer Éric Zemmour,
01:26et puis il développe les grands thèmes qu'il voudra promouvoir durant cette campagne.
01:30Le travail, la santé, l'éducation.
01:32Olivier Beaumont, comment va-t-il faire campagne dans les cinq semaines
01:35qui restent avant le premier tour, le 10 avril ?
01:37Quand Emmanuel Macron se déclare, il ne lui reste plus que 38 jours avant le premier tour,
01:42dans un contexte de crise internationale.
01:43Donc, pendant les jours qui lui restent, il va devoir jongler entre ses deux agendas,
01:47concrètement, très peu de meetings, un voire deux, Marseille,
01:50un autre sur Paris ou en proche banlieue parisienne,
01:54et puis quelques déplacements thématiques, des réunions publiques, mais dire plus.
01:58On va revenir sur son annonce de candidature,
02:01mais on va voir dans cet épisode de Codesources que pour lui,
02:03la campagne a en fait déjà commencé depuis longtemps.
02:06Olivier Beaumont, cet été, pendant ses vacances,
02:08pendant le mois d'août, dans le fort de Brégançon, dans le Var,
02:11le président sortant se prépare.
02:13Physiquement, pour cette campagne.
02:15Sur son lieu de villégiature, au fort de Brégançon,
02:17il a fait du sport, il s'est préparé,
02:20il a bien sûr continué à travailler,
02:22mais il a fait de la course à pied,
02:23du tennis, de la boxe, du ping-pong.
02:26Résultat, fin août, il est revenu plus fit,
02:29dixit, un de ses collaborateurs.
02:31Toujours pendant l'été, Pauline Théveniot,
02:33des membres des cabinets ministériels de Matignon et de l'Elysée,
02:36se réunissent en association.
02:37Oui, c'est une association de loi 1901,
02:39qui s'appelle Traits d'Union,
02:41et qui réunit des collaborateurs des ministères,
02:44des collaborateurs parlementaires.
02:46Quelle est leur idée ?
02:47Tout simplement de préparer, en cas de réélection,
02:50un vivier de collaborateurs disponibles
02:53pour un éventuel futur quinquennat.
02:55Ce qui est très intéressant,
02:56c'est que dans ces périodes, habituellement,
02:57les collaborateurs ministériels,
02:59ils cherchent plutôt à se recaser à l'extérieur,
03:01dans le privé, dans des grandes institutions.
03:03Et là, ils préparent la suite.
03:06Ça montre quand même qu'ils ont une très grande confiance,
03:09peut-être même un excès de confiance dans l'avenir.
03:13Au même moment, Olivier Beaumont,
03:15deux proches du président,
03:16sont sollicités pour lancer des comités de soutien.
03:19Oui, ces deux proches ne sont pas n'importe qui.
03:21Il y a d'abord le député des Hauts-de-Seine, Thierry Solaire,
03:23qui est aussi conseiller politique d'Emmanuel Macron à l'Elysée.
03:27Thierry Solaire, pour rappeler qui c'est,
03:28c'est l'ancien coordinateur de la primaire LR à droite,
03:31quelqu'un qui connaît très bien la carte électorale,
03:34et l'autre personnalité, c'est Sébastien Lecornu,
03:35le ministre des Outre-mer, un élu local,
03:38l'ancien coordinateur du Grand débat national.
03:40Et pendant tout l'été,
03:41ils vont effectivement activer leur riche carnet d'adresses
03:44pour aller dépêcher un certain nombre d'élus locaux de maire
03:48pour que, le moment venu,
03:49ils annoncent leur soutien au président de la République.
03:53Résultat, au bout de deux mois,
03:54200 comités locaux de soutien à la réélection d'Emmanuel Macron
03:58sont déjà constitués.
04:01Emmanuel Macron quitte donc le fort de Brégançon le 22 août.
04:04La fin de l'été est marquée par l'actualité internationale,
04:07le départ dans le chaos des Américains d'Afghanistan,
04:10retrait achevé le 30 août.
04:11Emmanuel Macron, lui, est en déplacement à Marseille,
04:15le mercredi 1er septembre.
04:16Pauline Théveniot, vous êtes sur place pour le Parisien.
04:18Que fait le président à Marseille ?
04:20Le président à Marseille, il est venu annoncer un grand plan pour la ville.
04:24Et il reste deux jours et demi sur place,
04:27deux jours et demi au cours desquels il multiplie les visites thématiques.
04:30Il va dans un commissariat, dans les quartiers nord, dans une école, dans un hôpital.
04:35Il parle aussi environnement.
04:37Et finalement, qu'est-ce qu'il fait le président ?
04:39Il rôde un peu sa campagne dès ce déplacement,
04:41à la fois par les formats de ses visites et aussi par les thèmes qu'il déroule.
04:46On le voit, il teste des idées.
04:48Et son déplacement finit par un grand discours.
04:52Monsieur le préfet de région, mesdames et messieurs les parlementaires,
04:56madame la présidente du conseil départemental,
04:59présidente de la métropole ex-Marseille, mesdames et messieurs les élus.
05:02Au phareau, avec un cadre assez superbe derrière lui,
05:05il y a le vieux port, la Méditerranée.
05:07Et dans ce discours, finalement, il fait de Marseille
05:10et de ce grand plan, une forme de laboratoire pour sa campagne.
05:14Mais une urgence ne suffit pas à relever les défis de Marseille.
05:18Il nous faut nous projeter, il nous faut bâtir le Marseille de 2030 maintenant.
05:23Olivier Beaumont, pendant le mois de septembre,
05:25des communicants font leur arrivée au siège de la République en marche,
05:29à Paris, rue du Rocher, dans le 8e arrondissement.
05:31Et oui, un siège flambant neuf.
05:33Et on voit qu'en coulisses, les choses commencent à s'accélérer.
05:36Que la campagne approche, puisqu'un certain nombre de figures viennent ou réapparaissent
05:41au QG, au futur QG de campagne.
05:43Et parmi elles, il y a Grégoire Poton.
05:45C'est un fidèle d'entre les fidèles.
05:47Un artisan de la victoire en 2017.
05:49Et il vient pour assurer la coordination de la présidentielle et des législatives.
05:53Et puis, plus discrètement aussi, une autre figure revient.
05:56Christian Darnia.
05:56Alors lui, il est l'architecte du financement de la campagne.
05:59Et puis, une autre figure, un ancien cadre d'Orange,
06:02Christian Brombin, qui lui, va avoir en charge de la stratégie numérique.
06:05Donc, on voit que ce faisant, petit à petit, un certain nombre de personnalités,
06:09comme ça, en coulisses, arrivent pour commencer à structurer la future campagne du candidat.
06:16Le 15 septembre, en réaction à l'augmentation des prix du gaz et de l'électricité,
06:21le gouvernement annonce 100 euros supplémentaires pour les plus de 5,5 millions de ménages
06:26éligibles au chèque énergie.
06:28Et deux jours plus tard, Valérie Pécresse, à ce moment-là candidate à l'investiture LR,
06:33accuse le chef de l'État de trop dépenser.
06:35Nous pensons qu'il y a urgence pour le pays à ce qu'Emmanuel Macron,
06:39qui a été un président pour presque rien et qui est en train de cramer la caisse,
06:43arrête son mandat en 2022.
06:45Olivier Beaumont, le mardi 12 octobre, à l'Élysée,
06:48devant une dizaine de membres du gouvernement,
06:50dont le Premier ministre Jean Castex, des jeunes, des chefs d'entreprise,
06:54Emmanuel Macron dévoile un grand plan pour l'industrie.
06:57Nous sommes à six mois de l'élection présidentielle.
06:59Et le président de la République annonce effectivement un grand plan d'investissement
07:02de 30 milliards d'euros sur cinq ans
07:05pour développer la compétitivité industrielle et les technologies d'avenir.
07:09Mais ce qui surprend encore plus, c'est la forme et le cadre.
07:12Ça se passe sous les ors de l'Élysée, dans la salle des fêtes.
07:15Et on voit qu'il y a toute une mise en scène qui est faite autour de cet événement,
07:18quasiment un meeting.
07:19On voit un Emmanuel Macron qui déambule,
07:22qui parle comme ça auprès des jeunes patrons, des investisseurs.
07:25On ne parle pas de nulle part.
07:26Depuis un peu plus de quatre années,
07:27je crois qu'on essaie profondément d'avoir une stratégie
07:30qui répond d'abord à ce constat, ces grandes transformations,
07:32et qui, si je puis dire, qui part de ce socle de raisonnement
07:35et qui commence à produire des résultats.
07:36Ça donne déjà une impression de terre de campagne,
07:39d'autant que cet événement est précédé d'un mini-film,
07:41d'un mini-clip, d'une minute quinze,
07:43où il convoque à la fois le Concorde, le TGV
07:46et toute la nostalgie des Trente Glorieuses,
07:49quasiment un clip de campagne.
07:50Trois jours plus tard, le vendredi 15 octobre,
07:52le président est une nouvelle fois à Marseille,
07:55officiellement pour venir voir où en sont les chantiers
07:58lancés lors de sa visite précédente, début septembre.
08:02Son plan qui représente au total, d'après les calculs de l'Elysée,
08:06un milliard et demi d'euros d'investissement,
08:09notamment pour les transports, la sécurité et la culture
08:12dans la deuxième ville de France.
08:14Pauline Théveniot, au-delà de Marseille,
08:16c'est une période où il multiplie les annonces
08:18pour des montants très importants.
08:20Oui, il y a un plan pour les agriculteurs,
08:23pour les indemnisés en cas de catastrophe,
08:24un plan pour les travailleurs indépendants,
08:26pour les pêcheurs, pour un plan autonomie,
08:29pour les personnes âgées ou encore la prime de rénovation énergétique.
08:34Pour les agriculteurs, par exemple, c'est 600 millions d'euros par an.
08:37Pour les policiers, c'est 500 millions aussi
08:40pour la mise en œuvre du Beauvau de la sécurité
08:42ou encore 50 millions pour les pêcheurs.
08:45C'est ce que certains de ces lieutenants appellent faire du segmentiel.
08:50C'est-à-dire que catégorie après catégorie,
08:52il traite tous les secteurs.
08:53Olivier Beaumont, le mardi 9 novembre de l'Elysée,
08:57Emmanuel Macron prononce une allocution sur la crise sanitaire.
09:00C'est la cinquième vague de l'épidémie.
09:02Allocution suivie par plus de 20 millions de spectateurs.
09:05Au-delà des annonces sur le Covid,
09:08il parle aussi du nucléaire, du travail ou des retraites.
09:11Et oui, et ça, on ne s'y attendait pas forcément.
09:14Effectivement, le premier tiers de son allocution est consacré à la crise sanitaire,
09:17mais tout le reste est consacré à des annonces.
09:19Les grands enjeux d'avant la crise n'ont pas disparu.
09:22La protection de la planète, le défi démographique,
09:25le vieillissement, la montée des inégalités.
09:28Nous avons donc, d'une manière inédite,
09:30tant de décisions à prendre en même temps,
09:33tant d'investissements historiques à faire pour relever tous ces défis.
09:37Parmi celles-ci, il y a la suspension des allocations chômage
09:40pour les demandeurs d'emploi qui ne seraient pas en recherche active.
09:44Et surtout, il annonce qu'il va repousser la réforme des retraites.
09:48On sait que c'est un sujet épidermique.
09:50Donc, il suspend cette réforme.
09:52Mais attention, il prévient quand même
09:54qu'il va devoir quand même, à un moment donné,
09:56se poser la question du report de l'âge légal de départ à la retraite.
09:59Donc, on devine que ce sera un des sujets importants
10:02de son futur programme présidentiel.
10:05Pauline Théveniot, cette allocution entraîne beaucoup de réactions
10:08de la part des oppositions.
10:09Il y a par exemple Nadine Morano qui tweet
10:11« alerte info meeting d'Emmanuel Macron en cours »
10:14ou alors l'insoumise Manon Aubry
10:16qui dénonce tout de suite un clip de campagne aux frais du contribuable.
10:21Au fond, les oppositions, elles s'offusquent
10:22en estimant qu'Emmanuel Macron joue de sa stature,
10:27de sa position de président
10:28et finalement des moyens de l'État pour faire campagne.
10:31Le lendemain, dans Le Parisien, vous expliquez tous les deux,
10:34Olivier Beaumont, Pauline Théveniot,
10:35que l'entourage d'Emmanuel Macron assume l'idée d'un président en campagne.
10:40Qu'est-ce qu'on vous dit à ce moment-là ?
10:42Effectivement, on assume la portée politique de cette prise de parole
10:46qui est faite depuis l'Élysée.
10:48On assume quelque part de donner le sentiment,
10:50peut-être d'enjamber déjà l'élection présidentielle.
10:57Dans les jours qui suivent, le président multiplie les déplacements sur le terrain.
11:01Le 16 novembre, il est à Béziers dans l'Hérault
11:04où il rencontre le maire proche du RN Robert Ménard.
11:07Le 19 novembre, Emmanuel Macron est dans les Hauts-de-Seine à Guise dans l'Aisne.
11:10Le 26, il est au Vatican, reçu par le pape François.
11:14Le jeudi 2 décembre, il est à Strasbourg au Parlement européen
11:17pour un discours d'hommage à Valéry Giscard d'Estaing,
11:20un an jour pour jour après la mort de l'ancien président.
11:23A cette période, au passage, le 4 décembre,
11:25Valérie Pécresse remporte l'investiture LR.
11:28Et le mardi 7 décembre, Emmanuel Macron est dans le Cher à Vierzon.
11:32Pauline Théveniot, un déplacement que vous suivez pour le Parisien.
11:35Il veut apparaître au milieu des gens,
11:36casser son image de président des villes.
11:38Il voulait se laisser le temps pour des rencontres.
11:41Il déjeune dans un restaurant routier, par exemple,
11:44ce qu'on ne l'avait pas vu faire depuis sa précédente campagne.
11:48Mais il y a une drôle d'ambiance lors de ce déplacement.
11:51Le centre-ville est absolument bouclé.
11:54Le programme de sa journée est considérablement allégé par rapport à ses programmes habituels.
11:59Si bien qu'il y a des moments de flottement, ça flotte un peu.
12:04Le 8 décembre, Emmanuel Macron est à Vichy dans l'Allier.
12:07Première visite d'un président français sur place depuis Valérie Giscard d'Estaing en 1978.
12:12Et le lendemain, Pauline Théveniot, à l'Elysée, il tient une conférence de presse
12:16à l'occasion de la présidence française de l'Union Européenne, qui va débuter en 2022.
12:21Oui, il y a 100 journalistes qui sont réunis dans la salle des fêtes de l'Elysée
12:25pour assister à cette conférence de presse,
12:27lors de laquelle Emmanuel Macron veut présenter les grandes priorités
12:31de la présidence française de l'Union Européenne.
12:34Mais finalement, l'exercice tourne vite à une forme de partie de cache-cache
12:38sur sa façon d'esquiver les questions sur sa future candidature.
12:43Et je voulais aussi savoir que vous n'êtes pas encore candidat à l'élection présidentielle.
12:47Peut-être que vous avez vu une annonce.
12:49Mais vos homologues ici, enfin les autres chefs d'État,
12:53s'inquiètent de comment on peut combiner une présidence du Conseil de l'Union Européenne
12:57et une campagne électorale.
12:59On le voit, à ce moment-là, il joue avec ça, même avec un certain plaisir, ça l'amuse.
13:03Bon, sur ce sujet, je vais répondre rapidement,
13:05parce que je ne vais pas répondre non plus X fois.
13:09Dites-moi la date à laquelle il faut s'arrêter de travailler démocratiquement.
13:12C'est la fin du mandat.
13:14Et donc je travaillerai jusqu'à la fin du mandat.
13:16Olivier Beaumont, le 15 décembre,
13:18Emmanuel Macron participe à une émission en prime time sur TF1
13:21intitulée « Où va la France ? »
13:24Bonsoir et bienvenue à toutes et à tous.
13:26Bonsoir, M. le Président.
13:27Bonsoir.
13:28Merci de nous accueillir ici à l'Élysée.
13:30M. le Président, ce soir, nous allons vous poser une question centrale.
13:32Où va la France ?
13:33Il défend son bilan et il est aussi interrogé sur les phrases
13:37qu'il a pu tenir et qui ont choqué une partie de l'opinion.
13:39C'est vous qui l'avez dit, vous regrettez la formule que vous regrettez.
13:41Non, c'est celle où je dis, il y a des gens qui réussissent,
13:43des gens qui ne sont rien.
13:44Ça, c'est un...
13:45Ça ne peut pas dire ça.
13:46L'arrogance, dans l'esprit des gens.
13:47Il le reconnaît.
13:48Dans certains de mes propos, j'ai pu blesser les gens.
13:52Mais il revendique aussi le fait de vouloir bousculer,
13:54de vouloir faire bouger les choses.
13:56Au fond, on ne fait rien bouger
13:58si on n'est pas pétri d'un respect infini pour chacun.
14:01Et je pense que...
14:02Vous manquiez de respect à l'époque ?
14:03Et je pense que dans certains de mes propos,
14:06j'ai blessé des gens.
14:07Et je pense qu'on peut bouger les choses sans blesser des gens.
14:10Et c'est ça que je ne referai plus.
14:11Pauline Théveniot, une nouvelle fois,
14:13les oppositions fustigent cette émission.
14:14Il s'indigne de voir que le président,
14:16il a comme ça une émission longue, en prime time,
14:19quand eux, la case ne l'aurait pas proposée.
14:22Ils sont plusieurs à saisir le CSA au nom de l'équité
14:26et à demander d'avoir tout simplement une émission similaire
14:30pour pouvoir s'exprimer.
14:31Le CSA qui deviendra quelques jours plus tard l'ARCOM.
14:34Emmanuel Macron a une nouvelle fois l'occasion de défendre son bilan
14:37à l'occasion de ses voeux aux Françaises et aux Français,
14:40le 31 décembre.
14:41Le pouvoir d'achat avec l'indemnité inflation,
14:44le chèque énergie,
14:45l'augmentation des salaires des fonctionnaires les plus modestes,
14:48l'urgence écologique et climatique avec le renouvellement
14:50de notre parc automobile,
14:52le développement des énergies renouvelables,
14:54les rénovations thermiques des logements
14:55et au 1er janvier, la fin des emballages plastiques,
14:58la retraite minimale à 1 000 euros,
15:00le déploiement de 2 000 maisons de France Service,
15:03le versement automatique des pensions alimentaires
15:06qui bénéficiera notamment aux mères seules,
15:08la gratuité de la contraception pour les femmes jusqu'à 25 ans
15:12et la réforme de l'État.
15:14Rien que ces dernières semaines et dans les prochains mois,
15:18des décisions dont on parlait parfois depuis des décennies,
15:21que je viens à la cavalcade ici d'essayer de rassembler,
15:25ont été prises et seront prises qui changeront la vie.
15:30Le mardi 4 janvier, le président est face au lecteur du Parisien
15:34dans le jardin d'hiver de l'Elysée.
15:36Il répond à un panel de nos lecteurs,
15:38interview mise en ligne le soir même sur leparisien.fr.
15:41Vous étiez bien sûr tous les deux à l'Elysée pour le Parisien
15:44et une phrase fait énormément réagir,
15:47Pauline Thévenou, une phrase du président,
15:49« Les non-vaccinés, j'ai très envie de les emmerder ».
15:52Pourquoi est-ce qu'il parle aussi directement ?
15:53Eh bien parce qu'il voulait frapper un grand coup.
15:55Le président fait un pari, c'est qu'une majorité silencieuse de Français
15:59est exaspérée par les non-vaccinés.
16:02Et il se dit que s'il se montre très très offensif vis-à-vis d'eux,
16:07cette majorité silencieuse lui en saura gré.
16:11Et c'est à ce genre de moment très stratégique
16:14que l'on voit que la campagne présidentielle est sans cesse en toile de fond.
16:19Et à propos de sa probable candidature à venir,
16:21il répond à l'un de nos lecteurs, je cite,
16:23« Il n'y a pas de faux suspense.
16:25J'ai envie ».
16:26Le lundi 10 janvier, il est dans les Alpes-Maritimes,
16:29à Nice et à Tende, pour parler sécurité.
16:32Grand discours, un long discours,
16:34avec moult détails techniques sur le site d'un futur hôtel de police.
16:39Il présente la loi de programmation de sécurité intérieure
16:44qui a été préparée par le ministre Gérald Darmanin.
16:47Sauf que cette loi, elle sera présentée en Conseil des ministres
16:50d'ici à la fin du quinquennat.
16:51Mais il n'y a aucune chance, compte tenu du peu de temps qu'il reste,
16:54pour qu'elle soit adoptée avant la fin de son mandat.
16:58Donc en fait, qu'est-ce que c'est cette présentation ?
16:59Eh bien, c'est tout simplement la présentation de son programme sécurité pour la présidentielle.
17:04Olivier Beaumont, le 14 janvier,
17:05le Parisien révèle que le secrétaire général de l'Élysée,
17:09Alexis Collère,
17:10vient régulièrement au QG de La République En Marche, rue du Rocher.
17:14Alexis Collère, ça n'est pas n'importe qui.
17:15C'est le bras droit d'Emmanuel Macron à l'Élysée, son homme de confiance depuis maintenant 8 ans.
17:21Et Alexis Collère, il se rend une fois par semaine au minimum au QG de campagne.
17:25Il le fait le soir, sur son temps personnel.
17:28Nous répondons à l'équipe de campagne.
17:30En tout cas, l'objet de cette réunion, il est bien clair.
17:32Il est clairement dit, c'est l'Élysée qui vient faire ses commandes,
17:35dire on a besoin de ci, besoin de ça, et le parti applique.
17:38Le 19 janvier, le chef de l'État prononce un discours au Parlement européen de Strasbourg,
17:44à l'occasion du début de la présidence française de l'Union européenne.
17:48Et il est interpellé par le vert Yannick Jadot,
17:50Jordan Bardella du RN et l'insoumise Manon Aubry.
17:53Vous resterez dans l'histoire, monsieur le président de la République,
17:57le président de l'inaction climatique.
17:59Alors que la France a besoin de rayonner de nouveau pour exprimer sa puissance,
18:03vous avez éteint sa lumière pour la France, mais aussi pour l'Europe.
18:06Il est vital que votre mandat reste unique.
18:09Vous êtes le président du mépris, mais au moins, vous l'assumez.
18:12Et comme vous l'avez résumé, le peuple, vous l'emmerdez.
18:16Vous avez dit, je vous cite,
18:17la présidence française de l'Union européenne ne doit pas être un marche-pied électoral.
18:23Et je pense que vous avez tout à fait raison.
18:29Le 25 janvier, Emmanuel Macron est à Oradour-sur-Glane,
18:32village martyr du nazisme, où des SS ont massacré 643 habitants le 10 juin 1944.
18:40Le lendemain, il reçoit à l'Elysée des associations de rapatriés d'Algérie.
18:44Quelques jours plus tard, le 2 février, il sera à Liévin, dans le Pas-de-Calais,
18:48pour évoquer l'avenir du bassin minier.
18:51Mais Olivier Beaumont, à cette période, on parle de plus en plus de la crise en Ukraine.
18:55Les plus de 100 000 soldats russes déployés à la frontière ukrainienne.
19:00Qu'est-ce que ça change pour l'annonce de sa candidature ?
19:03Fondamentalement, ça ne change pas grand-chose,
19:05puisque en coulisses, il a déjà été décidé très très vite
19:08que cette annonce de candidature interviendrait très tard.
19:10Par contre, ce qui va changer, c'est effectivement le ton probable,
19:12puisqu'on voit qu'il y a une crise mondiale qui est en train de se dessiner,
19:18qu'Emmanuel Macron va avoir son agenda bousculé,
19:20accaparé par le conflit qui est en train de se dessiner à l'est de l'Europe.
19:24Et ça va totalement percuter ses fonctions de président de la République
19:27et effectivement de futurs candidats.
19:30Le lundi 7 février, Emmanuel Macron rencontre Vladimir Poutine à Moscou, au Kremlin.
19:35Ils échangent plusieurs heures de part et d'autre d'une très longue table blanche.
19:39Tentative de dialogue qui n'empêchera pas l'offensive russe sur l'Ukraine.
19:43L'invasion russe en Ukraine débute le 24 février.
19:46Olivier Beaumont, le mercredi 2 mars à 20h,
19:49le président Macron s'adresse au peuple français
19:52à propos de la guerre en Ukraine qui, à ce moment-là,
19:55a déjà fait, précise-t-il, des centaines de victimes civiles ukrainiennes.
20:00Son ton est grave, il parle d'un changement d'époque.
20:03Et il dit quelques mots de la présidentielle à la fin de son intervention présidentielle des 10 et 24 avril.
20:08Cette guerre vient aussi percuter notre vie démocratique
20:11et la campagne électorale qui s'ouvre officiellement à la fin de cette semaine.
20:15Cette campagne permettra un débat démocratique important pour la nation,
20:19mais qui ne nous empêchera pas de nous réunir sur l'essentiel.
20:23Je sais pouvoir compter sur vous.
20:25Il laisse entrevoir par ces mots que la campagne ne ressemblera à aucune autre,
20:30que sa campagne à lui sera forcément entravée par la crise qui touche l'Ukraine et la Russie.
20:36On en revient au début de cet épisode de Code Source.
20:39Emmanuel Macron se déclare candidat le jeudi 3 mars au soir dans une lettre adressée aux Français.
20:45Olivier Beaumont, comment ont réagi en résumé ses principaux adversaires à la présidentielle ?
20:50Sans surprise, ses adversaires tirent à boulet rouge sur cette missive.
20:55Yannick Jadot, le candidat écologiste, le dit.
20:58Ça fait longtemps qu'Emmanuel Macron est en campagne, qu'il dépense de manière électorale.
21:02Donc une fois de plus, on lui reproche le mélange de genres.
21:05Et l'attaque la plus dure, la plus sévère est celle d'Éric Zemmour,
21:10qui diffuse une vidéo sur les réseaux sociaux.
21:13Et il s'adresse à la première personne directement au président candidat dans cette vidéo.
21:18Monsieur le président de la République, je vous attendais.
21:23Vous voilà enfin.
21:25La France m'a demandé de vous dire que vous avez échoué.
21:28D'un mot, Olivier Beaumont, le contexte de la guerre en Ukraine, ça lui est forcément favorable ?
21:33En tout cas, la lecture des sondages qui sont sortis au moment où Vladimir Poutine a déclaré la guerre à
21:39l'Ukraine,
21:40on voit que cette crise profite plutôt à Emmanuel Macron.
21:43Il gagne en moyenne entre 2 et 5 points dans les intentions de vote pour le premier tour.
21:47Donc c'est énorme. Pourquoi ? Parce qu'il est le chef de guerre.
21:50Il est drapé dans cette posture comme ça de chef des armées.
21:53Et on voit surtout à côté que c'est que les oppositions n'arrivent pas à émerger,
21:58à faire des contre-propositions qui soient tenables.
22:02Emmanuel Macron, lui, quelque part, il a un boulevard, sans être cynique,
22:06avec cette crise qui ne peut que lui profiter.
22:10On le disait au début de cet épisode de Code Source, il ne reste que 5 semaines avant le premier
22:14tour.
22:15En même temps, factuellement, Pauline Théveniot, depuis cet été, il a multiplié les déplacements et les annonces.
22:21Il a déjà mené une longue campagne ?
22:23Oui, absolument. D'ailleurs, sa campagne, en réalité, elle commence au moment des élections régionales.
22:28Et puis, Emmanuel Macron, il avait théorisé un moment charnière à l'été.
22:33Et c'est un proche qui me le disait, il disait, à partir de là, s'ouvre une séquence
22:38où il ne laissera plus la place à personne.
22:41C'est-à-dire que de la majorité du gouvernement n'émergera qu'une tête, la sienne.
22:48Finalement, cette campagne, elle aura duré toute une année.
23:01Merci à Pauline Théveniot et Olivier Beaumont.
23:04Cet épisode de Code Source a été produit par Thibaut Lambert et Thomas Vallogne.
23:08Réalisation, Benoît Gillon.
23:10Code Source, le podcast d'actualité du Parisien, est disponible sur toutes les plateformes.
23:15Nous publions un nouvel épisode chaque soir de la semaine.
23:18Pour n'en rater aucun, n'oubliez pas de vous abonner.
23:21Si vous aimez Code Source, n'hésitez pas à laisser un commentaire sur votre application audio préférée.
23:27Et vous pouvez aussi nous écrire directement codesource.fr.
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