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  • il y a 2 jours
🎙️ Quel rapport les journalistes et producteurs de Radio France entretiennent-ils avec la langue française ?
Thomas Pontillon, journaliste à la cellule "Vrai ou faux" sur Franceinfo nous parle de son rapport à la langue.

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Transcription
00:00La langue française, elle est à la fois riche et précise.
00:03Les mots ont un sens et c'est important de trouver le bon mot au bon moment.
00:15Je dirais les deux.
00:17Inspirant parce que ça fait toujours plaisir d'avoir un retour sur son travail,
00:21surtout s'il est positif.
00:23Et contraignant aussi parce qu'on travaille pour les auditeurs,
00:27donc le retour est légitime et on le prend en compte.
00:29Dans les messages qui reviennent souvent,
00:31il y a souvent des messages sur des fautes de français ou des erreurs de liaison, par exemple.
00:35Et ça, je sais que quand j'écris, j'y pense vraiment,
00:37je prends vraiment en compte ça pour faire attention, notamment à des mauvaises liaisons.
00:43Alors un impératif, oui.
00:45La langue française, elle est à la fois riche et précise.
00:48Les mots ont un sens et c'est important de trouver le bon mot au bon moment
00:52pour bien décrire les choses.
00:54Trouver le bon mot, ça évite, ça lève toutes les ambiguïtés,
00:57ça permet d'avoir un propos très clair, ça permet de gagner en clarté.
01:02Et donc la richesse de la langue, ça contraint aussi souvent à ouvrir un dictionnaire des synonymes.
01:06Alors un peu, mais pas trop non plus, parce qu'il ne faut pas non plus partir sur un langage
01:10trop soutenu.
01:10Il faut quand même rester sur un langage parlé
01:13et pouvoir parler un peu comme tout le monde pour être aussi compris par tout le monde.
01:19Je crois que je ne vais pas être très original,
01:20mais ce que j'évite, je m'interdis même, c'est les formules toutes faites.
01:24Être vent debout, tirer la sonnette d'alarme, avoir le vent en poupe.
01:29C'est vraiment des formules, des clichés même,
01:31qui sont d'abord souvent inexactes avec la réalité.
01:34Et je crois qu'on n'a plus du tout envie d'entendre ce genre de propos
01:36qui sont des formules toutes faites.
01:42Je ne crois pas avoir un tic de langage particulier,
01:45mais quand même, je sais que j'ai quand même pas mal de petites béquilles.
01:48Je vais quand même dire assez souvent « notamment » ou « concrètement » ou « autrement dit ».
01:53Donc voilà, j'ai quand même quelques petites béquilles quand même,
01:56quelques mots quand même qui reviennent plus souvent que d'autres.
02:01Alors, je n'ai pas vraiment de mots préférés dans la langue française.
02:06En revanche, j'aime bien les mots qui peuvent avoir un sens caché,
02:09qui sont liés par exemple à un métier.
02:11C'est le cas, il y en a plusieurs en radio.
02:13Il y a par exemple le mot « bob » que je trouve assez amusant,
02:16qui fait référence à une époque que je n'ai pas connue,
02:19mais qui est à l'époque où les sons étaient coupés avec des ciseaux.
02:23Enfin, il y avait une bande et les journalistes montaient les sons avec leurs ciseaux.
02:27Et une fois que le son était monté, ils l'enrôlaient autour d'un bobineau.
02:30Et donc ça a donné un bob.
02:31Et donc je n'ai pas du tout connu cette époque-là,
02:33donc je n'ai jamais connu les bobineaux.
02:35Mais on dit toujours « bob » pour un son.
02:37Ce genre de mot, je ne sais pas si c'est mon mot préféré, pas du tout même,
02:40mais c'est le genre de mot que je peux trouver assez amusant.
02:46Alors je vais faire une réponse de normand.
02:48Je dirais que c'est à éviter,
02:50mais je travaille dans un service de fact-checking.
02:53Donc ça commence mal pour les éviter.
02:56D'une manière générale,
02:58j'essaye toujours de privilégier le mot en français.
03:01Par exemple, je ne dis jamais « fake news »,
03:04mais je dis bien « intox » ou « fausse information ».
03:07Mais « fact-checking », « vérification des faits »,
03:10ça n'explique pas bien ce que c'est que le fact-checking,
03:12parce que tous les journalistes vérifient leurs faits.
03:14Donc voilà, j'essaye d'éviter les anglicismes,
03:16mais parfois ils s'imposent.
03:18Quand l'anglicisme s'est vraiment imposé dans la langue française,
03:21par exemple « start-up », on ne dit pas « je ne pousse »
03:23ou « un mail », on ne dit pas « courriel ».
03:25Donc voilà, j'essaye de les éviter,
03:27sauf quand en fait, ils sont devenus incontournables.
03:32Alors là, la radio, ça évoque plusieurs choses.
03:34Je dirais d'abord le témoignage,
03:36parce que la radio, vu qu'il n'y a pas d'image,
03:38on se concentre beaucoup sur le son,
03:40sur ce que les gens disent.
03:41Un témoignage en radio, je le trouve souvent plus fort,
03:43parce que le son fait passer plus d'émotions,
03:46peut-être, je trouve, que l'image.
03:49Je dirais aussi, côté de la radio qui m'a toujours fasciné,
03:52c'est l'immédiateté de la radio.
03:53Il peut se passer à peu près n'importe quoi,
03:55n'importe où sur la planète.
03:56Il suffit d'avoir un téléphone pour pouvoir être en direct.
03:58Et puis après, d'un point de vue un peu plus personnel,
04:00je dirais que la radio, c'est aussi un bruit de fond.
04:02Elle est toujours ou quasiment toujours allumée chez moi.
04:05Je ne suis pas sûr que je l'écoute toujours très attentivement,
04:08mais c'est un bruit de fond, c'est une présence.
04:10Il y a quelque chose d'un peu de rassurant dans la radio.
04:15Alors je dirais que quand j'étais étudiant,
04:17il y a un journaliste, Nicolas Poincaré,
04:20que j'ai beaucoup écouté quand j'étais étudiant,
04:22parce que je commençais à avoir une oreille un peu différente
04:24en tant qu'étudiant qui s'intéressait beaucoup à la radio.
04:27Je mets bien sa voix qui est particulière,
04:31son ton, sa manière de parler.
04:33En quelques mots, il arrivait à bien présenter les choses.
04:36Donc voilà, il y a ce journaliste-là
04:38qui est un ancien de France Info.

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