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  • il y a 10 heures
Marius Celette, président co-fondateur d’Alpha Impulsion, était l'invité de François Sorel dans Tech & Co, la quotidienne, ce mardi 17 mars. Il s'est penché sur la technologie spatiale d'Alpha Impulsion, les types de satellite que l'entreprise peut lancer, et son ouverture sur le marché en Europe, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Bonjour. Tech & Co, la quotidienne, la start-up.
00:04On va découvrir Alpha Impulsion.
00:08Marius Sellette est avec nous. Bonsoir Marius.
00:10Bonsoir.
00:11Merci d'être là. Vous êtes président et cofondateur d'Alpha Impulsion.
00:16Et vous avez été auréolé par l'Europe pour ces satellites qui se consument en orbite.
00:21Vous êtes une start-up européenne qui a été récompensée par cette innovation spatiale majeure.
00:27Alors, est-ce que vous pouvez nous expliquer ce que vous faites, sachant que vous êtes franco-italien.
00:31C'est pour ça que vous êtes de dimension européenne.
00:33C'est ça. Merci pour l'invitation en tout cas.
00:36Marius Sellette, je suis président d'Alpha Impulsion.
00:38On est une entreprise qui est assez jeune, un peu plus de trois ans d'existence.
00:41On a été fondé en 2022 à Toulouse.
00:43Et donc, on se spécialise dans un domaine qui est très particulier, qui est le domaine des moteurs fusées.
00:46C'est vrai que d'un point de vue Space Tech, moi aussi j'adore parler de Space Tech, ça
00:49tombe bien.
00:50Et donc, ces moteurs fusées, ils ont une caractéristique qui est un peu spéciale, c'est que c'est des
00:53moteurs fusées autophages.
00:55Alors, autophages, qu'est-ce que ça veut dire ?
00:56Littéralement, ça veut dire qu'il se consume lui-même.
00:58Alors, j'ai vu tout à l'heure avant la pub que vous aviez la vidéo du satellite qui s
01:02'auto-consume.
01:03En fait, ça fonctionne un peu comme une bougie.
01:06C'est-à-dire qu'il faut imaginer que sur un satellite normal, mais ça marche aussi pour les fusées,
01:09vous voyez une espèce de gros cylindre de carburant qui dépasse à l'avant.
01:13Donc ça, c'est purement du carburant.
01:14Il n'y a pas de structure, il n'y a pas d'aluminium, il n'y a pas de
01:16réservoir, il n'y a rien.
01:17Et en fait, ce qui va se passer, c'est que durant le vol, on s'en accélérait,
01:21mais ce carburant va littéralement être consumé par le moteur fusée lui-même,
01:24un peu la manière d'une bougie, c'est-à-dire qu'il est rétrécié au cours du vol.
01:27Et donc, à la fin du vol...
01:28La cire est remplacée, puisqu'on fait l'analogie avec la bougie,
01:33la cire est remplacée par ce carburant qui va réduire le volume de la fusée à terme.
01:38C'est ça ?
01:39C'est ça.
01:40Donc là où, sur un système conventionnel ou classique,
01:42on aurait besoin d'avoir des gros réservoirs lourds qui n'en servent à rien concrètement
01:45une fois qu'on arrive à destination,
01:47on n'est pas là pour envoyer des réservoirs dans l'espace,
01:49pas des réservoirs vides en tout cas.
01:50De notre côté, on supprime le réservoir,
01:52donc on supprime tous les problèmes qui sont associés.
01:54Ça coûte moins cher, on gagne plus de charges utiles,
01:56puisque c'est moins lourd, et on supprime aussi tous les déchets qu'on peut ouvrir en orbite,
02:00puisque tout simplement, on ne fabrique même pas la pièce.
02:02Mais alors, comment vous stockez, parce qu'il faut malgré tout que tout ça soit solide au décollage ?
02:08Comment peut-on en fait consumer quelque chose qui est solide comme ça,
02:12et qui est, on va dire, intègre ?
02:14L'exemple de la bougie, je pense que c'est le meilleur exemple qu'on puisse donner.
02:18Le carburant qu'on utilise, en fait, c'est un plastique.
02:20Donc vraiment quelque chose de la vie de tous les jours.
02:23D'un point de vue chimique, c'est l'équivalent du kérosène, mais sous forme de plastique.
02:26Donc ça brûle avec à peu près la même énergie, ça pollue autant.
02:30Par contre, de notre côté, on a quand même beaucoup plus de choix
02:32sur où est-ce qu'on peut se fournir avec ce plastique.
02:35Donc on a un source recyclé, biosourcé, etc.
02:37Et derrière, le gros avantage, c'est que le kérosène, si on envoie le réservoir,
02:41il se répand au sol, et le plastique, lui, a priori, ça reste une structure solide.
02:44Et donc, avec le système de la bougie, comme vous avez pu le voir dans la vidéo,
02:47et c'est ce qu'on a fait aussi dans nos essais moteurs en mai dernier,
02:50et bien en fait, on consume littéralement la structure elle-même.
02:53Dans le cas des fusées, c'est encore plus flagrant.
02:54Vous pouvez imaginer une fusée qui fait 30 mètres de haut au décollage,
02:56à la fin du vol, comme une bougie qui rétrécit.
02:58Et à la fin du vol, tout ce qui reste, c'est le moteur fusée
03:00et le satellite qu'on voulait envoyer.
03:01Finalement, plus elle sera grande, plus elle pourra aller loin, finalement.
03:04C'est ça, c'est ça.
03:05Donc on a tendance à faire des systèmes qui sont un peu élancés.
03:08Plus rétrécissent, mieux c'est.
03:09Comment vous avez vu cette idée, en fait ?
03:10Alors, quand on a fondé la start-up, ce qu'il faut savoir,
03:12c'est qu'on a fait quand même un an d'avant-projet,
03:15avant de fonder l'entreprise.
03:16Donc c'était fin 2021 et sur toute l'année 2022.
03:19On s'est posé la question.
03:21Bon, il y a cette idée un peu folle.
03:23Au début, ça ne ressemblait pas à ça.
03:24C'était un peu différent.
03:25Puis on a itéré, on a évolué un peu, etc.
03:27On a échangé avec pas mal d'institutions qu'on a en France.
03:30Donc je pensais à l'Honéret et au Lepnes.
03:33Donc voilà, deux grosses institutions en France
03:35sur le domaine de la propulsion fusée.
03:36Et au fur et à mesure, on arrivait à cette idée.
03:38On s'est dit, mais il y a un truc, ça vaut le coup.
03:40On va créer une start-up, on va déposer un brevet.
03:42Et donc aujourd'hui, le brevet est déposé dans plus de 48 pays.
03:46La start-up a été récompensée récemment
03:47pour ses exploiteurs de mai dernier
03:49par un prix d'un million d'euros,
03:51pas tout à fait, 950 000,
03:53de la Commission européenne.
03:54Donc qui reconnaît notre excellence
03:55sur cette technologie de rupture.
03:57Oui, parce que c'est une innovation de rupture.
04:00À l'heure où on évoque les lanceurs
04:01qui sont réutilisables,
04:04vous, vous partez donc de ce concept
04:06qu'un lanceur est utilisable une fois.
04:08En fait, il va se consumer.
04:10C'est ça, si j'ai bien compris ?
04:12C'est un peu différent.
04:13Nous, l'approche qu'on a, c'est plutôt de dire
04:14plutôt que réutiliser un lanceur,
04:15on ne va juste même pas le fabriquer.
04:17Plutôt que construire des structures,
04:18des réservoirs, etc.,
04:19tout ça, c'est extrêmement coûteux.
04:21On va littéralement prendre le carburant.
04:23En tous les cas, une fusée,
04:24pour atteindre l'orbite,
04:25on a besoin de carburant.
04:26Oui, mais dans le lanceur,
04:27il y a un moteur, etc.
04:28Là, le moteur est où, en fait ?
04:29Alors, le moteur est à l'arrière.
04:30Dans la ligne de vue de la bougie,
04:31il faut imaginer qu'à la place
04:32de la petite flamèche de la bougie,
04:33on a le moteur qui vient utiliser ses gaz
04:35et s'en servir pour se propulser.
04:37OK.
04:37Mais vous en êtes où aujourd'hui ?
04:39Vous avez commencé à faire des tests.
04:43Où en êtes-vous ?
04:44Alors, du coup, en mai dernier,
04:46on a réalisé le premier essai autophage
04:47de l'entreprise.
04:48C'était le plus gros moteur autophage
04:49jamais tiré au monde.
04:50Donc, c'est une étape quand même
04:51assez majeure pour l'entreprise.
04:52Alors, vous avez la vidéo à l'écran.
04:55Effectivement, c'est un essai
04:56qui était une étape importante
04:57pour l'entreprise
04:58puisqu'on spécialise en autophage.
04:59Donc, forcément,
04:59c'est un milestone majeur pour nous.
05:02Donc là, ça n'a pas décollé, en fait.
05:04Ça n'a pas décollé.
05:05En général, si ça décolle
05:06sur les essais au sol,
05:07c'est qu'il y a quelque chose
05:08qui s'est mal passé.
05:08Il y a quelque chose
05:09qui s'est mal passé, oui.
05:10C'est clair.
05:10Et donc, avec cet essai,
05:12on a démontré que la technologie
05:12était fonctionnelle.
05:14Et donc, maintenant,
05:15je ne peux pas révéler trop de détails,
05:16mais on a des nouveaux contrats
05:17en plus de la commission
05:18pour avancer sur les prochains essais
05:20sur lesquels on va démontrer
05:20qu'en plus d'être fonctionnel,
05:21c'est performant.
05:23Parce qu'il faut les deux, évidemment,
05:24une fois qu'on arrive dans l'espace
05:25pour nos clients.
05:26Mais alors, j'imagine
05:26que vous imaginez le futur, forcément.
05:29Mais qu'est-ce que vous allez pouvoir lancer
05:30avec cette technologie ?
05:32Des petits satellites ?
05:33Des gros satellites ?
05:34Comment...
05:35Alors...
05:35C'est quoi votre stratégie là-dessus ?
05:37Oui, de notre côté,
05:38on aimerait vraiment rentabiliser au maximum
05:40cette innovation de rupture
05:40et le brevet qu'on a déposé.
05:42Donc, on étudie toutes les applications.
05:43Donc, ça contient aussi
05:45la propulsion par satellite,
05:46qui est l'application à plus court terme.
05:47Donc, nous, on ambitionne de commercialiser.
05:48Et la plus populaire, on va dire.
05:49En tout cas, c'est celle qui a le plus de besoins.
05:52Alors, je ne sais pas
05:53s'il y a le plus de besoins,
05:54mais en tout cas,
05:54elle est plus facile d'accès.
05:55C'est des moteurs fusées
05:56qui sont plus petits,
05:56qui sont d'ailleurs de la même taille
05:57que ceux qu'on a déjà testés.
05:58Donc, pour nous,
05:58il n'y a qu'un pas à faire,
05:59c'est la qualification.
06:00C'est un gros pas à faire quand même.
06:02Qualifier un système
06:03pour fonctionner sur un satellite,
06:04c'est un gros pas à faire,
06:05mais il n'y a plus qu'un pas.
06:06Et donc, c'est pour ça
06:07qu'on ambitionne de commercialiser
06:08dans le satellite
06:08dès l'année prochaine.
06:09Et à plus long terme,
06:11on veut se lancer
06:11sur le segment des lanceurs,
06:13donc les fusées elles-mêmes.
06:14Oula, les moteurs fusées
06:15sont beaucoup plus gros,
06:16donc 150 fois plus gros
06:17que ce qu'on a testé.
06:18Donc, c'est aussi plus conséquent
06:19et plus onéreux.
06:20Par contre, derrière,
06:21le marché est assez lucratif
06:22puisqu'avec notre technologie,
06:23on promet d'utiliser
06:24par 6 les coûts de lancement.
06:26Et donc, on vient se placer
06:27en concurrence directe
06:28avec des très, très gros acteurs
06:29comme SpaceX
06:30sur des segments particuliers
06:31comme les nanosatellites.
06:33Alors, vous êtes basé à Toulouse
06:34et à Naples.
06:34Oui.
06:35Est-ce que cet éclatement géographique
06:39est un plus ou un moins,
06:41à votre avis ?
06:41Je ne sais pas si je dirais
06:42que c'est un éclatement,
06:43mais...
06:43Enfin, un éclatement
06:44dans le sens où vous êtes...
06:45Enfin, voilà, comment ça se passe ?
06:47Vous avez des équipes à Naples,
06:48d'autres à Toulouse ?
06:49Oui, on a deux équipes
06:50qui travaillent sur des sujets différents.
06:51En fait, il y a plein de sous-systèmes,
06:54de sous-parties,
06:54de métiers différents
06:55dans un moteur-fusée.
06:56Il faut faire travailler
06:56beaucoup de choses différentes ensemble.
06:58Et donc, l'équipe à Naples,
06:59notamment, va se focaliser
07:00sur la partie combustion.
07:01Alors, je dis va se focaliser
07:01parce qu'on est actuellement
07:02en train de la construire.
07:04D'accord.
07:04Et donc, pour nous,
07:06sur un domaine aussi important
07:07que la space tech,
07:08de manière générale,
07:09de notre point de vue,
07:10ce n'est pas possible
07:11de le faire sans être européen.
07:13Et donc, c'est pour ça
07:14qu'avoir un bureau à Toulouse,
07:16avoir un bureau à Naples,
07:17donc en Italie,
07:18essayer d'unir le force,
07:19parce qu'on a aussi des partenaires
07:20dans d'autres pays,
07:21au Royaume-Uni.
07:21Donc là, la vidéo que vous voyez,
07:22le satellite,
07:23ce n'est pas nous qui le fabriquons.
07:24Nous, on ne fabrique que
07:25le système de propulsion.
07:26Et donc, c'est notre partenaire
07:27au Royaume-Uni,
07:27Meridian Space Command,
07:28qui fabrique le satellite.
07:30Voilà, dans le cadre
07:31d'un premier contrat
07:32qui a été financé
07:32par l'agence spatiale du Royaume-Uni.
07:33Parce que si vous êtes avec nous
07:34à la radio,
07:35bien évidemment,
07:35sachez qu'à la télé,
07:36on vous montre
07:37un maximum d'images,
07:39pour la plupart 3D,
07:41de vos futurs projets.
07:42Merci beaucoup, Marius.
07:44Merci à vous.
07:44Plein de bonnes choses
07:45pour la suite.
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