00:00Le respect des mots, le respect de la langue me paraît aussi une caractéristique évidente
00:03et donc un impératif au quotidien pour moi.
00:13Les messages sont en général très inspirants, car en général ils sont fondés.
00:18Un des derniers qui m'a été envoyé travaillait sur un mot, la précision d'un mot.
00:23J'avais dit Salah Abdeslam, l'un des derniers survivants des commandos terroristes
00:27et une auditrice à juste titre me dit « attention, survivants c'est pour les victimes,
00:31dites « derniers combattants encore en vie », mais attention à cette confusion linguistique.
00:36Moi qui fais très attention à la langue française et à la précision des termes,
00:39j'ai trouvé ça extrêmement intéressant et ça m'a réinterrogée aussi sur le sens des mots que j'emploie
00:44à l'antenne.
00:48Oui, c'est un impératif tout court de défendre la langue française quand on est journaliste.
00:53On se doit aussi, à partir du moment où nous sommes des relais d'informations, des passeurs d'informations,
00:58de mémoire aussi, d'être très à cheval sur ces questions-là.
01:02Donc moi je m'emploie d'ailleurs au quotidien aussi, je fais attention, j'ai une petite fille de 8
01:06ans,
01:06de lui enseigner le sens des mots, les expressions.
01:11Elle travaille déjà un peu au passé simple et ça je trouve ça formidable,
01:14parce que quand on est journaliste de radio, l'écriture est fondamentale.
01:18Et donc le respect des mots, le respect de la langue me paraît aussi une caractéristique évidente
01:22et donc un impératif au quotidien pour moi.
01:28Notamment par exemple cet adverbe-là peut revenir assez régulièrement,
01:31donc dans le script je vois que j'y reviens et c'est par séquence, si j'ose dire,
01:35il y a des semaines où j'emploie plus cette locution qu'une autre, c'est étonnant.
01:38J'évite les anglicismes parce qu'on est une chaîne publique de radio française,
01:45donc je m'emploie vraiment à être dans le respect et le combat pour la francophonie.
01:50Et puis le langage familier, ça oui, c'est quelque chose qui ne me plaît pas dans la vie d
01:56'abord
01:56et puis à l'antenne encore moins.
02:00J'ai parfois un titre qui ponctue les réponses des invités,
02:05puisque bon, parfois on accepte le silence et parfois il faut le combler un petit peu.
02:09Je dis souvent bien sûr, absolument, en effet, oui, oui.
02:13Donc voilà, bon ça je sais, ce sont un peu mes travers et je gomme.
02:16L'avantage quand on a un petit peu accès à sa voix, au début c'est compliqué,
02:21on n'aime pas sa voix, mais quand ensuite on est obligé de l'accompagner,
02:25on s'entend aussi et on s'entend sur ce qui ne va pas.
02:29Et donc en l'occurrence on arrive à corriger.
02:34J'aime bien la tendresse, parce que c'est ce qui me caractéristique aussi dans ma vie,
02:42parce que la tendresse derrière vient la fraternité tout de même quand même,
02:46parce que bon, je suis d'un naturel optimiste et positif
02:51et donc je me dis qu'en général ce genre de sentiments peuvent sauver pas mal de choses.
02:57Voilà, donc je ne dis pas que c'est un terme journalistique la tendresse,
03:00mais si vous me demandez mon mot préféré de la langue française, c'est sans doute un peu celui-là.
03:07Les anglicismes pour moi c'est à éviter.
03:09Ils existent dans le langage courant, ça fait partie de l'évolution de la langue,
03:12on s'en accommode, mais on a forcément des mots qui font écho en miroir, en français.
03:20Donc c'est parfois une paresse d'esprit quand même,
03:23ou une paresse tout court de verbe, d'employer ces anglicismes-là.
03:28Donc je lutte au quotidien pour ne pas le faire à la radio.
03:31Et j'avoue qu'en fait, dans la vie, je les emploie peu aussi.
03:35C'est mon média préféré, c'est l'instantanéité,
03:40c'est le moment où on est ensemble.
03:43C'est un média de l'intime, un média qui rentre à pas feutrer chez vous,
03:47qui vous accompagne dans les moments de votre vie,
03:50le quotidien, mais aussi les moments de mémoire et d'histoire.
03:53C'est une communauté qui se crée autour de la radio,
03:56qui est un média de fidélité.
03:57Et moi qui ai fait de la télé, qui en fait encore un peu,
04:01j'avoue que j'ai un grand faible pour la radio,
04:04parce que c'est un média extrêmement rigoureux,
04:07et en même temps, oui, intime et personnel.
04:11Il n'y a pas de remplacement à la radio.
04:15Ces grandes voix de conteur, de Christophe Ondelat à Isk Alvi,
04:21ce sont les voix, la voix magnifique de Philippe Gildas,
04:25qui lors de mes années européennes,
04:28là je parle de toutes les radios,
04:30parce que ça fait partie du patrimoine aussi,
04:32m'a complètement emportée,
04:34parce qu'il y avait un ton, parce qu'il y avait une justesse.
04:37Les voix singulières, les voix si vous voulez,
04:39qui détonnent un petit peu,
04:40et qui ne sont pas trop dans le canevas,
04:42dans l'exercice obligé qu'on a.
04:43Nous tous journalistes, dans des journaux,
04:45d'être parfois, on s'emploie à ne pas le faire,
04:49mais parfois un peu formaté.
04:50J'aime bien les voix qui transpirent,
04:53le naturel qui vous accompagne.
04:54J'adore la voix de, de mon avis, Fabienne Synthès,
04:57ici à l'antenne.
04:58Je pourrais en citer beaucoup,
04:59mais des voix qui ont un timbre particulier,
05:02un accompagnement particulier,
05:03puis un rythme particulier, ça j'aime beaucoup.
05:05Sous-titrage Société Radio-Canada
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