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  • il y a 10 heures
Ce mardi 17 mars, la résilience relative du marché dans le contexte international, ainsi que le renforcement des marchés capitaux en Europe, ont été abordés par Stéphane Boujnah, président du directoire d'Euronext, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00On va faire un petit détour du côté de la conférence annuelle d'Euronext avec Guillaume Paul qui a interrogé
00:06il y a quelques minutes Stéphane Bougenat,
00:08le président du directoire d'Euronext, pour revenir notamment sur l'union des marchés de capitaux.
00:13Avec Stéphane Bougenat, le président du directoire et directeur général d'Euronext. Bonjour Monsieur Bougenat.
00:17Bonjour.
00:17Merci de nous accueillir ici lors de la 14e conférence annuelle d'Euronext.
00:21D'abord une question sur la situation actuelle de marché.
00:24Est-ce que vous êtes étonné de la relative résilience des marchés dans ce contexte international plus que trouble aujourd
00:28'hui ?
00:29Non, parce qu'à ce stade, la crise que nous traversons est circonscrite géographiquement, circonscrite sur une classe d'actifs
00:35qui sont les hydrocarbures.
00:36Il y a bien sûr une connexion qui peut créer des effets sur le reste de l'économie.
00:42On l'a vu sur l'agriculture à travers le prix des engrais, le prix des entrants en général.
00:48Donc il faut être prudent.
00:49Mais à ce stade, il n'y a pas de rotation d'actifs qui va au-delà de la rotation
00:54d'actifs qu'on peut trouver dans le transport aérien,
00:56dans le tourisme, dans la chimie.
01:01Et donc pour le moment, le monde, les investisseurs font le pari d'une crise circonscrite et courte.
01:09Et courte surtout, c'est ça qui ressemble ?
01:10Oui, bien sûr. Parce qu'évidemment, si les prix des hydrocarbures devraient rester durablement à ce niveau-là,
01:15et les approvisionnements en entrants et en engrais durablement interrompus, les choses pourraient devenir plus compliquées.
01:22Mais à ce stade, ce que disent les prix des actifs, c'est la perspective d'une crise circonscrite dans
01:31le temps et dans l'espace.
01:32Il y a une inquiétude aussi en ce moment qui concerne la dette privée avec l'éternelle question de la
01:36bulle.
01:36La bulle est-elle là ? La bulle est-elle en train de se dégonfler ?
01:38On a vu récemment des mouvements du côté de BlackRock, de Bluehole, des grands acteurs. Qu'est-ce que ça
01:42vous inspire ?
01:43Une bulle qui se dégonfle, ce n'est pas très grave. Une bulle qui éclate, c'est plus compliqué.
01:47Donc on a clairement une situation qui montre que la performance de ces actifs ne sera pas celle qui a
01:54été promise.
01:54Voilà, c'est ce qui explique les comportements des différents acteurs que vous avez cités, qui ferment la fameuse gate
02:00et qui disent aux investisseurs
02:02« Nous ne pourrons pas délivrer le retour que nous avions promis et donc nous essayons de gérer la décrue.
02:08»
02:08Donc oui, il y a une situation difficile sur ces actifs. Le monde découvre que prêter de l'argent, c
02:15'est un métier.
02:17Et prêter de l'argent, c'est bien sûr. C'est pricer, c'est donner un prix à trois choses.
02:21Le prix de la liquidité, le prix du capital et le prix du risque.
02:24Et donc quand on pense qu'on a accès à de la liquidité et qu'on a accès à du
02:27capital de manière abondante,
02:30on peut s'exonérer de ce métier très particulier qui est de donner un prix au risque.
02:35Et le métier de prendre des risques, c'est le métier de la banque commerciale.
02:39C'est un métier très compliqué qui repose sur beaucoup de procédures, aussi d'intuition et de connaissances intimes des
02:46secteurs.
02:46Et c'est un métier que font les banques au mieux qu'elles peuvent.
02:50Et c'est un métier différent et que de nouveaux entrants ont essayé de faire, parfois avec succès.
02:54Mais quand la performance des actifs sous-jacents des emprunteurs devient plus incertaine,
02:59ou est remise en cause par des événements technologiques,
03:02comme l'intelligence artificielle qui fait son éruption chez beaucoup de ces emprunteurs,
03:07eh bien il y a des chocs.
03:09Et donc tout le monde n'est pas équipé pour gérer des chocs quand l'analyse du risque a été
03:13un peu hasardeuse.
03:15Un mot, parce qu'on va beaucoup en parler aujourd'hui à l'occasion de cette conférence,
03:19des questions liées au marché, l'union des marchés de capitaux.
03:22Vous avez vu qu'il y a quelques semaines, les Européens à Bruxelles, alors c'était un accord non écrit,
03:26se sont donné pour principe d'accélérer, de poser la dernière pierre du marché unique européen
03:31dans trois domaines stratégiques.
03:32Ils ont parlé des télécoms, ils ont parlé de l'énergie et ils ont parlé des capitaux.
03:35Est-ce que pour vous c'est une bonne idée d'asséner comme ça une date à fin 2027, puisque
03:39c'est la date qui nous ont essayé ?
03:40C'est la méthode qui a été utilisée à chaque fois pour les grandes aventures.
03:46Delors l'a fait.
03:46Delors l'a fait et c'est la seule manière de réussir.
03:49On a beaucoup de gens dans la machinerie européenne qui sont des managers de process institutionnels.
03:55Ce qui nous manque ce sont des leaders de transformation.
03:58Il semble qu'on ait pour le moment l'émergence de vrais leaders de transformation.
04:02Il y a deux choses très intéressantes qui se sont produites au cours des derniers mois et notamment des dernières
04:05semaines.
04:06La première c'est Mme Maria-Louise Albuquerque, la commissaire en charge des services financiers,
04:11qui a produit au mois de décembre un papier plus ambitieux que jamais,
04:15avec des propositions plus ambitieuses que celles qui ont été produites depuis dix ans.
04:19Et ça c'est sur la table du Conseil et ça c'est sur la table du Parlement.
04:22Et c'est vraiment très enthousiasmant parce qu'il y a beaucoup d'énergie et d'ambition.
04:26Elle le dit elle-même, quand on a des ambitions modestes, on a des résultats au mieux modestes.
04:30Et le deuxième développement qui est beaucoup plus intéressant encore, c'est la semaine dernière,
04:35les six ministres des finances des Pays-Bas, de la France, de l'Allemagne, de l'Italie, de l'Espagne,
04:40de la Pologne,
04:40qui représentent tous ensemble 72% du PNB européen et 70% de la population d'Europe,
04:46qui ont dit avant la fin de l'année 2026, on veut un accord politique complet sur tous les éléments
04:50du paquet de l'Union pour l'épargne et l'investissement.
04:54Donc je crois que les choses changent, s'accélèrent.
04:57C'est la première fois que je vois un momentum comparable à celui qui a pu exister autrefois,
05:01quand Jonathan Hill était le commissaire britannique à l'Union des marchés de capitaux.
05:05Alors c'était la dernière question que je voulais vous poser.
05:06Est-ce qu'il faut y aller ? Est-ce qu'il faut faire cette union, quitte à y aller,
05:09en passant en force,
05:10sans l'accord de quelques récalcitrants, pays dont la fiscalité évidemment est avantageuse,
05:14je pense au Luxembourg, à l'Irlande notamment ?
05:16Non mais je crois que cette orientation est claire.
05:18Les six pays de ce groupe pionnier ont décidé de faire les choses.
05:22Ils vont essayer de le faire à 27.
05:24S'ils n'arrivent pas à 27, ils essaieront de le faire dans le cadre d'une coopération renforcée au
05:29-delà de 9.
05:30Et si on n'y arrive pas à au-delà de 9, il faudra trouver des solutions ad hoc, multilatérales.
05:34Mais il est clair qu'un grand nombre de pays qui fabriquent de la finance
05:39ne veulent plus être ralentis par celui qui avance le moins vite.
05:43Et ça sera là des grands messages aujourd'hui à René.
05:45C'est pour ça que le thème de la journée, c'est renforcer les marchés de capitaux en Europe maintenant.
05:50Merci beaucoup Stéphane Bouchner.
05:52Merci à vous.
05:53Merci beaucoup.
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