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  • il y a 3 heures
Ce lundi 16 mars, Claire Dissaux, responsable des études macroéconomiques du Groupe AXA, a abordé la priorité à l'Asie pour les réserves stratégiques de pétrole de l'AIE, ainsi que les banques centrales attendues au tournant avec leur politique monétaire, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00BFM Bourse, l'éco du monde.
00:03Le conflit au Moyen-Orient entre dans sa troisième semaine.
00:06Le pétrole campe toujours pour le Brent au-dessus des 100 dollars.
00:09Chaque jour de conflit supplémentaire renchérit un peu plus le coût de cette guerre pour l'économie mondiale.
00:15Claire Disso est avec nous, responsable des études macroéconomiques du groupe AXA.
00:18Bonjour Claire.
00:19Bonjour.
00:20A bien nous retrouver.
00:20Sur les réserves stratégiques qu'elle annonce libérées, donc 400 millions de barils,
00:24l'Agence internationale de l'énergie annonce que sur ces réserves stratégiques, la priorité sera donnée à l'Asie.
00:30La Résie aura un accès prioritaire et dans un second temps, à la fin du mois,
00:34l'Europe à son tour pourra accéder, utiliser les réserves stratégiques de l'Agence internationale de l'énergie.
00:38Ça veut dire qu'il y a une urgence aujourd'hui sur l'Asie.
00:41On en est où de l'impact de cette guerre au Moyen-Orient pour l'économie asiatique ?
00:45Claire ?
00:46Oui, alors l'Asie est effectivement un gros consommateur de pétrole et de gaz et un gros importateur.
00:52Donc essentiellement la Chine, le Japon, l'Inde, la Corée et Taïwan sont très dépendants de leurs importations énergétiques pour
00:59leur croissance.
01:00Donc il n'y a pas urgence dans la mesure où il n'y a pas en tout cas un
01:03danger manifeste pour le Japon, la Chine ou la Corée parce qu'ils ont des réserves.
01:08Donc les réserves stratégiques pour le Japon, c'est à peu près 250 jours, à peu près 100 jours pour
01:14la Chine.
01:14Il y a aussi des réserves en Corée.
01:15Mais il y a une plus grande vulnérabilité de l'Inde qui importe essentiellement du Moyen-Orient le pétrole qu
01:22'elle utilise.
01:23Cette dépendance, elle est aussi vraie par rapport aux importations de gaz.
01:27Et là, c'est vrai que c'est un impact pour l'activité qui peut être très fort si jamais
01:31il y a des pénuries ou des hausses de prix trop fortes,
01:34puisque leur consommation d'électricité, que ce soit en Taïwan ou en Corée par exemple, dépend beaucoup de l'utilisation
01:40du gaz.
01:41Donc on a déjà vu des mesures de rationnement de l'industrie, des consommateurs ou de restrictions aux exportations pour
01:48ces produits énergétiques,
01:50étant donné la dépendance de l'Asie à l'énergie.
01:53Claire, il va y avoir une semaine extrêmement riche en événements banque centrale.
01:59Beaucoup de volatilité sans doute, étant donné qu'on attend beaucoup de ces réunions, des commentaires des gouverneurs.
02:05Qu'est-ce que vous anticipez ?
02:07Même s'il y a beaucoup de réunions de banque centrale, il y aura sans doute peu d'actions.
02:11Donc pour ces banques centrales, il est urgent d'attendre, car il y a très peu de visibilité sur ce
02:15choc énergétique.
02:16Donc ce qui est important pour une banque centrale, c'est la durée et la sévérité de ce choc.
02:20Pour l'instant, le marché parie sur un conflit plutôt court, si on regarde le marché des prix futurs pour
02:25le pétrole ou pour le gaz,
02:27mais il n'y a pas de certitude.
02:28Donc si on regarde d'abord la BCE, la BCE a un objectif d'inflation.
02:32Donc le marché anticipe qu'elle devra monter ses taux, mais ce ne sera évidemment pas validé par Christine Lagarde,
02:40car on ne connaît pas en fait l'issue du conflit.
02:43S'il est court, il peut y avoir une hausse très temporaire de l'inflation, contre laquelle la banque centrale
02:48n'a pas besoin de réagir.
02:49Ça dépend vraiment, entre banque centrale, du point initial.
02:53La BCE est à un taux neutre, donc contrairement à la Fed qui est encore dans une position modérément restrictive.
02:59Donc il y a plus de risques, non seulement à cause de son objectif d'inflation pour la Fed, pour
03:03la BCE, de monter ses taux,
03:05mais aussi parce qu'elle est déjà au neutre.
03:07Donc Christine Lagarde aura sans doute du mal à dissiper ses anticipations de hausse de taux,
03:12même si elles peuvent paraître excessives, parce que le risque, c'est étant donné notre dépendance au gaz et au
03:17pétrole pour notre croissance,
03:19il y a un impact inflationniste très net et qui pourrait forcer effectivement la banque centrale à défendre sa crédibilité,
03:26à lutter contre des anticipations en hausse de l'inflation.
03:29Mais tout ça est prématuré, donc ce sera plutôt un exercice d'analyse de scénario de risque,
03:34tant qu'on n'a pas de visibilité sur la durée du conflit.
03:37Pour la Fed, c'est très différent.
03:38On attend aussi le discours des banquiers centraux, pas que sur les impacts de ce conflit, sur le crédit privé
03:42quand même,
03:42parce qu'on a un certain nombre de fonds sur lesquels les retraits sont gelés, là désormais, sur ce marché
03:46du crédit privé,
03:47qui n'est pas un marché gigantesque, mais on sait que souvent les crises financières viennent parfois de petites étincelles.
03:52Que pourraient dire les banquiers centraux sur ce qui est en train d'arriver au marché du crédit privé ?
03:56Je ne pense pas que ce soit une préoccupation majeure de la Fed.
03:59Oui, il y a des retraits aux États-Unis.
04:02Tant que cela ne devient pas un problème de liquidité majeure,
04:05ça n'entre pas en ligne de compte en termes d'impact sur la banque centrale en termes de politique
04:11monétaire.
04:11C'est un sujet de stabilité financière potentiellement, mais là encore, on ne voit pas de signes suffisamment graves.
04:18Donc ce sera une des questions sans doute dans la conférence de presse,
04:21mais pas un élément prioritaire du débat de la Banque centrale,
04:25qui va vraiment regarder le risque sur le chômage par rapport au risque sur l'inflation.
04:29Et là encore, comme les risques vont dans deux sens opposés,
04:33elle sera certainement confortable à étendre sa pause, une pause qu'elle a commencée en décembre,
04:36qui risque de se prolonger jusqu'à septembre par exemple.
04:39Voilà un petit peu d'anticipation avant les banquiers centraux cette semaine.
04:41L'embouteillage de décisions politiques monétaires.
04:43Toutes les banques centrales du G7 vont annoncer leurs décisions.
04:46C'est un statu quo qui est attendu globalement.
04:49Il y aura aussi la Banque d'Australie, la Banque Nationale Suisse.
04:51Merci Claire de nous avoir accompagnés.
04:52Claire Disso, responsable des études macro du groupe AXA.
04:55Merci.
04:55Merci.
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