00:00BFM Bourse, l'éco du monde.
00:03Le conflit au Moyen-Orient entre dans sa troisième semaine.
00:06Le pétrole campe toujours pour le Brent au-dessus des 100 dollars.
00:09Chaque jour de conflit supplémentaire renchérit un peu plus le coût de cette guerre pour l'économie mondiale.
00:15Claire Disso est avec nous, responsable des études macroéconomiques du groupe AXA.
00:18Bonjour Claire.
00:19Bonjour.
00:20A bien nous retrouver.
00:20Sur les réserves stratégiques qu'elle annonce libérées, donc 400 millions de barils,
00:24l'Agence internationale de l'énergie annonce que sur ces réserves stratégiques, la priorité sera donnée à l'Asie.
00:30La Résie aura un accès prioritaire et dans un second temps, à la fin du mois,
00:34l'Europe à son tour pourra accéder, utiliser les réserves stratégiques de l'Agence internationale de l'énergie.
00:38Ça veut dire qu'il y a une urgence aujourd'hui sur l'Asie.
00:41On en est où de l'impact de cette guerre au Moyen-Orient pour l'économie asiatique ?
00:45Claire ?
00:46Oui, alors l'Asie est effectivement un gros consommateur de pétrole et de gaz et un gros importateur.
00:52Donc essentiellement la Chine, le Japon, l'Inde, la Corée et Taïwan sont très dépendants de leurs importations énergétiques pour
00:59leur croissance.
01:00Donc il n'y a pas urgence dans la mesure où il n'y a pas en tout cas un
01:03danger manifeste pour le Japon, la Chine ou la Corée parce qu'ils ont des réserves.
01:08Donc les réserves stratégiques pour le Japon, c'est à peu près 250 jours, à peu près 100 jours pour
01:14la Chine.
01:14Il y a aussi des réserves en Corée.
01:15Mais il y a une plus grande vulnérabilité de l'Inde qui importe essentiellement du Moyen-Orient le pétrole qu
01:22'elle utilise.
01:23Cette dépendance, elle est aussi vraie par rapport aux importations de gaz.
01:27Et là, c'est vrai que c'est un impact pour l'activité qui peut être très fort si jamais
01:31il y a des pénuries ou des hausses de prix trop fortes,
01:34puisque leur consommation d'électricité, que ce soit en Taïwan ou en Corée par exemple, dépend beaucoup de l'utilisation
01:40du gaz.
01:41Donc on a déjà vu des mesures de rationnement de l'industrie, des consommateurs ou de restrictions aux exportations pour
01:48ces produits énergétiques,
01:50étant donné la dépendance de l'Asie à l'énergie.
01:53Claire, il va y avoir une semaine extrêmement riche en événements banque centrale.
01:59Beaucoup de volatilité sans doute, étant donné qu'on attend beaucoup de ces réunions, des commentaires des gouverneurs.
02:05Qu'est-ce que vous anticipez ?
02:07Même s'il y a beaucoup de réunions de banque centrale, il y aura sans doute peu d'actions.
02:11Donc pour ces banques centrales, il est urgent d'attendre, car il y a très peu de visibilité sur ce
02:15choc énergétique.
02:16Donc ce qui est important pour une banque centrale, c'est la durée et la sévérité de ce choc.
02:20Pour l'instant, le marché parie sur un conflit plutôt court, si on regarde le marché des prix futurs pour
02:25le pétrole ou pour le gaz,
02:27mais il n'y a pas de certitude.
02:28Donc si on regarde d'abord la BCE, la BCE a un objectif d'inflation.
02:32Donc le marché anticipe qu'elle devra monter ses taux, mais ce ne sera évidemment pas validé par Christine Lagarde,
02:40car on ne connaît pas en fait l'issue du conflit.
02:43S'il est court, il peut y avoir une hausse très temporaire de l'inflation, contre laquelle la banque centrale
02:48n'a pas besoin de réagir.
02:49Ça dépend vraiment, entre banque centrale, du point initial.
02:53La BCE est à un taux neutre, donc contrairement à la Fed qui est encore dans une position modérément restrictive.
02:59Donc il y a plus de risques, non seulement à cause de son objectif d'inflation pour la Fed, pour
03:03la BCE, de monter ses taux,
03:05mais aussi parce qu'elle est déjà au neutre.
03:07Donc Christine Lagarde aura sans doute du mal à dissiper ses anticipations de hausse de taux,
03:12même si elles peuvent paraître excessives, parce que le risque, c'est étant donné notre dépendance au gaz et au
03:17pétrole pour notre croissance,
03:19il y a un impact inflationniste très net et qui pourrait forcer effectivement la banque centrale à défendre sa crédibilité,
03:26à lutter contre des anticipations en hausse de l'inflation.
03:29Mais tout ça est prématuré, donc ce sera plutôt un exercice d'analyse de scénario de risque,
03:34tant qu'on n'a pas de visibilité sur la durée du conflit.
03:37Pour la Fed, c'est très différent.
03:38On attend aussi le discours des banquiers centraux, pas que sur les impacts de ce conflit, sur le crédit privé
03:42quand même,
03:42parce qu'on a un certain nombre de fonds sur lesquels les retraits sont gelés, là désormais, sur ce marché
03:46du crédit privé,
03:47qui n'est pas un marché gigantesque, mais on sait que souvent les crises financières viennent parfois de petites étincelles.
03:52Que pourraient dire les banquiers centraux sur ce qui est en train d'arriver au marché du crédit privé ?
03:56Je ne pense pas que ce soit une préoccupation majeure de la Fed.
03:59Oui, il y a des retraits aux États-Unis.
04:02Tant que cela ne devient pas un problème de liquidité majeure,
04:05ça n'entre pas en ligne de compte en termes d'impact sur la banque centrale en termes de politique
04:11monétaire.
04:11C'est un sujet de stabilité financière potentiellement, mais là encore, on ne voit pas de signes suffisamment graves.
04:18Donc ce sera une des questions sans doute dans la conférence de presse,
04:21mais pas un élément prioritaire du débat de la Banque centrale,
04:25qui va vraiment regarder le risque sur le chômage par rapport au risque sur l'inflation.
04:29Et là encore, comme les risques vont dans deux sens opposés,
04:33elle sera certainement confortable à étendre sa pause, une pause qu'elle a commencée en décembre,
04:36qui risque de se prolonger jusqu'à septembre par exemple.
04:39Voilà un petit peu d'anticipation avant les banquiers centraux cette semaine.
04:41L'embouteillage de décisions politiques monétaires.
04:43Toutes les banques centrales du G7 vont annoncer leurs décisions.
04:46C'est un statu quo qui est attendu globalement.
04:49Il y aura aussi la Banque d'Australie, la Banque Nationale Suisse.
04:51Merci Claire de nous avoir accompagnés.
04:52Claire Disso, responsable des études macro du groupe AXA.
04:55Merci.
04:55Merci.
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