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00:07A la suite de notre émission spéciale ce soir face à la menace russe, comment la France se prépare.
00:11Notre invité ce soir est candidat renaissance à l'élection présidentielle, ancien Premier ministre.
00:15Bonsoir Gabriel Attal.
00:16Bonsoir Maxime Switek.
00:17Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation.
00:19A quel point la Russie nous menace-t-elle ce soir ?
00:21Vous étiez à la Réunion dans cette fameuse salle de crise Vega au tout début de ce week-end.
00:27Vous allez nous raconter ce que vous pouvez nous dire sur ce qu'il s'est dit dans cette réunion.
00:30Quelle attitude avoir face à Poutine ?
00:32Quelle riposte doit avoir la France ?
00:33On va en parler avec vous.
00:34Je vous pose toutes ces questions dans une seconde.
00:36D'abord ce soir, évidemment, question incontournable.
00:40Regardez où nous en sommes sur le front des carburants.
00:43Le sans-plomb est à 2,17€, le gazo à 2,41€.
00:46Et le gouvernement doit donc annoncer de nouvelles aides demain.
00:50C'est aussi lié à la situation internationale évidemment.
00:53Hormuz et la Russie.
00:55Que doit annoncer demain le gouvernement ?
00:57Que peut annoncer demain le gouvernement selon vous ?
00:59D'abord, c'est immédiatement lié à la situation internationale.
01:02Ce qui explique l'explosion des prix de l'essence aujourd'hui,
01:05c'est que vous avez un conflit en Iran, le détroit d'Hormuz qui est fermé,
01:09donc le prix du baril d'essence qui explose et les prix à la pompe qui explosent.
01:13Et vous avez beaucoup de Français aujourd'hui qui sont pris à la gorge
01:16par cette hausse des prix de l'essence.
01:18Moi, ce qui me préoccupe le plus,
01:20et évidemment ceux, je crois, sur qui on doit cibler notre soutien,
01:23c'est les Français qui travaillent,
01:25qui doivent utiliser leur voiture pour aller travailler
01:28et qui ne gagnent pas suffisamment pour pouvoir encaisser
01:31cette hausse des prix du carburant.
01:33Moi, je défends la logique d'un soutien ciblé sur ces Français qui travaillent.
01:38Il y a un dispositif qui a été mis en place par le gouvernement.
01:40Il faut évidemment le prolonger.
01:42Il faut par ailleurs faire en sorte que les Français qui y ont droit,
01:45qui n'y ont pas eu recours, puissent y avoir recours.
01:48Je crois qu'il y a un million et demi de Français qui ont droit à cette aide
01:50qui ne l'ont pas demandé, probablement parce qu'ils ne sont pas informés qu'elle existe.
01:53Et donc, je crois que le gouvernement, l'État,
01:56pourrait écrire aux Français dont on estime qu'ils pourraient être éligibles
02:00pour les informer sur cette aide, pour qu'ils puissent la demander.
02:02Et enfin, il y a un dispositif qui existe par ailleurs,
02:05c'est pour les employeurs de pouvoir apporter une aide financière temporaire
02:09sans charge, sans impôt à leurs salariés.
02:12Les employeurs sont ceux qui connaissent le mieux la situation de leurs salariés,
02:14qui doit utiliser sa voiture pour venir bosser,
02:17qui a les salaires les plus faibles.
02:18Mais Gabriel Attal, il y a une vraie crise sociale,
02:20il y a une vraie attente.
02:21Si demain, le gouvernement, et visiblement on en prend le chemin,
02:24n'annonce pas une baisse des taxes,
02:25vous ne craignez pas justement que ça renforce la colère ?
02:28Vous savez...
02:29La baisse de taxes, c'est compréhensible par tout le monde,
02:30c'est immédiat et on n'en parle plus.
02:31Bien sûr, et comme les autres candidats à l'élection présidentielle,
02:35comme ceux qui ne sont pas aux manettes aujourd'hui,
02:39la chose la plus simple pour moi, la plus populaire sans doute,
02:41mais aussi la plus politicienne,
02:43ce serait de venir sur votre plateau,
02:44vous expliquer qu'il faut baisser toutes les taxes.
02:47La réalité, malheureusement, c'est que ça n'est pas ni possible,
02:51à mon sens, ni souhaitable.
02:53Pas possible parce que financièrement,
02:55évidemment on est dans une situation qui est extraordinairement tendue
02:58sur les finances publiques.
02:58Mais ça c'est aussi de votre responsabilité.
03:00Mais au-delà de ça, avec une situation qui s'est beaucoup dégradée
03:02depuis la dissolution il y a deux ans,
03:04et aussi parce que, si vous faites ça,
03:07le français de classe moyenne ou de classe populaire
03:09qui travaille, qui paye des impôts,
03:11ces impôts vont aussi servir à payer une aide
03:13et à baisser des taxes pour des personnes
03:14qui gagnent beaucoup, qui roulent en 4-4
03:16et qui n'ont pas forcément besoin d'être soutenus
03:18par les impôts des français.
03:19Et les français savent par ailleurs que dans une situation
03:22comme celle-là, ce qu'on vous donne d'une main,
03:24on peut aussi, bien souvent malheureusement,
03:26vous la reprendre de l'enfant.
03:26C'est pareil avec les chèques.
03:27Ce que peuvent faire l'Allemagne, l'Italie, l'Espano-Voisin,
03:29la République chèque ce soir annonce qu'elle va bloquer
03:31les prix du carburant, qu'elle va taxer les raffineurs,
03:34nous on ne peut pas.
03:34Mais ce que je suis en train de vous dire,
03:36c'est qu'on n'a pas la même situation de finances publiques
03:37que ces pays.
03:38J'aimerais pouvoir vous dire l'inverse.
03:40Et je n'aimerais pas vous mentir,
03:42comme le font un certain nombre de candidats,
03:44de manière très politicienne.
03:45Encore une fois, je ne suis pas au gouvernement depuis deux ans,
03:48je suis candidat à l'élection présidentielle.
03:49La chose la plus populaire et la plus simple,
03:51ce serait de venir vous dire, bien sûr,
03:52il faut baisser toutes les taxes.
03:53Encore une fois, on n'est pas dans la même situation
03:55que les pays qui nous entourent.
03:57Et la deuxième chose, c'est que ça ne me semble pas
03:58être la mesure la plus juste.
03:59Pour moi, le plus juste, c'est d'accompagner
04:01ces Français dont on parle trop peu,
04:03qui sont ces Français qui bossent,
04:04qui se lèvent tous les matins pour aller travailler,
04:06qui ont besoin d'utiliser leur voiture
04:07et qui ne gagnent pas suffisamment pour s'en sortir tout seuls.
04:10Il faut les accompagner de manière ciblée.
04:14– Vous acceptez une part de responsabilité
04:17dans le fait qu'on n'ait plus de marge de manœuvre aujourd'hui ?
04:18– Je vais vous dire, tous ceux qui ont été aux responsabilités
04:20non seulement ces dernières années, mais ces dernières décennies
04:22ont une part de responsabilité.
04:24La dernière fois qu'un budget a été voté à l'équilibre en France,
04:27je crois que ça remonte à 40 ans.
04:28– 74.
04:29– Voilà, donc la réalité, c'est celle-là.
04:31Par ailleurs, vous avez des pays qui aujourd'hui
04:33prennent ces mesures, qui ont un modèle social
04:36qui est moins généreux que le nôtre.
04:37C'est aussi la réalité.
04:38En France, on a fait un choix depuis très longtemps
04:40qui est d'avoir un modèle social très généreux.
04:43Et ce qui est vrai, c'est que quand vous êtes face
04:44à une crise comme celle-ci, vous avez moins de marge de manœuvre
04:47pour accompagner.
04:48C'est aussi une des raisons pour lesquelles, d'ailleurs,
04:49je défends des mesures pour avoir un modèle social
04:52qui continue à accompagner et qui coûte moins cher.
04:54– Gabriel Attal, j'en viens à la menace russe.
04:56C'est le thème de notre soirée spéciale sur BFM TV.
04:59Regardez cette photo, vous y étiez.
05:00C'était vendredi, c'était à l'Élysée,
05:02c'était dans la salle de crise qu'on appelle Vega.
05:04La photo va apparaître, Emmanuel Macron
05:06qui réunit les candidats à l'élection présidentielle
05:08ou leurs représentants.
05:10Voilà pour ces photos.
05:12Avec ce message du président, ces dernières semaines,
05:15la menace hybride russe à l'égard des Européens
05:17et de la France est intensifiée.
05:18Menace, agressivité, l'attitude des Russes a changé.
05:22Qu'est-ce que vous avez appris, vous,
05:24pendant cette réunion ?
05:25On a eu une présentation par les services de sécurité
05:27qui étaient présents par ailleurs,
05:29des GSE, des GSI, la direction de l'énergie également.
05:32Parce qu'on a aussi beaucoup parlé de l'évolution des prix du carburant,
05:35l'évolution du prix du baril et des perspectives en Iran
05:38pour les mois à venir.
05:40Ça a permis d'avoir un état des lieux de la situation,
05:43tant sur le volet iranien que sur le volet ukrainien.
05:46– Et est-ce que sur le volet ukrainien, ukraino-russe,
05:50dont on parle beaucoup ce soir sur cette menace russe,
05:52vous avez été saisis, comme d'autres participants à cette réunion, d'un vertige ?
05:56– Non.
05:57Non, je crois qu'on est tous concernés par la situation,
06:00lucides sur l'état de la situation.
06:03Je ne parlerai pas de vertige,
06:04parce que par ailleurs, je considère qu'on est un grand pays,
06:06qu'on peut avoir confiance en notre pays,
06:08qu'on a une grande armée, une grande diplomatie,
06:10de grands services de sécurité,
06:11et surtout qu'on a les cartes en main en France et en Europe
06:14pour défendre nos intérêts.
06:16Et défendre nos intérêts, c'est évidemment défendre l'Ukraine aujourd'hui.
06:19– Juste un mot de coulisse, comment ça se passe pendant la réunion ?
06:20Ça débat ? Ça échange ? Ça pose des questions ?
06:22Qu'est-ce qui se passe ?
06:23– Vous avez une présentation par les services de sécurité qui sont présents,
06:27et ensuite, les différents participants peuvent poser des questions.
06:30– Est-ce que vous avez le sentiment qu'on est prêt ?
06:32– J'ai le sentiment qu'on est, encore une fois, un grand pays,
06:35et qu'il n'y a pas de raison de céder à une forme de panique ou de tétanie.
06:39Ce qui compte, c'est de tenir nos nerfs, c'est d'être fort.
06:42Parce que Vladimir Poutine ne comprend que ça.
06:45Tenir nos nerfs et être fort.
06:47Et ensuite, il y a une situation qui évolue,
06:49et donc, on doit évidemment tenir compte de ces évolutions et nous adapter.
06:54– Je voudrais qu'on écoute deux candidats à l'élection présidentielle
06:58et un allié de Marine Le Pen, Éric Ciotti, Fabien Roussel, Ségolène Royal.
07:03Voilà ce qu'ils disent après cette réunion à l'Élysée vendredi.
07:07– La menace russe, nous la connaissons.
07:11Il ne faut pas la négliger, elle est là.
07:14Elle n'est pas nouvelle.
07:15Depuis la Seconde Guerre mondiale, nous sommes confrontés à cette menace russe.
07:21Il n'y a aucun élément supplémentaire.
07:24Tout ça était quand même un peu surjoué.
07:26– C'est incroyable que l'Union européenne, la France ou une coalition de pays européens
07:31soient dans l'incapacité aujourd'hui d'avoir un dialogue avec les deux parties
07:36pour les mettre autour de la table.
07:38Et c'est ça qui est dramatique.
07:40La France, l'Union européenne, est complètement passive, soumise dans ce conflit
07:46et nous en payons aujourd'hui les conséquences.
07:49– C'est une opération de communication.
07:51– Pourquoi ?
07:51– Regardez ce qui se passe, ce que les Français subissent aujourd'hui.
07:54Et là, on n'est pas convoqués, le chef de l'État ne s'explique pas.
07:58Donc effectivement, il y a toujours une mise en scène sur l'international
08:00parce que ça redonne de la stature.
08:02Mais la France est dans un état de déclin, mais d'une tristesse infinie.
08:08– Une part de mise en scène, une opération de com'.
08:11– Non mais moi, je serais prêt à entendre ces discours
08:13si la France était la seule à rehausser son niveau de vigilance.
08:16Et regardez, partout en Europe, tous les pays rehaussent leur niveau de vigilance.
08:19Même la Suisse l'a annoncé sur un communiqué récemment.
08:23Ensuite, tout est lié.
08:25Moi, je ne crois pas qu'on puisse opposer la situation internationale
08:28à la vie quotidienne des Français.
08:30Les Français voient que la guerre est rentrée dans leur portefeuille.
08:32Et que si aujourd'hui, les prix du carburant explosent,
08:36c'est parce qu'il y a une situation de guerre en Iran
08:38et la fermeture du détroit d'Hormuz.
08:40Donc les deux sont liés.
08:41Évidemment, tout ce qu'on peut faire et tout ce qu'on fait
08:43sur la situation internationale pour être force pacificatrice, médiatrice,
08:48évidemment qu'on le fait aussi pour protéger les Français dans leur vie quotidienne.
08:51Vous savez, moi, ce qui me mobilise matin, midi et soir,
08:53la seule chose qui m'intéresse, c'est l'intérêt de la France et des Français.
08:56L'intérêt des Français le matin, l'intérêt des Français le midi,
09:00l'intérêt des Français le soir.
09:01Eh bien, l'intérêt des Français aujourd'hui,
09:03c'est évidemment de poursuivre notre soutien à l'Ukraine
09:05et même de l'amplifier.
09:07Parce que si l'Ukraine tombe, on le sait très bien,
09:09c'est l'Union Européenne qui vient ensuite.
09:11Et ça nous emmènera évidemment dans un engrenage dont on ne veut pas.
09:13On va en parler dans un instant avec Elza Vidal et Élise Gosset
09:17de cette riposte, la manière dont on peut riposter,
09:19se tenir face à Poutine.
09:21Mais d'abord, vous, qu'est-ce que vous craignez comme scénario ?
09:22Quand on parle de menaces russes, qu'est-ce que vous, vous craignez ?
09:25Quand on est président, candidat à la présidentielle,
09:28on anticipe, on imagine des scénarios.
09:30Sur quels scénarios vous bossez avec vos équipes ?
09:31Je vais vous dire, le scénario que je redoute le plus,
09:33c'est la perte de confiance.
09:35La perte de confiance en nous-mêmes,
09:37la perte de confiance en nos forces.
09:39Si l'Ukraine résiste héroïquement
09:41depuis le début de l'agression russe en 2022,
09:44c'est parce qu'ils ont une force incroyable
09:46et c'est aussi parce qu'on les soutient.
09:47Vous avez peur qu'on n'ait pas cette force-là en nous ?
09:49Moi, ma crainte, encore une fois,
09:51la seule chose que je redoute, c'est qu'on perde confiance en nous-mêmes.
09:54Ce qui est l'objectif de Vladimir Poutine.
09:57Le narratif que veut imposer Vladimir Poutine,
09:59c'est qu'on est faible et que l'Ukraine va perdre.
10:02Soit on adhère à ce narratif et il a gagné,
10:04soit on rejette ce narratif et il a perdu.
10:07Moi, je rejette ce narratif.
10:09Les Ukrainiens résistent depuis maintenant plus de 4 ans.
10:11Ils le font parce que la France, l'Europe les soutient
10:14et même désormais, après le retrait américain,
10:16on est les premiers soutiens de l'Ukraine.
10:18Il faut s'en rendre compte aujourd'hui.
10:20Évidemment, la meilleure réponse à avoir,
10:22c'est de poursuivre et d'amplifier ce soutien à l'Ukraine.
10:24Gabriel Attal, on a vu les attaques qui ont frappé les pays européens,
10:28certains de nos voisins, l'Allemagne notamment.
10:30On a beaucoup parlé de ce qui s'était passé du côté de Leipzig,
10:32mais aussi du côté de la Roumanie, des Pays-Baltes, etc.
10:34La question ce soir, c'est de savoir comment on riposte,
10:37comment on se tient face à Poutine.
10:38On va rejoindre Elsa Vidal et Ulysse Gosset.
10:40Venez avec moi, regardez.
10:42Le siège vous attend pour parler de cette riposte.
10:46Allez-y avec une question centrale.
10:47Comment ripostez-vous ?
10:49C'est la question la plus fondamentale,
10:50parce que c'est en réalité la plus compliquée.
10:52Est-ce qu'on peut même riposter face à Vladimir Poutine ?
10:56Quand on voit les actes de sabotage qui ont pu y avoir lieu,
10:58quand on voit les attentats manqués qui ont pu y avoir lieu en Allemagne,
11:02si nous sommes frappés, que fait-on ?
11:04D'abord, il faut reprendre pourquoi est-ce que la Russie agit ainsi ?
11:09Quel est leur objectif ?
11:11C'est évidemment de tester notre résistance et de tester nos nerfs,
11:14mais c'est aussi d'affaiblir le soutien à l'Ukraine
11:17et de fatiguer les opinions publiques.
11:18Il faut bien comprendre l'objectif de Vladimir Poutine.
11:21Vladimir Poutine veut pouvoir envahir l'Ukraine.
11:24Pour ça, il a besoin que les pays de l'Union européenne
11:28arrêtent de soutenir l'Ukraine ou diminuent leur soutien à l'Ukraine.
11:31Il sait que l'année prochaine, il y a une dizaine d'élections
11:35qui auront lieu dans des pays européens, dont la France.
11:37Évidemment, chez nous.
11:38Son objectif, c'est que soient élus à l'occasion de ces élections
11:41des personnalités qui ne veulent plus soutenir l'Ukraine.
11:44Alors, je vais vous poser la question plus concrètement.
11:45C'est de faire peur aux populations, c'est de fatiguer les populations
11:48pour qu'il y ait une forme, malheureusement, de renoncement
11:51et que, fatiguées, les opinions publiques européennes se disent
11:54« Finalement, on va élire des personnes qui nous proposent
11:57de couper le robinet à l'Ukraine ou d'arrêter notre soutien. »
12:01Je vous pose trois questions très concrètes.
12:03Vous, Président, que fait la France dans son attitude de soutien à Volodymyr Zelensky
12:10et dans la volonté de Zelensky de frapper, ce qu'il a encore fait ce week-end,
12:14ce qu'il a encore fait aujourd'hui, le territoire russe ?
12:16Vous, Président, est-ce que vous soutenez ça, cette action-là d'aller frapper les Russes chez eux ?
12:20Mais la France livre déjà des missiles longue portée à l'Ukraine.
12:24Ce n'est pas nouveau.
12:25Ça fait plusieurs mois, si ce n'est plusieurs années.
12:27Pourquoi est-ce que Volodymyr Zelensky frappe dans la profondeur du territoire russe ?
12:32C'est d'abord parce que la Russie attaque l'Ukraine depuis la profondeur de son territoire.
12:37C'est ça qui a changé, d'ailleurs, je dirais, il y a deux ans à peu près.
12:40Au départ, vous aviez des attaques directement sur la ligne de front
12:43et de plus en plus, vous avez eu des attaques qui ont été organisées,
12:47qui ont été tirées depuis la profondeur du territoire russe.
12:50Vous êtes l'Ukraine.
12:51Si vous ne pouvez pas vous défendre et contre-attaquer
12:53quand vous êtes attaqué depuis la profondeur du territoire russe,
12:56en fait, vous subissez les attaques.
12:57Et donc, la France a livré un certain nombre de missiles longue portée.
13:00Donc, ça vous validé.
13:00Et donc, par exemple, vous, Président, est-ce que des missiles français
13:03ou des missiles qui incluent des composants français,
13:06on a vu par exemple que les missiles qui ont frappé ce week-end,
13:07les missiles flamingos, les systèmes de guidage, sont des systèmes français ?
13:10Vous dites, aucun problème.
13:12Quitte à ce que ça, pardon, à ce que ça fasse de nous, français,
13:16encore plus qu'avant des cibles.
13:18Mais la question, c'est comment est-ce qu'on aide les Ukrainiens à se défendre ?
13:22Si vous ne permettez pas aux Ukrainiens de riposter aux attaques qu'ils subissent,
13:26y compris depuis le territoire de la Russie,
13:28vous ne les aidez pas à se défendre.
13:30Au contraire, vous les poussez vers la défaite.
13:32Donc, il faut continuer à les soutenir pour qu'ils puissent se défendre.
13:35Est-ce que ça veut dire qu'il faut rentrer nous-mêmes dans ce conflit ?
13:39Qu'il faut devenir partie prenante à ce conflit ?
13:40On y est.
13:41Qu'il faut déclarer la guerre à la Russie ?
13:44La réponse est non, encore une fois.
13:46Et j'entends parfaitement que pour les Français, l'équilibre est ténu.
13:49Mais tout ce qui se passe depuis 4 ans a permis aux Ukrainiens de tenir.
13:53On voit aujourd'hui que la ligne de front est quasiment gelée.
13:55Il y a même des territoires qui sont repris par les Ukrainiens sans qu'on soit rentré comme partie prenante
14:01dans ce conflit.
14:02Mais parce qu'on est à leur côté pour les soutenir avec du matériel militaire, avec du renseignement militaire aussi.
14:07Puisque vous savez que la majorité du renseignement militaire aujourd'hui que reçoivent les Ukrainiens vient de la France.
14:12Je crois que c'est ça qui est attendu de nous aujourd'hui.
14:14Alors il existe une demande portée par de nombreux experts de l'Ukraine et de la Russie qu'on ferme
14:20le ciel ukrainien et qu'on prodigue à l'Ukraine la possibilité d'être sous un dôme finalement de protection
14:28anti-aérienne.
14:29Mais d'aucuns y voient un danger qui pourrait nous amener dans une confrontation.
14:34Est-ce que pour vous c'est une ligne rouge ou est-ce que vous êtes favorable à la protection
14:38du ciel ukrainien ?
14:39D'abord, je ne crois pas qu'il y ait de ligne rouge possible.
14:42S'il y avait eu des lignes rouges au début de ce conflit, beaucoup de choses qui ont été livrées
14:46ou qui ont été faites ensuite auraient été exclues à l'époque.
14:49Je rappelle qu'au début, on livrait globalement des sacs de couchage et des lunettes visées nocturnes et des casques.
14:56Voilà, depuis évidemment qu'il y a eu un certain nombre d'évolutions.
14:58Mais je crois que l'important, c'est de répondre à la demande des Ukrainiens.
15:03Que nous demandent les Ukrainiens aujourd'hui ?
15:05Essentiellement du matériel de défense anti-aérienne.
15:07Et des avions.
15:08Et des avions qu'on leur a livrés.
15:10Le Mirage 2000, il y a la possibilité de Rafale.
15:13Mais aujourd'hui, c'est de la défense anti-aérienne.
15:16Je suis allé en Ukraine il y a encore quelques mois.
15:18J'y étais tous les six mois ces deux dernières années.
15:19Quand vous échangez avec les autorités ukrainiennes, ce qu'ils vous disent, c'est qu'ils sont très bons pour
15:24intercepter les drones.
15:25Et qu'il y a désormais des drones à réaction.
15:28Donc ils vont beaucoup plus vite.
15:29Et des missiles balistiques qu'ils ont du mal à intercepter.
15:32D'où un certain nombre d'attaques absolument terribles qu'on a vues ces derniers mois et ces derniers jours
15:36encore.
15:38Et je crois que c'est ça la première demande aujourd'hui.
15:40Ensuite, il ne faut rien exclure pour l'avenir.
15:41Mais Gabriel Attal, j'entends votre discours qui est de dire qu'il faut qu'on reste ferme, qu'on
15:45reste droit face à Poutine.
15:46Parce que tout ce qu'il attend, c'est que l'on finisse par céder d'une certaine manière.
15:49Et qu'on cède notre soutien à l'Ukraine.
15:52Très bien.
15:53Quand on voit ce qu'on a fait ces derniers temps, expulser des diplomates, fermer des consultats, prendre des sanctions
15:59économiques, etc.
16:00Ça ne le fait pas reculer.
16:01C'est-à-dire que la menace qu'on entend grandir, d'où la réunion vendredi à l'Elysée, cette
16:08menace, elle est de plus en plus vivace d'une certaine manière.
16:11Ça n'a pas fait reculer Poutine.
16:12Mais vous pouvez le voir de manière différente.
16:14Vous pouvez aussi vous dire que les initiatives qu'il a prises pour nous tester, pour nous affaiblir, on a
16:19vu ce qui s'est passé avec le drone armé à Leipzig.
16:22Vous pouvez vous dire que c'est aussi des initiatives qu'il prend, précisément parce qu'il est bloqué aujourd
16:26'hui sur le front ukrainien,
16:27parce qu'on soutient suffisamment les Ukrainiens et qu'on doit les soutenir encore davantage.
16:31Pour qu'ils puissent résister.
16:32On ne peut pas dire que Vladimir Poutine soit gagnant dans la situation.
16:36Je rappelle qu'au départ, il annonçait une opération qui devait durer quelques semaines et envahir l'Ukraine.
16:41Ça fait plus de 4 ans.
16:43Plus de 4 ans.
16:44Il n'est pas gagnant.
16:45Évidemment que l'économie russe souffre également.
16:47Est-ce qu'il y a un risque d'engrenage ?
16:48Les Français se disent qu'on aide l'Ukraine et ils y sont favorables largement.
16:52Est-ce qu'il n'y a pas un risque d'engrenage quand même ?
16:54C'est-à-dire que la guerre déborde les frontières de l'Ukraine et qu'elles viennent chez nous directement
16:58?
16:59D'abord, le premier risque d'engrenage,
17:01ça serait que le régime du Kremlin l'emporte sur l'Ukraine.
17:04On sait très bien ce qui se passerait derrière.
17:06La détestation qu'a Vladimir Poutine, c'est celle de l'Occident et de ses valeurs.
17:10Mais là, aujourd'hui, en Grenade.
17:12C'est celle de nos valeurs démocratiques, de nos valeurs de liberté qu'il déteste
17:15et dont il a peur qu'elles viennent contaminer son pays.
17:17Et c'est pour ça que les pays libres, démocratiques, proches de son pays, les attaquent.
17:22Et si demain l'Ukraine tombait, il y aurait probablement des attaques ensuite.
17:25Ça a été documenté par un certain nombre de services de sécurité sur d'autres pays,
17:29y compris des pays membres de l'Union européenne.
17:31Je rappelle que nous avons un devoir de solidarité avec des pays membres de l'Union européenne
17:35qui seraient attaqués.
17:37Et donc là, il y aurait un engrenage.
17:38Donc juste pour que les choses soient claires aussi pour ceux qui nous regardent.
17:41Et donc je comprends qu'ils sont inquiets.
17:42Le meilleur moyen d'éviter une escalade, c'est de continuer à soutenir l'Ukraine
17:46parce que l'Ukraine, c'est notre bouclier aujourd'hui.
17:49Ensuite, pour vous répondre, ce narratif, ce narratif que cherchent à imposer Vladimir Poutine et la Russie,
17:56consistant à dire que quand on soutient l'Ukraine, quand on rehausse notre soutien à l'Ukraine,
17:59on prend le risque de l'escalade, c'est précisément le narratif qui vise à ce que les opinions publiques
18:04demandent la cessation du soutien à l'Ukraine et élisent des représentants qui arrêteront de soutenir l'Ukraine.
18:10Alors l'une des grandes évolutions de la présidence actuelle, c'est l'élargissement de la dissuasion nucléaire
18:15au-delà de l'hexagone, notamment pour certains pays européens qui sont d'ailleurs d'accord pour que cela se
18:21fasse.
18:21Vous êtes jeune, vous êtes candidat, vous avez quel âge, Gabriel ?
18:2537 ans, j'aurais 38 ans.
18:27Vous êtes jeune, est-ce qu'à 37 ans, vous vous sentez capable d'appuyer sur le bouton rouge
18:34pour déclencher l'arme nucléaire ? Parce que la Russie, c'est avant tout une puissance nucléaire.
18:40Est-ce que vous avez réfléchi à ça ? Est-ce que vous êtes prêt à le faire ?
18:44D'abord, j'ai été Premier ministre à ce titre, au terme de la Constitution, j'étais responsable de la
18:51Défense Nationale
18:52et à ce titre, j'ai été évidemment briefé sur l'ensemble de notre dissuasion nucléaire
18:57et j'avais même en charge, en tant que Premier ministre, son entretien.
19:00La deuxième chose, c'est que je vais vous dire, pour moi, la responsabilité du chef de l'État,
19:04du prochain chef de l'État comme du chef de l'État actuel,
19:07c'est de protéger les intérêts de la France et les intérêts des Français.
19:10Et quand vous êtes élu président de la République, vous avez ce mandat qui est probablement l'un des mandats
19:14les plus puissants au monde dans les régimes démocratiques,
19:17de protéger les intérêts de la France et des Français.
19:19Je peux vous dire que ça vous donne beaucoup de force.
19:21Vous n'avez pas répondu. Est-ce que vous êtes prêt à appuyer sur le bouton rouge ?
19:25Quand je suis candidat à l'élection présidentielle, que je veux être élu président de la République,
19:31j'aspire à être président de la République pour protéger la France et les Français.
19:33Je ne me lève pas le matin en me disant que je vais appuyer sur le bouton nucléaire
19:37qui ne serait pas tout à fait défendre les intérêts de la France et la sécurité des Français.
19:41Maintenant, pour vous l'avoir redit encore une fois, j'ai été Premier ministre, je connais ces sujets,
19:46j'ai été en charge de la défense nationale et je suis capable d'affronter toute situation.
19:51Je vais poser la question d'Ulysse-Pardon-Alza différemment.
19:53Vous, président, que fait la France si la Pologne est délibérément attaquée, par exemple, par une salve de drones russes
19:58?
19:58Parce que j'ai été en charge de ces sujets, je sais qu'on ne révèle jamais sa réaction à
20:04un certain nombre d'hypothèses comme celle-là,
20:05encore moins sur un plateau de télévision.
20:07Enfin, le sens de la dissuasion, c'est aussi l'ambiguïté qui existe sur les cas de figure et sur
20:13les hypothèses dans lesquelles elle est utilisée.
20:15C'est le sens même de la dissuasion nucléaire.
20:18C'est le sens même de l'ambiguïté qui peut exister sur les intérêts stratégiques, les intérêts vitaux de la
20:24France.
20:24Il y a eu différentes doctrines qui se sont succédées, qui les ont précisées.
20:28La dernière en date, c'est celle du président de la République qui a effectivement indiqué que les intérêts vitaux
20:32de la France étaient aussi des intérêts européens.
20:34D'où cette proposition qu'il a faite de parapluie nucléaire français pour protéger l'Europe.
20:40Bien sûr que je la soutiens.
20:41Bien sûr que face au retrait et au désengagement américain, la France peut devenir la nation protectrice de l'Union
20:48européenne.
20:48Ce qui sera par ailleurs, je le dis, aussi bon pour les intérêts de la France.
20:52Parce que quand vous êtes le protecteur de tout un continent, évidemment que ça vous donne une voix encore plus
20:56forte dans les discussions que vous avez avec vos partenaires européens.
20:59On a commencé par évoquer, enfin Maxime Svitek et vous évoquiez au début de cet entretien, la question du carburant
21:05pour les Français.
21:06Qui a peut-être été le trait d'union avec toute la question de l'Ukraine.
21:10Puisqu'on a commencé d'abord avec le gaz, une variation des hydrocarbures russes.
21:13Et aujourd'hui nous voilà à nouveau avec une hausse des carburants liée à la scène internationale.
21:18Qu'est-ce que vous répondez à ceux qui opposent les intérêts quotidiens des Français à la défense de l
21:23'Ukraine ?
21:24Moi je dis que défendre l'Ukraine, c'est dans l'intérêt immédiat des Français.
21:28Je donne quelques exemples.
21:30Demain l'Ukraine tombe et la Russie envahit l'Ukraine.
21:33L'Ukraine est un des principaux greniers à céréales du monde.
21:38400 millions de personnes qui en dépendent.
21:40Et vous imaginez bien l'impact que ça aurait sur le prix des céréales, le prix des matières premières et
21:44sur l'inflation dans le caddie des Français.
21:462. Si la Russie l'emporte sur l'Ukraine, vous aurez une des plus grandes vagues migratoires de l'histoire
21:51de l'Europe,
21:52avec probablement des millions d'Ukrainiens qui chercheront à fuir l'Ukraine et à se réfugier dans les autres pays
21:57de l'Union Européenne.
21:58Ce qui aura évidemment un impact sur nos systèmes sociaux, sur nos finances, etc.
22:033. Soutenir l'Ukraine aujourd'hui dans son combat pour qu'elle ne soit pas attaquée comme elle l'est
22:08aujourd'hui à travers des missiles balistiques et des drones à réaction,
22:11c'est aussi potentiellement soutenir la sécurité d'un continent.
22:14Imaginez, on voit aujourd'hui que la Russie cible de plus en plus les infrastructures civiles et notamment les infrastructures
22:20énergétiques.
22:21J'étais il y a un an en Ukraine, avant l'hiver.
22:25La stratégie délibérée, c'était de taper les centrales énergétiques pour que les Ukrainiens aient froid pendant l'hiver
22:32et que ça érode le soutien à la résistance.
22:35Ils continuent à le faire.
22:37Et que comme à l'époque de Tchernobyl, évidemment, à ce moment-là, je pense que des Français ou des
22:41responsables politiques
22:42qui aujourd'hui remettent en cause le soutien à l'Ukraine, demanderont pourquoi on n'a pas soutenu davantage l
22:47'Ukraine
22:47pour les protéger et pour protéger les Français de cette situation.
22:50Juste une chose, vous dites que la solution à ce problème-là et à d'autres, c'est la solution
22:53européenne.
22:54Vous voulez aller encore plus loin dans l'intégration européenne.
22:57Vous nous dites qu'il faut des États-Unis d'Europe.
22:59Qu'est-ce que ça pourrait donner sur ce sujet-là précisément ?
23:02Les États-Unis d'Europe que je propose, c'est avant tout un projet économique.
23:06Écologique et technologique.
23:07Mais c'est lié à tout ce dont on parle, puisque mon objectif, c'est qu'on puisse devenir une
23:12vraie puissance économique.
23:13Aujourd'hui, on ne l'est pas.
23:15Vous, c'est de dire qu'on partage la dette, on partage nos déficits, etc.
23:18Alors, non, on ne partage pas la dette.
23:19Chacun est responsable de sa dette et chacun doit la rembourser.
23:21Ce que je dis, c'est qu'aujourd'hui, on est comme broyé entre des empires qui s'entrechoquent.
23:26On a parlé de la Russie, on a parlé des États-Unis un peu, on n'a pas parlé de
23:31la Chine.
23:32La Chine est en train de couler nos industries et notre économie.
23:35Les exportations chinoises en Europe ont augmenté de 30% depuis le début de l'année.
23:40On estime qu'une entreprise chinoise sur quatre qui exporte en Europe le fait à perte.
23:45Ça veut dire quoi ?
23:46Ça veut dire que la stratégie, c'est d'exporter à perte pour que nos industries ne soient pas capables
23:50d'être compétitives,
23:51que nos industries coulent et que derrière, on soit totalement dépendant de la Chine
23:55qui pourra faire ce qu'elle veut avec les prix.
23:56Face à tout ça, je le dis ici, ni la France, ni l'Allemagne, ni l'Italie, ni la Pologne,
24:03ni aucun paiement de l'Union Européenne n'y arrivera seul.
24:06Donc on doit être beaucoup plus unis et beaucoup plus forts.
24:08C'est ça le sens du projet d'États-Unis d'Europe que je propose,
24:11qui a une part de risque dans une élection présidentielle, bien sûr,
24:14parce qu'on sait qu'il y a tant de candidats qui prospèrent sur une forme de détestation de l
24:17'Europe.
24:18Vous vous dites qu'il faut plus d'Europe ?
24:19Moi, ce que je veux, c'est que nos enfants, nos petits-enfants,
24:23aient le choix pour travailler entre des emplois industriels, des emplois technologiques,
24:28des emplois de services, et pas uniquement servir du thé aux Chinois
24:31et du café aux Américains quand ils viennent en France.
24:33Est-ce que c'est ça le risque ?
24:34Si on revient à l'Ukraine, vous, vous êtes président, vous allez rencontrer Poutine,
24:40et en fonction de la réponse, vous y allez seul ou vous y allez avec des Européens ?
24:43D'abord, je crois qu'une négociation, elle doit évidemment s'accepter,
24:47en lien avec nos partenaires européens.
24:49Vous pouvez y aller seul si vous avez un mandat de vos partenaires européens.
24:52En tout cas, il faut que ça se fasse en coordination avec eux,
24:53et par ailleurs, avec le président Zelensky.
24:56Un des risques, ce sera évidemment de chercher à invisibiliser le président Zelensky
25:00et à engager une négociation en dehors de son accord.
25:03Mais encore une fois, personne n'a jamais exclu de négociation.
25:07L'important, c'est comment on fait venir Vladimir Poutine à la table des négociations.
25:10À mon sens, Vladimir Poutine n'accepte de discuter qu'avec deux types de personnes,
25:14soit des gens qui sont très faibles, parce qu'il les a à sa botte,
25:18soit des gens qui sont très forts, parce qu'il ne peut pas faire sans eux.
25:21Et donc, soyons très forts.
25:22Poursuivons et amplifions notre soutien à l'Ukraine.
25:24C'est comme ça qu'on arrivera à faire venir Vladimir Poutine à la table des négociations,
25:28et c'est comme ça qu'on empêchera la Russie de gagner cette guerre.
25:30Gabriel Attal, beaucoup d'hommes politiques, qui ne sont pas de votre génération,
25:34souvent on vous rapproche de votre âge,
25:37ont peur d'une Europe puissance, et évoquent plutôt une Europe pour la paix.
25:40Et croyez-vous que l'Europe puisse devenir une puissance ?
25:42Bien sûr, mais une puissance au service de nos valeurs.
25:46Et évidemment que la France et l'Europe ont vocation à apaiser le monde.
25:49Mais si on veut être suffisamment forts pour ça, il faut devenir une puissance économique.
25:53Pourquoi est-ce que Donald Trump intervient en Iran sans se poser la question
25:56de savoir ce qu'en pensent les Français, les Allemands, les Italiens, les Européens ?
26:00Est-ce qu'on n'est pas suffisamment puissant pour être capable d'être un interlocuteur
26:04qu'il consulte et de leur tenir tête ?
26:06Et je crois qu'on doit devenir cette puissance.
26:08Pour moi, c'est la responsabilité de notre génération.
26:10On a des grands-parents qui ont fait la paix, des parents qui ont fait l'Union Européenne.
26:14On doit faire, c'est ma conviction, les États-Unis d'Europe.
26:17Et face à Trump, vous vous dites quoi ?
26:19Face à Trump, je défends.
26:21Si vous êtes élu en mai prochain.
26:23Sur quel sujet ?
26:24Sur l'Iran en particulier, sur les prix de l'essence.
26:26Aujourd'hui, on doit arriver à mettre fin à ce conflit.
26:29Aujourd'hui, on n'est pas capable suffisamment de peser pour mettre fin à ce conflit.
26:33Demain, j'en suis absolument convaincu, avec une vraie Europe puissance,
26:36avec une vraie unité européenne, avec un vrai marché commun européen,
26:39une vraie économie unique européenne.
26:41Je peux vous dire qu'on aura d'autres arguments pour échanger et pour discuter,
26:44à la fois avec les États-Unis, mais aussi avec la Chine,
26:46qui, encore une fois, je trouve, est l'objet de trop peu de discussions
26:49dans le débat médiatique et dans le débat politique,
26:52alors même que pour notre économie, c'est un enjeu et une menace majeure,
26:56et que demain, si notre économie s'effondre,
26:59on pourra avoir tous les débats qu'on veut sur le réarmement de nos services publics
27:02et sur le soutien à l'Ukraine, si on n'a pas les moyens de le financer
27:05parce que notre économie n'a pas été capable de bâtir une puissance suffisante,
27:09notamment dans l'intelligence artificielle et dans l'innovation,
27:12ce sera des débats qui seront très théoriques.
27:13Moi, je crois que c'est possible d'inverser ça.
27:15Je pense qu'on a tous les atouts en main en France et en Europe pour y arriver.
27:19Tout dans notre histoire nous montre que c'est possible.
27:22On a traversé, en France et en Europe, des moments extraordinairement difficiles.
27:26On les a toujours surmontés et on a été capable de se reconstruire plus fort en France.
27:28– Enfin, vous voyez la victoire de l'extrême droite en Allemagne,
27:30le chancelier allemand chancel, c'est inquiétant pour l'Europe.
27:34– Mais il n'est pas encore à terre.
27:35– Parce que le modèle allemand, comme le modèle français, est à bout de souffle.
27:38Parce que le modèle allemand était construit sur une triple dépendance,
27:42la dépendance au gaz russe, la dépendance à la défense américaine
27:44et la dépendance au marché chinois.
27:47Les trois sont remis en question aujourd'hui.
27:48C'est quoi la réponse pour protéger les Allemands face à cette triple dépendance
27:52qui est aujourd'hui ébranlée ?
27:53C'est l'Europe, j'en vois pas d'autre.
27:55Et je crois que c'est possible et c'est ce que je vais porter dans cette campagne.
27:57– Merci Gabriel Attal, merci d'avoir été notre invité ce soir
28:00dans cette soirée spéciale sur BFM TV consacrée à cette menace russe,
28:04comment la France s'y prépare.
28:05On va continuer à en parler tout au long de cette soirée.
28:07Encore une fois, merci à vous.
28:08– Sous-titrage Société Radio-Canada –
28:08– Sous-titrage Société Radio-Canada –
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