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  • il y a 1 semaine
Ce vendredi 13 mars, Christopher Dembik présente Quand le monde s'affole dans l'émission Tout pour investir, la masterclass, sur BFM Business. Retrouvez l'émission tous les vendredis à 11h.

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Transcription
00:00Tout pour investir, la masterclass, quand le monde s'affole.
00:05Bonjour Mathieu, vous nous avez manqué la semaine dernière.
00:08On a essayé de faire sans vous, mais ne manquez pas, vous étiez en vacances.
00:12Je pense que vous étiez, j'espère en tout cas, vous étiez dans un endroit plaisant.
00:16Bon, sans surprise, ce sera bien sûr l'Iran aujourd'hui.
00:19Et c'est assez intéressant puisqu'on en a parlé avec Philippe Wächter,
00:22mais plutôt sur un angle très économique, inquiétude sur l'inflation, etc.
00:26C'est important aussi de regarder ce qui se passe vraiment sur le terrain,
00:29du point de vue géopolitique.
00:30Et notamment, ce qui est peut-être assez surprenant, c'est la résistance du régime.
00:36C'est ça, c'est d'essayer de comprendre pourquoi le régime d'Emola est aussi résilient.
00:39En fait, ça fait plusieurs années qu'ils ont mis en place une doctrine,
00:44une stratégie de défense qui est appelée la défense mosaïque.
00:47L'idée, c'est qu'en fait, vous avez 30 mini-commandements
00:53totalement autonomes, indépendants, qui sont éclatés dans 30 provinces iraniennes.
00:57Et cette structure de gouvernance, ça permet quoi ?
01:01Ça permet de faire en sorte, d'avoir en sorte que si vous avez l'état-major,
01:06la chefferie qui est totalement neutralisée, ce qui était le cas fin février à Téhéran,
01:12eh bien vous avez vos 30 mini-armées qui peuvent,
01:14chacune de manière totalement autonome, choisir n'importe quand,
01:19envoyer n'importe quel missile, n'importe où, sur n'importe qui,
01:24et surtout sans en avoir à référer à Téhéran, sans avoir le feu vert de Téhéran.
01:29Et ça, en fait, c'est vraiment quelque chose qui complique la donne
01:32pour les forces américaines et israéliennes.
01:35Et si vous rajoutez à ça que vous avez aussi une gouvernance
01:39qui a été pensée par le régime d'Emola,
01:42qui fait que si un chef tombe, vous avez automatiquement
01:46quatre remplaçants qui sont proposés,
01:48eh bien vous avez tous les ingrédients d'une structure qui est certes peut-être
01:53beaucoup moins dotée financièrement ou technologiquement
01:55que les États-Unis ou Israël, mais qui fait preuve de résilience.
01:59Et qui dit résilience, dit durée.
02:03Et sur ce type de théâtre d'opération, si le conflit dure,
02:08c'est stratégiquement plutôt à l'avantage de l'Iran.
02:11Et ça semble assez compliqué, puisqu'on a eu, alors un peu moins,
02:14mais au tout début du conflit, des appels de Donald Trump,
02:16notamment en disant, on fait le job,
02:19mais ensuite c'est la rue iranienne qui va remplacer
02:21le pouvoir politique d'Emola.
02:24C'est quand même compliqué de changer de régime.
02:26En plus, dans ce contexte-là, vous nous mettez en avant
02:28sur la structure de l'armée, c'est peu probable que la rue puisse réussir.
02:32Un changement de régime uniquement via des attaques aériennes,
02:35en règle générale, ça ne marche pas.
02:36Donc on se retrouve dans un... Quel peut être l'objectif ?
02:39C'est compliqué, effectivement, de se dire qu'il y a une porte de sortie immédiate.
02:42Eh bien, en fait, il se retrouve clairement dans une impasse stratégique.
02:46Et vous avez raison de le rappeler.
02:47Ça, en fait, ça ne se passe absolument pas comme prévu pour Donald Trump.
02:52Et en fait, si vous regardez l'histoire des conflits modernes,
02:58il y a une constante qui se dégage.
03:00C'est qu'à chaque fois qu'il y a eu une stratégie aérienne,
03:05donc de bombardement par les airs,
03:07ça n'a jamais suffi à faire tomber un régime.
03:12Donc en fait, le risque de cette stratégie aérienne,
03:16c'est l'enlisement et c'est l'escalade.
03:19Et en fait, vous voyez bien ce qui s'est passé.
03:21C'est exactement en fait ce qui s'est passé au Vietnam.
03:23C'est ce qui s'est passé en Irak.
03:25C'est ce qui s'est passé en Afghanistan.
03:27Et là, regardez ce qui s'est passé fin février.
03:29Vous avez les États-Unis et Israël
03:33qui ont fait une frappe ultra ciblée
03:37avec une approche technologique et de renseignement infaillible.
03:42Ils ont décapité toute la chefferie.
03:45Et en fait, ça a été un énorme succès tactique,
03:48mais qui ne s'est pas confirmé par un succès politique.
03:52Et c'est ça en fait, tout le danger de cette stratégie aérienne.
03:56C'est que, on vient de le rappeler,
03:59mais vous avez un régime d'Emola qui est super résilient et résistant,
04:05qui continue à être très actif.
04:08Et dans ce type de conflit,
04:11quand vous avez des bombardements extérieurs
04:14qui ne suffisent pas, et là on le voit,
04:18à annihiler un régime tout de suite,
04:20derrière, ça pousse Israël et les Américains
04:26à intensifier les bombardements.
04:28Intensifier les bombardements,
04:31ça a pour implication,
04:34et ça on le voit dans les...
04:35des guerres modernes de parfois, et même souvent,
04:40souder une population contre l'ennemi extérieur.
04:43Quand bien même cette population
04:47est en conflit avec son régime en cours.
04:51Et donc ça, c'est vraiment
04:54ce qui est en train de se passer en ce moment.
04:57on assiste à une forme d'escalade,
05:03et on voit que...
05:04Et aussi on assiste peut-être aux premières divergences tactiques
05:09entre Benyamin Netanyahou et Donald Trump.
05:12Ça c'est aussi ce qu'on voit,
05:13parce que vous avez,
05:15en toile de fond,
05:16il se trouve qu'ils ont eu une fenêtre de tir
05:19avec un intérêt commun de frapper maintenant,
05:22mais des objectifs qui ne sont pas forcément les mêmes.
05:26Il faut avoir en tête que Benyamin Netanyahou,
05:28lui, il était le numéro 2
05:29de l'ambassade d'Israël à Washington en 1982,
05:33juste après la révolution islamique,
05:35et il avait à l'époque des portes d'entrée
05:37à la Maison-Blanche en 82,
05:39et déjà à l'époque,
05:41il faisait de l'Iran
05:43une menace existentielle pour Israël,
05:47et donc un objectif prioritaire.
05:50Il faut neutraliser l'ennemi iranien.
05:53Ça fait 40 ans,
05:55ça fait 40 ans que la sécurité de la région
05:58est totalement liée à une menace existentielle,
06:03alors que Donald Trump,
06:04lui, c'est quelqu'un qui continue
06:07à dérouler un plan business, en fait.
06:09On le voit, oui, c'est assez clair.
06:11Oui, et en fait, vous voyez,
06:12il avait annoncé à Davos
06:14la création de son conseil de la paix,
06:17qui est censé remplacer l'ONU, etc.
06:20En fait, un des premiers objectifs
06:22de ce conseil de la paix de Donald Trump,
06:25c'était quoi ?
06:26C'était de faire dialoguer
06:28les pays arabes avec Israël,
06:33et de faire des ponts entre les deux.
06:36Ce qu'il avait commencé à faire
06:37avec Riyad, etc.,
06:39et faire l'intermédiaire,
06:40c'est aussi pour ça
06:42qu'il s'est beaucoup appuyé
06:43ces derniers temps
06:44sur son gendre Jared Kushner
06:46et son fidèle ami dans le business,
06:49Whitcoff.
06:52Et donc, derrière,
06:53en toile de fond,
06:54c'est quoi ?
06:54Il n'y a pas de menace existentielle
06:56pour les États-Unis.
06:57En toile de fond,
06:58c'est faire du Moyen-Orient
07:00une terre de business
07:02et une sécurisation peut-être aussi
07:05énergétique pour les États-Unis.
07:07Donc, on n'a pas non plus
07:09les mêmes objectifs
07:09pour l'un ou pour l'autre.
07:11Et vous avez aussi
07:12une échéance électorale.
07:15Ils ont tous les deux à l'automne
07:16les mid-terms pour Donald Trump
07:18et des élections pour Netanyahou.
07:20– Là, il est positionné
07:22que l'autre, a priori, quand même.
07:23– Oui.
07:23– Les chandages peuvent évoluer.
07:25– Oui, mais ce que je veux dire,
07:25c'est que vous avez,
07:27là encore,
07:28vous avez des intérêts divergents.
07:29Donald Trump a intérêt
07:31à se désengager
07:33de ce bourbier Moyen-Oriental
07:35le plus rapidement possible
07:37avant les mid-terms.
07:39Alors que lui, Netanyahou,
07:41s'il y est encore,
07:42il arrive à ses élections à l'automne
07:44auréolé de son costume
07:46de chef de guerre.
07:47– Voilà, je fais le job.
07:48– Je fais le job,
07:49contre vents et marées
07:50et ça prendra le temps qu'il faut.
07:51– Qui crée un peu d'union sacrée,
07:53en tout cas qui évite
07:54qu'on ait du côté israélien
07:55et effectivement beaucoup d'opposition
07:57à cet égard.
07:57On n'a pas pu tout aborder,
07:59mais comme on n'a pas pu tout aborder,
08:00j'aimerais que vous nous parliez
08:01de votre podcast géopolitique
08:03puisqu'on peut vous suivre
08:04justement sur le podcast que vous avez.
08:06– Oui, ça s'appelle
08:07L'Ordre du Monde.
08:09L'Ordre du Monde,
08:10je le présente avec Annalisa Capellini.
08:13On le met en ligne tous les jeudis
08:15et justement,
08:16tous ces aspects de résilience,
08:18de divergence tactique et stratégique
08:21entre Donald Trump et Netanyahou.
08:24On vous en parle,
08:25ça dure 20 minutes.
08:27On essaye d'être le plus pédagogique,
08:30clair et sympathique possible.
08:31– On le voit à l'écran si vous regardez.
08:31– Vous parlez de sujets
08:32extrêmement compliqués.
08:35Vous pouvez scanner le QR code
08:36qui s'affiche.
08:37On vous parle aussi
08:38des enjeux de l'île de Cargue.
08:40– Oui, voilà,
08:40qu'on n'a pas eu le temps
08:41d'évoquer aujourd'hui.
08:42– Voilà, exactement,
08:42qui est un nœud stratégique
08:46au nord du golfe persique.
08:49Si Donald Trump met la main
08:51sur l'île de Cargue,
08:52en gros,
08:52il coupe le robinet financier
08:54pour le régime des Mola
08:55parce que c'est par là
08:56que transite 90%
08:57de l'exportation du pétrole iranien.
08:59On vous parle aussi de l'uranium,
09:01des enjeux de l'uranium.
09:02Bref,
09:02c'est l'ordre du monde
09:03et vous pouvez flasher
09:04ce flash code
09:08pour ceux qui nous regardent.
09:12J'espère que ça vous intéresse.
09:14À l'ordre du monde.
09:15– Je vous écoute régulièrement
09:16et donc à écouter,
09:17c'est vraiment passionnant.
09:18Et merci encore Mathieu.
09:19On se retrouve la semaine prochaine
09:20pour une concité
09:21sur la géopolitique.
09:22– Avec plaisir.
09:23– Sous-titrage Société Radio-Canada
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