Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 1 semaine
Ce vendredi 20 février, Christopher Dembik présente Quand le monde s'affole dans l'émission Tout pour investir, la masterclass, sur BFM Business. Retrouvez l'émission tous les vendredis à 11h.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Tout pour investir, la masterclass, quand le monde s'affole.
00:05Bonjour Mathieu, vous allez bien ?
00:07Ça va bien, merci.
00:10Autant que ça monte au cerveau, ça va très bien.
00:12Oui, il y a eu un petit moment de vide.
00:13Mais d'habitude, je ne vous dis pas ça, c'est pour ça.
00:16C'est plus l'habitude.
00:19Mardi prochain, ça va faire 4 ans jour pour jour que la Russie envahit l'Ukraine.
00:23C'est un sujet que vous vouliez aborder à juste titre.
00:26Et l'idée, c'est un peu de faire le point, notamment sur les sanctions occidentales
00:29est-ce qu'elles portent leurs fruits ?
00:31Vous vous en souvenez, il y a 4 ans de cela.
00:34Même pour vous donner en aparté, j'avais eu l'occasion,
00:38parce que je suis réserviste de la Gendarmerie Nationale,
00:40et à ce moment-là, la Gendarmerie Nationale,
00:42qui appartient au ministère de la Défense, envisageait déjà la reconstruction de l'Ukraine.
00:47On avait eu des échanges à ce niveau.
00:48On se rend compte que c'est un peu compliqué et qu'on n'y est pas encore.
00:51Finalement, ces sanctions, est-ce que ça a fonctionné à l'égard de la Russie ?
00:53Ça commence.
00:56Pour refaire le film, il faut voir que...
01:00Vladimir Poutine, là, ça y est, il a reconnu début mars
01:02qu'il avait une croissance qui commençait à s'essouffler,
01:05qui était à seulement 1% en 2025.
01:07Donc ça, c'est un véritable coup de frein
01:09qui nous montre que ce qu'il y a eu les deux premières années
01:11après l'invasion russe en Ukraine,
01:13c'était une croissance qui finalement était un peu en trompe-l'œil.
01:17On a une croissance qui a été totalement boostée
01:19par toute une industrie de la Défense
01:21qui, elle, était en surchauffe,
01:22et avec les nouveaux débouchés pétroliers
01:26noués en urgence vers la Chine et l'Inde.
01:30Mais cette croissance-là, elle n'est pas durable
01:32et elle n'était pas saine.
01:34Et on commence à le voir, dans le complexe militaro-industriel,
01:37il y a des premiers signaux qui nous montrent
01:39qu'il y a plusieurs usines en Russie
01:41qui sont passées à des semaines à 4 jours forcées.
01:44Donc ça, c'est un signal.
01:45Et puis on a les recettes pétrogazières
01:47qui commencent à être en chute libre.
01:50Elles étaient en chute libre de presque 25% en mars dernier.
01:54Et là, il y a un accord qui vient d'être signé
01:56entre les États-Unis et l'Inde
01:58avec Donald Trump qui met une pression maximale
02:01sur l'Arena Bodhi
02:02pour qu'il arrête d'acheter du pétrole russe.
02:06Donc tout ça, c'est un ensemble de signaux
02:08qui ne sont pas forcément bons
02:09pour créer une économie solide.
02:11Et on a eu aussi un ou deux signaux faibles
02:13ces derniers temps.
02:15Ça, c'est un signal assez contre-intuitif
02:17où on s'est rendu compte
02:18que la Russie s'est mise à prendre
02:21des mesures protectionnistes contre la Chine
02:23qui est devenue son principal partenaire.
02:27Pourquoi ?
02:28Parce que les constructeurs automobiles chinois
02:32se sont mis à envahir le marché russe
02:35si bien que les constructeurs russes
02:37se sont retrouvés presque étouffés
02:39et ils viennent de mettre en place
02:40une taxe dite de recyclage
02:42pour taxer les voitures importées
02:44et notamment les voitures chinoises.
02:46Et dernier signal faible sur l'économie russe,
02:49c'est qu'on voit qu'ils commencent à brader
02:51de plus en plus d'actifs
02:52qu'ils avaient nationalisés.
02:53Donc ils ont besoin d'argent frais.
02:55Et notamment, on a vu,
02:57il y a trois semaines,
02:59ils ont voulu vendre
03:00un des quatre aéroports de Moscou.
03:02Personne n'en voulait.
03:03Donc ils ont dû faire une deuxième enchère
03:05à l'Hollandaise.
03:07Donc enchère inversée.
03:09Et il est parti à 40% de son prix initial.
03:14On sait qui est l'acheteur ?
03:15Si c'est un local ou un étranger ?
03:17Non, l'acheteur,
03:18c'est un des trois autres aéroports de Moscou.
03:21Donc derrière, c'est le Kremlin qui supporte.
03:23Oui, effectivement.
03:24Le problème pour un acheteur étranger,
03:27on le voit par exemple dans le secteur bancaire,
03:29c'est-à-dire que du jour au lendemain,
03:30on peut avoir ces fonds qui sont séquestrés.
03:32Et même d'ailleurs des employés sur place
03:33qui sont...
03:34C'est ça.
03:35Et d'ailleurs, lors des premières enchères,
03:38il y a eu en fait un seul appel d'offres,
03:39mais qui était un entrepreneur kazakh
03:43dont personne n'avait entendu parler
03:45et qui n'avait jamais investi
03:47dans des infrastructures aéroportaires.
03:49Donc en fait, ils ont stoppé.
03:50Ils ont stoppé l'appel d'offres.
03:52Donc voilà.
03:53Peut-être le seul point un peu positif,
03:55mais délicat dans l'économie russe,
03:56c'est l'épargne.
03:58L'épargne russe qui reste extrêmement forte.
04:00Et en fait, vous avez toute la société russe
04:01qui, face à l'inflation qui a été très forte
04:03ces dernières années,
04:05a placé beaucoup d'argent sur les livrets
04:07qui, eux, étaient très rémunérateurs.
04:09Oui, puisque les taux étaient élevés.
04:11Exactement.
04:12Et donc on a des livrets très rémunérateurs,
04:13donc beaucoup d'argent d'épargne qui est placé,
04:17ce qui peut, dans cette période
04:18qui s'avère délicate pour le Kremlin,
04:21créer une tentation à fiscaliser cette épargne.
04:24Mais si vous faites ça,
04:25vous ouvrez une brèche,
04:26notamment dans le pacte social
04:27avec la société russe.
04:29Même si on sait que, pour Poutine,
04:31la consommation, en tout cas,
04:32n'a jamais été son focus premier.
04:34C'est vrai, vous le disiez,
04:35finalement, c'est une économie
04:37qui est très dépendante
04:38de quelques secteurs d'activité,
04:39dont la défense.
04:40Voilà.
04:41Mais il n'a jamais cherché,
04:42depuis qu'il est arrivé au Kremlin,
04:43donc ça fait depuis le début des années 2000,
04:45à développer une consommation intérieure.
04:47Alors que tous les pays s'efforcent de faire ça
04:49et on peut le faire
04:49quand on a des taux d'épargne justement élevés.
04:51Voilà, sauf que là,
04:52il a besoin quand même de recettes
04:53pour financer son économie de guerre
04:55et donc on est quand même dans un cercle
04:59qui, pour l'instant, ne tient pas la route.
05:02Si on regarde,
05:03outre l'aspect sanctions occidentales
05:04et l'état de l'économie russe,
05:06vous avez bien sûr
05:07les leçons du champ de bataille.
05:09Quelles sont celles qu'on peut tirer ?
05:11Alors, moi, là-dessus,
05:12je m'appuie sur une note
05:13qui est vraiment très intéressante
05:15qui a été écrite
05:16par un ancien chef d'état-major
05:18des armées russes
05:19il y a quelques semaines
05:20dans une revue liée au Kremlin
05:21qui s'appelle
05:22Russia in Global Affairs
05:24et en fait,
05:25il fait ses leçons des cadres
05:26et lui, ce qu'il nous dit,
05:27en fait,
05:28cet ancien chef d'état-major,
05:29c'est qu'il y a un avant
05:30et après Ukraine,
05:31notamment à cause des drones.
05:33Pour lui, ça a totalement changé.
05:34Il faut oublier
05:35les doctrines militaires classiques
05:36et héritées de la révolution industrielle.
05:39Il estime que 70%
05:41des pertes humaines russes
05:42sont dues au drone,
05:44que désormais,
05:44la ligne de front,
05:46elle est totalement transparente.
05:48Qui que vous soyez,
05:49où que vous soyez,
05:50on sait où vous êtes.
05:52Donc ça, c'est quelque chose
05:53qui change complètement la donne
05:54et qui fait que
05:55le bon vieux char traditionnel,
05:57il est trop lourd,
05:58pas assez agile
05:59et beaucoup trop visible.
06:00Donc ça, c'est une des premières
06:01grandes leçons.
06:03Pour lui, vraiment,
06:05il se projette en fait
06:07sur une armée
06:08qui doit être totalement décentralisée
06:10avec plein de mini-commandements
06:13éclatés un peu partout.
06:14C'est fini l'ère des grands bataillons.
06:16Ça, ça ne marche plus.
06:18L'ère des grands bataillons,
06:19en fait,
06:19vous devenez de la chair à drone.
06:20Ce qui a été la doctrine russe
06:22pendant très très longtemps.
06:23Exactement.
06:24Donc ça, en fait,
06:24il faut l'oublier, dit-il.
06:26Pour lui, en fait,
06:26ce qui est maintenant
06:27assez vertigineux,
06:28qui a surpris tout le monde,
06:29ce sont les esseins de drones
06:30connectés vers lesquels
06:32on se dirige,
06:34pilotés à l'IA.
06:35Face à ça,
06:36il plaide pour des unités minuscules.
06:38Les unités ne doivent pas
06:40être plus grandes
06:40que deux à quatre soldats.
06:43Chacun avec des équipements
06:44ultra légers
06:46et des nouveaux équipements
06:47type brouilleur de drones
06:49ou en tout cas
06:50des équipements liés
06:51à la guerre électronique
06:52qui est en train de prendre
06:53le dessus.
06:54Ce qu'on apprend aussi
06:56dans cette note,
06:57le dernier point
06:58hyper intéressant,
07:00c'est qu'il dit
07:01que désormais,
07:02qui que vous soyez,
07:04l'armée qui a le plus
07:05de puissance de calcul
07:06sera l'armée
07:07qui prendra le dessus
07:08sur l'autre.
07:09Et que cette puissance
07:11de calcul est quelque chose
07:13qui sera peut-être
07:15à même
07:16de changer l'équilibre
07:18de dissuasion nucléaire
07:19telle qu'on les connaît
07:19jusqu'ici.
07:21Et en fait,
07:22c'est un avertissement
07:22qu'il lance même au Kremlin,
07:24sachant qu'il a encore
07:24écouté là-bas,
07:25en disant que s'il y a
07:26un retard technologique
07:29de la Russie
07:30dans cette course à l'IA,
07:31c'est quelque chose
07:32qui menacera directement
07:34les intérêts stratégiques
07:36de la Russie.
07:36Est-ce qu'on arrive
07:37à savoir justement,
07:38c'est très compliqué,
07:39je trouve,
07:39pour avoir des données,
07:40pour savoir
07:41quelle est l'avancée
07:42de l'IA en Russie,
07:44que ce soit
07:44si au niveau
07:46des entreprises privées
07:47que de l'État,
07:48on n'a quasiment
07:48pas d'informations.
07:49On a vu,
07:49je crois,
07:50il y a quelques mois
07:50de cela,
07:51le premier robot dévoilé
07:52par le gouvernement
07:54russe,
07:55alors il ne fait pas
07:56le comparaison
07:57par rapport
07:57au robot chinois.
07:58On a un peu l'impression
07:59qu'ils sont justement
07:59en retard
08:00sur cette thématique.
08:00qu'il y a.
08:01Franchement,
08:02je n'ai pas de données
08:03sur les robots
08:04sur place,
08:05etc.
08:08La seule chose
08:09que je peux vous dire,
08:10c'est qu'ils mettent
08:10le paquet
08:11sur la production
08:12de drones
08:13et ensuite l'enjeu
08:14est de connecter
08:15ces drones.
08:16Et donc,
08:18Vladimir Poutine
08:19a inauguré
08:20il y a six mois
08:20une usine
08:21au fin fond
08:21du Tatar 100
08:25qui serait
08:26la plus grande usine
08:28au monde
08:28de production
08:28de drones
08:29où on y fait
08:29la réplique
08:30du drone
08:31Shahed iranien.
08:32Et en fait,
08:33on a vu,
08:33et là je reviens
08:34sur peut-être
08:34le dernier enjeu
08:35du champ de bataille
08:37qui est lié
08:38directement au champ
08:39de bataille
08:39qui est l'enjeu
08:39des télécommunications.
08:41Et pour répondre
08:41à votre question
08:42sur aujourd'hui
08:43à quel point
08:43ils sont avancés
08:44sur l'IA,
08:45etc.,
08:45c'est lié aussi
08:46aux télécommunications
08:46et on voit bien
08:47que leurs drones,
08:48ils n'arrivent pas
08:49à sécuriser
08:51leur propre télé,
08:51leur propre
08:52communication
08:53pour ces drones
08:53si bien qu'ils sont
08:55obligés de passer
08:56de manière détournée
08:57par Starlink.
08:58Ah oui quand même !
08:59Eh ben oui,
09:00mais ça je pense
09:01que c'est un signal
09:02en fait,
09:02c'est un signal
09:03qui nous montre
09:04qu'ils ne sont pas
09:04si souverains que ça.
09:06Complètement,
09:06oui parce que
09:07c'est la base
09:08des télécommunications.
09:08Vous avez eu
09:09il y a quelques semaines
09:10le chef de la diplomatie
09:11polonaise
09:13qui a alerté
09:14sur X
09:15Elon Musk
09:16directement
09:16en lui disant
09:18en gros
09:18c'est quoi ce bordel ?
09:19On voit de plus en plus
09:20de drones russes
09:22qui sont guidées
09:23en Ukraine
09:24par Starlink
09:26et ça,
09:27ça soulève
09:27des questions
09:27qui sont passionnantes
09:29parce que normalement
09:30c'est interdit
09:30mais alors derrière
09:31ils arrivent
09:31à contourner le système
09:33donc ça a créé
09:34une vive émotion
09:34et ce qui s'est passé
09:35ça on l'a appris
09:36il y a une dizaine
09:37de jours
09:38vous avez le ministre
09:40de la défense
09:41ukrainien
09:41qui a établi
09:42une liste blanche
09:43de tous
09:45les terminaux
09:46Starlink
09:46qui sont autorisés
09:47à être connectés
09:49sur le sol ukrainien
09:50donc il est parti
09:51dans ce sens là
09:52il a envoyé
09:53cette liste
09:54à Starlink
09:55et Starlink
09:56a fait en sorte
09:57que tous
09:57les noms
09:58qui ne figurent pas
09:59sur cette liste
10:00n'ont pas accès
10:02et à partir du moment
10:03où ils ont fait ça
10:04on a vu
10:05une baisse
10:06de 50%
10:08du trafic
10:09lié
10:09à Starlink
10:10au-dessus
10:11de l'Ukraine
10:12donc ça
10:13donc preuve
10:13que les russes
10:16communiquaient
10:17via Starlink
10:18donc à minima
10:20le sentiment
10:20c'est effectivement
10:21qu'ils sont en retard
10:22sur ce sujet là
10:22c'est qu'ils sont en retard
10:24et ça
10:25ce que je vous raconte
10:26c'est pas rien
10:27ça aurait plongé
10:29dans le noir
10:30numérique
10:30dans le noir numérique
10:32beaucoup de soldats
10:33et en fait
10:34ça s'est même vu
10:35à travers
10:35des blogueurs russes
10:37dont un
10:38influent
10:39un blogueur russe
10:40qui s'appelle
10:41Yuri Podoliaka
10:42et le 5 février dernier
10:44il écrit
10:45ce que tout le monde
10:47redoutait
10:47est arrivé
10:49Elon Musk
10:50a coupé le disjoncteur
10:5180%
10:52de nos terminaux
10:53ont cessé de fonctionner
10:54nous sommes dans le chaos
10:55complet
10:55voilà ce qu'a écrit
10:57ce blogueur
10:58ce blogueur russe
10:59influent
11:00il y a quelques jours
11:00donc oui je pense
11:01qu'ils ont un peu de retard
11:03passionnant comme toujours
11:04merci beaucoup
11:04peut-être juste dernier point
11:06rapidement
11:07parce que là
11:07c'est quand même lié
11:08aux 4 ans de la guerre
11:09en Ukraine
11:09mais on voit bien que
11:11ça a provoqué
11:12un mouvement de bascule
11:13vertigineux
11:14on voit en ce moment
11:15le parapluie américain
11:17se refermer
11:17de la sécurité
11:19se refermer au-dessus
11:20de l'Europe
11:20et là
11:21ce qu'on va guetter
11:22ensemble à la fin du mois
11:23peut-être début mars
11:24c'est un discours
11:25très rare
11:26du chef de l'Etat
11:26sur la dissuasion nucléaire
11:28donc vous nous en ferez
11:29le bilan j'imagine
11:30exactement
11:30parce que là
11:31l'idée c'est de savoir
11:32qui en s'affranchissant
11:33du parapluie américain
11:35sera prêt à rentrer
11:36sous le parapluie français
11:37de la dissuasion nucléaire
11:39sachant qu'on est le seul
11:39en Europe
11:40avec la Grande-Bretagne
11:41mais dans l'Union Européenne
11:42en termes d'indépendance
11:43nous sommes les seuls
11:44en France
11:44à avoir cette arme nucléaire
11:46et à pouvoir jouer
11:46de cette doctrine
11:47c'est un point important
11:48merci beaucoup Mathieu
Commentaires

Recommandations