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Quand le monde s'affole - D. Trump : la doctrine Monroe en version hard - 09/01
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il y a 1 jour
Ce vendredi 9 janvier, Christopher Dembik présente Quand le monde s'affole dans l'émission Tout pour investir, la masterclass, sur BFM Business. Retrouvez l'émission tous les vendredis à 11h.
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00:00
Tout pour investir, la masterclass, quand le monde s'affole.
00:05
Et on retrouve Mathieu Jolivier, bien sûr, pour parler de géopolitique.
00:08
Alors là, on se doute à peu près des sujets, vous en avez d'ailleurs énormément.
00:11
On va s'arrêter sur un démarrage de la géopolitique qui a été très rapide dès les premiers jours,
00:17
avec bien sûr le Venezuela, mais on va essayer d'avoir une vision un peu plus globale
00:20
et s'écarter uniquement juste la situation Venezuela.
00:23
Grosso modo, vous allez nous parler de la doctrine Monroe.
00:26
Je ne suis pas sûr que tous nos téléspectateurs ou éditeurs soient au courant de cela.
00:29
Je vous laisse un peu évoquer ce que l'on entend.
00:31
Oui, la doctrine Monroe, c'était le président.
00:34
Président Monroe, américain, qui était le président des États-Unis en 1823.
00:38
Et il disait en gros que l'hémisphère occidental,
00:42
qui allait de la Terre du Feu jusqu'au Canada en passant par le Groenland,
00:47
toute cette partie du monde, c'était la chasse gardée des États-Unis.
00:50
Et donc en 1823, Monroe disait aux Européens,
00:54
« Je vous préviens, tout ce qui se passe autour de chez moi dans cette zone-là,
00:57
c'est ma chasse gardée et donc je ne veux pas d'ingérence. »
01:03
Et aujourd'hui, donc, Donald Trump, ce qu'il fait,
01:06
et c'est au cœur de sa revue stratégique sur la sécurité des États-Unis,
01:10
il reprend la doctrine Monroe, mais il en fait une version beaucoup plus hardcore.
01:14
Et donc il la rebaptise la doctrine Monroe.
01:16
Et ce qu'il fait, c'est qu'il dit, Donald Trump, que cette même zone,
01:20
l'hémisphère occidental, c'est une zone déjà qui est à lui,
01:25
où les autres ne peuvent pas venir, que ce sont les intérêts américains,
01:29
mais il va un cran plus loin, il se permet d'intervenir
01:33
jusqu'à aller capturer, exfiltrer, emprisonner sur le sol américain,
01:40
un président, le président du Venezuela.
01:42
Donc on est vraiment sur une version très hardcore de Monroe.
01:48
Et en fait, le diagnostic de Donald Trump, c'est de dire que les États-Unis
01:52
se sont trop éloignés de leur backyard, notamment de l'Amérique latine,
01:57
pour se focaliser sur une lutte contre le terrorisme trop loin de chez eux.
02:03
Et pendant tout ce temps-là, ça a permis à énormément de pays d'Amérique latine
02:09
d'entamer une vague de nationalisation, qui allait contre les intérêts économiques des États-Unis.
02:15
C'est donc ça la doctrine d'Hunrow, c'est ce qui est lointain est aux autres,
02:21
ce qui est autour de moi est à moi.
02:23
Et ça permet d'expliquer en termes de grille de lecture,
02:26
un peu des intérêts à l'égard de l'Ukraine.
02:28
On comprend tout ce qui se passe.
02:29
On comprend le monde selon...
02:30
Une fois qu'on a compris ça, on comprend le monde selon Trump.
02:34
Et c'est pour ça que 2026, c'est vraiment une année où on rentre,
02:38
on bascule tout de suite de manière spectaculaire,
02:40
avec une accélération de la géopolitique que personne n'avait vu venir.
02:44
Et on rentre dans une ambiance d'Hunrow,
02:46
dans une ère qui est une ère hémisphérique,
02:49
et une ère totalement prédatrice.
02:51
Dans cette ère, donc, Donald Trump n'hésite plus à capturer Maduro.
02:55
Quand Donald Trump, il dit aussi ça, il faut l'écouter,
02:58
parce qu'en fait, ce que dit Trump...
03:01
C'est l'un des rares politiques qui fait ce qu'il dit.
03:02
Qui fait ce qu'il dit, exactement.
03:04
Il dit que le canal du Panama est vital pour les États-Unis.
03:07
Il dit aussi que le Groenland l'est tout autant
03:10
pour se protéger des menaces russes et chinoises
03:12
qui sont juste en face dans l'Arctique.
03:15
Quand Donald Trump arraisonne cette semaine deux cargos,
03:19
dont l'un battant pavillons russes dans les eaux internationales,
03:23
il y a un double message.
03:25
Déjà, il dit que tout ce qui est lié au pétrole vénézuélien,
03:29
c'est la chasse gardée des États-Unis.
03:32
Sans même accord de Caracas, parce que là, il n'y a que des discussions.
03:34
Sans même accord de Caracas.
03:37
Et ce qu'il dit aussi, c'est qu'il arraisonne un de ces deux cargos
03:40
au large de l'Islande.
03:41
On n'est pas loin du Groenland,
03:43
donc dans l'hémisphère occidental de Donald Trump.
03:46
Donc, en fait, on a basculé dans un monde
03:49
où Donald Trump devient clairement le shérif d'une partie du monde.
03:55
Et ce n'est pas que des mots, il l'applique en pratique.
03:58
Et finalement, on rentre aussi dans un monde
04:01
où on était habitué à son slogan « America first ».
04:05
Là, on est clairement dans l'hémisphère first.
04:08
Et derrière cela, vous l'avez mentionné un peu avec le pétrole,
04:11
il y a la volonté d'acquérir des actifs qui sont stratégiques.
04:14
Alors, bien sûr, le pétrole, je pense qu'on a parlé beaucoup
04:17
dans « Tout pour investir ».
04:19
Bien sûr, le pétrole aujourd'hui vénézulain dans le sous-sol
04:21
n'est pas accessible.
04:22
Mais en revanche, il y a le pétrole flottant
04:23
que vous avez mentionné, qui est intéressant déjà aussi.
04:26
Oui, il y a le pétrole flottant.
04:28
Mais pour comprendre aussi l'histoire des intérêts économiques
04:33
dans cet hémisphère occidental
04:35
que s'arroge aujourd'hui Donald Trump,
04:40
je vous ai ressorti un sonore cette semaine
04:43
de Donald Trump qui était très claire
04:45
sur ses ambitions envers le pétrole vénézulien.
04:47
Écoutez-le.
04:49
Nous allons avoir de très grandes compagnies pétrolières américaines,
04:54
les plus importantes au monde.
04:56
Nous allons dépenser des milliards de dollars
04:58
pour réparer les infrastructures pétrolières gravement endommagées
05:01
et nous allons générer des profits pour le pays.
05:04
Bon, ça on a compris que si Donald Trump met la main
05:11
sur le pétrole vénézuélien et même au-delà du Venezuela
05:14
sur tout le pétrole qu'il peut y avoir dans cette zone
05:17
de l'hémisphère occidentale,
05:19
c'est une manière pour lui de s'affranchir
05:22
de toute ou partie de l'OPEP,
05:25
d'avoir un contrôle lui-même sur le prix du pétrole,
05:30
de pouvoir tenir un baril qui serait peut-être autour de 50 dollars.
05:33
C'est son obsession.
05:35
C'est son obsession, exactement.
05:36
Il l'a répété encore récemment.
05:38
Et donc c'est très politique, voire même sociétal,
05:40
parce que derrière, c'est aussi respecter sa promesse politique de campagne
05:44
de faire baisser le coût de la vie des Américains.
05:46
C'est aussi ça.
05:47
Et on sait qu'ils sont très sensibles au prix à la pompe,
05:50
les Américains, quand ils s'en sommes.
05:51
C'est ça, c'est ça.
05:52
Et donc c'est aussi ça qu'il y a derrière ce nouvel empire
05:57
qui est en train de se dessiner, hémisphérique,
05:59
qui est en train de se dessiner sous nos yeux.
06:01
C'est aussi répondre à une promesse politique de campagne
06:04
de faire baisser le coût de la vie des Américains.
06:07
Et donc en mettant la main sur le pétrole de sa chasse gardée de l'Amérique latine,
06:10
mais aussi en commençant à placer ses pions sur toute une partie de l'Arctique,
06:15
où, et ça on en parle régulièrement,
06:17
mais où, quelque part à la faveur de la fonte des glaces,
06:20
on a quand même pas mal d'actifs, de ressources stratégiques,
06:25
comme le pétrole, les terres rares, mais aussi l'uranium en Groenland,
06:29
qui commencent à devenir des actifs potentiellement rentables
06:32
si on était amené à les exploiter.
06:34
Oui, il faut rappeler.
06:34
Ce qui était impossible quand il y avait des épaisseurs de glace
06:37
qui rendaient le coût d'exploitation.
06:40
On envisage même que le pétrole offshore groenlandais,
06:43
donc effectivement, pourrait être intéressant.
06:45
Vous avez l'uranium, je crois, juste au sud du Groenland,
06:48
vous avez les sixièmes réserves mondiales d'uranium.
06:51
Et l'uranium, on en a besoin pour de l'énergie à bas coût,
06:53
où il y a, donc automatiquement, ça fait le lien.
06:55
Et avec cette doctrine d'Honro, je ne vais jamais m'habituer au Donro,
06:58
mais ça signifie finalement que du côté chinois,
07:02
ils font un peu ce qu'ils veulent, notamment sur la question de Taïwan.
07:04
Comment on gère ces aspects-là ?
07:05
Chacun son hémisphère, sa zone d'influence ?
07:07
Oui, alors déjà, avant d'aller à Taïwan,
07:12
il faut regarder peut-être déjà aussi l'impact des intérêts économiques chinois,
07:16
justement, en Amérique latine.
07:18
Oui, ils sont très présents.
07:19
Mais ils sont très présents.
07:21
Et là encore, quand je disais, ce n'est pas que des mots,
07:25
que Donald Trump, d'un coup, devient le shérif de toute une partie du monde,
07:29
il faut regarder que le Venezuela et l'Amérique latine, dans son ensemble,
07:33
ont tissé des liens extrêmement forts avec la Chine.
07:37
En gros, tous ceux en dessous des États-Unis, sur la carte,
07:41
tous ces pays qui ont construit un récit politique
07:45
contre l'impérialisme américain,
07:47
ils se sont tous jetés dans les bras des Chinois et des Russes.
07:52
Et écoutez d'ailleurs, je vous ai ressorti aussi un autre sonore.
07:55
Là, on remonte un petit peu plus loin, en septembre 2008,
07:58
Hugo Chavez.
07:59
Hugo Chavez, la bête moire des États-Unis,
08:02
qui s'apprêtait à rencontrer à Pékin l'ancien président Rujin Tao.
08:07
Et Hugo Chavez, qui promettait à l'époque des volumes de pétrole
08:12
qu'il n'avait jamais promis à personne.
08:16
L'an prochain, notre approvisionnement quotidien en pétrole vers la Chine
08:20
sera de 500 000 barils,
08:22
et dans 3 à 4 ans, nous fournirons 1 million de barils de bruts par jour à la Chine.
08:26
Nous n'avons jamais fait une telle promesse à aucun autre pays.
08:29
C'est comme un garage complet.
08:34
Oui, mais c'est intéressant parce que là, ça date de 2008,
08:37
mais ça vous montre aussi que derrière,
08:39
aujourd'hui, la Chine, c'est le premier créancier du Venezuela
08:42
et c'est un des premiers créanciers de toute l'Amérique latine.
08:46
Et en fait, ce que nous dit Trump aujourd'hui,
08:48
c'est que tout ce maillage stratégique économique
08:53
qu'a tissé Pékin depuis 25 ans en Amérique latine,
08:58
quelque part, c'est un actif économique
09:01
qui se retrouve presque sous tutelle américaine.
09:05
Puisque quand on entend Donald Trump qui dit
09:07
tout ce qui se décide au Venezuela, ça passe par moi,
09:10
il parle aussi des 100 milliards de prêts chinois au Venezuela.
09:14
Complètement.
09:15
Et on a l'impression que la Chine,
09:17
bon, elle n'a pas aussi une marge de manœuvre énorme à l'instant T,
09:19
mais elle semble accepter cette situation.
09:21
Je crois que dans la foulée de l'arrestation de Maduro,
09:25
la Chine avait demandé à ses banques,
09:26
qui sont très exposées justement via ses prêts,
09:28
de voir quels vont être les plans de contingentement
09:31
pour limiter le risque.
09:32
Mais finalement, dans cette situation,
09:35
ça montre aussi que Trump,
09:37
même s'il n'y a pas uniquement Trump,
09:38
les Américains sont assez habitués à cela,
09:40
il y a un affranchissement complet des règles internationales.
09:43
On fait ce qu'on veut dans notre précaré.
09:44
– Exactement.
09:45
En fait, on est dans une situation où le rapport de force
09:49
l'emporte sur le rapport de droit.
09:53
Et ça, c'est totalement spectaculaire.
09:54
Et il ne faut pas qu'on s'étonne non plus.
09:56
Écoutez Trump depuis sa campagne présidentielle,
10:00
c'est quelqu'un qui s'est construit sur,
10:02
d'ailleurs ce qui est le titre d'un de ses livres qu'il avait écrit
10:05
il y a une trentaine d'années, sur l'art du deal.
10:06
C'est quelqu'un qui fonctionne en one-to-one.
10:11
Et en fait, il se contrefiche des institutions.
10:16
Et regardez ce qui s'est passé en fait
10:18
quand il est allé capturer Maduro,
10:20
qui est quand même une opération absolument historique,
10:23
au grand mépris de toutes les règles internationales.
10:26
Les seules personnes qu'il avait prévenues,
10:28
ce n'était pas le Congrès,
10:29
c'était les majors pétrolières.
10:31
Et ça, c'est un signal qui veut dire tout.
10:34
Donc en fait, on rentre dans une époque aussi
10:38
où ce rapport de force l'emporte sur le rapport de droit.
10:42
Et ça va si loin qu'on peut même se poser
10:44
des questions assez vertigineuses,
10:46
à savoir, est-ce que finalement,
10:47
qu'est-ce qu'on fait avant de revoir
10:50
les bases du droit international ?
10:51
Est-ce qu'il faut que nous aussi, en étant pragmatiques,
10:54
on s'assoie et on s'affranchisse des règles internationales
10:58
en attendant d'y voir un peu plus clair ?
11:00
Est-ce qu'il faut imaginer peut-être
11:02
un nouveau droit hémisphérique ?
11:04
Où en fait, vous avez deux ou trois grands pôles
11:06
qui s'émergent dans le monde
11:08
avec une partie de l'Asie à Xi Jinping,
11:11
une partie du monde occidental à Trump.
11:16
Et en fait, la loi s'appliquerait uniquement
11:18
dans chacun des hémisphères où vous vous retrouvez.
11:22
Si on pousse le raisonnement en termes de gouvernance,
11:24
même plus loin,
11:25
est-ce que finalement,
11:26
on imagine que chaque année,
11:28
vous avez l'Assemblée Générale de l'ONU,
11:29
qui est quand même le temple du multilatéralisme
11:31
et aussi du droit international,
11:34
est-ce que finalement,
11:35
il n'y a plus d'ONU ?
11:36
Et on bascule dans un monde
11:37
où chaque année,
11:38
vous auriez une conférence hémisphérique
11:41
qui remplacerait l'Assemblée Générale de l'ONU,
11:44
qui se tiendrait à Mar-a-Lago.
11:45
Ça fait de beaux sujets de réflexion, en tout cas.
11:47
Qui se tiendrait à Mar-a-Lago
11:48
avec Donald Trump,
11:49
Xi Jinping et Poutine
11:50
et quelques pays invités,
11:51
comme le Qatar ou la Turquie.
11:52
Ça ouvre des portes.
11:55
Ça ouvre des portes
11:56
et ce n'est pas forcément de la science-fiction.
11:57
C'est une accélération de la géopolitique
12:00
qui se dessine sous nos yeux
12:01
et qui va nous tenir en haleine
12:02
toute l'année 2026.
12:03
Merci beaucoup Mathieu Jolivet.
12:04
On va en parler, je pense,
12:05
même probablement encore
12:06
dès la semaine prochaine.
12:07
Et j'imagine qu'il y aura tôt ou tard
12:08
un sujet consacré uniquement au Groenland.
12:10
et j'imagine qu'il y aura
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