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  • il y a 10 minutes
« Faire la bonne ville suppose de mobiliser toute la filière et de recréer du lien entre les usages », estime Astrid Weill, directrice générale de Groupama Immobilier. Face à la surabondance de bureaux, la transformation devient un levier clé. Le MIPIM permet de confronter les bonnes pratiques, comme Chicago qui a developpé la création de logements abordables en supprimant temporairement la taxe foncière. L’enjeu : repenser la ville pour retrouver l’esprit de « place du village », plus mixte et plus vivante.

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Transcription
00:12Depuis le MIPIM, édition 2026, on est ravis d'accueillir Astrid Veil. Bonjour Astrid.
00:18Bonjour Fabrice.
00:19Vous êtes directrice générale de Groupama Immobilier et avant d'aller plancher sur
00:24comment faire de la bonne ville, on précise que c'est votre 24e MIPIM déjà ?
00:29Oui c'est ça, ça ne me rajeunit pas.
00:31D'accord, mais vous le faites, vous me disiez, avec toujours autant de plaisir.
00:34Pourquoi ? Parce que c'est un peu la place du village et même la place du village mondial.
00:38C'est la place du village mondial.
00:39Déjà voyager en restant au même endroit pendant 5 jours, c'est assez difficile à faire.
00:44Donc ici on peut voyager dans tous les pays, aller chercher toutes les bonnes pratiques
00:47qui peuvent être nées à l'international ou dans les autres villes de France d'ailleurs
00:52et essayer de prendre les bonnes idées.
00:55Parce que quand on a une bonne idée, il faut être sacrément prétentieux
00:58pour penser que personne ne l'a eu avant.
01:00Donc allons donc les chercher là où elles se trouvent.
01:02Et puis c'est une façon aussi de pouvoir rencontrer des personnes qu'on connaît,
01:06qu'on ne connaît pas, qui vont permettre d'avoir ce réseau,
01:10ce maillage très important qui permet de piloter avec agilité notre industrie.
01:16Alors justement, les bonnes idées par exemple, ou les bonnes pratiques,
01:20d'ailleurs on parle beaucoup de la transformation des bureaux en logement.
01:24Voilà, il y a des exemples sans doute sur la planète de gens qui ont fait réussir ce pari.
01:29Alors déjà, moi j'aime bien dire la transformation de bureaux en autre chose
01:32parce que le constat c'est qu'on a fait trop de bureaux.
01:34Donc il faut transformer le bureau qui est celui qui est devenu indésirable,
01:39donc qui ne rencontrera vraisemblablement plus de locataires en bureau.
01:42Et il faut le transformer toujours dans le contexte de faire un quartier qui sera équilibré,
01:48qui fera de la bonne ville.
01:50J'imagine qu'on aura peut-être l'occasion d'en reparler.
01:52Et donc transformer le bureau en logement,
01:55c'est des initiatives où il y a des exemples concrets.
01:58Par exemple, moi j'en ai vu à Chicago.
02:00J'avais eu l'occasion de faire un voyage d'études.
02:03On avait rencontré la ville de Chicago
02:05qui avait une initiative de transformation de bureaux downtown en logement abordable
02:11avec un abandon de taxes foncières et des prêts garantis par l'État.
02:14J'avais même posé cette question à la mairie de Chicago ce jour-là en leur disant
02:18« Mais downtown, il n'y a pas d'école, comment vous faites pour que les gens qui habitent dans
02:22ces logements aillent à l'école ? »
02:23Ils m'avaient répondu « Ils n'ont qu'à ne pas avoir besoin d'aller à l'école. »
02:26Et donc c'est vrai que nous, avec notre ville du quart d'heure
02:30où on se donne l'obligation d'avoir l'école à côté de tous les logements qu'on construit,
02:36on s'est peut-être fabriqué des contraintes supplémentaires.
02:39Des contraintes et en même temps qu'on sait que la ville a aussi ses règles,
02:44qu'il y a des choses qui ne fonctionnent pas ou qui ne fonctionnent plus.
02:46Par exemple, quand on est en mono-utilisation, les bureaux d'un côté, les logements de l'autre,
02:52comment justement on crée cette bonne ville en 2026 ?
02:55Dans les années 70, on a fait beaucoup de quartiers mono-zonés.
02:59Il y avait des endroits où il y avait de l'activité et des bureaux,
03:02d'autres où on faisait des logements.
03:04Et on s'est rendu compte assez vite que ça ne fonctionnait pas.
03:06parce que moi j'aime bien revenir toujours très loin dans l'histoire.
03:10Et puis j'ai participé à la Fondation Palladio, au cycle des auditeurs,
03:15et je suis également au Comex de Palladio.
03:17Et c'est une instance dans laquelle on se rappelle toujours
03:20comment s'est fabriquée la ville tout au début.
03:22avec la place du village, avec l'animation de l'espace urbain,
03:27donc les commerces, les différentes fonctionnalités de la ville,
03:31l'éducation, les activités économiques, et finalement le logement.
03:36Et on sait bien que tout ça doit s'organiser dans un équilibre
03:40qui est cette mixité à l'échelle de l'ensemble des quartiers,
03:43et cette mixité aussi sociale,
03:46parce que maintenant on a appris aussi
03:47que pour faire monter la ville vers le haut,
03:50il fallait mixer les classes sociales.
03:53Et donc faire cette ville-là,
03:55ça nécessite de travailler vraiment ses équilibres.
03:58Et en France, on a des outils absolument miraculeux
04:01de maîtrise urbaine
04:03qui nous ont permis de fabriquer ces villes sur du temps long
04:05en ayant ces quartiers bien équilibrés.
04:08Et il ne faudrait pas que le fait qu'on ait fait trop de bureaux
04:11nous fassent revenir en arrière.
04:13Je reviens sur ce trop de bureaux.
04:14On parle souvent des 6 millions de mètres carrés de bureaux vacants.
04:19Vous dites que c'est peut-être beaucoup plus.
04:20On aurait jusqu'à 30% de nos 100 millions de mètres carrés vacants.
04:23Alors le 6 millions, c'est déjà 7 en fait.
04:25Et c'est en Ile-de-France.
04:27Et généralement, l'Ile-de-France,
04:29il faut faire fois deux pour avoir la France entière.
04:30Et on ne parle pas du monde entier.
04:33Alors, pourquoi est-ce qu'on a fait des bureaux en trop ?
04:35Eh bien, on ne l'a pas fait volontairement,
04:38mais avec le Covid, on s'est rendu compte du jour au lendemain
04:42qu'on pouvait travailler de façon très hybride.
04:44Alors, il y a le télétravail.
04:47Il y a aussi le flex office qui a accompagné le télétravail.
04:52Puisque comme on n'est pas là tous les jours,
04:53on partage son bureau avec d'autres.
04:55Et on n'a plus un bureau à attribuer.
04:56Et tout ça est très facilité par le fait qu'on n'a plus besoin de papier.
05:00Et puis, on n'a plus d'armoire.
05:01Et puis, on n'a plus de poubelle.
05:02Et puis, on n'a plus de locaux copieurs.
05:03Et puis, on n'a plus d'archives.
05:04Et puis, on n'a plus d'imprimantes.
05:06Et puis, voilà, tout ça, on n'a plus.
05:07Donc, on a même des tables qui sont plus petites
05:09puisqu'on ne met rien dessus.
05:11Et ça, c'est des mètres carrés en moins.
05:13Et moi, je pense que c'est peut-être 30% de mètres carrés en moins
05:17à terme qui constituent un parc de bureaux
05:20qui est, oui, en surnombre.
05:23Et alors, ce n'est pas grave parce qu'il y a toujours de la place
05:24pour du bon bureau.
05:25Mais le moins bon bureau, il va falloir le transformer.
05:28Est-ce que le retour des collaborateurs justement au travail,
05:32puisqu'il y a moins de télétravail aujourd'hui,
05:33c'est de nature à changer la donne ?
05:35C'est de nature à changer la proportion de la donne,
05:38mais pas la donne.
05:38Je pense qu'on ne reviendra jamais en arrière
05:41de l'hybridation des modes de travail.
05:42Du fait que c'est beaucoup plus logique
05:44quand on sort d'un rendez-vous à 17h
05:46de rentrer travailler et terminer sa journée à la maison
05:48que de rentrer travailler et terminer sa journée au bureau.
05:51Oui.
05:51Donc, finalement, le bon point d'équilibre, c'est le bon sens ?
05:55Toujours.
05:56Moi, je travaille pour Groupama Immobilier.
05:58Donc, Groupama Immobilier, c'est un groupe
05:59premier assureur agricole.
06:02C'est un groupe mutualiste.
06:03Donc, la gouvernance, ce sont des élus.
06:06Ils sont souvent agriculteurs.
06:07Et donc, notre école préférée, c'est le BSP, le bon sens paysan.
06:10Le bon sens paysan.
06:11Très bien.
06:12Qu'est-ce qu'on vous souhaite pour ce MIPIM édition 2026, Astrid ?
06:15Alors, ce n'est pas la peine de me souhaiter quoi que ce soit,
06:18parce que moi, je suis déjà très heureuse d'être là.
06:20Et je suis heureuse d'y être aussi avec neuf collaborateurs de Groupama Immobilier et de Groupama Manganrim
06:26qui vont passer cette semaine à faire leur réseau, à apprendre des choses, à avoir des nouvelles idées.
06:32On a un projet d'entreprise qui s'appelle Emmenez-nous, qui est un projet collectif et avec une grande
06:38dynamique de mouvement.
06:39Et donc, si on reste derrière son bureau et on n'a pas cette dynamique de mouvement,
06:43donc voilà, moi, je veux pouvoir rentrer avec des collaborateurs enthousiastes, avec plein d'idées.
06:47Merci, Astrid Vé.
06:48Je rappelle que vous êtes directrice générale de Groupama Immobilier.
06:51Et à très bientôt dans ce parti mot.
06:52À très bientôt.
06:53Merci beaucoup, Fabrice.
06:53Sous-titrage Société Radio-Canada
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