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  • il y a 11 heures
Ce lundi 9 mars, Maud Hardy, directrice générale de Refashion, était l'invitée dans l'émission Good Morning Business sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Good morning business, parole de patron.
00:03Trop, trop, trop, trop de déchets textiles, c'est un petit peu ça le sujet ce matin.
00:07Bonjour Modardi, vous êtes la directrice générale de Refashion.
00:10Refashion c'est un éco-organisme qui est en charge de la gestion et la prévention des déchets textiles en
00:15France.
00:16Alors on rappelle un éco-organisme, c'est payé par les marques qui vous délèguent le fait de gérer leurs
00:22déchets.
00:23C'est une petite éco-contribution.
00:24Le problème c'est qu'aujourd'hui avec l'Ultra Fast Fashion, on déborde de déchets textiles et on n
00:31'arrive pas à gérer.
00:32C'est le premier sujet quand même que vous avez à faire face.
00:35Modardi, qu'est-ce qu'on fait ? On doit gérer l'amont et l'aval.
00:38Merci, merci de me recevoir ce matin.
00:40Effectivement, la grande problématique aujourd'hui, c'est comment est-ce qu'on crée un cercle vertueux d'économie circulaire
00:46où on va pouvoir à la fois travailler sur la conception des produits,
00:50comment est-ce qu'on produit des vêtements, des chaussures, du linge de maison plus durables,
00:54mais également comment est-ce qu'on fait en sorte que le citoyen s'engage dans un geste de tri
01:00pour amener ses vêtements usagés, ses chaussures abîmées dans des points de collecte
01:04et ensuite mettre en place toute cette chaîne de collecte, de tri et de valorisation de ses vêtements et de
01:10ses chaussures usagées
01:11pour en faire des nouvelles matières qui vont servir à faire de nouveaux produits.
01:15Donc l'enjeu c'est vraiment ça, travailler à cette boucle d'économie circulaire.
01:18Le problème, vous parlez des co-conceptions, vous avez raison, mais on en parlait avec la patronne de Claudie Pierlot
01:23au Centre Hommage il y a quelques instants, c'est que les gens ont perdu la notion de prix sur
01:28un t-shirt.
01:28Un t-shirt ça vaut moins de 10 euros, peu importe d'où il vient, il y a une notion
01:32de prix qui a été perdue par le consommateur.
01:35Oui absolument, en fait on est passé d'un bien d'équipement, il y a 50 ans on a acheté
01:38un manteau
01:39qui a dû durer 5 ans, 10 ans, à un bien de consommation, où on achète parce qu'on a
01:44envie, parce qu'on a envie de se faire plaisir.
01:47Donc il faut effectivement en plus maintenant adapter toute la chaîne avale
01:51pour pouvoir passer effectivement à une collecte qui va être plus fréquente,
01:55avec des volumes qui vont être plus conséquents, pour pouvoir faire en sorte maintenant
01:59de développer une industrie du recyclage, pour développer cette souveraineté matière en France et en Europe.
02:05On a vu le contexte géopolitique actuel, mais au cœur des débats, la souveraineté européenne.
02:10Avec nos déchets textiles, on peut considérer que ce sont des ressources de demain
02:14et donc il va falloir monter toute cette industrie du recyclage et de la valorisation.
02:18Vous dites il va falloir monter, c'est-à-dire qu'aujourd'hui sur le recyclage du textile,
02:23on recevait ce matin une jeune ingénieure chimiste qui a monté une entreprise
02:27où elle récupère les 30% de coton, elle enlève les 70%, mais elle fait des plaques.
02:32Pour l'instant, c'est le début. On en est où aujourd'hui de l'industrie du recyclage ?
02:36Aujourd'hui, malheureusement, on est encore, comme vous le dites, à des démonstrateurs, à des petits volumes.
02:42Là, l'enjeu, c'est de passer à des unités industrielles qui vont être en capacité de gérer 100 000
02:47tonnes par an,
02:48150 000 tonnes par an.
02:50Et donc là, tout l'enjeu, c'est de se dire que la réforme actuelle du cadre réglementaire
02:54doit nous permettre, nous, Refashion et les marques qui contribuent, qui financent cette éco-contribution,
03:00de financer ces usines qui vont, pour moi, être en capacité de traiter ces volumes.
03:04C'est quoi le modèle pour vous ? C'est ce qui se fait aujourd'hui sur le plastique, par
03:08exemple ?
03:08Ça fonctionne bien ?
03:09C'est comme sur les emballages.
03:10On a effectivement réussi à capter des financements suffisamment conséquents
03:14pour monter des unités qui vont être en capacité de régénérer du polyester
03:18pour refaire d'une bouteille d'eau une autre bouteille d'eau.
03:22Donc ça, c'est sur la presse, une fois qu'on a déjà le textile.
03:25Est-ce qu'aujourd'hui, vous pensez que mettre en place des malus,
03:28mettre en place des colis avec 2 euros supplémentaires,
03:32ça fonctionne pour changer le consommateur ?
03:34L'enjeu, effectivement, c'est de faire en sorte que les produits qui vont arriver sur le territoire national
03:39soient les plus vertueux possibles.
03:41Et donc, on parle de primes et de pénalités pour les produits qui seront les plus durables,
03:46c'est-à-dire les produits qui vont résister à l'abrasion,
03:48qui vont résister lavage après lavage.
03:50Et on parle aussi de pénalités pour les produits, par exemple,
03:53qui vont inclure des perturbateurs de recyclage.
03:56Je vous donne un exemple.
03:57Quand vous achetez un vêtement avec du lurex, les petites fibres brillantes,
04:01ces petites fibres, quand elles passent dans une machine de recyclage mécanique,
04:05elles risquent de mettre le feu à l'installation.
04:07Et donc ça, depuis le 1er janvier 2025, il y a une pénalité.
04:10C'est comme la batterie pour le plastique.
04:12Exactement, comme la batterie pour les trottinettes électriques.
04:15Et on voit des centres prendre feu, littéralement.
04:17Absolument. Donc l'enjeu, c'est de réussir à faire en sorte que la consommation
04:21va suivre les évolutions de l'éco-conception et du tri, de la collecte et de la valorisation.
04:28Donc comment est-ce qu'on fait de la pédagogie aux citoyens ?
04:30Le rôle du citoyen est clé.
04:32Il doit être en capacité de non plus mettre dans les ordures ménagères
04:35son textile usagé ou sa chaussure abîmée,
04:38et les apporter dans un point de collecte.
04:40Il y a en France près de 50 000 points de collecte.
04:43On doit augmenter également cette capacité à collecter,
04:46et le citoyen doit nous aider dans ce mouvement.
04:49Vous êtes un peu jugé parti sur la question que je vais vous poser,
04:51mais est-ce que vous pensez que l'éco-organisme, c'est le bon modèle économique
04:55pour développer la filière de recyclage ?
04:57Parce qu'il y a les subventions d'un côté,
04:58mais il y a aussi la contribution qu'on demande aux entreprises,
05:02qui n'est pas mis d'autres, parce qu'il y en a plein.
05:04Est-ce que c'est le bon modèle ? Est-ce que ça fonctionne bien ?
05:06Alors c'est un modèle qui existe aujourd'hui dans une vingtaine de filières.
05:09On a parlé des emballages, mais il y a également la construction, etc.
05:13C'est un modèle qui est suivi par l'ensemble des pays européens.
05:15Il se trouve que la France a été leader,
05:17on a été pionnière dans la création de la REP,
05:20donc cette fameuse filière, la responsabilité énergique du producteur pour les textiles.
05:24Ça fait bientôt 17 ans que c'est en place en France.
05:27Et maintenant au niveau européen,
05:28ça sera une obligation réglementaire dans deux ans pour l'ensemble des États membres.
05:32Donc je ne sais pas si c'est une bonne ou une mauvaise solution.
05:35A minima, ça fonctionne dans certaines filières.
05:37Merci beaucoup Maudardi d'être venu ce matin dans la matinale de l'économie.
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