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  • il y a 2 jours
Ce jeudi 5 mars, Antoine Poirier, portfolio Manager - Vice Président chez Eiffel IG, explique l'impact de la hausse du cours du gaz et de la facture électrique sur les smallcaps, et les critères de sélection des Smidcaps, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:01BFM Bourse, vos placements, nos conseils sur BFM Business.
00:30Et peut-être aussi de la facture d'électricité.
00:31C'est une bonne question Guillaume, effectivement.
00:33Mais avant toute chose, il nous semble important de remettre les choses en perspective.
00:36Les prix du gaz montent, oui.
00:38Mais on est très loin de la crise énergétique de 2022.
00:40Pour vous donner un chiffre, pour l'illustrer,
00:42les prix du gaz aujourd'hui se traitent autour de 50 euros du mégawatt-heure.
00:45Ce qui est très loin du niveau de la crise énergétique
00:48où on avait des pics à plus de 200 euros.
00:50Ceci étant dit, si la crise s'intensifie et dure,
00:53on pourrait avoir des pays qui soient directement impactés.
00:56On pense à l'Allemagne, on pense à l'Italie
00:58où la sensibilité prix, électricité et gaz est beaucoup plus importante.
01:02En ce qui concerne la distinction entre les small caps et les large caps,
01:05c'est sûr que les large caps ont un avantage compétitif
01:07pour pouvoir négocier des contrats à long terme d'approvisionnement.
01:10Néanmoins, il y a énormément de PME industrielles européennes
01:13qui ont changé et qui ont appris de la dernière crise énergétique.
01:16Elles ont notamment sécurisé une partie de leur approvisionnement.
01:19Elles ont créé des clauses d'indexation.
01:21Elles ont diversifié leur mix énergétique,
01:24ce qui leur permet d'être un peu moins dépendants de ces prix spot.
01:26Et donc, dans ce contexte, on a, au cas par cas,
01:30des situations qui sont un peu plus sensibles.
01:31Mais globalement, on est loin des situations extrêmes de 2022.
01:35Le vrai risque, maintenant, c'est la durée de cette situation.
01:38Les entreprises de l'IA pourraient être victimes de ça
01:40parce qu'il y a besoin d'énergie pour faire fonctionner aussi les data centers.
01:44Justement, qui sont les gagnants, les perdants autour de l'IA, selon vous ?
01:48Effectivement, à l'instar des large caps,
01:50on a vraiment cette question qui continue d'animer les marchés,
01:52qui va réellement capter la valeur de l'intelligence artificielle.
01:56On voit qu'à date, les marchés surpondèrent clairement les infrastructures,
02:00les sociétés de semi-conducteurs.
02:02Et finalement, dans ce marché, dans cette ruée vers l'or
02:05qu'est l'intelligence artificielle, les marchés vont chercher quoi ?
02:07Ils vont chercher les fameux vendeurs de pioches.
02:09Et dans la sphère des small limit caps, il y a un vrai vivier, un vrai potentiel.
02:13A contrario, on voit que les logiciels et les services informatiques
02:16sont clairement sous pression.
02:17On a des niveaux de survente qui sont historiquement élevés.
02:19Et à date, c'est très compliqué de savoir dans quelle mesure
02:22ces business models vont être disruptés par l'intelligence artificielle.
02:25Ce qu'on perçoit, en revanche, c'est qu'on est dans une configuration de marché
02:28où les risques exogènes se densifient.
02:31On voit qu'on a l'IA comme une opportunité ou une menace.
02:34On a la résurgence de ces conflits géopolitiques,
02:36avec en toile de fond un risque inflationniste,
02:38l'évolution du dollar, la menace permanente des droits de douane.
02:41Et donc, in fine, on a des fondamentaux qui restent quand même bons
02:44sur la classe d'actifs, avec des valorisations qui sont attractives.
02:47Mais on a une visibilité qui est très limitée.
02:49Et donc, la discipline d'investissement reste clairement essentielle.
02:51C'est ça, la discipline d'investissement.
02:53Parce qu'on entend souvent, les small caps, c'est un super abri
02:55quand il y a des risques internationaux,
02:56face à la disruption technologique aussi.
02:59Les small caps ne sont pas concernés.
03:00Si, si, ces questions se posent aussi à l'univers des small caps.
03:02Du coup, comment on les sélectionne dans le contexte
03:04avec la disruption de l'IA et les tensions,
03:06plus que les tensions de la guerre au Moyen-Orient ?
03:08Nous, on considère clairement qu'il y a encore des atouts
03:10sur les small caps européennes.
03:11Mais il faut être très sélectif, comme vous l'avez justement dit, Guillaume,
03:14via trois aspects.
03:15Le premier, c'est de diversifier ces risques exogènes.
03:18Vous l'avez compris, on a tendance à aller choisir des sociétés
03:20qui ont un ancrage local, avec des actifs qui sont tangibles,
03:24peu dépendants de l'évolution du dollar, des barrières d'Orient
03:26ou de cette fameuse disruption technologique.
03:28Deuxième élément, c'est d'aller chercher des sociétés
03:30qui ont une croissance bénéficiaire à deux chiffres sur 2026.
03:33Notre constat, c'est que les marchés sont de moins en moins patients
03:36depuis plusieurs trimestres.
03:37Ils ont besoin d'être alimentés régulièrement par du news flow positif.
03:40Et dans ce contexte, il faut aller chercher une dynamique,
03:43une efficience opérationnelle qui reste un soutien.
03:45Et le dernier élément, c'est clairement dans un contexte incertain,
03:48il faut un bon capitaine d'abord.
03:50Et donc dans ce contexte, on va aller chercher des sociétés
03:52avec des top management qui ont de l'expérience,
03:55qui ont une forte crédibilité, avec un alignement avec les minoritaires.
03:58Souvent, on va retrouver d'ailleurs des profils d'entreprises familiales.
04:01Donc pour vous, le top management, c'est hyper important.
04:04Warren Buffett, lui, il n'a cessé d'expliquer tout au long de sa carrière
04:07qu'il fallait investir au contraire dans des entreprises
04:08qui ne dépendaient pas du top management.
04:10Parce que ces entreprises sont tellement compréhensibles par tous
04:13que quoi qu'il arrive, un imbécile saura bien la manœuvrer.
04:15Voilà. Alors, est-ce que le top management, c'est si important que ça ?
04:17Quand on écoute Warren Buffett.
04:18Nous, dans ce contexte, clairement, où les temps sont incertains,
04:21on a envie d'aller chercher des sociétés
04:22où la vision stratégique est claire et sans surprise.
04:25Et surtout, où les mains sont solides, généralement.
04:27Parce que c'est des sociétés qui sont bien comprises.
04:28Alors, des exemples, par exemple, des exemples de small ou mid-cap
04:31dans lesquels vous croyez particulièrement pour la suite de cette année 2026 ?
04:34Écoutez-nous, avec cette lecture, on a retenu trois actions
04:37sur lesquelles nous sommes investis au sein de notre fonds d'investissement
04:39Eiffel Investment Group.
04:40La première, c'est JL Event.
04:42JL Event, c'est une société française qui capitalise autour du milliard d'euros.
04:45C'est une société qui est spécialisée dans l'événementiel.
04:48Leur vrai savoir-faire, c'est qu'ils maîtrisent l'intégralité
04:50de la chaîne de valeur de l'événementiel.
04:51Ils peuvent détenir un concept, un lieu et y associer la logistique.
04:55C'est une vraie référence dans le milieu.
04:56Typiquement, ils ont organisé les Jeux Olympiques 2024,
04:59plus récemment ceux en Italie.
05:01Et ils ont publié tout à l'heure un plus 3,5% aujourd'hui, JL Event.
05:03Le momentum est toujours très bon, justement,
05:05avec un carnet de commandes qui continue à s'intensifier
05:07sur la partie sportive, sur les événements internationaux.
05:10Ils vont avoir la première année pleine
05:12de la fameuse concession du Stade de France
05:13et ils continuent à se développer en international,
05:15notamment via des acquisitions.
05:17Et ça, c'est l'œuvre d'une stratégie qui est portée justement
05:18par un CEO qui est fondateur
05:20et qui détient une part importante du capital.
05:23Première idée, une deuxième.
05:24La seconde idée, c'est une thématique un peu plus défensive,
05:27pour le coup, c'est Steph.
05:28Steph, c'est l'un des leaders européens
05:30dans le transport et dans la logistique
05:32de produits à température régulée.
05:34Ce qu'on apprécie, c'est Steph, c'est le sous-jacent.
05:36Sous-jacent alimentaire, clairement, Steph,
05:38c'est l'un des maillons essentiels,
05:39notamment auprès de la grande distribution.
05:42Et pour le coup, dans ce contexte
05:44avec une incertitude assez forte,
05:45on trouve que c'est intéressant d'être sur cette partie
05:47assez résiliente de l'activité,
05:49notamment dans un contexte de souveraineté alimentaire,
05:51que ce soit à l'échelle locale ou à l'échelle continentale
05:53sur laquelle Steph opère.
05:54En termes de business model,
05:56ce qui est intéressant, c'est qu'il faut un maillage dense
05:58en termes de logistique,
05:59il faut des actifs tangibles qui sont importants,
06:01et ça, ça préfigure de barrières à l'entrée très importantes.
06:04En termes de momentum,
06:05on a une année 2025 qui a été affectée
06:07par des éléments exceptionnels qui ont été négatifs.
06:09Sur 2026, la visibilité est plutôt bonne,
06:11notamment via des contrats pluriannuels,
06:13et ça, c'est l'œuvre, pareil, d'une stratégie
06:15qui est portée par un CEO qui est là depuis de nombreuses années,
06:17qui appartient à la famille fondatrice,
06:19et donc on a cette logique de continuité stratégique.
06:20Donc vous aimez bien Steph, groupe français,
06:23vous aimez bien GL Events, groupe français aussi.
06:24Ça veut dire que, alors, pardon,
06:26je vais revenir toujours au même sujet,
06:29mais face à la guerre au Ménorient,
06:30à la hausse des cours du gaz,
06:31et peut-être à venir la hausse des prix d'électricité
06:33en Italie, en Allemagne,
06:34qui sont plus sujets aux cours du gaz
06:36pour leur prix de la facture électrique,
06:38on privilégie désormais la France ?
06:39On y va quand même au-delà de la France
06:41sur les valeurs européennes,
06:42les micro et mid-cap européens,
06:44même si là-bas, la facture électrique
06:45risque de plus progresser qu'ici en France ?
06:46Clairement, notre approche,
06:47elle se veut diversifier à l'échelle européenne.
06:49Donc, typiquement, on peut vous donner
06:50un dernier exemple sur une valeur
06:51pour vous faire voyager en Italie,
06:52justement, avec Intercos,
06:54qui est un sous-traitant à valeur ajoutée
06:56dans l'industrie de la beauté,
06:57qui capitalise également
06:58autour du milliard d'euros.
06:59Ce qu'on aime chez Intercos,
07:01c'est certes, c'est un sous-traitant,
07:02mais avec un prisme innovation très fort.
07:04Ils ont des formulations
07:05qui sont pour la plupart du temps brevetées,
07:07ce qui leur permet de travailler
07:08depuis de nombreuses années
07:09avec les plus grandes sociétés.
07:10On peut citer L'Oréal,
07:11on peut citer Estée Lauder,
07:13et ils ont également pris le virage
07:14de ces fameuses marques émergentes
07:16qui sont créées par des célébrités
07:19qui se focalisent uniquement
07:20sur le marketing
07:21et qui sous-traitent intégralement
07:22la production et l'innovation.
07:24Et dans ce sens-là,
07:25cette double casquette chez Intercos
07:26permet finalement de lisser
07:27les cycles de consommation
07:28dans une industrie de la beauté
07:30qui tend à accélérer sur 2026
07:31après une année un peu compliquée.
07:33Et Intercos a d'ailleurs publié ce matin,
07:35et le carnet de commande
07:36est relativement bon,
07:38et ça, c'est l'œuvre d'un CEO
07:39qui est un fondateur
07:41qui est encore président.
07:42Tous les chemins mènent aussi.
07:43Exactement.
07:43Antoine Poirier, gérant, FLIG,
07:45ces valeurs que vous détenez en portefeuille,
07:46merci beaucoup,
07:47et vos convictions que vous apportez,
07:48que vous partagez auprès de nos auditeurs
07:49et téléspectateurs.
07:50Merci d'être passé nous voir.
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