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00:30Et peut-être aussi de la facture d'électricité.
00:31C'est une bonne question Guillaume, effectivement.
00:33Mais avant toute chose, il nous semble important de remettre les choses en perspective.
00:36Les prix du gaz montent, oui.
00:38Mais on est très loin de la crise énergétique de 2022.
00:40Pour vous donner un chiffre, pour l'illustrer,
00:42les prix du gaz aujourd'hui se traitent autour de 50 euros du mégawatt-heure.
00:45Ce qui est très loin du niveau de la crise énergétique
00:48où on avait des pics à plus de 200 euros.
00:50Ceci étant dit, si la crise s'intensifie et dure,
00:53on pourrait avoir des pays qui soient directement impactés.
00:56On pense à l'Allemagne, on pense à l'Italie
00:58où la sensibilité prix, électricité et gaz est beaucoup plus importante.
01:02En ce qui concerne la distinction entre les small caps et les large caps,
01:05c'est sûr que les large caps ont un avantage compétitif
01:07pour pouvoir négocier des contrats à long terme d'approvisionnement.
01:10Néanmoins, il y a énormément de PME industrielles européennes
01:13qui ont changé et qui ont appris de la dernière crise énergétique.
01:16Elles ont notamment sécurisé une partie de leur approvisionnement.
01:19Elles ont créé des clauses d'indexation.
01:21Elles ont diversifié leur mix énergétique,
01:24ce qui leur permet d'être un peu moins dépendants de ces prix spot.
01:26Et donc, dans ce contexte, on a, au cas par cas,
01:30des situations qui sont un peu plus sensibles.
01:31Mais globalement, on est loin des situations extrêmes de 2022.
01:35Le vrai risque, maintenant, c'est la durée de cette situation.
01:38Les entreprises de l'IA pourraient être victimes de ça
01:40parce qu'il y a besoin d'énergie pour faire fonctionner aussi les data centers.
01:44Justement, qui sont les gagnants, les perdants autour de l'IA, selon vous ?
01:48Effectivement, à l'instar des large caps,
01:50on a vraiment cette question qui continue d'animer les marchés,
01:52qui va réellement capter la valeur de l'intelligence artificielle.
01:56On voit qu'à date, les marchés surpondèrent clairement les infrastructures,
02:00les sociétés de semi-conducteurs.
02:02Et finalement, dans ce marché, dans cette ruée vers l'or
02:05qu'est l'intelligence artificielle, les marchés vont chercher quoi ?
02:07Ils vont chercher les fameux vendeurs de pioches.
02:09Et dans la sphère des small limit caps, il y a un vrai vivier, un vrai potentiel.
02:13A contrario, on voit que les logiciels et les services informatiques
02:16sont clairement sous pression.
02:17On a des niveaux de survente qui sont historiquement élevés.
02:19Et à date, c'est très compliqué de savoir dans quelle mesure
02:22ces business models vont être disruptés par l'intelligence artificielle.
02:25Ce qu'on perçoit, en revanche, c'est qu'on est dans une configuration de marché
02:28où les risques exogènes se densifient.
02:31On voit qu'on a l'IA comme une opportunité ou une menace.
02:34On a la résurgence de ces conflits géopolitiques,
02:36avec en toile de fond un risque inflationniste,
02:38l'évolution du dollar, la menace permanente des droits de douane.
02:41Et donc, in fine, on a des fondamentaux qui restent quand même bons
02:44sur la classe d'actifs, avec des valorisations qui sont attractives.
02:47Mais on a une visibilité qui est très limitée.
02:49Et donc, la discipline d'investissement reste clairement essentielle.
02:51C'est ça, la discipline d'investissement.
02:53Parce qu'on entend souvent, les small caps, c'est un super abri
02:55quand il y a des risques internationaux,
02:56face à la disruption technologique aussi.
02:59Les small caps ne sont pas concernés.
03:00Si, si, ces questions se posent aussi à l'univers des small caps.
03:02Du coup, comment on les sélectionne dans le contexte
03:04avec la disruption de l'IA et les tensions,
03:06plus que les tensions de la guerre au Moyen-Orient ?
03:08Nous, on considère clairement qu'il y a encore des atouts
03:10sur les small caps européennes.
03:11Mais il faut être très sélectif, comme vous l'avez justement dit, Guillaume,
03:14via trois aspects.
03:15Le premier, c'est de diversifier ces risques exogènes.
03:18Vous l'avez compris, on a tendance à aller choisir des sociétés
03:20qui ont un ancrage local, avec des actifs qui sont tangibles,
03:24peu dépendants de l'évolution du dollar, des barrières d'Orient
03:26ou de cette fameuse disruption technologique.
03:28Deuxième élément, c'est d'aller chercher des sociétés
03:30qui ont une croissance bénéficiaire à deux chiffres sur 2026.
03:33Notre constat, c'est que les marchés sont de moins en moins patients
03:36depuis plusieurs trimestres.
03:37Ils ont besoin d'être alimentés régulièrement par du news flow positif.
03:40Et dans ce contexte, il faut aller chercher une dynamique,
03:43une efficience opérationnelle qui reste un soutien.
03:45Et le dernier élément, c'est clairement dans un contexte incertain,
03:48il faut un bon capitaine d'abord.
03:50Et donc dans ce contexte, on va aller chercher des sociétés
03:52avec des top management qui ont de l'expérience,
03:55qui ont une forte crédibilité, avec un alignement avec les minoritaires.
03:58Souvent, on va retrouver d'ailleurs des profils d'entreprises familiales.
04:01Donc pour vous, le top management, c'est hyper important.
04:04Warren Buffett, lui, il n'a cessé d'expliquer tout au long de sa carrière
04:07qu'il fallait investir au contraire dans des entreprises
04:08qui ne dépendaient pas du top management.
04:10Parce que ces entreprises sont tellement compréhensibles par tous
04:13que quoi qu'il arrive, un imbécile saura bien la manœuvrer.
04:15Voilà. Alors, est-ce que le top management, c'est si important que ça ?
04:17Quand on écoute Warren Buffett.
04:18Nous, dans ce contexte, clairement, où les temps sont incertains,
04:21on a envie d'aller chercher des sociétés
04:22où la vision stratégique est claire et sans surprise.
04:25Et surtout, où les mains sont solides, généralement.
04:27Parce que c'est des sociétés qui sont bien comprises.
04:28Alors, des exemples, par exemple, des exemples de small ou mid-cap
04:31dans lesquels vous croyez particulièrement pour la suite de cette année 2026 ?
04:34Écoutez-nous, avec cette lecture, on a retenu trois actions
04:37sur lesquelles nous sommes investis au sein de notre fonds d'investissement
04:39Eiffel Investment Group.
04:40La première, c'est JL Event.
04:42JL Event, c'est une société française qui capitalise autour du milliard d'euros.
04:45C'est une société qui est spécialisée dans l'événementiel.
04:48Leur vrai savoir-faire, c'est qu'ils maîtrisent l'intégralité
04:50de la chaîne de valeur de l'événementiel.
04:51Ils peuvent détenir un concept, un lieu et y associer la logistique.
04:55C'est une vraie référence dans le milieu.
04:56Typiquement, ils ont organisé les Jeux Olympiques 2024,
04:59plus récemment ceux en Italie.
05:01Et ils ont publié tout à l'heure un plus 3,5% aujourd'hui, JL Event.
05:03Le momentum est toujours très bon, justement,
05:05avec un carnet de commandes qui continue à s'intensifier
05:07sur la partie sportive, sur les événements internationaux.
05:10Ils vont avoir la première année pleine
05:12de la fameuse concession du Stade de France
05:13et ils continuent à se développer en international,
05:15notamment via des acquisitions.
05:17Et ça, c'est l'œuvre d'une stratégie qui est portée justement
05:18par un CEO qui est fondateur
05:20et qui détient une part importante du capital.
05:23Première idée, une deuxième.
05:24La seconde idée, c'est une thématique un peu plus défensive,
05:27pour le coup, c'est Steph.
05:28Steph, c'est l'un des leaders européens
05:30dans le transport et dans la logistique
05:32de produits à température régulée.
05:34Ce qu'on apprécie, c'est Steph, c'est le sous-jacent.
05:36Sous-jacent alimentaire, clairement, Steph,
05:38c'est l'un des maillons essentiels,
05:39notamment auprès de la grande distribution.
05:42Et pour le coup, dans ce contexte
05:44avec une incertitude assez forte,
05:45on trouve que c'est intéressant d'être sur cette partie
05:47assez résiliente de l'activité,
05:49notamment dans un contexte de souveraineté alimentaire,
05:51que ce soit à l'échelle locale ou à l'échelle continentale
05:53sur laquelle Steph opère.
05:54En termes de business model,
05:56ce qui est intéressant, c'est qu'il faut un maillage dense
05:58en termes de logistique,
05:59il faut des actifs tangibles qui sont importants,
06:01et ça, ça préfigure de barrières à l'entrée très importantes.
06:04En termes de momentum,
06:05on a une année 2025 qui a été affectée
06:07par des éléments exceptionnels qui ont été négatifs.
06:09Sur 2026, la visibilité est plutôt bonne,
06:11notamment via des contrats pluriannuels,
06:13et ça, c'est l'œuvre, pareil, d'une stratégie
06:15qui est portée par un CEO qui est là depuis de nombreuses années,
06:17qui appartient à la famille fondatrice,
06:19et donc on a cette logique de continuité stratégique.
06:20Donc vous aimez bien Steph, groupe français,
06:23vous aimez bien GL Events, groupe français aussi.
06:24Ça veut dire que, alors, pardon,
06:26je vais revenir toujours au même sujet,
06:29mais face à la guerre au Ménorient,
06:30à la hausse des cours du gaz,
06:31et peut-être à venir la hausse des prix d'électricité
06:33en Italie, en Allemagne,
06:34qui sont plus sujets aux cours du gaz
06:36pour leur prix de la facture électrique,
06:38on privilégie désormais la France ?
06:39On y va quand même au-delà de la France
06:41sur les valeurs européennes,
06:42les micro et mid-cap européens,
06:44même si là-bas, la facture électrique
06:45risque de plus progresser qu'ici en France ?
06:46Clairement, notre approche,
06:47elle se veut diversifier à l'échelle européenne.
06:49Donc, typiquement, on peut vous donner
06:50un dernier exemple sur une valeur
06:51pour vous faire voyager en Italie,
06:52justement, avec Intercos,
06:54qui est un sous-traitant à valeur ajoutée
06:56dans l'industrie de la beauté,
06:57qui capitalise également
06:58autour du milliard d'euros.
06:59Ce qu'on aime chez Intercos,
07:01c'est certes, c'est un sous-traitant,
07:02mais avec un prisme innovation très fort.
07:04Ils ont des formulations
07:05qui sont pour la plupart du temps brevetées,
07:07ce qui leur permet de travailler
07:08depuis de nombreuses années
07:09avec les plus grandes sociétés.
07:10On peut citer L'Oréal,
07:11on peut citer Estée Lauder,
07:13et ils ont également pris le virage
07:14de ces fameuses marques émergentes
07:16qui sont créées par des célébrités
07:19qui se focalisent uniquement
07:20sur le marketing
07:21et qui sous-traitent intégralement
07:22la production et l'innovation.
07:24Et dans ce sens-là,
07:25cette double casquette chez Intercos
07:26permet finalement de lisser
07:27les cycles de consommation
07:28dans une industrie de la beauté
07:30qui tend à accélérer sur 2026
07:31après une année un peu compliquée.
07:33Et Intercos a d'ailleurs publié ce matin,
07:35et le carnet de commande
07:36est relativement bon,
07:38et ça, c'est l'œuvre d'un CEO
07:39qui est un fondateur
07:41qui est encore président.
07:42Tous les chemins mènent aussi.
07:43Exactement.
07:43Antoine Poirier, gérant, FLIG,
07:45ces valeurs que vous détenez en portefeuille,
07:46merci beaucoup,
07:47et vos convictions que vous apportez,
07:48que vous partagez auprès de nos auditeurs
07:49et téléspectateurs.
07:50Merci d'être passé nous voir.
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