- il y a 4 heures
Brice Soccol, politologue, essayiste et co-auteur du livre : “L'écharpe et les tempêtes : Face aux maires, la défiance inattendue ?” était face à Jean-Baptiste Forray, rédacteur en chef délégué de La Gazette des communes et auteur du livre “Les Frères ennemis de la Côte” lors du débat de la matinale Bonjour Chez Vous. Les deux intervenants sont revenus notamment sur les municipales de Nice avec le duel fratricide entre les deux candidats pour la mairie de Nice : Christian Estrosi et Éric Ciotti.Pour Jean-Baptiste Forray, la situation est intense : « Ce qui est assez savoureux dans ce combat, c’est que c’est une guerre interne à la droite. Les violences intrafamiliales en politique, c’est ce qu’il y a de pire. On assiste à une guerre civile au sein de la droite dure. Avec un Christian Estrosi, qui a été tenté, de se rapprocher de l’extrême droite au moment des régionales de 1988. Et cela, Éric Ciotti l’a rappelé de manière fielleuse. Il y a toujours des allers-retours entre la droite et l’extrême droite à Nice. » Concernant cet ancien duo niçois, le chef délégué de La Gazette des communes rappelle que ce sont "deux personnages qui se connaissent par cœur, deux frères ennemis qui ont menés tous les combats électoraux de Nice et de l’arrière-pays, pendant 20 ans. »Le politologue Brice Soccol évoque l’importance de cette élection dans les enjeux de la Présidentielle : « D’un côté, vous avez un candidat qui représente la droite centriste et républicaine avec Christian Estrosi. D’un autre côté, il y a Éric Ciotti qui incarne une droite souverainiste et nationaliste. Ce sont deux visions stratégiques des droites de la droite que l’on pourrait retrouver à l’élection présidentielle. »Les intervenants ont également précisé que la situation conflictuelle au Moyen-Orient risquait d’impacter les enjeux des municipales françaises, Jean-Baptiste Forray se demande : « Est-ce que Donald Trump n’aurait pas finalement tué les élections musicales ? Le risque est que ce scrutin passe totalement au second plan. » Année de Production :
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00– Et Rémi, on va revenir justement sur la une de la presse régionale.
00:11On va parler municipale dans quelques instants, mais on a longuement parlé d'Iran
00:15et la presse régionale revient sur l'implication de la France dans ce conflit.
00:18– Oui, la France dans la guerre, titre aujourd'hui le Parisien et non la France entre en guerre.
00:22C'est important à souligner car Emmanuel Macron a assuré entreprendre une stratégie strictement défensive
00:28en envoyant le porte-avions Charles de Gaulle en Méditerranée pour soutenir les alliés de la France.
00:32Le Dauphiné libéré a pu par ailleurs interviewer la ministre de la Défense Catherine Vautrin
00:37qui a expliqué l'engagement de la France auprès de ses partenaires au Moyen-Orient
00:42alors que le conflit pourrait s'enliser.
00:44La ministre indique que les services de renseignement français sont en alerte maximale.
00:48– Et pour les Français, les conséquences se font déjà sentir.
00:50– C'est l'angoisse à la pompe, assure l'Alsace.
00:52De son côté, le courrier Picard appelle à la mesure
00:55et assure qu'aucune pénurie n'est prévue comme l'a expliqué hier le gouvernement
00:59alors que le prix du litre de diesel dépasse les 2 euros dans certaines stations.
01:04Le courrier Picard explique qu'il y a la peur du manque dans les prochains jours
01:07mais surtout qu'il y a la peur de la poursuite des hausses des prix.
01:12– Et on va ouvrir notre page spéciale municipale.
01:15Dans quelques instants, notre reportage au cœur de la campagne.
01:18On sera à Limoges, on ira voir également grâce à la presse régionale
01:23« Comment se passe la campagne dans différentes villes ? »
01:26et on regarde justement la presse régionale
01:27qui fait ce matin beaucoup de unes sur cette question des municipales.
01:32Rémi, on commence par la une de Corse Matin.
01:36– Effectivement, Corse Matin revient sur le passé encombrant
01:39d'un candidat RN à Ajaccio.
01:41Yann Fleurquin, 35e sur la liste Rassemblement National,
01:44a écopé de 12 ans de réclusion pour l'homicide d'un marginal à Ajaccio en 2003.
01:50François Filoni, la tête de liste, assure qu'il ignorait le passé judiciaire de son colistier.
01:55De son côté, la Voix du Nord passe au crible plus de 1 200 bilans de maires du nord de
01:59la France.
02:00Des mandats qui se sont déroulés au cœur des crises Covid,
02:03de la guerre en Ukraine, de l'inflation et des catastrophes climatiques
02:06et qui ont retardé de nombreux projets municipaux.
02:10– Autre sujet, les prochaines élections municipales doivent faire face, Rémi, au défi de la féminisation.
02:16– C'est le sujet du jour dans Sud-Ouest, car sur les 900 000 candidats en France,
02:2051,32% sont des hommes et 48,67% de femmes.
02:25Alors pourquoi une telle différence ?
02:27Parce que dans trois communes sur cas, ce sont des hommes en tête de liste.
02:30Sur les presque 50 000 listes déposées, 37 633 sont conduites par un homme
02:36et seulement 12 265 par une femme.
02:39Autre chiffre, sur les quelques 900 000 candidats qui se présentent,
02:43574 400 appartiennent à une liste sans étiquette politique,
02:46soit près de deux candidats sur trois.
02:48– Merci beaucoup, merci Rémi pour ces chiffres de la campagne
02:51et on entame, ça y est, notre tour de France du jour de cette campagne des municipales
02:55pour tout comprendre.
02:56Des enjeux ville par ville, on va rejoindre Vincent Coste.
02:58Bonjour Vincent, merci beaucoup d'être avec nous.
03:00– Bonjour Réaline.
03:01– Vous êtes journaliste au Midi Libre
03:03et du coup, on va aborder deux sujets avec vous.
03:07Deux villes, dans quelques instants, on va parler de Nîmes,
03:08mais on commence par Montpellier.
03:10Comment s'annonce le scrutin ?
03:12– Montpellier où le maire Michael Delafoix est candidat à sa propre succession,
03:19candidat largement favori ainsi que l'indique l'ensemble des sondages
03:23en quête d'opinion publiés depuis le début de cette campagne
03:28avec environ entre 15 et 20 points d'avance sur sa principale rivale,
03:32comme l'indiquent les sondages, Nathalie Oziol pour la France Insoumise.
03:36Et derrière, on retrouve quatre candidats, l'humoriste Rémi Gaillard,
03:42l'ancien maire Philippe Sorel, le milliardaire et entrepreneur Moed Altrad
03:49et la candidate du Rassemblement national, France Jamais,
03:52et quatre candidats qui se tiennent entre 8 et 10% dans la marge d'erreur
03:57pour accéder ou pas au second tour.
03:59Et les projections pour le second tour, suivant les cas de figures étudiées,
04:04donnent pour l'instant Michael Delafoix, gagnant dans tous les cas de figures.
04:08– Voilà pour Montpellier, merci beaucoup Vincent.
04:11On va passer dans la ville voisine, un autre département, c'est Nîmes.
04:13Nîmes, c'est la plus grande ville détenue actuellement par les Républicains,
04:17mais la droite part dispersée alors qu'elle détient la ville depuis 25 ans.
04:21– Oui, et ça pourrait devenir la plus grande ville détenue par un communiste,
04:26puisque la gauche, comme à Montpellier d'ailleurs,
04:30avec la liste menée par Michael Delafoix,
04:32la gauche hors LFI s'est unie très rapidement,
04:36mais c'est un communiste qui est tête de liste, Vincent Bouget,
04:40et lui aussi est donné en tête par les divers sondages publiés
04:45depuis le début de cette campagne.
04:48il profite d'une division à droite, le maire ressortant Jean-Paul Fournier
04:51ne se représente pas, deux de ses anciens adjoints,
04:54Franck Proust et Julien Plantier,
04:59se présentent tous les deux,
05:02et donc se partagent les voix,
05:06une lutte fratricide à laquelle se mène également
05:09le candidat du rassemblement Julien Sanchez.
05:12Mais aujourd'hui, ce qui n'était pas forcément envisageable à une époque,
05:17il y a une option et une fenêtre pour que la ville de Nîmes revienne à gauche
05:24après plusieurs mandats de Jean-Paul Fournier,
05:29maire emblématique UMP de la capitale du Gard.
05:34Merci Vincent Coste pour ce point sur les municipales à Montpellier et à Nîmes.
05:40Merci Vincent.
05:41Au public, Sénat poursuit son tour de France.
05:43Des débats après Lille, Biarritz, Brest, Rennes.
05:46Vous suivrez ce soir à 17h le débat entre les candidats à la mairie de Saint-Étienne.
05:50Saint-Étienne, où se joue la succession de Gaëlle Perdriot,
05:54l'ancien maire incarcérée depuis janvier après sa condamnation à 4 ans de prison,
05:58ferme pour chantage à la sex-tape, a été d'ailleurs remis en liberté hier
06:03sous contrôle judiciaire dans l'attente de son procès.
06:06Et à Saint-Étienne, on retrouve Céline Hercia, rédactrice en chef de TL7,
06:11la télévision locale de la Loire-Lachène,
06:13qui propose donc un débat avec public Sénat entre les candidats stéphanois.
06:17Ce soir, quels sont les enjeux et les projections pour le second tour ?
06:21C'est ici, dans ce studio de TL7, que les huit candidats à la mairie
06:25vont pouvoir confronter leurs idées et leurs projets.
06:28Ces élections municipales se jouent dans un contexte particulier pour la ville,
06:32après trois années marquées par l'affaire judiciaire liée à l'ancien maire Gaëlle Perdriot.
06:37Un épisode qui a fragilisé la majorité municipale
06:40et profondément marqué l'opinion locale.
06:42Aujourd'hui, beaucoup d'habitants parlent d'un besoin de stabilité et de confiance retrouvée.
06:47La situation municipale stéphanoise est fracturée,
06:50avec une majorité sortante divisée.
06:52Deux candidats issus du même camp de droite et du centre se disputent le siège de maire.
06:57Marc Chassou-Béné, soutenu par des élus de l'équipe précédente.
07:01Et Siam Labiche, adjointe jusqu'ici, qui a décidé de se présenter sans étiquette.
07:06Face à eux, plusieurs listes représentent les autres sensibilités politiques de la ville.
07:10Régis Joannico, candidat socialiste, ancien député soutenu par une large coalition de gauche.
07:16Il désire reconquérir la mairie après plusieurs années sans majorité de gauche.
07:20À droite, pour les Républicains, on retrouve l'ancien député de la droite, Dino Cignéry.
07:26Il propose une liste d'alliances de droite.
07:29Autre candidat, Éric Lejahouen, soutenu par Horizon, ancien patron du MEDEF de la Loire.
07:34Le Rassemblement national est représenté par Corentin Jousserand.
07:37Une liste lutte ouvrière est menée par Romain Brossard.
07:40Et enfin, une liste portée par Valentin Mercier est proposée pour la France insoumise.
07:45Vous l'avez compris, c'est un scrutin particulièrement ouvert pour les Stéphanois.
07:50Et les enjeux sont très concrets.
07:52Redynamiser le centre-ville, gérer les finances locales, améliorer les services publics,
07:57la sécurité et l'attractivité économique,
08:00mais aussi restaurer la confiance envers les institutions municipales
08:03après des épisodes qui ont profondément marqué les esprits.
08:07Nous donnerons 1h30 aux candidats pour débattre et convaincre.
08:10Merci beaucoup.
08:11Merci Céline d'avoir été avec nous.
08:14Et on le rappelle, le débat TL7-Public-Sénat entre les candidats à la mairie de Saint-Etienne,
08:20il est à suivre ce soir à 17h sur notre antenne.
08:23Et en plus des débats, nous vous emmenons au cœur de la campagne,
08:27dans les différentes villes-directions Limoges,
08:29où la division touche autant la droite que la gauche,
08:32ce qui rend l'élection incertaine.
08:33Bastion de gauche passée à droite en 2014.
08:36La ville pourrait à nouveau changer de couleur politique
08:38avec un insoumis qui espère bien arriver en tête de la gauche au premier tour.
08:42Le reportage est signé Jérôme Rabier.
08:45Émile Roger-Lomberti ne veut pas quitter la mairie de Limoges.
08:49Même lâché par son parti, Les Républicains,
08:51et une bonne partie de sa majorité qui souhaitait un renouvellement,
08:55à 75 ans, le maire repart en campagne.
08:59Et on a été obligés en plus de se passer de gens qui étaient sur la liste,
09:04qui auraient pu être sur la liste,
09:05et qui n'y ont pas été, parce qu'on était trop nombreux.
09:09Allez, en route !
09:11Il cible volontiers celui qui veut prendre sa place à droite, Guillaume Guérin,
09:16et répond avec une verve intacte à ceux qui l'accusent de faire la campagne de trop.
09:20Il y a des saloperies qui me disent que je suis trop vieux,
09:23et je me dis que pour servir les autres, on n'est jamais trop vieux.
09:27Je voulais transmettre à Guillaume Guérin en 2025,
09:32et il a refusé de prendre la fonction de maire,
09:36jugeant qu'il devait la gagner,
09:38et je lui avais dit que ça mettrait la droite et le centre en grande difficulté et en séparation.
09:46Celui qui a ravi la ville OPS en 2014, après 102 ans à gauche,
09:51jure d'aller au bout de sa démarche, y compris au second tour.
09:55Face à lui, Guillaume Guérin joue la carte de la jeunesse et du renouvellement.
09:59Déjà président de la métropole, il veut désormais prendre l'hôtel de ville.
10:03En meeting, il fait entendre ses griefs envers le maire sortant.
10:08Je lui en veux sur un plan humain,
10:10parce que son investiture de 2014, il me la doit.
10:14L'organisation de sa campagne de 2014 et de 2020, il me la doit.
10:18Et je regrette que les choses se soient passées de la sorte.
10:22Investi par les LR, il défend aussi un rassemblement plus large,
10:26y compris avec l'ancienne équipe.
10:28Force est de constater que sur 15 adjoints de la majorité, 12 sont partis avec moi.
10:31Donc je suppose qu'eux-mêmes ont constaté que j'étais le vote utile.
10:35Je fais en sorte de rassembler très au-delà de ma seule étiquette politique.
10:38Je crois qu'on le montre, parce qu'on va du PRG à LR,
10:41en passant par tous les partis centristes.
10:43Si la droite est profondément divisée,
10:46avec en plus une liste centriste menée par un ancien adjoint au maire,
10:49la gauche n'est pas plus unie.
10:51Député LFI, Damien Maudet,
10:53est à la tête d'une alliance des écologistes et des insoumis.
10:57Ce jour-là, avec une colistière infirmière libérale,
11:00il va chez une patiente parler de son projet sur la santé.
11:04Alors du coup, vous connaissez Sophie depuis combien de temps ?
11:08Oh, presque dix ans.
11:11Les insoumis peuvent rêver d'être en tête de la gauche au premier tour,
11:14mais une alliance est loin d'être acquise avec le PS.
11:17On a une grande difficulté, c'est qu'en Haute-Vienne,
11:20le parti socialiste est sans doute un des partis socialistes les plus,
11:23on va dire, recroquevillés sur lui-même de toute la France,
11:27qui est sur une ligne plutôt Hollande-Gluxmann,
11:29d'ailleurs François Hollande est venu.
11:30Mais nous, on le dit, une fois en tête,
11:33on appellera les socialistes à venir pour faire une fusion au second tour.
11:36Et or, on regrette que le parti socialiste soit incapable
11:39de se positionner sur le second tour aujourd'hui.
11:43Pour le parti socialiste, Thierry Miguel revendique lui aussi l'union
11:47avec le parti communiste et place publique.
11:49Chef de file de l'opposition,
11:51il veut redonner à l'ancienne capitale de région son dynamisme.
11:55Le commerce, on a beaucoup d'idées,
11:58pour vous aider en tout cas, pour faire en sorte d'améliorer le centre-ville.
12:01Mais Thierry Miguel le sait, comme pour la droite,
12:04seule une alliance de second tour permettra à la gauche de l'emporter.
12:07Je prendrai mes responsabilités au soir du premier tour
12:10pour faire en sorte que Limoges revienne à gauche,
12:13parce que je ne veux pas simplement pour dire qu'elle revient à gauche,
12:16mais pour être au service des habitantes et des habitants de Limoges, oui.
12:19Donc il faudra du dialogue, il faudra du compromis,
12:21mais sur la base des valeurs qui sont les miennes,
12:23à savoir les valeurs républicaines très affirmées.
12:26Le résultat s'annonce très serré.
12:28Et avec un rassemblement national qui espère aussi passer la barre des 10%,
12:32cinq candidats pourraient se maintenir au second tour,
12:36rendant tout pronostic incertain.
12:39Et on regarde ensemble la liste de l'ensemble des candidats à la mairie de Limoges.
12:44Et on le rappelle, le premier tour de cette élection municipale aura lieu dans dix jours.
12:49Ce sera le dimanche 15 mars.
12:50Et on va revenir sur les Limoges, sur la ville de Nice,
12:53sur les enjeux de cette élection.
12:55Bonjour Brice Socol, merci beaucoup d'être avec nous.
12:57Merci.
12:57Politologue et séiste co-auteur de ce livre avec Frédéric David.
13:00On va le voir, l'écharpe et les tempêtes face aux mers.
13:02La défiance inattendue, c'est aux éditions de l'aube.
13:05Jean-Baptiste Forêt, bonjour.
13:07Merci Jean-Baptiste d'être là, rédacteur en chef délégué à la Gazette des communes.
13:11Vous avez écrit un autre livre, vous, ça s'appelle Les frères et demi de la côte.
13:14Ça parle évidemment du duel entre Christian Estrosi et Éric Ciotti.
13:18On va y revenir, il y avait un débat hier, c'est aux éditions Plon.
13:22Un mot sur Limoges, on vient de voir, qui pourrait du coup rebasculer,
13:26rechanger de couleur politique, repasser à gauche.
13:29Mais pour ça, il faudrait que l'EPS et que la France insoumise s'allient.
13:33Ça fait partie des enjeux politiques de ces élections.
13:36Brice Socol, ces duels entre LFI et l'EPS,
13:39qui pourraient déboucher sur des alliances ou pas ?
13:41Évidemment, c'est un des enjeux de second tour pour la gauche,
13:45ce qu'on appelle la gauche plurielle.
13:47Limoges est très particulière.
13:49Limoges a été socialiste de 1912 à 2014.
13:55La droite l'a emporté de 600 voix en 2014,
13:58a été réélu en 2020.
14:00C'est une ville intéressante parce qu'en fait, vous savez, c'est la Haute-Vienne.
14:03En Haute-Vienne, il y a juste neuf quartiers prioritaires de la ville.
14:07Ça s'appelle les QPV.
14:08Et ces neuf QPV sont dans la ville de Limoges.
14:11Donc c'est une ville qui, sociologiquement, est à gauche.
14:14Aujourd'hui, elle est pilotée par un maire de droite,
14:18un président d'agglomération de droite,
14:21qui se divise à l'approche de ces élections municipales.
14:25Et donc, Limoges fait partie de ces villes
14:27que la gauche pourrait, en effet, reconquérir.
14:30La condition, c'est qu'il faudrait une union des gauches au second tour.
14:33Et c'est vrai que dans le contexte actuel, depuis notamment les discussions budgétaires,
14:38depuis la dissonance entre LFI et le Parti Socialiste,
14:42il y aura débat, il y aura débat pour ce second tour.
14:44François Hollande est venu soutenir le candidat socialiste.
14:47Je crois que M. Glucksmann vient demain soutenir le candidat socialiste
14:50avec des positions très claires.
14:52Pas d'alliance au second tour avec LFI.
14:55Voilà, tout l'enjeu pour la gauche, s'il souhaite prendre cette ville,
15:00c'est une alliance au second tour.
15:02Dans quelles conditions c'est à eux de répondre,
15:04et aux électeurs de répondre dans les prochains jours ?
15:07Jean-Baptiste.
15:08Oui, alors c'est un éléphiste, pas comme les autres en fait,
15:12qui est le chef de file de la France insoumise à Limoges.
15:16C'est un ancien collaborateur de Ruffin.
15:19Donc, il incarne une ligne qui n'est pas exactement celle de Jean-Luc Mélenchon,
15:23mais c'est peut-être lui qui pourrait rapporter le plus beau trophée au parti.
15:27Parce que Limoges est quand même une grande ville,
15:29c'est la Jérusalem du socialisme, quand même une ville très emblématique.
15:34Donc, c'est une ville dont on ne parle pas tellement dans ses municipales,
15:37mais qui pourrait sortir du chapeau au dernier moment en faveur de Jean-Luc Mélenchon.
15:43Et du coup, si la gauche l'emporte, ça veut dire que la droite la perd.
15:47La droite, elle joue aussi gros dans ses municipales, Brice Socol ?
15:51Alors, la droite, vous parlez des Républicains.
15:53Les Républicains jouent très gros.
15:55Vous voyez bien, les Républicains sont dans une position aujourd'hui plutôt de faiblesse.
15:59Ils risquent de perdre, on en parlait, vous en parliez tout à l'heure à l'antenne,
16:01la ville de Nîmes.
16:02Nîmes qui est la ville que possèdent les Républicains, plus de 100 000 habitants.
16:06Il y a une division de la droite, là aussi, comme à Limoges.
16:09Et Nîmes, comme Limoges, pourrait basculer, en effet, à gauche.
16:13Nîmes au Parti communiste, une alliance un peu large,
16:16mais dirigée par le Parti communiste.
16:18Et puis, Limoges, juste pour revenir sur Limoges un instant,
16:21il y a trois députés, vous savez, dans le département,
16:23et il y a deux députés, les filles, un député socialiste.
16:26Donc, il y a tout ça pour vous dire que sociologiquement,
16:29c'est quand même très, très à gauche.
16:32Nîmes, c'est un peu différent, même si Nîmes a déjà été communiste.
16:34Mais encore une fois, les Républicains, aujourd'hui,
16:36sont plutôt dans une position de faiblesse.
16:39Et quand on va faire le bilan de ces élections municipales,
16:42si jamais ils perdaient Nîmes,
16:44ils perdraient leur principale ville de plus de 100 000 habitants.
16:47– On va parler d'une autre ville et un autre duel.
16:50Hier soir avait lieu, sur France 3, le premier débat
16:52entre les candidats à la mairie de Nice,
16:54donnant lieu à un affrontement entre les deux frères ennemis,
16:58le maire sortant, Christian Estrosi, son rival, autrefois allié.
17:01Éric Ciotti, on regarde un extrait.
17:02– Le Conseil d'État a tranché l'extrême droite.
17:07L'ERN est incarné par M. Ciotti.
17:09Aujourd'hui, j'incarne Nice, comme je l'ai toujours incarné,
17:13au centre à droite, je suis gaulliste et niçois.
17:16Il a été estrosiste.
17:17Il a été sarkoziste.
17:19Il a été filloniste.
17:20Il a été voquériste.
17:21Il a été pécréciste.
17:23Il est aujourd'hui le péniste.
17:24Qu'est-ce que vous voulez que j'y fasse ?
17:25Aujourd'hui, aujourd'hui, aujourd'hui, aujourd'hui, aujourd'hui,
17:31dans une chambre d'hôtel, l'hôtel Mercure à Marseille.
17:36Jean-Baptiste, je le disais, vous avez publié
17:38Les frères ennemis de la côte.
17:39C'est un petit peu l'illustration de votre livre,
17:41ce qu'on vient de voir.
17:43Ce duel entre eux et Christian Estrosi, Éric Ciotti,
17:47qui, on le rappelle, il y a encore quelques années,
17:49étaient des alliés.
17:50Oui, c'est ce qui est assez savoureux dans ce combat,
17:54c'est que c'est une guerre interne à la droite.
17:56C'est ce qu'il y a de pire, finalement,
17:58les violences intrafamiliales en politique.
18:00On assiste à une guerre civile au sein de la droite dure,
18:04avec un Christian Estrosi, Éric Ciotti,
18:06l'a rappelé de manière très, très fielleuse,
18:08qui, à un moment, a quand même été tenté
18:10par une alliance avec le Front National, à l'époque,
18:13au moment des régionales de 1998.
18:16Donc, il y a toujours des allers-retours
18:18entre la droite et l'extrême-droite à Nice.
18:20Et c'est ce qui rend cette ville très intéressante.
18:22C'est le laboratoire de ce qu'Éric Ciotti appelle
18:24l'union des droites,
18:26avec, évidemment, un combat de frères ennemis
18:29entre deux personnages qui se connaissent par cœur,
18:31qui ont quand même mené tous les combats électoraux à Nice,
18:35mais aussi dans l'arrière-pays pendant 20 ans.
18:38Donc, ils ont des dossiers longs comme le bras l'un sur l'autre.
18:41Et la campagne, de ce point de vue-là,
18:43nous réserve sans doute encore pas mal de surprises.
18:45Oui, effectivement.
18:46Il y a plusieurs questions autour de Nice.
18:48Alors, d'abord, on va voir le sondage,
18:50le dernier sondage sur la ville de Nice,
18:53qui donne pour le moment Éric Ciotti vainqueur.
18:56Ça veut dire que Christian Estrosi,
18:58ça va être un test pour lui de savoir
19:00si le Front républicain marche encore ?
19:02Absolument.
19:03En fait, c'est une élection très importante
19:05dans la perspective des présidentielles.
19:07Parce qu'en principe, on fait campagne
19:09sur, évidemment, un bilan et sur un programme.
19:11Quand on regarde les programmes de l'un et de l'autre,
19:13Christian Estrosi, on ne peut pas lui reprocher
19:15de ne pas avoir œuvré, par exemple, sur la sécurité.
19:17Je crois qu'il y a d'ailleurs un hôtel de police
19:20qui est en train d'être construit.
19:22Très, très tôt, il a investi sur la sécurité.
19:24Donc, ce n'est pas un thème différenciant.
19:26Ce n'est pas sur le tourisme,
19:28ce n'est pas sur l'attractivité de la ville.
19:29La différence, elle est vraiment stratégique et politique.
19:32Vous avez d'un côté un candidat
19:34qui représente ce qu'on appelait avant
19:37cette droite républicaine.
19:38Vous aviez le RPR et l'UDF,
19:40droite centriste incarnée par Christian Estrosi.
19:43Et de l'autre côté, vous avez cette nouvelle droite
19:47incarnée ici par M. Ciotti,
19:49qui est une droite qu'on qualifie aujourd'hui
19:52de souverainiste nationaliste.
19:54Donc, c'est intéressant parce que, en fait,
19:56c'est une deux visions stratégiques des droites,
20:00ou de la droite, que l'on pourrait retrouver
20:02à l'élection présidentielle.
20:03Donc, ce scrutin, il n'est pas anodin.
20:04C'est d'abord un scrutin, non pas que local,
20:07mais c'est un scrutin stratégique et national
20:10pour la droite.
20:12Il y a aussi, alors, il y a deux visions politiques,
20:14mais c'est aussi, Jean-Baptiste,
20:17et vous avez donc moins étudié la question,
20:19là, on est aussi dans un affrontement personnel.
20:21Ah, on est dans un mano-a-mano permanent.
20:25C'est-à-dire que, moi, on m'a raconté
20:27que dans les Clos de Boulle,
20:28qui sont des nids de voie à Nice,
20:31quand Christian Estrosi arrive,
20:32on sort le portrait de Christian Estrosi,
20:35Éric Ciotti arrive dix minutes plus tard,
20:36on sort le portrait d'Éric Ciotti.
20:38Ça fonctionne de cette façon-là.
20:41Éric Ciotti fréquente beaucoup les enterrements,
20:44parce que c'est quand même un électorat aussi,
20:46parfois, les personnes âgées,
20:48et il lui arrive de planter des banderies
20:50contre son meilleur ennemi
20:51devant le cercueil du défunt.
20:53C'est pour vous dire jusqu'où va cette haine ancestrale.
20:57Ce qui est intéressant sur le plan national,
21:00c'est quand même, vous le disiez,
21:01c'est que Nice est quand même le symbole
21:03de cette droite écartelée depuis 2017
21:05entre Emmanuel Macron,
21:07qu'a choisi Christian Estrosi.
21:09Il était le premier à droite à opter pour Emmanuel Macron.
21:12Il a beaucoup de flair.
21:13Christian Estrosi, c'est un animal politique.
21:14Il ne faut surtout pas...
21:15Même s'il a dit hier, je ne suis pas macroniste.
21:17Oui, alors bon, il a un petit peu changé de perspective
21:21avec l'évolution politique, comme beaucoup d'autres,
21:26comme Édouard Philippe, par exemple,
21:27qui est son chef de file à Horizon.
21:29Et puis, de l'autre côté, on a Éric Ciotti,
21:31qui s'est fiancé en 2024 avec Marine Le Pen.
21:36Et à ce moment-là, Éric Ciotti, il était extrêmement seul.
21:39C'est-à-dire que la seule qui l'a suivie
21:42dans l'aventure de cette alliance avec le RN,
21:45c'est la députée locale Christelle Dintorni,
21:47qui avait déjà un pied et quatre orteils
21:49au Rassemblement national.
21:51Mais depuis, il ne cesse de marquer des points.
21:53C'est-à-dire que ce qu'on appelle le front républicain,
21:56aujourd'hui, le cordon sanitaire,
21:58il est en train de sauter toutes les dix-hautes.
22:00On a vu la semaine dernière François Fillon
22:02poser au restaurant à Nice avec Éric Ciotti,
22:06ce qu'on appelle les cartes postales en politique.
22:08On a vu Guy Drude venir soutenir,
22:11ancien ministre chiracien,
22:12ancienne gloire de l'athlétisme français,
22:15venir soutenir Éric Ciotti.
22:17Et il marque des points aussi sur le plan local,
22:20puisqu'on voit beaucoup de notables
22:22se rallier à la candidature d'Éric Ciotti,
22:25le président du club de foot,
22:27Jean-Pierre Rivère de l'OGCN,
22:29l'ancien bâtonnier, le patron des patrons.
22:31Et ça, c'est quand même le signe, peut-être,
22:32que le vent tourne à Nice.
22:34Ce qui est intéressant, c'est le second tour,
22:37c'est voir ce que vont faire les socialistes.
22:40Parce qu'est-ce qu'on va être de nouveau
22:41dans un front républicain ou pas ?
22:44C'est-à-dire que là aussi, le Parti Socialiste,
22:46en tout cas ses électeurs, vont être déterminants.
22:48Dans le second tour, c'est une...
22:50On s'aperçoit que dans les principales métropoles françaises,
22:53l'enjeu est un enjeu de second tour.
22:55Voilà.
22:55Que ce soit pour les candidats de droite
22:57ou pour les candidats de gauche.
22:59Il y a un vrai continuum
23:00entre le premier tour et le second tour.
23:01Donc ça va être intéressant.
23:02Nice est intéressant.
23:03Je pense que ce n'est pas du tout perdu
23:05pour Christian Etrosy,
23:06même si on peut considérer qu'il y a une dynamique,
23:09qu'il y a une partie des électeurs de droite
23:10qui aujourd'hui vont vers l'extrême droite.
23:11Mais ce qui est intéressant, c'est
23:13comment vont se reporter les voix au second tour ?
23:15Et c'est pareil à Paris, c'est pareil à Marseille,
23:19c'est pareil à Nice, c'est pareil à Toulouse.
23:20Dans toutes ces grandes métropoles,
23:22les seconds tours vont être déterminants.
23:24Mais est-ce que sur le plan national,
23:26si jamais Éric Ciotti gagne,
23:28ce sera aussi une forme de validation de sa stratégie ?
23:32La preuve que l'électorat, autrefois LR,
23:36va de plus en plus vers le Rassemblement national.
23:39Même s'il n'a pas l'étiquette Rassemblement national,
23:41Éric Ciotti, mais quand même.
23:42Oui, je crois qu'il a passé une sorte de contrat implicite
23:45avec Marine Le Pen en 2024.
23:46Il a obtenu un groupe parlementaire,
23:48mais la contrepartie, c'est quand même
23:51de ramener la ville de Nice
23:52dans l'escarcelle du Rassemblement national.
23:55Ce serait une première, une grande ville comme Nice.
23:59Et ça fonctionne plutôt bien, ce schéma-là.
24:02à Nice, parce qu'il n'y a jamais eu de frontière
24:04très très étanche, de mur de Berlin
24:06entre la droite et l'extrême droite.
24:08Le maire emblématique de Nice, Jacques Médecin,
24:10disait qu'il était d'accord à 99,9%
24:13avec Jean-Marie Le Pen.
24:14Pourtant, il était UDF, puis RPR.
24:17Donc ça fait partie des mœurs.
24:19En même temps, si je puis dire,
24:21c'est une ville qui, comme toutes les grandes villes,
24:23a vu des afflux de population,
24:25a vu un certain nombre de bobos,
24:28pour faire très très vite,
24:29rejoindre le centre-ville.
24:30Et Christian Istrosi, il sait y faire.
24:33Je veux dire, c'est un formidable animal politique
24:35qui épouse toutes les couleurs de l'arc-en-ciel.
24:37Donc il peut être gay-friendly dans le quartier Homo.
24:40Il peut aller voir les gens dans les cités.
24:42Il peut grappiller beaucoup de voix
24:43entre les deux tours.
24:44Donc la partie est loin d'être gagnée pour Eric Ciotti.
24:47– La vraie question, c'est est-ce que les électeurs
24:49vont voter pour un bilan et un projet
24:51ou est-ce que les électeurs vont voter
24:53dans la perspective d'une stratégie nationale ?
24:55En fait, c'est eux qui vont avoir la réponse.
24:57Sachant que, d'habitude,
24:59dans le cas d'une élection municipale,
25:01à 80%, on vote sur le bilan et sur le projet
25:04et sur un contexte local.
25:06Et nous, on a démontré,
25:08dans les livres avec Frédéric Dhabi,
25:09que pour la première fois,
25:12sur ces élections municipales,
25:14il y aurait un petit vote national
25:15et il y aurait une répercussion du national sur le local
25:18et même parfois, dans certains quartiers,
25:20de l'international sur le local.
25:22Néanmoins, je pense que la majorité
25:24de nos concitoyens qui vont aller voter
25:25pour les municipales
25:26vont voter sur des thématiques locales.
25:30– Et justement, vous parlez de l'international,
25:33Brice Socol, et vous le dites aussi dans votre livre,
25:36c'est la première fois que les enjeux internationaux
25:39sont autant imbriqués dans une campagne municipale
25:42et sont indéterminants du vote ?
25:44– Ce sera indéterminant du vote
25:46dans certains territoires, on voit bien dans les métropoles,
25:49on voit bien dans les quartiers populaires,
25:51on voit bien depuis 2024,
25:53depuis les élections européennes,
25:54les élections législatives qui sont arrivées en 2024 également,
25:59on voit bien que certains partis politiques,
26:01et les filles pour ne pas le citer,
26:02ont voulu apporter sur le territoire national
26:06un débat, qui était le débat israélo-palestinien,
26:10sur le territoire national.
26:11Et l'ont utilisé,
26:13et l'ont transposé et l'ont utilisé.
26:15Là, on voit bien que cette crise iranienne,
26:19peut-être aura des conséquences sur le pouvoir d'achat des Français,
26:23et donc oui,
26:24et on voit bien qu'une décision qui est prise à la Maison Blanche
26:28a des conséquences sur le quotidien,
26:29c'est-à-dire que, en fait,
26:30l'international est rentré dans la cuisine de chacun.
26:33Et donc, l'international impacte aussi la manière,
26:37évidemment, il y aura les municipales, il y aura les présidentielles,
26:39mais la manière dont on va voter.
26:41Il y aura un impact, forcément.
26:43Soit un impact lié à l'idéologie,
26:44soit un impact lié aux conséquences économiques.
26:47Jean-Baptiste ?
26:48Par exemple, à Nice, pour citer un cas que je connais bien,
26:52ce sera une donnée assez fondamentale,
26:54puisque Christian Estrosi est un supporter inconditionnel d'Israël,
26:58de Netanyahou.
26:59Il a affiché les drapeaux d'Israël pendant très, très longtemps.
27:02Ça a été retoqué, finalement, par le préfet,
27:05mais il a eu des manifestations sous les grilles de sa mairie,
27:08de LFI.
27:09Donc, en fait, l'un des calculs d'Éric Ciotti,
27:12c'est d'essayer d'éviter ce front républicain,
27:15c'est d'essayer d'éviter que ces quartiers de Nice,
27:17ces quartiers populaires de Nice,
27:19qui ne partagent pas du tout les vues de Christian Estrosi sur Israël,
27:24votent pour Christian Estrosi.
27:26Ça sera une donnée assez fondamentale du vote à Nice,
27:29la question israélo-palestinienne.
27:32Mais est-ce que le fait que le conflit au Moyen-Orient
27:36se soit déclenché à deux semaines du premier tour,
27:38est-ce que ça peut changer le vote des Français
27:41ou ça restera un vote local qui ne tiendra pas,
27:45qui ne sera pas forcément modifié par cet enjeu international ?
27:48– Les élections municipales ne sont pas des élections de dégagisme.
27:52Voilà, 85 à 90% des maires sont réélus.
27:55Néanmoins, vous le voyez bien sur les principales métropoles françaises,
27:59l'impact du national et l'impact de l'international.
28:03On voit bien que dans certains quartiers populaires,
28:05le vote en faveur des filles est un vote communautaire,
28:08et un vote lié à l'actualité au Moyen-Orient.
28:12On le voit aussi dans les métropoles auprès d'une partie de la jeunesse,
28:16qui vote à gauche ou très à droite.
28:19Donc oui, ça a un impact.
28:21Après, je pense que la guerre en Iran qui s'est déclenchée il y a quelques jours
28:25n'aura pas forcément une conséquence immédiate sur ce scrutin.
28:29Elle aura peut-être des conséquences économiques
28:30qui vont impacter les prochaines élections présidentielles.
28:33Oui, je ne pense pas que ça impacte considérablement le scrutin municipal.
28:38Même si les Français vont voir peut-être dans les prochains jours
28:43les prix à la pompe augmenter, ça ne changera pas leur vote, Jean-Baptiste ?
28:48Je ne suis pas sûr qu'ils fassent le lien avec les élections municipales.
28:52Le risque, c'est avant tout une forme de désintérêt ou d'indifférence.
28:56Est-ce que Donald Trump n'a pas finalement tué les élections municipales ?
29:00Parce que c'est ça la question qui peut être posée.
29:03Le risque, c'est que ce scrutin passe totalement au second plan.
29:06Et on voit un certain nombre de sondages qui donnent quand même
29:08une abstention assez forte.
29:10Elle sera sans doute quand même un petit peu plus élevée que la dernière fois.
29:13C'était difficile de faire pire, souvenez-vous.
29:17Un peu moins élevée du coup l'abstention.
29:19On est à peu près à 40% d'abstention.
29:22En 2020, on était sous Covid.
29:23La dernière fois.
29:24Oui, et puis en plus, c'était quand même très très particulier.
29:26C'est-à-dire qu'Emmanuel Macron et Édouard Philippe
29:28avaient décrété la fermeture des écoles, des bars et des restaurants,
29:31mais on pouvait aller voter.
29:32Donc les gens ne comprenaient rien.
29:33Et pour la plupart, ils sont restés chez eux.
29:34Ce qui est intéressant, pour revenir sur les thématiques des municipales,
29:37on le voit bien avec Frédéric Dhabi et l'IFOP,
29:39les principales thématiques aujourd'hui, évidemment, c'est l'insécurité.
29:42En un, deux, qui est vraiment une thématique très forte,
29:48ce sont les services publics et plus particulièrement la santé.
29:5185% du territoire national est un désert médical.
29:54Et ça, les Français, le rapport à la santé est un rapport très important.
29:57Et le troisième sujet qui monte depuis un an, un an et demi,
30:01porté par François Bayrou, porté par les institutions budgétaires, etc.,
30:03c'est le sujet de la dette.
30:05Parce que les Français se rendent compte qu'en fait,
30:07un, ils vont devoir tous payer la dette.
30:09Et deuxièmement, ça peut impacter leur quotidien
30:11parce que les collectivités locales qui dépendent à 85%
30:14des dotations des subventions de l'État
30:16pourraient voir limiter leur investissement.
30:18Donc les Français ont conscience de tout ça.
30:20Et puis un dernier thème en creux,
30:22qui est, pour nous on appelle ça le thème caché, c'est le logement.
30:25Le logement est un des thèmes aussi prioritaires des Français
30:27pour ces élections municipales.
30:29– Merci beaucoup.
30:30– Merci à rien.
30:30– On va regarder votre livre, revoir votre livre.
30:37Les frères ennemis de la côte, séchez plomb ce duel.
30:40Christian Estrosi, Éric Ciotti et Brice Socol.
30:42– On sent beaucoup d'amour entre eux.
30:44– Rien que sur la couverture.
30:47Et vous Brice Socol, c'est l'écharpe et les tempêtes face à mer.
30:49– Merci beaucoup.
30:50– La défiance inattendue, c'est aux éditions de l'Aube
30:53qu'a écrit avec Frédéric Dhabi.
30:54– Merci à tous les deux.
30:55Merci à tous d'avoir été avec nous à 17h.
30:58Vous suivrez donc le débat entre les candidats à la mairie de Saint-Etienne.
31:01Et nous, on se retrouve demain.
31:02Très bonne journée.
31:03– Sous-titrage ST' 501
Commentaires