00:09BISMART
00:12Bien dans son job pour parler des jeunes, de la jeunesse et de leur relation à l'entreprise.
00:17On en parle avec vous chère Marie-Caroline Missyre, bonjour.
00:20Bonjour.
00:20Merci de revenir sur le plateau.
00:22Alors vous étiez venue sous une autre casquette et aujourd'hui vous êtes déléguée générale de Vers-le-Haut.
00:27Avant de parler de cette étude et qui montre la distance qu'il peut y avoir entre les jeunes et
00:32les entreprises locales,
00:34un petit mot sur Vers-le-Haut, c'est quoi ? C'est un think tank ? C'est un
00:37lieu de réflexion et de débat ?
00:39Vers-le-Haut, c'est le seul think tank. Alors pour ceux qui nous écoutent, un think tank, qu'est
00:42-ce que c'est ?
00:43C'est un cercle de réflexion, un groupe de réflexion et c'est le seul en France qui est exclusivement
00:50dédié aux questions d'éducation et de jeunesse.
00:52Je crois que la jeunesse, c'est un angle mort dans le débat public aujourd'hui, on en reparlera peut
00:57-être.
00:57Donc c'est tout le sens de mon engagement, c'est un think tank transpartisan, indépendant.
01:01Et les deux fondateurs de ce think tank sont le groupe Bayard, bien connu pour ses publications jeunesse,
01:08et les apprentis d'Auteuil qui s'occupent notamment des jeunes en difficulté.
01:12Vous sortez cette étude qui est très intéressante parce qu'elle est presque contre-intuitive,
01:16on nous parle des stages de troisième, des stages de seconde, on se dit que nos jeunes sont très connectés
01:20aux entreprises.
01:21Non, un jeune sur trois affirme n'avoir jamais rencontré une entreprise locale alors que l'engagement du côté des
01:28jeunes attendu est très fort.
01:29Comment on explique ça ? Comment il y a une distance aussi importante ?
01:32Moi je pensais que ce sujet était réglé, il ne l'est pas ?
01:34Effectivement, ce qui est très intéressant dans ce baromètre, que je rappelle, on mène tous les ans sur auprès de
01:391000 jeunes, 1000 parents et 400 chefs d'entreprise,
01:45on voit bien qu'il y a une distorsion, quelque chose qui ne fonctionne pas, entre un discours récurrent, médiatique,
01:52sur il faut faire plus de place à l'entreprise, à l'école,
01:56attention, ouvrons les portes, formons les enseignants, très bien, et ce qu'on ne voit jamais remonter, c'est le
02:03ressenti de ces jeunes.
02:04Et les jeunes, qu'est-ce qu'ils nous disent ? C'est 1000 jeunes qu'on a interrogés, c
02:07'est qu'on leur parle d'entreprise, absolument, absolument,
02:10on leur parle d'entreprise dans leur quotidien, dans leur environnement local, et bien, malgré les initiatives récentes,
02:19souvenons-nous, Gabriel Attal, qui annonce la mise en place des stages en seconde pour tous les élèves, des initiatives
02:27récurrentes,
02:28et bien, le sentiment que l'entreprise est quelque chose de très loin pour un jeune sur trois, ce qui
02:34est quand même assez important.
02:35Avec la moitié des jeunes interrogés, donc sur les milles, qui vivent dans des petites villes, parce qu'on parle
02:40beaucoup de ces jeunes des grandes villes,
02:42mais même dans les petites villes, ils estiment que les acteurs économiques comprennent mal les besoins des jeunes et de
02:47leur âge.
02:48Il y a quoi ? Il y a un conflit de génération ? L'entreprise ne regarde pas assez vers
02:51ceux qui, un jour, vont entrer dans leur entreprise ?
02:54On a testé, effectivement, ce rapport de confiance ou de sentiment d'être bien compris, bien représenté par les entreprises
03:01et, en miroir, par les associations,
03:04et on s'aperçoit que les jeunes nous disent « je me sens beaucoup mieux compris et représenté par l
03:09'univers associatif que par les entreprises ».
03:11Donc, l'entreprise, est-ce que c'est un mot qui semble lointain, qui fait peur, qui n'est pas
03:18incarné dans la vie d'un jeune ?
03:20Peut-être que c'est ça, cette question qu'il faut se poser, et moi, ce qui m'inquiète le
03:24plus, c'est que ce sentiment d'éloignement,
03:27ou d'être moins compris, ou ce sentiment très concret de ne pas avoir croisé une entreprise locale dans son
03:34parcours de jeune,
03:35eh bien, il est encore plus fort chez les jeunes filles. Donc là, il y a quand même un gros,
03:40gros sujet à appréhender.
03:42Un écart de sexe entre les garçons et les filles. Alors, le paradoxe de ce que vous décrivez, c'est
03:48que ces jeunes se sont éloignés,
03:50et les jeunes filles en particulier, mais il y a, dans le même temps, 80% des chefs d'entreprise
03:54qui disent que, globalement,
03:56il est important que les entreprises locales s'impliquent davantage dans leur rotation.
03:59On a le sentiment, quand même, que quand vous les interrogez en contre-champ, elles se disent « nous, on
04:04fait le job, tout va bien ».
04:05Il y a quelque chose comme ça de dichotomique ?
04:08Je pense qu'il y a une représentation de qu'est-ce que c'est qu'une entreprise locale pour
04:13un jeune lycéen, collégien, qu'il faut creuser.
04:17Qu'est-ce qu'on met comme réalité derrière cela ? Et puis, il y a un autre chiffre qui
04:20interpelle beaucoup.
04:21C'est qu'un dirigeant sur deux reconnaît, même s'il le souhaite, même s'il considère que c'est
04:27très important d'agir pour la jeunesse,
04:29un dirigeant sur deux reconnaît qu'il n'a, aujourd'hui, aucune activité spécifique en direction des jeunes de son
04:35territoire.
04:36Mais vous, vers le haut, quelles sont les recommandations ? Parce que là, vous avez une photographie, on voit concrètement
04:41qu'il y a un vrai écart.
04:42Malgré les stages, on répète, de troisième, de seconde, qu'est-ce qu'on peut faire pour recréer ce lien
04:48?
04:48On a un concept, qui est un peu plus qu'un concept, mais en tout cas une idée qui nous
04:53est très chère et qui a pris réalité dans certaines entreprises.
04:57C'est le concept de responsabilité sociale éducative.
05:01Et vous savez, on parle beaucoup de RSE dans les entreprises, qui est un critère aussi éthique pour la protection
05:08de l'environnement.
05:09Eh bien, il serait tout à fait pertinent d'avoir un critère d'intérêt pour l'éducation.
05:14On voit qu'à Vers-le-Haut, on travaille avec énormément de fondations d'entreprises qui s'intéressent aux questions
05:20éducatives.
05:21Pourquoi ? Pour des raisons, effectivement, de développer l'égalité des chances, l'employabilité des jeunes.
05:29On n'a pas évoqué les NIT, parce que là, on parle de jeunes.
05:31Absolument, des jeunes dans leur ensemble.
05:33Mais cette responsabilité éducative des entreprises, je pense qu'elle peut être mise sur le devant de la scène.
05:39Et je vous remercie de me poser la question, ça nous donne l'occasion d'en parler.
05:42Elle n'est peut-être pas assez connue, et c'est un sujet dont peuvent s'emparer les entreprises.
05:48S'intéresser aux filières de formation, collaborer avec l'éducation nationale, il y a de multiples dispositifs.
05:54Venir s'exprimer dans les établissements.
05:55Et incarner, incarner.
05:57Je pense qu'un jeune aujourd'hui, quand on lui dit, est-ce que tu as déjà croisé une entreprise
06:01locale ?
06:02Eh bien, peut-être que...
06:03Il a croisé le patron sans savoir que c'était le patron.
06:05En tout cas, cette notion ne s'incarne pas directement dans son imaginaire, dans son parcours,
06:10et il ne s'en fait pas une représentation très claire.
06:12Merci de nous avoir rendu visite.
06:13Ce baromètre, on peut le découvrir sur Vert, le haut, le seul think tank qui s'intéresse,
06:20qui s'occupe de cette jeunesse, et puis aussi de ce rapport, évidemment, à l'entreprise.
06:23C'est pour ça que vous êtes là.
06:24Merci, Marie-Caroline Missir, de nous avoir rendu visite.
06:26C'est un vrai plaisir.
06:27Merci à vous.
06:28On tourne une page, on s'intéresse aux entreprises adaptées.
06:30Alors, vous en avez entendu parler, c'est un outil d'insertion,
06:33à la fois efficace pour les personnes en situation de handicap, mais rentable.
06:37C'est important de le préciser, ces entreprises produisent de la qualité
06:41et ont une belle productivité.
06:43On va en parler avec deux experts de ce dossier.
06:45On parle, vous l'aurez compris, dans le cercle RH des entreprises adaptées.
06:49C'est notre débat.