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  • il y a 8 mois
Coiffer les personnes fragiles qui ne peuvent pas se rendre en salon en s’adaptant à leurs particularités : c’est ce que font les socio-coiffeurs. Ils interviennent en EHPAD, dans des associations, en hôpital… La chambre des métiers et de l’artisanat d’Île-de-France lance une nouvelle formation dans ce domaine.

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Transcription
00:00Smart ID, c'est notre rubrique qui est consacrée aux start-up, à l'innovation, aux start-up éco-cré responsables.
00:11Et alors là, on va découvrir une forme d'innovation, en tout cas un métier que moi je ne connaissais pas.
00:15Nathalie Paraga, bonjour.
00:16Bonjour Thomas-Hu.
00:17Vous êtes socio-coiffeuse. Expliquez-moi, c'est quoi votre métier ?
00:21Alors, la socio-coiffeuse, c'est une complémentarité par rapport au métier de la coiffure.
00:25Donc, j'ai été formée il y a trois ans et c'est pour coiffer tout ce qu'est au niveau de la coiffure, la coiffure inclusive.
00:34D'accord.
00:34La coiffure inclusive, donc c'est des gens qui peuvent, donc on peut être coiffé dans le médical et dans le social.
00:39D'accord.
00:40Donc, c'est toutes les personnes qui ont du mal à se déplacer en salon ou qui ne peuvent pas forcément avoir des soins au niveau des cheveux.
00:49Et la socio-coiffeuse, elle est formée à ce public en situation de fragilité ou d'handicap.
00:56Ça veut dire que vous travaillez où ? À l'hôpital par exemple ?
00:58Alors, on peut rentrer, effectivement, on peut être avec certains services, effectivement, hospitaliers comme l'ocologie, effectivement, pour les personnes qui sont atteintes de cancer.
01:08On peut aller aussi dans tout ce qui est maisons de retraite.
01:12On peut aller aussi dans tout ce qui est associations.
01:16Donc, ça peut être aussi des femmes en situation de fragilité.
01:20Ça peut être aussi des femmes qui ont subi des violences.
01:24Donc, tout ce public qui ne va pas forcément chez le coiffeur.
01:30Et c'est aussi, j'imagine, un moment d'échange, un moment particulier.
01:35Vous n'êtes pas là seulement pour couper les cheveux.
01:37Non, exactement. On est formé, justement, à être... C'est un soin personnalisé parce que chaque personne qu'on a en face de nous a besoin d'une particularité.
01:49Et donc, on s'adapte à son besoin et on a une écoute empathique.
01:55On a forcément... On s'adapte dans notre posture, dans notre geste professionnel.
02:00Donc, est-ce que c'est parfois difficile ? Parce que quand on est confronté à des publics fragiles, il peut y avoir des gens qui se confient, qui confient des douleurs, des expériences lourdes.
02:15Ce n'est pas si facile d'être une éponge et de les retrouver.
02:18Exactement. Et grâce à cette formation, justement, on apprend à se protéger de tout ça.
02:23Et ça, c'est ça qui est formidable, que moi, j'étais coiffeuse en salon.
02:28Et c'est vrai, comme vous le dites, j'étais vraiment une éponge.
02:30Et par moments, c'est vrai qu'on peut saturer.
02:33Et là, on apprend à se protéger.
02:35Et ça, ça fait partie de la formation de la société.
02:38À être présent, empathique, tout en se protégeant.
02:41Exactement. Donc, comme on dit, on a un cadre. Il ne faut pas le dépasser, ce cadre, pour être bien.
02:45Exactement. Parce que vous avez été formée, mais vous êtes également formatrice à la Chambre des métiers de l'artisanat d'Île-de-France.
02:53Ça existe un peu partout ou alors c'est un des premiers endroits où on forme à la socio-coiffure ?
02:57Eh bien, je vous l'annonce, c'est qu'on a une grande fierté.
03:01C'est avec la première fois qu'on forme au métier de la socio-coiffure.
03:07Donc, on sera vraiment les premiers dans toute l'Île-de-France.
03:10D'accord. Dans toute l'Île-de-France ou dans toute la France ?
03:12Alors, pour l'instant, on est les premiers sur l'Île-de-France.
03:16D'accord.
03:16Et sur la France, personne ne forme à la socio-coiffure non plus dans les CFA.
03:20Alors, si vous devez la convaincre des futurs apprentis à suivre cette formation, qu'est-ce que vous leur diriez ?
03:27Alors, pour venir chez nous, il faut déjà... Déjà, on a des jeunes qui sont, par leur parcours, intéressés par ce métier.
03:36Et pour eux aussi, c'est un beau métier parce qu'ils vont faire de la coiffure différemment.
03:41Et ils sont déjà, même jeunes, sensibilisés à ça, que ce soit bien dans le médical ou dans le social,
03:47parce qu'eux-mêmes, ils ont des parcours de vie où ils sont touchés par ça.
03:53Et du coup, ils ne savent pas que ce métier existe.
03:56Ils se disent, moi, je veux faire de la socio-coiffure.
03:58Comment vous êtes payé, tiens ? Question triviale, par les collectivités, par les hôpitaux, par les patients eux-mêmes ?
04:06Alors, en EHPAD, ça peut être effectivement soit par un groupe ou soit par les personnes d'eux-mêmes.
04:14Et ça peut être aussi, dans les hôpitaux, essayer de trouver des enveloppes, des subventions pour avoir une enveloppe pour aborder des soins.
04:27Parce qu'il y a des hommes et des femmes qui n'ont pas les moyens.
04:29Exactement. Donc, via les associations, s'ils arrivent à trouver des subventions et dégager un petit peu une enveloppe pour nous,
04:36c'est comme ça qu'on peut rentrer dans...
04:40Ça donne du sens à votre métier ?
04:41Non, mais complètement. Ça donne du sens. Et au moins, on sait pourquoi on est là. Parce qu'on accompagne des gens à l'instant T de leur vie,
04:51aussi bien en fragilité, en handicap, et on essaye de vouloir les réinsérer et surtout leur donner de l'estime de soi, la confiance en eux.
04:59Et puis qu'à un moment donné, ils vont sortir de s'occuper de leurs cheveux ou s'occuper d'eux,
05:06parce que pour des soins, des maudelages crâniens pour les personnes, pour eux, c'est une bulle d'oxygène, une bulle d'air.
05:12Et forcément, ils ont le sourire et nous aussi.
05:15Merci beaucoup, Nathalie Paragaille. A bientôt sur Be Smart for Change.
05:18On passe tout de suite à la fin de l'émission. C'est déjà la fin de ce Smart Impact.
05:23Merci à toutes et à tous de votre fidélité à la chaîne des audacieuses et des audacieux. Salut !
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