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  • il y a 4 jours
Jules Veyrat, cofondateur et directeur général de Stoïk, était l'invité de Laure Closier dans French Tech, ce vendredi 13 février. Il nous parle d'assurance et de prévention contre les cyberattaques destinées aux PME, dans Good Morning Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00La French Tech aujourd'hui c'est avec Jules Vérat. Bonjour, vous êtes le cofondateur et directeur général de Stoic.
00:05Stoic qui travaille dans la cybersécurité et dans l'assurance.
00:08On est de lever 20 millions d'euros, un tour de table mené par Impala.
00:12Alors évidemment quand on entend ces mots ça fait ding ding dans notre oreille à BFM Business.
00:16Vous êtes le fils de Jacques Vérat, vous c'est pas ni l'énergie ni les télécoms qui vous intéressent.
00:20Ce sont les risques pour les entreprises et les cyberattaques.
00:24C'est quoi aujourd'hui le plus gros risque pour la PME vraiment de taille moyenne ?
00:29C'est d'avoir oublié de s'assurer ?
00:33Le plus grand risque c'est de se faire attaquer.
00:35Il y a l'assurance mais il y a aussi plein de cybersécurité à mettre face à la menace.
00:40Je dirais qu'il y a deux formes de risques pour une PME traditionnelle.
00:44Le premier c'est le ransomware.
00:46C'est un type d'attaque, on en gère deux ou trois par semaine sur notre portefeuille de clients.
00:52Le ransomware c'est quand un attaquant prend le contrôle du système informatique
00:55et le rend inaccessible à toute l'entreprise, chiffre les données et demande à ce qu'on lui paye une
00:59rançon.
00:59En l'échange de l'accessibilité de cette donnée.
01:02Donc vous avez 11 000 clients, aujourd'hui c'est deux à trois fois par semaine que vous gérez ça
01:06pour les 11 000 clients ?
01:07Sur les 12 derniers mois on a géré 700 cyberattaques.
01:10Le ransomware ce n'est pas le plus fréquent, c'est celui qui fait le plus mal.
01:12C'est vraiment des entreprises, il faut voir, des PME.
01:15On va parfois en Bourgogne gérer une entreprise qui fait des tambours.
01:21Et l'usine est à l'arrêt.
01:23Les ouvriers rentrent chez eux parce que le dirigeant dit j'ai plus rien qui tourne.
01:26Et donc on intervient pour les aider à repartir.
01:27Ça, ça fait mal, ça peut coûter très cher et ça peut mettre les entreprises au tapis.
01:31Et ensuite le deuxième type de menace c'est la fraude.
01:33La fraude c'est le type d'attaque qui est en plus le plus propulsé par l'intelligence artificielle.
01:37Malheureusement c'est des petites fraudes ou des plus grosses fraudes
01:41où les attaquants détournent des virements.
01:43Et ça c'est quelque chose qu'on voit énormément chez les entreprises de toute taille évidemment.
01:47Anthony ?
01:47Avec aussi deux nouveaux types d'attaques qui sont rendus possibles par l'IA.
01:50Alors un, j'allais dire un vieux classique qui se réinvente avec l'IA,
01:53c'est le phishing qui devient de plus en plus efficace
01:56parce qu'on peut cibler les gens de manière extrêmement précise
01:58en se faisant passer pour un opérateur, une banque ou autre.
02:01Et alors là où je voulais vous entendre c'est sur les nouvelles menaces
02:03type, on parlait des IA vidéo absolument incroyables,
02:07mais avec des deepfakes et donc des arnaques au président.
02:09Est-ce que vous êtes ressoumis à ça aujourd'hui ?
02:12C'est-à-dire on a eu des histoires incroyables
02:14où en gros vous êtes face à votre directeur financier en visio,
02:17on vous demande de faire un virement bancaire,
02:19vous avez l'impression que c'est vraiment lui
02:20et en fait il s'avère que c'était un deepfake complet.
02:22Ça c'est des choses qui commencent à arriver en France par exemple ?
02:25C'est des choses qui commencent à arriver.
02:26Alors la finalité de ces deux types d'attaques,
02:28c'est la fraude souvent ou le ransomware.
02:30À la fin ce que veut l'attaquant qui fait ça,
02:33c'est gagner de l'argent,
02:34c'est extorquer de l'argent à nos entreprises européennes
02:37et on voit de plus en plus de ce type d'attaques
02:39qui utilisent l'intelligence artificielle
02:40pour faire une action aux dirigeants d'entreprises
02:44qu'ils ne devraient pas faire.
02:44Parce qu'il faut dire que les cybercriminels,
02:46ils réfléchissent aussi en chef d'entreprise si l'on peut dire.
02:49Ils ont une logique de retour sur investissement,
02:51ils voient quel type d'attaque fonctionne,
02:52ne fonctionne pas
02:53et ils vont vers le marché le plus porteur d'une certaine manière.
02:55Mais est-ce que vous assurez tout ?
02:56C'est-à-dire que...
02:59Même pour les trucs les plus basiques
03:01ou parfois c'est de la faute humaine classique ?
03:04Alors la thèse de Stoïk,
03:05c'est d'associer une couverture d'assurance
03:09avec des logiciels et une expertise en cybersécurité
03:12pour pouvoir intervenir après l'attaque,
03:14pendant l'attaque, avant l'attaque.
03:15Après, par l'indemnisation des pertes,
03:18quand il y a eu une cyberattaque,
03:19et donc oui, on indemnise beaucoup des entreprises
03:22qui ont été par exemple à l'arrêt pendant quelques jours,
03:25on regarde la perte de marge brute
03:26qu'ils ont réalisée pendant ces jours-là
03:28et on les indemnise de la perte.
03:30Mais vous ne dites pas à un moment,
03:31vous n'aviez qu'à former vos salariés,
03:33là je ne prends pas en charge ce risque ?
03:34C'est le principe de l'assurance,
03:36quand on s'assure pour son automobile,
03:37on doit faire des déclarations,
03:39si elles ne sont pas respectées,
03:41au moment de l'incident,
03:43quand on a un accident,
03:45on n'est pas assuré.
03:46Typiquement sur un ransomware,
03:47vous avez une demande de rançon d'un million d'euros
03:50parce qu'il y a un salarié
03:51qui a ouvert une pièce jointe qu'il ne fallait pas,
03:54il a laissé l'accès au système
03:56et c'est comme ça qu'on a pu verrouiller le système.
03:57Non, ça c'est le risque qu'on couvre.
03:59Ah bon, donc là vous remboursez ?
04:00Bien sûr, c'est le principe de l'assurance,
04:04c'est de couvrir des risques qui existent.
04:05Après, notre mission à nous,
04:06c'est d'essayer de faire en sorte
04:08que ça n'arrive pas,
04:09de mettre à disposition de nos assurés,
04:12par exemple,
04:12des outils de simulation de phishing
04:14pour qu'ils forment leurs employés
04:15à se sensibiliser au sujet.
04:17Ça ne fait pas un risque zéro,
04:19mais c'est le principe.
04:20Il y a une partie du risque
04:21qu'ils peuvent maîtriser,
04:22sur lequel ils doivent agir,
04:24mais il y a une partie du risque résiduel
04:25qui ne sera jamais nul
04:26et c'est à ça que sert l'assurance.
04:27Et vous avez l'impression que,
04:28là, dans les salariés,
04:29on arrive à avoir une petite alerte.
04:31Anthony disait,
04:32la fraude au président,
04:33c'est quand même compliqué.
04:35Vous arrivez à mettre dans la tête des salariés
04:36l'idée qu'il faut que ça clignote
04:38et qu'on se dise,
04:38attention, c'est peut-être pas lui,
04:40il faut vérifier ?
04:41C'est quelque chose qui peut se faire
04:43par de la sensibilisation,
04:44c'est quelque chose qui peut se faire
04:45par de la technologie.
04:46Nous, on construit des outils
04:50nourris d'intelligence artificielle,
04:51notamment pour surveiller ce qui se passe
04:53dans le système informatique des entreprises
04:54et pour pouvoir détecter l'attaque
04:56avant qu'elle ait lieu.
04:57Donc, par exemple,
04:58on surveille les boîtes mail
04:59des assurés
05:00et on regarde quand il y a un mail
05:01qui a l'air suspicieux
05:02parce qu'un ton d'urgence...
05:04Une couche de contrôle, quoi.
05:05Exactement, une couche de contrôle.
05:06C'est encore une fois toute la thèse,
05:07nos assurés,
05:08ils ne veulent pas se faire attaquer.
05:09Nous, on assure les entreprises,
05:11on gère quand elles se font attaquer,
05:12on les indemnise,
05:12on ne veut pas qu'elles se fassent attaquer.
05:13Et c'est pour ça qu'on crée
05:14toute cette cybersécurité.
05:15Et du coup,
05:16si elles mettent en place
05:17tous ces dispositifs de prévention,
05:24plus l'entreprise est protégée
05:26et plus le risque est bon
05:28de notre point de vue,
05:29moins l'entreprise va payer cher
05:30sa prime d'assurance.
05:30Ce qu'on voit quand même,
05:31c'est que les PME,
05:32alors c'est vrai que je pense
05:34que l'évangélisation fait son travail,
05:35mais elles ne sont pas encore
05:36tout à fait prêtes.
05:36Il y a eu un indicateur,
05:37un baromètre national
05:38de la maturité cyber
05:39des TPE-PME
05:40publié il y a quelques mois
05:41qui montrait qu'il y a 16%
05:42des entreprises
05:43qui ont été victimes
05:44d'un ou plusieurs incidents
05:45de cybersécurité
05:46au cours des 12 derniers mois
05:47et il y a 80% des TPE
05:49qui reconnaissent
05:50qu'elles ne sont toujours pas
05:50préparées aux attaques.
05:51Ça, c'est quelque chose
05:52que vous observez aussi
05:53sur le terrain ?
05:55Il y a urgence
05:55à protéger plus d'entreprises.
05:58Vraiment,
05:58on a 11 000 entreprises assurées,
06:01c'est rien.
06:01On a envie de pouvoir équiper
06:04les millions d'entreprises
06:05en Europe
06:05qui tous les jours
06:06subissent des centaines
06:08de milliers de tentatives
06:08d'attaques.
06:10Et donc, évidemment
06:10que la plupart des petites entreprises
06:11sont trop peu protégées
06:13et ont besoin
06:13de se faire accompagner.
06:14Mais votre rythme d'acquisition client
06:15c'est quand même 600 à 700 par mois.
06:17Oui, on a fait le choix
06:19d'un modèle qui est très rentable,
06:20qui est intermédié,
06:22c'est-à-dire qu'on ne parle jamais
06:23aux clients en direct,
06:24c'est toujours un courtier en assurance
06:25qui va vendre notre produit
06:26à son client.
06:27Et on est dans 6 pays aujourd'hui,
06:28la France, l'Allemagne, l'Autriche,
06:29l'Espagne, la Belgique, le Luxembourg.
06:31On en ouvre à peu près
06:32un ou deux par an.
06:33Ce qui nous permet
06:34d'avoir des grands volumes de courtiers
06:35qui vendent à des grands volumes
06:36de clients notre assurance.
06:38Et ce qui marche,
06:39c'est évidemment que c'est couplé
06:39avec de la cybersécurité.
06:40Merci beaucoup d'être venu
06:42ce matin dans la matinale
06:43de l'économie.
06:44Jules Vérat,
06:44le cofondateur et directeur général
06:46de Stoïc.
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