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  • il y a 4 semaines
Avec Guillaume Lagane (maître de conférences sur les relations internationales à Sciences-Po) et Behzad Naziri (ex-prisonnier politique des mollahs à la prison d'Evin à Téhéran, ancien journaliste à l'AFP)

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##LA_VERITE_EN_FACE-2026-03-03##

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Transcription
00:00Le Grand Matin Sud Radio, La Vérité en Face, Jean-François Aquili.
00:05Allez, La Vérité en Face ce matin, les opérations militaires américano-israéliennes en Iran.
00:13Est-ce une guerre rapide ou un enlisement à venir pour Trump, mais pas seulement Donald Trump bien évidemment ?
00:21Deux invités pour en parler ce matin.
00:24Bezad Naziri, bonjour.
00:26Bonjour.
00:26Vous êtes membre du CNRI, le Conseil National de la Résistance Iranienne.
00:30Vous êtes ancien journaliste de l'AFP à Téhéran.
00:34Et vous avez été détenu prisonnier politique dans la sinistre prison d'Evin.
00:39Donc il est question dans les frappes aériennes qui ont cours en ce moment sur Téhéran.
00:47Et invité également Guillaume Laganne.
00:48Bonjour.
00:49Bonjour.
00:49Vous êtes maître de conférence sur les relations internationales à Sciences Po Paris.
00:53Vous êtes spécialiste des questions militaires diplomatiques.
00:56auteurs de Géopolitique de l'Europe aux presses universitaires de France.
01:00Nous dirons quelques mots avant la fin de l'émission sur, et ce sont des sujets connexes, sur les options
01:05géostratégiques, sur la dissuasion nucléaire.
01:08Ce qui a été évoqué par le président Emmanuel Macron.
01:11Je commence par vous, Bezad Naziri.
01:13Je suis ravi de vous avoir ce matin à ce micro.
01:16Quelle vision vous avez aujourd'hui du déroulement des opérations aujourd'hui américano-israéliennes en Iran ?
01:24Nous sommes à un moment de bascule, selon vous ?
01:28Je pense que c'est plus qu'un moment de bascule.
01:31Ce sont des jours, des journées historiques que traverse notre pays après 47 années de dictature religieuse.
01:42La mort de Khamenei, c'est une page qui est tournée dans notre histoire.
01:49Et je pense pouvoir parler au nom de dizaines de milliers de familles.
01:54Ma soeur a été exécutée quand elle n'avait que 24 ans.
01:57Elle était journaliste à la télévision iranienne, peintre, artiste, musicienne.
02:01Et après mon évasion de la prison d'Evin, après trois années que j'étais torturée à Evine,
02:06mon père a été retenu en guise d'otage pendant cinq ans, parce que j'étais condamné à huit ans.
02:10Ce n'est pas pour vous raconter ma vie, c'est pour dire que...
02:13Ce n'est pas pour vous raconter votre vie, c'est pour vous décrire une réalité, en fait.
02:17Avec plus de 100 000 exécutions pendant ces 40, plus de 40 décennies.
02:21Donc vous comprenez que c'est plus qu'un basculement, c'est une page qui tourne dans l'histoire de
02:26notre pays.
02:27D'un mot, et je passe à vous Guillaume Laganne pour la même question.
02:29Qu'avez-vous ressenti à l'annonce de la mort du guide suprême de l'Iran ?
02:35Une forme de soulagement ? J'essaie de comprendre.
02:39Comme d'ailleurs toute famille de martyrs, toute famille de personnes qui ont les blessures.
02:47De ce régime dans ses cœurs.
02:49Et vous pouvez imaginer que, quand je parle de famille, je parle de millions de personnes.
02:53La grande majorité des Iraniens.
02:56Il ne reste plus de ressources humaines pour ce régime.
03:00Donc cette volonté de renversement, c'était la volonté de l'espoir.
03:05L'aspiration de tous les Iraniens est particulièrement d'une résistance qui se bat depuis plus de 40 ans contre
03:13cette dictature religieuse.
03:15Donc à double casquette, je dirais.
03:18Oui.
03:18Guillaume Laganne.
03:20Donc nous sommes à un moment très précis où, on va dire, ceux qui ont pris le relais du pouvoir,
03:28ceux qui ne sont pas morts, qui n'ont pas été tués à Téhéran,
03:32tentent une riposte.
03:33Ils arrosent, si je puis dire, de missiles, de drones, mais tous les pays voisins.
03:39Et nous avons une offensive qui se poursuit.
03:42Nous nous ignorons, et tout le monde, chacun ignore, si elle va durer 4 jours ou 4 semaines, ou voire
03:46plus.
03:47Quel est votre regard là-dessus ?
03:48Qu'est-ce que vous pensez ?
03:49Est-ce que certains se montrent optimistes en disant, ça ne peut pas tenir longtemps ?
03:53Et d'autres répondent, c'est un grand pays, ça risque de durer.
03:58Les trois choses que je voudrais dire, c'est d'abord, par rapport à ce que vient de dire monsieur,
04:04c'est très fort comme témoignage, et ça nous rappelle quand même que l'Iran est un des régimes les
04:09plus cruels de la planète.
04:12Je rappelle que, lorsqu'on fait le compte chaque année, vous savez, des régimes qui exécutent, exécution capitale,
04:17l'Iran fait partie souvent du premier ou du deuxième, ou est au deuxième rang.
04:21Et en plus, beaucoup de ces personnes sont des prisonniers politiques, ce ne sont pas des criminels de droit commun.
04:26Donc c'est un régime extrêmement répressif, depuis 47 ans.
04:29C'est un régime aussi qui a beaucoup perturbé la région, vous le savez.
04:32Et je pense que c'est l'origine principale de l'offensive actuelle entre Etats-Unis et Israël.
04:38Ils sont décidés, et là c'est vrai que je vous rejoins dans ce sens-là, c'est un moment
04:42historique,
04:42parce que jusqu'ici, cette confrontation entre les deux adversaires avait été indirecte.
04:48Depuis 79, il y avait eu des escarmouches, des attentats terroristes fomentés par l'Iran.
04:53Là, l'année dernière, on a eu une première guerre directe, la guerre des 12 jours.
04:57Mais cette guerre de 12 jours, elle a été d'abord interrompue par les Etats-Unis,
05:00et elle était très centrée sur le programme nucléaire.
05:02Là, on a l'impression que l'objectif des Américains et des Israéliens est beaucoup plus large.
05:07C'est un renversement du régime.
05:09Alors, pour répondre à votre question, est-ce que ça peut marcher ?
05:12Vous avez raison, il y a autant d'experts que d'avis.
05:16Maintenant, moi, je note quand même que quand on arrive, au premier jour de la guerre,
05:19à tuer le guide suprême de la Révolution et plusieurs dizaines de hauts responsables autour de lui,
05:24il paraît quand même difficile d'imaginer que le régime ne soit pas ébranlé,
05:27d'autant qu'on sort d'une séquence où plusieurs milliers d'Iraniens ont été tués dans les manifestations,
05:32et ça, ça ne s'était jamais produit.
05:34Mais Sannaziri, est-ce qu'il y a autant de dictateurs de secours en remplacement,
05:40après ceux qui ont été éliminés par les premières frappes ?
05:44Est-ce que ce pouvoir est capable de se régénérer, de poursuivre, on va dire, ses méfaits ?
05:50Est-ce qu'on a du mal à jauger cette situation ?
05:53Le régime des Mollahs est actuellement à bout de souffle.
05:57Cet embrasement régional, le guide suprême l'avait déjà, dans sa rhétorique,
06:02avait dit que s'il y a une guerre, il y aura un embrasement.
06:05Donc c'est ce qui est en train de se produire.
06:09Pour autant, il ne faut pas se faire l'illusion.
06:11Il n'y aura pas un changement de régime, qui était l'aspiration des Iraniens
06:16et l'appel du Conseil national de la résistance iranienne dont je représente depuis 47 ans.
06:23Il n'y aura pas de changement de régime par des frappes aériennes ou par des bombardements.
06:30Un changement de régime ne peut se faire que par les Iraniens,
06:35le peuple iranien et sa résistance organisée.
06:38Et c'est ce qui est en train de se faire.
06:41C'est ce qui est en train de se dérouler sur le terrain.
06:44Vous savez ce qu'a évoqué Donald Trump hier et Marco Rubio, son secrétaire d'Etat.
06:51La possibilité, l'éventualité de troupes au sol.
06:54Est-ce que ce type d'intervention, selon vous, et je vous pose la question à tous les deux,
06:58vous semble nécessaire, Bezad Naziri ?
07:01Ou, on va dire, c'est au peuple iranien lui-même de s'emparer du pouvoir ?
07:07Ni nécessaire, ni possible.
07:09Ni le feront avec l'expérience de l'Irak.
07:12Vous savez, c'était un fiasco.
07:14Donc, je peux vous dire, par les faits, que le 23 février,
07:18donc rien que quelques jours avant cette frappe aérienne,
07:22il y a eu 250 militants des unités de résistance,
07:26des militants de Moudjahdin, du peuple d'Iran,
07:27qui ont attaqué le même campement, ce complexe.
07:31Il y a eu une centaine de morts et d'arrestations,
07:34et 150 qui sont revenus sains et saufs dans leur base.
07:37Donc, c'est qu'il existe une force qui est capable d'organiser,
07:41d'orienter et de mobiliser les forces vives du peuple iranien,
07:46la jeunesse, les femmes, sur le terrain.
07:49C'est pourquoi, d'ailleurs, il y a un...
07:53Parce que tout le monde se dit, maintenant, la chute du régime,
07:55et après, un gouvernement provisoire,
07:59annoncé par le Conseil national de la résistance iranienne,
08:03a été déclaré depuis samedi dernier,
08:05sur la base de plans en dix points de sa présidente élue,
08:09Mariam Rajavi, pour un Iran,
08:11pour une république démocratique et laïque en Iran.
08:14Parce qu'il y a eu une illusion d'un retour à la monarchie
08:18nostalgique du passé, donc ça s'est révolu.
08:21Guillaume Laganne, c'est Marco Rubio, hier soir,
08:24qui a déclaré, il nous donnait une conférence de presse,
08:26on va dire, aux débottés.
08:28Nous espérons que le peuple iranien arrivera à renverser le régime,
08:34en clair, dans l'esprit, peut-être, des Américains,
08:37voire des Israéliens.
08:38Il y a cette campagne de bombardement massif
08:41pour décapiter le pouvoir en place,
08:44j'imagine,
08:45et pas forcément la volonté d'y aller à pied.
08:48Non, alors vous avez raison que le précédent de l'Irak
08:51pèse beaucoup, et de l'Afghanistan pèse beaucoup
08:53dans la stratégie américaine.
08:55Alors non pas d'ailleurs que ça ait été un échec,
08:57c'est-à-dire que si vous voulez changer le régime,
08:58c'est vrai que le mieux c'est d'avoir des troupes au sol,
09:01des forces terrestres,
09:03ce sont les seules forces en fait qui vont réellement
09:05vous permettre de contrôler un territoire.
09:07Mais le prix, on le connaît, c'est des morts,
09:10il y en a eu des milliers pour les Américains
09:12en Afghanistan et en Irak,
09:14et donc je ne pense pas qu'ils soient prêts à refaire la même chose,
09:17même si on peut imaginer ponctuellement des forces spéciales,
09:20par exemple, qui seraient déployées sur le sol iranien.
09:23Le mieux évidemment, ça serait que
09:24si changement de régime il doit y avoir,
09:26ça vienne du peuple iranien,
09:28mais je pense que l'intervention de votre invité
09:31est quand même assez significative.
09:33Aujourd'hui, l'opposition iranienne est loin d'être unifiée,
09:36vous avez la figure de Reza Pahlavi
09:39qui se manifeste,
09:41mais qui effectivement n'est peut-être pas consensuelle,
09:44là en tout cas, elle résume un petit pas toute l'opposition.
09:46Vous avez les Moudjahedines du peuple
09:47que vous avez cités,
09:49mais qui eux aussi ne font pas l'unanimité.
09:53Donc il y a ces difficultés,
09:55et je rappelle en plus que l'Iran est un pays assez complexe,
09:57ce n'est pas tout à fait l'Irak, mais pas loin.
09:59La moitié de la population est d'origine perse,
10:01mais vous avez des minorités,
10:03des Kurdes, des Balouches,
10:05des Arabes, des Azeris,
10:07qui pour beaucoup d'entre eux
10:08ont des mouvements rebelles armés,
10:09donc c'est un pays aussi où la composition ethnique est assez composite.
10:14Là-dessus, Bezat Naziri, avant la pause,
10:18le scénario de l'après, nous n'y sommes pas encore,
10:20la guerre est toujours en cours,
10:22et elle est appelée peut-être à durer,
10:24nul ne sait ce qui va advenir des jours qui viennent.
10:26Mais pour poursuivre ce que dit Guillaume Lagan à l'instant,
10:29est-ce que vous estimez aujourd'hui
10:31qu'il y a ce risque de scénario dans l'après,
10:35de ce que nous avons connu ailleurs,
10:37notamment, vous l'évoquiez vous-même, en Irak,
10:40c'est-à-dire, on dit souvent,
10:42et vous allez nous éclairer,
10:43que l'Iran peut-être est un pays à part,
10:46qu'il y a peut-être plus de volonté,
10:49de paix, d'un pouvoir laïc,
10:51de revenir à ce qui existait jadis, autrefois,
10:54et qu'il y a peut-être moins le risque d'un Iran
10:57qui serait fracturé, morcelé,
11:00comme on l'a vu en Syrie également.
11:02Alors, quelle est la réalité ?
11:04La réalité, c'est que le risque d'une guerre civile,
11:07est tout à fait réel.
11:09C'est réel.
11:10Je suis à raison de rappeler
11:13que l'Iran, c'est comme un mosaïque.
11:15Il y a une majorité de Perses,
11:16mais il y a les Kurdes, les Bellouches, les Turkmènes,
11:18il y a des minorités ethniques importantes.
11:20C'est plus de 35% de la population iranienne.
11:23Or, regardez ce que disent les Kurdes.
11:25Les Kurdes disent que,
11:26dans le cas où c'était Réza Pahlavi,
11:28une alternative, je mets ça entre guillemets,
11:31ça serait la guerre civile,
11:32parce qu'ils disent que son père et son grand-père
11:34ont écrasé les minorités ethniques,
11:37massacrées.
11:38Donc, déjà, il est une figure qui fait clivage.
11:41Pourquoi ?
11:42Parce qu'une alternative doit se forger
11:45sur le terrain, en Iran,
11:47au prix des sacrifices.
11:50Même s'il a dit, lui,
11:52répété, Réza Pahlavi,
11:53vous savez, je ne veux pas le pouvoir,
11:55je veux juste accompagner, je m'en vais.
11:56Oui, ça c'est la posture médiatique,
11:58ça c'est la mousse médiatique.
11:59Sinon, on ne peut pas, du jour au lendemain,
12:01annoncer une alternative,
12:03mais en venant de ses loisirs,
12:04de je ne sais quel luxe,
12:07aux Etats-Unis ou ailleurs,
12:09ça, l'alternative, se forge sur le terrain.
12:12Le destin des Iraniens doit être écrit
12:14par le peuple iranien en Iran,
12:16ni par une puissance extérieure,
12:18ni par des marionnettes
12:19qui seraient utilisées
12:21comme des cartes ou des instruments.
12:23Guerre rapide ou enlisement
12:26à venir en Iran,
12:28nous allons essayer de tenter
12:29de répondre à cette question
12:30dans la deuxième partie
12:31de La Vérité en Face,
12:33de ce débat 0826 303.
12:35Vous nous appelez si vous souhaitez intervenir.
12:37A tout de suite pour la suite
12:38de La Vérité en Face.
12:40Le Grand Matin Sud Radio,
12:42La Vérité en Face,
12:44Jean-François Aquili.
12:45Les opérations militaires américano-israéliennes
12:48en Iran,
12:49guerre rapide ou enlisement à venir
12:51pour Trump,
12:51pour Netanyahou,
12:52pour le monde entier,
12:54il faut le dire.
12:55Deux invités pour en parler.
12:56Guillaume Lagan,
12:57maître de conférence
12:58sur les relations internationales
12:59à Sciences Po Paris,
13:01auteur de Géopolitique de l'Europe
13:02aux presses universitaires de France.
13:04Et vous, Bezad Naziri,
13:06vous êtes membre du Conseil national
13:08de la résistance iranienne,
13:10le CNRI,
13:11ancien journaliste à l'AFP
13:12et vous avez été détenu
13:14prisonnier politique
13:15dans la sinistre prison
13:17d'Evin à Teheran.
13:19Vous en avez évoqué
13:19le souvenir tout à l'heure.
13:22J'ai envie de vous poser une question.
13:24Est-ce que tout le monde
13:25s'est trompé jadis
13:26avec l'Ayatollah Khomeini ?
13:27Je vous pose la question du passé
13:29pour regarder l'avenir.
13:31Parce que l'avenir de l'Iran
13:32sera-t-il,
13:33vous avez prononcé cet adjectif,
13:35laïque, forcément.
13:36Parce qu'au fond,
13:37tout le monde veut se débarrasser
13:38de cette dictature théocratique
13:41aujourd'hui.
13:41Tout le monde veut se débarrasser
13:43de cette dictature théocratique.
13:45Pour autant,
13:46les Iraniens ne sont pas
13:47nostalgiques
13:49de la dictature monarchiste.
13:51La réalité historique,
13:53c'est que
13:53c'est la dictature de Shah
13:55qui a préparé le terrain
13:57à la dictature des Mollahs.
13:58Pourquoi ?
13:59Parce que
14:00sous la dictature de Shah,
14:02l'ensemble des démocrates
14:03étaient soit en prison,
14:04soit torturés,
14:05soit exécutés.
14:06le seul réseau
14:07qui avait une activité possible,
14:09c'était les Mollahs,
14:10parmi lesquels aussi
14:11Khomeini
14:12qui était envoyé en exil.
14:13Il n'a pas été vraiment
14:14très gêné.
14:16Et c'est ça
14:17qui a laissé
14:18en quelque sorte
14:18à Khomeini
14:19la possibilité
14:20de dérober,
14:21de voler
14:21le leadership
14:22de cette révolution.
14:24L'opposition s'est trompée
14:25à l'égard de Khomeini
14:26à l'époque ?
14:28Non,
14:28parce qu'à l'époque,
14:29il y avait une unanimité
14:31contre le régime du Shah.
14:33Donc,
14:34il fallait rembourser
14:35le régime du Shah.
14:35Les Iraniens
14:36ont eu droit
14:37à renverser le roi
14:38comme les Français
14:39en 1789
14:40l'ont fait.
14:41Donc ça,
14:42c'est une page
14:43tournée dans l'histoire
14:44de l'Iran
14:44et c'était un régime
14:45de crimes,
14:46d'exécutions,
14:47de tortures,
14:47de la savak
14:48et de la répression
14:49et surtout
14:50d'inégalités sociales
14:51incroyables.
14:53Les richesses du pays
14:54étaient pillées.
14:55Donc,
14:56pour autant,
14:58ça ne justifie en rien
15:00qu'après,
15:01les Mollahs
15:02sont venus
15:02et ils n'ont pas blanchi
15:05en quelque sorte
15:05les crimes du Shah.
15:06Ils ont fait pire,
15:07bien sûr,
15:08parce que c'était
15:09au nom de Dieu.
15:10Les crimes,
15:10les tortures,
15:11les exécutions,
15:12cette fois-ci,
15:12c'était au nom
15:13d'une religion
15:15qu'ils ont usurpée.
15:17Guillaume Laganne,
15:17pour poursuivre
15:18ce que dit
15:18Bezat Naziri,
15:19le défi aujourd'hui,
15:20c'est se débarrasser
15:22de cette dictature
15:24théocratique
15:25et essayer
15:26de retrouver
15:27les chemins
15:27d'un pays
15:29laïc.
15:29Est-ce que
15:29c'est envisageable ?
15:31Est-ce que
15:31la société iranienne,
15:32vous allez nous répondre
15:33tous les deux,
15:34aura été transformée ?
15:3547 ans tout de même.
15:37Alors,
15:38peut-être
15:39deux idées.
15:40La première,
15:40c'est qu'effectivement,
15:41la monarchie
15:42qui est tombée
15:43en Iran
15:43en 1979,
15:45c'était effectivement
15:46un régime autoritaire.
15:47Mais rappelez-vous,
15:48la raison fondamentale,
15:49au-delà de la répression
15:50de son renversement,
15:52c'est qu'elle voulait
15:52moderniser
15:53à marche forcée
15:54une société iranienne
15:56qui restait
15:56très conservatrice.
15:58Donc,
15:59quand on fait
16:00d'ailleurs le bilan
16:00aujourd'hui dans la région,
16:01vous savez,
16:01de ce match
16:02entre les révolutionnaires
16:04et les monarchies,
16:05on a tout de même
16:06l'impression,
16:08je suis français,
16:08donc je ne défends pas
16:09la monarchie,
16:10mais tout de même,
16:10on a quand même
16:10l'impression que
16:12finalement,
16:12les monarchies du Golfe,
16:13par exemple,
16:13sont des états,
16:14au fond,
16:14beaucoup plus stables,
16:15et en tout cas,
16:15aujourd'hui,
16:16beaucoup plus prospères
16:17que ceux qui,
16:17dans les années 50-60,
16:19ont renversé leur roi,
16:20je pense à l'Égypte,
16:20et se sont embarqués
16:21dans des dictatures
16:23militaires
16:23où ils sont encore installés.
16:26Donc,
16:26il y a quand même
16:27cette réflexion historique
16:28à avoir maintenant
16:29sur la société iranienne
16:30telle qu'elle est aujourd'hui.
16:31Je rappelle que
16:33plus de la moitié
16:34des Iraniens
16:34ont moins de 30 ans,
16:35donc ce sont des gens
16:35qui n'ont pas connu,
16:36en fait,
16:37la monarchie des Palavis,
16:39c'est une société jeune,
16:40c'est une société
16:41effectivement transformée
16:42par la révolution islamique
16:44dans le sens où
16:45l'égalitarisme
16:46est beaucoup plus fort,
16:48ou plus exactement,
16:48les inégalités
16:49sont renversées,
16:50c'est-à-dire
16:50l'ancienne aristocratie
16:51a été expropriée,
16:52mais aujourd'hui,
16:53les grandes fortunes
16:54du régime
16:54sont ceux qui sont autour
16:56des guerres de la révolution,
16:57donc en fait,
16:57il y a une nouvelle hiérarchie sociale,
16:59et puis il y a le statut
17:01des minorités,
17:01on en a parlé,
17:02des femmes aussi,
17:03qui ont d'une certaine manière
17:04quand même
17:05beaucoup pâti
17:07du régime théocratique,
17:08donc je pense que
17:09toutes ces catégories
17:10seraient favorables
17:11à une société différente,
17:13société ouverte,
17:14et d'autant que
17:14nous ne sommes pas
17:15dans le monde de 79,
17:16nous sommes dans un monde
17:16où malgré les difficultés
17:18à s'informer en Iran,
17:19je pense que la plupart
17:20des Iraniens connaissent
17:21l'existence du monde extérieur,
17:23voient comment vivent
17:24les autres pays,
17:26ont envie d'aller
17:27vers ce type de régime,
17:27je rappelle juste
17:28un chiffre pour nos auditeurs
17:30qui, je pense,
17:30intéressants,
17:31en 1979,
17:331980,
17:34le PIB de l'Iran
17:35était le même
17:36que celui de la Turquie,
17:37l'Iran, je le rappelle,
17:38c'est un pays
17:38qui a de très grandes
17:39richesses pétrolières
17:40et gazières,
17:41aujourd'hui,
17:42le PIB de la Turquie
17:43est quatre fois supérieur
17:43à celui de l'Iran,
17:44je pense que
17:45pour beaucoup d'Iraniens,
17:46c'est en même
17:46un facteur majeur.
17:48Mais à Naziri,
17:48pour poursuivre
17:49la réflexion
17:49de Guillaume Laganne,
17:51la société iranienne,
17:53aujourd'hui,
17:54est-ce qu'elle est hostile
17:57aux Etats-Unis,
17:58à Israël,
17:59qui sont en train
17:59de frapper le régime
18:00actuel,
18:01est-ce qu'elle a ce besoin,
18:03est-ce qu'elle a été prise
18:04par ce besoin
18:05de changement
18:05que vous décrivez
18:06dans vos propos,
18:09est-ce qu'il y a,
18:09est-ce qu'elle est mûre,
18:11au fond,
18:11pour aller vers
18:13un État laïque
18:14et qui s'inscrirait,
18:16peut-être,
18:16dans la marche du monde,
18:17aujourd'hui ?
18:19La société iranienne
18:21est une société mûre,
18:24assoiffée de la démocratie,
18:26assoiffée de la liberté,
18:29comme je viens de le dire
18:31à juste titre,
18:31une société essentiellement
18:33jeune,
18:35moderne,
18:36c'est-à-dire qui vraiment
18:37aspire à un avenir
18:39de démocratie,
18:41de liberté,
18:42et ça,
18:43il ne peut pas le retrouver,
18:45d'ailleurs,
18:46il ne faut pas oublier
18:46que c'est depuis 2017
18:48que nous assistons
18:50à ces soulèvements
18:52qui se succèdent
18:532018,
18:542019,
18:562022,
18:57et maintenant,
18:592026.
19:00Donc,
19:00en crescendo,
19:01on remarque
19:02qu'il y a de plus en plus
19:03la formation
19:04d'une volonté
19:05autour de la devise
19:06Nisha Nimola.
19:07C'est-à-dire,
19:08vous remarquez que
19:09l'ensemble
19:10de ces minorités ethniques
19:11et les forces démocratiques
19:13se regroupent
19:14autour de ce devise
19:15de Nisha Nimola.
19:16Nisha Nimola.
19:17Nisha Nimola,
19:18qui est simple,
19:18qui était le socle
19:19de la formation
19:20du Conseil National
19:21de la Résistance Iranienne,
19:22c'est-à-dire,
19:23on veut un renversement
19:24du régime des Mola,
19:25mais pas pour autant
19:26un retour à la monarchie,
19:27et cela,
19:27c'est en train
19:28de prendre forme,
19:29c'est-à-dire,
19:30il y a maintenant
19:31de plus en plus
19:32une cohésion
19:33autour de ceci,
19:34parce qu'au contraire,
19:35le fils du Shah
19:36est une figure
19:37de clivage.
19:38Et les Mola,
19:39vous avez raison,
19:40ils ont pillé
19:41cette richesse
19:43iranienne,
19:44et maintenant,
19:45il y a une autre
19:45oligarchie,
19:46c'est-à-dire,
19:47c'est vrai que
19:48l'aristocratie
19:49a été démis
19:50de ses moyens,
19:51mais il y a une oligarchie
19:52qui est pire
19:53que l'aristocratie
19:54qui s'emparait
19:56des richesses.
19:56Messieurs,
19:57il nous reste deux minutes,
19:58je vais vous demander
19:58l'impossible,
19:59avec une minute chacun,
19:59vous allez voir,
20:00c'est vraiment très difficile,
20:01je commence par vous,
20:02Guillaume Laganne,
20:03comment est-ce que vous voyez
20:03les jours qui viennent,
20:04les semaines qui viennent ?
20:05Je pense que l'offensive
20:07américaine et israélienne
20:08va se poursuivre,
20:09je pense qu'on va peut-être
20:13assister à des craquements
20:14au sein du régime,
20:15c'est en tout cas
20:15l'idée que j'ai aujourd'hui,
20:17je crois plutôt,
20:18moi,
20:19on n'en a pas du tout parlé,
20:20à une possibilité aussi
20:20d'un scénario à la vénézuélienne,
20:22c'est-à-dire qu'au sein même
20:26et qui accepte de pactiser
20:28avec les occidentaux.
20:29Bezad Naziri,
20:30même question.
20:31L'Iran,
20:32par son histoire,
20:33n'est ni Venezuela,
20:34ni les Émirats du Golfe,
20:36il a depuis 1906
20:37des révolutions
20:38pour une constitution,
20:40ça fait plus de 120 ans
20:41que les Iraniens se battent
20:43pour la liberté,
20:44et aujourd'hui,
20:46il existe une alternative
20:47démocratique,
20:48avec un plan en 10 points,
20:50qui s'engage
20:52pour une période
20:53de transition
20:54de 6 mois
20:55de préparer des élections
20:56libres,
20:57constituantes
20:57et législatives
20:58et laisser aux Iraniens
21:00de décider
21:01le choix
21:01de leur avenir.
21:03Donc,
21:05inéluctablement,
21:05il y aura un soulèvement
21:07encore plus dur
21:08et encore plus intense
21:10que ce qu'on a constaté
21:11en janvier dernier,
21:12sauf que le régime
21:13n'aura plus
21:14la capacité
21:15de faire le ravage
21:17que nous avons connu
21:18en termes de massacre
21:19et il y a des unités
21:20de résistance
21:21qui seront capables
21:22de faire face
21:23au pastaran.
21:24Ça, c'est la solution.
21:25une vision
21:26plutôt optimiste.
21:27Il faut l'être
21:28aujourd'hui.
21:28Il faut l'être
21:29parce que c'est un tournant.
21:30Beza Naziri,
21:31membre du Conseil national
21:32de la résistance iranienne
21:33et vous,
21:33merci Guillaume Lagarde.
21:34On n'a pas eu le temps
21:35de parler de la dissuasion nucléaire,
21:36vous avez vu,
21:36ça passe trop vite.
21:38C'est pourtant
21:38ce qui est assez important
21:39ce qui a été annoncé hier.
21:41En deux mots,
21:41la France va augmenter
21:42le nombre de ses missiles.
21:44Ça, c'est quand même important
21:45et ça va dans le sens
21:48de toute la situation internationale.
21:50Et puis,
21:50elle va aussi,
21:50avec ce qu'on appelle
21:51la dissuasion avancée,
21:53envisagée peut-être
21:54de protéger un peu
21:55les autres pays européens
21:56avec ses capacités nucléaires.
21:58Là aussi,
21:58c'est une avancée.
21:59Avec la conservation
22:00de la décision ultime.
22:02Ça ne peut être qu'ainsi.
22:04Ça ne bouge pas.
22:05Merci à vous,
22:06Guillaume Lagarde.
22:06Je rappelle,
22:07vous enseignez
22:07à Sciences Po Paris
22:08et à signaler
22:09aux presses universitaires
22:11de France
22:11votre ouvrage
22:13Géopolitique de l'Europe.
22:14Merci à tous les deux.
22:16Et bonjour à vous.
22:17Bienvenue.
22:17Bonjour.
22:18Écoutez,
22:18nous,
22:18on va en parler
22:19de la dissuasion nucléaire,
22:20justement,
22:21et puis des annonces
22:24faites par Emmanuel Macron
22:25hier,
22:25annonce importante,
22:27justement.
22:28Donc,
22:28si vous avez suivi
22:29ce débat,
22:30si vous avez suivi,
22:31pardon,
22:31ce discours d'Emmanuel Macron,
22:33dites-nous ce que vous en avez pensé.
22:350826 300 300.
22:36On reviendra également
22:37sur le procès Samuel Paty,
22:39le verdict hier,
22:41avec des peines allégées.
22:43c'est vrai qu'on peut s'étonner
22:45de cette décision de la justice.
22:48Là aussi,
22:48on vous attend.
22:49Auditeurs de Sud Radio,
22:50et puis,
22:51c'est quoi le problème ?
22:52Combien vous aviez
22:53de frères et sœurs,
22:55Jean-François ?
22:56Combien nous sommes,
22:57c'est ça ?
22:58Six.
22:58Six.
22:59Et vous avez combien d'enfants ?
23:00Deux.
23:01Voilà.
23:01Écoutez,
23:02on va parler...
23:02C'est une famille recomposée.
23:04Oui,
23:04mais pourquoi t'as pas d'enfants ?
23:07C'est le titre du documentaire
23:08d'Enora Malagré
23:09qui parle de ces femmes
23:10qui aujourd'hui
23:10ne peuvent pas
23:11ou ne veulent pas avoir d'enfants.
23:12C'est à suivre.
23:13Bonne émission à vous.
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