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  • il y a 5 heures
Une idée de génie : créer une plateforme pour mettre en relation des travailleurs et des clients, les faire exercer sous statut indépendant pour éviter de payer les charges sociales… Sauf que dans le droit du travail, les structures qui imposent précarité et subordination s’exposent à des requalifications en CDI et à de lourdes conséquences financières. L’avocat Étienne Pujol nous explique dans le dernier SMART & RÉGLO.

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Transcription
00:00Vous connaissez le travail dissimulé ?
00:01Si vous êtes entrepreneur, ce n'est pas quelque chose que vous voudrez expérimenter.
00:05Imaginons, vous voulez créer une société, une plateforme,
00:07de mise en relation entre des travailleurs et des clients.
00:11Vos travailleurs, vous les utilisez comme auto-entrepreneurs.
00:14C'est plus simple, plus flexible, un contrat de prestation de service,
00:18pas de charge sociale.
00:19Je viens de révolutionner le monde du travail, mais ce n'est pas sans risque.
00:23S'il y avait une solution miracle, tout le monde l'aurait déjà utilisée.
00:26Deliveroo, Bolt, toutes ces sociétés montrent que ces structures-là ne sont pas sans risque.
00:31Elles font l'objet de demandes de requalification de la prestation en contrat de travail
00:36et surtout de contrôles diligentés par les URSAF.
00:39Les chauffeurs, les livreurs peuvent demander en justice
00:43une requalification de leur relation en contrat de travail,
00:46ce qui implique du salaire, des charges sociales
00:49et des indemnités de licenciement lorsqu'ils ont été déréférencés.
00:53Et ça attire aussi le regard de l'URSSAF.
00:56L'URSSAF va demander à ce que les prestations qui sont rémunérées en honoraire
01:00soient requalifiées comme du salaire
01:01et donc fassent l'objet de redressements pour paiement des charges sociales.
01:05Ainsi, il y a quelques jours, le cas Uber,
01:09l'URSSAF leur demande 1,7 milliard d'euros.
01:12C'est plus que tous les redressements effectués en 2024 par l'URSSAF sur toute la France.
01:18Cela concerne 72 000 chauffeurs utilisés par Uber entre 2019 et 2022.
01:24Ça pique un peu pour les DAF.
01:25En fait, cela correspond au montant que Uber aurait payé à ses 72 000 chauffeurs
01:30s'ils avaient été salariés dès le début,
01:32avec, bien entendu, 500 millions d'euros de pénalités.
01:35Actuellement, ces travailleurs doivent aller en justice
01:38pour démontrer que leur relation de travail est du salariat.
01:41Prouver qu'on est en subordination,
01:43cela veut dire qu'on ne peut pas choisir ses horaires de travail,
01:46la plateforme pour laquelle on travaille,
01:48avoir des clients personnels, pratiquer sa rémunération, etc.
01:52Pour les plateformes, un grand changement va s'opérer en 2026.
01:56La directive de 2024 inverse cette présomption.
01:59Dorénavant, la relation de travail est supposée être un contrat de travail
02:03et pas une prestation de service.
02:05Et c'est à la plateforme de démontrer
02:08qu'il s'agit bien d'un lien sans subordination, d'un lien indépendant.
02:12Elle devra prouver que le collaborateur, le travailleur,
02:16agit en indépendance par rapport à son organisation,
02:20à son management par algorithme.
02:23Par exemple, le travailleur pourra avoir d'autres clients,
02:26fixer sa rémunération,
02:28indiquer comment il veut rendre sa prestation au profit du client final.
02:32Les plateformes devront intégrer beaucoup plus de transparence dans leur algorithme
02:37et intégrer aussi une intervention humaine
02:39dans la manière dont sont gérées les relations avec les travailleurs.
02:43Pour rester rentable,
02:44il faut que les plateformes sécurisent les relations avec leurs prestataires,
02:48notamment l'indépendance.
02:50Sous-titrage Société Radio-Canada
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