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  • il y a 9 heures
Ce vendredi 30 janvier, la publication de l'Insee sur la croissance française, influencée par la saga budgétaire et la guerre commerciale, a été abordée par Christian Saint-Étienne, économiste, Olivier Redoulès, directeur des études de Rexecode, et Jean-Marc Vittori, éditorialiste aux Echos, dans l'émission Les Experts, présentée par Raphaël Legendre sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Allez, je l'ai dit, on a comme invité ce matin Jean-Marc Vittori. Bonjour Jean-Marc.
00:04Bonjour tout le monde.
00:05Un éditorialiste aux échos qui revient donc fraîchement de Davos.
00:08A vos côtés Olivier Redoules. Bonjour Olivier.
00:10Bonjour.
00:10Directeur des études de Rex & Code et Christian Saint-Etienne. Bonjour Christian.
00:14Bonjour.
00:15Qui prend des notes déjà, qui va nous raconter plein de choses passionnantes.
00:17Economiste, auteur de Trump et nous.
00:20« Sauvez la France et l'Europe » aux éditions Odile Jacob.
00:23Je voulais qu'on commence évidemment.
00:25Par les chiffres de l'INSEE ce matin, la croissance 2025.
00:290,9% comme prévu.
00:32Mais, mais, mais, un être à l'enquête.
00:34Réalentissement quand même au quatrième trimestre.
00:35Olivier, j'ai envie de commencer avec vous.
00:39On voit que quand même l'interminable saga budgétaire.
00:42On a ce matin le dernier 49.3.
00:44qui arrive à l'Assemblée pour faire passer le budget et la guerre commerciale.
00:49aussi ont quand même pesé sur l'activité française au quatrième trimestre.
00:53Qu'est-ce que vous...
00:54retenez la publication de l'INSEE ce matin ?
00:57Non, ce qu'il faut retenir, c'est que...
00:59Au fond, 0,9% de croissance sur un an.
01:02Puis si on met les trimestres bout à bout, ça...
01:04Ce qu'on appelle en termes techniques le glissement annuel,
01:06c'est-à-dire la croissance entre fin 2024...
01:092025, on est plutôt même un peu au-dessus de 1%.
01:12En fait, la France...
01:14croit à son rythme potentiel, en fait.
01:17Elle est sur sa vitesse de croisière.
01:19celle qui est permise à la fois par le développement de sa productivité.
01:24tendancielle et par la croissance de sa population active.
01:27Et c'est...
01:28En fait, on est...
01:29On ne va pas trop vite, ni trop lentement.
01:31On n'a pas...
01:31On n'a pas eu la...
01:32Il y avait des craintes...
01:34Non, nous, au printemps ou autre même, parfois,
01:36de tomber dans une récession, d'avoir une France...
01:38Oui.
01:38Un franc...
01:39On pensait que la situation politique allait vraiment pénaliser l'économie.
01:42En fait, on est à notre rythme de croisière.
01:44Ce n'est pas ce qu'on a observé.
01:46En effet, on a eu une...
01:47Alors oui, il y a eu un ralentissement.
01:49Au dernier trimestre.
01:50On a vu une croissance assez exceptionnelle au troisième.
01:54Il y a sans doute des effets de choc et de contre-choc.
01:560,5 au troisième trimestre, alors qu'on n'a que 0,2.
01:59On a eu un énorme bond des exportations.
02:01On a eu aussi une accélération assez marquée de l'investissement.
02:04Des entreprises qui avaient surpris un peu tout le monde
02:06au troisième trimestre et au quatrième trimestre.
02:09c'est plutôt les ménages qui surprennent positivement
02:11avec une légère accélération...
02:14de la consommation et surtout une accélération un peu plus marquée
02:17de l'investissement des ménages.
02:191% sur un trimestre, c'est un rebond.
02:22C'est l'immobilier qui repart, ça ?
02:24C'est l'immobilier, ce n'est pas forcément encore la construction,
02:26mais sans doute des rachats, alors peut-être...
02:29qu'on a un frémissement sur les transactions ou autre,
02:33c'est quelque chose à voir maintenant.
02:34En tout cas, on ne le voit pas encore dans la production de construction,
02:38mais quand on regarde...
02:39Les prévisions de la Fédération du bâtiment,
02:43elles étaient plutôt optimales.
02:44Alors après, c'est toujours soumise aux allées budgétaires,
02:46on sait que c'est un secteur qui est très...
02:49qui est aussi, comment dire, très réglementé,
02:52qui est soumis à tout plein de...
02:54dispositif d'hommage primaire et neuf,
02:56et donc il y a une forme d'incertitude sur ça.
02:58Les ménages...
02:59Bien sûr, ils tiennent compte de tout ça dans leurs décisions,
03:01mais globalement, la construction qui avait fortement baissé
03:03ces dernières années...
03:04montrent des frémissements positifs.
03:06Bon, Jean-Marc, qu'est-ce que vous tirez de ce résultat ?
03:08Ouais.
03:09La France plan-plan ?
03:10Pas beaucoup de surprises.
03:11C'est lent, tout de même.
03:13Ouais, 1%.
03:140,9% dans une population qui progresse de 0,4%,
03:16c'est-à-dire un revenu par tête, puisque...
03:19pour beaucoup de gens, c'est ça qui compte.
03:21Oui.
03:23En fin de compte,
03:24un revenu par tête qui augmente de 0,5%,
03:26ce qui veut dire qu'il y a des millions de personnes...
03:29l'an dernier, on gagnait un peu plus,
03:31mais il y a aussi des millions de personnes
03:33dont le revenu s'est affaibli.
03:34quand vous êtes à 0,5%, c'est une moyenne.
03:36Et donc, voilà, c'est lent.
03:39Et comme le dit Olivier,
03:40c'est difficile pour l'instant
03:42d'espérer d'avoir...
03:44beaucoup plus.
03:45Donc, et puis une faible inflation,
03:46une faible impulsion pour l'année à venir aussi,
03:48si on vient sur le chiffre...
03:49du dernier trimestre...
03:50Oui, bien sûr, un 0,2%,
03:51ça pèse sur l'acquis de croissance pour l'année.
03:54L'acquis serait quand même déjà à 0,5%.
03:56Et donc, pour peu qu'on ait un peu de croissance...
03:59au même rythme au premier et deuxième trimestre,
04:02on serait sur un pourcent de croissance.
04:04sur l'année.
04:05Alors certes, ce n'est pas exceptionnel,
04:07mais c'est notre rythme de croissance...
04:09Moyen.
04:09Christian Saint-Etienne.
04:10Sur l'année, l'investissement des entreprises stagne.
04:14Et c'est surtout les stocks
04:16qui attirent la croissance...
04:18Eh oui.
04:19à la fin de l'année.
04:20Donc, effectivement,
04:21on est à 1% de croissance.
04:23C'est...
04:24C'est le rythme depuis 20 ans.
04:26Or, quand on a des frais fixes...
04:29parce que quand on a une dépense publique gigantesque,
04:31ce sont des frais fixes colossaux.
04:331%...
04:34C'est la mort.
04:35Quand on a 57 points de dépense publique,
04:37il faut...
04:37Bon, voilà.
04:38Non, non, mais...
04:39Jean-Marc aussi a dit
04:41que c'était quand même pas terrible.
04:44Donc,
04:44quand on a des charges fixes aussi colossales...
04:47Enfin, la France telle qu'elle est...
04:49il faut qu'elle fasse 2% de croissance
04:50pour respirer.
04:53Effectivement...
04:54Je pense qu'un des points positifs
04:56de l'année dernière...
04:58Enfin...
04:59...
04:59C'est la remontée de...
05:01Un point positif
05:02qui a un aspect négatif...
05:03C'est la remontée...
05:04la remontée de la productivité.
05:05Oui.
05:05En contrepartie,
05:07l'emploi salarial...
05:08Eh oui.
05:08...
05:09...
05:09...
05:09Les marchands baissent.
05:10Bien compliqué.
05:11Peu.
05:12Voilà.
05:12Donc, on a une économie qui est...
05:14la tête légèrement hors de l'eau,
05:18mais...
05:19On n'est pas en position d'expansion.
05:21Et...
05:22Ce qui m'inquiète le plus...
05:24c'est que l'industrie a détruit des emplois l'année dernière...
05:29sur la moyenne de l'année.
05:31Et il n'y a pas de rebond industriel...
05:34Alors, on sait que si on veut échapper à cette quasi-stagnation...
05:38Alors, quand on...
05:39on dit à 1%,
05:39ça veut dire que les recettes fiscales sont pas terribles...
05:44Et comme l'a dit Jean-Marc,
05:45ça veut dire qu'une bonne partie de la population a vu ses revenus stagner ou...
05:49baissé...
05:50Donc, c'est pas satisfaisant du tout, là.
05:54Ça fait 20 ans qu'on est planté
05:56parce qu'on n'a pas de vision stratégique,
05:58on investit pas.
05:59c'est pas là où il faut.
06:00On va en parler dans quelques instants...
06:03Mais l'absence de...
06:04C'est des sujets dont on parle depuis 20 ans.
06:07L'absence de fonds de pension font que...
06:09On peut pas tenir nos entreprises.
06:11Elles sont vendues à l'étranger.
06:13Quand on vend à l'étranger...
06:14on sait très bien les conséquences.
06:16Il est rarissime que ça se traduise par une augmentation de l'investissement.
06:19Généralement, les entreprises viennent chercher des parts de marché.
06:23Donc...
06:24Tant qu'on ne fait pas des réformes de structure,
06:27tant qu'on a...
06:29500 milliards sur les livrets A qui dorment,
06:332000 milliards sur...
06:34l'assurance vie qui finance la dépense publique,
06:36enfin la dette publique,
06:38on est dans...
06:39une situation...
06:40Voilà, on a la tête hors de l'eau.
06:41On est condamné à une forme de stagnation.
06:44Si je vous entends bien, Christian, Saint-Etienne,
06:46tout le monde est d'accord autour de la table.
06:48J'ai l'impression autour de ça.
06:48Et donc...
06:49ça ne bougera pas à court terme jusqu'en 2027, quoi.
06:52Le sujet est quand même politique.
06:541% de croissance...
06:55On n'est pas les seuls, c'est vrai.
06:57Olivier, on nous laisse.
06:58On fait un peu mieux...
06:59que d'autres.
06:59On fait un peu mieux que les Allemands,
07:01moins bien que les Espagnols,
07:02mais c'est ce rythme de croissance...
07:04...
07:04de croissance moyenne,
07:04c'est celui du cœur des pays européens,
07:06à distinguer vraiment de la périphérie
07:08qui fait une croissance...
07:08L'Espagne est...
07:09L'Espagne qui reçoit beaucoup d'argent
07:12du plan de relance européen,
07:13mais aussi...
07:14qui est sur une phase de rattrapage
07:15où elle rattrape encore les dégâts commis...
07:19durant la dernière décennie.
07:20L'Espagne se distingue, c'est vrai,
07:22mais si on prend l'Allemagne...
07:24les Pays-Bas, la moyenne de la zone euro,
07:25on est plutôt autour de 1% de croissance.
07:26Mais est-ce que ça veut dire
07:27que structurellement,
07:28on est à ce niveau de croissance...
07:29ou est-ce que l'exemple espagnol
07:31ne montre pas que si on faisait des réformes,
07:33si on libérait...
07:34on libérait un peu les normes,
07:35l'économie de manière générale,
07:38bref, un peu d'air.
07:39on pourrait aller plus loin
07:41parce qu'on ne mène pas tous
07:42les mêmes politiques économiques
07:43dans tous les pays du monde.
07:44Il faudrait peut-être regarder l'exemple américain
07:46où on est quand même là,
07:47pour le coup, sur 2% de croissance.
07:49de la productivité
07:50au cours des 5 dernières années,
07:52ce qui est 4 fois plus que...
07:54de la croissance moyenne
07:55de la productivité pour l'Europe.
07:56Donc là, ça montre qu'effectivement,
07:58quand...
07:59on a une capacité à se projeter,
08:01qu'on a une capacité à se financer
08:02quand on a aussi...
08:04fait le pari de l'innovation
08:05et de la nouvelle technologie,
08:06il y a moyen quand même de...
08:09de faire au plus de croissance.
08:10Justement.
08:1115 points d'écart de pipe par tête,
08:13j'ai lisé ça hier.
08:14entre l'Europe et les Etats-Unis
08:16en 5 ans.
08:1715 points d'écart.
08:19Et à 1% de croissance,
08:21la population...
08:24ressent, au moins pour la moitié d'entre elles,
08:27un appauvrissement.
08:28Oui.
08:28Et...
08:29ça se traduit par cette demande
08:31de pouvoir d'achat
08:31qui est en fait la résultante...
08:34du sous-investissement depuis longtemps.
08:36Alors, ce qui est irritant
08:38par rapport...
08:39à ce qu'a dit Olivier à la seconde,
08:42c'est que...
08:44par rapport à l'Allemagne.
08:45L'Allemagne a un problème...
08:46L'Allemagne qui est le cœur de la zone euro,
08:48l'Allemagne a un problème de...
08:49Alors, il faut juste de récession.
08:50On le sait,
08:51l'Allemagne a un problème de modèle.
08:52Son modèle...
08:54On va dire Merkel,
08:55c'était j'importe du gaz
08:56pour...
08:57Russe pour vendre des bagnoles aux...
08:59en Chine,
09:00ça ne marche plus.
09:01Donc, ils sont en train
09:02de le reconfigurer.
09:03Alors...
09:04On est dans une période de transition,
09:06il ne faut pas penser
09:07que l'Allemagne est foutue,
09:08elle a d'énormes...
09:09elle est en train de se restructurer,
09:11elle va rebondir.
09:11C'est compliqué politiquement,
09:12on attend toujours
09:13leur plan de relance.
09:14qui tarde à venir.
09:14Oui, mais néanmoins,
09:16sur la durée,
09:16les entreprises allemandes,
09:17il faut s'attendre à ce qu'elles...
09:19s'en sortent.
09:20Donc, ce qui est irritant,
09:22c'est que la France a du potentiel...
09:24on est dans un domaine
09:26où on a une...
09:29remontée des dépenses de défense
09:32au plan international.
09:33Oui.
09:34la France a des atouts
09:34dans ce domaine.
09:36On a des entreprises...
09:39dans les nouvelles technologies
09:41qui sont intéressantes,
09:42simplement...
09:43Enfin, on le sait.
09:44et ça fait des années,
09:45des années qu'on parle de ça.
09:47Dès qu'elles...
09:49planchent un développement rapide,
09:51elles vont se coter au Nasdaq
09:53parce qu'elles n'ont pas les finances.
09:54Alors, on a fait la BPI
09:56qui nous a permis
09:57de franchir une...
09:59c'est-à-dire que les startups
10:02peuvent devenir des...
10:04des mini-licornes,
10:05mais quand elles veulent devenir
10:07des licornes en croissance rapide,
10:08elles vont aux États-Unis.
10:09On le sait aussi,
10:11on l'a discuté cent fois,
10:13les ETI...
10:14ne croissent pas
10:14à la vitesse nécessaire.
10:16Donc, c'est une stratégie
10:18qu'il faut mettre en place.
10:19Ça fait 20 ans
10:20qu'on n'arrive pas
10:21à la mettre en place.
10:22La question fondamentale...
10:24et je termine par là,
10:26c'est vraiment
10:26à quel moment...
10:29collectivement,
10:30on va se rendre compte
10:31qu'il faut, nous aussi,
10:33modifier notre modèle.
10:34Le modèle allemand,
10:35c'était ce que je viens de dire.
10:37Le modèle français,
10:38c'est la dépense publique.
10:39qui crée la richesse.
10:40Est-ce que cette prise de conscience,
10:41on va l'avoir en France ?
10:42On a de la ressource en France quand même.
10:44et on a envie d'être fier de notre pays.
10:46On en parlait avec Emmanuel Lechypre ce matin.
10:49La France, c'est une Ferrari
10:50qui est conduite par des gens
10:51qui n'ont pas le permis de conduire.
10:53Mais...
10:54on a de la ressource.
10:54Est-ce que c'est ce mindset
10:55qu'il faut revoir,
10:57Jean-Marc Vittori ?
10:58Évidemment.
10:59On a un tissu d'entreprise
11:01qui est très intéressant.
11:02Baladez-vous hors de Paris.
11:04Moi, je le fais par hygiène professionnelle
11:05chaque fois que je peux.
11:07Vous voyez partout,
11:08vous voyez les entreprises...
11:09qui sont souvent des champions cachés.
11:12Ce tissu-là existe.
11:14On a un pilotage
11:16et il ne fonctionne pas.
11:17Oui.
11:18Et dans...
11:19Dans ce que disait Christian,
11:20il y a un point qui m'inquiète,
11:22c'est que comme on a une...
11:24croissance très lente du revenu
11:25et donc du pouvoir d'achat,
11:27on a une crispation sur cette question.
11:29C'est une question du pouvoir d'achat.
11:30Donc, il y a sans arrêt
11:31des revendications,
11:32des demandes pour que...
11:34le secteur public
11:35ou les entreprises
11:36donnent plus de pouvoir d'achat.
11:39Et le problème,
11:40c'est que si vous regardez
11:41ce qu'il faut faire
11:42dans les années à venir,
11:43dans la décennie...
11:44dans les deux décennies à venir...
11:45Que faut-il faire ?
11:46Je veux qu'on apporte des solutions.
11:47Il va falloir investir plus.
11:49Il va falloir investir plus
11:50pour la recherche et le développement.
11:51Et c'est ce à quoi faisait
11:52implicitement Olivier quand il...
11:54allusion quand il parlait
11:55des États-Unis.
11:56Les États-Unis investissent
11:58beaucoup plus dans une...
11:59une recherche-développement
11:59à la fois fondamentale
12:01mais aussi appliquée.
12:03Donc, investir dans la...
12:04il va falloir investir
12:05dans la transition énergétique
12:08plus qu'on ne...
12:09le fait et c'est absolument
12:10indispensable pour des raisons
12:12de CO2 qu'on émet...
12:14dans la planète
12:14mais aussi pour des raisons
12:15de souveraineté
12:16si vous en doutez encore
12:17ce qui se passe depuis 4 ans.
12:19on le prouve à l'évidence
12:20et puis il va falloir aussi
12:22investir plus dans la défense.
12:24Donc, il va falloir de l'argent.
12:25Il va falloir prendre de l'argent
12:26pour investir plus.
12:27On n'a pas vraiment pour l'instant
12:27cher Jean-Marc.
12:29Et donc, il y a une contradiction
12:31fondamentale
12:31parce qu'il va falloir
12:32redresser les comptes publics aussi.
12:34très vite
12:34et laissons même de côté
12:36le situaire des comptes publics
12:37pour l'instant.
12:38Il va falloir investir plus.
12:39Et donc, ça veut dire
12:39alléger le poids de la consommation
12:41dans un pays
12:42où il y a une obsession
12:43du...
12:44du pouvoir d'achat.
12:45La France n'est pas le seul.
12:46Si vous regardez la question
12:47de l'affordability
12:48qui a envahi...
12:49le débat politique américain
12:50on a même un thème
12:51qui est voisin
12:52et ça s'explique aussi
12:52par des questions de...
12:54de répartition
12:54mais en France
12:55la crispation est particulièrement forte
12:57et depuis des décennies
12:58les politiques...
12:59par contre
12:59on va vous augmenter
13:01votre pouvoir d'achat.
13:02Et tant qu'on est dans cette...
13:04dialectique...
13:04Vous sous-entendez
13:05que c'est un mensonge
13:06très compliqué d'investir davantage.
13:07Que l'État nous explique
13:08qu'il va...
13:09nous aider pour le pouvoir d'achat
13:10c'est une faribole politique.
13:12Alors...
13:12Est-ce que c'est un mensonge ?
13:13Non parce que...
13:14de faire en fait
13:14on voit que les prestations sociales
13:16contribuent très largement
13:17au pouvoir d'achat en fait.
13:19les des salaires
13:20sont à peu près la moitié...
13:21Sauf que c'est la prestation sur endettement.
13:23Alors il y a des prestations...
13:24et puis dans les prestations sociales
13:25c'est large parce que
13:26il y a les retraites...
13:28il y a aussi...
13:29au fond l'assurance maladie etc.
13:30Et puis après
13:31un ensemble de prestations
13:32de revenus qui sont plus petites.
13:34comme la prime d'activité
13:35mais qui va quand même
13:35va être augmentée.
13:37Mais ça constitue quand même...
13:39une partie importante
13:40du revenu des ménages.
13:41En fait les salaires
13:42c'est à peu près la moitié
13:43du revenu des ménages.
13:44et le reste c'est des revenus financiers
13:46c'est aussi des revenus
13:47de prestations.
13:47Du transfert, oui.
13:49Mais peut-être que le sujet...
13:50Alors je vais m'inscrire un petit peu
13:51entre les deux sur...
13:54Est-ce que le sujet c'est que
13:55la moitié des ménages
13:56ne gagnent pas en pouvoir d'achat ?
13:57C'est pas forcément ça le sujet en fait.
13:59voir des pays qui ont beaucoup de croissance
14:01et forcément en fait ça veut dire...
14:04que si on a des entrepreneurs
14:05des mois ils gagnent
14:06des mois ils gagnent pas.
14:07Ça veut dire qu'il y a des rallos.
14:09d'éducation, d'un marché du travail.
14:10Donc il y a des gens qui font
14:11des bons salariaux
14:12et d'autres qui doivent rechercher...
14:14d'un emploi.
14:15Mais cette vitalité en fait
14:16nous on l'a pas vraiment.
14:16Nous en fait la réalité
14:17c'est qu'une partie importante.
14:19quand même du pouvoir d'achat
14:20est plus ou moins administrée
14:21soit parce que c'est la prestation
14:23soit...
14:24c'est parce que c'est le SMIC
14:25soit c'est parce qu'il y a un carcan
14:26qu'on a créé avec tous les systèmes...
14:29de prélèvement sur le travail
14:31et ça nous renvoie au débat
14:32qu'on a vu au moment du rapport...
14:34Bosio-Vasmer avec tout un système...
14:36En fait on fait énormément de redistributions
14:38sur toute l'échelle de...
14:39mais de fait la redistribution en fait
14:41ça veut dire quoi ?
14:42Ça veut dire que globalement
14:43on lisse les revenus...
14:44entre les personnes
14:45mais aussi on lisse les revenus
14:46tout au long de la...
14:47On a des inégalités de revenus
14:48qui sont extrêmement...
14:49stables en France
14:51et qui ont réduit énormément
14:52avant et après la redistribution...
14:54qui sont très réduites...
14:55Mais de fait en fait ça veut dire
14:56que quand on gagne en productivité
14:58en tant que salaire...
14:59on s'y retrouve pas forcément
15:01en tant que pouvoir d'achat
15:02parce qu'entre temps
15:03on perd un certain nombre de...
15:04le patron il perd des allégements
15:06et puis...
15:07L'impôt augmente.
15:08Il faut payer plus d'impôts donc ça c'est...
15:09ça c'est en fait...
15:10C'est ce modèle là
15:11qui est le modèle.
15:12Voilà.
15:13Absolument.
15:14Non mais par rapport à...
15:14à ce qu'évoquait Jean-Marc
15:16et ce que j'évoquais tous les trois...
15:19vous voulez des solutions.
15:20En fait c'est quoi le problème ?
15:22On veut du pouvoir d'achat ?
15:24Mais est-ce que c'est par la redistribution publique
15:26ou est-ce que c'est par la création
15:28de richesses compétitives ?
15:29Donc là on fait la redistribution avec l'argent public
15:33mais l'argent public...
15:34il est sur endettement.
15:35C'est-à-dire qu'on appauvrit le pays.
15:37Voilà.
15:38Donc...
15:39en fait on a de...
15:42la redistribution qui appauvrit...
15:44c'est le pays puisque...
15:45on...
15:46on s'endette...
15:47ce qui...
15:48dès...
15:49déjà bloque...
15:50la dépense publique utile.
15:52C'est-à-dire que...
15:53on va être obligé...
15:54de réduire la hausse de la dépense publique
15:56mais comme à l'intérieur les charges d'endette de...
15:59d'intérêt augmente.
16:00Ce qui n'est pas à charge d'intérêt va devoir baisser d'une...
16:04façon ou d'une autre.
16:05Alors que...
16:06on doit investir davantage sur la recherche...
16:0829 milliards de plus de...
16:09charge de la dette cette année.
16:10Voilà.
16:11On passe de 65 à 74 milliards.
16:12Quand on voit ça, la question c'est...
16:14si on avait une baguette magique, qu'est-ce qu'il faudrait faire en fait ?
16:18C'est ça la...
16:19c'est la vraie question.
16:20Donc...
16:21on le sait...
16:22c'est un moment donné...
16:23ou de la volonté politique...
16:24pour les...
16:24c'est-à-dire les dépenses et...
16:26la solution c'est d'augmenter l'offre.
16:28Et augmenter l'offre...
16:29c'est tout ce que le modèle social refuse,
16:31c'est-à-dire reculer l'âge de départ à la retraite...
16:34travailler davantage.
16:35Moi, ça fait des années que je dis, il faudrait passer de 35 heures à 37 heures.
16:39par semaine, payer 37 heures.
16:41Oui.
16:42Mais en contrepartie de quoi, il faudrait une...
16:44réforme de la constitution interdisant le déficit de la sécurité sociale.
16:48Donc...
16:49si...
16:50si on faisait un package de ce type, on envoie un message important...
16:54parce que...
16:55par rapport à ce que disait Olivier...
16:59si vous voulez, la moitié de la population dont le revenu stagne, si vous étiez à 2%...
17:04de croissance, il pourrait se dire...
17:05bon...
17:06j'ai des perspectives...
17:07je vais pouvoir jumper, je vais pouvoir sauter...
17:09sur un sentier de croissance du revenu supérieur.
17:13Mais là, à 1%...
17:14ils savent que la moitié dont le revenu stagne, ils savent que ça va continuer de stagner.
17:19c'est ça le problème.
17:20Donc si on veut augmenter la croissance, si on veut augmenter l'investissement...
17:24si on veut augmenter les dépenses d'innovation, il faut modifier le...
17:29modèle...
17:30et ce qui est terrible avec le budget que vient de faire voter Le Cornu...
17:34c'est qu'on s'enfonce dans le vieux modèle qui nous fait stagner.
17:38Oui.
17:39Olivier, il y a une réaction et puis après on va toucher un mot...
17:44Jean-Marc parlait...
17:45effectivement notre modèle est structurellement basé sur la consommation mais ces derniers...
17:48ces derniers...
17:49années la consommation vous a fait plutôt défaut.
17:51Bah oui.
17:52Et en fait on est dans un modèle...
17:53plutôt l'épargne qui monte.
17:54c'est pervers ou même le déficit public.
17:56A la limite s'il soutenait vraiment la consommation.
17:58J'irais bon...
17:59certes...
18:00On fait du keynesianisme.
18:01Mais non en fait il se retrouve dans de l'épargne.
18:03Dans l'épargne.
18:04On a juste une opération financière où on augmente le patrimoine notamment des seniors qui
18:09par une...
18:09c'est une large partie des gains qu'ils ont eu en retraite.
18:11Et de l'autre côté on a un déficit public qui s'accroît donc là on...
18:14on est rentré dans une dynamique assez perverse de ce point de vue là.
18:19Ensuite sur...
18:20effectivement sur la question du...
18:23de la...
18:24la projection des ménages et leur capacité à capter des gains de pouvoir d'achat il y a
18:28sans doute une...
18:29l'attitude plus générale face aux risques.
18:31Mais de là il faut accepter d'avoir un état.
18:33Et puis de confiance.
18:34On manque tout simplement de confiance en l'avenir évidemment.
18:37Mais par rapport à certaines solutions que...
18:39que mentionnait Christian sur...
18:42augmenter le temps de travail mais payer 30...
18:44en fait moi je crois pas trop au travail au plus pour gagner autant ou gagner moins.
18:47Je pense qu'il faut libérer.
18:49le temps de travail peut-être voir les limites qui aujourd'hui freinent...
18:53Et on travaille aujourd'hui...
18:5438h30 en moyenne pas semaine en France.
18:56Je vais pas le développer mais moi aussi je...
18:59ils circulent beaucoup en France et les chefs d'entre...
19:02parce qu'il y a le modèle effectivement il faut laisser...
19:04les gens décidaient entreprise par entreprise et beaucoup de chefs d'entreprise...
19:09qui circule beaucoup aussi...
19:10m'ont dit mais moi je peux pas...
19:12décider contrairement à ce qu'on...
19:14imagine dans ma boîte j'ai 50 salariés, 70, 80...
19:18j'ai pas...
19:19l'autorité pour leur dire on va changer de modèle nous...
19:23donc...
19:24c'est eux...
19:25ce sont des chefs d'entreprise qui m'ont dit si on veut augmenter la quantité du travail...
19:28ben le...
19:29modèle français étant ce qu'il est il faut que ça vienne de là-haut c'est à dire que...
19:32il faut qu'on passe collectivement...
19:345 à 37...
19:35alors la modulation qu'évoque Olivier...
19:37moi je la ferai au dessus...
19:38c'est à dire je passe...
19:39de 35 à 37...
19:40et je laisse 200 heures de...
19:43200 heures...
19:44supplémentaires par an à la main du chef d'entreprise...
19:47donc je passe de 35 à 37...
19:49pour financer cet énorme modèle qui...
19:52qui à la fois maintient les...
19:54revenus mais nous étouffent...
19:55et puis ensuite je laisse carrément 200 heures à la main du chef...
19:59d'entreprise...
20:00pour moduler en fonction de l'évolution de l'activité...
20:03c'est comme ça...
20:04je le ferai...
20:05mais c'est pas...
20:06c'est pas une vision théorique parce qu'effectivement...
20:08l'idée...
20:09idéalement on devrait dire...
20:10ben tout le monde fait comme il peut et comme il veut...
20:12mais le modèle français il est tel...
20:14que...
20:15même le chef d'entreprise il dit...
20:17si on veut augmenter la...
20:19il faut que ça vienne dans...
20:20non mais Christian...
20:21est-ce que le sujet en France n'est pas de faire travailler...
20:22ceux qui sont au chômage c'est à dire...
20:24les jeunes et les seniors...
20:26plutôt que d'augmenter le temps de travail de ceux qui sont déjà actifs...
20:29ceux qui travaillent en moyenne...
20:30vous me corrigez si je me trompe...
20:31mais 38 heures et demie par semaine...
20:32oui mais c'est...
20:33c'est à dire qu'on est pas au...
20:34c'est faux...
20:35et c'est là où je pense implicitement...
20:37c'est ce que vous voulez dire Olivier...
20:39c'est que...
20:40c'est ceux qui travaillent qui font le travail des autres...
20:42c'est Alfred Sovy qui...
20:44à travers toutes ses études pendant 40 ans...
20:46disait cette formule prodigieuse...
20:48qui est fausse...
20:49extrêmement simple...
20:50il disait c'est le travail des uns qui fait le travail des autres...
20:52si vous augmentez le travail...
20:54de ceux qui ont des qualifications...
20:57qui vont vendre...
20:58qu'est-ce qu'ils se font...
20:59ils créent de la richesse et donc du pouvoir...
21:01ils consomment et donc de l'activité...
21:02effectivement...
21:03Olivier...
21:04au Douglas il faut qu'on parle...
21:06il nous reste cinq minutes déjà...
21:08de votre étude...
21:09sur la compétitivité...
21:11et notamment la compétitivité française...
21:13études, règles et codes...
21:14publiées ce matin...
21:16quels sont les principaux résultats...
21:17il y a de bonnes nouvelles quand même...
21:18sur ce front...
21:19Oui alors on a titré...
21:20on a un titre assez prudent...
21:21c'est une France congredescente...
21:23c'est pas quand même une...
21:24une France qui boum...
21:26ou qui fait la course en tête...
21:27dans une Europe affaiblie...
21:28Les échos au titre...
21:29ce matin...
21:30l'économie française fait de la résistance...
21:32Oui parce qu'il y a un package...
21:34des nouvelles...
21:35avec une croissance française...
21:36sur l'année qui se porte bien...
21:37aussi les chiffres d'investissement...
21:38publiés par Bizant...
21:39France hier...
21:40qui sont aussi...
21:41plutôt positives...
21:42dans un contexte...
21:43tout doit être...
21:44mis relativement...
21:45dans un contexte...
21:46qui est très anxiogène...
21:47donc on fait une petite...
21:48hausse des investissements...
21:49étrangers...
21:50des projets...
21:51c'est forcément positif...
21:52nous...
21:53notre...
21:54vision des choses en fait...
21:55qu'on parle de compétitivité...
21:56il y a quand même plusieurs axes...
21:57il y a un premier axe...
21:58qui est celui de l'équilibre...
21:59des comptes externes...
22:00Oui...
22:01et ce qu'on n'a pas toujours en tête...
22:02c'est que...
22:03sur le plan de l'ensemble...
22:04du commerce...
22:05c'est-à-dire les biens et services...
22:06la France est plutôt...
22:07près de l'équilibre...
22:08légèrement...
22:09négative...
22:10Grâce au service...
22:11Grâce...
22:12alors...
22:13et au même niveau qu'il y a 5 ans...
22:14on est revenu à...
22:14la situation de 2019...
22:15on a vu une grosse peur...
22:16au moins...
22:17de la crise énergétique...
22:18on est...
22:19on avait creusé...
22:20on avait fait des records...
22:21de déficit...
22:22biens et services...
22:23et là...
22:24on est revenu...
22:24normales...
22:25alors...
22:26ce qui s'est passé...
22:27effectivement...
22:28vous le mentionnez...
22:29c'est qu'entre 2019...
22:30et aujourd'hui...
22:31une forme...
22:32...
22:33...
22:35...
22:37...
22:39...
22:41...
22:43...
22:47...
22:49...
22:51...
22:53...
23:18...
23:20...
23:22...
23:23...
23:24...
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