00:00Ce qui se passe en termes de marge et qui est assez intéressant, c'est qu'en fait il existe
00:04une forme de péréquation de la marge.
00:07Péréquation de la marge, ça veut dire qu'entre le pot de Nutella et le kilo de pommes,
00:12alors je prends les pommes, je pourrais prendre la viande ou je pourrais prendre autre chose,
00:15eh bien il n'y a pas la même marge de la part du distributeur.
00:18Alors on va nous dire, oui mais c'est normal parce qu'à la boucherie, il nous faut un boucher,
00:22ce qu'on n'a pas besoin devant le pot de Nutella.
00:25C'est vrai, mais ça c'est quand même globalement, j'allais dire, les dépenses globales du magasin.
00:31Mais de décider de ne pas marger sur le pot de Nutella et de marger sur le kilo de pommes,
00:37sur les fruits et légumes ou sur des produits frais dont on sait qu'ils viennent directement des producteurs et
00:43des agriculteurs,
00:44eh bien moi ça m'interroge.
00:46Et c'est aussi une des raisons pour lesquelles cette commission d'enquête a été créée,
00:49c'est de vérifier que la péréquation se fait bien aussi au profit des agriculteurs.
00:55Alors j'imagine que vous êtes, je vais dire, en position de faiblesse quand il s'agit de discuter avec
01:00le grand groupe
01:01qui est derrière la marque Coca-Cola ou Nutella, parce que les consommateurs, ils veulent ces marques dans les rayons.
01:06Vous n'avez pas le choix.
01:07Et donc est-ce que vous avez zéro marge sur ces produits et donc plus de marge sur les produits
01:12de l'agriculture française par exemple ?
01:13Eh bien moi je vous dis que non, puisque la marge, ce qu'on appelle semi-nette, c'est une
01:18fois nos charges payées,
01:20en fait elle est la même sur de l'épicerie ou sur des fruits et légumes.
01:25Quand tu déduis les frais de personnel, tes charges, le transport qui coûte plus cher sur les frais,
01:31c'est à peu près la même chose et on a refait le calcul avant d'aller à la commission.
01:35Maintenant, je vais vous dire, il y a deux systèmes de négociation en France, il faut le rappeler.
01:40Il y a un système très encadré, celui qu'on vit actuellement avec les grandes marques, les grands industriels,
01:45et un autre, celui pour la fabrication des marques distributeurs,
01:49qui représente un tiers de notre activité, qui n'est pas encadré comme celui-là avec une date butoir, etc.
01:54et qui se passe très bien, dans lequel on signe des contrats tripartites avec des éleveurs.
02:00Aujourd'hui, la ministre de l'Agriculture était présente à la signature d'un nouveau contrat de filière qu'on
02:05a fait aujourd'hui.
02:05Là, il y a des prix garantis, il y a une durée dans le temps qui donne la visibilité aux
02:10producteurs de 3 à 5 ans chez nous.
02:13Donc ça, c'est un système dont on devrait s'inspirer.
02:16Donc tripartite, il y a qui ? Il y a vous, les agriculteurs ?
02:18Il y a nous, il y a la coopérative agricole ou le regroupement de producteurs,
02:23et un transformateur, celui qui va nous emballer le produit, etc.
02:25Et tout le monde doit être gagnant, mais ça, c'est sur 3 à 5 ans, visibilité, prix révisé à
02:31l'année,
02:31et dans ce cadre-là, un tiers de notre activité, globalement, les gens sont contents, il n'y a pas
02:37assez grand débat.
02:38Et sur l'autre système qui est beaucoup plus encadré, c'est beaucoup plus tendu.
02:41C'est celui qui se négocie en ce moment.
02:42Qui se négocie, et n'oublions pas une chose sur ce système-là,
02:46c'est que nous n'achetons pas directement au monde agricole dans ce système-là,
02:50c'est l'industriel qui achète ce monde agricole, et c'est peut-être là la difficulté.
02:54Sous-titrage Société Radio-Canada
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