- il y a 10 heures
Jeudi 26 février 2026, retrouvez Simon Martin (secrétaire général adjoint, Jeunes Agriculteurs), Claire Pascal (Directrice générale de COMUNDI et Administratrice de la Fédération des Acteurs de la Compétence, Comundi) et Dominique Boucherel (Secrétaire général, ANEFA) dans SMART JOB, une émission présentée par Arnaud Ardoin.
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00:08Bonjour à tous, ravi de vous retrouver dans SmartJob, votre rendez-vous emploi RH management,
00:12débat, analyse, expertise et vos rubriques habituelles bien entendu.
00:16On parle aujourd'hui bien dans son job de la reconversion, c'est un sujet qui est au cœur de
00:20l'actualité
00:21avec beaucoup d'entreprises qui, certaines ferment leurs portes et beaucoup de salariés
00:26qui ont envie de renverser la table et de changer de métier, on en parle.
00:30Avec Claire Pascal, directrice générale de Comundi, administratrice des acteurs de la compétence,
00:34elle est spécialiste de ces sujets de reconversion, elle va tout nous expliquer dans quelques instants.
00:39Le Cercle RH à l'occasion du salon de l'agriculture, qui fait triste mine ce salon,
00:45qu'est-ce que ça veut dire aujourd'hui qu'être agriculteur ?
00:47En 2026, vous voyez ces images à la fois de manifestations de colère, parfois de violence du monde agricole,
00:54qui ne vit pas de son travail.
00:56Comment faire ? Comment redonner du sens à ce très beau métier ?
01:00On en parle avec nos invités, Simon Martin, secrétaire général adjoint des jeunes agriculteurs
01:05qui sont évidemment en première ligne, et Dominique Boucherelle, le président de l'ANEFA.
01:10Voilà le programme, tout de suite c'est bien dans son job.
01:24On parle de reconversion, c'est un sujet, alors je dirais, transversal au monde du travail.
01:29On nous dit qu'on va avoir deux, trois, quatre métiers au long d'une carrière.
01:34Il faut se former, il faut se reconvertir, et on en parle avec vous, chère Claire Pascal.
01:38Bonjour.
01:39Bonjour à vous.
01:39Très heureux de vous accueillir. Vous êtes déjà venu sur notre plateau.
01:43Absolument.
01:43Directrice générale de Comundi, vous allez nous en parler dans quelques instants,
01:46parce que vous êtes une spécialiste, une chef d'entreprise justement,
01:49autour de ces enjeux de reconversion et de formation,
01:52et puis je précise que vous êtes administratrice de les acteurs de la compétence
01:56qui regroupe beaucoup, beaucoup d'organismes de formation.
01:58D'abord, un petit mot sur Comundi, avant de revenir à la loi du 24 octobre 2025 sur la reconversion.
02:05Comundi, c'est quoi ?
02:06Alors, Comundi, c'est une entreprise de formation continue qui va fêter ses 40 ans,
02:10donc sur un secteur où il y a beaucoup d'entrants et de sortants rapides.
02:13On fait figure de piliers, d'un des piliers du secteur,
02:18et on travaille spécifiquement sur l'accompagnement, le développement des compétences des salariés,
02:23mais aussi des agents du secteur public.
02:25Donc, on essaye de trouver des dispositifs d'accompagnement originaux, pertinents, efficaces,
02:32pour accompagner à la fois les salariés et en même temps accompagner les entreprises
02:36qui aujourd'hui se servent de plus en plus de la formation comme un outil pour remayer le collectif de
02:42travail.
02:43Et ça, c'est une des spécialités de Comundi.
02:45Ça, c'est intéressant. Vous êtes à la fois dans le public et dans le privé.
02:48Quelles sont, et on va revenir à la reconversion,
02:50quelles sont les formations que les salariés plébiscitent,
02:53et j'ai envie de dire versus, quelles sont les formations que souhaitent porter les entreprises,
02:56en vous disant qu'il faut vraiment accélérer là-dessus ?
02:58Alors, il y a bien sûr les formations,
03:01enfin, si vous voulez, on a globalement des formations qui sont liées vraiment à la maîtrise du travail,
03:05à la maîtrise des métiers.
03:07Donc, bien sûr, les formations à l'IA sont des formations qui sont très demandées aujourd'hui.
03:11Donc, on est passé d'une première période où on était vraiment sur la sensibilisation à l'IA,
03:15et maintenant, on travaille sur les usages de l'IA,
03:17il faut savoir qu'il y a aussi une nécessité pour l'entreprise de reprendre en main les usages de
03:22l'IA
03:22qui sont parfois un peu disparates au sein des collaborateurs, au sein de l'entreprise.
03:26Et puis, on a un deuxième sujet.
03:28Alors, il y en a beaucoup d'autres, bien sûr, je vais juste être rapide,
03:31mais on a un gros sujet sur les lignes managériales.
03:34Aujourd'hui, suite Covid, suite télétravail,
03:38nouvelle génération, nouveau rapport au travail.
03:40Transformation aussi des organisations.
03:41Et on voit qu'il y a une étude qui est sortie sur la non-appétence, en fait,
03:45des salariés pour les métiers de management.
03:47Donc, on est obligé d'accompagner les managers, leur redonner du sens
03:51et recréer des communautés professionnelles qui aient du sens
03:54et qui leur donnent envie de rester en tant que manager.
03:57Alors, focus sur la reconversion, parce qu'à travers tout ce que vous nous décrivez,
04:01vous avez une expertise, et aussi d'ailleurs par vos missions au sein des acteurs de la compétence,
04:05une expertise sur la reconversion.
04:07Sans rentrer dans le détail de l'usine à gaz, loi du 24 octobre 2025,
04:13qui crée la période de reconversion.
04:15Ça veut dire quoi ?
04:16Ça veut dire qu'un salarié, à n'importe quel moment de sa carrière,
04:19peut dire, je voudrais me reconvertir.
04:21Alors, c'est effectivement l'objet.
04:22Nous avons porté beaucoup, avec les acteurs de la compétence,
04:25un projet qu'on avait appelé le projet universel de reconversion,
04:28mais qui a du coup évolué et qui s'est traduit, grâce à tous les intervenants,
04:34les parties prenantes dans une loi qui est du 24 octobre 2025.
04:38L'idée est que la reconversion professionnelle n'est pas un accident de parcours.
04:45C'est une évolution normale des parcours.
04:47Et aujourd'hui, le rapport au travail, le rapport à l'entreprise,
04:50le rapport même au salariat, fait qu'on a des gens qui ont besoin,
04:54qui ont envie d'avoir des parcours de différents métiers.
04:56C'est aussi dans un contexte, et ça, il faut bien l'entendre,
04:59on n'est plus sur une stabilité des métiers.
05:01On est sur des métiers où les compétences deviennent très rapidement obsolètes.
05:05Alors, on disait qu'avant, on avait des compétences métiers qui duraient 18 ans,
05:09je ne sais pas ce que ça veut dire, mais maintenant, c'est 18 mois.
05:11Juste pour dire que si on ne se reforme pas, si on n'évolue pas ses compétences,
05:15c'est très facile de devenir déclassé par rapport à son métier.
05:18Alors, il y avait deux dispositifs, quand on veut rentrer un peu dans la technique,
05:21mais tous les DRH qui nous regardent connaissent ces mots,
05:23c'est Transco et Proa, qui sont deux dispositifs qui n'ont pas bien fonctionné,
05:28voire complexes, qui permettaient de faire basculer des salariés d'une usine de ciment
05:34vers des chauffeurs de bus, parce qu'on cherche, avec une formation accompagnée,
05:38globalement, ça ne fonctionnait pas.
05:40Est-ce que là, le dispositif va être un peu plus fluide ?
05:42Et qu'est-ce qu'il va permettre de faire aux entreprises ?
05:45J'imagine que la DRH va avoir un outil entre les mains
05:48qui va lui permettre soit de proposer, soit d'accueillir un collaborateur
05:51qui veut se reconvertir ? Est-ce que ça va marcher comme ça ?
05:53L'idée, c'est que ce soit plus fluide, que ce soit plus facile,
05:56et que ce soit plus rentré dans des parcours, disons, normaux de carrière.
06:02C'est aussi l'idée que ce ne soient pas des sujets qui sont réservés
06:07à des gens qui ont plus de 50 ans et qui se retrouvent avoir besoin de se reconvertir.
06:10Donc, aujourd'hui, on va avoir un dispositif.
06:12Alors, c'est une loi qui est récente, c'est des décrets d'application
06:14qui datent de fin janvier, qui va permettre d'être à la main du salarié,
06:17comme ça l'était déjà, avec les dispositifs qui existent déjà.
06:20Donc, toc, toc, toc, la DRH ?
06:22Et à la main de l'entreprise, qui va pouvoir aussi prendre en main
06:25ces dispositifs de reconversion, soit d'un salarié en changement de métier
06:30au sein de l'entreprise, soit d'un salarié en changement de métier
06:33dans une autre entreprise, voire dans une autre branche professionnelle.
06:37Avant de nous quitter, Claire, un sujet.
06:38Une entreprise sait, parce qu'elle a fait sa gestion prévisionnelle des carrières,
06:42qu'elle va avoir des pans d'activité qui vont disparaître.
06:44Elle va donc savoir qu'elle a un nombre de salariés
06:47et qu'elle va devoir reconvertir.
06:50Ça, ça rentre dans ce cas de figure-là, ce cas précis.
06:52C'est bien ça le sujet.
06:53Le sujet aujourd'hui dont on ne parle pas assez,
06:57c'est le sujet de la démographie.
06:58C'est-à-dire qu'on va avoir des entreprises qui ont des salariés
07:01qui sont formés, qui vont partir à la retraite,
07:04et aujourd'hui, il va falloir qu'on capitalise sur ce savoir-faire
07:07et qu'on amène des nouveaux salariés à maîtriser ce savoir-faire.
07:10Et ça, c'est un sujet non plus uniquement d'employabilité,
07:14mais de compétitivité.
07:15Et c'est un sujet de compétitivité nationale pour éviter le déclassement.
07:19Le message que vous êtes venu perpasser aussi,
07:21c'est de dire que les entreprises doivent se saisir
07:24de ce dispositif qui va être créé, qui est créé par la loi.
07:28Il faut de la fluidité, il faut de l'agilité.
07:30Et il faut qu'évidemment, on rende les choses un peu plus souples
07:33et pas trop complexes, parce que Dieu sait si ces sujets-là...
07:35...ont tendance à l'être.
07:36...ont tendance à être un petit peu complexe.
07:38Merci Claire Pascal d'être venue nous rendre visite.
07:40Vous êtes à la tête, directrice générale de cette entreprise
07:42qui a des piliers bien plantés, 40 ans d'ancienneté.
07:47Directrice générale de Comundi.
07:49Et vous êtes administratrice des acteurs de la compétence
07:51qu'on connaît bien ici sur ce plateau.
07:53Merci de nous avoir rendu visite pour parler de reconversion.
07:56Autre sujet qui peut faire écho et relance,
07:59le monde agricole avec un monde agricole pour certains
08:01qui cherchent à quitter ce métier,
08:03parce qu'ils ne vivent pas de leur métier, c'est de la colère.
08:06C'est même parfois du désespoir même des agriculteurs
08:08qui se suicident parce qu'ils ne peuvent pas être rémunérés
08:12au juste niveau de l'effort fourni.
08:15On en parle évidemment, vous l'aurez compris,
08:17à l'occasion du Salon de l'Agriculture
08:19qui se tient chaque année.
08:20C'est une tradition porte de Versailles.
08:22Comment faire ?
08:22Être agriculteur en 2026, ça veut dire quoi ?
08:26On en parle avec mes invités.
08:27C'est le Cercle RH et j'accueille mes invités.
08:42Le Cercle RH pour débattre et se poser cette question.
08:46Être agriculteur en 2026, cela veut dire quoi ?
08:49Vous voyez des images, même si vous êtes des urbains,
08:52mais vous regardez la télé et vous voyez ce monde agricole
08:54en colère, furieux.
08:56Certains même vont jusqu'au suicide.
08:59un monde agricole qui dit tout simplement
09:01nous n'arrivons pas à vivre de notre travail.
09:04On voit des reportages où des agriculteurs
09:06vivent avec 200 euros, 300 euros, 500 euros.
09:09Et cette situation est intenable.
09:11Justement, on accueille des invités
09:13qui peuvent peut-être pouvoir nous dresser
09:14le portrait robot et nous donner envie
09:16de créer de l'attractivité aussi sur un secteur
09:19qui est effectivement pique du nez.
09:20Avec moi, Simon Martin. Bonjour Simon.
09:23Bonjour.
09:23Merci d'avoir répondu à notre invitation.
09:25Secrétaire général adjoint des jeunes agriculteurs.
09:28Vous venez de la Porte de Versailles,
09:30parce que depuis samedi, vous êtes Porte de Versailles
09:33pour ce salon de l'agriculture.
09:35On va en parler avec vous.
09:36Vous faites de la polyculture en Bretagne,
09:39côté Morbihan, avec de la betterave,
09:42du brocoli et d'autres légumes.
09:44Et aussi de la grande céréale, non pas de grande céréale ?
09:47Les grandes cultures classiques.
09:48Les grandes cultures classiques.
09:49Oui, tout à fait.
09:50Merci d'être avec nous.
09:51Dominique Boucherelle est là,
09:52un habitué de notre émission.
09:54Bonjour Dominique, président de l'ANEFA.
09:56L'ANEFA, c'est quoi ?
09:57Promotion, attractivité du métier ?
09:59Oui, bonjour tout d'abord.
10:01Donc l'ANEFA, c'est l'Association nationale
10:04pour l'emploi et la formation.
10:05Et disons que notre domaine de compétence,
10:07c'est de mettre...
10:08On a une bourse de l'emploi
10:09qui permet de mettre en relation
10:11employeurs et salariés.
10:12mais notre compétence première,
10:15c'est la promotion des métiers,
10:17l'attractivité des métiers
10:18de la production agricole.
10:21Simon Martin, pour essayer de répondre
10:22à la question qu'on se pose aujourd'hui,
10:24être agriculteur en 2026,
10:27comment vous définiriez votre métier ?
10:29À l'aune de tout ce que vous vivez,
10:32complexité économique,
10:34baisse des prix de vente de vos produits,
10:36des intrants et des produits agricoles
10:38qui ont augmenté,
10:39c'est quoi être agriculteur en 2026 ?
10:42Déjà, je commencerais par dire
10:43que c'est un beau métier.
10:45Et c'est peut-être la première chose
10:46à laquelle il faut se rappeler.
10:49C'est qu'aujourd'hui,
10:50nous avons un métier qui a du sens,
10:52un métier dont les jeunes peuvent rêver,
10:54un métier dont on est fier
10:56de faire ce métier-là.
11:00Et bien sûr, il y a des moments très difficiles
11:01comme on a pu traverser ces derniers temps.
11:04Et il faut pouvoir le porter au quotidien,
11:09ces difficultés de revenus,
11:10ces difficultés aussi de perspectives.
11:12Mais ça reste un métier attractif
11:14par la qualité de vie,
11:15par ce qu'on peut aussi porter
11:18à travers les valeurs
11:19qu'on a dans ce métier-là.
11:21Et je tenais aussi à donner un message positif
11:24parce que ça me semble essentiel
11:25qu'on puisse aussi en parler.
11:27Oui, c'est intéressant
11:28parce que les médias, évidemment,
11:30dont on fait partie,
11:31donnent souvent un reflet
11:31comme ça assez sombre,
11:32assez noir.
11:33On voit des images, évidemment.
11:34mais vous, vous portez quand même
11:36le bonheur d'exercer ce métier.
11:38Un mot quand même sur,
11:39et je donne la parole à Dominique Boucherelle,
11:41mais la loi du plomb, par exemple,
11:45acte 2, puisqu'il y a un acte 2 à cette loi,
11:48où ils rajoutent dans cette loi
11:49deux nouveaux pesticides
11:51ou produits intrants phytosanitaires.
11:55Qu'est-ce que disent les agriculteurs ?
11:57Vous dites qu'il a raison,
11:58il faut déréguler et nous permettre
11:59de produire comme on le veut,
12:01ou est-ce qu'il faut garder
12:02des normes et des règles ?
12:03Je vais vous dire que
12:05de se focaliser uniquement
12:06sur une molécule
12:08ou sur un élément,
12:09ce n'est pas du tout le sujet.
12:10Le sujet, c'est
12:11quel moyen de production
12:12pour quelle souveraineté
12:13nous, on veut aujourd'hui
12:14au niveau de la France
12:15et au niveau de l'Europe aussi.
12:17Et quand on entend
12:18de la défense
12:18de certains textes de loi,
12:20en particulier celui-là,
12:23la question, elle est réellement
12:24de quel moyen on veut donner
12:25aujourd'hui à nos agriculteurs,
12:26quelle équité on veut donner
12:28aussi à nos agriculteurs
12:29sur notre territoire français
12:31vis-à-vis de l'Europe,
12:32mais aussi vis-à-vis
12:32de n'importe quel consommateur
12:34ou simple citoyen français
12:37qui a ces molécules-là,
12:39entre autres,
12:39disponibles dans sa pharmacie
12:41chez lui.
12:41Vous dites qu'il y a un autre modèle
12:43où on n'a pas d'autre issue
12:44que de passer par ces molécules ?
12:46Non, on défend
12:47tout type de modèle.
12:48Nous, pour nous,
12:49le modèle le plus important,
12:51c'est celui
12:52qui peut permettre
12:53d'avoir un revenu
12:54et être évidemment
12:56en équilibre
12:56avec notre environnement
12:57et durable.
12:58ça nous semble évident
12:59que...
13:00Vous êtes la jeune génération
13:01quand on agricole.
13:02Tout à fait,
13:02et pour nous,
13:03il n'y a pas un seul modèle
13:04qu'on défend.
13:05Peu importe la forme
13:06d'agriculture,
13:07à partir du moment
13:07où les gens
13:10achètent
13:10et vont consommer
13:12ce type de produit,
13:13s'il y a un acte d'achat
13:14aussi derrière,
13:15c'est parce qu'il y a une raison.
13:16Donc, il faut aussi
13:17que le citoyen soit éclairé
13:18sur ce qu'il souhaite.
13:19Dominique Boucherelle,
13:20vous parlez d'attractivité,
13:21on entend un jeune agriculteur
13:23engagé
13:23qui a son exploitation,
13:24qui travaille
13:24et qui nous dit
13:25que c'est un beau métier.
13:26Vous n'allez pas dire
13:27le contraire,
13:28vous avez aussi
13:28une bourse de l'emploi,
13:29vous le disiez,
13:30pour mettre en relation.
13:32Qu'est-ce qui fait
13:33qu'aujourd'hui,
13:33il y a cette souffrance
13:34dans le monde agricole ?
13:35Comment vous la regardez,
13:36vous qui avez cette expérience
13:37et ce regard ?
13:37C'est un problème de revenu,
13:39c'est un problème
13:40d'augmentation des prix
13:41des fournisseurs,
13:42des intrants.
13:43Qu'est-ce qui se passe ?
13:44Qu'est-ce qui fait
13:44qu'aujourd'hui,
13:45ils n'arrivent pas
13:46à vivre de leur travail ?
13:48Déjà, nous,
13:49on a une vision
13:50un petit peu différente,
13:51même si, de toute façon,
13:53notre but,
13:53c'est de promouvoir
13:54les métiers
13:54et de mettre en avant
13:55les métiers de l'agriculture.
13:57Mais déjà, nous,
13:57la NFA,
13:58c'est aussi ce que j'ai oublié
13:59de préciser tout à l'heure,
14:00on est un organisme paritaire.
14:02Donc, on a des représentants
14:03employeurs,
14:03on a des représentants salariés.
14:05Moi, je fais partie
14:06du collège salarié,
14:07donc représentant
14:08du collège salarié
14:09au sein de cet organisme.
14:12Mais derrière,
14:14c'est justement,
14:15on a besoin de main-d'œuvre.
14:16On fait partie des secteurs
14:18d'activité qui ont besoin
14:19de main-d'œuvre.
14:19Et qui créent de l'emploi.
14:20Comme l'a dit monsieur,
14:22on a un beau métier,
14:24c'est pour ça qu'on est là
14:25pour le promouvoir.
14:26Moi, je suis plutôt
14:27en fin de carrière,
14:28donc ça fait un certain temps
14:29que je suis salarié agricole.
14:31Et vous observez ?
14:32Voilà.
14:33Donc, si on est resté
14:34ou si on a travaillé
14:36en agriculture,
14:37c'est qu'on y trouve
14:38un certain plaisir
14:39et qu'on arrive aussi
14:41à s'épanouir
14:42à travers les métiers
14:43de l'agriculture.
14:43Mais vous êtes choqué,
14:43vous qui êtes un salarié
14:45du monde agricole,
14:45salarié agricole,
14:46ça dit quelque chose ?
14:47Est-ce que ça vous choque
14:49de voir qu'un agriculteur
14:50ou un éleveur laitier,
14:52un producteur laitier,
14:53n'arrive à vivre
14:54qu'avec 400 euros ?
14:55Et qu'il est obligé
14:56de décaler des fournisseurs
14:57pour payer la réparation
14:58de sa voiture ?
14:59Enfin, ce n'est pas admissible.
15:00Non, non, mais nous,
15:01ça nous interpelle.
15:01D'ailleurs, si un agriculteur
15:04n'a pas de revenus,
15:05il ne va pas pouvoir
15:06employer de salarié.
15:07Donc ça, c'est la première des choses.
15:10Donc si on veut que, disons,
15:12le monde agricole soit employeur,
15:14pour être employeur,
15:15il faut avoir une source de revenus.
15:17Donc automatiquement,
15:18nous, ça nous interpelle.
15:19Enfin, il peut aussi payer un salarié
15:20sans se rémunérer lui-même.
15:22Oui, ça peut arriver,
15:25mais il y a aussi d'autres vecteurs
15:27de salarisation
15:30ou de, en tous les cas,
15:32pouvoir faire appel
15:33à de la main-d'oeuvre.
15:34On a aussi ce qu'on appelle
15:35l'ECUMA, les coopérateurs
15:36d'utilisation de matériel agricole.
15:38Mais on a aussi les entreprises
15:40du territoire qui permettent aussi
15:41d'avoir de l'emploi.
15:44Mais ce n'est pas de l'emploi direct,
15:45mais ça permet d'avoir de l'emploi
15:46et d'avoir une source d'emploi.
15:48D'ailleurs, ces deux secteurs
15:49qui sont en croissance,
15:50le secteur, justement,
15:52des entreprises agricoles
15:55évolue de près de 2%
15:57sur deux ans.
15:58Donc c'est un secteur qui évolue
16:00du fait, justement,
16:01que sur une exploitation,
16:04on a besoin de travail,
16:06de salariés.
16:08Et si on ne peut pas
16:09les employer directement,
16:11on fait aussi appel aux services
16:13qui peuvent, justement,
16:14pallier au manque de main-d'oeuvre.
16:16Donc derrière cela,
16:17il faut avoir des sources de revenus.
16:18Vous ne m'avez pas tout à fait répondu,
16:20j'y reviendrai sur les causes profondes.
16:21Vous allez peut-être me répondre.
16:23Quelles sont les causes profondes ?
16:24Vous qui incarnez un mouvement
16:26composé de combien,
16:26les jeunes agriculteurs ?
16:27Parce que c'est un très gros mouvement.
16:28Oui, c'est 30 000 adhérents sympathisants
16:31aux jeunes agriculteurs.
16:32Sur l'ensemble des territoires,
16:35aussi bien métropole qu'outre-mer,
16:37et avec un nombre très important
16:41d'associations cantonales,
16:42puis départementales.
16:44Enfin, on est présent sur 95 départements.
16:47Donc oui, on a une influence réelle
16:49sur le territoire.
16:50Et pour revenir, justement,
16:51sur les questions des causes profondes,
16:53l'une des choses qui nous semblent essentielles
16:56pour nous,
16:57c'est comment est-ce qu'est valorisée
17:00aujourd'hui la matière première
17:03produite par les agriculteurs ?
17:05Et ça, c'est quelque chose d'essentiel.
17:07Et pour nous, il semble essentiel.
17:09On est en pleine négociation commerciale
17:11qui vont se terminer.
17:12Là, normalement,
17:13en général, c'est au 1er mars
17:14qu'on souhaite qu'elle soit terminée.
17:16Parfois, ça déborde un peu.
17:17Voilà, tout à fait.
17:18Et c'est vraiment la vraie question,
17:20c'est comment est-ce qu'on peut sécuriser
17:21la vente de nos produits
17:23pour qu'une fois que les coûts
17:26soient encadrés
17:27et soient bien intégrés,
17:29on puisse ensuite réfléchir
17:31aux coûts des distributeurs,
17:33transformateurs et compiles.
17:34Et ça, c'est une des causes réelles,
17:35franchement,
17:37des déboires de plusieurs filières.
17:39Et je pense en particulier aux légumes,
17:41en particulier en ce moment,
17:43mais aussi le lait qui est en train
17:44de dégringoler.
17:45Mais ce n'est pas vous
17:45qui prenez les marges
17:46les plus importantes.
17:47On est d'accord.
17:48C'est su et reçu.
17:49Non, mais c'est important de le dire.
17:50C'est important de le dire.
17:51Et c'est aussi ce que nous,
17:52on défend,
17:52c'est qu'il faut de la transparence
17:53au niveau de ces marges-là.
17:55Et galime, ça ne marche pas.
17:56Non, mais c'était un premier pas.
17:58C'était un premier pas
17:59que nous, on a poussé
18:00et on veut que ça aille plus loin.
18:01Mais pour que ça marche,
18:02qu'est-ce qu'il faut ?
18:03Il faut déjà que les indicateurs
18:05soient basés sur les coûts réels
18:06de production des agriculteurs.
18:08Il faut qu'il y ait
18:09une vraie transparence
18:10de la marge
18:10de nos distributeurs.
18:12Il faut aussi qu'il y ait
18:13un contrôle de ce qui rentre
18:14sur le territoire
18:15et de...
18:17Les accords Mercosur et autres ?
18:19Ça en fait partie.
18:20Ça fait partie de ces choses-là.
18:21Mais quand les centrales d'achat
18:24sont dégagées
18:25en dehors de la France
18:26pour échapper finalement
18:27à la réglementation française,
18:29c'est aussi une vraie problématique.
18:30Mais quand même,
18:31l'enjeu des intrants,
18:33l'enjeu de l'augmentation
18:34des coûts des intrants
18:35qui pèsent sur le niveau de vie
18:38et sur le niveau de rémunération,
18:40est-ce que vous dites,
18:40vous, au sein de votre conseil d'administration,
18:43est-ce qu'on change de modèle ?
18:44Est-ce qu'on réfléchit
18:45à une agriculture, je dirais,
18:47plus vertueuse en matière écologique ?
18:50Alors, déjà, on a l'agriculture
18:53qui est considérée
18:53la plus vertueuse au niveau mondial
18:55et en particulier européen.
18:57Donc ça, c'est déjà une première étape.
19:00Ensuite, pour savoir ce qu'on souhaite,
19:03qu'est-ce qu'on consomme en France ?
19:04Est-ce qu'on consomme français ?
19:05Est-ce qu'on consomme étrangers ?
19:06Aujourd'hui...
19:07À quel prix ?
19:08À quel prix ?
19:09Mais si on prend des exemples
19:10sur la volaille,
19:11on a plus de la moitié...
19:12On est plus souverains en volaille.
19:13On est plus souverains,
19:14mais plus de la moitié
19:15de ce qu'on consomme
19:15n'est pas français.
19:16Donc, quel est le choix aussi de nous...
19:18Enfin, je m'adresse aux consommateurs.
19:21Quand on va acheter un poulet,
19:22quand on va faire de la restauration
19:25en dehors de son domicile,
19:26est-ce qu'on est conscient
19:27de ce qu'on achète ?
19:28Est-ce qu'on choisit
19:29d'acheter français ?
19:31Donc, cette agriculture
19:32plus vertueuse qu'on désire,
19:33est-ce qu'on désire la payer aussi ?
19:35Et ça, c'est une vraie question
19:36de la monter en gamme.
19:37Est-ce qu'on a promis aux gens
19:38en allant vers le bio
19:39ou d'autres éléments ?
19:40Nous, on est tout à fait d'accord
19:41si les gens le payent.
19:42Vous ne croyez pas au bio ?
19:42Ah si, tout à fait.
19:43À partir du moment
19:44où l'acte de consommation
19:45le montre.
19:46Mais aujourd'hui,
19:47on a des gens
19:47qui se sont orientés
19:48même vers la lentille en bio.
19:50Aujourd'hui,
19:5195% de la consommation,
19:52elle vient de l'étranger
19:53et elle est OGM.
19:55Donc, soyons francs
19:56et directs.
19:57Pour être franc,
19:58j'ai lu que c'était plutôt
19:59la grande distribution
19:59qui faisait d'énormes marges
20:01sur le bio
20:01et qui venait finalement
20:02aussi tuer la filière.
20:03C'est aussi un produit
20:04d'appel pour eux.
20:05C'est pas faux.
20:05Exactement.
20:05Mais à partir du moment
20:06où on arrive à avoir
20:07une marge suffisante pour nous,
20:09aussi bien pour sécuriser
20:10notre revenu
20:11que aussi pour s'adapter
20:12et investir,
20:13c'est dans ce sens-là
20:14qu'on arrivera
20:15à être plus vertueux.
20:15Est-ce que vous êtes prisonnier
20:16finalement du prix
20:17du matériel agricole,
20:19du prix de vos intrants,
20:20du prix qui vous étouffe
20:22et qui en bout de chaîne
20:23fait que vous pouvez avoir
20:24un très beau chiffre d'affaires
20:25et avoir zéro de revenus
20:26à la fin du mois ?
20:27Ce qu'on a vu
20:28des agriculteurs
20:29qui font des produits niche,
20:31ils font des très gros CA
20:32et à la fin du mois,
20:33ils ont zéro.
20:34Est-ce qu'il n'y a pas
20:35une possibilité
20:35de se désenclaver
20:37de cette dépendance ?
20:38Alors, le terme prisonnier
20:39me semble extrêmement fort
20:40parce que ça voudrait dire
20:41qu'on serait prié
20:42pour un lié
20:43et esclave jusqu'à la fin
20:44de notre vie
20:44et ça ne me semble
20:45pas très positif comme message.
20:46On peut bien être
20:46que six mois.
20:48Il y a des petites peines,
20:49il y a des courtes peines.
20:50Oui, des courtes peines,
20:51à répétition.
20:52C'est ça.
20:54Non, non, moi,
20:55je pense réellement
20:55qu'on a la possibilité
20:57et c'est aussi pour ça
20:58qu'on exprime notre colère
21:00et qu'on exprime
21:01la volonté de changement.
21:04Aujourd'hui,
21:05le contexte politique
21:05ne permet pas
21:06d'avancer très, très vite.
21:08Dès qu'il y a des choses
21:09qui sont repérées
21:10et qu'on veut changer,
21:11on attend réellement
21:12des pouvoirs publics
21:13qui sont en capacité
21:14d'accélérer les choses.
21:15Quand on parle
21:15de loi d'urgence
21:16et qu'on la repousse,
21:17à six mois.
21:18Il n'y a plus d'urgence ?
21:19Voilà,
21:19ce n'est plus d'urgence finalement
21:20donc on aimerait bien
21:21réellement qu'il y ait
21:22un sujet qui avance
21:23à ce niveau-là
21:24et qu'on soit avant l'été
21:25à travailler sur nos sujets.
21:26Dominique Boucherelle,
21:27la création d'emplois,
21:29vous êtes salarié agricole
21:30et vous représentez
21:31aujourd'hui la profession
21:32côté syndicat des salariés.
21:34C'est un secteur
21:35qui continue à recruter.
21:36On nous dit aujourd'hui
21:37qu'on a concentré
21:38les exploitations,
21:39qu'on a mis plus de technologies,
21:41qu'on a mis un peu d'IA
21:42de plus en plus,
21:43que globalement,
21:44le monde agricole
21:45l'embauchement,
21:46vrai ou pas vrai ?
21:47C'est faux.
21:48Du moins,
21:49déjà, je dirais que...
21:50Vous allez dire que c'est faux,
21:50faites-vous plaisir.
21:51Non, non, mais c'est faux,
21:53oui et non
21:53parce qu'en fait,
21:54on a un nombre d'employeurs
21:56qui diminue,
21:57on a un nombre d'exploitations
21:59qui diminue,
22:00mais le salariat,
22:01il augmente.
22:02Déjà,
22:03on a plus de cadres aussi,
22:06de gens encadrants.
22:07On a aussi des exploitants
22:09qui deviennent salariés
22:11de leur propre exploitation.
22:12C'est quoi l'intérêt ?
22:13L'intérêt,
22:14il est économique,
22:15fiscal ou autre,
22:16enfin bref.
22:17Protection sociale.
22:18Bref, protection sociale.
22:20Ce qui n'est pas votre cas,
22:21vous, Martin.
22:22Non, Simon.
22:22Simon, pardon.
22:23Je suis indépendant.
22:23Indépendant,
22:24chef d'entreprise.
22:25C'est ça.
22:25Voilà,
22:26donc il y a ce phénomène-là.
22:28Il y a de la robotisation,
22:29c'est un fait,
22:30mais la robotisation,
22:31en fait,
22:32quand une entreprise
22:34se robotise,
22:35il va y avoir
22:36un peu moins
22:37d'emplois
22:38ou de temps consacrés
22:39sur l'exploitation,
22:41mais au final,
22:42ça ne joue pas grand-chose
22:43par rapport à l'évolution
22:44de la robotisation
22:47ou de la digitalisation
22:49qu'on peut avoir.
22:50Derrière,
22:51il faut toujours quelqu'un.
22:52Quand on met en place
22:53un robot de traite,
22:54en fait,
22:55ça permet d'aménager
22:56le temps de travail.
22:57Mais derrière,
22:59le temps d'intervention
23:00sur la journée,
23:02il va rester équivalent,
23:03sauf que c'est beaucoup plus facile
23:05en termes de gestion de temps
23:07et puis de gestion d'intervention.
23:09Après,
23:09on va avoir une visibilité
23:10sur le troupeau
23:11qui va être totalement différente
23:13parce que, justement,
23:14on a l'aide digitale
23:17et c'est ce qui permet
23:18de visualiser certaines choses,
23:20mais de toute façon,
23:21il faut toujours
23:21l'intervention de l'homme,
23:22tout le temps.
23:23Côté salarié,
23:24côté création d'emplois,
23:25parce qu'on a vu ces colères
23:26qui donnent une mauvaise image
23:27à la profession
23:28et c'est pour ça
23:28que vous avez démarré l'émission
23:29en nous disant
23:29que c'était un beau métier
23:30et que vous aviez envie
23:31d'avoir un peu de soleil
23:34dans ce monde gris.
23:36Comment on fait
23:37pour attirer des jeunes
23:38dans les écoles,
23:38dans les formations agricoles ?
23:40Parce qu'on voit aussi
23:41que c'est compliqué
23:42de les attirer,
23:44de les faire venir.
23:44Comment on fait ?
23:45Vous, les jeunes agriculteurs.
23:46Peut-être que vous paraîtes
23:46surprenant,
23:47mais aujourd'hui,
23:48les lycées agricoles
23:49n'ont jamais été aussi pleins.
23:51On est sur...
23:52Je n'aurais plus les chiffres
23:53à vous donner en tête,
23:55mais les formations agricoles
23:56attirent.
23:59La ruralité,
24:00l'environnement,
24:01l'agriculture
24:02attirent de plus en plus
24:03de jeunes.
24:04Là où il faut pouvoir
24:06faire passer le cap,
24:07c'est devenir chef d'entreprise.
24:08Et là, on voit
24:09que l'engagement
24:10que nécessite le métier,
24:12aussi bien d'un point de vue
24:13financier,
24:14d'un point de vue de temps,
24:15d'un point de vue
24:17même social,
24:19là, il y a une étape
24:20à franchir
24:20et il y a un cap
24:22pour se lancer.
24:24Mais on accueille
24:25de plus en plus de personnes
24:26qui ne sont pas issues
24:27du monde agricole
24:27et c'est une très bonne nouvelle
24:28pour nous.
24:30Et très clairement,
24:31on voit que nos métiers,
24:33comme je vous le disais,
24:33ont du sens,
24:34ont de la valeur
24:35aux yeux des Français
24:37et attirent par ce biais-là.
24:40Ensuite,
24:40il y a un cap.
24:41Et ce cap-là,
24:42nous,
24:43on souhaite qu'il soit
24:44accompagné,
24:44on souhaite que les personnes
24:46qui veulent s'investir
24:47dans un premier installation
24:47ne soient pas seules.
24:49Avant de nous quitter,
24:49qu'est-ce que vous avez envie de dire
24:50à Annie Gennevar,
24:51par exemple,
24:51qui est la ministre
24:52de l'Agriculture,
24:54qui est une femme
24:55qui a beaucoup répété
24:56qu'elle était au chevet
24:57du monde agricole,
24:58qu'elle connaissait
24:58cet univers,
24:59elle vient du Doubs.
25:00C'est une femme
25:01qui est quand même
25:01proche des éleveurs.
25:03Je vous vois opiner
25:05oui,
25:05non,
25:05pas vrai ?
25:06Oui,
25:07mais nous...
25:08Vous avez fait une moute
25:08d'imitative.
25:09Oui,
25:09parce qu'on a une ministre
25:11de l'Agriculture,
25:12mais comme la plupart
25:14de ses prédécesseurs,
25:15malheureusement,
25:16c'est que le monde agricole,
25:17c'est les agriculteurs,
25:18mais ce sont aussi
25:19les salariés agricoles.
25:21c'est qu'aujourd'hui,
25:23on a environ
25:24entre 350 000
25:25et 400 000
25:27agriculteurs,
25:28il y en a
25:29environ 180 000
25:30qui sont employeurs
25:32de main-d'oeuvre,
25:33et derrière ça,
25:34il y a 1 300 000
25:35salariés agricoles
25:36qui interviennent
25:37tout au long de l'année.
25:38En saisonnier
25:39ou en temps plein ?
25:40Oui,
25:41après,
25:41en CDI,
25:42il y en a
25:42près de 450 000.
25:44Donc,
25:45c'est quand même
25:46un secteur,
25:47du moins,
25:48le secteur économique
25:49n'est pas neutre
25:50en termes de...
25:51Et vraiment montré
25:51dans les médias.
25:52Voilà,
25:52c'est ça.
25:53Et puis,
25:53à travers les médias,
25:54on parle toujours
25:55des problématiques agriculteurs,
25:56mais derrière les agriculteurs,
25:58il y a des salariés.
25:59Si les agriculteurs
26:01se mobilisent,
26:01c'est qu'il y a des salariés
26:02sur les exploitations.
26:03C'est le coup de gueule
26:03de Dominique Boucherelle
26:04qui, effectivement,
26:05donne aussi la parole
26:06à travers lui
26:07aux salariés agricoles
26:08dont on entend peu parler,
26:09il faut le reconnaître.
26:10Je vous repose ma question.
26:12Qu'est-ce que vous avez envie
26:12de dire à la ministre,
26:13là, face caméra
26:14et avec nous sur le plateau,
26:16parce qu'on a le sentiment
26:17que la colère s'est éteinte,
26:20les enjeux de dermatose
26:21sont légèrement derrière nous,
26:23si j'ai bien compris,
26:24mais rien n'est réglé sur le fond,
26:26vos revenus n'ont pas progressé.
26:27Qu'est-ce que vous avez envie
26:28de lui dire ?
26:29Moi, ce que j'ai envie de dire
26:30très clairement aujourd'hui
26:31à la ministre,
26:32c'est qu'elle nous a dit
26:34au mois de juin l'année dernière
26:35qu'elle était la ministre
26:36des jeunes agriculteurs.
26:37Et quand on fait des promesses
26:40pour des lois,
26:41pour nous faire avancer,
26:42la promesse de lois d'urgence,
26:44nous, on pousse très fortement
26:45les plans et contrats d'avenir
26:47qui sont pour nous
26:48des solutions pour innover,
26:50pour garantir un revenu
26:51et pour permettre aux jeunes
26:53de s'investir
26:53et de s'adapter
26:56aux changements climatiques
26:57parce que c'est un sujet
26:58pour nous qui est essentiel.
27:00Et donc, il faut avancer
27:02les calendriers,
27:02il faut faire pression
27:03pour que ces lois,
27:04elles passent
27:04dans le contexte politique.
27:06Si ce n'est pas vu avant l'été,
27:09ça sera la rentrée de septembre,
27:10ça sera les présidentielles,
27:11l'agriculture sera de nouveau
27:12sous le tapis.
27:13Et vous irez dans la rue.
27:14Et en septembre,
27:16je ne vais pas vous promettre
27:16qu'on ira dans la rue.
27:17Compléter.
27:18Mais nous,
27:20nous resterons toujours là
27:21pour faire pression
27:22et faire avancer
27:23les sujets qui nous tiennent à cœur.
27:25Le monde agricole
27:26sera sur le terrain
27:27et vous irez peut-être
27:27dans la rue
27:28à l'aune de la fin de l'automne.
27:30On saura mettre la pression
27:31sur les candidats.
27:32Merci Simon Martin
27:33d'être venu
27:34nous rendre visite.
27:35Secrétaire général adjoint
27:36des jeunes agriculteurs
27:38Maillage national,
27:39partout et dans les tomes
27:41et les dômes.
27:42Merci de nous avoir rendu visite
27:43et bon retour
27:44Porte de Versailles
27:45parce que je pense
27:45que vous allez repartir
27:46Porte de Versailles
27:47pour encore quelques jours.
27:48Merci à vous,
27:49Dominique Boucherel,
27:49de nous avoir éclairé aussi
27:50sur à la fois la Lépha
27:52et les salariés agricoles
27:53qui ne comptent pas
27:54pour du beurre,
27:55comme dit la chanson de Lyo.
27:57Merci à vous deux,
27:58merci à vous,
27:59merci à toute l'équipe,
28:00merci à Paul
28:00aujourd'hui au son,
28:02merci à Perlou
28:02à la réalisation
28:03et merci à Nicolas Juchat
28:05évidemment qui m'accompagne
28:06dans cette belle émission
28:07que je prends plaisir
28:09à animer.
28:10Merci à vous
28:10qui nous regardez,
28:11merci pour vos messages,
28:12à très bientôt,
28:13bye bye.
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