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  • il y a 3 heures
Josiane Bézard, 53 ans, mère de famille, une vie tranquille en Haute-Provence, puis à l'hiver 2014, une disparition soudaine, inexplicable. Un mari suspect, colérique et jaloux., fatalement suspect. Un scénario qui se reproduira six ans plus tard avec l'affaire Jubillar, mais ici, le mari est-il le coupable ?
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.

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Transcription
00:0114h-15h, c'est l'heure du crime sur RTL.
00:05C'était pas du tout son genre, parce qu'elle était trop dévouée avec ses enfants.
00:10Elle pouvait pas partir du jour au lendemain, plaquer tout,
00:14et tourner le dos à toutes ses responsabilités.
00:18C'était purement impossible.
00:22Bonjour, Josiane Bézard, 53 ans, mère de famille qui mène une vie tranquille en Haute-Provence.
00:28En l'hiver 2014, elle disparaît.
00:31Un corps introuvable, le mari colérique et jaloux apparaît fatalement comme le suspect numéro 1.
00:38Six ans plus tard, l'affaire Jubilat ressemblera comme deux gouttes d'eau à ce scénario.
00:43Mais ici, le mari est-il le coupable ?
00:47Josiane Bézard, la disparue de Sainte-Tulle, l'heure du crime.
00:51La seule émission Radio 100% fait diverser tout de suite sur RTL.
00:58Jeudi 9 janvier 2014, autour de midi, Sylvie Amoureux contacte la brigade de gendarmerie de Manosque.
01:06Elle signale la disparition de sa sœur, Josiane Bézard, 53 ans.
01:11Elle n'est plus chez elle, dans sa maison du village de Sainte-Tulle.
01:14Les gendarmes prennent le signalement au sérieux, car la sœur décrit tout de suite un contexte conjugal pour le moins
01:22tendu.
01:23Sa sœur et son mari sont en cours de séparation.
01:26Josiane ne s'entend plus avec son époux, Philippe Bézard.
01:30Ils n'habitent même plus ensemble.
01:32La sœur décrit Philippe Bézard comme imprévisible, colérique, parfois violent.
01:37Les enquêteurs se rendent au chemin des très castels.
01:41La maison de Josiane est en ordre, aucun signe de violence, pas de traces de sang.
01:46Le portable de la disparue n'a pas bougé, tout comme son sac à main, ses papiers, sa carte bancaire.
01:51Et 230 euros en espèces.
01:54Un collier qui lui appartient est retrouvé cassé dans l'herbe, près de l'entrée.
02:00Dans le chant d'Olivier Voisin, les gendarmes relèvent des empreintes de pneus.
02:04Les proches sont entendus.
02:06Guillaume, fils de Josiane, qui vit dans la maison, explique que sa mère l'a déposé tôt ce matin vers
02:136h05, 6h10 à la gare de Manosque.
02:17Il se rendait à Aix-en-Provence pour y passer des examens universitaires.
02:21Sylvie, sœur de la disparue qui habite tout près, croit avoir vu passer vers 7h20 la Fiat Panda de Philippe
02:29Bézard.
02:30Le mari, elle a alors envoyé un texto à sa sœur à 7h40, mais Josiane n'a pas répondu.
02:37Vendredi 10 janvier, lendemain de la disparition, un hélicoptère survole le secteur.
02:42Une trentaine de gendarmes sont sur le terrain.
02:45La famille est très inquiète car rien ne laissait présager une disparition si subite, commente le capitaine Renaudin.
02:52Le signalement de Josiane Bézard est diffusé.
02:561m69 pour environ 60 kilos.
02:58Au moment de sa disparition, elle portait une robe noire avec des bandes oranges et vertes, ainsi que des bottes
03:05noires.
03:06La vidéosurveillance, quasi inexistante autour de la maison, ne livre aucune information.
03:12Pas plus que la perquisition immédiate.
03:14Au domicile du mari, Philippe Bézard, dans le village voisin de Pierre Vert, aucun indice découvert.
03:21L'examen de sa voiture, la Fiat Panda ne donne rien.
03:24Le curtage des ongles de l'époux ne livre aucun ADN étranger.
03:31Samedi 11 janvier, une information judiciaire pour enlèvement et séquestration est ouverte au pôle d'instruction d'Aix-en-Provence.
03:39Sylvie Amoureux, sœur de Josiane Bézard, continue à décrire son beau-frère Philippe Bézard sous son plus mauvais jour.
03:47Il était furieux que sa femme le quitte.
03:49Il a même mis le feu à la voiture de Josiane Bézard.
03:53Perturbé, a fait des séjours en psychiatrie.
03:56Un médecin du centre hospitalier de Digne-les-Bains dépeint le mari comme un individu manipulateur qui roule son monde
04:03en permanence.
04:04Quelqu'un qui s'est effondré à la perspective du divorce, capable de passer à l'acte tant sur lui
04:10-même que sur autrui.
04:12Philippe Bézard apparaît donc comme le témoin numéro un, voire même un suspect.
04:18Sauf que notre homme intéresse aussi les enquêteurs.
04:22L'analyse du portable de Josiane Bézard montre que le matin de sa disparition, elle a adressé trois textos.
04:306h08, 6h14, 6h26 à un certain Patrick Testanière.
04:36Il tient un garage en ville.
04:38Elle lui a dit qu'elle allait à La Rochette, un endroit où elle aurait l'habitude d'aller marcher
04:43ou d'aller courir.
04:44Patrick Testanière est un ami d'enfance de Philippe Bézard.
04:46Josiane lui rendait souvent en visite et aurait fini par se rapprocher de plus en plus de lui.
04:54Deux hommes, un mari et un amant potentiel qui pourraient apparaître donc comme des suspects.
05:02Le mari et l'amant.
05:04Ils font partie des dernières personnes dans tous les cas de figure qui auraient vu vivante la disparue.
05:09On va voir ce que vont raconter ces deux hommes lors de leurs interrogatoires respectifs.
05:15Et que vont penser les enquêteurs de ces deux personnages ?
05:18Ça sera à suivre dans l'heure du crime évidemment.
05:22Alors il faut revenir à ce village de Sainte-Tulle près de Manosque.
05:27En général on évoque parfois une disparition volontaire mais ça ne paraît pas être le cas ici.
05:33Merci. Bonjour Maître Emmanuel Horta.
05:37Oui, bonjour Monsieur Richard.
05:38Merci beaucoup d'être avec nous en direct dans l'heure du crime.
05:42Vous êtes avocate au barreau des Alpes de Haute-Provence.
05:45Et dans cette affaire vous défendez les intérêts du fils et de la sœur de Josiane Bézard.
05:50Donc vous êtes du côté de la partie civile.
05:51Évidemment on va avancer avec vous dans cette enquête.
05:55Pourquoi mettre Horta ?
05:56Pourquoi tout de suite on se dit
05:58Josiane Bézard elle a une cinquantaine d'années.
06:00Elle est adulte évidemment.
06:02Elle est mère de famille.
06:03Elle a pu choisir comme ça de disparaître parce qu'elle en avait marre de sa vie.
06:06Pourquoi les enquêteurs tout de suite ça ne va pas ?
06:09Ils pensent tout de suite à quelque chose de grave.
06:12Alors en fait Josiane n'en avait pas marre de sa vie.
06:15Elle en avait marre de son mari.
06:16Bien sûr.
06:17Et c'était quand même quelqu'un de très attaché à son enfant.
06:20Et à sa famille puisque celui-ci habite à côté.
06:22c'est qu'elle n'aurait jamais quitté sa vie volontairement.
06:27C'était vraiment pas une personne à prendre une décision sur un coup de tête.
06:33Et tout ce qu'elle souhaitait c'était pouvoir vivre en paix avec ses enfants et sa famille.
06:39Donc ça ne cadre pas effectivement avec une disparition volontaire.
06:43Maître Horta, vous l'avez un petit peu dit et suggéré mais poursuivez.
06:49La situation dans le couple Bézard, elle est très tendue.
06:53C'est presque toute la famille qui est au courant.
06:56Alors c'est une situation qui est très tendue depuis très longtemps.
06:59Parce que Philippe Bézard, c'est quand même une personne difficile à vivre.
07:03Et les enfants grandissant, étant élevés, puisqu'on peut dire ça comme ça,
07:10Josiane finit par ne plus supporter cette vie de famille qui lui pèse depuis si longtemps.
07:15Et ce mari insupportable, auto-centré et violent.
07:22Et là effectivement, il lui fait même peur je crois à Josiane Bézard.
07:27Elle n'est plus très rassurée avec cet homme.
07:30Elle n'est plus rassurée et surtout, il mettra le feu au véhicule.
07:34Je crois qu'on va en parler après.
07:36Oui, oui, mais vous pouvez y aller.
07:37En tout état de cause, en fait, lorsqu'il apprend qu'elle veut se séparer,
07:42et je vais vous parler un peu de technique, la maison elle est à Josiane.
07:46Le terrain, c'était à la famille de Josiane.
07:48D'accord.
07:48Donc la maison construite est payée par les deux époux, elle est à Josiane.
07:51Philippe a droit à une somme.
07:53Et cet homme qui est quand même matérialiste et pour qui cette maison,
07:57j'ai envie de dire, et ça s'est démontré, plus importante que son épouse,
08:01pour lui, il est hors de question de perdre cette maison.
08:03Il n'est pas hors de question de perdre son épouse, hors de question de perdre cette maison.
08:07Donc il lui dit clairement que si elle le quitte,
08:10alors il lui fait du chantage au suicide, donc ce sont des violences psychologiques,
08:13mais il lui dit aussi qu'il va lui arriver des bricoles.
08:16Et quelques temps avant, un mois avant, à peu près trois semaines,
08:20Josiane retrouve sa voiture déplacée alors qu'elle s'était réfugiée chez une amie et brûlée.
08:27Et on a un enregistrement dans le dossier entre Guillaume et son père,
08:30où Guillaume demande à son père ce qui s'est passé avec la voiture,
08:34son père avoue, et lui dit, ta mère, tu vas voir, elle va morfler.
08:38C'est le terme qu'il emploie.
08:39Exactement, on va y revenir à cette altercation qui ne serait pas la seule,
08:43parce que le fils de la famille, c'est un jeune homme,
08:48il est débordé par ce qu'il voit, il est très malheureux de voir ses parents comme ça se disputer
08:52sans arrêt,
08:53et il a décidé que ça ne pouvait plus aller.
08:56Bonjour Francis Rossius.
08:58Oui, bonjour à vous.
08:59Merci beaucoup d'être avec nous également dans l'heure du crime.
09:02Alors, vous travaillez, vous, pour Haute-Provence-Info,
09:05vous avez connu cette affaire et vous avez enquêté là-dessus.
09:10Francis Rossius, Philippe Bézard, on l'a dit,
09:14ce n'est pas un mari commode, c'est plutôt un homme rugueux,
09:17vraiment presque violent, il est très susceptible.
09:21Est-ce qu'il est inquiet ? Est-ce qu'il cherche sa femme ?
09:26Écoutez, inquiet de sa disparition, pas forcément,
09:29puisqu'il ne participe pas aux recherches,
09:31puisqu'il vivait d'abord séparés.
09:33Lui habitait, Pierre Vert, dans un appartement,
09:35et elle habitait dans leur maison à Sainte-Thune.
09:38Philippe Bézard, non seulement il ne participe pas aux recherches,
09:41mais en plus, ce qu'il faut savoir,
09:44c'est que les gendarmes de Manosque le connaissaient bien,
09:47ils l'avaient un petit peu dans leur collimateur.
09:49Donc, dès le départ, les gendarmes avaient pris les choses au sérieux dès le début.
09:54Dès le début, ils prennent effectivement,
09:56vous avez raison de le souligner, cette affaire au sérieux,
09:58et c'est ça qui est étonnant aussi dans cette affaire.
10:01Tout de suite, on sent qu'il y a quelque chose qui ne va pas.
10:03Francis Rossius, question subsidiaire.
10:05Alors, le corps, il est introuvable.
10:07On est là, entre Manosque et Sainte-Thule.
10:11C'est une zone quand même qui est assez urbaine, cette région.
10:15Ce n'est pas si sauvage que ça, ce coin-là.
10:18Sainte-Thule, pour vous expliquer,
10:21se situe au sud du département,
10:23juste à quelques kilomètres de Manosque.
10:25Vous êtes en plein cœur du massif du Luberon.
10:28Vous êtes à l'intersection de quatre départements.
10:31Donc, je veux dire, c'est un département.
10:34Si on veut faire disparaître quelque chose ou quelqu'un,
10:36c'est très, très, très facile.
10:38D'ailleurs, chez Lou, il y a beaucoup d'énigmes judiciaires à ce niveau-là.
10:44Deux hommes et de curieuses hésitations.
10:47Josiane Bézard l'a disparu de Sainte-Thule.
10:50J'ai plus rien à perdre.
10:52Même si je vais en tôle, toi, tu vas morfler.
10:55L'enquête de l'heure du crime.
10:56On se retrouve dans un instant sur RTL.
11:11Au programme de l'heure du crime, l'affaire Josiane Bézard.
11:15En janvier 2014, cette mère de famille, 53 ans,
11:18disparaît subitement de chez elle, près de Manosque.
11:21Le départ volontaire est exclu.
11:22Son mari, dont elle est séparée, et un autre homme,
11:26intéresse les enquêteurs.
11:28Lundi 13 janvier 2014, 4 jours après la disparition,
11:32Patrick Testanière, le garagiste et ami proche de la disparue,
11:36est interrogé par les gendarmes.
11:38Josiane Bézard lui a envoyé 3 textos avant de s'évaporer.
11:42Testanière confirme que ce matin-là,
11:45Josiane est passée lui dire bonjour au garage.
11:47Il était environ 6h30.
11:49Il ne sait pas pourquoi elle lui a envoyé ses SMS,
11:51message d'ailleurs,
11:52mais c'est étrange,
11:54qu'il ne retrouve pas sur son portable.
11:56Il présente Josiane comme une très bonne amie,
11:59mais il dément être son amant.
12:01Patrick Testanière connaît très bien le mari,
12:04Philippe Bézard.
12:05Selon lui, il maltraite sa femme.
12:07Il parle d'elle comme d'une salope ou d'une pute.
12:11Josiane aurait peur de lui,
12:13selon le garagiste.
12:14Cela fait longtemps que le couple ne s'entend plus.
12:17L'épouse veut divorcer.
12:19Après avoir reçu la visite de Josiane,
12:22Patrick Testanière assure qu'il n'a pas quitté son garage.
12:25Un mois plus tard,
12:26le garagiste remet une lettre aux enquêteurs.
12:29Il dit regretter de n'avoir pas pu protéger Josiane.
12:33Lors d'un autre interrogatoire,
12:35Patrick Testanière va préciser
12:37que c'était la première fois que Josiane Bézard
12:39passait de si bon matin au garage.
12:41Il n'a pas compris pourquoi
12:43elle serait repassée ensuite chez elle
12:46pour se rendre à son travail,
12:47à la mairie de Manosque,
12:48sans doute pour se changer de vêtements.
12:52Jeudi 16 janvier,
12:53une semaine après la disparition,
12:55le mari Philippe Bézard
12:56fait une tentative de suicide.
12:58Il ne supporterait pas d'être soupçonné.
13:01La téléphonie indique
13:03qu'au matin de la disparition,
13:04son portable borné chez lui
13:06à 4h19.
13:08L'appareil n'a plus bougé.
13:10Dans la matinée,
13:11Bézard n'a pourtant pas répondu
13:13aux appels de ses enfants.
13:15L'absence de réponse de mon père
13:17est inhabituelle,
13:18il répond toujours immédiatement,
13:20affirme son fils,
13:21sur une écoute datée du 23 janvier.
13:23Sa fille lui demande
13:25pourquoi il n'a pas répondu
13:26au téléphone ce matin-là,
13:27pourquoi il n'est pas venu manger à midi
13:30avec elle et son compagnon
13:31comme il l'avait promis.
13:33Sa fille lui demande encore
13:35pourquoi il est venu chez Josiane
13:37en fin de matinée,
13:38quelques heures après la disparition.
13:40Que cherchait-il sur place ?
13:43Bézard répond qu'il est venu ramasser du bois.
13:46Sa fille lui fait remarquer
13:48que son chauffage électrique fonctionne.
13:51Il répond que le bois chauffe mieux
13:53que l'électricité.
13:55Lundi 17 février,
13:57un mois et demi
13:57après la disparition de son épouse,
13:59Philippe Bézard est en garde à vue.
14:01Il répète que le 9 janvier au matin,
14:03il s'est levé autour de 7h.
14:05Avec sa Fiat Panda,
14:07il est parti chercher des champignons,
14:09de petites giroles sur la route d'Apte.
14:13Il n'a rien trouvé.
14:14Il s'est ensuite arrêté
14:15dans une station de lavage
14:16car sa voiture était pleine de boue.
14:19On lui fait remarquer
14:20que début janvier,
14:22ce n'est pas vraiment la période
14:24de la cueillette des champignons.
14:25Il répond qu'il n'y a pas eu d'hiver
14:27cette année dans la région.
14:29Il confirme être passé
14:30à la maison de Josiane
14:31en fin de matinée
14:33pour ramasser du bois.
14:34Mais il n'a pas touché
14:35aux affaires de son épouse.
14:37À propos des griffures sur ses mains,
14:40il pense qu'il s'est peut-être blessé
14:42lors d'une marche dans la campagne.
14:44Après 48 heures de garde à vue,
14:46Philippe Bézard est mis en examen
14:48pour assassinat.
14:49Les enquêteurs disposent
14:50d'un enregistrement audio du suspect
14:52effectué à son insu par son fils
14:55deux semaines avant la disparition.
14:58On l'entend menacer Josiane.
15:00Il lui reproche d'avoir une liaison.
15:02« Je n'ai plus rien à perdre.
15:04Même si je vais en tôle,
15:05tu crois que je vais me laisser faire.
15:08Toi, tu vas morfler ! »
15:10hurle le mari.
15:13Enquête qui n'est pas terminée
15:14car tout d'abord,
15:14le corps de Josiane Bézard
15:16n'a pas été retrouvé
15:17malgré des recherches
15:18très importantes dans ce secteur.
15:20Ensuite, parce que
15:21Philippe Bézard dément
15:23avec force toute implication
15:24dans sa disparition.
15:26Il aiguille d'ailleurs
15:27les gendarmes
15:28sur d'autres pistes,
15:29celles d'eux ou des amants.
15:31Est-ce que ces pistes sont crédibles ?
15:33Est-ce qu'il faudrait entendre
15:35cet amant
15:35que l'on a découvert
15:37dans la vie de Josiane Bézard ?
15:38C'est une possibilité.
15:39On va voir ça
15:40dans la suite de l'heure du crime,
15:42dans le prochain chapitre
15:43de l'heure du crime.
15:45Alors, les indices s'accumulent.
15:46On le voit
15:47contre le mari délaissé.
15:49Le premier indice,
15:50c'est la téléphonie.
15:51Maître Emmanuel Horta,
15:52vous êtes avec nous,
15:53avocate
15:54dans les Alpes de notre Provence.
15:56Vous êtes l'avocate
15:56du fils et de la sœur
15:57de Josiane Bézard.
15:59Le mari,
16:00c'est curieux
16:01parce qu'il a toujours,
16:01je crois,
16:02son téléphone sur lui.
16:03Il ne le quitte jamais.
16:04Dès qu'on l'appelle,
16:05il répond.
16:06Dès qu'il y a un message,
16:06il est là,
16:07il est au bout du fil.
16:08Il répond.
16:09Et ce matin-là,
16:10le matin du 9 janvier,
16:11le matin de la disparition,
16:13silence radio,
16:14il ne répond pas.
16:15Oui.
16:16C'est profondément étonnant.
16:18Et si vous permettez,
16:18sur la téléphonie,
16:19je vous ferai remarquer
16:21que quelques jours
16:21avant les faits,
16:22le téléphone de Philippe
16:24va borner
16:25dans une zone
16:26qui est une zone
16:27de colline,
16:28comme le disait Francis
16:29tout à l'heure.
16:29dans le Luberon.
16:31Ce qui est curieux.
16:32Et Philippe a toujours
16:33deux téléphones,
16:34même sur lui.
16:35Il répond toujours
16:36et il appelle
16:37tous les matins Elodie
16:38pour prévoir
16:39le repas de midi.
16:41Et bizarrement,
16:42ce jour-là,
16:42de manière exceptionnelle,
16:44alors qu'il n'y a
16:45aucun motif
16:46autre que celui
16:47de la disparition
16:48de son épouse,
16:48bien entendu,
16:49il n'a pas son téléphone
16:51et il ne répondra
16:52à personne.
16:54Et effectivement,
16:55alors là,
16:55ça pose beaucoup de problèmes.
16:56Il ne répond pas d'ailleurs
16:57à ses questions.
16:58il reste vraiment
16:59très très évasif.
17:01Autre indice
17:02qui pousse les gendarmes
17:03dans la direction
17:04du mari,
17:05vous l'avez dit déjà,
17:05mais il faut bien
17:06le répéter,
17:07il y a cet enregistrement
17:08fait en cachette
17:09par son fils.
17:10Ce mari,
17:11il est explosif,
17:13il est totalement
17:14imprévisible.
17:15Il a fait des séjours
17:16en psychiatrie déjà.
17:18Alors en fait,
17:19le séjour en psychiatrie,
17:20il va le faire
17:21quand sa femme
17:21lui annonce
17:22qu'elle veut divorcer.
17:23Parce qu'on voit aussi
17:24quand même
17:25qu'il va se planquer
17:27en psychiatrie
17:27si vous permettez.
17:29Il se met à l'abri.
17:31Et d'ailleurs,
17:32il dira à un psychiatre
17:33qui a été entendu,
17:35moi je vous le dis,
17:36vous ne la retrouverez jamais.
17:37Sous un coup de colère
17:38parce qu'effectivement,
17:39il monte très vite.
17:42Et la psychiatrie,
17:43ça va être une excuse.
17:44De toute façon,
17:45il y a eu des éléments
17:46dans le dossier
17:46qui démontrent
17:47qu'il a toute sa tête.
17:48Il n'y a pas
17:48d'abolition,
17:49d'altération.
17:49Ça veut dire
17:50mettre en retard
17:51qu'on a affaire
17:51à un manipulateur ?
17:54Il est très fort,
17:56bien sûr.
17:57Manipulateur,
17:58vous savez,
17:59avec ses deux procès,
18:00il n'a pas bougé
18:01d'un iota
18:02sur sa position.
18:03D'accord.
18:03Donc il est enferré
18:04dans un cercle en fait
18:06et il évolue
18:06exclusivement
18:07dans ce cercle
18:08avec sa vision.
18:09D'ailleurs,
18:09quand il pensait
18:10que sa femme
18:11avait des amants,
18:12bien entendu,
18:13c'était faux,
18:14mais à partir du moment
18:15où elle demandait
18:16de la liberté pour lui,
18:17il faisait un raccourci
18:19assez simple
18:19avec la volonté
18:20d'aller voir un autre homme.
18:21Oui, c'est ça.
18:23Donc il est rustre.
18:24Oui, tout à fait.
18:25On n'est pas du tout
18:26dans la nuance.
18:27C'est quelqu'un
18:27qui est brut de décoffrage.
18:29Effectivement,
18:30tu es avec moi
18:31ou tu n'es pas avec moi.
18:31Et si tu n'es pas avec moi,
18:32c'est que je dois
18:34me séparer de toi
18:35et que ça va sans doute
18:35mal se passer.
18:36Il y a beaucoup
18:37de violences là-dedans.
18:39Francis Rossius,
18:40vous travaillez
18:40pour Haute-Provence-Info
18:42et vous connaissez
18:42très très bien
18:44ce dossier.
18:44Alors, question.
18:46Tout de suite,
18:47dès qu'il visite
18:47la maison de Josiane,
18:49les gendarmes
18:49se posent beaucoup
18:51de questions.
18:52Effectivement,
18:53sur les lieux,
18:54tout était suspect
18:55puisque cette disparition,
18:57les papiers,
18:58le téléphone portable,
18:59l'argent,
19:00la carte bancaire
19:01de Josiane,
19:02tout était là.
19:03Il n'y avait
19:03aucune trace
19:04de scène de crime,
19:06aucune trace de sang,
19:07rien du tout.
19:08Le premier élément suspect,
19:09c'est la découverte
19:11d'un collier,
19:12du collier de Josiane Bézard
19:13dans le jardin.
19:15Mais ce qu'il faut savoir,
19:16c'est que la sœur
19:18de Josiane
19:19habitait juste à côté.
19:20Et elle avait vu
19:21le matin
19:21vers 7h30,
19:23son ex-beau-frère
19:25partir avec sa voiture
19:26alors qu'il n'avait
19:27rien à faire là
19:28puisque le couple
19:29était séparé.
19:29Oui,
19:30elle va se demander
19:30d'ailleurs,
19:31cette sœur,
19:31qu'est-ce que fait
19:32cet homme-là ?
19:32Ça l'a alerté tout de suite.
19:33D'ailleurs,
19:33elle va essayer
19:34de joindre sa sœur,
19:36elle lui envoie un texto
19:37mais sa sœur
19:37ne répond pas.
19:39Francis Rossius,
19:40vous venez de le dire,
19:41tout de suite,
19:42les gendarmes
19:42ont des doutes
19:43sur,
19:44il faut bien le dire,
19:45sur la possibilité
19:46d'une disparition volontaire.
19:48Oui,
19:49jusqu'au bout.
19:49Le commandant de compagnie
19:50de Fort Calquier,
19:51dès le premier jour,
19:52il a mis en place
19:53tout un dispositif
19:54avec des recherches
19:55avec les chiens.
19:56Ce qu'il faut savoir,
19:57c'est que les chiens
19:58marquaient au niveau
19:59de la résidence uniquement.
20:00Ça voulait dire
20:00que le corps
20:01avait été transporté
20:02immédiatement.
20:03Ce n'était pas
20:03comme une disparition
20:04où éventuellement,
20:05Josiane était partie
20:06à pied par exemple.
20:07Bien sûr.
20:09Emmanuel Horta,
20:10encore un petit mot,
20:11lors de cette garde à vue,
20:12comment est-ce qu'il se comporte,
20:13ce mari qui est encore une fois
20:15explosif et violent ?
20:17Il se referme sur lui-même,
20:18c'est ça ?
20:19Ça se fait très mal.
20:21J'en ai connaissance
20:22à la lecture des PV,
20:23mais en fait,
20:24quand je vous ai indiqué
20:24qu'il allait se cacher
20:26sous le motif psychiatrique,
20:28ce qu'il cherchait à faire,
20:29c'est se faire déclarer inapte
20:31à la garde à vue
20:32pour repartir se cacher
20:34en psychiatrie.
20:35Parce qu'en fait,
20:36il ne répondra jamais clairement.
20:38D'ailleurs,
20:39il répond toujours à côté.
20:40Il répond toujours à côté.
20:42C'est un moment
20:43qui est en tension
20:44et les gendarmes,
20:46en parallèle,
20:47enquêtent sur toutes
20:48les possibilités.
20:49Les ordinateurs de la famille
20:51ont été étudiés,
20:52tout le monde est suspecté.
20:55Tout le monde est entendu,
20:57tout le monde est écouté,
20:58tout le monde est surveillé.
21:02Ce placement en garde à vue,
21:03vous avez noté
21:03qu'il arrive plus d'un mois après
21:05quand même la disparition.
21:06C'est préparé,
21:07c'est travaillé,
21:08ce n'est pas placé en garde à vue
21:09tout de suite.
21:10Et c'est chaotique.
21:13Les gendarmes,
21:13ils ont opéré,
21:14on dit,
21:15en cercle concentrique.
21:16Ils font souvent ça,
21:16c'est-à-dire qu'ils prennent
21:17l'entourage et puis ensuite,
21:18on se resserre,
21:19on se resserre de plus en plus
21:20sur le suspect.
21:21Francis Rossius,
21:22qu'est-ce qu'ils disent
21:22les témoignages sur le mari,
21:24sur Philippe Bézard ?
21:26On voit que c'est un homme,
21:27je dirais,
21:28de la terre,
21:29présenté comme étant un peu rustre,
21:31voire colérique
21:31par son entourage professionnel.
21:33Puisqu'à l'époque,
21:34j'avais vu des gens
21:36qui ont travaillé avec lui,
21:37qui le présentaient
21:38comme quelqu'un,
21:39alors certains le présentaient
21:41comme quelqu'un
21:42qui pouvait avoir
21:42le cœur sur la main,
21:43etc.
21:44Et puis d'autres le présentaient
21:46comme quelqu'un
21:46qui pouvait très très rapidement
21:48se mettre en colère.
21:49Et d'ailleurs,
21:49les trois experts psychiatres
21:51qui sont intervenus
21:51et qui ont témoigné aux assises
21:53l'ont expliqué ainsi.
21:55Le mari, bien sûr,
21:57mais aussi d'autres hypothèses étudiées.
22:00Josiane Bézard
22:01l'a disparu de Sainte-Tulle.
22:02Il faut chercher du côté des hommes
22:04avec qui elle couchait.
22:05L'enquête de l'heure du crime.
22:07Un autre homme que le mari
22:08aurait-il pu faire du mal
22:09à la mère de famille ?
22:11Mais pourquoi ?
22:12À suivre dans un court instant
22:13sur RTL.
22:15Jean-Alphonse Richard
22:16sur RTL.
22:17C'est l'heure du crime
22:18jusqu'à 15h.
22:20L'heure du crime
22:20présentée par
22:21Jean-Alphonse Richard
22:22sur RTL.
22:23Et la piste de l'amant
22:25n'est pas à négliger
22:27parce que, encore une fois,
22:28on se trouve dans la configuration
22:29un peu étrange
22:31d'un amant
22:32qui vraisemblablement
22:33n'a pas dit toute la vérité.
22:35À vous de choisir
22:36entre le mari,
22:37j'allais dire,
22:38et l'amant.
22:39L'heure du crime
22:40consacrée aujourd'hui
22:41à l'affaire
22:41Josiane Bézard,
22:42cette femme a disparu
22:43en janvier 2014
22:44près de Manosque.
22:46Pas de corps retrouvé,
22:47la séparation avec son mari
22:48se passait mal.
22:49Ce dernier est soupçonné
22:51d'assassinat.
22:51Il désigne
22:52d'autres suspects potentiels,
22:54des amants
22:55de son épouse.
22:58Lundi 3 août 2015,
23:00plus d'un an et demi
23:00après la disparition
23:01de Josiane Bézard,
23:03le garagiste
23:04Patrick Testanière,
23:0559 ans,
23:06ami très proche
23:07de la victime
23:08est retrouvé pendu
23:09dans son atelier.
23:11Impossible d'affirmer
23:13que son suicide
23:14soit en lien
23:14avec l'affaire,
23:15mais pour Philippe Bézard,
23:17le mari mit un examen.
23:18Ce suicide
23:19signe l'implication
23:21de l'amant
23:21dans la disparition,
23:22entendu une dernière fois
23:24en mai 2017.
23:25En toute fin d'enquête,
23:27Philippe Bézard raconte
23:28que sa femme
23:29a commencé
23:29à avoir une liaison
23:30avec le garagiste
23:32alors qu'il était
23:33lui-même hospitalisé.
23:35Il regrette
23:35que la juge
23:36ne creuse pas
23:37davantage
23:37la piste
23:38du
23:38ou des amants.
23:40Il faut chercher
23:41du côté
23:41de Patrick Testanière
23:43et des autres hommes
23:44avec qui
23:45elle couchait,
23:45dit-il.
23:46Philippe Bézard
23:47va désigner
23:48un gendarme local
23:49comme un possible amant,
23:50information vérifiée
23:51mais complètement farfelue.
23:55La famille
23:56de Josiane Bézard
23:57estime
23:57que seul
23:58le mari
23:58a pu tuer.
23:59« Je suis persuadé
24:01que mon père
24:01est mêlé
24:02à la disparition
24:03de ma mère »
24:03affirme le fils
24:04du couple.
24:05Selon lui,
24:06son père
24:07adorait
24:07les reportages
24:08policiers
24:09et savait parfaitement
24:10comment se déroulait
24:11une enquête.
24:12Même le frère
24:13de Philippe Bézard
24:14le décrit
24:15comme un manipulateur
24:16qui a pu faire du mal
24:17à sa femme.
24:18Les recherches
24:19effectuées dans la maison
24:20mitoyenne
24:21de Pierre Vert
24:22et le jardin
24:23que se partagent
24:24les deux frères
24:25ne donnent rien.
24:26Les psychiatres
24:27décrivent
24:28Philippe Bézard
24:29comme un homme
24:30mentalement fragile.
24:31Il avait
24:32l'idée fixe
24:33que son épouse
24:34l'avait trahi
24:35qu'elle le quittait
24:36pour son amant.
24:37L'époux
24:37aurait été
24:39obnubilé
24:39par ses pensées
24:40qui ont fini
24:41par le submerger.
24:42L'expert conclut
24:43il est capable
24:44d'un passage
24:45à l'acte
24:45dangereux
24:46sous l'effet
24:47de la colère
24:48lorsqu'il est gagné
24:49par un sentiment
24:50de trahison.
24:53Et on retrouve
24:54dans cette affaire
24:56l'un de nos invités
24:57c'est Francis Rossius
24:58qui travaille
24:58pour Haute-Provence-Info
25:00Francis Rossius
25:01vous avez
25:01encore une fois
25:02je le répète
25:03suivi tout ce dossier
25:04vous le connaissez bien
25:05alors il y a deux hommes
25:06effectivement
25:07les deux derniers hommes
25:08qui ont vu sans doute
25:09vivante
25:10Josiane Bézard
25:12le mari en colère
25:13et puis l'amant
25:14dépressif
25:15au point de se suicider
25:17pour les gendarmes
25:19l'amant
25:19Patrick Testanière
25:20le garagiste
25:21il n'aurait rien à voir
25:23avec la disparition
25:24de Josiane
25:24c'est ça ?
25:26Les gendarmes
25:27ont exploité
25:28jusqu'au bout
25:28ils ont exploité
25:30jusqu'au bout
25:30et ils ont bien vu
25:32que Patrick Testanière
25:33s'est senti toujours
25:35je dirais
25:36coupable
25:37de ne pas avoir
25:38protégé
25:38celle qu'il aimait
25:39pour lui
25:41il l'aimait
25:42et il aurait dû
25:43la protéger
25:43et il ne l'a pas fait
25:44et effectivement
25:45son suicide
25:46a relancé
25:47une enquête
25:48mais qui a été
25:49exploité jusqu'au bout
25:51on ne peut pas reprocher
25:52aux gendarmes
25:53de l'époque
25:54de ne pas l'avoir
25:55étudié
25:56Oui bien sûr
25:56mais alors ça ressort
25:57partout aussi
25:58Francis Rossius
25:59parce qu'on n'arrête pas
26:01de revenir là-dessus
26:02mais le mari
26:03Philippe Bézard
26:04il s'est enfermé
26:06est-ce qu'il triche ou pas
26:07ça c'est autre chose
26:08mais il s'est enfermé
26:09dans une idée fixe
26:10c'est celle du mari trompé
26:13Philippe Bézard
26:13savait
26:14depuis un certain temps
26:15que son épouse
26:17avait un avant
26:18d'ailleurs il a lui-même
26:19orienté les gendarmes
26:20sur soi-disant
26:21plusieurs amants
26:22qu'aurait eu sa femme
26:23en disant
26:23pourquoi vous venez
26:24me chercher moi
26:25alors que mon ex-épouse
26:26avait plusieurs amants
26:27allait voir plutôt
26:28ces gens-là
26:29ce qu'il a fait
26:30peut-être vriller
26:31et peut-être passer à l'acte
26:33c'est que
26:33non seulement il savait
26:35qu'il était trompé
26:36par son épouse
26:36mais en plus
26:37que le divorce
26:39allait être prononcé
26:39et qu'il allait tout perdre
26:41il allait perdre sa maison
26:42qui appartenait
26:43à la famille de sa femme
26:44Exact
26:45et ça effectivement
26:46il ne l'a pas
26:47supporté
26:48Maître Emmanuel Horta
26:49on vous retrouve
26:50dans cette heure du crime
26:51avocate du fils
26:53et de la soeur
26:54de Josiane Bézard
26:55alors justement
26:56une question
26:56sur le fils
26:58de Josiane Bézard
26:59parce que
26:59c'est à la fois
27:00très cruel
27:02et très dramatique
27:03cette histoire
27:03parce que
27:04le fils
27:05qui voyait sa mère
27:05agressée
27:06par son père
27:07il était un peu au milieu
27:08lui
27:08comme ça
27:09il regardait
27:09ces disputes épouvantables
27:11dans le couple
27:13il va dire
27:14il va le dire
27:15il va dire au gendarme
27:16je suis persuadé
27:17que mon père
27:18est mêlé
27:18à la disparition
27:19de ma mère
27:20c'est un aveu
27:21terrifiant
27:21maître Horta
27:23oui
27:23alors c'est un aveu
27:24terrifiant
27:25mais justement
27:26comme vous l'indiquiez
27:27Guillaume
27:27était au quotidien
27:28donc il entendait
27:30les menaces
27:30de son père
27:31vis-à-vis de sa mère
27:32son père
27:33ne pouvant pas concevoir
27:35qu'on le quitte
27:35parce que c'était
27:36un mauvais mari
27:36il parlait d'amant
27:37mais jusqu'à preuve
27:38du contraire
27:39il avait une relation
27:40platonique
27:40on n'était pas
27:41sur la notion d'amant
27:42au sens charnel
27:44du terme
27:44mais en fait
27:45pour Guillaume
27:46c'est dévastateur
27:47parce qu'il connaît
27:48son père par cœur
27:49il s'en est toujours
27:50protégé
27:52Élodie aussi
27:52a subi
27:53les affres
27:55violentes du père
27:55je veux dire
27:56c'est connu
27:56c'est notoire
27:57et là Guillaume
27:58tout de suite
27:59lorsque Sylvie l'appelle
28:00et lui dit
28:01Guillaume
28:01ta mère
28:02elle ne répond pas
28:03il a compris
28:05tout de suite
28:06il sait
28:06que sans doute
28:07son père est derrière ça
28:08en tout cas
28:09c'est ce qu'il pense
28:09exactement
28:10et c'est ce qu'il ressent
28:11le ressenti d'un fils
28:12moi je trouve que
28:13dans cette histoire
28:13c'est quand même extraordinaire
28:15parce qu'encore une fois
28:16c'est épouvantable
28:17il est obligé
28:18de désigner
28:19voilà
28:19de pointer du doigt
28:20son père
28:21tu as tué maman
28:22c'est ce qu'il va lui dire
28:23tu as tué maman
28:24il va lui dire comme ça
28:26maître
28:27Emmanuel Horta
28:28encore une question
28:30Patrick Testanière
28:31il s'est suicidé
28:32donc effectivement
28:32on ne peut plus
28:33l'interroger
28:34est-ce que finalement
28:35on est sûr
28:37qu'elle est passée
28:37au garage
28:38ce matin là
28:39Josiane Bézard
28:40je me fais un peu
28:41l'avocat du diable
28:41est-ce qu'elle ne serait
28:42pas partie avec lui
28:43dans la colline
28:44etc
28:44et ça serait mal passé
28:46entre eux
28:47c'est une possibilité
28:47ou pas
28:48alors non
28:49en fait
28:50vous savez
28:51les avocats
28:52de la défense
28:53et de la participation
28:54ont beaucoup
28:54d'imagination
28:56normal
28:56ça a été en débat
28:57à la cour d'appel
28:57c'est notre métier
28:58ça a été en débat
28:59à la cour d'appel
29:00vous savez Patrick
29:01déjà il ne savait pas
29:01se servir d'un téléphone
29:02et Josiane
29:03allait effacer les messages
29:04parce qu'effectivement
29:05il se voyait en cachette
29:06le garagiste
29:07c'est ça
29:07ouais
29:08tout à fait
29:08il faut savoir quand même
29:09que le garagiste
29:11avait promis
29:12à l'oncle
29:12grand-oncle de Josiane
29:13qui était comme son père
29:15depuis très très très longtemps
29:17de la protéger
29:18quoi qu'il se passe
29:19parce que le grand-oncle
29:19avait compris
29:20qu'il était Philippe
29:21et il avait compris
29:22qu'elle allait être
29:23la vie de Josiane
29:24et Patrick
29:25n'a pas supporté
29:26de la perdre
29:27parce qu'effectivement
29:29son mari
29:30a mis fin à ses jours
29:31mais surtout
29:32de n'avoir pas rempli
29:33son contrat
29:34vis-à-vis de cet oncle
29:35qui était de la protéger
29:37juste une petite question
29:38c'est très difficile
29:41à répondre
29:41mais pourquoi
29:42il se suicide cet homme
29:43il est désespéré
29:44ça ne va pas
29:45il avait déjà
29:46il y avait déjà
29:46eu des difficultés
29:47mais là
29:48vous imaginez
29:49vous pouvez enfin
29:51vivre avec votre amour
29:52qui quitte son mari
29:53d'accord
29:55vous êtes censé
29:56la protéger
29:56parce que c'est
29:57un engagement moral
29:57que vous avez pris
29:58face au grand-oncle
29:59qui était le patriarche
30:00de la famille
30:01et vous échouez
30:01c'est ça
30:02vous perdez tout
30:03en fait
30:04vous perdez tout
30:05votre amour disparaît
30:06et on ne va pas
30:07d'ailleurs retrouver
30:08le corps de Josiane
30:10le mari violent
30:11va être jugé
30:13Josiane Bézard
30:14l'a disparu
30:14de Sainte-Tulle
30:15Monsieur
30:16quand on dit la vérité
30:17on l'a dit spontanément
30:19l'enquête de l'heure du crime
30:20on se retrouve
30:21dans un instant
30:21sur RTL
30:23L'heure du crime
30:24c'est avec
30:25Jean-Alphonse Richard
30:25sur RTL
30:28L'heure du crime
30:29présenté par Jean-Alphonse Richard
30:31sur RTL
30:33Retour dans l'heure du crime
30:34sur l'affaire Josiane Bézard
30:36une mère de famille
30:3753 ans
30:38disparue en Haute-Provence
30:39en janvier 2014
30:40son mari dépeint
30:41comme violent et jaloux
30:42est accusé d'assassinat
30:43il nie
30:44aucun corps retrouvé
30:46presque 4 ans après l'effet
30:47il est jugé
30:49mercredi 21 novembre 2018
30:51Philippe Bézard
30:5265 ans
30:53apparaît devant la cour d'assises
30:54des Alpes
30:55de Haute-Provence
30:56à Dignes-les-Bains
30:57tout de noir vêtu
30:59barbe grisonnante
31:00bien droit
31:00bras croisés
31:01il est plein d'assurance
31:02ça fait presque 5 ans
31:04que ma femme a disparu
31:065 ans que je clame mon innocence
31:08je ne suis absolument
31:09pour rien dans cette affaire
31:11son avocat
31:12maître Frédéric Monneray
31:13veut semer le doute
31:14selon lui
31:15le mari de la disparition
31:17le matin de la disparition
31:18Josiane Bézard
31:19avait rendez-vous
31:21avec Patrick Testanière
31:23dans un coin de campagne
31:24au lieu dit
31:24La Rochette
31:25les amants auraient pu
31:26se voir là-bas
31:27l'avocat regrette encore
31:29que les traces de pneus
31:30autour de la maison
31:31de Josiane
31:31n'aient pas été vérifiées
31:32car il ne s'agit pas
31:34de celle
31:35de l'auto
31:35du mari
31:38Philippe Bézard
31:39continue à se contredire
31:40sur son emploi du temps
31:41il change de version
31:42le président de la cour
31:44lui fait remarquer
31:44monsieur
31:45vous êtes le seul
31:46à ne pas pouvoir
31:48justifier votre emploi du temps
31:49quand on dit la vérité
31:50on l'a dit spontanément
31:52réponse de l'accusé
31:53j'étais cocu
31:54vous croyez que ça fait pas de mal
31:56ça
31:57que ça perturbe pas
31:59l'accusation présente Bézard
32:01comme
32:01Marie qui n'a jamais participé
32:03aux recherches de sa femme
32:04qui au lieu de dire
32:06je n'ai pas tué ma femme
32:07préfère répéter
32:09je n'ai pas pu tuer ma femme
32:11après 4 jours de procès
32:13et 3h30 de délibéré
32:15Philippe Bézard est condamné
32:17à 25 ans de prison
32:2025 ans de prison
32:21évidemment il y a possibilité d'appel
32:23on va le voir
32:23maître Emmanuel Horta
32:25vous êtes à ce procès
32:26évidemment
32:26avocate du fils
32:27et de la soeur
32:28de Josiane Bézard
32:29vous défendez leurs intérêts
32:30vous êtes donc du côté
32:31de la partie civile
32:32il y a cet accusé
32:34Philippe Bézard
32:34il a passé quelque temps
32:36en prison
32:37il a toujours nié
32:38avoir tué
32:39ou fait disparaître
32:40sa femme
32:41on a l'impression
32:42que c'est un bloc
32:42cet homme
32:43il n'y a rien
32:44qui puisse le fissurer
32:47alors rien
32:48qui puisse le fissurer
32:49en fait
32:49il s'en faire
32:50dans un fonctionnement
32:51il n'en sort pas
32:52parce que de toute façon
32:54dès qu'il avait un avis
32:55sur quoi que ce soit
32:56il était persuadé
32:57que c'était la vérité
32:58vous auriez pu
32:59lui faire croire
33:00quelque chose
33:01s'il avait décidé
33:02que c'était l'inverse
33:02il n'en bougeait pas
33:03donc c'est impossible
33:04de le faire changer d'idée
33:05il a des idées fixes
33:06vous voyez
33:07il y a des amants
33:07il y a des amants
33:08c'est quelque chose
33:09qu'on entend régulièrement
33:10ce qui est faux
33:11donc son idée fixe
33:12va lui permettre
33:13de rester d'un seul bloc
33:16pendant ce procès
33:17pendant le procès
33:17oui
33:18maître Horta
33:18est-ce que
33:19ces enfants
33:20qui sont là
33:21son fils
33:22sa fille
33:23il y a aussi son frère
33:25qui est là
33:25à l'audience
33:26est-ce que ces personnes
33:27auraient été susceptibles
33:29de le faire changer d'avis
33:30de le mettre
33:31devant le fait accompli
33:32de dire
33:33enfin raconte
33:33raconte ce que tu sais
33:34est-ce qu'ils ont essayé
33:36écoutez
33:36quand vous voyez
33:37vos enfants
33:38votre fils
33:39à la barre
33:40dans un état
33:41de tristesse énorme
33:43et vous savez
33:43il a écrit une lettre
33:44que la cour a lue
33:46et qui a plongé
33:47tout le monde
33:47dans une émotion
33:48immense
33:49tout le monde
33:50quand je vous dis tout le monde
33:50c'est la cour
33:51les avocats
33:52il n'a pas bougé
33:53il n'a pas bougé
33:55donc
33:56c'est à se poser
33:57la question
33:57de sa capacité
33:59à aimer
33:59finalement aussi
34:00qu'est-ce qu'elle dit
34:03la lettre de Guillaume ?
34:04je ne l'ai plus
34:06en tête par coeur
34:07mais en fait
34:07il lui dit
34:08écoute papa
34:08tu m'as enlevé ma mère
34:09dis-nous la vérité
34:11mais je crois même
34:12qu'il ne l'appelle plus
34:13papa
34:13monsieur
34:15et c'est
34:16toute cette émotion
34:17toute cette tristesse
34:19cette
34:20je dirais
34:21Guillaume
34:21il n'a plus de mère
34:22mais il n'a plus de père
34:23oui c'est un désastre
34:25c'est un désastre
34:26et Elodie
34:27en fait
34:28elle ne pouvait pas
34:29concevoir
34:29que son père
34:30ait fait ça
34:31elle n'a pas dit
34:32il est innocent
34:32mais elle dit
34:33c'est pas possible
34:34parce qu'Elodie
34:34avait perdu sa maman
34:36et elle ne concevait pas
34:37de perdre son père
34:38qui ne l'avait jamais
34:40en fait
34:41comment dire
34:42s'était jamais occupé d'elle
34:43il n'avait jamais développé
34:44d'affection à son égard
34:45et finalement
34:46là il était présent pour elle
34:47c'est encore une habileté
34:48de Philippe ça
34:51d'utiliser les gens
34:52pour ses propres intérêts
34:53donc on a Guillaume
34:54qui est totalement effondré
34:55Elodie qui est complètement
34:57à côté de l'histoire
34:58parce qu'elle ne conçoit pas
35:00qu'elle n'y ait plus de parents
35:01et Philippe
35:02qui navigue
35:03entre tout ça
35:04pour voir son seul intérêt
35:05mais ça c'est une famille
35:07totalement démolie
35:08il y a quelque chose
35:09aussi qui est frappant
35:10lorsqu'on lit
35:10les comptes rendus
35:11d'audience
35:13Maître Horta
35:13peut-être vous allez
35:14aller dans ce sens là
35:15on a le sentiment
35:17que cet homme
35:18Philippe Bézard
35:19il a 65 ans
35:20ah oui il parle de lui
35:21ça il parle de lui
35:22il n'y a pas de soucis
35:23mais à aucun moment
35:24il parle de son épouse
35:26à aucun moment
35:27il n'en parle
35:27vous savez moi
35:28j'ai toujours fait remarquer
35:29je l'ai plaidé
35:31qu'il ne l'avait pas cherché
35:33avec
35:34il y a eu des battues
35:35il y a eu effectivement
35:36des gens qui ont cherché
35:37mais en fait
35:38il n'avait pas besoin
35:39de la chercher lui
35:39parce qu'il savait où elle était
35:41je crois qu'il faut être très clair
35:42et tout était ramené à lui
35:44d'ailleurs
35:45aux assises à Dignes
35:46il nous a fait un petit malaise
35:48quand il a senti le vent tourner
35:49après les réquisitions
35:50de l'avocat général
35:51encore on ramenait les choses à lui
35:53il venait de voir la famille
35:54se présenter à la barre effondrée
35:56de cette disparition
35:58mais ça devait être lui
36:00le seul et l'unique personnage important
36:03et oui parce que c'est son procès
36:04il fabrique son procès
36:06évidemment on le voit ça
36:07de temps en temps aux assises
36:08il veut prendre la main sur ce procès
36:10de toute façon il veut prendre la main
36:11sur à peu près tout ce qui passe
36:12autour de lui
36:12donc il avait la main sur la maison
36:13il ne voulait pas lâcher tout ça
36:16Francis Rossius
36:16vous travaillez pour Haute Provence Info
36:19vous êtes à ce procès
36:20vous avez suivi toute cette affaire
36:23des doutes
36:23est-ce que des doutes ont émergé
36:25pendant ce procès
36:26avec cet homme
36:26qui est là
36:27sur le banc des accusés ?
36:30alors des doutes
36:30oui parce que c'est très simple
36:32la victime n'a jamais été retrouvée
36:34voilà dans une affaire criminelle
36:36lorsque le corps de la victime
36:37n'est pas retrouvé
36:38il y a toujours un doute
36:40et à l'époque
36:41l'avocat de la défense
36:43qui était maître Frédéric Monneray
36:45a pris comme ligne de défense
36:46justement le fait
36:48que le corps n'ait pas été retrouvé
36:49et puis surtout
36:50le suicide de celui
36:53que l'on présente comme l'amant
36:54donc la ligne de défense
36:56de Frédéric Monneray
36:57était basée là-dessus
36:58et donc il a voulu ainsi
36:59semer le doute
37:00dans l'esprit des jurys
37:01il n'y a pas d'autre piste
37:03en tout cas
37:03qui s'est dessinée
37:04à ce procès
37:05pas d'autre piste
37:06que celle du mari
37:08il n'y a aucun doute
37:10sur le fait
37:10que Philippe Bézard
37:12ait tué son épouse
37:13et qu'il ait fait
37:14disparaître le corps
37:15d'ailleurs
37:16on peut faire
37:17peut-être aujourd'hui
37:17un lien
37:18avec la médiatique
37:19affaire Jubilard
37:21où effectivement
37:22à défaut de cadavre
37:23il y a toujours
37:24le doute
37:24je me souviens très bien
37:26du requisitoire
37:26de l'avocat général
37:28qui dit ce jour-là
37:29non monsieur
37:30vous n'avez pas commis
37:31un meurtre parfait
37:32mais vous avez commis
37:33un acte sordide
37:34et un acte réfléchi
37:36et bien gambergé
37:36si elle n'a pas
37:38aujourd'hui de sépulture
37:39offrez lui au moins
37:40une sépulture judiciaire
37:42oui mais effectivement
37:42c'est une demande
37:43qui s'entend
37:44et c'est une demande
37:47puissante
37:47maître Emmanuel Horta
37:48juste un mot là-dessus
37:49c'est une affaire en miroir
37:50alors Jubilard
37:51ça sera six ans plus tard
37:52on est d'accord
37:54mais effectivement
37:54on est exactement
37:55un petit peu
37:56dans la même configuration
37:57c'est d'ailleurs
37:57très étonnant
37:58que ces affaires
37:59soient si ressemblantes
38:01et on est dans
38:02la même configuration
38:03alors moi
38:03je n'ai pas accès
38:04à l'intégralité
38:05du dossier Jubilard
38:05mais en fait
38:06ce qu'on voit
38:07déjà dans le dossier
38:08Bézard
38:08c'est que
38:09et puis
38:09l'absence de corps
38:11ne veut pas dire
38:11qu'il n'y a pas
38:12d'assassinat
38:13on est d'accord
38:13complètement d'accord
38:14les indices
38:15tout converge
38:16et on en a
38:18plusieurs
38:19mais
38:20c'est une similarité
38:21effectivement
38:22lorsque j'ai entendu
38:23parler de l'affaire Jubilard
38:24dans la presse
38:24j'ai immédiatement
38:25pensé au dossier Bézard
38:26vous vous en doutez bien
38:27bien sûr
38:29et les choses
38:30sont réfléchies
38:31préparées
38:31c'est ce qui
38:32c'est ce qui apparaît
38:33clairement dans le dossier
38:34Bézard
38:34je vous parlais tout à l'heure
38:35de la téléphonie
38:36quelques jours avant
38:37où il va
38:38on est en mois de janvier
38:39janvier quand même
38:40où il va bipper
38:41dans la colline
38:42et puis
38:43tout est calculé
38:44il va laver son véhicule
38:45il ne le nettoyait jamais
38:47ça c'est quand même important
38:48il va s'adresser
38:49au gérant de la société
38:50de nettoyage
38:53en lui disant
38:54si on vous demande
38:54si vous m'avez vu
38:55vous dites bien
38:55que vous m'avez vu
38:56c'est pas quelqu'un
38:58qui a pour habitude
38:58de se manifester
39:00de parler avec tout le monde
39:01de se manifester
39:02donc ça questionne
39:03quand même
39:04ça questionne
39:05effectivement
39:05ça pose
39:06beaucoup
39:07beaucoup
39:07d'interrogations
39:08un accusé
39:09qui va faire appel
39:10Josiane Bézard
39:11l'a disparu
39:12de Sainte-Tulle
39:12ils espèrent toujours
39:14qu'ils disent
39:14où se trouve le corps
39:16pour pouvoir faire
39:17leur deuil
39:17l'enquête de l'heure du crime
39:19je vous retrouve tout de suite
39:20sur RTL
39:29Dans l'heure du crime
39:30aujourd'hui
39:30l'affaire Josiane Bézard
39:32une mère de famille
39:3353 ans
39:34disparue en Haute-Provence
39:35en janvier 2014
39:36jamais retrouvée
39:38son mari opposé
39:39à leur séparation
39:41a été condamné
39:42à 25 ans de prison
39:43en 2018
39:44il a toujours nié
39:46les faits
39:47rejugés
39:47deux ans plus tard
39:50Lundi 28 septembre 2020
39:52Philippe Bézard
39:5367 ans
39:54comparé devant
39:55la cour d'assises d'appel
39:56des Bouches-du-Rhône
39:57à Aix-en-Provence
39:58les enquêteurs témoignent
40:00Chaque fois qu'on l'entendait
40:01il changeait de version
40:03disent-ils
40:03pour le chef d'enquête
40:05La piste du mari
40:06est la seule hypothèse
40:09plausible
40:09corroborée
40:10par les investigations
40:11Deux traces ADN
40:13de Josiane Bézard
40:14ont été retrouvées
40:15sur le tapis du coffre
40:17de la fiat Panda
40:18du mari
40:18Philippe Bézard
40:20est à nouveau condamné
40:2125 ans de prison
40:2410 ans
40:25après la disparition
40:26Maître Emmanuel Horta
40:27avocate de la soeur
40:29et du fils
40:30de Josiane Bézard
40:31explique que la plaie
40:32n'est pas refermée
40:34pour la famille
40:35ils espèrent toujours
40:36qu'ils disent
40:37où se trouve le corps
40:39pour pouvoir faire leur deuil
40:40déclare-t-elle
40:41dans le journal
40:42La Provence
40:44Quand je vois ce genre
40:45de pierre
40:46je ne peux pas m'empêcher
40:48de penser
40:48qu'elle est peut-être
40:49dessous
40:50qu'il aurait peut-être
40:51enterré
40:51recouvert de pierre
40:54j'espère un jour
40:57la retrouver
41:00J'espère la retrouver
41:01la voix de Sylvie
41:03avec ses propos émouvants
41:04Sylvie c'est la soeur
41:06de Josiane Bézard
41:08document sur TF1
41:10effectivement une soeur
41:11qui a tout de suite
41:12désigné
41:12montré du doigt
41:13le mari
41:14Philippe Bézard
41:15elle a tout de suite
41:16conduit les enquêteurs
41:17vers cet homme
41:18et d'ailleurs
41:18les gendarmes dans cette affaire
41:20ont beaucoup
41:20et très bien travaillé
41:21et très vite surtout
41:22parce que tout de suite
41:23la disparition
41:24a été jugée
41:25inquiétante
41:26et pleine de doutes
41:29et ça
41:29ce n'est pas toujours le cas
41:30donc effectivement
41:31bravo
41:32d'avoir tout de suite
41:33enquêté
41:34sur cette affaire
41:35Maître Emmanuel Horta
41:37vous êtes avec nous
41:38dans cette heure du crime
41:39vous êtes l'avocate
41:41je l'ai dit
41:41du fils
41:42et de la soeur
41:42de Josiane Bézard
41:44on est là
41:46quelques années
41:47après la disparition
41:48c'était en 2014
41:50plus de 10 ans
41:51après la disparition
41:52cette famille
41:53on a l'impression
41:54qu'elle sera brisée
41:55à jamais
41:56le seul
41:58presque bonheur
41:59entre guillemets
42:00si on peut l'appeler
42:01comme ça
42:01de cette famille
42:02ça serait de retrouver
42:03le corps
42:04oui alors effectivement
42:06vous savez
42:07cette date anniversaire
42:09elle est difficile
42:09chaque moment
42:12où la date approche
42:14c'est douloureux
42:15et on a essayé
42:17lors des deux procès
42:18lors desquels
42:19Philippe changeait
42:20de version aussi
42:21parce que
42:22vous savez
42:23c'est un amateur
42:24de champignons
42:25il nous a parlé
42:25des giroles
42:26et des truffes
42:26et on a essayé
42:28de lui dire
42:28mais dites nous
42:29en fait
42:30et maintenant
42:31qu'il a été condamné
42:32l'arrêt définitif
42:33il pourrait le dire
42:34bien sûr
42:35qu'est-ce qu'il a à perdre
42:37plus rien
42:38mais il permettrait
42:40à la famille
42:40de pouvoir faire son deuil
42:41qu'on puisse
42:43faire des obsèques
42:44comme cela doit se faire
42:45mais non
42:46non
42:47et la famille
42:48ne fait pas deuil
42:48c'est-à-dire que
42:49je ne parle même pas
42:50la sœur
42:50qui est une personne
42:52effectivement très proche
42:53de Josiane
42:53c'était sa grande sœur
42:54mais je parle
42:55d'Élodie et Guillaume
42:56les propres enfants
42:57de Philippe Bézard
42:58auxquels il ne permet pas
43:00aujourd'hui
43:00de pouvoir
43:01avoir un lieu
43:02qui leur permettrait
43:03de se recueillir
43:04auprès de leur mère
43:05décédée
43:05c'est quand même
43:07d'une violence
43:08énorme encore
43:09vous voyez
43:09c'est encore présent
43:12d'ailleurs
43:12s'il écoute
43:13cet homme
43:14Philippe Bézard
43:15c'est une possibilité
43:15j'espère qu'il m'entend
43:16voilà
43:16non mais j'espère
43:17qu'il vous entend
43:18et puis ça serait
43:18effectivement de sa part
43:20un geste honorable
43:21ça serait
43:22une main tendue
43:23en tout cas
43:24un geste honorable
43:25pour effectivement
43:26de soulager
43:26la souffrance
43:27de ses proches
43:28et de ses enfants
43:29c'est très important
43:31bien sûr
43:31c'est très important
43:33Francis Rossius
43:34vous êtes avec nous
43:34dans cette heure du crime
43:36vous travaillez
43:37pour Haute Provence Info
43:39et vous avez suivi
43:40toute cette affaire
43:41alors il y a ce corps
43:42on l'a dit
43:43un corps introuvable
43:44voilà
43:45on est comme dans
43:45l'affaire Jubilard
43:46on n'a jamais retrouvé
43:47le corps de l'épouse
43:49là c'est pareil
43:49on ne trouve pas
43:50le corps de l'épouse
43:52est-ce qu'il croyait
43:54avoir tout prévu
43:55le mari
43:55en quelque sorte
43:56c'est ça ?
43:57Philippe Bézard
43:58était un chasseur
43:59un ramasseur
44:00de champignons
44:01il connait la région
44:02comme sa poche
44:03donc effectivement
44:04pour lui
44:05rien de plus simple
44:06si on veut faire disparaître
44:08quelque chose
44:09ou quelqu'un
44:09c'est très simple
44:11c'est très simple
44:12qu'est-ce qu'il devient
44:13maître Emmanuel Horta
44:14qu'est-ce qu'il devient
44:15le mari aujourd'hui
44:16Philippe Bézard
44:17vous le savez
44:17ou pas du tout ?
44:19alors non
44:19il est incarcéré
44:20c'est la seule chose
44:21qui importe à mes clients
44:22parce que vous savez
44:23l'expert psychiatre
44:25qui l'a examiné
44:25a indiqué
44:26que son processus
44:27n'était pas terminé
44:29en fait
44:29lorsqu'on l'empêche
44:30de faire ce qu'il souhaite
44:32il n'y a plus de règle
44:33c'est ce que vous disiez
44:34un de ses collègues de travail
44:34d'ailleurs
44:35dans le dossier
44:35c'était évoqué
44:36et aujourd'hui
44:38la problématique
44:39de la maison
44:39n'est pas réglée
44:40parce qu'on doit
44:40régler une succession
44:41entre un frère
44:42et une soeur
44:42qui ne sont pas d'accord
44:45et cette maison
44:46elle est à lui
44:46pour lui
44:47donc son processus
44:48n'a jamais été terminé
44:50puisque des personnes
44:51lui font barrage
44:51donc j'ai envie de vous dire
44:53que tant qu'il reste en détention
44:54tout le monde
44:55est quelque peu rassuré
44:57je ne sais pas
44:58à quel endroit
44:59il est incarcéré
45:00je pourrais le savoir
45:00mais en tout cas
45:02ce que mes clients souhaitent
45:03c'est qu'ils nous disent
45:03où aller
45:04oui c'est ça
45:05mais ce que vous dites
45:06entre les lignes
45:07si je vous suis un petit peu
45:08maître Emmanuel Horta
45:09c'est que selon vous
45:10cet homme
45:10il est peut-être encore
45:11animé par une certaine
45:13dangerosité
45:14il est en détention
45:16à cause de Sylvie
45:17dit-il
45:18dans ce procès
45:20de toute façon
45:20il lui a dit tout de suite
45:21lorsqu'il l'a vu
45:22le jour de la disparition
45:23tu me soupçonnes
45:24tu me soupçonnes
45:25et c'est un discours
45:26qu'il a tenu
45:27tout au long de l'enquête
45:28et c'est comme ça
45:29qu'il s'est toujours
45:30adressé à Sylvie
45:31même lorsqu'il est
45:32en confrontation
45:33tout à fait
45:35et donc
45:35je suppose que Sylvie
45:37la sœur
45:38qui est effectivement
45:38à la pointe du doigt
45:40elle n'est pas très
45:41rassurée aujourd'hui
45:42non
45:42moi j'ai eu mes clients
45:43avant cette émission
45:44pour obtenir leur accord
45:45pour intervenir
45:46bien entendu
45:47et c'est une crainte
45:49qui a toujours existé
45:50qui existe encore
45:52le dossier
45:53parler de lui-même
45:53sur ce stade là
45:55à partir du moment
45:56où vous êtes persuadé
45:57que vous avez raison
45:58quoi qu'il se passe
45:58vous sortez pas
45:59de votre schéma
45:59vous sortez pas
46:00de votre schéma
46:01et lorsque vous n'avez
46:02qu'une idée en tête
46:03c'est de garder
46:04ce qui vous appartient
46:05parce que la notion
46:06de possession
46:06c'est quand même
46:07quelque chose
46:07d'assez important
46:09pour lui
46:10voilà aujourd'hui
46:11où on en est
46:12donc
46:13mais comme vous l'indiquiez
46:14tout à l'heure
46:14faisons amende honorable
46:15monsieur Bézard
46:16et disons
46:17ou Josiane
46:18que l'on puisse
46:19organiser ses obsèques
46:20une bonne fois pour toutes
46:21exactement
46:21arrêtons la chronologie
46:22de cette affaire
46:23qui n'a que trop duré
46:25évidemment
46:26Francis Rossius
46:27en quoi c'est une histoire
46:29qui est très particulière
46:30vous en avez suivi
46:30plusieurs d'histoires
46:31mais en quoi
46:32ce crime
46:33il est particulier
46:34c'est une histoire marquante
46:36oui parce que
46:37lorsqu'on est aux assises
46:39et que l'on voit
46:40d'un côté de la barre
46:41on voit le père
46:42qui est soutenu
46:44par sa propre fille
46:45et lorsque l'on voit
46:47en partie civile
46:48le fils
46:49qui accuse son père
46:50qui incrimine son père
46:51voilà
46:52c'est une situation
46:53je dirais
46:54inhabituelle
46:55c'est une situation
46:56inhabituelle
46:57maître Emmanuel Horta
46:58vous aussi
46:59cette affaire
47:00elle est particulière
47:01parce qu'elle vous anime
47:02encore
47:02et on voit qu'elle vit
47:03toujours cette enquête
47:04c'est ça qui est étonnant
47:05d'ailleurs je voulais dire
47:05que dans l'heure du crime
47:07on pense essentiellement
47:08aux victimes
47:08et on pense
47:09effectivement
47:11à la famille
47:12de Josiane Bézard
47:14parce que ce sont
47:14les seules victimes
47:15bon
47:15Philippe Bézard
47:16il est en prison
47:17mais il a été condamné
47:18à deux reprises
47:19par des jurés populaires
47:21mais c'est la famille
47:22effectivement
47:22de Josiane Bézard
47:24qui aujourd'hui
47:24nous interpelle
47:25et nous intéresse
47:27pourquoi cette histoire
47:28elle est particulière
47:29en quelques mots
47:30maître Emmanuel Horta
47:31elle est particulière
47:32parce que déjà
47:33c'est assez atypique
47:34de ne pas retrouver encore
47:35même si on a l'affaire
47:37Jubilard actuellement
47:38mais c'est quelque chose
47:39qui est très rare
47:41on a peu d'affaires
47:43mais c'est une affaire locale
47:45c'est quelque chose
47:46qui s'est passé
47:47à proximité
47:48de nos villes
47:49et nos villages
47:50l'effet de 2014
47:51la dernière audience
47:532020
47:54c'est un dossier
47:55qui a duré
47:55qui a occupé tout le monde
47:56et encore aujourd'hui
47:58tant que le corps
47:58ne sera pas retrouvé
47:59c'est ça
48:00c'est la grande question
48:01de cette histoire
48:02tant que le corps
48:03ne sera pas retrouvé
48:04effectivement
48:04on va continuer
48:05à suivre ça
48:06il faudrait qu'il y ait
48:06peut-être sans doute
48:07d'autres recherches
48:07c'est toujours possible
48:09merci beaucoup
48:10maître Emmanuel Horta
48:11et Francis Rossius
48:13d'avoir été les invités
48:14de l'ordre du crime
48:14merci à l'équipe de l'émission
48:16rédactrice en chef
48:17Justine Vigneault
48:18préparation Lisa Canales
48:19Valentin Bardet
48:20réalisation en direct
48:21Jonathan Griveaux
48:22Merci à tous
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