- il y a 4 heures
Mathieu Haulbert, 10 ans, de lui il reste la photo d'un petit garçon blond et souriant. Au tout début de l'été 1983, il disparaissait dans le décor aride de la Haute-Provence. Il rejoignait un berger, mais il n'est jamais arrivé au troupeau. Un suspect numéro un, et plusieurs pistes. Plus de quarante après, ses parents, n'ont jamais accédé à la vérité.
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.
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00:0214h-15h, c'est l'heure du crime sur RTL.
00:05L'affaire avait fait grand bruit à l'époque.
00:07Un enfant de 10 ans et demi, Mathieu Holbert, avait mystérieusement disparu en 1983 dans les Alpes de Haute-Provence.
00:135 ans après, un cadre ingénaire, Georges Logier, a été arrêté et inculpé d'enlèvement d'enfants par le parquet
00:19de Dignes.
00:22Bonjour, Mathieu Holbert, 10 ans de lui.
00:25Il ne reste que la photo d'un petit garçon blond disparu au tout début de l'été 1983 dans
00:32le décor aride de la Haute-Provence.
00:34Il rejoignait un berger, mais il n'est jamais arrivé au troupeau.
00:38Un suspect numéro 1, des pistes, des doutes, mais plus de 40 ans après, les parents attendent toujours la vérité.
00:47Mathieu Holbert, le disparu de la route Napoléon, l'heure du crime.
00:51La seule émission radio 100% fait divers, c'est tout de suite sur RTL.
01:00Samedi 25 juin 1983, 15h30, Lise Holbert, téléphone à la bergerie de Robert Ricard, à un peu plus de 4
01:09km de leur village,
01:11la bâtie de Péroul, sur la National 85, la route Napoléon.
01:16La maman veut savoir si son fils Mathieu, 10 ans, est bien arrivé à destination.
01:21Il est parti à bicyclette une heure auparavant, c'est la première fois qu'on le laisse sortir seul.
01:27Il doit retrouver le berger et Pascal, un petit belge de 13 ans.
01:33Les enfants doivent accompagner ensuite le berger qui emmène ses brebis au-dessus de Castellane.
01:38Mais le berger Ricard ne répond pas.
01:42Les Holbert, installés ici depuis 6 ans, gagnent leur vie en retapant des maisons.
01:47Ils viennent de se lancer dans l'élevage, leur rêve d'une vie.
01:51À 18h, la maman rappelle la bergerie, toujours pas de réponse.
01:56Un voisin, Georges Logier, arrive alors chez les Holbert, au volant de sa déesse bleue.
02:02Alors qu'aucune inquiétude n'est palpable, Tarzan, comme on le surnomme, demande tout de suite « Où est le
02:09minot ? »
02:10À 20h, le berger Ricard décroche.
02:13Enfin, il répond qu'il n'a pas vu Mathieu de l'après-midi.
02:17Seul le petit Pascal était avec lui.
02:21Philippe Holbert, le papa, veut appeler les gendarmes, mais Tarzan, voisin et ami de la famille, l'en dissuade.
02:27Il lui dit qu'il faut aller rechercher Mathieu.
02:30Les deux hommes embarquent donc dans la déesse.
02:33Le vélo jaune et bleu de l'enfant est retrouvé, déposé comme prévu contre une cabane en pierre, à la
02:39sortie de la bâtie.
02:40Mathieu devait continuer sa route à pied.
02:43Sa mère lui avait dit de ne pas faire de stop et de ne pas suivre une personne qu'il
02:48ne connaît pas.
02:49À 22h, les gendarmes de Castellane sont alertés.
02:52À 2h du matin, un chien pisteur est amené chez les Holbert, mais aucune trace de l'enfant.
03:00Dimanche 26 juin, l'hélicoptère de la sécurité civile survole le hameau de la bâtie.
03:05Une vingtaine de gendarmes sont regroupés autour de la maison des Holbert.
03:10Le disparu a 10 ans, cheveux blonds, 1m32, vêtu d'une salopette en jean, porte un bob blanc, une gourde
03:18et un caoué à la ceinture.
03:20Les premiers témoins se manifestent.
03:22À l'auberge des chasseurs, des habitués confirment l'avoir vu passer la veille après 14h.
03:27Mathieu a dit qu'il allait à la garde, village proche de la bergerie Ricard.
03:32Une habitante, Marie-Claude, s'est étonnée de le voir seule.
03:36Elle voulait l'accompagner, mais il a refusé.
03:37En revanche, des marchands de fossiles, qui ont leur stand un peu plus loin, au bord de la route, ne
03:43l'ont pas vu passer.
03:44La famille ne croit pas une seconde à la fugue.
03:47Mathieu se faisait une joie de cette randonnée.
03:50Les gendarmes excluent le rapte crapuleux.
03:53Reste l'accident, l'hypothèse d'un détraqué peut être commise par quelqu'un du coin.
04:01Les gendarmes de Castellan et de Dignes réinterrogent les témoins.
04:05Certains ont vu passer à plusieurs reprises une citroën DS bleue dans le coin.
04:09Celle de Georges Logier, 35 ans.
04:12L'homme qui connaît bien les Holberts.
04:14C'est un enfant du pays.
04:15Il travaille comme cuisinier sur la Côte d'Azur.
04:17Il revient régulièrement à la bâtie.
04:20Célibataire endurcie, plutôt rustre, du genre homme des bois.
04:24La rumeur le désigne comme un possible suspect.
04:27Mais il a un alibi.
04:28Le jour de la disparition, Logier a passé l'après-midi chez son ami Christian Maréchal à Péroule.
04:35Ils ont joué au boule.
04:37Les investigations vont désormais se dérouler au rythme des lettres anonymes,
04:42des signalements fantaisistes.
04:44On fouille près de la gare du village de Barème.
04:46On va à Cannes, où l'enfant a été signalé avec un adulte dans une confiserie.
04:51Quatre mois après la disparition, les parents de Mathieu s'expriment dans le journal Le Provençal.
04:57Ils regrettent le temps perdu dans les recherches.
05:00Malgré leur bonne volonté, les enquêteurs n'ont pas les moyens suffisants, disent-ils.
05:06Et dès lors, dans cette affaire de disparition, et c'est hélas trop souvent le cas dans ces affaires de
05:12disparition,
05:13et surtout à l'époque où on ne se préoccupe pas vraiment tout de suite du danger que peut susciter
05:19une disparition,
05:19et bien le temps va s'étirer, au point qu'on va penser que peut-être on ne saura jamais
05:24ce qui s'est vraiment passé
05:25et que Mathieu Holbert ne sera jamais retrouvé.
05:28Il va falloir cinq ans, cinq ans, pour que l'affaire rebondisse avec la réapparition d'un témoin de la
05:35première heure.
05:36Mais ça, on va en parler dans la suite de l'heure du crime.
05:39Alors il faut revenir effectivement à l'évaporation, il n'y a pas d'autre mot, du petit Mathieu Holbert.
05:45On est là dans les Alpes de Haute-Provence, dans un tout petit village qui n'est pas très loin
05:52de Castellane.
05:53Et effectivement, on se pose beaucoup de questions, parce que c'est peut-être le dernier lieu où un petit
05:58garçon comme ça peut disparaître.
05:59Il n'y a pas grand monde, et même si l'endroit est désert, on se demande bien par où
06:04il a pu passer, ce petit garçon.
06:06Bonjour Laetitia Sari-Roglou.
06:08Bonjour.
06:09Merci beaucoup d'être avec nous aujourd'hui dans l'heure du crime.
06:11Vous êtes en direct d'ailleurs depuis le salon de l'agriculture au stand des fruits et légumes frais.
06:18Si vous voulez venir nous voir, c'est au pavillon 4.
06:21Laetitia Sari-Roglou, journaliste et auteur du livre « Disparu en chemin aux éditions Mareuil » dans la collection Jacques
06:29Dallest,
06:29qui est également notre invité, on va le voir dans un instant.
06:32Alors c'est un livre formidable, Laetitia Sari-Roglou, parce que d'abord c'est très bien écrit.
06:36Vous avez fait une enquête remarquable avec beaucoup, beaucoup de détails, et il faut vraiment lire ce livre.
06:41Vous allez voir, c'est une histoire incroyable.
06:43Vous allez rentrer dans des détails dans cette région, encore une fois, de la Haute-Provence, magnifique, mais qui ce
06:48jour-là devient tragique.
06:50Première question pour vous, Laetitia Sari-Roglou.
06:54Qui est la famille Holbert ?
06:55Ils viennent d'arriver, ce ne sont pas des gens du coin, ce sont des Parisiens, comme on dit là
06:59-bas.
06:59Ce sont des Parisiens qui avaient un emploi dans l'informatique.
07:03Donc ce sont les étrangers, c'est d'ailleurs des pionniers à l'époque.
07:09Ils font partie des premiers néo-ruraux qui s'installent dans cette vallée du Verdon à la fin des années
07:1570.
07:16C'est à Péroul qu'ils ont trouvé un terrain à acheter, parce qu'on ne vendait pas trop aux
07:19étrangers en fait.
07:20Oui, on se les fiait.
07:21Voilà, ils arrivent avec leur rêve, faire du fromage de vache et cultiver des terres.
07:30Et ils vont y arriver, ils arrivent sans outils, sans bêtes, avec leur fils Mathieu, leur fils unique à leur
07:354 ans.
07:36Ils ne vont pas être beaucoup aidés à l'époque.
07:39Il y aura quand même quelques bonnes âmes, dont le berger Ricard, qui va les épauler, qui va leur donner
07:45du matériel.
07:46Mais ils s'accrochent à cette terre et ils construisent leur petit chalet en haut du chemin du Villard, vraiment
07:56au flanc de montagne.
07:58Alors il y a la disparition du petit Mathieu, c'est surprenant parce que les parents ne croient pas du
08:04tout à la fugue.
08:05Il était un garçon très heureux, il y a 10 ans, tout se passe bien dans la famille.
08:09Et puis il est tellement heureux d'aller voir ce berger là, faire un bout de transhumance avec ce berger
08:13au-dessus de Castellane, dans ses collines.
08:16Par contre, les gendarmes, au début, ils s'accrochent à cette histoire de fugue.
08:19Les premiers enquêteurs, la brigade de djinns qui intervient au moment de l'ouverture de l'information judiciaire,
08:30évidemment, s'accrochent un peu à cette piste de la fugue.
08:35Parce que les parents sont appelés les hippies du Villard, ils ne courent pas après le confort,
08:41ils n'ont pas l'eau courante, ils n'ont pas l'électricité, donc on se dit qu'ils sont
08:44un petit peu marginaux.
08:45Et peut-être que Mathieu en a eu marre de vivre dans ces conditions-là.
08:51Certains habitants aussi du coin vont aussi déclarer des choses pas très sympathiques.
08:56En rajouter un petit peu.
08:57Voilà, ils vont en rajouter un petit peu.
08:59Et puis la thèse de la fugue, c'est facile quand on ne trouve pas en fait.
09:03Oui, c'est ça. Alors juste un petit mot, Georges Logier, c'est le voisin, il leur loue des terres
09:07d'ailleurs, Georges Logier.
09:08Alors ils se connaissent, les parents de Mathieu louent des terres à Logier, parce que Logier ne travaille pas ses
09:12terres.
09:13Il a la moitié de péroules, mais il ne travaille pas les terres, il n'aime pas travailler la terre.
09:16Et ils se connaissent aussi parce qu'ils jouent de temps en temps aux cartes.
09:18Logier vient les voir et ils jouent à la belote au Villard avec les éphiles et Paulbert.
09:25Bonjour Jacques Dalest.
09:26Bonjour Jean-Alphonse.
09:27Merci beaucoup d'être avec nous également en direct depuis le salon de l'agriculture dans le studio de l
09:32'heure du crime.
09:33Ancien magistrat, auteur de Colquay, un magistrat enquête qui est paru également aux éditions Mareuil.
09:38Oui, Jacques Dalest, à l'époque, je le disais, un enfant qui disparaît, ce n'est pas comme aujourd'hui.
09:43Aujourd'hui on réagit, ça va très vite, il y a les réseaux sociaux, enfin il y a tout ça.
09:46Mais surtout on a une culture qui est beaucoup plus acérée là-dessus.
09:50A l'époque, pas du tout.
09:52Oui, on a même maintenant l'alerte enlèvement qui permet d'intervenir très vite lorsque un mineur est en danger.
09:57On n'avait pas assez de culture, on ne connaissait pas l'ADN, un gros sujet qui n'est apparu
10:02qu'au milieu des années 90.
10:04Et finalement on traitait une disparition comme effectivement quelque chose d'assez banal, sauf à ce qu'il y ait
10:10des éléments criminels immédiats.
10:12Et on pouvait laisser comme ça une affaire se diluer dans le temps.
10:17Laetitia Sarriroglou, juste encore une question.
10:21Il y a Logier qui apparaît dans le décor, mais le petit garçon on l'a vu, il marchait sur
10:25ce chemin.
10:26Et puis après on ne le voit plus, c'est ça ?
10:27Oui, Mathieu dépose son vélo en bord de National, parce qu'il était hors de question qu'il soit en
10:32vélo sur la route.
10:33Il est vu par les fils d'une voisine, il est vu par le fils de l'aubergiste, il discute
10:40même avec une voisine.
10:41Donc oui, il est vu par plusieurs personnes.
10:43Cinq ans plus tard, l'homme à la déesse, Logier, va être placé en garde à vue.
10:49Mathieu Holbert, le disparu de la route Napoléon.
10:52Oui, j'étais sur place, j'ai eu peur qu'on me reproche d'être pour quelque chose dans cette
10:56affaire.
10:57L'enquête de l'heure du crime, on se retrouve dans un instant sur RTL.
11:0114h15, c'est l'heure du crime sur RTL.
11:04Avec Jean-Alphonse Richard.
11:0814h15, Jean-Alphonse Richard sur RTL.
11:12L'heure du crime.
11:14Au programme de l'heure du crime, l'affaire Mathieu Holbert, ce petit garçon, 10 ans, a disparu en juin
11:1983 dans un petit village de Haute-Provence, près de Castellane.
11:24Jamais retrouvé, cinq ans plus tard, un habitant du coin va se retrouver au cœur des investigations.
11:31Lundi 31 décembre 1984, un an et demi après la disparition de Mathieu Holbert, un rapport de synthèse de la
11:39gendarmerie résonne comme un constat d'impuissance.
11:42Aucun indice capital permettant de retrouver le jeune garçon n'a été découvert.
11:48L'affaire est dans l'impasse.
11:51Trois ans plus tard, février 87, les gendarmes Léopold Doll, Hervé Leclerc, sont chargés de reprendre le dossier.
11:59Ils sont installés à la gendarmerie de Castellane et ils réinterrogent tous les témoins.
12:04Ils tiquent beaucoup sur Georges Logier.
12:07Ils entendent donc Christian Maréchal, son ami, qui lui a fourni un alibi.
12:13À la gendarmerie, le garagiste Maréchal se met à douter.
12:18Il ne sait plus si Logier était chez lui au jour de la disparition.
12:23Il hésite, puis il avoue qu'il a dit n'importe quoi.
12:26Logier aurait brandi son poing en le menaçant.
12:29Je suis emmerdé avec mes amis Holbert à cause du petit.
12:33Tu diras que j'ai passé l'après-midi du samedi au boule.
12:37L'alibi de Logier vient de s'écrouler.
12:42Lundi 16 mai 88, presque 5 ans après les faits,
12:46Georges Logier, alias Tarzan, et Christian Maréchal, son ex-alibi,
12:51sont en garde à vue à la brigade de Castellane face aux gendarmes Doll et Gonzalès.
12:56Logier n'est pas bavard.
12:58Il affirme qu'il n'a jamais eu de problème avec la famille Holbert.
13:02Il finit par reconnaître qu'il circulait bien avec sa déesse sur la route où le petit Mathieu était censé
13:09marcher.
13:10C'était autour de 15 heures.
13:12Mais il jure qu'il n'a pas vu l'enfant.
13:14On lui demande pourquoi il a menti sur son emploi du temps.
13:17Il a raconté qu'il jouait au boule avec Maréchal.
13:20« J'ai eu peur qu'on me reproche d'être pour quelque chose dans la disparition.
13:24J'étais sur les lieux de son itinéraire, oui, mais je pensais qu'on pouvait me considérer comme suspect.
13:30J'ai agi par peur, mais je n'ai rien à me reprocher, répond-il. »
13:35Il reconnaît avoir demandé à Maréchal de mentir.
13:38Mais il affirme que Mathieu n'est jamais monté dans la déesse.
13:43Les enquêteurs lui disent que des cheveux blonds ont été retrouvés dans la voiture.
13:49Selon un expert, il pourrait appartenir à la petite victime.
13:52Georges Logier est décontenancé.
13:55Il répond que seuls les parents Holbert sont montés dans la déesse.
13:59Les enquêteurs ajoutent qu'un pansement a été saisi dans la voiture,
14:04le même que portait le petit garçon pour une coupure à son doigt.
14:08Le sang est du même groupe que le disparu.
14:11Logier vacille, il brodouille quelques mots, puis il se referme.
14:16Il est inculpé d'enlèvement d'enfants, écroué.
14:20Jeudi 19 mai 88, trois jours après l'inculpation de Georges Logier,
14:25des engins de terrassement sont à l'ouvrage, au Moulin.
14:28Le nom de sa maison de la bâtie de Péroule.
14:31Une dalle en béton est détruite.
14:33Le suspect est présent.
14:36Un slip d'enfant à rayures est découvert,
14:38mais il ne ressemble pas à celui de Mathieu.
14:40Le 2 juin, Logier s'ouvre les veines à la prison de Digne.
14:45On le sauve à l'hôpital.
14:47Il est remis sur pied.
14:48À la juge Catherine Muller, qui lui rend visite en prison, il confie.
14:52Je l'ai déjà dit, vous ne trouverez rien au Moulin.
14:56Un an plus tard, Logier bénéficie d'une libération conditionnelle.
15:00Il va donc attendre libre son procès.
15:05Encore quelques années de patience pour les parents de Mathieu Holbert,
15:08qui vivent en calvaire.
15:09Il faut bien le souligner, on va en parler beaucoup de cette famille dans cette heure du crime.
15:12Et d'ailleurs, on leur dédie cette émission,
15:14parce qu'effectivement, ils ont du courage depuis toutes ces années,
15:16un courage incroyable.
15:18Ils ont été brisés par cette affaire.
15:19Mais ils sont toujours là à demander à la justice de les aider.
15:23Ils demandent des comptes et ils ont bien raison.
15:25Alors, que va donner ce procès tardif ?
15:27Le procès de Logier, le procès du cuisinier Logier,
15:31réponse dans le prochain chapitre de l'heure du crime.
15:34On a l'impression, Laetitia Sarri-Roglou,
15:37vous êtes avec nous dans cette heure du crime,
15:39journaliste et auteur du livre,
15:40disparu en chemin aux éditions Mareuil,
15:43qui sort en ce moment et qui raconte toute cette histoire,
15:46l'affaire Mathieu Holbert,
15:47avec des détails vraiment inédits.
15:48Un gros travail, je l'ai déjà dit.
15:51Il y a un juge qui reprend l'affaire,
15:53là, quelques années après le début d'une enquête,
15:55il s'appelle Jean-Louis Héraille,
15:57il va passer comme ça dans cette enquête.
15:58On lui doit beaucoup, d'ailleurs,
15:59parce qu'il va relancer aussi les investigations.
16:03Il va dire quelque chose,
16:04et c'est indiqué dans votre livre,
16:06Laetitia Sarri-Roglou,
16:06il va dire, il faut reprendre cette enquête
16:09parce qu'elle est ratée.
16:09On a raté cette enquête au début ?
16:11Dit les gendarmes ont mal travaillé.
16:14Alors bon, il est peut-être un peu sévère,
16:15parce que son prédécesseur, le juge Chalian,
16:17avait saisi la brigade de Dignes.
16:20Qui n'était pas calibrée.
16:22Armée, pas armée pour ça.
16:23Armée, pour ce genre d'affaires.
16:25Donc, ce n'était pas évident pour eux.
16:28Ils avaient uniquement 4 hommes à disposition
16:31pour enquêter.
16:35Et une disparition,
16:36c'est un petit peu le cauchemar des enquêteurs.
16:38Parce que, surtout une disparition
16:39qui est connue assez tardivement,
16:41il n'y a pas de corps,
16:42il n'y a pas de scène de crime.
16:43Et quand on n'est pas sensibilisé
16:45et formé à ce genre d'enquête,
16:47forcément, ça ne pouvait que foirer.
16:50C'est ce qui s'est passé.
16:51Entre-temps, le juge Gérail avait saisi
16:55l'office parisien des policiers
16:57qui n'avaient pas fait mieux que les gendarmes.
16:59Et comme il ne voulait pas...
17:01Il ne voulait pas laisser tomber.
17:02Il ne voulait pas délivrer un nom lui.
17:03Il allait partir à Marseille.
17:04Et je pense qu'il ne voulait pas être celui
17:05qui annonçait aux parents que l'enquête était terminée.
17:07C'est ça, c'est effectivement.
17:08Et ça, c'est tout à son honneur.
17:09Alors, on va saluer là tout de suite
17:12le travail de deux gendarmes.
17:13Léopold Dolle, Hervé Leclerc.
17:15Parce que ça, il faut vraiment
17:17leur tirer notre chapeau.
17:19Parce qu'eux, ils vont reprendre le dossier.
17:21Ils vont tout relancer.
17:22Et ils vont avoir du pif, du flair, ces gendarmes.
17:25Parce qu'ils vont dire
17:27qu'il y a quelque chose autour de logier.
17:29On ne sent pas très bien cet homme-là.
17:32C'est un peu bizarre.
17:33Et ils vont surtout avoir l'idée excellente
17:36d'entendre son alibi, Christian Maréchal.
17:39Maréchal, c'est un peu le maillon faible
17:41dans cette histoire.
17:43Maréchal avait déjà été plus ou moins entendu
17:45par les gendarmes de Dic.
17:47Parce que la rumeur logée,
17:48elle courait depuis le début.
17:50En raison de...
17:50Parce que sa déesse avait été vue
17:52à deux endroits différents au même moment.
17:54Donc, forcément, ce n'était pas possible.
17:57Donc, il avait expliqué
17:58qu'il jouait au boule avec Maréchal.
17:59Maréchal avait été entendu
18:00par la brigade de Dignes.
18:02Et avait confirmé.
18:04La brigade de Dignes n'avait pas cherché
18:06à creuser plus.
18:08Là, le chef Leclerc,
18:09il va s'accrocher.
18:11Il va reprendre toutes les dépositions
18:12depuis le début.
18:14Et au-delà de Maréchal,
18:16il y a une autre personne
18:18dans le village
18:18qui va dire,
18:19bon, finalement,
18:20la voiture, effectivement,
18:22elle n'était peut-être pas restée
18:23tout l'après-midi.
18:24Mais moi, chaque fois que je suis sortie
18:25chez moi, elle y était.
18:26Donc, ça ne veut pas dire
18:26qu'elle était là tout le temps.
18:28Donc, effectivement, là,
18:29on voit qu'il y a quelque chose
18:30qui ne marche pas.
18:31Alors, Maréchal, lui, il va dire,
18:32ben non, finalement,
18:33j'ai peut-être trompé.
18:35C'est progressif.
18:36C'est progressif.
18:37C'est très filandreux, tout ça.
18:38Les interrogatoires,
18:39ils sont très difficiles.
18:40D'ailleurs, les gendarmes vont le dire,
18:41c'est des personnes
18:42très difficiles à interroger.
18:45Jacques Dallest,
18:45vous êtes avec nous également
18:46dans l'heure du crime,
18:48spécialiste des cold case.
18:49Jacques Dallest,
18:50ancien magistrat, évidemment.
18:52C'est toujours bien
18:53de reprendre un dossier.
18:54On le voit, là,
18:55avec les gendarmes
18:56Doll et Leclerc,
18:58la relecture,
18:59c'est spectaculaire.
19:00Parce qu'on croyait
19:01que cette affaire,
19:01elle était complètement enterrée
19:02aux oubliettes.
19:03Et là, ça repart.
19:04Oui, il faut de la volonté,
19:06il faut de l'énergie.
19:07C'est très intéressant
19:08d'avoir une relecture
19:09et c'est ce que font
19:10très exactement
19:11les magistrats
19:11du pôle de Nanterre.
19:13Ils se replongent
19:14dans le dossier
19:14avec tout le recul nécessaire.
19:16Quand on a le nez
19:17dans le guidon,
19:17on ne voit plus forcément
19:18les détails
19:19et même des choses
19:19qui semblent évidentes,
19:20on ne les voit pas.
19:22Effectivement,
19:22c'est alloué.
19:23Moi, je peux penser
19:24que cette affaire-là,
19:24aujourd'hui,
19:25elle serait résolue.
19:26Pourquoi ?
19:27Parce qu'on aurait sans doute
19:28retrouvé l'ADN du petit
19:29quelque part.
19:30Bien sûr.
19:31Mais on n'est pas
19:32à une époque
19:32où on avait cette possibilité.
19:34Oui, mais là,
19:34il faut saluer
19:34l'enquête de proximité,
19:36comme on dit,
19:36avec des témoignages.
19:38L'enquête sur le terrain,
19:38l'enquête classique,
19:39parfois, on l'oublie.
19:40On fait très confiance
19:41à l'ADN, etc.
19:42Mais là,
19:43ce sont deux gendarmes
19:44qui vont...
19:45De la section de recherche
19:46à l'Aix-en-Provence
19:46qui était rompue
19:47à ce genre aussi d'enquête.
19:48Voilà, c'est ça.
19:49Ils étaient formés aussi pour ça
19:50et formés aux interrogatoires
19:52et c'est très important.
19:53Laetitia Sarri-Roglou,
19:55question,
19:56il y a Logier,
19:57il est en garde à vue,
19:57Georges Logier.
19:59C'est un type du coin,
20:00il est un peu frustre,
20:01on l'a dit,
20:01c'est un peu un homme des bois,
20:02etc.
20:03Il ne parle pas beaucoup.
20:04Il y a un moment,
20:05quand même,
20:06c'est très fragile.
20:07Il est presque
20:08sur le point de craquer.
20:09Vous le racontez
20:10dans votre ouvrage,
20:11« Disparu en chemin ».
20:12Il y a ce point de bascule,
20:15ce point critique
20:16où il est sur le point de...
20:18peut-être de dire quelque chose.
20:19Ce qui le déstabilise,
20:21c'est les éléments
20:21retrouvés dans le coffre
20:22de sa voiture,
20:24des cheveux
20:24qui pourraient appartenir
20:25à Mathieu,
20:27une boîte de rustine
20:28qui pourrait être
20:29celle de Mathieu,
20:31et un petit bout
20:33de tissu rose
20:34qui pourrait être
20:35le pansement
20:36qu'il avait au pouce
20:37au moment où il est parti
20:39ce jour-là.
20:41Et quand un des enquêteurs
20:44lui demande
20:44s'il a une explication
20:46à donner
20:46à la présence des cheveux,
20:48il dit,
20:48« Ben oui,
20:48les parents sont montés
20:49dans ma voiture ».
20:51Bon,
20:51les parents ne sont pas
20:52montés dans le coffre.
20:54Voilà.
20:54Eh oui,
20:54important.
20:55Eh oui.
20:55Et ça,
20:56c'est effectivement...
20:57C'est un détail fatal,
20:59évidemment.
21:01Neuf ans
21:01après les faits,
21:03un procès.
21:04Mathieu Holbert,
21:05le disparu
21:06de la route Napoléon,
21:07il m'a avoué
21:08son innocence.
21:09Il n'aurait jamais
21:10fait une chose pareille.
21:11L'enquête de l'heure
21:12du crime.
21:12Georges Logier,
21:14alias Tarzan,
21:15est-il l'homme
21:15qui a emporté
21:16le petit garçon
21:17à bord de sa voiture,
21:18à suivre
21:19dans un court instant
21:20sur RTL ?
21:22Jean-Alphonse Richard
21:23sur RTL.
21:24C'est l'heure du crime
21:25jusqu'à 15h.
21:27GULUC.
21:28L'heure du crime
21:29présentée par
21:30Jean-Alphonse Richard
21:31sur RTL.
21:32Je me demande,
21:32moi,
21:33s'il n'y a pas
21:33une bavure,
21:33une erreur,
21:34de la police,
21:35du procureur,
21:36du juge
21:36et de la gendarmerie.
21:38Logiquement,
21:39quand on casse ça,
21:40s'ils ont fait
21:40une erreur,
21:40une bavure,
21:41ils doivent le refaire.
21:42Ce n'est pas normal
21:42que ce pauvre jeune
21:43paye s'il n'en est
21:44pour rien.
21:46Retour dans l'heure
21:47du crime
21:47sur l'affaire
21:47Mathieu Holbert.
21:48Un petit garçon
21:49de 10 ans
21:50disparu en Haute-Provence
21:51près de Castellane
21:52au mois de juin 83.
21:53Un corps jamais retrouvé,
21:55un habitant du coin
21:56inculpé pour enlèvement.
21:58Presque 9 ans plus tard,
21:59le suspect est jugé.
22:02Mardi 14 janvier 92,
22:04Georges Logier,
22:0543 ans,
22:06comparé libre
22:07devant la cour d'assises
22:07des Alpes de Haute-Provence
22:09à Digne.
22:10Les parents
22:11de Mathieu Holbert,
22:12Philippe et Lise
22:13sont au premier rang,
22:14un peu perdus
22:15de se retrouver
22:16à ce rendez-vous.
22:17Après 9 ans de recherche,
22:19le corps de leur fils
22:19n'a pas été retrouvé.
22:22L'enquête de personnalité
22:23présente Logier
22:24comme un individu
22:25têtu et renfermé
22:26mais honnête
22:27et travailleur.
22:28Le curé
22:29qu'il a baptisé
22:30le père d'Ecobert
22:31dit
22:31« Il m'a avoué
22:32son innocence,
22:33il n'aurait jamais
22:34fait une chose pareille. »
22:36Le lendemain,
22:37le chef d'enquête
22:38Hervé Leclerc témoigne.
22:39Les avocats
22:40reprochent aux gendarmes
22:41de s'être intéressés
22:42à Logier
22:42à cause de la rumeur.
22:44Le chef Leclerc
22:45objecte en disant
22:46qu'il est surtout
22:47devenu suspect,
22:48cet homme,
22:49à cause de ses mensonges.
22:52Jeudi 16 janvier,
22:53troisième jour du procès,
22:55la cour d'assises,
22:56magistrats,
22:57avocats
22:57et accusés
22:58se déplacent
22:58à la mi-journée
22:59jusqu'à la bâtie
23:00de Péroule.
23:01On voit Georges Logier
23:03pleurer devant sa maison
23:04en fin d'après-midi.
23:06L'audience reprend.
23:07L'expert scientifique
23:08Loïc Le Ribot
23:09évoque les cheveux blonds
23:11qui seraient ceux
23:12de Mathieu,
23:13preuve.
23:14Indiscutable donc
23:15de la présence
23:15du petit garçon
23:16dans la voiture
23:17du suspect.
23:18La défense fait remarquer
23:19que les parents
23:20du petit garçon
23:21sont montés
23:22dans la déesse.
23:22Ils ont pu donc
23:23transporter
23:24sur leurs vêtements
23:25les cheveux
23:26du disparu.
23:27Après réflexion,
23:29l'expert
23:29finit par admettre
23:30que le doute
23:32existe.
23:3317 janvier,
23:3421h,
23:35après deux heures
23:36de délibéré,
23:37Georges Logier
23:37est acquitté.
23:39Verdict
23:39accueilli par des cris
23:40de joie,
23:41des applaudissements.
23:43Lise
23:43et Philippe
23:44Holbert
23:44sont plus perdus
23:45que jamais.
23:46Ils n'ont obtenu
23:47aucune réponse
23:48à leur question.
23:51Et là,
23:52c'est un scénario
23:52totalement fou
23:53qui se passe
23:54parce qu'effectivement
23:54les charges
23:56sont renversées.
23:58Tout paraissait solide
23:59et encore une fois,
24:01il y a les cheveux,
24:01les cheveux blonds.
24:02Alors à l'époque,
24:03il n'y a pas l'ADN
24:03mais les cheveux blonds
24:05du petit garçon
24:06qui sont dans le coffre
24:07de la voiture.
24:09Qu'est-ce que font
24:09des cheveux blonds
24:10dans le coffre
24:11de la voiture ?
24:12Et pourtant,
24:12le procès est renversé
24:13sur ce détail.
24:15Laetitia Sarri-Roglou,
24:16vous êtes avec nous
24:17en direct
24:17depuis le Salon
24:18de l'Agriculture.
24:19Si vous êtes
24:20au Salon de l'Agriculture,
24:21passez-nous voir.
24:21On est au Pavillon 4
24:22au stand
24:24des fruits et légumes.
24:26Laetitia Sarri-Roglou,
24:28journaliste,
24:28auteure du livre
24:29Disparu en chemin
24:30aux éditions Mareuil
24:31qui raconte
24:31toute cette histoire.
24:33Georges Logier,
24:34comment est-ce qu'il se comporte
24:36à ce procès ?
24:37Parce que dès lors
24:38qu'il passe la porte
24:39de la cour d'assises,
24:40on se dit quand même
24:41qu'il y a beaucoup de charges
24:41contre lui.
24:43Alors, Georges Logier,
24:44il faut savoir
24:44qu'il est remis en liberté
24:46avant son procès.
24:47Oui, comparé libre.
24:48Voilà.
24:48Alors, à l'époque,
24:49on se constituait prisonnier.
24:50Il est dans le boxe quand même.
24:52Bien sûr.
24:52Mais il a tout pérou
24:55et quasiment toute la vallée
24:56du Verdon
24:56qui vient le soutenir.
24:58Et il a trois avocats.
25:00Donc, il est dans le combat.
25:05Évidemment,
25:07il plaide l'acquittement.
25:08Il dit qu'il est innocent
25:10et effectivement,
25:11l'expert,
25:12le ribot du carme,
25:13va lui venir en aide.
25:18Certainement involontairement,
25:19mais dans la nuit,
25:20il appelle,
25:21je ne sais pas
25:21si vous avez déjà vu ça,
25:22vous, Jacques Dallest,
25:24dans la nuit,
25:25cet expert appelle
25:26le président
25:26pour nuancer
25:27sa déposition.
25:29Et le président
25:30ne le rappelle pas
25:30à la barre,
25:31ce témoin,
25:32le lendemain.
25:32Donc,
25:33il n'est même pas soumis
25:34aux questions
25:34de l'avocat général
25:35et de l'avocat
25:36de la famille Olber,
25:37cet expert scientifique.
25:39Il dit qu'il a des doutes
25:40sur les cheveux,
25:41finalement.
25:41Il dit que finalement,
25:43en ayant entendu
25:44que les parents
25:44étaient montés
25:45dans la voiture
25:45de logé,
25:47peut-être que ses cheveux
25:49ont pu voler
25:50dans le coffre.
25:51Alors,
25:51je suis d'accord avec vous,
25:52mais...
25:52Mais peut-être pas
25:53la boîte de Rustine.
25:54Voilà,
25:55vous nous l'avez dit,
25:55il y a beaucoup de choses,
25:56il y a la boîte de Rustine,
25:57il y a le fait aussi
25:58que vous l'avez très bien dit
25:59tout à l'heure,
25:59les parents,
26:00ils ne vont pas s'asseoir
26:00dans le coffre de la voiture,
26:02donc on se demande
26:03pourquoi il y aurait des cheveux
26:04à cet endroit-là.
26:04Le fait est,
26:05c'est que,
26:06voilà,
26:06ça va tout basculer,
26:07ça va faire basculer le procès.
26:09Il y a les auditions
26:10des gendarmes aussi.
26:11Ils sont sous pression,
26:12les gendarmes.
26:13C'est compliqué pour eux.
26:15Les gendarmes sont sous pression.
26:16Au départ,
26:17non,
26:17c'est Christian Maréchal,
26:19qui est le témoin numéro un
26:20de l'accusation,
26:21qui,
26:23pendant cinq ans,
26:24tout au long,
26:25qui avait été la Libye,
26:26qui avait menti,
26:28avait logé,
26:28pendant cinq ans,
26:29puis qui va évoluer
26:31sans cesse
26:32dans ses déclarations.
26:33Il ne dit pas une fois
26:34la même chose.
26:35Il va,
26:36tout au long de l'instruction
26:38et jusqu'au procès,
26:40dire que Logier
26:41lui a confié
26:41être dans le coup
26:42et que s'il lui a fourni
26:45un alibi,
26:45c'est parce qu'ils avaient
26:46une relation homosexuelle
26:47et qu'il ne voulait pas
26:48qu'on le dise
26:49à son épouse.
26:50Et au procès,
26:51il va dire
26:52que ce sont les gendarmes
26:54qui lui ont obligé,
26:56qui lui ont mis la pression
26:57pour dire ça.
26:58Ce qui est assez surréaliste
26:59quand on lit les dépositions
27:01parce que les gendarmes
27:02ne sont pas dans un cabinet
27:04d'instruction.
27:05Les gendarmes
27:06ne sont pas
27:06avec un expert psychiatre.
27:08Il a réitéré ça
27:10devant l'expert psychiatre
27:11et il n'y a pas l'ombre
27:14d'un képi.
27:15Donc,
27:15à savoir vraiment
27:16qui a manipulé qui.
27:18Et c'est malheureusement
27:20le gendarme Leclerc
27:21qui s'en est pris
27:22plein la figure
27:23alors qu'il n'y était
27:24absolument pour rien.
27:26Absolument.
27:26Et au procès,
27:27personne,
27:29surtout pas le président,
27:30a essayé de savoir
27:31ce qui s'était passé.
27:32Oui,
27:32mais c'est ça,
27:32on laisse aller.
27:33Là,
27:33je pense que le président
27:34a une responsabilité
27:36aussi dans ce procès
27:37qui n'a pas été forcément
27:38très très bien tenu,
27:40il faut bien le dire.
27:41Il n'y avait pas d'appel à l'époque.
27:43Donc,
27:44tout ça est très compliqué.
27:46Jacques Dalest,
27:46vous êtes ancien magistrat,
27:48vous êtes avec nous,
27:49auteur de Colquay,
27:50un magistrat enquête
27:51paru aux éditions
27:52Mareuil.
27:53C'est vrai que c'est fou
27:54ce que dit
27:55Laetitia Sarri-Roglou,
27:56un expert qui rappelle
27:58en disant
27:58je ne suis peut-être
27:59plus sûr de moi,
28:00etc.
28:01C'est un peu surréaliste
28:02ce procès.
28:03Oui,
28:04ce n'est pas un modèle
28:04de procès,
28:05effectivement.
28:06La Justine avait fait
28:08son travail en renvoyant
28:09Georges Logier
28:09devant la Cour d'assises.
28:10Il y avait quand même
28:11des éléments contre lui,
28:12des charges.
28:13des charges solides,
28:15Jacques.
28:15La Cour a considéré
28:16qu'elle n'était pas suffisante.
28:18Bénéfice du doute,
28:19c'est pour ça
28:19que l'acquittement est là.
28:20Mais encore une fois,
28:21il y a quand même
28:22des choses qui auraient dû
28:22être travaillées un peu plus
28:23sur ce coffre,
28:24sur toutes les pièces
28:25à conviction.
28:26Peut-être plus de pugnacité
28:28de la part du président,
28:29de l'avocat général,
28:30une bonne défense
28:31et le doute a profité
28:32assez naturellement
28:33à Georges Logier.
28:35Mais je voulais dire
28:35que le livre très documenté
28:37de Laetitia,
28:38Sarri-Roglou,
28:39montre bien justement
28:40toute cette évolution.
28:41On a aujourd'hui
28:41un regard rétrospectif
28:43assez critique,
28:44mais on est dans un contexte
28:45assez rural,
28:46avec un soutien collectif
28:48et une justice
28:49un peu désemparée
28:50quand elle a jugé
28:51sur le fond cette affaire.
28:52Exactement.
28:52Juste un mot là-dessus,
28:54Jacques Dallès,
28:55le soutien collectif,
28:56vous dites,
28:56c'est l'opinion publique,
28:59le poids de la rue.
29:01Et là, il y a tous ces supporters
29:03qui sont dans le tribunal.
29:04On entend qu'eux,
29:05d'ailleurs,
29:05ils applaudissent.
29:07Avec des jurés qui sont...
29:08Ça a forcément joué.
29:09Les jurés tirés au sort
29:10parmi dans la population départementale.
29:12Des gens ont une sensibilité,
29:14évidemment,
29:14qui peut jouer en faveur
29:15ou pas d'ailleurs,
29:16mais là,
29:17en faveur de l'accusé.
29:18Et c'est un département rural
29:19où tout le monde se connaît,
29:20etc.
29:20Et c'est sans doute compliqué
29:21pour certains jurés,
29:22Laetitia Sarrioglou.
29:23Un journal,
29:23au cours du procès,
29:25je crois que c'est le Figaro
29:25de mémoire,
29:26titre,
29:27quel que soit le verdict,
29:28les Holberts seront condamnés
29:29à partir.
29:30C'est hyper violent.
29:32Incroyable.
29:33Parce que si Georges Logier
29:35était condamné,
29:36on allait les rendre responsables.
29:38Parce que le petit,
29:39à Péroule,
29:40ce n'était pas Mathieu.
29:41C'était Georges Logier.
29:43Et s'il était acquitté,
29:45ça allait mal se passer.
29:47Finalement,
29:47les épaules baires sont toujours là
29:49et Logier a fini par partir.
29:50Alors justement,
29:51parlez-nous un petit peu,
29:52un mot là-dessus,
29:53sur les parents Holberts.
29:55Vous les connaissez bien,
29:56vous les avez rencontrés
29:58pour vos enquêtes successives.
30:01Comment est-ce qu'ils ont vécu
30:02ce procès ?
30:04On dit,
30:04c'est un cliché,
30:05l'ascenseur émotionnel,
30:07mais c'est un peu ça.
30:08Ils pensaient avoir des réponses,
30:10ils sortent complètement démunis.
30:11C'est ça.
30:12Ils pensaient avoir des réponses,
30:14ils ont très vite compris
30:14que des réponses,
30:15ils n'en auraient pas.
30:19Ils avaient un petit peu,
30:20ils étaient déjà assez isolés,
30:22même si quelques personnes
30:24étaient auprès d'eux
30:25pour les soutenir,
30:25notamment la mère
30:27et le beau-père de John Berth,
30:28le petit garçon
30:29qui avait disparu
30:29quelques temps avant.
30:31Mais quand le verdict
30:32a été rendu
30:33et que la salle a applaudi,
30:35ça a été violent pour eux.
30:36Oui, c'est une gifle
30:39qu'on se prend à ce moment-là
30:40dans ce procès.
30:41Pas de possibilité d'appel
30:43à l'époque,
30:44enquête est ouverte.
30:46Mathieu Holbert,
30:47le disparu de la route Napoléon
30:48et pourquoi pas
30:49la piste d'un tueur en série.
30:50L'enquête de l'heure du crime.
30:52On se retrouve dans un instant
30:52sur RTL.
30:54L'heure du crime,
30:55c'est avec Jean-Alphonse Richard
30:57sur RTL.
31:04L'heure du crime consacrée aujourd'hui
31:08à l'affaire Mathieu Holbert,
31:09un petit garçon dix ans,
31:10disparu près de Castellane
31:12en Haute-Provence
31:12en juin 1983.
31:14Son corps n'a jamais été retrouvé.
31:16Un suspect acquitté
31:17à l'issue de son procès en 1992.
31:19L'enquête va donc redémarrer.
31:23Mercredi 30 juin 1993,
31:25la cour d'appel d'Aix-en-Provence
31:26ordonne la réouverture
31:28de l'information judiciaire
31:29sur l'enlèvement
31:30de Mathieu Holbert.
31:31En 97,
31:33des vérifications sont lancées
31:34dans une secte belge.
31:36Le gourou est soupçonné
31:37d'abus sexuels sur enfants.
31:39Les gendarmes se déplacent
31:41jusqu'au château de Soleil.
31:43Au-dessus de Castellane,
31:44le siège de la secte,
31:46les recherches ne donnent rien.
31:47Les parents du petit disparu
31:49restés à la bâtie de Péroule
31:52ne vont jamais baisser les bras.
31:54Courant 2000,
31:55avec les avancées de l'ADN,
31:57l'avocat d'Holbert,
31:59maître Philippe Lemaire,
32:00demande des comparaisons génétiques
32:02sur les cheveux de l'enfant,
32:03une boîte de rustine
32:05et un bout de tissu
32:06retrouvé dans la voiture
32:07de Georges Logier.
32:08L'expertise n'est pas jugée prioritaire.
32:11En 2020,
32:13le nouvel avocat de la famille,
32:14maître Didier Seban,
32:15souhaite que le dossier de Mathieu
32:17soit rapproché d'autres affaires
32:19de disparition de mineurs.
32:21Il s'interroge
32:21sur une connexion
32:23qui pourrait exister
32:24avec l'affaire des disparus de l'Isère.
32:2712 enfants évaporés
32:29sans laisser de traces
32:30entre 83,
32:32année de la disparition de Mathieu,
32:33et 96.
32:35Mardi 12 avril 2022,
32:37maître Seban demande
32:39le rapatriement
32:39du dossier de la disparition
32:41au pôle des Colquaises
32:42à Nanterre.
32:43La procédure était sur le point
32:45d'être classée.
32:46Le pôle en hérite.
32:48Dix mois plus tard.
32:50Le pôle des Colquaises
32:51qui a donc cette affaire en main
32:53en ce moment,
32:53c'est une bonne chose
32:54parce qu'on sait que cette affaire
32:55ne va pas être refermée
32:56et ça, c'est très, très...
32:58C'est capital,
32:59effectivement,
33:00pour les parents
33:00parce qu'ils ont le sentiment
33:01qu'ils vont continuer
33:02à être écoutés
33:03car ils n'ont toujours pas
33:05la vérité,
33:06les parents.
33:07Jacques Dallès,
33:07vous êtes avec nous
33:08dans cette heure du crime,
33:09auteur de Colquaises,
33:10un magistrat enquête
33:11qui est sorti aux éditions
33:13Mareuil.
33:13C'est très difficile
33:15de relancer...
33:16C'est d'ailleurs très rare,
33:16j'ai envie de dire,
33:17de relancer une enquête
33:18après un acquittement.
33:19En général,
33:20on laisse tomber,
33:21c'est fini,
33:21etc.
33:22On laisse tomber,
33:23il n'y a plus rien
33:23qui se passe.
33:24Là, on relance l'enquête,
33:25c'est à la fois courageux
33:26et très compliqué, non ?
33:28Oui, ça donne surtout
33:30des espoirs à la famille,
33:31aux parents.
33:32C'est un travail difficile
33:32pour les magistrats
33:33du pôle non-enterre,
33:3443 ans après,
33:36d'essayer d'avancer.
33:37Ce qui est intéressant,
33:38c'est de savoir
33:38qu'en 2026,
33:40les moyens d'analyse biologique
33:42se sont beaucoup affinés
33:43par rapport aux années 2000
33:45et qu'aujourd'hui,
33:45avec une micro-trace,
33:46on peut identifier un ADN.
33:48Donc, je suppose
33:49que ce travail a été fait
33:50ou va être fait.
33:51Donc, il y a toujours
33:52un espoir,
33:53peut-être,
33:53de progresser dans cette affaire
33:54et ce qui serait l'idéal,
33:56c'est qu'on retrouve
33:57les restes du petit Mathieu
33:59qui doivent être
34:00quelque part enfouis
34:02ou pas dans la région.
34:04Alors, c'est une région
34:04qui est très sauvage,
34:06qui est très vaste,
34:07d'autant plus pour les locaux
34:09qui connaissent très bien
34:09les chemins, etc.
34:10Il y a des centaines d'endroits
34:12où on pourrait cacher un corps,
34:14effectivement.
34:15Il y a beaucoup de four à chaud.
34:16Voilà, et ça sera très compliqué.
34:19Laetitia Sarriroglou,
34:21vous êtes journaliste
34:21et auteure du livre
34:22« Disparu en chemin »
34:23aux éditions Mareil,
34:24et on parle de votre livre
34:26aujourd'hui
34:26parce que c'est important
34:28pour raconter toute cette affaire.
34:30Effectivement,
34:30il va y avoir des recherches
34:31pour retrouver ce corps.
34:33Ce n'est pas si simple ?
34:34Alors, il va y avoir,
34:35je ne sais pas,
34:35en tout cas,
34:36c'est ce que les parents demandent.
34:37À côté de Pérou,
34:39le village voisin de Pérou,
34:41la Marthe,
34:42dans le Var,
34:44plusieurs fours à chaud.
34:46D'accord.
34:47Et qui sont plus ou moins accessibles.
34:50Donc, les parents avaient demandé
34:52à ce qu'il y ait des fouilles
34:54à cet endroit-là.
34:56Donc, l'OCRVP,
34:57en charge de l'enquête
34:58et des centres de vue,
34:58a dit que ce n'était pas possible
35:00de faire ces recherches.
35:01Donc, les parents ont eu recours
35:04à un bureau d'études
35:05qui les a localisés,
35:07ces fours à chaud.
35:08Donc, c'est possible de le faire.
35:10Maintenant, il faut de la volonté,
35:13il faut des moyens,
35:14il faut un budget.
35:15Et encore une fois,
35:15moi, je ne sais pas
35:17quel est le budget
35:19qu'on accorde à chaque enquête.
35:21S'il y a des enquêtes
35:21qu'on plus ou moins,
35:23en fonction de quoi,
35:24je ne sais pas.
35:25Les enquêtes ont le budget
35:26qu'elles ont,
35:28qui sont décidées
35:29comme ça,
35:29de manière aléatoire.
35:30Il n'y a pas de budget
35:32qui soit complètement verrouillé.
35:34Mais là, c'est très intéressant
35:35ce que vous dites,
35:36Laetitia Sarri-Rougoulou,
35:37parce que c'est sur le,
35:39comment dirais-je,
35:40le chemin que prennent
35:41les enquêteurs,
35:42le chemin suivi
35:43pour trouver les choses.
35:44Il y a quelque chose
35:44qui m'a étonné,
35:45beaucoup étonné.
35:47À l'époque,
35:47c'était Philippe Le Maire
35:48qui est décédé aujourd'hui,
35:50l'avocat parisien,
35:51qui était l'avocat des parents.
35:53Lui, il avait dit,
35:53et il avait raison,
35:54il avait dit,
35:54on est en 2000,
35:56l'ADN,
35:56ça commence à bouger.
35:57Il faut réanalyser,
35:59là, les cheveux.
36:00Il faut réanalyser
36:01ce qui a été trouvé.
36:02Ça a été fait.
36:02Ça a été fait.
36:03Et qu'est-ce qu'on trouve ?
36:04Ça a été fait.
36:04Alors, les cheveux,
36:05il n'y a pas de bulbe.
36:06Donc, compliqué
36:06pour extraire un ADN.
36:08Pas possible.
36:10Le professeur d'Outre-Mépuich
36:11a essayé aussi
36:15de faire parler
36:16cette boîte du Rustine.
36:19Ça n'a pas été évident.
36:20Il faut savoir
36:21que le profil ADN de Mathieu,
36:22il a été établi
36:23assez tard,
36:23dans 2010, 2012,
36:26grâce aux parents.
36:28Et donc,
36:29c'est à partir de là.
36:30Après,
36:33c'est très compliqué
36:36d'arriver
36:37à faire parler
36:37ces éléments.
36:38Parce que c'est trop tard.
36:39Alors,
36:40est-ce que c'est parce
36:40que c'est trop tard ?
36:41Est-ce que c'est parce
36:41qu'ils ont été mal conservés ?
36:43S'ils sont restés
36:44cinq ans dans la voiture
36:44de Georges Lodge,
36:46si c'est bien à Mathieu,
36:47encore une fois,
36:48moi, je mets des guillemets,
36:49je n'en sais rien.
36:50Mais si c'est bien
36:51des éléments
36:51qui appartiennent à Mathieu,
36:52pendant cinq ans,
36:53ils ont traîné
36:53dans le coffre d'une voiture.
36:54Donc, ils n'ont pas
36:55été bien conservés.
36:56Donc, je pense
36:57qu'on perd aussi...
37:01Les dernières analyses
37:03poussées à ce niveau-là,
37:05ça date de 2012-2013.
37:07Est-ce qu'aujourd'hui,
37:09on pourrait...
37:10Ça progresse tous les jours.
37:11Voilà.
37:11Ça progresse tous les jours.
37:12Je crois que ça vaudrait le coup
37:13peut-être de remettre
37:14un petit peu encore
37:15en marche ces recherches.
37:16Parce qu'effectivement,
37:16là, tous les jours,
37:17il y a des surprises.
37:18Et tous les jours,
37:18on voit qu'on arrive
37:19à trouver des choses.
37:21Jacques Dalest,
37:22vous êtes avec nous,
37:23éclairez-nous,
37:24parce que vous connaissez bien
37:25évidemment la chose judiciaire.
37:28Lorsqu'on relance
37:29une enquête comme ça,
37:30il y a quelqu'un
37:30qui a été acquitté.
37:32C'est Georges Logier.
37:34À l'époque,
37:35il n'y a pas d'appel.
37:36Donc, effectivement,
37:37on n'a pas eu le loisir
37:38de remettre cet homme
37:39sur le grill judiciaire,
37:41j'ai envie de dire.
37:42Du coup,
37:43on exclut cet homme
37:44lorsqu'on fait
37:45de nouvelles recherches.
37:46C'est fatalement
37:46une autre piste ?
37:48Forcément.
37:48Pas forcément.
37:49Le pôle travaille toujours
37:51sur cette piste
37:51avec évidemment,
37:52s'il était confondu,
37:54l'impossibilité de le juger
37:55puisqu'il est décédé.
37:56D'accord,
37:56mais ça serait déjà
37:57une bonne chose
37:57si on arrive à une conclusion.
37:59Et surtout d'essayer
37:59de retrouver des traces.
38:02Pensez à l'affaire
38:02Marie-Thérèse Bonfanti.
38:04Tout à fait.
38:05Tuée en 1986
38:06et en 2022,
38:07on retrouve,
38:07grâce aux indications
38:08du meurtrier,
38:09on retrouve ses restes.
38:11Donc, on peut,
38:12même très longtemps après,
38:13pourquoi pas.
38:13Mais encore faut-il
38:14une bonne piste.
38:15Et là,
38:16il semblerait
38:16qu'il y a un témoin
38:17intéressant dans ce dossier
38:18qui pourrait encore parler
38:19et peut-être aider
38:20à la résolution du dossier
38:22même si ce sera
38:22évidemment très compliqué.
38:23C'est important aussi
38:24que la partie civile
38:25et que leur avocat
38:26demandent au juge
38:27de faire des actes,
38:29de mener telle investigation
38:30parce que même
38:31les juges de Nanterre
38:32ont besoin d'avoir
38:33des incitations,
38:34des indications.
38:36Et c'est aussi le travail
38:37que doivent mener
38:37les parties civiles,
38:38leurs avocats.
38:39Laetitia Sarri-Roglou,
38:40on entend ce que dit
38:41Jacques Dallest
38:42parce qu'effectivement
38:43là, on est au cœur du sujet
38:44aujourd'hui
38:44de cette enquête
38:45qui a redémarré.
38:46Il n'y a plus
38:46beaucoup de témoins maintenant.
38:48De moins en moins,
38:49j'ai envie de dire.
38:49Oui, il y a de moins
38:51en moins de témoins
38:51et c'est une évidence
38:53et depuis
38:55trois ans,
38:56un peu plus de trois ans
38:57que le dossier
38:58est remonté au pôle,
38:59effectivement,
39:01il ne se passe pas
39:02grand-chose
39:02et les années passent
39:03et plus des années passent,
39:05il y a de témoins.
39:05Maréchal,
39:06qui avait été l'alibi
39:07de Logier,
39:07il est toujours vivant ?
39:08Oui.
39:09Donc lui,
39:10il pourrait parler,
39:10enfin il pourrait en tout cas
39:11témoigner,
39:11le cas échéant,
39:12c'est ça ?
39:12Oui.
39:13Encore faut-il le demander
39:14mais ça sera peut-être fait,
39:15on verra.
39:16Dossier toujours ouvert
39:17des parents
39:18qui n'ont jamais perdu espoir.
39:21Mathieu Holbert,
39:22le disparu de la rue de Napoléon.
39:23On est venu ici avec lui,
39:25on le trouvera ici.
39:26L'enquête de l'heure du crime.
39:28Je vous retrouve tout de suite
39:28sur RTL.
39:39Dans l'heure du crime,
39:40aujourd'hui,
39:40l'affaire Mathieu Holbert,
39:41un jeune garçon,
39:4210 ans,
39:42disparu en Haute-Provence
39:44en juin 1983.
39:45Un cold case,
39:46son corps n'a jamais été retrouvé,
39:48personne n'a été condamné.
39:49Un dossier toujours ouvert.
39:53Lundi 28 février 2022,
39:55Georges Logier,
39:56surnommé Tarzan,
39:57décède à l'âge de 73 ans.
39:59Il est inhumé
39:59dans un petit village
40:00des Alpes-Maritimes.
40:02Après l'affaire,
40:03il avait pris ses distances
40:04avec la bâtie de Péroule.
40:06Il avait fini par ne plus jamais
40:08revenir dans le coin.
40:11En 2023,
40:13pour les 40 ans
40:14de la disparition
40:14de Mathieu Holbert,
40:15les parents,
40:16restés dans le village,
40:17racontaient au journal
40:18La Provence
40:19qu'ils n'avaient jamais
40:21baissé les bras.
40:22Pour eux,
40:23partir d'ici
40:23serait une désertion.
40:25On est venu ici avec lui,
40:27on trouvera ici,
40:29affirmait Philippe Holbert
40:31en évoquant son fils.
40:33On ne peut pas partir
40:35d'un endroit
40:35où on est venu
40:36avec Mathieu
40:37et c'est le seul endroit
40:38où on pouvait
40:39essayer de retrouver Mathieu.
40:41Disons qu'on n'a plus
40:42beaucoup d'espoir
40:42qu'il soit vivant,
40:43mais on peut trouver son corps,
40:45trouver une explication
40:46à ce qui s'est passé.
40:49Trouver une explication,
40:50on est là des années après,
40:51des décennies après
40:53la disparition
40:54du petit Mathieu.
40:55C'était évidemment,
40:55vous les avez reconnus,
40:56les voix de Lise
40:57et Philippe Holbert,
40:59les parents de Mathieu,
41:01un document de France 5.
41:03Laetitia Sarri-Roglou,
41:05vous êtes là avec nous
41:05depuis le début
41:06de cette émission,
41:07journaliste et auteur
41:08de cet excellent livre
41:09Disparu en chemin
41:10qui paraît aux éditions
41:11Mareuil.
41:12Vous racontez
41:12à la fois la disparition
41:15de Mathieu
41:16avec un travail journalistique
41:19très très important
41:21et puis aussi vous racontez
41:22la trajectoire de ces parents
41:23qui sont complètement désespérés
41:26mais qui cachent leur désespoir
41:27et qui ont décidé
41:28de se battre jusqu'au bout.
41:29On les entend,
41:30notamment dans ce document,
41:31dire qu'on a l'espoir
41:33de trouver.
41:34Est-ce qu'on peut encore trouver,
41:35selon vous,
41:35Laetitia Sarri-Roglou ?
41:38Si on part,
41:39si on est défaitiste,
41:41on...
41:42Non, bien sûr que oui,
41:43voilà,
41:44donc,
41:45et eux,
41:45ils ont toujours,
41:47ils y ont toujours cru,
41:49alors pas,
41:49encore une fois,
41:50ils ne pensent pas
41:51retrouver un coupable,
41:53les circonstances exactes
41:55non plus,
41:55mais ils espèrent,
41:58oui,
41:58retrouver une trace de Mathieu.
41:59C'est pour ça
41:59qu'ils ne lâchent pas,
42:00c'est pour ça
42:01qu'ils ne sont jamais
42:02partis de Péroule.
42:03Ils auraient pu repartir de Péroule,
42:06partir de Péroule
42:06comme ça a pu arrêter,
42:07parce que ça a été compliqué
42:09de rester et vivre à Péroule
42:12et puis c'est compliqué
42:12de passer devant
42:13le col de l'Uens
42:15régulièrement
42:15où son fils a disparu.
42:17Eh oui,
42:17parce que...
42:18Ils vivent dans les lieux,
42:20enfin,
42:20les lieux de la disparition,
42:21ils sont à côté quand même.
42:22Donc,
42:23quelque part,
42:24c'est pour ça
42:24que je leur ai posé
42:25pourquoi vous n'êtes pas partis
42:26parce que moi,
42:26je me disais
42:27mais ils s'infligent ça
42:28et puis c'est une évidence
42:29évidemment qu'ils ne partiront pas
42:30parce que c'est...
42:31c'est...
42:33ils ne veulent pas l'abandonner,
42:34quoi.
42:35Voilà.
42:35Ils l'ont perdu
42:36mais ils ne veulent pas l'abandonner.
42:37Sur la couverture
42:37de votre ouvrage,
42:39il y a une photo
42:40de la Provence.
42:40C'est une estafette bleue,
42:43estafette Renault.
42:44De Nicolas Valori,
42:45photographe à la Provence.
42:46Voilà.
42:46Qui est mangé
42:47par la végétation.
42:49C'est le véhicule
42:50du papa
42:51et de la maman
42:53de Mathieu Holbert.
42:55Ils ont gardé
42:56plein de souvenirs
42:57comme ça.
42:57Je crois qu'ils n'ont
42:58rien touché
42:58dans la maison
42:59sur ce qui appartient
43:00à leur fils,
43:01c'est ça ?
43:01Qui est dans cette estafette,
43:03oui.
43:03Parce qu'ils ont eu
43:04deux autres enfants
43:05après.
43:07Quelques années plus tard,
43:08ils ont eu un garçon
43:09puis après une fille.
43:11Il a fallu faire
43:12un peu de place aussi
43:13dans leur chalet.
43:15Donc,
43:15ils ont rangé
43:15les affaires de Mathieu
43:17dans cette estafette-là.
43:20Donc,
43:21et elle est là.
43:22Elle a entré
43:23de la propriété
43:25et quelque part,
43:28c'est très émouvant
43:30le regard
43:31que parfois
43:32pose Philippe
43:33sur cette estafette-là.
43:34Et puis,
43:35voilà.
43:36Pour ça,
43:36ils ne partiront pas.
43:38et ils ne lâcheront pas.
43:40Jacques Dallest,
43:41et on les soutient
43:41d'ailleurs dans leur combat.
43:42Encore une fois,
43:43cette émission,
43:43elle est pour eux.
43:45Plus on parle de cette affaire,
43:46plus il y aura des chances
43:47effectivement de la faire vivre.
43:48Et elle vit cette affaire
43:49puisqu'actuellement,
43:50le dossier est au pôle
43:51des Colquays.
43:52C'est une bonne chose.
43:53On peut faire confiance
43:53au pôle des Colquays
43:54parce qu'ils sont déterminés.
43:55Ils ont envie toujours
43:56que ce genre d'affaires
43:58aboutissent.
43:59Jacques Dallest,
44:00ancien magistrat,
44:00auteur de vous,
44:01de Colquays,
44:02un magistrat enquête,
44:03toujours aux éditions
44:04Mareuil.
44:05Alors,
44:06Georges Logier est mort.
44:07Aujourd'hui,
44:07ça pouvait être éventuellement
44:09un témoin réinterrogé,
44:10en tout cas,
44:11un témoin important.
44:13Beaucoup de témoins sont morts,
44:14nous dit Laetitia Sarri-Roglou.
44:17Comment peut-on travailler
44:18sur ce genre de dossier
44:19dès lors que la poussière
44:21finit par recouvrir
44:22les indices et les témoignages ?
44:25Les magistrats du pôle de Nanterre
44:27travaillent beaucoup
44:28sur la preuve scientifique.
44:30Réexamen,
44:31relecture de tout le dossier
44:32et surtout réexamen
44:34de tous les scellés.
44:35C'est évidemment l'exigence
44:36et qu'on ait bien conservé
44:37depuis les faits
44:38ces fameuses pièces à conviction,
44:40ce qui n'est malheureusement
44:40pas toujours le cas,
44:42et les réexaminer
44:42à la lueur de la science
44:44d'aujourd'hui.
44:45Et on pourra peut-être
44:46révéler des choses
44:47qu'on n'avait pas pu mettre
44:48en évidence à l'époque.
44:50Donc c'est ça l'espoir.
44:51Le grand avancé du pôle,
44:52c'est que ça crée
44:53de l'espoir pour les familles.
44:54Peut-être que cet espoir
44:55sera déçu,
44:56mais au moins tout aura été tenté,
44:58même la saisine
44:59d'un pôle spécialisé
45:01dont les membres ne feront
45:02que traiter ces dossiers-là
45:03pour dire,
45:04peut-être qu'à un moment
45:05il faudra mettre
45:06une fin à un dossier,
45:07mais tout aura été tenté.
45:09Et ça, c'est quand même,
45:10je trouve,
45:10une très belle avancée
45:11pour notre pays.
45:13Laetitia Sarge-Rougoulou,
45:15cette enquête,
45:15on l'a sans doute
45:16un petit peu ratée au début.
45:18Ensuite, on s'est rattrapé,
45:20c'est allé vite.
45:23Qu'est-ce qu'on dit sur place ?
45:24Parce que pour votre enquête,
45:25vous êtes allé sur place.
45:26Vous avez vu ce paysage.
45:28Il ne reste plus grand monde
45:29de l'époque quand même.
45:32Mais forcément,
45:33les habitants ont suivi
45:35les différents rebondissements.
45:38Parce que cette procédure
45:39est une procédure miraculée aussi.
45:41Elle a été enterrée en 2018
45:45sans que les parents soient
45:48présents à l'audience d'ailleurs.
45:50Donc, ils ont reçu un non-lieu
45:52en 2018 assez sec.
45:55Donc là, évidemment,
45:56tout s'est effondré.
45:56Et c'est leur fille cadette
45:59qui est devenue juriste,
46:00qui a formé un pouvoir en cassation
46:02et qui a gagné.
46:03Donc ça aussi,
46:04ça donne une dimension
46:04assez particulière à cette affaire
46:06parce que c'est leur fille
46:10qui a réussi à sauver cette procédure.
46:11si elle est aujourd'hui
46:12au Paul Colcaise,
46:13c'est grâce à leur fille.
46:15C'est étonnant.
46:15C'est magnifique.
46:16C'est un travail de famille.
46:18Mathieu, on ne l'oublie pas.
46:19On le laisse.
46:20Il est quelque part dans la montagne,
46:22tout près d'ailleurs
46:24de la maison,
46:25de la bâtie.
46:26C'est ça qui est aussi
46:27très touchant dans cette histoire
46:28parce qu'effectivement,
46:29il n'y a pas de sépulture,
46:30mais le tombeau de Mathieu,
46:31il est quelque part dans ses collines.
46:34Laetitia Sarri-Roglou,
46:35est-ce que selon vous,
46:36on a parlé de piste de tueur ?
46:38Allez-y.
46:39Mais effectivement,
46:40j'en parlais il y a quelques temps
46:43avec l'ancien maire de Castellane.
46:44Cette affaire,
46:45c'est le petit poison de la vallée.
46:47Comme toutes les affaires de disparition,
46:50toutes les affaires non résolues,
46:51on est entre rumeurs et vérités
46:52et puis forcément,
46:54ça empoisonne toujours
46:55un petit peu le climat.
46:58Selon vous,
46:58Laetitia Sarri-Roglou,
47:00la réponse,
47:02c'est une piste locale ?
47:03On reste sur la piste locale
47:04parce qu'on a parlé
47:05de tueurs en série,
47:06etc.,
47:07de gens itinérants,
47:08c'est une possibilité.
47:09Mais selon vous,
47:10il peut y avoir...
47:11Selon vous,
47:12la clé,
47:12elle est sur place ?
47:16Selon moi,
47:16les enquêteurs
47:17de la section de recherche,
47:19après,
47:20la procédure
47:21à laquelle j'ai pu avoir accès,
47:23c'était peut-être pas trop loin
47:25de la vérité,
47:25alors,
47:28peut-être.
47:29Mais la piste locale,
47:31semble être la plus plausible.
47:33De toute façon,
47:33on le voit,
47:33par exemple,
47:34dans d'autres affaires,
47:35d'autres call cases,
47:36souvent,
47:38les corps sont retrouvés
47:40à proximité
47:41des lieux de disparition.
47:44Voilà.
47:45Il suffit de chercher
47:46au bon endroit,
47:46en fait.
47:47Jacques Dalest,
47:47t'as un mot là-dessus ?
47:48Effectivement,
47:49on doit privilégier
47:50la piste locale,
47:51mais sans évacuer
47:51la piste d'un tueur
47:53de hasard.
47:54C'est le cas pour le petit Émile,
47:56c'est toujours envisager
47:57quelqu'un qui était là
47:58par hasard,
47:59qui n'est pas forcément
47:59du village.
48:00Ça,
48:01c'est le travail du pôle
48:02de ne pas évacuer,
48:04a priori,
48:04une hypothèse.
48:05Oui,
48:05ça,
48:06effectivement,
48:06il ne faut pas
48:07avoir un effet tunnel,
48:08comme on dit,
48:09il ne faut pas regarder...
48:09Parce qu'on a longtemps
48:10reproché à la justice locale
48:13de trop vite
48:14s'accommoder d'une piste
48:15et de négliger les autres.
48:16Oui,
48:16donc ça,
48:16c'est important.
48:18Laetitia Sarrioglou,
48:19effectivement,
48:20vous disiez,
48:21les témoins disparaissent,
48:23la mémoire s'efface,
48:24puis il y a plein de gens
48:25qui n'ont plus envie
48:26de parler de ça,
48:27parce que c'est remuer
48:28le passé,
48:29c'est remuer des souvenirs,
48:30mais on dit toujours
48:31qu'il y a quelqu'un,
48:32quelque part,
48:33qui sait quelque chose.
48:34Il y a forcément
48:35quelqu'un,
48:35quelque part,
48:36qui sait quelque chose.
48:37Ce n'est pas possible
48:39que Mathieu
48:40ait disparu.
48:41De toute façon,
48:41le mensonge
48:41de Georges Logier,
48:43il n'y avait pas que Logier
48:44et Maréchal
48:45qui ont menti,
48:46il y en a plusieurs.
48:46La femme de Maréchal
48:47a forcément menti
48:48parce qu'elle a confirmé
48:50la Libye
48:51et deux ou trois autres habitants
48:53ont également menti.
48:55Merci beaucoup
48:56Laetitia Sarri-Roglou
48:58et Jacques Dallès
48:58d'avoir été les invités
49:00de l'heure du crime.
49:00Merci à l'équipe de l'émission,
49:02rédactrice en chef
49:02Justine Vigneault,
49:03préparation Lisa Canales,
49:04Valentine Bardet,
49:05réalisation en direct,
49:07Jonathan Griveaux.
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