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  • il y a 7 mois
Jean-Luc Vadin, à la tête d'une petite maison de champagne de la Marne. Une semaine avant son 57eme anniversaire, il est retrouvé mort chez lui tué de trois balles. Peut-être un tragique cambriolage. A moins qu'il faille aller chercher ailleurs, dans les secrets de famille.
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.

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Transcription
00:00Avec Jean-Alphonse Richard.
00:0314h15, c'est l'heure du crime sur RTL.
00:07A Cumière, près d'Épernay, Jean-Luc Vadin, patron d'une maison de champagne, tué chez lui en pleine nuit.
00:13C'est son fils qui a découvert le corps. Il pourrait s'agir d'un tragique cambriolage.
00:19Bonjour, Jean-Luc Vadin, patron d'une petite maison de champagne, dans la Marne.
00:24Une semaine avant son 57e anniversaire, il est retrouvé mort chez lui, tué de trois balles.
00:31Un tragique cambriolage possible, à moins qu'il faille aller chercher ailleurs, dans les secrets de la famille.
00:38Qui a tué le vigneron ? Jean-Luc Vadin, du sang dans le champagne.
00:43L'heure du crime, la seule émission Radio 100% fait d'hiver, c'est tout de suite sur RTL.
00:54Vendredi 30 septembre 2022, 7h35, le SAMU est appelé pour un homme blessé par arme à feu à Cumière, à 10 minutes d'Épernay.
01:04Au bout du fil, le correspondant étouffe ses sanglots.
01:07Mon père, il s'est fait tirer dessus. C'est une maison de champagne, on s'est fait cambrioler, dit-il.
01:13Les pompiers arrivent au numéro 12 de la rue de la Coopérative, le siège des Champagnes Vadin Plateau,
01:21une maison avec terrasse à coller à une petite boutique.
01:24La femme de ménage et un ouvrier viticole les accueillent, ils sont choqués.
01:28Pas de traces de sang au rez-de-chaussée, ni dans l'escalier.
01:31À l'étage, un homme tente un massage cardiaque sur la victime, vêtue d'un t-shirt et d'un caleçon noir.
01:38C'est le fils de la maison, Yann Vadin, 33 ans.
01:41Il essaie de sauver son père, Jean-Luc, 56 ans.
01:45Mais il est trop tard, le vigneron est mort.
01:48La victime a reçu trois balles de calibre 12 mm, une a perforé le ventre.
01:53La deuxième a déchiré le poumon gauche et l'ahorte.
01:56La troisième a frappé les lombaires et touché un rein.
02:00Des tirs à moins de deux mètres.
02:02Jean-Luc Vadin est décédé d'une hémorragie rapide et massive.
02:05La mort remonte au petit matin.
02:08Les policiers d'Epernay inspectent la scène de crime.
02:13Un fusil de chasse est visible près du corps, il appartient à la victime, il n'a pas servi à tuer.
02:19Dans la cuisine, deux bouteilles de bière vide et deux coupes de champagne, l'une est marquée de rouge à lèvres.
02:25Un carreau de la porte d'entrée du garage a été brisé, suffisant pour glisser une main, débloquer le verrou et entrer dans la maison.
02:33Le bureau est sans dessus dessous, des papiers, des objets au sol.
02:39Le tiroir caisse, laissé ouvert, ne contient plus que de la menu monnaie.
02:43Yann Vadin, qui a découvert le corps de son père, est entendu.
02:47Il est en pleurs.
02:48Il gère les Champagnes Vadin Plateau avec son père.
02:52Il habite Arcy-le-Pontsard à 30 minutes de route.
02:55Ce matin, il est arrivé vers 7h45.
02:58Il a vu le carreau brisé.
03:00Il a ramassé une pierre qui a sans doute servi à casser cette vitre.
03:04Il a appelé, mais il n'a pas eu de réponse.
03:07Il a filé à l'étage.
03:08Il a découvert son père sur le ventre, dans le couloir.
03:11Il baignait dans son sang.
03:13Il a retourné le corps.
03:15À ce moment-là, il a entendu un bruit dans la cave.
03:18Il a saisi le fusil de son père, accroché dans la chambre.
03:21Il l'a chargé.
03:22Il est descendu à la cave.
03:24Il était stressé.
03:25Il a appuyé sans faire exprès sur la détente.
03:28Un coup est parti.
03:30Il n'a vu personne.
03:31Yann Vadin indique que la maison a déjà fait l'objet de cambriolage.
03:37Samedi 1er octobre, les policiers poursuivent leur enquête de voisinage.
03:41La sœur aînée de Jean-Luc Vadin se demande qui a pu tuer son frère.
03:45La famille s'entend bien.
03:47Même si Jean-Luc a vécu un divorce difficile, sa fille ne lui parle plus.
03:51Des témoins sont interrogés sur les rapports entre la victime et son fils, Yann.
03:56Ils avaient des divergences sur la gestion de la maison.
03:59Le père reprochait au fils d'un peu trop dépensé, mais ils n'étaient pas fâchés.
04:04Le témoignage d'une pompier-stagiaire, première arrivée sur la scène de crime, retient l'attention.
04:10La femme de ménage lui a tout de suite dit qu'une bagarre venait d'éclater entre le père et le fils.
04:17Yann avait tiré.
04:18La femme de ménage est évidemment entendue tout de suite.
04:21Elle nie les propos qu'on lui prête.
04:23Sur Facebook, Yann Vadin poste un hommage à son père.
04:27« Tu vas laisser un grand vide dans ma vie.
04:29Plus qu'un mentor, un père aimant, attentionné.
04:32Tu étais un homme exceptionnel.
04:35J'essaierai de te rendre fier par mon parcours. »
04:39Les enquêteurs qui vont continuer à s'intéresser de très près au cercle familial,
04:43aux personnes arrivées les premières sur la scène de crime,
04:46ils ont le sentiment qu'on leur cache des choses
04:49et ils perçoivent une certaine gêne autour de cette mort brutale.
04:53Alors évidemment, la piste d'un familier est privilégiée
04:57parce que ce cambriolage, c'est un peu tout d'une mise en scène.
05:00Mais on va voir ce que va donner cette piste dans le prochain chapitre de l'heure du crime.
05:05Bonjour Maxime Mascoli.
05:07Bonjour, merci de m'avoir invité.
05:08Je vous en prie, merci beaucoup à vous d'être avec nous en direct dans l'heure du crime.
05:12Vous êtes journaliste localier, comme on dit, pour le quotidien L'Union.
05:16L'Union, c'est le grand journal de la Marne et le grand journal qui est basé à Reims.
05:21Alors vous avez suivi toute cette affaire pour votre journal.
05:24Maxime Mascoli, un mot sur Cumière, ce village tranquille, cette maison
05:31et puis cette scène de crime épouvantable.
05:33À quoi ressemble tout ça ?
05:34Alors effectivement, quand je suis arrivé le jour du crime,
05:39Cumière, il faut imaginer, c'est un tout petit village qui est juste à l'ouest d'Épernay,
05:44dans le berceau historique du Champagne.
05:46Et donc je suis arrivé le matin du crime avec évidemment la police qui avait encerclé tout le secteur
05:54et la famille qui était déjà là.
05:59Et ce qui avait surtout étonné, c'est que ça avait beaucoup surpris.
06:02La rumeur a très vite enflé qu'un cambriolage avait mal tourné dans le village
06:07et ça avait beaucoup étonné les habitants et surtout les autres vignerons
06:10parce que malheureusement, les cambriolages, notamment de Célier, comme on dit, sont des courantes.
06:15Il y en a encore eu un le 28 décembre dernier par chez nous avec des bouteilles volées.
06:20Mais ça n'arrive jamais qu'il y ait deux meurtres
06:22où même généralement les voleurs s'enfuient dès qu'ils entendent du bruit
06:25parce qu'ils n'ont aucune intention de tomber sur les vignerons.
06:30Donc c'est pour ça que ça a beaucoup inquiété pendant un certain temps la population.
06:33Juste un petit mot encore. Les gens sont choqués lorsqu'ils apprennent la mort qui va très vite.
06:39La nouvelle se répète très vite.
06:41Oui, complètement. Parce que M. Vannin était quand même connu dans le village.
06:46Il était assez discret. C'était une personne qui était bien intégrée dans le tissu vigneron
06:51où tout le monde se connaît.
06:53Bonjour M. Gérard Chemla.
06:55Bonjour.
06:56Merci beaucoup d'être avec nous dans cette heure du crime.
06:58Vous êtes avocat au barreau de Reims.
07:00Vous connaissez parfaitement ce dossier puisque vous êtes l'avocat de la famille de Jean-Luc Vannin.
07:05Ma première question, elle est toute simple.
07:07Qui est cette famille ? Une famille de vignerons ?
07:09Alors il y en a beaucoup en Champagne, mais celle-ci, elle est discrète.
07:13Elle est bien implantée depuis des années.
07:14Oui, c'est une famille assez banale, basée sur la tradition.
07:18C'est-à-dire que globalement, le grand-père a fait l'exploitation avec son épouse.
07:24Ils ont construit quelque chose et puis ils se sont endettés.
07:28Et le grand-père, il était salarié SNCF et il faisait les vignes le reste du temps.
07:34Donc c'est des gens qui ont beaucoup travaillé, qui ont construit un petit domaine.
07:39Ce n'est pas énorme, la maison va d'un plateau et ils ont transmis assez naturellement au fils.
07:48C'est ça.
07:48C'est le fils qui va reprendre les rênes.
07:52Le fils Jean-Luc reprend les rênes, il les reprend à la satisfaction de tout le monde, il consolide l'exploitation.
07:59Donc l'essentiel est vendu en bouteille, c'est une marque qu'on va porter et puis lui-même, il va transmettre à son fils.
08:07Ce que disait Maxime Mascoli, le journaliste de l'Union qui était sur place, c'est qu'effectivement tout de suite, on se pose des questions sur ce cambriolage.
08:14Ça n'a pas l'air très sérieux.
08:17On ne peut y croire que si on a envie d'y croire.
08:19C'est ça.
08:20Vous avez déjà de l'argent qui reste dans le bureau.
08:27Et puis Jean-Luc, il dort dans la partie habitation à l'étage.
08:32Aucune raison pour que celui qui vient voler des bouteilles ou voler s'il y a dans le coffre monte.
08:39Et le meurtre se passe dans le couloir à la porte de sa chambre.
08:44Il est sorti.
08:45Il est sur le pas de la porte pratiquement quand il se fait tirer dessus.
08:49Et on lui tire dans le dos.
08:51Alors on va lui tirer de face puis deux coups dans le dos.
08:56Ça veut dire qu'on a voulu tuer.
08:58Ça veut dire qu'on est allé jusqu'au bout et ce n'est pas simplement un face-à-face qui se serait mal déroulé.
09:04Et on ne trouve pas d'armes à la main de Jean-Luc.
09:07Il est désarmé quand il se fait tirer dessus.
09:10Bonjour Nelly Minguet.
09:11Merci beaucoup d'être avec nous dans l'heure du crime.
09:13Vous êtes Nelly Minguet, la sœur de Jean-Luc Vadin.
09:16Encore merci d'être avec nous dans l'heure du crime.
09:18Comment est-ce que vous avez appris, vous, la mort de votre frère ?
09:22Alors on l'apprend par hasard.
09:25Ma sœur, c'est la factrice qui lui dit sincère condoléance.
09:29Ma sœur, elle tombe des nues.
09:30Du coup, elle est allée voir à la maison de Champagne, chez mon frère, ce qui s'était passé.
09:36Et moi, je l'ai appris par les réseaux sociaux.
09:39Ma chef de musique, il m'envoie une copie du journal local où c'était marqué « Un homme tué au Champagne va d'un plateau ».
09:47Je ne pensais jamais à mon frère.
09:49J'appelle ma sœur, je lui dis « Cathy, il y a quelque chose qui se passe chez Jean-Luc. Est-ce que tu peux aller voir ? »
09:56Donc elle va voir et après, elle me rappelle, elle me dit « C'est Jean-Luc ».
09:59Alors là, c'est la douche froide.
10:02Qu'est-ce que vous vous dites à ce moment-là ?
10:05Je ne comprends pas.
10:06Je ne comprends pas qu'on tue mon frère.
10:08C'était la gentillesse même.
10:10On ne lui connaissait pas d'ennemis.
10:12On ne comprend pas.
10:14Votre neveu, Yann, quelle attitude il a après la mort de son père ?
10:20Alors lui, il ne pleurait pas du tout.
10:21Il tournait la page.
10:22Je lui disais « Je vais embaucher une secrétaire, j'embaucher deux Gauvines.
10:27Je vais faire ci, je vais faire ça. »
10:29Nous, ça nous a surpris après coup.
10:32Sur le coup, bon.
10:33Mais il ne pleurait pas.
10:34Il n'était pas attristé comme nous.
10:37C'était une drôle d'attitude.
10:40Le fils de la famille, désormais seul à la tête de la maison de Champagne, va être réinterrogé.
10:45Jean-Luc Vadin, du sang dans le Champagne.
10:47J'en étais arrivé à un point où c'était soit lui, soit moi.
10:50L'enquête de l'ordre du crime.
10:51On se retrouve dans un instant sur RTL.
10:53L'heure du crime.
10:55Jusqu'à 15h.
10:56Bref, tu viens quand tu veux.
10:57Tu sais, le 9 janvier est dans la limite des stocks.
11:0114h, 15h, Jean-Alphonse Richard sur RTL.
11:05L'heure du crime.
11:07Au programme de l'heure du crime, le meurtre mystérieux de Jean-Luc Vadin.
11:11Fin septembre 2022, ce producteur de Champagne a été tué au petit matin chez lui.
11:15L'auteur des coups de feu semble être un familier.
11:18L'enquête va se rapprocher du fils de la famille.
11:20Lundi 3 octobre 2022, quatre jours après la découverte du corps de Jean-Luc Vadin,
11:26les enquêteurs sont de retour dans la maison de Champagne de Cumière.
11:31Yann Vadin avait déclaré avoir tiré accidentellement dans la cave pour faire fuir un hypothétique cambrioleur.
11:37C'est pour ça qu'il avait de la poudre sur les doigts, disait-il.
11:41Mais aucun impact n'est retrouvé.
11:44Le matin du crime, Yann Vadin dit être arrivé à la maison de Champagne vers 7h45.
11:50Son téléphone a pourtant borné sur place bien plus tôt, entre 2h38 et 6h27 du matin.
11:57Justine, son épouse, ne peut pas confirmer.
12:00Elle était absente en vacances à l'étranger.
12:02L'examen des comptes bancaires montre que Yann Vadin vit au-dessus de ses moyens.
12:07Il a contracté un prêt de 500 000 euros pour sa maison.
12:11Il a acheté 4 chevaux, dispose de 4 véhicules.
12:15Le fils Vadin puiserait régulièrement dans la caisse de la société.
12:18En 2 ans, il a pompé presque 500 000 euros.
12:22Son père, Jean-Luc Vadin, était inquiet.
12:24Il venait de lui adresser ce SMS après une dernière ponction de 40 000 euros.
12:29Bonjour mon fils, pourrais-tu rassurer ton papa s'il te plaît ?
12:34Il aimerait dormir tranquille.
12:36Bisous.
12:38Mercredi 5 octobre, la femme de ménage de la maison Vadin est réentendue.
12:42Cette fois, elle déclara demi-mot que Yann a pu tirer sur son père.
12:46Elle n'en sait pas plus, elle ne veut pas d'ennuis.
12:49Yann Vadin est placé en garde à vue.
12:51Il dément avoir tiré.
12:52Il reconnaît seulement avoir pioché dans la trésorerie de l'entreprise.
12:56Les heures de garde à vue défilent.
12:58Le fils évoque désormais un accident.
13:01Depuis quelques jours, il était désespéré.
13:03Un contrôle de la répression des fraudes s'était mal passé.
13:07La maison de Champagne était menacée de sanctions.
13:09Il avait donc décidé de se suicider.
13:12A l'aube, il a pris sa carabine.
13:15Il s'est rendu à la maison.
13:16Son père a entendu du bruit.
13:18Il lui a fait face.
13:19Le coup est parti accidentellement.
13:22Mon père est tombé.
13:23Il a crié « Aïe ! »
13:25J'ai rechargé.
13:27Et j'ai tiré à nouveau pour ne pas qu'il souffre, affirme Yann Vadin.
13:31Il a jeté sa carabine 12 mm dans un tas de fumier.
13:35Le fils est mis en examen pour meurtre sur Ascendant.
13:39Un parricide.
13:39Mardi 15 novembre, un mois et demi après la mise en examen, Yann Vadin est entendu par le juge d'instruction de Reims.
13:47Il décrit les relations difficiles avec son père.
13:50Nous étions co-gérants, mais il repassait toujours derrière moi.
13:53Il m'en demandait toujours plus.
13:55La pression montée, témoigne-t-il.
13:57Yann Vadin revient sur ses déclarations.
14:00Plus question désormais d'accident.
14:02Il a tué volontairement son père.
14:06J'en étais arrivé à un point où c'était lui, où c'était moi.
14:10Le fils raconte que le jour du contrôle des fraudes, son père l'avait laissé se débrouiller tout seul.
14:15Il s'est senti perdu.
14:17Son père ne l'aidait pas, ne s'intéressait pas à lui.
14:20J'allais au travail, la boule au ventre.
14:22Je revenais toujours chez moi en pleurant.
14:25Yann Vadin explique qu'il ne dormait plus, hanté par cette question qui revenait en boucle.
14:30Soit c'est lui, soit c'est moi.
14:32Cette nuit-là, il ne trouvait pas le sommeil.
14:35Il s'est levé, il est allé à la maison de Champagne.
14:37Il a tiré trois balles.
14:39Autant dire que les aveux complets de Yann Vadin provoquent la consternation dans cette famille de vignerons.
14:46Et puis aussi chez ses proches, l'enquête n'est pas terminée.
14:48Parce qu'il y a encore beaucoup de zones d'ombre, de zones grises qu'il va falloir explorer.
14:53Et puis il y a cette question, question centrale.
14:56Est-ce que c'est un accident, homicide ?
14:59Certes, est-ce qu'il a tué volontairement son père ?
15:01Mais est-ce qu'il a prémédité son geste ?
15:03Dans ce cas, c'est un assassinat.
15:05Et là, ça change de la donne.
15:06Est-ce qu'il a tout préparé, Yann Vadin ?
15:08C'est la question qui va suivre au cœur de cette heure du crime.
15:12Alors, Yann Vadin, il est trahi par les découvertes des enquêteurs.
15:17Maître Gérard Schemla, vous êtes avocat à Reims, avocat de la famille de Jean-Luc Vadin.
15:22Il est trahi par la téléphonie, par certains détails qui sont incongrus.
15:30Et puis au cœur de tout ça, il y a aussi le contentieux financier.
15:34Il est surtout trahi par la téléphonie.
15:37Et je pense que l'erreur essentielle qu'il a commise, c'est qu'il a gardé sur lui son téléphone.
15:44Tout est très méticuleusement organisé.
15:47Vous savez, il va même suspendre le fonctionnement du système d'alarme de son domicile à lui
15:54lorsqu'il s'absente de chez lui pour venir tuer son père.
15:59Et il le remet en route en revenant pour qu'on le voit partir le matin vers 7h
16:03et qu'on ne voit finalement que son départ à 7h et qu'on oublie ce qui s'est passé pendant...
16:08Mais il y a le téléphone.
16:10Et le téléphone, il démontre deux choses.
16:11Il démontre que cette nuit-là, entre globalement 4h et 5h,
16:16il est venu jusqu'à l'exploitation et qu'il y est resté pendant une heure.
16:21Et il démontre que la veille, il était déjà venu nuitamment de la même façon.
16:28Pourquoi faire ? On ne sait pas à ce moment-là.
16:30Alors, on ne le sait pas tout de suite, mais on sait quand même que
16:33Jean-Luc a envoyé un texto à sa compagne pour lui dire
16:39cette nuit, j'ai cru entendre du bruit, j'ai pensé qu'il y avait des voleurs.
16:44Je suis sorti de ma chambre avec un fusil, mais finalement, il n'y avait personne.
16:47D'accord. Ça, c'était la veille.
16:48C'était la veille.
16:49C'était la veille. Alors, effectivement, oui, voilà.
16:51Donc, il y a tout un climat.
16:53Il vient reconnaître peut-être l'élu.
16:54Enfin, il les connaît par cœur, c'est chez lui.
16:56Mais voilà, tout ça est très étonnant.
16:59Maxime Mascoli, vous êtes avec nous dans cette heure du crime,
17:01journaliste pour le quotidien L'Union.
17:03C'est vous qui avez suivi toute cette affaire.
17:05Lorsqu'il y a ces aveux fracassants,
17:08il y a eu une stupeur énorme qui s'est emparée de ce village et de cette famille.
17:14Oui, il y a eu une vraie sidération, surtout que c'est tombé le jour même
17:18où une messe se tenait à Cumière.
17:21L'église était pleine à ras-bord.
17:24Et les gens n'y croyaient tout simplement pas, en fait, quand ils étaient.
17:28Ils ne comprenaient pas ce qui se passait.
17:30Certains pensaient que c'était sans doute une garde à vue,
17:33mais des rumeurs pour vérifier des choses.
17:35D'autres se disaient, mais ce n'est pas possible, il n'a pas pu le faire.
17:39C'était difficile aussi pour ceux qui avaient parlé de ce qu'il devait venir
17:42également à ce...
17:44C'était ça sans doute le pire pour les gens,
17:46c'est qu'il avait annoncé sa venue pour tenir un mot.
17:49Et c'est sa cousine, finalement, qui a parlé de M. Vadin devant tout le monde.
17:53Et ça a été assez compliqué, y compris pour les prêtres,
17:55de trouver les mots justes, de ne pas céder à la haine, disait-il,
17:59en ce moment vraiment de tristesse,
18:01où tout le village se rassemblait pour un dernier hommage
18:04et ça leur est tombé dessus comme un coup près.
18:06Bien sûr, c'est la stupéfaction, vous le décrivez parfaitement, Maxime Mascoli.
18:10Nelly Minguet, je suppose que vous êtes d'accord avec ce que dit évidemment Maxime Mascoli,
18:15vous êtes la sœur de Jean-Luc Vadin et vous nous accompagnez dans cette heure du crime.
18:19Les aveux, c'est une onde de choc pour votre famille.
18:23Ah oui, c'est un tsunami.
18:25Quand on a entendu sur les radios, les réseaux sociaux, tout ça,
18:28on disait mais arrêtez de dire n'importe quoi, on n'y croyait pas,
18:31on aurait mis nos mains à couper que ce n'était pas lui, tellement...
18:34C'était inconcevable.
18:36Mais il nous montrait sa face gentille,
18:38mais en fait, sûrement qu'il avait deux faces, ce gamin.
18:42Votre frère, la victime, un mot sur lui ?
18:46Un homme passionné par son travail ?
18:48Alors mon petit frère, il était toujours souriant.
18:52Le travail pour lui, c'était une valeur que papa lui avait transmise,
18:55enfin que papa et maman, pour lui c'était très important.
18:58Et il adorait recevoir les clients, il nous adorait, nous on s'adorait tous.
19:06On était une famille unie, sans problème particulier, très simple.
19:11Une famille très simple et très unie, c'est ce que vous nous dites Nelly Minguet.
19:15Maître Gérard Schemla, un mot, il dit que finalement le déclic du passage à l'acte,
19:20là je parle évidemment de Yann Vadin, qui vient d'avouer le meurtre de son père,
19:25c'est un parricide, il faut bien le dire.
19:26Enfin, il dit, c'est le contrôle des fraudes.
19:29Mon père me laissait seul, je me suis senti abandonné,
19:33là j'ai vu rouge, en quelque sorte.
19:35Sauf que, on apprend que la veille avant le contrôle,
19:40il est déjà venu tuer son père.
19:42Qu'il n'est pas allé au bout de sa démarche, mais il est déjà venu la veille.
19:46Donc si vous voulez, le contrôle a bon dos.
19:49Le contrôle a effectivement été certainement un moment compliqué,
19:52pour le père comme pour le fils, et le fils étant...
19:54Il avait tenté la veille, c'est ça ?
19:56Oui, la veille, il a renoncé au dernier moment, parce que, je vais être vulgaire,
20:01parce qu'il s'est fait dessus, c'est-à-dire qu'au moment de passer à l'acte,
20:04voyant la lumière s'allumer et son père descendre, il s'est sauvé.
20:09Mais il était venu pour ça.
20:10Il était venu pour ça.
20:12Nelly Minguet, un petit mot, le mobile, selon vous, le mobile de ce parricide,
20:17c'est l'argent des arrangements financiers qui allaient être découverts ?
20:21C'est l'argent.
20:21Parce que vous savez, c'est un gamin qui a toujours tout eu.
20:24Il est né avec une cuillère en argent dans la bouche, sa soeur aussi.
20:27Ils ont toujours tout eu.
20:29Je pense que mon frère a dû lui remonter les bretelles en disant
20:31« Il va falloir que tu rembourses un peu tout ce que tu as pioché. »
20:35Parce qu'il y avait le bilan qui arrivait au 31 octobre.
20:37Donc, normalement, ça doit être tout régularisé.
20:41Et mon frère était inquiet vis-à-vis de ça.
20:44Un fils perdu ou un meurtrier qui calcule ses réponses ?
20:50Jean-Luc Vadin, du sang dans le champagne.
20:52Le papa aurait tout fait pour son gamin.
20:54Il le protégeait beaucoup.
20:55L'enquête de l'heure du crime.
20:56Peut-on vraiment croire à ce que raconte le fils sur son père ?
20:59Et si c'était un assassinat ?
21:01À suivre dans un court instant sur RTL.
21:04Jean-Alphonse Richard sur RTL.
21:07Le parricide, c'est un mot qui désigne à la fois un passage à l'acte,
21:21un type de crime.
21:22C'est le fait de tuer ses parents, tout simplement.
21:25Le climat insupportable, qui peut être décrit comme étant tyrannique
21:28de la part des parents ou dangereux,
21:30va primer à un moment donné, et ce qui va les faire basculer.
21:34Retour aujourd'hui dans l'heure du crime
21:36sur le meurtre de Jean-Luc Vadin, producteur de champagne,
21:39un parricide.
21:40En octobre 2022, son fils est associé à avouer l'avoir tué.
21:43Il raconte qu'il ne supportait plus son emprise.
21:47Les enquêteurs doutent de cette explication.
21:49Jeudi 12 octobre 2023, Yann Vadin, 34 ans, emprisonné depuis un an pour le meurtre de son père,
21:56demande sa remise en liberté.
21:57Refusé.
21:58L'enquête montre que Yann Vadin a coupé les caméras de vidéosurveillance à son domicile,
22:03la nuit du crime, caméras ensuite rallumées,
22:06après la tragédie.
22:07Le suspect est incapable de dire pourquoi il a fait cela.
22:10Il nie pourtant la préméditation.
22:12La famille Vadin est dans le désarroi, l'incompréhension.
22:16Guy Vadin, le grand-père, qualifie son petit-fils de menteur,
22:20responsable d'avoir vidé les comptes de la société.
22:23Birguide, la dernière compagne de Jean-Luc Vadin, qualifie Yann de sournois.
22:28Elle le soupçonne d'avoir voulu empoisonner son père,
22:32lequel avait eu un grave malaise après un repas,
22:35un bœuf bourguignon préparé par son fils.
22:37« Pas d'inquiétude, il s'en remettra », avait déclaré Yann.
22:42Les enquêteurs disent n'avoir recueilli aucun témoignage
22:45qui présente Jean-Luc Vadin comme un homme autoritaire
22:48qui aurait poussé son fils dans ses derniers retranchements.
22:51Un ouvrier de la maison de Champagne
22:53explique n'avoir jamais remarqué de mal-être chez Yann Vadin.
22:57Il savait que ce dernier se servait dans la caisse de la société
23:00et que les relations père-fils n'étaient pas au beau fixe.
23:05Malgré cela, dit-il, Jean-Luc aurait tout fait
23:07pour son gamin.
23:08Il le protégeait beaucoup pour les experts.
23:10Yann Vadin n'a rien de psychotique,
23:13même s'il a des dispositions aux mensonges
23:16et à la falsification.
23:19Alors, il y a des voix qui vont s'élever
23:21pour dire que c'est un assassinat clairement organisé.
23:24Assassinat, ça veut dire préméditation.
23:26Maître Gérard Schemla,
23:27vous êtes avec nous dans cette heure du crime,
23:29vous êtes l'avocat de la famille de Jean-Luc Vadin.
23:31Pourquoi est-ce qu'on ne parle pas d'assassinat ?
23:33On dit parricide, mais pourquoi est-ce qu'on ne parle pas d'assassinat ?
23:36Parce que le parricide commis avec préméditation,
23:39ça n'existe pas.
23:40Un droit, c'est ça ?
23:41Exactement.
23:41C'est-à-dire que le parricide,
23:43c'était longtemps considéré
23:44comme l'infraction la plus grave
23:46du code pénal.
23:48Et donc, c'est puni de la réclusion criminelle à perpétuité.
23:51Ce qui fait que la préméditation
23:53n'ajouterait pas
23:54à la qualification.
23:56Donc, ça n'existe pas dans la loi.
23:58Il fallait choisir,
23:59on pouvait choisir assassinat
24:01ou parricide, mais pas les deux.
24:02Mais pas les deux, c'est ça.
24:03Mais pas les deux.
24:04Mais c'est intéressant, j'ignorais moi tout à fait cette nuance,
24:06mais qui est d'importance,
24:07parce qu'effectivement,
24:08est-ce qu'il a tout préparé ou pas préparé ?
24:10Enfin, ça, on va voir au procès
24:12ce qui va être dit.
24:14Maître Gérard Schemla,
24:15un mot sur ces curieux doutes
24:17qui vont émerger pendant l'enquête,
24:20une tentative d'empoisonnement.
24:22Alors, ça apparaît très vite
24:25dans les propos de la famille.
24:26Jean-Luc est quelqu'un de très actif.
24:28Ce n'est pas un type qui fait la sieste.
24:30La victime, oui.
24:31Oui.
24:31Jean-Luc, il travaille toute la journée.
24:34Quand il ne travaille pas,
24:35il est en vacances.
24:37Il a toujours de l'activité.
24:39Et puis, quelques jours,
24:41je crois que c'est le mercredi,
24:42quelques jours avant le crime,
24:45il va, après le repas du midi,
24:49qui est un bœuf bourguignon,
24:50préparé par Yann,
24:52parce que Yann est un très bon cuisinier
24:54qui aime faire la cuisine,
24:56il mange ce bœuf bourguignon,
24:57il trouve que c'est un drôle de goût,
24:58et surtout, il s'effondre,
25:00il est épuisé,
25:02il a la tête qui tourne,
25:04il a l'impression de perdre la mémoire.
25:07Son fils, qui a mangé le même bœuf bourguignon,
25:09est en pleine forme,
25:11et très vite,
25:12lorsqu'on apprend que c'est Yann, l'auteur,
25:14la famille se dit,
25:14mais voilà, mercredi,
25:17ce qui a dû se passer,
25:19c'est déjà un premier pas vers le crime,
25:22ça doit être une tentative d'assassinat.
25:24Ça n'a jamais été établi.
25:25Ça n'a pas été établi,
25:26on a obtenu des expertises,
25:29le problème de ces expertises,
25:30c'est qu'on n'a pas expertisé le plat de bourguignon,
25:32on a expertisé le corps de Jean-Luc.
25:35Et on ne trouve dans ces expertises que ce qu'on cherche.
25:39Moi, je pense qu'on n'a pas cherché la bonne molécule,
25:41en tous les cas,
25:42on ne l'a pas trouvé,
25:43et donc,
25:44aucune preuve n'a pu être ramenée,
25:46qui accrédite cette première tentative.
25:49Maxime Mascoli,
25:51vous êtes avec nous dans cette Heure du Crime Journaliste à l'Union,
25:54vous avez suivi toute cette affaire,
25:55et vous nous aidez à mieux la comprendre.
25:57Alors, Yann Vadin,
25:59il n'arrête pas de dire,
25:59mon père, il était autoritaire,
26:01c'était une espèce de tyran domestique,
26:04il me criait dessus,
26:05il m'obligeait à faire des trucs de plus en plus,
26:07à travailler de plus en plus.
26:08Est-ce que,
26:10selon les témoignages que vous avez pu recueillir,
26:12est-ce que cet homme était vraiment autoritaire,
26:14ou bien c'est tout le contraire,
26:15que vous ont raconté les témoins ?
26:18Absolument pas,
26:19justement que ce soit son entourage proche,
26:21ou même avec les gens à qui il travaillait,
26:22tout le monde décrit M. Jean-Luc Vadin
26:24comme quelqu'un d'assez doux,
26:26alors très travailleur,
26:27ça tout le monde me l'a confirmé,
26:29mais voilà,
26:30une personne qui justement évite plutôt le conflit,
26:32qui est plutôt dans la diplomatie,
26:35qui n'a pas tendance à s'énerver,
26:36même d'ailleurs ça a été noté dans les SMS
26:38qu'il échangeait avec son entourage,
26:40ou même avec son fils,
26:42voilà,
26:43jamais dans la colère ou la récrimination,
26:45mais plutôt vraiment dans la tentative
26:47d'essayer d'être diplomate.
26:49Donc c'est pour ça que ça a beaucoup étonné
26:51l'entourage lors du procès,
26:54qu'on le décrive,
26:55que ce soit M. Vadin
26:56ou son ex-femme et sa fille,
26:58comme quelqu'un d'autoritaire,
27:00de méchant,
27:01voire même d'infidèle,
27:03et ça a été quelque chose
27:04qui a créé une certaine scission.
27:06Qu'est-ce qu'on vous disait aussi sur le fils,
27:08lorsqu'on sait évidemment
27:09que c'est lui qui a tué,
27:10il a avoué, etc.,
27:11qu'est-ce que vous avez recueilli
27:12comme témoignage ?
27:14Alors, pour le fils,
27:15alors ça a passé l'étonnement énorme
27:17que ça a suscité,
27:19beaucoup de personnes le connaissaient
27:21en étant un petit peu renfermé,
27:24toujours plutôt de son côté,
27:25même lorsqu'il était encore au lycée,
27:27c'était pas quelqu'un
27:28qui sortait beaucoup
27:30avec les autres jeunes vignerons,
27:31il était plutôt dans son coin,
27:33et ça avait beaucoup justement surpris,
27:35parce que c'était pas quelqu'un
27:36considéré comme violent ou nerveux.
27:40Nelly Minguet, un mot,
27:42vous êtes avec nous dans cette heure du crime,
27:44vous êtes la sœur de Jean-Luc Vadin,
27:46et on vous remercie encore dans l'heure du crime
27:48d'être avec nous aujourd'hui.
27:50Nelly Minguet, votre neveu,
27:53il apparaît assez sûr de lui
27:55après le crime,
27:55parce qu'il se montre, etc.,
27:57il n'a pas l'air vraiment bouleversé.
27:59Selon vous, il était certain
28:01que la police ne l'attraperait pas ?
28:04Le lendemain du mort,
28:05le samedi soir,
28:06il est allé manger chez des amis
28:07de mon frère et des amis de la famille,
28:09et il leur a dit
28:11« Oh, de toute façon,
28:11les flics ne retrouveront jamais le meurtrier ».
28:15Il était vraiment sûr de lui.
28:17Il était sûr de lui.
28:18Le fils parricide va être jugé.
28:23Jean-Luc Vadin,
28:23du sang dans le vignoble champenois.
28:27Je voulais en finir
28:28après le troisième tir,
28:29je n'ai plus entendu mon père
28:31gémir l'enquête de l'heure du crime.
28:33On se retrouve dans un instant sur RTL.
28:35Selon disponibilité en magasin,
28:39détails sur carrefour.fr
28:40Jusqu'à 15h,
28:43c'est l'heure du crime sur RTL.
28:45Avec Jean-Alphonse Richard.
28:47L'heure du crime,
28:48consacrée au meurtre de Jean-Luc Vadin,
28:50un parricide.
28:51Ce viticulteur champenois de 56 ans
28:53a été tué à coup de carabine
28:55par son fils en septembre 2022.
28:57Ce dernier n'aurait plus supporté son emprise.
29:00Trois ans plus tard, il est jugé.
29:01Lundi 24 novembre 2025,
29:05Yann Vadin, 36 ans,
29:06silhouette élancée,
29:07regard fuyant,
29:09est devant la cour d'assises de la Marne.
29:10À Reims, toute la famille Vadin
29:12l'observe depuis le banc de la partie civile.
29:15L'accusé confirme que la fameuse question,
29:18soit lui, soit moi,
29:20lui trottait dans la tête depuis un bon moment.
29:22C'est difficile de se dire
29:24qu'on hésite entre se donner la mort
29:26et donner la mort à son père, dit-il.
29:29Sur la nuit tragique, il raconte
29:30« J'aurais dû partir, mais je suis resté.
29:32Je voulais en finir. »
29:34Le directeur d'enquête se souvient bien
29:35de la garde à vue du fils Vadin.
29:37À un moment,
29:39il avait la tête dans les mains pour pleurer.
29:41Et quand il l'a relevée,
29:42il racontait une nouvelle version.
29:44« C'est quelqu'un qui a une intelligence d'adaptation,
29:47la capacité de présenter un nouveau scénario
29:49quand il est coincé »,
29:50explique le policier.
29:52Les témoins se succèdent.
29:54L'épouse de Yann Vadin
29:55répète qu'elle ne comprend toujours pas
29:57ce qui s'est passé.
29:58« Je n'ai pas eu d'explication.
30:00La seule chose qu'il m'a dit,
30:01c'est qu'il n'en pouvait plus,
30:03qu'il en avait marre de son boulot. »
30:04Yann Vadin ne réagit pas
30:06à ces témoignages qui s'enchaînent.
30:09Il s'excuse auprès de sa grand-mère
30:12et de sa mère.
30:13La présidente lui fait remarquer
30:14qu'il y a d'autres membres de la famille
30:16qui sont toujours en deuil.
30:17« Par respect pour mon père,
30:19alors je leur dois aussi des excuses. »
30:21Bien sûr, se reprend Yann Vadin.
30:23L'avocat général réclame 20 ans de prison
30:27au minimum.
30:30Et voilà donc pour ce procès de Yann Vadin.
30:33Les yeux baissés, c'est ce qui va revenir.
30:34Tout le monde va remarquer ce regard
30:36qui ne se relève quasiment jamais.
30:38Maxime Mascoli, vous y êtes à ce procès
30:40pour l'Union, votre journal,
30:42l'Union de Reims.
30:43Vous avez suivi toute cette affaire
30:44pour ce quotidien de la région.
30:47À quoi est-ce qu'il ressemble,
30:48cet accusé ?
30:49Quelle impression vous avez
30:50lorsque vous êtes dans cette salle d'assise
30:52de la Marne ?
30:54C'est un homme grand,
30:56un peu juvénile
30:57et dont on verra assez peu le visage
30:58qu'il regardait systématiquement
31:00ses chaussures.
31:01Il a montré assez peu d'émotion
31:03durant tout le procès.
31:05Il passait aussi beaucoup de temps
31:06à récriminer son père
31:09durant les moments où il s'exprimait.
31:12Et aussi, ça, ça m'a pas mal étonné.
31:14Il expliquait beaucoup
31:15que le suivi psychologique en prison
31:18lui faisait beaucoup de bien.
31:20Clairement, il en avait vraiment besoin.
31:23Et surtout, le moment
31:24qui m'a le plus marqué,
31:25c'est au deuxième jour,
31:26lorsque justement, vous l'évoquiez,
31:27sa grand-mère est venue témoigner
31:28pour le défendre.
31:30Après une interruption d'audience,
31:33il est revenu en pleurant
31:34et s'excusait tout au long
31:35auprès de sa famille.
31:37Et comme vous l'avez noté aussi,
31:38la juge l'a remarqué
31:39qu'il ne s'est pas exprimé
31:40pour l'autre banc
31:41où se tenait la famille
31:43de côté de son père.
31:45Et là, ces larmes se sont séchées
31:46tout de suite.
31:47Et il a répondu de façon
31:48très laconique,
31:49par respect,
31:50évidemment pour mon père,
31:51je leur dois des excuses.
31:52Mais c'était très froid
31:53et mécanique.
31:54Vous avez le sentiment
31:54qu'il disait la vérité
31:57ou que c'était des larmes
31:57de crocodile ?
31:58Juste comme ça, au passage.
32:00C'est difficile à dire.
32:03Lorsqu'il pleurait
32:04en hommage à sa grand-mère,
32:07c'est un texte qu'il lisait,
32:08peut-être préparé
32:09avec son avocate.
32:10Mais c'était vrai
32:12qu'une fois qu'on lui a demandé
32:13de s'excuser peut-être
32:15pour le reste de sa famille,
32:16il a changé
32:17un petit peu de personnalité.
32:19Nelly Minguet,
32:20vous êtes avec nous
32:20dans l'heure du crime.
32:21Vous êtes la sœur
32:22de Jean-Luc Vadin,
32:22la sœur aînée
32:24de Jean-Luc Vadin.
32:25Alors, au procès,
32:26évidemment,
32:26c'est la première fois
32:27que vous revoyez
32:28votre neveu.
32:30Vous êtes dans la cour d'assises
32:31au premier rang.
32:33Trois ans après,
32:34vous le regardez,
32:35évidemment,
32:36à quoi il ressemble ?
32:37Alors, il a baissé la tête
32:39pendant tout le procès.
32:41Moi, mentalement,
32:41je lui disais,
32:42mais lève ta tête,
32:43regarde-nous.
32:44Tout le temps,
32:45il n'a regardé
32:46que ses chaussures.
32:47Je trouvais ça moche.
32:49Il est convaincant
32:50ou pas
32:50lorsqu'il s'exprime,
32:52votre neveu,
32:53Yann Vadin ?
32:55On aurait voulu y croire
32:56à son discours,
32:57mais après,
32:58on s'est dit,
32:58tout ça,
32:59c'est encore du vent.
33:00Et ça nous a beaucoup déçus.
33:03Et moi,
33:04j'avais des choses
33:04à lui dire.
33:05Et du coup,
33:05après ce qu'il a dit,
33:06il m'a fait
33:07pleurer,
33:07il m'a fait pitié.
33:10Je suis peut-être
33:11trop sensible,
33:11je n'en sais rien,
33:12mais bon,
33:12ça reste mon neveu quand même.
33:14Et on aurait voulu y croire,
33:16mais après,
33:17on s'est rendu compte
33:18qu'il se moquait encore de nous.
33:20C'est presque effrayant,
33:22Maître Gérard Schemmler.
33:23Vous défendez,
33:23vous,
33:24à ce procès,
33:24la famille de Jean-Luc Vadin.
33:25C'est presque effrayant
33:26ce que dit Nelly Minguet
33:27lorsqu'elle dit
33:28« il me fait pitié »
33:29parce qu'effectivement,
33:30elle est un petit peu perdue,
33:31cette sœur.
33:32Ce garçon
33:33qui est dans le box
33:34des accusés,
33:35quand il raconte son crime,
33:37il y a une détermination
33:39ou bien il dit
33:39« il fallait en finir,
33:41finalement j'ai tiré comme ça
33:42parce que j'avais plus
33:42rien d'autre à faire ? »
33:43Alors,
33:44déjà,
33:44il faut dire
33:45à quel point
33:46la famille
33:47Nelly,
33:49Cathy,
33:50à quel point
33:50ils ont été extraordinaires.
33:52Ils sont venus à la barre
33:52et ils ont dit
33:53« on n'oublie pas
33:54que c'est notre neveu,
33:56nous on t'aime,
33:57on t'aime,
33:58ce que tu as fait
33:59est impardonnable,
34:00mais on t'aime. »
34:00C'est du courage ça.
34:01Et c'est quand même
34:03de la grandeur d'âme,
34:04on n'avait pas
34:05nécessairement ça en face.
34:07Quand il raconte
34:08les choses,
34:09il adapte en permanence
34:11son discours.
34:11C'est-à-dire qu'on a
34:12toujours des versions
34:13qui sont des versions
34:14qui évoluent
34:16d'un moment
34:16à un autre.
34:17La détermination,
34:19elle ne va pas être
34:20exprimée clairement
34:21par lui.
34:22Elle va se déduire
34:23de ce qu'il a fait.
34:26J'entendais tout à l'heure
34:28dans le résumé que vous faisiez
34:29quand vous disiez
34:29il a tiré plusieurs fois.
34:31Ce qu'il faut savoir
34:32c'est qu'il vient sur place
34:33avec un fusil
34:34à un coup.
34:36C'est son seul fusil.
34:37Et donc il a la poche
34:38pleine de cartouches
34:40et il va charger le fusil
34:43dans l'escalier.
34:44Chaque fois vous voulez dire ?
34:45Et à chaque fois il recharge.
34:46Alors ça ça change
34:47beaucoup de choses.
34:47À chaque fois il enlève
34:48la cartouche percutée,
34:50il la met dans sa poche,
34:51il sort une cartouche
34:52non percutée
34:52et il revient tirer.
34:54Et quand il explique
34:56c'est quand même
34:57assez extraordinaire
34:58il explique le premier coup
34:59globalement on est face à face
35:01mais je ne le vois pas bien
35:01parce qu'il fait noir
35:02c'est un tout petit couloir.
35:03Il tire presque à bout portant
35:05et il dit ensuite
35:07je l'entends gémir
35:08et il vient nous expliquer
35:10que finalement
35:11par grandeur d'arme
35:12il va abréger
35:15pas l'achever
35:16abréger ses souffrances.
35:18Et il revient deux fois
35:20et deux fois il recharge
35:21et deux fois il lui tire
35:22dans le dos
35:23à à peu près 90 centimètres
35:26bout du fusil
35:28au corps
35:29c'est-à-dire qu'il l'exécute
35:30et il ne perd pas son calme
35:34puisque ensuite
35:35on le voit repartir
35:37réorganiser
35:39les choses au moment
35:40où il s'en va
35:41de manière
35:43à ce que tout ça
35:45puisse tenir.
35:47Ça veut dire qu'on a quelqu'un
35:48qui ne perd jamais ses moyens.
35:51Après quatre jours de procès
35:53voici le verdict.
35:55Jean-Luc Vadin
35:56du sang dans le vignoble
35:57champenois
35:58c'est le crime
35:58le plus répugnant
35:59qui soit depuis l'antiquité.
36:01L'enquête de l'heure du crime
36:02je vous retrouve tout de suite
36:03sur RTL.
36:0514h15
36:06c'est l'heure du crime
36:07tu viens quand tu veux
36:08tu sais
36:08le 9 janvier
36:09est dans la limite des stocks
36:1014h15
36:12c'est l'heure du crime
36:14sur RTL
36:15dans l'heure du crime
36:16aujourd'hui
36:17le meurtre de
36:18Jean-Luc Vadin
36:18viticulteur en champagne
36:20abattu par son fils
36:21en septembre 2022
36:22un parricide
36:23l'accusé
36:24âgé de 36 ans
36:26comparé aux assises
36:27trois ans plus tard
36:28les jurés vont rendre
36:29leur verdict.
36:29Jeudi 27 novembre 2025
36:33après quatre jours de procès
36:34la cour d'assises de la Marne
36:36condamne
36:37Yann Vadin
36:38à 25 ans de prison
36:39aucune peine de sûreté prononcée
36:41c'est une peine correcte
36:43adaptée à la gravité des faits
36:44et à l'attitude du fils
36:45indique la partie civile.
36:48Yann Vadin
36:48qui n'aura guère relevé les yeux
36:50lors de son procès
36:51n'a jamais expliqué clairement
36:52ses motivations
36:53l'avocate générale
36:55Mathilde Campagny
36:56lui avait lancé
36:57votre crime
36:58c'est le crime
36:59le plus répugnant
37:00qui soit
37:01depuis
37:02l'antiquité.
37:04C'est une peine correcte
37:05c'est-à-dire que
37:06si on était allé en dessous
37:08il y aurait eu
37:09une dimension dérisoire
37:10vous savez
37:11la famille elle est venue
37:12et elle a dit
37:13pas de haine
37:14pas de vengeance
37:15que de la justice
37:16donc voilà
37:17justice est rendue.
37:20La voix que vous avez reconnue
37:21c'est la voix de maître
37:22Gérard Chemla
37:23sur
37:23Ici Champagne Ardennes
37:25Gérard Chemla
37:25qui est avec nous
37:26dans le studio
37:28de l'heure du crime
37:29alors
37:29encore un petit mot
37:31là-dessus
37:31parce que c'est très intéressant
37:32le parricide
37:33c'est pas un crime
37:34anodin
37:35l'avocate générale
37:36va dire
37:37votre crime
37:37c'est le crime
37:38le plus répugnant
37:39qui soit
37:39depuis l'antiquité
37:41il y a très peu
37:43de parricide
37:43finalement
37:44très très peu
37:44alors déjà
37:45elle a raison
37:45puisque dans l'antiquité
37:47on considérait le parricide
37:48comme le crime
37:49le plus grave
37:49et on coupait
37:51la main du parricide
37:52avant de l'exécuter
37:53symboliquement
37:55c'était important
37:56et il y a très très peu
37:58de parricide
37:59lorsque
38:00les gens
38:01passent à l'acte
38:02que ce soit
38:03sur leur père
38:04ou sur leur mère
38:04on n'arrive jamais
38:06au procès
38:06parce qu'ils sont
38:07déclarés irresponsables
38:08ce sont la plupart du temps
38:10des psychotiques
38:11et ça a été recherché
38:12chez Yann Vadin
38:13ça aurait été une explication
38:14et ce n'est pas le cas
38:14et ce n'est pas le cas
38:15du tout
38:16non seulement
38:17il n'est pas psychotique
38:18mais il a une intelligence
38:20plutôt au-dessus de la moyenne
38:21c'est un premier de la classe
38:22il est extrêmement maître
38:24de ses émotions
38:25il est très déterminé
38:27il ment
38:29avec un bel acharnement
38:31et il tue pour rien
38:32il tue pour de l'argent
38:34qu'il avait finalement déjà
38:35puisque son père
38:36lui avait déjà
38:37tout donné
38:38alors là
38:39qu'est-ce qu'il y a
38:39un chaînon manquant
38:40en quelque sorte
38:41je pense
38:42on ne comprend pas très bien
38:42c'est vrai
38:43bon c'est intéressant
38:44mais là on ne comprend pas
38:45très bien cet acte
38:47il a fait croire
38:48à l'expert psychiatre
38:49qui a mordu à l'hameçon
38:51qu'il était sous l'emprise
38:52de son père
38:53l'emprise
38:54à l'audience
38:55elle a éclaté
38:56complètement
38:57ça n'a pas été
38:58les témoignages
38:58l'a balé
38:59on n'était pas dans
39:00de l'emprise
39:00le seul tort du père
39:02c'est de jamais
39:03lui avoir dit
39:04maintenant ça suffit
39:05tu arrêtes tes bêtises
39:06il n'était pas frontal
39:07il avait peur de perdre
39:09son fils
39:09comme il avait perdu sa fille
39:10puisque la fille
39:11avait choisi le camp de la mer
39:12il avait rompu les contacts
39:14et donc
39:14il a cédé trop de choses
39:16ça c'est l'erreur du père
39:17et
39:18cette emprise
39:20qui avait été
39:21vendue
39:22ou en tout cas
39:23achetée par les psychiatres
39:24elle n'a pas résisté
39:25et elle n'a pas résisté
39:26à l'expert psychologue
39:27qui lui a fait un travail
39:28remarquable
39:29qui a dit
39:30il n'est pas dépressif
39:31il n'est pas suicidaire
39:33il n'est pas sous emprise
39:34il ment
39:35il est déterminé
39:37il est capable
39:37de beaucoup de froideur
39:38et il ajoute
39:40à ce moment-là
39:41il doit y avoir
39:42une raison à son acte
39:44qui nous est
39:45pour l'instant
39:45cachée
39:46une raison qui échappe
39:47et jusque-là
39:48le juge n'était pas intéressé
39:50par la dimension financière
39:51des choses
39:52et c'est à partir
39:53de ce moment-là
39:54que le juge accepte
39:55de faire les investigations
39:57qu'on lui demandait
39:58depuis le début
39:58pour comprendre
40:00comment
40:01et combien
40:02il avait
40:02puisé dans la caisse
40:04Oui mais ça c'est intéressant
40:05de voir cette mécanique
40:07parce qu'effectivement
40:07elle est compliquée
40:08à décrire
40:09et les experts
40:11ils sont
40:11en partie
40:12passés à côté
40:13de ce garçon
40:15il faut bien le dire
40:15Maxime Mascoli
40:17vous êtes avec nous
40:18dans l'ordre du crime
40:18journaliste
40:19au quotidien
40:19l'Union
40:20vous avez suivi
40:21toute cette affaire
40:21vous étiez au procès
40:23lorsqu'il y a ce
40:24verdict
40:25est-ce que
40:26comment réagit la salle
40:28comment réagissent
40:29les partis civils
40:30les gens qui sont là
40:31Certains soulagements
40:33d'après ce que j'ai pu voir
40:35dans la salle
40:35parce que c'est quand même
40:3625 ans de prison
40:37même s'il n'y a pas
40:38de rétention de sûreté
40:39ce que certains
40:39ont regretté toutefois
40:42mais en tout cas
40:43moi ce que je retiens
40:43c'est les partis civils
40:44effectivement comme disait
40:45Maître Schemla
40:45étaient vraiment très dignes
40:46et ils sont sortis
40:47satisfaits
40:49du tribunal
40:50quant à l'action
40:51justement
40:52que j'ai scruté
40:52évidemment
40:53de M. Yann Vadin
40:54il est resté
40:55parfaitement stoïque
40:56aucune expression
40:57n'est ressortie
40:59Il n'y a pas eu
41:00un mot
41:00il n'y a pas eu
41:01quoi que ce soit
41:01Strictement rien
41:03C'est ça
41:03il est resté
41:04sur ses positions
41:05est-ce que
41:06Maxime Mascoli
41:07encore une question
41:08est-ce que vous avez eu
41:09vous avez bien suivi
41:10cette affaire
41:10vous la connaissez très bien
41:11est-ce que vous avez eu
41:12des réponses
41:13à certaines questions
41:14est-ce que tout a été dit
41:15ou bien
41:15il y a des choses
41:16qui restent un petit peu
41:17en l'air
41:18Comme disait justement
41:19Maître Schemla
41:20en fait
41:20la grande question
41:21la grande déception
41:23peut-être de ce procès
41:24c'est qu'on n'a toujours
41:25pas bien compris
41:25pourquoi il avait fait cela
41:28des premiers jours
41:30du procès
41:31à la toute fin
41:32il avait clamé
41:33une nouveauté
41:34on n'en a pas encore parlé
41:34qu'en fait
41:35il voulait se suicider
41:36tout à fait
41:37qui a beaucoup perturbé
41:38la salle
41:40en fait il a expliqué
41:41que non
41:41il était venu
41:42pour se suicider
41:43et qu'au dernier moment
41:45il a décidé
41:45de s'en prendre à son père
41:46qui lui mettait
41:4730 pressions
41:47c'est quelque chose
41:49qui ne résiste pas très bien
41:50face à tous les faits
41:51qu'on a énoncés
41:51précédemment
41:52et son avocate
41:54de la défense
41:55elle ne voulait absolument pas
41:56que ça soit
41:57considéré comme
41:59une histoire d'argent
42:00elle voulait montrer
42:01que c'était juste
42:02la pression
42:02qui lui avait poussée à bout
42:03il n'y a aucune preuve tangible
42:06qui ont montré
42:07il n'y a pas de texte
42:08de messages
42:08qu'il a laissés
42:09ou de phrases de sa part
42:10où il explique
42:11que oui c'était bien
42:12pour s'emparer
42:13de l'affaire de son père
42:14régler toutes ses dettes
42:15ce ne sont que des suspicions
42:16et je ne sais pas
42:17si on saura un jour
42:18pour quelle raison
42:19il avait décidé
42:19de tuer son père exactement
42:21c'est un peu ça
42:21qu'il laisse sur notre fin
42:22Nelly Minguet
42:23un mot
42:24pour conclure cette émission
42:26vous êtes la soeur
42:27de Jean-Luc Vadin
42:28est-ce que
42:29aujourd'hui
42:30après tout ça
42:31toute cette histoire
42:32est-ce que vous
42:32lui pardonnerez
42:34à votre neveu ?
42:36non je ne peux pas
42:36lui pardonner
42:37il a gâché
42:38la vie de tout le monde
42:39la scène en premier
42:41bien sûr
42:41mais il a gâché
42:42nos vies
42:43mon frère
42:44c'était quelqu'un de bien
42:46il ne méritait pas ça
42:47merci beaucoup
42:49Nelly Minguet
42:50maître Gérard Chemla
42:51et Maxime Mascoli
42:53d'avoir été aujourd'hui
42:54les invités de l'heure du crime
42:55merci à l'équipe de l'émission
42:56rédactrice en chef
42:57Justine Vigneault
42:58préparation
42:59Lisa Canalet
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