- il y a 7 semaines
Jean-Jacques Le Page, 67 ans, un riche veuf qui rêvait de trouver l'âme sœur. A l'été 2009, il est retrouvé carbonisé dans sa grande maison, en Bretagne. Il a reçu quinze coups de couteau. La silhouette d'une jeune femme va surgir dans l'enquête, et y rester de longues années.
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.
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00:00Le crime, c'est tout de suite.
00:0314h15, c'est l'heure du crime sur RTL.
00:06Jean-Alphonse Richard.
00:08Ce retraité de 67 ans a été retrouvé dans sa maison calcinée à Plougonvelin dans le Finistère.
00:13Il était mort avant l'incendie.
00:15Les enquêteurs ont retrouvé des coups de couteau sur son corps.
00:18Et on apprend qu'une jeune femme vient d'être présentée au juge d'instruction.
00:22Bonjour, Jean-Jacques Lepage, 67 ans.
00:26Un riche veuf qui rêvait de trouver l'âme sœur.
00:28A l'été 2009, c'est la mort qui l'a trouvée.
00:31Carbonisée dans sa grande maison en Bretagne, 15 coups de couteau.
00:35Une jeune femme va être au centre de l'enquête.
00:37Son profil, déroutant, inattendu, machiavélique même pour certains.
00:42Jean-Jacques Lepage, la visiteuse de la corniche.
00:45L'heure du crime, la seule émission radio 100% fait divers.
00:48C'est tout de suite sur RTL.
00:50Vendredi 24 juillet 2009, 5h07 du matin,
01:00une femme qui habite boulevard de la corniche à Plougon-Velin,
01:04à une demi-heure de Brest, appelle les pompiers.
01:07Elle aperçoit des lueurs qui ressemblent à des flammes dans la maison de son voisin.
01:12Les pompiers estiment qu'il n'y a pas d'urgence, ils ne se déplacent pas.
01:16À 9h, la voisine rappelle. Elle signale de la fumée.
01:21Cette fois, les pompiers sont sur place.
01:23La belle villa, protégée par un haut mur et un portail sécurisé,
01:28est dévorée par les flammes.
01:30Le clocheton du toit s'effondre au deuxième étage, dans une chambre.
01:34C'est encore presque entièrement calciné qu'on retrouve.
01:37Au sol, une carcasse marcie de pistolets.
01:41La victime est rapidement identifiée comme étant le propriétaire.
01:45Jean-Jacques Lepage, 67 ans, ancien opticien qui a réussi dans la prothèse auditive.
01:52Il vivait seul dans cette grande maison,
01:54alors que la polémique enfle sur l'intervention des pompiers, beaucoup trop tardive.
01:59Les experts sont à pied d'œuvre.
02:01Selon eux, le sinistre est criminel.
02:03Le feu a pris sur le dessus du lit où se trouvait la victime, puis il s'est propagé.
02:08Le lendemain, le médecin légiste livre à son tour ses conclusions.
02:13Jean-Jacques Lepage n'a pas été asphyxié par les fumées.
02:17Il était déjà mort, ou expirant, quand le feu s'est déclaré.
02:21Il venait d'être tué de 15 coups de couteau au thorax.
02:25Blessé aussi à un œil par de la limaille de fer, un tir de pistolet à grenaille.
02:31L'heure du décès se situe entre 23h et minuit.
02:34Une information judiciaire pour meurtre est ouverte.
02:36Les enquêteurs inspectent les ruines noircies de la maison de la Corniche.
02:42Une bouteille de champagne ouverte avec deux verres est dans le salon, mais à part ça, les flammes ont détruit beaucoup d'indices.
02:48Toutes les fenêtres étaient verrouillées quand le feu s'est déclaré, à l'exception de celle du cabinet de toilette.
02:55Quelqu'un est passé par cette ouverture.
02:57Une empreinte de chaussure de sport de marque Vance, pointure 44, est relevée sur la cuvette du WC.
03:06Jean-Jacques Lepage, retraité aisé, affable, poli, serviable, était du genre discret.
03:11Même s'il sortait beaucoup ces derniers temps.
03:14Veuf depuis deux ans, mais séducteur dans l'âme.
03:17Il avait l'idée de refaire sa vie.
03:19Il fréquentait notamment le Club 46, un bar à hôtesse de Brest.
03:24Il aimait s'entourer de jeunes femmes.
03:25Les investigations s'intéressent ainsi à une certaine Lola.
03:29Entrée dans sa vie depuis quelques semaines, la sœur de Jean-Jacques Lepage témoigne.
03:34Mon frère en parlait.
03:36Il s'imaginait qu'elle était avec lui pour ses beaux yeux.
03:38Je le trouvais naïf.
03:40Il la croyait très attachée.
03:41Il commençait même à parler mariage.
03:46Samedi 25 juillet, lendemain de la découverte du corps de Jean-Jacques Lepage,
03:49les gendarmes de Brest recueillent de troublants témoignages.
03:52Dans la nuit du 23 au 24 juillet, peu avant minuit,
03:56des jeunes gens ont pris en voiture une femme de leur âge
03:59qui marchait sur le boulevard de la Corniche à Plougon-Velin,
04:04décrite par ces fêtards comme amorphe, défoncée ou paumée.
04:09Elle leur a dit se prénommer Marie et les a suivis à une fête dans un appartement.
04:13Un garçon a tenté de la draguer.
04:15Elle a pris une douche toute habillée avec lui, mais a refusé tout rapport sexuel.
04:19Elle s'est d'ailleurs rapidement montrée agressive.
04:22Elle se présentait comme une maîtresse sado-mazo.
04:26Elle a giflé le garçon sans prévenir,
04:28lequel a aperçu aussitôt dans son sac un couteau avec du sang dessus.
04:33Deux autres participants déclarent aussi avoir vu un ou deux couteaux de type boucher dans la besace.
04:39Les jeunes gens racontent que la mystérieuse Marie est repartie le lendemain en fin de matinée.
04:44Elle était énervée de ne pas retrouver 500 euros dans son sac.
04:48Un peu plus tard, la même jeune femme a été aperçue sur la plage des trois curés,
04:53en contrebas de la maison calcinée de Jean-Jacques Lepage.
04:57Des passants ont été surpris car elle se baignait toute habillée, décrite comme une zombie.
05:03Un ouvrier qui travaillait sur un chantier a échangé quelques mots avec elle.
05:07Elle était incohérente.
05:09Elle passait des rires aux pleurs.
05:10Elle disait qu'elle irait en prison, témoigne-t-il.
05:12La jeune femme est identifiée comme étant la fameuse Lola que fréquentait Jean-Jacques Lepage.
05:18Sa véritable identité est Laetitia Monnier, 24 ans.
05:24Une jeune femme que les enquêteurs veulent absolument interroger,
05:28à défaut d'être suspecte, elle est à ce stade la témoin ou le témoin, pardon, numéro 1.
05:32On sait avec certitude qu'elle était très proche de la victime et qu'elle avait ce soir-là rendez-vous avec lui.
05:37J'ai ajouté à cela l'attitude déroutante de la fameuse Lola, Laetitia Monnier, au lendemain du crime.
05:43Eh bien, ça fait désidément beaucoup.
05:45Il faut absolument entendre cette femme.
05:49Alors, il faut, pour bien comprendre cette histoire, il faut repartir dès le début.
05:53Et on le fait, vous le savez, vous êtes habitués de l'heure du crime, on le fait très souvent.
05:56Il faut repartir de la scène de crime.
05:59Bonjour, Maître David Rajou.
06:01Bonjour.
06:02Merci beaucoup d'être avec nous en direct dans l'heure du crime.
06:05Vous êtes avocat au barreau de Brest et dans cette affaire, vous défendez Pierre-Yves Lepage.
06:11Alors, Pierre-Yves Lepage, c'est le fils, tout simplement, de Jean-Jacques Lepage.
06:15Autant dire que vous connaissez parfaitement ce dossier, Maître Rajou.
06:17Évidemment, on va revenir bientôt au rebondissement dans cette histoire.
06:21Ils sont nombreux.
06:23Il y a déjà une question qui se pose, Maître Rajou.
06:26J'ai l'impression qu'on n'a pas de chance dans cette enquête.
06:28Parce que si les pompiers étaient intervenus plus tôt, ils n'auraient pas certainement pu sauver la victime.
06:32Parce que Jean-Jacques Lepage, il était déjà mort.
06:35Mais sans doute, des indices auraient pu être préservés.
06:38Tout à fait.
06:40Une de la difficulté de ce dossier, c'est qu'on a une scène de crime qui est quasiment détruite.
06:46Avec un incendie qui a brûlé l'étage et le lieu où est découvert le corps.
06:54Et c'est d'autant plus dommageable, vous l'avez évoqué dans votre présentation,
06:58c'est qu'on a une alerte auprès des pompiers dans la nuit.
07:02Très tôt.
07:04De mémoire, vers 5h du matin.
07:08Avec une description d'un incendie manifeste.
07:13Et l'opérateur qui prend l'appel ne va pas réagir.
07:19Et ce n'est que vers 10h, 11h que les pompiers vont intervenir.
07:25Donc vous imaginez un feu qui couvre sans doute depuis minuit.
07:31Les dégâts que ça a pu faire sur une scène de crime.
07:35Et ça a de l'importance.
07:37Puisque les différentes versions qui vont être livrées par l'accusé ultérieurement
07:45vont s'appuyer notamment sur l'absence d'éléments objectifs
07:51permettant d'étayer une culpabilité certaine.
07:53Et ça effectivement c'est toujours compliqué dans une enquête.
07:57Alors tant pis pour ces indices.
07:58C'est plutôt dommage.
07:59On ne les retrouvera pas.
08:01Autre question.
08:02Il y a les coups de couteau.
08:0415 coups de couteau qui sont portés au thorax.
08:07Alors je ne suis pas un spécialiste absolument.
08:10Je ne suis pas un médecin légiste.
08:11Mais ça signifie un acharnement.
08:13Vous confirmez Maître Rajou ?
08:15Tout à fait.
08:16Alors on a de la chance également.
08:18Puisque le corps est carbonisé bien évidemment.
08:20Et grâce au formidable boulot de la médecine légale,
08:25ils arrivent à objectiver 15 plaies sur le corps carbonisé.
08:31Donc 15 plaies par arme blanche.
08:35Ce qui témoigne à tout le moins d'un acharnement.
08:40Bien sûr.
08:40On peut dire pour synthétiser qu'on ne lui a laissé aucune chance à M. Lepage.
08:48Un mot justement sur Jean-Jacques Lepage.
08:50Alors vous avez appris à le connaître cet homme.
08:52C'était un retraité.
08:54Il est veuf depuis deux ans.
08:55Il a envie de refaire sa vie.
08:56C'est bien normal.
08:58Il sort pas mal c'est ça à peu près le portrait qu'on peut faire de Jean-Jacques Lepage.
09:02Il a 67 ans.
09:04Alors comme malheureusement tout procès criminel c'est le grand absent.
09:08Donc on va parler lors des deux procès en son nom.
09:15Mais pour faire simple sur une vie qui a été très riche.
09:21Il est né dans une famille de commerçants brestois.
09:24Il fait des brillantes études d'opticiens.
09:27Une réussite professionnelle qui va rapidement venir.
09:31Il est très proche notamment de son fils.
09:34Week-end en famille avec le fiston et les petits-enfants.
09:37Et à partir des années 2000 il va avoir un passage à vide.
09:44Où il commence à sortir.
09:47Malheureusement son épouse décède en 2006 d'un cancer généralisé.
09:51Il l'accompagnera jusqu'en 2008.
09:55Et il perd un petit peu pied cette année-là entre 2008 et 2009.
10:00avec des sorties nocturnes, des fréquentations de bars.
10:06Oui et ce sont effectivement des fréquentations qui peuvent s'avérer parfois risquées et dangereuses.
10:14Encore une question au maître David Rajou.
10:16On recherche Lola.
10:17Alors Lola elle est partout.
10:18C'est la femme qui serait même la femme de sa vie.
10:22Puisqu'il va dire qu'il avait envie de se marier avec elle.
10:24C'est la jeune femme qui est dans le coin.
10:29Justement qui est-elle cette femme ?
10:32Laetitia Monnier.
10:32Alors au départ les enquêteurs ne font pas le rapprochement entre Lola et Laetitia Monnier.
10:40Puisqu'ils ont effectivement le nom de Lola.
10:43Une fois que le rapprochement est effectué par les services enquêteurs,
10:48on démêle la pelote et on découvre qu'effectivement on a affaire à une jeune femme
10:55qui perce une activité dans un bar à hôtesse depuis le mois de juillet.
11:03Donc son activité c'est de faire voir les clients.
11:05tout en étant a priori interdit d'avoir des relations tarifées avec ses clients
11:14et qu'elle fréquente effectivement M. Lepage
11:19avec qui elle consomme de l'alcool régulièrement dans le cadre de ce bar à hôtesse.
11:28Laetitia Monnier, l'hôtesse au bouchon, l'hôtesse de ce bar va être interrogée.
11:33L'affaire Jean-Jacques Lepage, la visiteuse de la corniche.
11:36J'ai vu Jean-Jacques au sol, un couteau par terre du sang partout.
11:39Il a dit, vous m'avez tué.
11:41L'enquête de l'heure du crime.
11:42On se retrouve dans un instant sur RTL.
11:4514h15 heure, c'est l'heure du crime sur RTL.
11:49Avec Jean-Alphonse Richard.
11:50Limitez les aliments gras, salés et sucrés.
11:5314h15 heure, Jean-Alphonse Richard sur RTL.
11:58L'heure du crime.
11:59Au programme aujourd'hui de l'heure du crime, l'affaire Jean-Jacques Lepage.
12:02Cet audio-prothésiste a été retrouvé calciné chez lui dans le Finistère le 24 juillet 2009.
12:09Il avait reçu auparavant 15 coups de couteau.
12:12Une jeune femme lui aurait rendu visite.
12:14Cinq jours après le meurtre, elle va être placée en garde à vue.
12:18Mercredi 29 juillet 2009 à 15h.
12:21Laetitia Monnier, 24 ans, silhouette mince, cheveux bruns coupés au carré, est interpellée dans une rue de Concarneau.
12:27Placée en garde à vue, elle reconnaît qu'elle était en relation avec Jean-Jacques Lepage.
12:32Elle l'a effectivement rencontrée à Brest au Club 46 où elle travaille comme hôtesse.
12:37Ils ont sympathisé même si elle affirme qu'il ne s'est jamais rien passé entre eux sur le plan sexuel.
12:43Vendredi 23 juillet, il l'a appelée pour l'inviter à dîner.
12:47Ils se sont retrouvés dans une galerie marchande à Brest au Flunch.
12:50Une note de restaurant portant l'heure de 18h43 a effectivement été découverte dans l'auto de la victime.
12:58Elle s'est ensuite rendue chez Jean-Jacques Lepage.
13:01Ils ont bu un peu de champagne, ils en sont restés là.
13:03Elle est partie autour de 23h30.
13:05Selon elle, Lepage était vivant quand elle l'a quittée.
13:09Réentendu, Laetitia Monnier change de version.
13:12Elle cite une de ses connaissances, un Brestois qui zone dans le coin, William R, 22 ans.
13:19La jeune femme explique que pendant que Jean-Jacques Lepage lui faisait couler un bain pour qu'ils le prennent ensemble,
13:24elle a fait entrer dans la maison William R.
13:27Il était prévu qu'il vole de l'argent, des objets de valeur.
13:31Lepage l'aurait surpris en plein travail.
13:34William, qu'elle appelle Will, aurait sorti un couteau.
13:37Elle a entendu un cri, elle est montée à l'étage.
13:39J'ai vu Jean-Jacques au sol, un couteau par terre, du sang partout.
13:43Il a dit, vous m'avez tué.
13:45Oui, il a paniqué et a décidé de mettre le feu, déclare-t-elle.
13:48Elle se dit victime d'avoir assisté à tout ça.
13:51Elle est mise à l'examen pour assassinat.
13:53Vendredi 31 juillet 2009, William R est interpellé à Marseille.
13:59Il ne se savait pas rechercher.
14:01Il venait de se présenter à un poste de police pour déclarer la perte de ses papiers.
14:06En garde à vue, William dit qu'il connaît Laetitia Monnier, mais seulement sous le prénom de Marie.
14:12Il la présente comme une amie et ne cache pas qu'il en est secrètement amoureux.
14:16Il sait qu'elle était hôtesse de bar.
14:19Elle lui a dit, une fille un peu spéciale, déclare-t-il, qu'il y a toujours un couteau sur elle.
14:23Elle lui a fait cette réflexion.
14:25Moi, on ne me viole pas, j'ai un schlass.
14:28William R tombe des nus quand il apprend que Laetitia l'implique dans l'assassinat d'un homme.
14:33Il est abasourdi.
14:34Elle a tout inventé, elle se sert de moi, je suis sa proie.
14:37C'est un roman inventé, clame-t-il, le soir du drame.
14:41Il n'était pas à Plougon-Velin, mais chez lui, à Brest.
14:44Il attendait Laetitia.
14:46Il avait préparé un petit apéro, en tête-à-tête.
14:49Elle était en retard, il a essayé de la joindre.
14:51Vers 21h, elle lui a répondu qu'elle était encore avec son client.
14:55Un client, disait-il, disait-elle, qu'elle n'aimait pas, mais qu'il lâchait des thunes.
15:01Elle n'est jamais venue.
15:03À la quatrième audition de garde à vue, William R craque.
15:06Il reconnaît la tentative de vol.
15:09Selon lui, c'était l'idée de la jeune femme.
15:12Il était ivre, il ne voulait pas agresser le retraité.
15:15Je voulais de l'argent, c'est tout.
15:17Je ne me souviens même pas de l'avoir planté.
15:19C'était un accident, explique-t-il.
15:22Vendredi 25 septembre 2009, un mois après ses aveux,
15:25William R écrit au juge de Brest pour se rétracter.
15:28S'il a parlé, c'était sous la pression de la garde à vue.
15:31Je n'ai jamais tué personne, j'en suis pas capable, écrit-il.
15:34Les marques sur son corps, prises pour des brûlures de l'incendie, seraient dues à un accident de skateboard.
15:41Quant à l'empreinte de chaussure taille 44 retrouvée sur la scène de crime,
15:46elle ne peut pas lui être formellement attribuée.
15:48Le suspect est donc remis en liberté.
15:51Sous contrôle judiciaire, il reste mis en examen pour assassinat.
15:55Laetitia Monnier maintient qu'il est l'auteur des coups de couteau.
15:58Dès lors, elle ne va cesser de changer de version.
16:01Elle met en cause un autre homme, Habib, lui aussi aurait visité la maison avec un couteau.
16:06L'individu sera entendu et mis hors de cause de longs mois plus tard.
16:13Enquête qui va devoir progresser au rythme des déclarations désormais changeantes et décousues de Laetitia Monnier
16:19et des dénégations de William Ayer, à lui, il ne cesse de répéter qu'il a été piégé par cette jeune femme qui l'accuse.
16:25Le déroulé des faits laisse pourtant penser qu'il y aurait deux personnes sur la scène de crime.
16:32Mais est-ce qu'il s'agit vraiment de ce jeune homme, cette deuxième personne ?
16:36Ça sera à suivre dans le chapitre suivant de l'heure du crime.
16:39Bonjour Maître Patrick Larvore.
16:42Bonjour Monsieur Jean-Alphonse Richard, très heureux d'être parmi vous aujourd'hui.
16:46Merci beaucoup à vous, surtout d'être avec nous en direct dans l'heure du crime.
16:50C'est un plaisir de vous avoir.
16:51Vous êtes avocat au barreau de Brest, avocat de William Ayer.
16:58Alors William Ayer, on ne donnera pas son nom, évidemment, parce qu'on verra ce qui s'est passé par la suite.
17:02Donc William, c'est votre client.
17:06Parlons de la garde à vue de Laetitia Monnier.
17:09Elle n'a pas l'air vraiment décontenancée par sa garde à vue.
17:12Et puis très vite, elle va mettre en cause William, c'est un ami à elle.
17:17Oui, effectivement, vous avez parfaitement raison, Monsieur Richard.
17:20Vous avez eu l'occasion de le dire à l'instant.
17:23Et on voit bien la physionomie de l'enquête telle qu'elle va se dérouler par la suite pendant près de huit années.
17:29Les déclarations de Laetitia Monnier ont été pour le moins changeantes.
17:34Mais elle a toujours eu à cœur d'accuser mon jeune client qui avait 22 ans à l'époque, William,
17:41d'avoir tué Monsieur Jean-Jacques Lepage, effectivement.
17:45William, il est mis en cause, mais il craque quand même.
17:49Et il va donner des éléments, parce qu'on va dire qu'il dit qu'il n'y est pour rien.
17:54Mais enfin, il a raconté toute l'enquête, quasiment, tout ce qu'il a pu trouver sur place.
17:57Alors, c'est vrai qu'il faut revenir un petit peu en arrière sur cette garde à vue
18:04qui a duré un certain nombre d'heures.
18:08Je crois avoir décompté à peu près une douzaine d'heures d'interrogatoires.
18:13Ils se sont déroulés sur quatre interrogatoires.
18:16Et c'est à l'occasion du dernier que William R. va passer aux aveux.
18:24Alors, c'est vrai que j'ai qualifié ces aveux de faux aveux.
18:28On aura peut-être l'occasion d'y revenir tout à l'heure.
18:30Et j'ai eu l'occasion d'expliquer que c'était en fait lié à sa personnalité.
18:35Et peut-être que tout à l'heure, on aura l'occasion également d'en reparler.
18:38Un mot là-dessus, parce que c'est un garçon fragile, c'est ça ?
18:42C'est un garçon qui est extrêmement fragile.
18:45Et sans vouloir dévoiler la suite de votre émission,
18:48c'est vrai que les experts étaient unanimes pour dire
18:52que c'était une personnalité d'une fragilité extrême.
18:56Et que face à la pression, si vous voulez, il était passé aux aveux
18:59pour fuir ce moment d'angoisse qui montait en lui.
19:04Oui, c'est ça, parce qu'il était opprimé par cette garde à vue.
19:06Alors, ce n'est pas le premier qui revient sur ses aveux
19:09après une garde à vue qui est toujours un moment très compliqué.
19:12Mais on va voir évidemment ce que va donner encore cette enquête
19:15qui ne fait à ce moment-là que commencer.
19:17Maître David Rajou, on vous rejoint évidemment dans cette heure du crime.
19:20Vous êtes l'avocat de Pierre-Yves Lepage.
19:22C'est le fils de la victime.
19:25Elle est très difficile à suivre, cette femme.
19:28C'est le moins qu'on puisse dire, Laetitia Monnier.
19:30Parce qu'elle ajoute chaque fois quelque chose à ses déclarations.
19:34Elle change plus ou moins de version.
19:36C'est très compliqué, je suppose, à suivre lors des procès-vergaux.
19:39Complètement.
19:40Alors, ça va être d'ailleurs, je dirais, une des particularités de Mlle Monnier.
19:47C'est qu'elle va cumuler deux systèmes de défense
19:51qui habituellement, devant les cours d'assises,
19:53sont utilisés de manière alternative, mais pas cumulés.
19:57C'est-à-dire que quand elle est mise en difficulté, elle ne se souvient pas.
20:02Et quand elle ne se souvient pas, c'est toujours quelqu'un d'autre.
20:08Et d'ailleurs, vous parliez de la garde à vue.
20:12Dès le début de la garde à vue, elle implique William Ayer.
20:18Tout en donnant d'ailleurs, et c'est un point que j'avais relevé
20:22lors du procès dans la cour d'assises,
20:24une description d'ailleurs terrifiante d'une scène de crime
20:29où Jean-Jacques Lepage baigne dans son sang
20:33après avoir reçu de multiples coups de couteau.
20:35Et moi, j'ai toujours pensé qu'à travers les mensonges,
20:39mais il fallait vraiment s'accrocher avec Mlle Monnier,
20:45à travers les mensonges, on avait toujours des parcelles de vérité de temps en temps.
20:48Tout à fait, mais c'est comme ça que ça marche d'ailleurs.
20:51Souvent, il y a des scènes qui sont décrites,
20:52parce qu'on a commis ces crimes, ça peut arriver.
20:57Maître Patrick Larvore, il est finalement libéré, votre client.
21:03Il a été mis en examen, il reste mis en examen à ce moment-là pour assassinat.
21:07Mais ça, c'est un signe déjà, parce qu'on sent qu'effectivement,
21:09ces poursuites contre lui, en tout cas, elles restent fragiles et faibles.
21:14Tout à fait.
21:16Alors, en fait, pour revenir un petit peu en arrière,
21:18je suis désigné par M. le bâtonnier de l'ordre des avocats le 10 septembre.
21:23Et mon client William est incarcéré depuis le 5 août,
21:27c'est-à-dire un peu plus d'un mois.
21:29Et donc, la première chose que je fais, de manière classique,
21:33je me rends à l'instruction pour consulter le dossier.
21:35Bon, c'est vrai qu'on voit, là, je prends connaissance de la procédure,
21:39comme l'a eu justement, comme l'a dit également un enquêteur
21:43de la gendarmerie de la section de recherche de Rennes.
21:47Quand j'arrive sous le dossier, il y a deux personnes incarcérées
21:50et je m'aperçois que les deux sont mis en examen pour assassinat.
21:57Pour moi, le dossier, au départ, est relativement, j'allais dire, clair.
22:01Sauf que, je m'aperçois à la lecture de la procédure,
22:05que lorsqu'il est traduit devant le juge des libertés et de la détention,
22:10il fait simplement des déclarations en disant « je suis innocent ».
22:13Oui, c'est ça.
22:14Et il écrit au juge d'instruction le 29 août 2009.
22:18Là, il explique qu'il n'a rien fait, qu'il n'est jamais allé à Plougon-Vlin.
22:21Autant vous dire qu'à ce moment-là, le feu rouge s'allume,
22:26et là, c'est le SAMU judiciaire, le SAMU du barreau qui se met en marche.
22:29J'ai plus tout de la procédure.
22:32Et finalement, ce qui est assez remarquable,
22:35c'est que l'examen approfondi de la procédure
22:37me donne à penser que les éléments d'accusation
22:40sont essentiellement des éléments subjectifs.
22:43Et que, par contre, les éléments objectifs plaident pour l'innocence de William.
22:47On lui aurait finalement suggéré certains éléments d'enquête lors de cette garde à vue.
22:52Une reconstitution et des doutes sur le scénario avancé.
22:55L'affaire Jean-Jacques Lepage, la visiteuse de la corniche,
22:59une lettre anonyme qui dit « Où sont les couteaux qui ont tué ? »
23:04L'enquête de l'heure du crime.
23:05Qui était vraiment là ce soir, le soir de la mort du retraité ?
23:08Pourquoi la mère de la suspecte numéro 1 était-elle dans les parages ?
23:12C'est à suivre dans un court instant sur RTL.
23:15Jean-Alphonse Richard sur RTL.
23:18C'est l'heure du crime.
23:19Sentez attention à l'abus d'alcool.
23:21L'heure du crime, présenté par Jean-Alphonse Richard sur RTL.
23:25Laetitia Meunier, on va lui demander
23:26« Mais comment vous donner le signal à William ? »
23:28Le top départ pour dire « Vas-y, rentre ! »
23:31C'est le moment, vas-y, rentre !
23:32Il n'y a pas d'appel sur vos téléphones.
23:34Comment vous irez vous donner ce signal ? »
23:36Et c'est là qu'elle ne va pas savoir quoi dire.
23:39Eh bien, elle ne va pas se démonter.
23:40Elle va dire « Eh bien, on avait les taquilles walkies. »
23:42Retour dans l'heure du crime.
23:45Sur l'affaire Jean-Jacques Lepage,
23:47cet audioprothésiste de renom, 67 ans,
23:49a été tué et brûlé chez lui en Bretagne à l'été 2009.
23:53Une jeune femme, 24 ans, et un jeune homme, 22 ans,
23:56sont mis en examen.
23:57Le second nie l'assassinat.
23:59Tous les doutes sont permis.
24:02Lundi 9 novembre 2009,
24:04Laetitia Meunier et William Ayer
24:05participent à la reconstitution
24:07de la mort violente de Jean-Jacques Lepage.
24:09Elles répètent que Will était bien avec elle.
24:12Il dément.
24:13Désormais, elle précise qu'ils avaient tous les deux
24:16des talkies walkies pour communiquer
24:18et que Lepage avait un revolver
24:21quand il a surpris Will en plein cambriolage.
24:23Elle maintient qu'un second individu,
24:25Habib, se trouvait devant la maison.
24:27La jeune femme ne va dès lors jamais
24:29cesser de fluctuer dans ses déclarations.
24:32Elle affirme que les lunettes de soleil
24:34ensanglantées retrouvées chez elle,
24:35dans son appartement,
24:37appartiennent à William.
24:38Mais sur ses lunettes,
24:40n'est détecté que son propre ADN
24:42mêlé au sang de la victime.
24:44William ne varie pas dans ses déclarations.
24:46Il n'est jamais entré dans cette maison
24:48le soir du drame,
24:49même si les enquêteurs estiment
24:51qu'il aurait pu passer par la fenêtre des toilettes.
24:53Un an et demi plus tard,
24:558 juin 2011,
24:56une lettre anonyme adressée au juge d'instruction
24:58indique où se trouve le sac à main
25:01de Laetitia Meunier.
25:02A l'intérieur se trouveraient
25:04deux couteaux utilisés pour l'assassinat.
25:06La besace est découverte,
25:08cachée entre les pierres d'un mur,
25:09dans un square à Brest.
25:11Deux couteaux sont bien dans le sac,
25:13mais ce ne sont pas les armes du crime.
25:17Vendredi 4 février 2011,
25:19Laetitia Meunier est libérée
25:20après deux ans de détention,
25:22placée sous contrôle judiciaire.
25:24Les enquêteurs s'interrogent
25:26sur les curiosités des expertises téléphoniques.
25:29Jean-Jacques Lepage a ainsi passé
25:31son dernier appel à 21h43,
25:33environ deux heures avant sa mort.
25:35Étonnant, le numéro contacté
25:37est celui de Chantal Meunier,
25:39la mère de Laetitia.
25:40Le numéro de la maman va encore borner
25:42le lendemain matin de l'assassinat,
25:44non loin de la maison calcinée
25:46du boulevard de la Corniche.
25:48La famille de la victime va s'interroger
25:50sur ces coïncidences,
25:52au point de se demander
25:53si Chantal Meunier n'aurait pas été envoyé
25:56dans la maison pour mettre le feu
25:58après les coups de couteau.
26:00Hypothèse en lendemain,
26:02la maman Chantal Meunier
26:03ne sera jamais inquiétée
26:05ou mise en cause.
26:08Et évidemment,
26:09cette reconstitution
26:11et puis ses propos,
26:12cette enquête qui progresse,
26:13on s'aperçoit que Laetitia Meunier,
26:16c'est une girouette.
26:18Maître Patrick Larvore en mot là-dessus,
26:21elle change sans arrêt de version.
26:22Alors votre client,
26:23c'est William R, je le précise.
26:25Lui, il ne bouge pas,
26:26il n'était pas là, etc.
26:28Il n'a pas grand-chose à raconter,
26:29mais elle,
26:30ça part dans tous les sens.
26:32Tout à fait,
26:33vous avez parfaitement raison.
26:34Je crois que
26:35dans l'ensemble de l'enquête judiciaire,
26:38il y a eu près de 14 versions,
26:39et encore,
26:40je ne suis pas sûr
26:40qu'en deçà de ce nombre.
26:44Et c'est vrai que William,
26:45quant à lui,
26:46il est toujours,
26:47j'allais dire,
26:48fidèle à la thèse
26:49qu'il a toujours soutenue,
26:50c'est-à-dire qu'il n'est jamais allé
26:51à Plougon-Vlin.
26:51Et quand on est embarqué
26:55dans une enquête de cette nature,
26:58je ne sais pas si on imagine
26:59à 22 ans se retrouver
27:00avec une accusation d'assassinat
27:02sur le dos,
27:05j'allais dire,
27:05les vrais innocents,
27:06vous savez,
27:06ils n'ont pas souvent grand-chose
27:08à dire
27:08que de dire qu'ils sont innocents.
27:11Et je dois dire
27:12que la peur de l'innocent,
27:14elle est plus grande
27:15que celle du coupable
27:16pour deux raisons.
27:17La première,
27:18c'est que les coupables,
27:19ils ont toujours
27:19une longueur d'avance
27:20et car ils connaissent
27:21la réalité des faits
27:22et ils sont donc capables
27:24potentiellement
27:24de, consciemment
27:25ou inconsciemment d'ailleurs,
27:27de la contourner
27:27ou de la dissimuler.
27:29L'innocent,
27:30quant à lui,
27:31lui qui se sait
27:32injustement accusé
27:33sans que le moindre mot
27:34et la moindre attitude
27:35peut être interprétée
27:36contre lui.
27:38Je sais qu'il se tait,
27:39il a des choses à cacher,
27:41il ne hurle pas son innocence,
27:43il se sent coupable
27:43et je dois dire
27:44que la reconstitution
27:45nous a permis aussi
27:46d'avoir un élément
27:48de cette nature
27:48c'est-à-dire que
27:50quand j'ai posé
27:51la question à William
27:52de savoir
27:53s'il envisageait
27:54de participer
27:54à cet acte
27:55mais d'une manière
27:56que certains
27:57pourront dire
27:57qu'elle était naïve,
27:59il a dit
27:59mais moi je n'ai rien
27:59à cacher,
28:00je vais participer.
28:01Il y a eu un avocat
28:03de la partie civile
28:04qui lui ont dit,
28:05qui lui ont reproché,
28:06enfin qui lui ont
28:07indiqué
28:09que c'était quand même
28:09pour le moins curieux
28:10de participer
28:11à un acte
28:11de cette nature
28:12alors que l'on se dit
28:14innocent.
28:14Et alors qu'il se dit
28:17étranger
28:17à toute cette affaire
28:19mais vous avez très bien
28:19exprimé Maître Larvore,
28:20c'est vrai,
28:21la démonstration
28:21elle est parfaite
28:22parfois quand on est innocent
28:23on ne sait pas se défendre,
28:24c'est très compliqué.
28:25Vous les avocats,
28:26évidemment vous êtes là
28:27pour faire le boulot.
28:29Maître David Rajou,
28:30vous êtes également
28:30avocat à Brest,
28:32avocat de Pierre-Yves Lepage,
28:34c'est le fils
28:35de la victime.
28:37L'enquête
28:37au total
28:38dure huit ans.
28:39Pourquoi elle s'est si long
28:40Maître Rajou ?
28:42Alors, il y a plusieurs facteurs.
28:46Bon, d'abord
28:46il y a le facteur inhérent
28:48au processus judiciaire,
28:50je dirais
28:51la lenteur
28:52de certaines investigations.
28:54On va quand même
28:55connaître trois juges
28:56d'instruction
28:57avant l'ordonnance
28:58de renvoi
29:00devant la cour d'assises.
29:01Mais, je dirais
29:02le cœur principal
29:03de la longueur
29:06de cette procédure,
29:07c'est,
29:09mon confrère l'a évoqué,
29:11c'est les différentes versions
29:12de Laetitia Meunier.
29:14Il faut bien comprendre
29:14que le magistrat instructeur,
29:17lorsque
29:17Mademoiselle Meunier
29:19lui présente
29:21une nouvelle version,
29:22étant donné que
29:23sur quasiment
29:24chacune des versions
29:25elle implique
29:26une tierce personne,
29:28des vérifications
29:29doivent être effectuées.
29:32Et donc,
29:33on a
29:33je dirais
29:35des dossiers,
29:37c'est le principe
29:38des poupées russes,
29:39Laetitia Meunier.
29:40Dès qu'elle est mise
29:42en cause,
29:42dès qu'elle est mise
29:43en difficulté,
29:44elle sort de son chapeau
29:45un nouvel élément
29:46et le magistrat instructeur
29:47qui fait son travail
29:48doit vérifier,
29:50ordonner
29:52des commissions
29:53rogatoires
29:53pour que les services
29:54de gendarmerie
29:55fassent les vérifications
29:56et on se retrouve
29:58avec une longueur
29:59de procédure.
30:00J'avais fait
30:01des comptes
30:02lorsqu'on s'était
30:03présenté au procès
30:04lors du premier procès.
30:06mes clients ont attendu
30:087 ans et 7 mois
30:10avant de pouvoir
30:11avoir un procès.
30:11Alors que le dossier
30:12en soi,
30:14si vous voulez,
30:14matériellement,
30:16il n'est pas si complexe
30:16que ça.
30:17C'est la personnalité
30:18de Meunier.
30:18Il est assez simple
30:19et effectivement,
30:20pour moi,
30:20je pense que c'est
30:21vraiment trop long.
30:22Je veux bien
30:22qu'il y ait des recours,
30:23etc.
30:23Mais à mon avis,
30:25à un moment donné,
30:25le juge d'instruction
30:26doit arrêter la pendule.
30:28Encore une question
30:29pour vous,
30:29Maître Rajoud,
30:30parce qu'elle est importante
30:30cette question.
30:31On dit qu'il y aura
30:31peut-être deux personnes
30:32qui étaient sur place,
30:33une personne qui aurait tué,
30:36donné les coups de couteau,
30:36puis après,
30:37une personne qui aurait
30:37mis le feu.
30:38On va voir apparaître
30:40la silhouette
30:41en filigrane,
30:43je le dis bien,
30:43de Chantal Meunier,
30:44c'est la maman de Laetitia,
30:46parce que son téléphone,
30:47il ne borne pas très loin,
30:48c'est ça ?
30:50Tout à fait.
30:51C'est un des regrets
30:51des partis civils,
30:53c'est qu'il n'y ait pas eu
30:55d'investigation plus importante
30:57concernant la mère
30:59de Laetitia Meunier,
31:01sachant que,
31:02matériellement,
31:04elle était dans la zone
31:06où le crime a été commis.
31:10Psychologiquement,
31:11d'un point de vue criminologique,
31:13son profil pouvait l'impliquer
31:15sur une affaire criminelle.
31:18Postérieurement au fait,
31:19on sait qu'elle a été en contact
31:20par téléphone,
31:22parce qu'elle était,
31:23Laetitia Meunier a été placée
31:24sur écoute,
31:26elles ont eu des contacts
31:27où elles cherchaient
31:28à dissimuler quelque chose,
31:29donc elle était à minima
31:31informée du crime
31:32et elle n'a jamais été
31:34placée en garde à vue,
31:36alors même,
31:37mais je crois que
31:38ça va être évoqué ultérieurement,
31:40mais je vais en parler.
31:40On va en parler,
31:43et alors même
31:44que l'enquête a duré
31:45huit ans,
31:45vous l'avez confirmée,
31:47Maître Rajou,
31:47donc effectivement,
31:48c'est étonnant
31:48que ces vérifications
31:49n'aient pas été faites.
31:51Huit ans après les faits,
31:52le procès aux Assises.
31:55L'affaire Jean-Jacques Lepage,
31:56la visiteuse de la Corniche,
31:57je me suis toujours demandé
31:58si ce n'était pas ma mère
32:00qui avait fait le coup.
32:02L'enquête de l'heure du crime.
32:03On se retrouve dans un instant
32:04sur RTL.
32:05L'heure du crime,
32:07c'est avec Jean-Alphonse Richard
32:08sur RTL.
32:09Parc Astérix !
32:11L'heure du crime,
32:12présentée par Jean-Alphonse Richard
32:14sur RTL.
32:16L'heure du crime,
32:16consacrée aujourd'hui
32:17à l'affaire Jean-Jacques Lepage,
32:19retrouvée mort,
32:19poignardée,
32:20brûlée chez lui en Bretagne
32:21en juillet 2009.
32:23Après huit ans d'enquête,
32:24deux suspects sont jugés,
32:25une jeune femme
32:26qui était sa maîtresse
32:27et un homme
32:27qu'elle a dénoncé.
32:30Mardi 28 février 2017,
32:32Laetitia Monnier,
32:3332 ans,
32:34cheveux noirs
32:34plaqués sur le crâne.
32:36Le regard perdu
32:37est dans le box des accusés
32:38de la cour d'assises
32:39du Finistère à Quimper.
32:41Elle dit ne se souvenir de rien,
32:43la faute selon elle
32:44au valium
32:44qu'elle ingurgite
32:45depuis une dizaine d'années.
32:47À côté d'elle,
32:47William Herr,
32:4830 ans,
32:50silhouette longiligne,
32:51visage pâle,
32:51se tient bien droit.
32:52Il comparaît libre,
32:54il répète qu'il n'a rien à voir
32:55avec cette affaire.
32:56La présidente
32:57aborde le parcours des accusés,
32:59elle s'attarde surtout
33:00sur celui de Laetitia Monnier.
33:01Cette hôtesse de bar de nuit,
33:04Call Girl,
33:05sous le pseudonyme de Lola,
33:06qui a toujours été
33:07sur la défensive
33:08avec les hommes.
33:09Elle affirme d'ailleurs
33:10n'avoir jamais couché
33:11avec un homme de sa vie.
33:13La jeune femme
33:14apparaît des plus instables.
33:16Un psychologue
33:16parle de fabulation,
33:18construction de personnages.
33:20Ces récits peuvent changer
33:21selon les intuitions du moment,
33:23écrit-il.
33:24Le docteur Kozik
33:25note que les trous
33:26de mémoire de l'accusé
33:27sont sélectifs.
33:29Ils ne concernent que
33:30le soir du crime.
33:31Là, étrangement,
33:33elle ne se souvient plus
33:34de rien, dit-il.
33:36Mercredi 1er mars,
33:37Laetitia Monnier
33:37provoque un coup de théâtre.
33:40Elle accuse sa mère.
33:41Je me suis toujours demandé
33:42si ce n'était pas elle
33:43qui avait fait le coup.
33:45Chantal Monnier,
33:46la maman,
33:46répond d'une petite voix.
33:48Ma fille se fait des scénarios,
33:50puis elle finit
33:50par se mettre à pleurer.
33:51C'est bizarre
33:52qu'elle veuille
33:52tout me mettre sur le dos.
33:54Elle n'est pas dans sa tête,
33:55raconte la maman.
33:56Pour la mort de Jean-Jacques Lepage,
33:59Chantal Monnier s'exclame
34:00« Non, c'est pas elle.
34:02Elle ne peut pas avoir
34:03ce degré de violence,
34:04je le sens. »
34:05Maître David Rajoux,
34:06avocat de la famille Lepage,
34:07interpelle alors l'accusé.
34:09« Votre mère était-elle présente
34:11le soir du meurtre
34:12à Plougon-Velin ? »
34:1330 longues secondes
34:14de silence,
34:15puis cette réponse,
34:16un non,
34:17sans véritable conviction.
34:20Après 4 jours d'audience,
34:21Laetitia Monnier
34:22est condamnée
34:22à 20 ans de prison.
34:23William R.,
34:24qui n'est jamais apparu
34:25au centre des débats,
34:26est acquitté.
34:28La fin, selon lui,
34:29de 8 ans de chaos.
34:32Et voilà donc
34:33pour le verdict
34:34de ce procès
34:35qui était très attendu.
34:36Alors effectivement,
34:37il ne faut pas
34:38se voiler la face,
34:39c'est Laetitia Monnier,
34:40la vedette,
34:41entre guillemets,
34:42de ce procès.
34:43En tout cas,
34:43c'est elle qui attire
34:44toute la lumière sur elle.
34:46Maître Patrick Larvor,
34:47je commence par vous,
34:47avocat à Brest,
34:48avocat de William R.,
34:49parce que c'est grâce à vous,
34:51d'ailleurs,
34:51que cet homme
34:52a été acquitté.
34:53Vous êtes allé chercher loin
34:54cet acquittement.
34:55Mais c'est vrai
34:56qu'à ce procès,
34:57et tant mieux pour vous,
34:57Maître Larvor,
34:58votre client,
35:00c'est un second couteau,
35:01finalement,
35:01il n'apparaît pas.
35:02On ne s'intéresse pas à lui.
35:04On sent bien
35:04qu'il n'était pas
35:05dans ce coup-là.
35:07Oui,
35:08mais vous savez,
35:08quand on arrive
35:09devant une cour d'assises,
35:10M. Richard,
35:11le résultat n'est jamais assuré.
35:13Et tout le travail
35:14que j'ai eu à déployer,
35:16c'était de démonter
35:17les cinq éléments
35:19d'accusation
35:19qui étaient les accusations
35:21de Laetitia Monnier.
35:21Bon, là,
35:22ça a été assez rapide
35:23compte tenu des 14 thèses
35:24qu'elle avait développées.
35:26Il y avait ces faux aveux
35:27puisqu'ils n'étaient
35:28ni spontanés
35:29ni circonstanciés
35:30et ils s'expliquaient
35:31par sa personnalité.
35:33Il y avait aussi
35:33l'élément de la semelle,
35:35de la Vansk 44
35:37sur la lunette des toilettes
35:38qu'il fallait démonter.
35:39Il y avait le départ
35:40précipité à Marseille.
35:41Il y avait une expertise,
35:43deux expertises
35:44qui avaient été faites
35:44à Marseille
35:45dans le cadre
35:45de la garde à vue
35:46dont une disait
35:49qu'il avait vécu
35:50dans un foyer
35:51d'incendie
35:52et que,
35:53tenez-vous bien,
35:54un explosif déflagrant
35:56avec détonateur électrique
35:58était l'agent causal.
35:59Donc,
35:59c'est dire
35:59qu'il a fallu
36:00guerroyer
36:01contre ces cinq éléments
36:02d'accusation
36:03et j'ai réussi
36:04peut-être aussi
36:05à remettre en parallèle
36:06les éléments objectifs
36:07qui mettaient hors de cause
36:09William Rolland,
36:10c'est-à-dire sa téléphonie
36:11qui le situait toujours
36:12à Brest.
36:13Et puis,
36:14donc...
36:15Bien sûr.
36:16Et juste un mot là-dessus,
36:18il va dire,
36:18à la sortie du procès,
36:20il est un peu sonné
36:20mais c'est normal,
36:21il a passé huit années
36:23mis en examen
36:23pour assassinat
36:24avec cette épée
36:25de Damoclès
36:25qu'il avait sur la tête.
36:27Il va dire,
36:27c'est la fin de huit ans
36:28de chaos.
36:29Vous le sentez
36:30complètement détruit,
36:32cet homme-là
36:33que vous défendiez ?
36:34Je puis vous dire
36:35que ça a été
36:36un moment extrêmement émouvant
36:38puisqu'elle énonçait
36:38du verdict.
36:41Véritablement,
36:41la chape de plomb
36:42qu'il traînait
36:42depuis huit années
36:43a explosé.
36:45Et vous ne le savez pas
36:47mais il est resté prostré
36:48sous sa chaise
36:49pendant une demi-heure
36:50avant de sortir.
36:51C'est ça.
36:51Et j'ai le souvenir
36:53émouvant
36:53de voir sa tante
36:54qui vient le chercher
36:55et qui lui dit
36:56William,
36:57tu vas te lever,
36:58tu étais un enfant
36:59en rentrant dans cette salle
37:00d'audience
37:00et tu ressortiras
37:02en tant qu'adulte.
37:03C'était très émouvant
37:04effectivement.
37:04Oui, effectivement.
37:05Mais effectivement,
37:06vous êtes allé
37:06le chercher loin
37:07cet acquittement.
37:08Maître David Rajou,
37:09également avocat
37:10à Brest,
37:11avocat de Pierre-Yves Lepage,
37:13le fils de la victime
37:13et donc du côté
37:14de la partie civile.
37:15Évidemment,
37:15vous êtes à ce procès
37:16et on vous doit
37:17un coup d'éclat.
37:18Vous aussi,
37:18Maître David Rajou,
37:19c'est que
37:20cette jeune femme
37:21qui dit tout
37:22et n'importe quoi,
37:23on le sent bien
37:23qu'elle est fragile
37:24et que ses propos
37:25ne tiennent pas.
37:26Vous allez finir,
37:27vous avez préparé
37:28cette sortie,
37:29je suppose,
37:30mais vous allez lui dire
37:30est-ce que votre mère
37:31était avec vous ce soir-là ?
37:32C'est bien ça,
37:33Maître Rajou ?
37:33Alors,
37:35il faut recontextualiser
37:37et je vais rebondir
37:38sur ce que vous indiquez
37:39mon confrère.
37:40Il faut savoir
37:40que du côté
37:41des parties civiles
37:42que je représente,
37:42donc le fils
37:44et les petits-enfants,
37:46très rapidement,
37:47dans le cadre
37:48de la préparation
37:49du procès,
37:51j'arrive à une conviction
37:52et mon confrère
37:54Larvore
37:55m'en décernera,
37:56c'est que
37:57William Roland
37:58n'est pas
37:59la seconde personne
38:00qui était présente
38:01le soir du crime.
38:04Donc,
38:05on n'a pas,
38:06on a une personne
38:07qui est dans le box
38:07et qui n'est pas la bonne.
38:09Et donc,
38:11nous,
38:11dès l'ouverture
38:12du procès quasiment,
38:13on va évacuer
38:15l'hypothèse de Roland.
38:17C'est très compliqué
38:17du côté des parties civiles
38:18que je représente
38:19parce qu'on leur a présenté
38:20quand même
38:21pendant toute l'instruction
38:22un co-accusé
38:23qui manifestement
38:25n'est pas
38:26le co-accusé
38:26n'est pas le bon.
38:28Et d'ailleurs,
38:29ce sera la position
38:30du parquet
38:31lors des réquisitions
38:31puisqu'il y aura
38:32des réquisitions
38:32d'acquittement.
38:33Ceci étant dit,
38:35si on n'a pas
38:35la bonne personne
38:36dans le box,
38:37par définition,
38:38il n'en manque une.
38:39Bien sûr.
38:39Exactement.
38:40Parce qu'il y a
38:41des éléments matériels,
38:42on ne va pas refaire
38:42l'instruction,
38:43mais il y a
38:43des éléments matériels,
38:44la trace de chaussures,
38:46le fait que
38:48quand même
38:48Laetitia Monnier
38:49était relâchée
38:50pour transporter
38:51un corps,
38:53le démarrage
38:54de l'incendie,
38:55etc.,
38:55qui peuvent conduire
38:56à penser
38:57de manière raisonnable
38:58qu'il y a eu
38:59une seconde personne.
39:00Et moi,
39:02très rapidement,
39:03si vous voulez,
39:04je me pose des questions
39:05sur le rôle
39:06de cette maman.
39:09Bien sûr.
39:10Oui,
39:10qui a un profil
39:11très particulier
39:12sur le plan criminologique,
39:13je vous l'ai expliqué
39:13tout à l'heure.
39:14Et c'est vrai
39:15qu'à l'occasion,
39:16mais c'est toujours comme ça
39:17dans les procès d'Assise,
39:18à l'occasion
39:19d'un feu de question,
39:21j'irais anodine
39:22de la part de la présidente,
39:24je vais lui poser
39:24la question de la présence
39:25de sa mère.
39:26Et là,
39:26on va avoir une scène
39:27qui est assez incroyable.
39:28Laetitia Monnier,
39:29qui a réponse à tout
39:30dans la seconde
39:32qui suit la question
39:33que vous lui posez,
39:35va avoir un blanc
39:36de 30,
39:38je crois que ça a été calculé
39:39par quelqu'un
39:40qui était dans la salle,
39:41de 30 à 40 secondes.
39:43C'est long.
39:44C'est très long.
39:44C'est interminable.
39:46Et effectivement,
39:47là,
39:47vous sentez que
39:48ça a failli vaciller,
39:49c'est ça ?
39:51Ça m'a tellement failli vaciller
39:53qu'il y a eu
39:53une suspension d'audience.
39:55Parce que
39:55s'est posé la question,
39:57bon là,
39:58je ne veux pas rentrer
39:58dans les détails
39:59des discussions,
40:01mais moi,
40:01j'ai le parquet général,
40:03enfin,
40:03le parquet,
40:04le représentant du parquet
40:05qui était à l'audience,
40:07moi,
40:07je lui ai posé la question,
40:08est-ce que vous ne pensez pas
40:09qu'une garde à vue
40:10s'imposerait
40:10pour continuer ?
40:13Ah oui,
40:13écoutez.
40:14Je comprends,
40:15mais c'est tout à fait passionnant
40:17parce qu'effectivement,
40:17on sent bien
40:18qu'il y a un truc
40:18qui s'est passé,
40:20c'est très compliqué
40:21à dire.
40:23Maître Larvore,
40:24quand vous assistez
40:25à cette scène-là
40:26avec la mère
40:27qui n'est pas là,
40:28mais enfin,
40:29qui est mise en cause,
40:30ce silence,
40:30cette réponse,
40:32vous dites qu'il y a un truc
40:32qui est en train
40:33de se passer là aussi ?
40:35Ah bah oui,
40:35oui,
40:35comme dit mon excellent
40:37confrère David Rajot,
40:39les 30 secondes
40:41qui ont suivi sa question
40:42étaient très pesants
40:44et c'est vrai
40:44qu'on s'est demandé
40:45si le procès
40:46n'allait pas vaciller
40:47à ce moment-là.
40:48Laetitia Meunier
40:50va faire appel
40:51de sa condamnation.
40:52L'affaire Jean-Jacques Lepage,
40:54la visiteuse de la corniche,
40:55le doute est partout
40:56dans ce dossier.
40:57L'enquête de l'heure du crime,
40:58je vous retrouve tout de suite
40:59sur RTL.
41:00L'heure du crime,
41:02présentée par Jean-Alphonse Richard
41:03avec RTL.
41:05L'heure du crime,
41:06présentée par Jean-Alphonse Richard
41:08sur RTL.
41:10Dans l'heure du crime,
41:10aujourd'hui,
41:11l'affaire Jean-Jacques Lepage.
41:12À l'été 2009,
41:13cet audioprothésiste,
41:1467 ans,
41:15a été découvert poignardé,
41:17brûlé chez lui,
41:18près de Brest.
41:19Une cold girl
41:20qu'il fréquentait
41:20a été condamnée
41:21à 20 ans de prison.
41:23En 2017,
41:23elle est rejugée
41:24l'année suivante.
41:26Mercredi 26 septembre 2018,
41:28Laetitia Meunier,
41:30comparée devant
41:30la cour d'assises
41:31d'appel
41:32des Côtes d'Armor
41:33à Saint-Brieuc,
41:34elle continue à dire
41:35que le jour de la mort
41:36de Jean-Jacques Lepage,
41:37William R.,
41:39qui a pourtant été acquitté
41:41au premier procès,
41:42était avec elle
41:43pour cambrioler la maison.
41:45Elle déclare
41:45qu'elle était fière
41:46d'avoir rencontré
41:47M. Lepage,
41:48un homme qui avait
41:49de l'argent.
41:50Ses avocats insistent
41:51sur la présence
41:52d'un possible complice.
41:53Le doute est partout
41:54dans le dossier,
41:55assure-t-il.
41:56Laetitia Meunier
41:57est à nouveau condamnée
41:58à 20 ans de détention
41:59sans peine de sûreté.
42:03Huit ans d'enquête
42:04et de procès,
42:05mais pour la famille
42:06de Jean-Jacques Lepage,
42:07la vérité n'est jamais
42:09totalement apparue.
42:12Dans les jurés,
42:13il y avait des hommes,
42:13des femmes
42:14de différents âges.
42:15Je pense qu'ils ont dû
42:16tous se rendre compte
42:17qu'elle est capable
42:18d'agresser tout le monde.
42:20Voilà.
42:21La personne qui a tué mon père,
42:22il n'y a pas tant
42:23de solution,
42:23c'est elle.
42:24C'est clair,
42:25c'est net.
42:26Voilà.
42:27La voix de la fille
42:28de Jean-Jacques Lepage
42:29dans l'émission
42:30Chronique Criminelle
42:31est effectivement
42:32une famille
42:33qui reste un petit peu
42:34non pas sur sa femme
42:36et ce scénario,
42:36on ne l'a pas totalement.
42:38Évidemment,
42:39Maître David Rajou,
42:41vous la défendez cette famille,
42:42vous êtes l'avocat
42:42de Pierre-Yves Lepage,
42:44le fils de la victime,
42:45avocat aussi
42:45des petits-fils
42:46de la famille,
42:48vous êtes avocat à Brest
42:49et avec nous
42:50depuis le début
42:50de cette émission.
42:51Maître Rajou,
42:52on n'a pas encore
42:53posé la question,
42:54mais c'est une question
42:54pourtant qui est centrale
42:55et je vous la pose désormais
42:57puisque là on sait
42:57où on en est
42:58dans cette procédure.
43:00quel serait le motif
43:02de cette femme,
43:04Laetitia Meunier,
43:05pour avoir tué
43:06Jean-Jacques Lepage ?
43:07Maître Rajou.
43:11Alors,
43:12pour rebondir
43:13sur ce qu'indiquait
43:16la fille
43:18de M. Lepage,
43:20Maître Rajou,
43:23on va vous reprendre
43:23dans un instant.
43:24Maître Patrick Larvor,
43:25vous êtes avec nous également.
43:26Votre client,
43:27il a été acquitté
43:28au précédent procès.
43:29William R.
43:31Vous êtes l'avocat
43:32de William R.
43:34J'aimerais avoir
43:35votre réponse là-dessus.
43:36Quel serait
43:37effectivement
43:37le mobile
43:38de cette femme
43:38pour avoir tué
43:39ce retraité ?
43:41Écoutez,
43:42moi j'ai une conviction,
43:43enfin,
43:44ça n'est que ma conviction
43:45bien sûr,
43:47mais il faut savoir
43:49que Laetitia Meunier
43:50travaillait au bar 46
43:52et elle rencontrait
43:54ses clients
43:55dans l'enceinte du bar.
43:57Et c'était la première fois
43:58j'allais dire
43:59qu'elle était à l'extérieur
44:00avec un client.
44:02Alors,
44:02Laetitia Meunier
44:03avait,
44:04comme le disait
44:04mon confrère Rajou,
44:05quelquefois
44:05elle dit des choses
44:06qui sont justes,
44:08elle avait dit
44:08notamment
44:09qu'elle devait prendre
44:10un bain
44:11avec M.
44:12Lepage
44:12moyennant 500 euros.
44:15En fait,
44:15moi ce qui m'a toujours
44:16titillé,
44:17c'est que finalement
44:18au-delà du bain,
44:19on a retrouvé
44:20son corps
44:20carbonisé sur son lit
44:21et il était nu.
44:23Il avait simplement
44:24une ceinture hernière.
44:25moi mon hypothèse
44:27si vous voulez,
44:28c'est de dire
44:29que Laetitia Meunier
44:30pensait prendre
44:31qu'un bain
44:31et compte tenu
44:32des 500 euros
44:33peut-être que M.
44:34Lepage a voulu
44:34un peu plus
44:35et donc l'a attirée
44:37dans la chambre
44:37et là,
44:38compte tenu
44:38de sa personnalité
44:39volcanique,
44:40elle a pris peur
44:41puisqu'il faut savoir
44:43qu'elle était vierge
44:44cette femme
44:45et le psychologue
44:47ou le psychiatre,
44:48non c'était
44:48la psychologue je crois,
44:50qui avait eu l'occasion
44:50d'indiquer concernant
44:51cette femme
44:52que si elle perdait
44:53sa virginité,
44:55elle perdait
44:55son identité.
44:57Et donc,
44:58à mon avis,
44:59si vous voulez,
45:00elle aurait...
45:02Elle n'aurait pas
45:02supporté
45:04cette attitude
45:04peut-être
45:06de M. Lepage
45:07un peu trop
45:07entreprenant
45:08ce soir-là.
45:09Maître David Rajoux,
45:10on vous retrouve,
45:11je vous repose la question
45:12parce que c'est une question
45:13très importante
45:13dans cette affaire.
45:15Quel serait le mobile
45:16de Laetitia Meunier
45:17pour donner 15 coups
45:18de couteau ?
45:19Je dis bien 15 coups
45:19de couteau,
45:20elle n'a pas essayé
45:20juste comme ça
45:21de lui faire peur
45:22ou etc.,
45:22de poignarder maladroitement.
45:24Là,
45:24elle s'est acharnée
45:2515 coups de couteau.
45:26Pourquoi ?
45:28Alors,
45:28moi,
45:29j'ai une hypothèse
45:31très simple.
45:33C'est que
45:33Laetitia Meunier
45:35est le visage du crime.
45:37C'est-à-dire que
45:38c'est une âme noire.
45:41C'est une jeune femme
45:43et les experts
45:44l'ont indiqué
45:46qui est mythomane,
45:49qui a des traits
45:50psychopathiques.
45:52et qui a tout à fait
45:54pu,
45:55avec ou sans complice,
45:57puisque la vérité judiciaire,
45:59c'est qu'elle était seule,
46:01commettre ce crime
46:02de manière froide
46:03et calculée
46:05dans un accès
46:06de folie criminelle.
46:10Oui,
46:10mais pourquoi ?
46:10Selon vous,
46:12c'est juste la folie ?
46:13C'est-à-dire que son cerveau
46:14a disjoncté,
46:15elle a tué,
46:15c'est ça ?
46:15Il y a une hypothèse
46:18qui est restée
46:19en arrière-plan
46:22des deux procès
46:24et de l'instruction
46:26d'une certaine manière,
46:28c'est qu'il y ait pu
46:30avoir une tentative
46:31de rapprochement
46:32de nature sexuelle
46:34entre M. Lepage.
46:37et je ne sais pas
46:39parce qu'on a été coupé,
46:40je ne sais pas si mon conflit
46:41a été coupé.
46:41Non,
46:41c'est ce que dit
46:42Maître Larvore,
46:43tout simplement.
46:45Peut-être M. Lepage
46:46s'est montré un peu
46:47trop entreprenant,
46:47elle n'a pas supporté.
46:49Oui,
46:50et on a quand même
46:52un événement
46:53qui est intervenu
46:54lors de son contrôle judiciaire,
46:57donc après sa mise en examen,
46:58après les faits,
46:59mais avant le procès,
47:00où elle a été condamnée
47:01par un tribunal correctionnel
47:03sur une scène
47:04qui est proprement hallucinante
47:05puisqu'il s'agit
47:07d'un homme
47:08avec qui
47:08elle avait consommé
47:10des boissons
47:10dans la soirée,
47:11donc on a un arrêt
47:12dans la chambre
47:13des appels correctionnels
47:13de Rennes,
47:14et où cet homme
47:15va tenter un rapprochement
47:17mais un flirt
47:18vraiment léger
47:20et où
47:20Mlle Lepage
47:23va sortir un couteau
47:26et tenter
47:29de le poignarder
47:30à l'occasion
47:32d'un rapprochement
47:33de nature sexuelle.
47:35Donc on se pose,
47:37c'est vrai que se pose
47:37la question,
47:38ça a été évoqué
47:38par les experts,
47:40du fait
47:40d'une réaction
47:41de Mlle Monnier
47:43particulièrement violente
47:45et virulente
47:46à l'encontre
47:46de M. Lepage
47:47dans un contexte
47:48de rapprochement physique.
47:50Oui,
47:50c'est un rapprochement physique
47:51alors qu'elle est
47:51entraîneuse au bouchon,
47:53dans un bar,
47:54etc.
47:54Elle voit beaucoup d'hommes
47:55passer, etc.
47:56Mais c'est une femme
47:57qui ne supporte pas
47:57le contact physique.
47:59Mais ça,
47:59je pense que ça a été dit
48:01par les psychologues
48:03et les psychiatres.
48:04Maître Patrick Larvore,
48:06votre client,
48:07William,
48:08est-ce que vous avez
48:09des nouvelles ?
48:09Est-ce qu'il est sorti
48:11de ce chaos
48:14aujourd'hui,
48:14des années après
48:15cette affaire ?
48:16Alors,
48:17ce que je peux vous dire,
48:18c'est qu'après l'acquittement,
48:20en fait,
48:20si vous voulez,
48:21moi,
48:22j'ai toujours considéré
48:23qu'il fallait faire
48:24notre travail
48:25avec humilité
48:26et surtout respecter
48:28l'intimité
48:29des personnes
48:29que l'on rencontre
48:31puisque,
48:32comme le disait
48:32un confrère célèbre,
48:33quand on fait du pénal,
48:35on rentre un peu
48:36par effraction
48:36dans la vie des gens.
48:37C'est vrai.
48:38Il faut toujours considérer
48:39qu'on n'avait pas vocation
48:40à y rester
48:41et je dois dire
48:43que William
48:44m'a toujours dit
48:45je ne veux plus
48:46entendre parler
48:46de cette affaire
48:47donc je l'ai laissé
48:48mener sa vie
48:49comme il l'entend
48:50mais je n'ai jamais
48:51plus entendu parler de lui.
48:52Je vous pose
48:53la même question,
48:54maître David Rajoum
48:55et ça du côté
48:55de la partie civile.
48:57On le disait
48:58notamment avec
48:58la fille
49:00de la victime
49:01qui s'est exprimée
49:02en disant que
49:02oui, c'est clair,
49:03c'est elle qui a tué
49:04mais on n'a pas
49:05les réponses.
49:06On ne saura jamais
49:06exactement ce qui s'est
49:07passé dans cette maison.
49:10Non, tout à fait
49:10le fils
49:13de M. Lepage
49:14et les enfants
49:16les petits-enfants
49:18étaient venus
49:19pour avoir
49:20la vérité
49:21lors du procès
49:22les systèmes
49:24de défense
49:24déplorables
49:25de Mlle Monnier
49:26ont empêché
49:27l'éclosion
49:28de toute la vérité.
49:30On a une vérité
49:30judiciaire
49:31qui correspond
49:32à une vérité criminelle.
49:33On sait que
49:33Laetitia Monnier
49:34a commis le crime.
49:36Il subsiste
49:37des zones d'ombre
49:38c'est évident
49:39c'est malheureusement
49:40le quotidien
49:42de beaucoup
49:42d'affaires criminelles
49:44mais
49:45pour rebondir
49:48sur ce qu'indiquait
49:49mon confrère
49:50du côté
49:51de la partie civile
49:52c'est un peu
49:53la même chose
49:53on veut
49:54tourner la page
49:55votre émission
49:59tourne autour
49:59des affaires criminelles
50:00il faut bien
50:01percevoir
50:02cet élément
50:03c'est que
50:04ça laisse des traces
50:06aussi
50:06la longueur
50:07de la procédure
50:08les auditions
50:08devant les cours
50:09d'assises
50:09les mensonges
50:11je parle du côté
50:12des parts civiles
50:12les mensonges
50:13des accusés
50:14les appels
50:15à répétition
50:15etc
50:16mais effectivement
50:17vous avez raison
50:19de le souligner
50:19parce qu'on reçoit
50:20beaucoup de familles
50:21de victimes
50:21dans cette émission
50:22et effectivement
50:22c'est jamais anodin
50:24ça laisse des traces
50:25même lorsqu'on croit
50:26connaître une vérité
50:27merci beaucoup
50:28maître David Rajou
50:29et maître Patrick Larvore
50:30d'avoir été les invités
50:31de l'heure du crime
50:31merci à l'équipe de l'émission
50:33rédactrice en chef
50:34Justine Vigneault
50:35préparation Lisa Canales
50:36Pauline Dessillon
50:37réalisation en direct
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