- il y a 4 mois
Françoise Lamarque, 70 ans, kinésithérapeute et retraitée. Découverte dans une mare de sang au printemps 2007 chez elle à Dax. Toutes les apparences d'un cambriolage qui a mal tourné. Mais ici, le meurtrier s'est acharné, il ne voulait pas voir le visage de la malheureuse comme s'il l'a connaissait. Dix-huit ans plus tard, ses filles recherchent encore le coupable.
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.
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00:00Une macabre découverte dans un pavillon de Dax, une retraitée de 70 ans a été agressée chez elle, elle gisait dans une mare de sang, une scène des plus violentes.
00:17La police judiciaire de Bayonne évoque un possible cambriolage.
00:21Bonjour, Françoise Lamarck, 70 ans, kinésithérapeute, retraitée, découverte dans une mare de sang en 2007 chez elle à Dax, un cambriolage raté ?
00:34Peut-être, mais ici, le meurtrier s'est acharné, il a masqué le regard de la malheureuse comme s'il la connaissait.
00:4118 ans plus tard, ses filles recherchent toujours le coupable, Françoise Lamarck est le visiteur sans visage.
00:47C'est l'heure du crime, la seule émission Radio 100% fait divers et c'est tout de suite sur RTL.
00:57Mardi 5 juin 2007, dans la matinée, un homme se présente au numéro 21 de la rue Léon-Guichiat à Dax, rue des plus tranquilles.
01:07Elle abrite l'école municipale de danse et de musique, puis se termine en cul-de-sac face à la caserne des pompiers.
01:13L'homme sonne à la porte d'un pavillon, d'un étage, façade blanche et parement rouge dans la tradition du pays landais.
01:22Il vient voir la propriétaire, Françoise Lamarck, une retraitée, 70 ans, qui en fait presque 10 de moins et qui vit seule ici.
01:30Le visiteur la connaît bien, il fait régulièrement pour elle des petits travaux de jardinage ou de peinture.
01:37Il vient justement récupérer des outils.
01:39Il sonne, mais la porte reste close, fermée à double tour, aucune réponse.
01:46Après avoir récupéré un trousseau chez une voisine, l'homme pénètre dans le pavillon, plongé dans la pénombre.
01:52Françoise Lamarck gît dans le cabinet de toilette du rez-de-chaussée.
01:57Elle est vêtue de son pyjama, elle baigne dans une mare de sang, elle ne respire plus.
02:02Ses chevilles et ses poignets sont attachées avec du ruban adhésif.
02:05On ne peut pas voir son visage, il est masqué par deux sacs plastiques, même fermés par l'adhésif.
02:11Un blouson a été jeté sur le cadavre.
02:14Le commissariat de Dax s'est alerté, la police judiciaire de Bayonne, tout de suite chargée des investigations.
02:20Le médecin légiste note que les coups portés à la tête et au visage de Françoise Lamarck l'ont été avec une très grande violence.
02:29Ils ont provoqué une hémorragie massive.
02:31L'agresseur s'est acharné sur la victime avec un objet lourd.
02:36Les sacs plastiques pourtant fermés hermétiquement n'ont pas étouffé la malheureuse.
02:41Le docteur ne note pas de marque de torture ou de signe d'agression sexuelle.
02:46La mort remonte à deux ou trois jours, sans doute au précédent week-end.
02:51Les policiers font le tour de l'habitation.
02:56Celle-ci a été fouillée.
02:57Des tiroirs et des placards ont été ouverts.
03:00La chambre à l'étage a été visitée.
03:02Il était manifeste que la maison avait été visitée minutieusement.
03:06Le ou les auteurs des faits ont pris tout leur temps, ce qui paraît culotté,
03:11vu la proximité du voisinage et la fréquentation de cette rue.
03:14Raconte au journal Sud-Ouest, Jean-Marc Abadie, commandant de police en charge des investigations.
03:21Un poste de télévision, un lecteur DVD, des bijoux ont été emportés.
03:27Les enquêteurs pensent également à un cambriolage qui a mal tourné.
03:32Un voleur qui est toutefois entré sans effraction.
03:35Comme si on lui avait ouvert la porte, il a pris soin de ne laisser derrière lui aucune empreinte ou trace ADN.
03:41Françoise Lamarck ne fumait pas, mais des cendres de cigarettes sont prélevées sur le sol.
03:47Le garage attenant au pavillon est vide.
03:50La voiture de la victime a disparu.
03:51Dans un coin, un vase en éteint, tout cabossé.
03:55Il porte des traces de sang.
03:56C'est l'arme qui a servi à porter des coups fatales à la retraitée.
04:01La APJ de Bayonne fait le tour de la rue Léon-Guichiat.
04:03Une artère peu passante, bordée de jolies maisons où tout le monde se connaît.
04:08Ce porte-à-porte ne donne rien.
04:10Personne n'a rien vu, rien entendu.
04:13Françoise Lamarck, ancienne kinésithérapeute à Albi et à Barbotan,
04:16mère de trois filles avec qui elle s'entendait parfaitement,
04:19s'était retirée à Dax il y a tout juste deux ans, sportive, souriante.
04:24Elle n'a eu aucun mal à nouer des relations avec les uns, les autres.
04:28La résidente n'a jamais attiré l'attention.
04:30Elle était inscrite dans un club de marche au sein de l'association Dax Accueil.
04:35Les mardis et les jeudis, elle partait en promenade avec d'autres membres.
04:39Dans un mois, elle devait participer à un séjour en Espagne
04:42et avait prévu de partir en croisière au mois de septembre.
04:46La mort ultra-violente de Françoise Lamarck.
04:52Agressée chez elle, elle a été ligotée, elle a été frappée.
04:55Peut-être d'ailleurs pour lui faire avouer quelque chose,
04:57savoir s'il y avait peut-être de l'argent de la maison,
04:59obtenir des codes de cartes bancaires.
05:02Pourquoi pas, c'est une hypothèse, mais on reste effectivement dans l'hypothèse.
05:05On n'a aucune certitude.
05:07On pense évidemment à un cambriolage.
05:09Mais est-ce vraiment un cambriolage ?
05:11On va en parler beaucoup dans cette heure du crime
05:13et on va voir quelles sont peut-être les autres explications
05:16à ce meurtre d'une brutalité inouïe.
05:20On va voir ça dans la suite de l'heure du crime.
05:22Pour le moment, c'est une habitude dans l'heure du crime.
05:24On revient toujours sur le lieu du crime.
05:27Le lieu du crime, c'est le numéro 21 de la rue Léon-Guichiat à Dax.
05:31Bonjour Marc Marier.
05:33Bonjour M. Richard.
05:34Merci beaucoup d'être avec nous aujourd'hui dans l'heure du crime.
05:38Votre parole nous est précieuse aujourd'hui
05:40parce qu'à l'époque, en 2007, vous étiez vice-procureur de la République à Dax.
05:44Vous êtes toujours magistrat aujourd'hui, magistrat honoraire.
05:47Et vous avez suivi les débuts de cette affaire
05:50et même un peu plus, vous allez nous en parler.
05:53Alors, il y a cette scène de crime, je l'ai racontée.
05:56Elle est particulièrement glaçante.
05:58On peut dire, M. Marier, qu'on n'a laissé aucune chance à Françoise Lamarque.
06:05Ça fait un certain temps déjà,
06:06mais j'avoue que cette affaire m'est toujours restée en mémoire.
06:09Ça fait partie des dossiers qu'on ne peut pas oublier.
06:12Compte tenu de la gravité des faits, je me suis transporté sur place
06:17et j'ai pu ainsi découvrir la scène de crime.
06:22Je me souviens surtout de la position du corps de cette malheureuse
06:27dans une petite salle de bain.
06:30Les gens sous le lavabo,
06:31avec ce blouson qui avait été jeté dessus
06:36et en dessous, les éléments que vous avez déjà rappelés.
06:41Ce qui frappe tout de suite, M. le procureur,
06:44c'est la grande violence, l'acharnement.
06:47Ça, j'avoue que moi, j'ai été choqué par la scène que vous racontez vous aussi, je pense.
06:51Alors ça, nous ne le découvrirons qu'à l'autopsie par le médecin négiste,
06:57effectivement, qui va relever des impacts qui révèlent,
07:01oui, un acharnement.
07:02En tout cas, une quantité importante de coups portés au visage et à la tête.
07:08Est-ce qu'il y a eu, selon vous, altercation ?
07:10Est-ce qu'elle s'est défendue, au fait, Françoise Lamarque ?
07:13Une instruction est en cours.
07:16Donc, je ne voudrais surtout pas,
07:19si on a une chance d'interpeller l'auteur de ces faits,
07:22je ne voudrais surtout pas que les éléments que je fournis
07:25puissent nuire à l'enquête.
07:26Je comprends.
07:27À ma connaissance, non.
07:28On n'a pas relevé d'éléments démontrant que la victime se serait défendue.
07:34Bonjour Thierry Lévesque.
07:35Bonjour.
07:36Merci beaucoup d'être avec nous aujourd'hui dans le studio de l'heure du crime.
07:39C'est toujours un plaisir de vous recevoir.
07:41Vous êtes journaliste spécialisée dans les faits divers
07:43et puis auteur d'une grande enquête dans le magazine Marianne,
07:46en août 2025.
07:47C'est tout récent, donc, sur le meurtre de Françoise Lamarque.
07:50C'est vous qui avez un petit peu fait ressurgir cette enquête dans la presse.
07:55On n'en parlait plus depuis des années de Françoise Lamarque.
07:57L'affaire Françoise Lamarque, un déchaînement de violences hors normes.
08:00Et c'est une enquête qui est à retrouver sur Marianne.net.
08:03Alors, Thierry Lévesque, on a parlé de la violence inouïe
08:05avec laquelle cette femme a été tuée.
08:07Il y a quelque chose aussi qui est très marquant,
08:09c'est qu'on ne trouve pas d'empreinte.
08:10On a l'impression que tout a été minutieusement nettoyé.
08:15Ce n'est pas si vieux, Françoise Lamarque, 2007.
08:19Les policiers, ils savent rechercher des empreintes depuis longtemps.
08:22Oui, alors, c'est ce qui m'a frappé, moi,
08:24en tant que praticien, un peu, de toutes ces abominations.
08:27C'est de voir que cette scène de crime, en fait, elle est très déroutante.
08:31À la mesure où, oui, on a volé quelques objets,
08:35mais dans le fond, sans qu'ils aient une valeur énorme.
08:39Donc, déjà, il y a une disproportion avec les faits.
08:41Pourquoi mettre un massacre ?
08:43Oui, et de cette manière, pour un mobile aussi futile.
08:46Alors, ça peut arriver.
08:47Ça, c'est déjà vu qu'effectivement, malheureusement,
08:50on tue des gens pour pas grand-chose, mais tout de même.
08:53Et puis, on est dans un quartier tranquille, il n'y a pas eu effraction.
08:56Donc, est-ce que le tueur connaissait la victime ?
09:00Ou est-ce qu'il s'est introduit par la force ?
09:02Mais il n'avait pas d'armes, puisqu'il a utilisé un vase.
09:06Oui, ils ont utilisé un vase.
09:07Donc, si on vient cambrioler, ou avec l'idée de tuer quelqu'un,
09:11est-ce qu'on ne viendrait pas avec une arme ?
09:12Donc, vraiment, je pense qu'il y avait quelque chose de complètement déroutant.
09:16Et la police judiciaire, de fait, n'est pas partie vraiment sur la thèse d'un cambriolage.
09:20On va le voir.
09:21Oui, on marche effectivement un petit peu tout de suite sur une jambe, dans ce dossier.
09:25C'est-à-dire qu'on se pose beaucoup de questions.
09:26On se dit, bon, oui, cambriolage, c'est tellement évident que...
09:29Mais c'est trop évident.
09:31Et donc, on va se poser de questions.
09:32Encore une question pour vous, Thierry Lévesque.
09:35François Delmarc, c'est qui ?
09:37Femme tranquille ?
09:38Alors, chacun peut avoir ses secrets.
09:42Ne me répondez pas, femme sans histoire.
09:44Voilà, chacun peut avoir ses secrets.
09:46Il faut toujours être prudent.
09:46Non, mais dans le dossier, il n'apparaît pas de litiges ou de choses qui auraient pu servir de mobile à un crime aussi affreux.
09:56Elle a une vie rangée, la retraite, un bon niveau de vie, elle a des occupations.
10:01C'est une personne charmante.
10:02Je ne crois pas qu'il ressorte, à ma connaissance, dans le dossier de choses un peu saillantes vers lesquelles on pourrait se diriger pour expliquer tout ça.
10:11Elle n'attire pas la foudre.
10:13Il n'y a pas d'ennemis.
10:14En tout cas, on ne l'en trouve pas autour d'elle.
10:15Il n'y a pas de personnes qui disent du mal de cette femme.
10:17Marc Mariet, vous êtes au début de l'enquête.
10:19Vous étiez procureur à Dax à ce moment-là, vice-procureur.
10:22La porte était verrouillée.
10:25Est-ce que Françoise Lamarck aurait ouvert sans se méfier ?
10:28Voilà, nous avons un fait, c'est que la porte est verrouillée.
10:31Lorsque cet ami se rend sur place.
10:35Mais c'est le seul point qu'on peut retenir.
10:38A-t-elle ouvert précédemment ?
10:40Ou l'individu est-il rentré par une autre issue que par la porte ?
10:44Nous n'en savons rien.
10:45Le crime s'est produit sans doute le week-end.
10:47Alors, journée calme, mais dans un quartier encore très calme.
10:52Oui, un quartier très calme.
10:55De mémoire, il me semble que la maison est même dans une impasse.
10:57La dernière maison à gauche.
11:00Non, non, c'est un quartier très très calme.
11:02Très calme, avec des maisons mitoyennes même.
11:06C'était des habitations ininterrompues.
11:09Et pourtant, Marc Marier, personne n'a rien vu, rien entendu.
11:14Aucun élément n'a été porté à la connaissance,
11:17malgré les investigations qui ont été menées immédiatement,
11:21tant par le commissariat de police de Dax dans un premier temps,
11:25puis j'avais saisi l'antenne de police judiciaire de Bayonne.
11:29Bien sûr.
11:29Évidemment que des enquêtes de voisinage ont été réalisées.
11:35Pas d'élément.
11:36Il y a eu un appel à témoins, me semble-t-il, également,
11:40qui a été effectué par la police judiciaire,
11:43mais qui n'a pas abouti et qui n'a pas donné de résultat.
11:46Dans les heures qui suivent, un homme placé en garde à vue.
11:50Françoise Lamarck et le visiteur sans visage.
11:53Aucune empreinte, c'est ce qui nous frustre le plus,
11:55l'enquête de l'heure du crime.
11:56On se retrouve dans un instant sur RTL.
11:5914h15, c'est l'heure du crime sur RTL.
12:02Avec Jean-Alphonse Richard.
12:0714h15, Jean-Alphonse Richard sur RTL.
12:11L'heure du crime.
12:13Au programme aujourd'hui de l'heure du crime,
12:15l'affaire Françoise Lamarck.
12:16Au printemps 2007, le corps de cette ancienne kinésithérapeute
12:19est découvert dans sa maison de Dax.
12:21Un individu est rapidement interrogé.
12:25Mardi 5 juin 2007, dans la soirée,
12:27l'homme qui avait découvert le corps de Françoise Lamarck
12:30est placé en garde à vue au commissariat de Dax.
12:33Les policiers sont intrigués par ce témoin de la première heure.
12:37Âgé d'une soixantaine d'années,
12:38il avait ses habitudes dans le pavillon de la rue Léon Guichiat.
12:42Il connaissait très bien la victime.
12:44Il l'avait rencontré quelques mois auparavant
12:46au sein du club de marche où elle était adhérente.
12:50Elle aurait pu lui ouvrir la porte sans se méfier.
12:53Avait-il des vues sur Françoise Lamarck ?
12:55Aurait-elle refusé ses avances ?
12:57L'homme est interrogé sur son emploi du temps
12:59les trois ou quatre jours précédant le meurtre.
13:02Il a un peu de mal à rassembler ses souvenirs.
13:05Il est mal à l'aise.
13:06Sa voiture, une Peugeot 205, a été vue stationnée à proximité du pavillon.
13:11Les témoins se souviennent que ce véhicule était là au cours du week-end.
13:17Si les policiers persistent à questionner l'individu,
13:19c'est qu'il ne croit pas forcément à l'explication du simple cambriolage.
13:23Il pourrait s'agir d'une mise en scène.
13:26Le fait que l'agresseur se soit appliqué à masquer le visage de la malheureuse,
13:30deux sacs plastiques, un blouson,
13:32laisse penser qu'on a tout fait pour ne plus voir son visage.
13:36Après 48 heures de garde à vue,
13:38l'homme a tout fait de Françoise Lamarck et relâché.
13:42Aucune charge retenue contre lui.
13:45Mercredi 6 juin, la voiture de Françoise Lamarck
13:47est scrutée par les experts de la police scientifique.
13:51L'Opel Agila de couleur vert-pomme qui avait disparu de la maison
13:55a été retrouvée tout près du lieu du crime.
13:57Elle était garée sur le parking du stade Maurice Boyot.
14:02Le petit monospace a pu servir à emporter les objets volés dans le pavillon.
14:06Il n'est pas endommagé, aucune portière n'a été forcée.
14:10Exactement comme dans la maison, les enquêteurs ne détectent sur le moment
14:13aucune empreinte ni trace ADN dans l'habitacle.
14:17C'est ce qui nous a le plus frustrés, indique le chef d'enquête.
14:20Aucun riverain n'a remarqué la présence de la voiture sur ce parking.
14:25Elle aurait été laissée là tout de suite, après le crime.
14:30Vendredi 13 juillet, 8 jours après la découverte du corps de Françoise Lamarck,
14:34le parquet de Dax ouvre une information judiciaire pour vol avec violence suivi de meurtre.
14:40Le vice-procureur Marc Marier est bien conscient que le dossier manque d'indices, de témoignages.
14:45Il redoute des investigations longues, difficiles.
14:50Le magistrat parle d'énigmes, de mystères total.
14:54Après 8 mois de vérification et d'audition,
14:57février 2008, la police judiciaire lance un appel à témoins dans le journal Sud-Ouest.
15:02La photo de l'Opel Agila volée et publiée.
15:05Mais cette annonce ne suscite que quelques témoignages fantaisistes.
15:10Les derniers procès-verbaux sont enregistrés l'année suivante.
15:13Le dossier va être frappé de la mention « En veine recherche ».
15:18Sans toutefois être refermé, pas question alors de délivrer un non-lieu.
15:22C'est une affaire non solutionnée, mais cela ne veut pas dire qu'on l'a placée dans un carton.
15:27Nous sommes toujours destinataires de beaucoup d'informations,
15:29assure quatre ans après les faits, un enquêteur à Sud-Ouest.
15:33A la même époque, la maison de la rue Léon-Guichiat est mise en vente.
15:38En 2011, un non-lieu est finalement renoncé.
15:43Une enquête qui s'enlise et qui s'essouffle.
15:45Faute d'indices, impossible de savoir à quoi pouvait ressembler l'homme qui a tué Françoise Lamarck.
15:51C'est un fantôme que recherchent les policiers, mais le dossier n'est pas refermé.
15:55On va voir d'ailleurs dans la suite de l'heure du crime qu'il y aura des rebondissements
15:58et que les lumières vont enfin apparaître dans ce dossier.
16:01On va le voir, et notamment grâce au combat des filles de Françoise Lamarck.
16:08Thierry Lévesque, vous êtes avec nous dans cette heure du crime,
16:09journaliste spécialiste des faits divers.
16:12Un mot sur cette garde à vue.
16:16Vous connaissez bien cette affaire.
16:17Vous avez rédigé une grande enquête dans le magazine Marianne,
16:20qui est sorti en août 2025.
16:22Un mot sur cette garde à vue.
16:24C'est un peu normal.
16:25C'est le premier qui a vu le corps, qui a découvert le corps.
16:28C'est lui qu'on vient voir en priorité.
16:29Mais là aussi, les policiers, en écoutant cet homme, ils ont quelques doutes.
16:35Oui, alors c'est une mesure d'enquête, on va dire logique.
16:37C'est la dernière personne, finalement, à avoir vu Madame Lamarck morte, pour le coup.
16:43Et c'est une relation très proche.
16:45Je crois d'ailleurs qu'ils avaient un projet de partir ensemble dans la randonnée en Espagne.
16:51Donc, était-ce un prétendant, un ami, un peu plus ?
16:56Donc, les policiers doivent sûrement s'interroger à ce moment-là.
16:59Est-ce qu'il y a eu un litige d'ordre affectif entre les deux,
17:02qui aurait pu être le mobile de ce crime épouvantable ?
17:06Voilà, mais il n'y a pas plus que ça, en réalité.
17:09Et, bon, on voit que ça s'arrête à la garde à vue.
17:12Parce qu'en fait, il n'y a rien qui ne le mette véritablement en cause, à part des suppositions.
17:17Lui, il dit qu'il n'était pas intime avec Madame Lamarck.
17:23Ce n'est pas sa maîtresse.
17:24Oui, mais comme je disais, chacun peut avoir ses secrets.
17:26Alors, c'est ce que se sont dit, sans doute, aussi les enquêteurs.
17:29Qu'est-ce qu'on en sait, finalement ? Elle vit seule ?
17:31Est-ce qu'elle peut avoir une histoire, un flirte ?
17:34Est-ce que lui peut s'imaginer qu'elle, non ?
17:36Vous voyez, c'est autour de ça, sans doute, qu'on a bâti l'hypothèse de ce monsieur.
17:40Il partageait, effectivement, la même passion qu'est la marche dans ce club.
17:43Elle marchait beaucoup, Françoise Lamarck.
17:45On la voyait partir, comme ça, en montagne, avec tous ses amis.
17:48Donc, effectivement, on peut se poser des questions.
17:51Marc Mariet, vous étiez, à l'époque, vice-procureur de la République à Dax, en 2007.
17:56Merci encore d'avoir accepté notre invitation.
17:58Parce qu'évidemment, votre témoignage, il est précieux, aujourd'hui.
18:01Vous connaissez bien le dossier.
18:03Je vous repose la même question qu'a Thierry Lévesque.
18:05Il y a cette garde à vue qui va marquer les esprits.
18:07Elle marque toujours les esprits.
18:09C'est une des seules du dossier, d'ailleurs.
18:10C'est dans la logique, finalement.
18:13On va voir la première personne qui a découvert le corps.
18:16Le premier témoin, c'est ça ?
18:19Voilà, tout à fait.
18:20Tout à fait.
18:21Tout à fait.
18:22Des questions à poser, puisque c'est le premier intervenant.
18:26Voilà.
18:27Après, la garde à vue, encore une fois, bien sûr, ne veut pas dire culpabilité.
18:31Bien sûr.
18:32Ça permet aux enquêteurs de vérifier certains points.
18:37Les points qui ont été avancés ont été vérifiés.
18:40Et au bout, au terme de cette garde à vue, il n'y avait pas de charge à retenir contre cette personne.
18:47Alors, Marc Mariet, il y a des objets qui ont été volés.
18:49On l'a dit.
18:51On peut penser, finalement, à un cambriolage qui a dégénéré.
18:55C'est une possibilité.
18:56La personne s'est énervée.
18:57Et puis, elle a frappé très fort, cette femme, en prenant le premier objet qu'elle avait sous la main.
19:03Il faut surtout se garder d'avoir une idée préconçue au moment de la découverte des faits.
19:11C'est une hypothèse qui a été évidemment retenue comme d'autres.
19:16Effectivement, des objets ont été dérobés.
19:18On peut imaginer que ce soit une hypothèse plausible.
19:22Alors, oui.
19:24Cambriolage, évidemment.
19:24C'est ce qui vient à l'esprit tout de suite.
19:26Mais ça peut être l'inverse, finalement.
19:28Si on a l'esprit un peu mal tourné, un peu machiavélique, ça peut être aussi une mise en scène.
19:35Mise en scène, je ne sais pas.
19:36Mais ça peut être aussi un acte qui suit un autre acte.
19:40Voilà.
19:41Vous savez, avec le recul et les années passées pour chasser les voyous, tout est possible.
19:50Tout est possible.
19:51Tout est ouvert.
19:51Effectivement, je vous rejoins tout à fait sur ce point.
19:54Thierry Lévesque, un mot quand même là-dessus.
19:57Il y a quelque chose aussi, ça, ça vous a troublé, je le sais.
19:59Dans votre article pour Marianne, vous en faites, vous le soulignez.
20:03Il y a ce visage de la victime qui est couvert.
20:07Alors, il a été enserré dans deux sacs plastiques, qu'on comprenne bien.
20:10On a serré ses sacs plastiques avec du ruban adhésif.
20:13Mais ce n'était pas pour l'étouffer, finalement, parce qu'elle n'est pas morte du tout étouffée, Mme Lamarque.
20:18Et puis, on a jeté un blouson, comme si ça ne suffisait pas.
20:21On a le sentiment qu'on a occulté ce visage, qu'on ne voulait pas le voir.
20:25Oui, alors, je sais que pour les partis civils, ça indique peut-être que c'est un crime de haine.
20:34C'est-à-dire qu'on a voulu se débarrasser de Mme Lamarque et puis ensuite, mettre son visage à distance.
20:40On voit ça dans d'autres dossiers criminels.
20:42Finalement, quand on a tué, évidemment, on ressent plus qu'un malaise.
20:48Et si on connaît la personne, on éprouve le besoin de dissimuler son visage.
20:51Ça paraît curieux, mais ça s'est déjà vu dans d'autres affaires criminelles.
20:56Cela dit, encore une fois, comme pour les autres éléments, on ne peut être que dans l'hypothèse et la spéculation.
21:01Parce qu'en fait, on ne sait pas.
21:03C'est très mystérieux.
21:04Pourquoi mettre deux sacs plastiques et un blouson sur la tête de quelqu'un ?
21:08Ce qui ne sert pas à le tuer, puisqu'on la tue d'une autre manière, c'est complètement incompréhensible.
21:15Donc, même, je crois, les enquêteurs de départ n'ont pas vraiment tiré de conclusion.
21:22Ça serait intéressant à la lumière aujourd'hui de l'évolution des psychologies, de la sociologie du crime, etc.
21:30Avec les profilers, de savoir à quoi rime ce...
21:33Ça se voit, ça s'est vu dans d'autres affaires.
21:35On dissimule le visage de celui ou celle qu'on a tué, parce qu'il y a une forme de dégoût de son propre acte.
21:45Huit ans après le drame, les filles de la victime veulent relancer l'enquête.
21:49Françoise Lamarck et le visiteur s'envisagent.
21:52Pas de violence sexuelle, mais le mobile peut quand même être sexuel.
21:56L'enquête de l'heure du crime, les trois filles de la victime persuadées qu'un détail précieux a été oublié.
22:02Et si elles avaient raison ?
22:03A suivre, dans un court instant, sur RTL.
22:0614h15, Jean-Alphonse Richard sur RTL.
22:10L'heure du crime.
22:12L'heure du crime, présentée par Jean-Alphonse Richard sur RTL.
22:16Lorsqu'il n'y a pas de discussion sur le fait qu'une affaire est un homicide,
22:20on ne devrait jamais abandonner la recherche de l'auteur.
22:23Et c'est ce qui va nous canaliser dans cette affaire, la facilité avec laquelle on a lâché le dossier.
22:29L'heure du crime consacrée aujourd'hui à l'affaire Françoise Lamarck,
22:31cette kinésithérapeute retraitée a été découverte battue à mort chez elle, dans sa maison de Dax.
22:37Un cambriolage violent est évoqué.
22:39Aucune arrestation.
22:40Huit ans plus tard, les trois filles de la victime se mobilisent.
22:43Mercredi 16 décembre 2015, les filles de Françoise Lamarck s'expriment dans le journal Sud-Ouest.
22:51Elles déplorent le non-lieu prononcé par le juge de Dax quatre ans auparavant.
22:55Elles ne peuvent se résoudre à ce que la mort de leur mère reste un cold case.
23:00L'une d'elles, Florence Laprade, entend bien remuer si elle est terre pour que le dossier soit rouvert.
23:06Elle a pour cela demandé l'aide de l'avocat toulousain Julien Soubiran.
23:10Il doit bien y avoir encore une piste inexplorée.
23:13Un indice négligé, un témoignage inédit qui pourrait nous mener vers le ou les meurtriers, interroge Florence.
23:20Elle ajoute, c'est la seule chance de relancer l'instruction.
23:23L'ordonnance de non-lieu qui a été prononcée est pour nous insoutenable et inacceptable.
23:28La fille de Françoise Lamarck s'étonne enfin du soin pris par le meurtrier pour cacher le visage de sa mère.
23:38Septembre 2022, un contact est établi entre le pôle judiciaire dédié au cold case à Nanterre et la famille de Françoise Lamarck.
23:45Une enquête préliminaire est alors ouverte.
23:47Les premiers éléments se révèlent intéressants selon une source judiciaire.
23:52De nouvelles expertises ADN avec les dernières technologies sont envisagées.
23:58En juin 2024, 17 ans après le meurtre, le pôle de Nanterre est formellement saisi.
24:03La juge Sabine Kéris hérite alors du dossier.
24:06La nouvelle avocate de la famille, Corinne Herrmann, a du mal à croire à un crime crapuleux.
24:11« Il n'y a pas eu de violence sexuelle, mais le mobile peut quand même être sexuel », affirme l'avocate dans l'hebdomadaire, Marianne.
24:22Et avec nous dans cette heure du crime, Thierry Lévesque, journaliste spécialiste des faits divers.
24:27Vous avez signé dans Marianne une grande enquête sur cette affaire, l'affaire Françoise Lamarck, qu'on peut retrouver d'ailleurs sur le site marianne.net.
24:35J'ai envie de dire, c'est presque une habitude. Et hélas, c'est une habitude, mais là, le dossier, c'est la famille qui le relance à nouveau.
24:43Ce sont les filles qui se manifestent dans la presse. Les familles font appel à nous.
24:47Et d'ailleurs, on est heureux, nous, dans l'heure du crime, de parler avec les familles qui nous contactent parce qu'elles sont dépourvues et on est là pour les aider.
24:53On ne fait que notre job. Mais finalement, la justice va suivre. Il faut saluer le travail des filles de Françoise Lamarck.
25:01Oui, alors, dans cette affaire, comme dans beaucoup qui sont traitées ici et que moi-même j'ai connue, j'en ai même fait un livre.
25:08D'abord, il y a cette histoire de non-lieu. Donc ça, je crois qu'un jour, il faudra mettre un point final à ces histoires qu'on fait des non-lieux.
25:16Quand on n'a pas résolu un crime, ça, c'est pas possible. Même si on est temporairement dans l'impasse, on ne peut pas faire un non-lieu parce qu'autrement,
25:23on risque que les pièces à conviction soient détruites, que le dossier prenne la poussière définitivement, qu'il soit oublié, qu'il y ait un problème de procédure, etc.
25:30Donc, il ne devrait jamais y avoir de non-lieu. En plus, c'est très blessant. Comme vous l'avez souligné, elles l'ont dit, les filles, c'est très blessant pour la famille,
25:38circuler, l'avoir. Donc, c'est insupportable. Et effectivement, c'est elles, encore une fois, comme dans beaucoup d'autres affaires,
25:44qui ont obtenu qu'on s'intéresse de nouveau à quelque chose qui est quand même épouvantable, qui ne peut pas être laissées en l'état.
25:52Alors, c'est le pôle des Colquaises, on l'a dit, qui reprend l'affaire. Et fort heureusement, on salue le pôle des Colquaises
25:58parce qu'ils font un boulot formidable. La juge Sabine Kéris qui va reprendre ce dossier. Un mot sur les éléments qu'on avait à l'époque.
26:07Thierry Lévesque, c'est important. Moi, j'ai été, encore une fois, surpris. On n'arrête pas d'être surpris dans cette histoire.
26:12Parce qu'il n'y a que des choses un petit peu ineptes, qu'on ne comprend pas, etc. C'est la voiture. La voiture de la victime, le meurtrier ou les meurtriers, on ne sait pas.
26:22Ils en prennent cette voiture. Ils ne font à peu près que 100 mètres en voiture pour aller déposer sur un parking.
26:28Alors, sans doute, ils ont positionné leur autre voiture à ce moment-là, j'espère. Pour eux, en tout cas, on ne les a pas vues.
26:36C'est étonnant, ça. On ne comprend pas.
26:39Oui, alors, effectivement, tout est déroutant. Qu'est-ce qu'on peut imaginer ?
26:43Qu'ils auront pris cette voiture, peut-être, pour quitter les lieux en ayant moins de chances d'être aperçus que s'ils avaient été à pied.
26:50Bon, mais dans ce cas-là, pourquoi ne pas aller à 20 kilomètres ?
26:52Oui, alors, est-ce qu'ils avaient laissé leur propre voiture sur le parking du stade ?
26:57Enfin, tout ça, c'est pareil. C'est comme pour les autres éléments. On ne peut que spéculer.
27:03Après, ce qu'il faut se dire, souvent, c'est qu'un ou des meurtriers n'agissent peut-être pas forcément rationnellement.
27:08Quand on vient de tuer quelqu'un, en plus, de cette manière particulièrement affreuse, est-ce qu'on est dans la rationalité ?
27:14On peut peut-être dire, je m'en vais avec la voiture, et puis d'un seul coup, on s'arrête, sans vraiment de raison.
27:19Donc, je crois qu'il ne faut pas chercher à analyser, non plus, trop avant.
27:21Non, mais tout paraît un peu construit.
27:24Tout paraît un peu construit pour donner une apparence dans ce dossier.
27:27C'est un dossier, il y a une espèce de décor en cartopathe.
27:30Quand on creuse, on s'aperçoit que ça ne marche pas tout à fait comme ça.
27:34Marc Marier, vous êtes avec nous dans cette heure du crime.
27:37Vous étiez à l'époque vice-procureur de la République de Dax.
27:40C'était en 2007, je le rappelle.
27:43Un mot avec vous.
27:44La voiture disparue, elle est retrouvée le lendemain du crime.
27:50Alors là, c'est étrange aussi, on vient d'en parler avec Thierry Lévesque, mais il n'y a pas de traces à l'intérieur.
27:54Alors, le véhicule a de fait été retrouvé, des vérifications ont été faites, des prélèvements ont été faits, vous imaginez bien.
28:03Aucun élément n'a pu être tiré de ces vérifications.
28:07Marc Marier, la PJ de Bayonne, elle n'a pas ménagé ses efforts.
28:12Il y a un appel à témoins qui a été fait.
28:13Elle a beaucoup travaillé, on ne se rend pas compte aujourd'hui, mais ils ont fait beaucoup de témoignages, etc.
28:19Mais rien n'avance, alors que vous étiez magistrat à l'époque, vous êtes observateur, vous attendez un déclic.
28:26Mais ça, ça doit vous frustrer, il n'y a rien qui arrive, ça vous frustre.
28:30Oui, on est frustré dès lors que toutes les vérifications, toutes les ficelles qu'on commence à tirer n'aboutissent à rien.
28:37Tous les éléments qu'on a fait, les enquêteurs de la PJ, ont fait le maximum de ce qu'on pouvait faire en termes de police scientifique,
28:48en termes d'environnement, en termes d'audition de témoins, d'enquête de voisinage.
28:53Tout ce qui était possible de faire a été fait.
28:56Oui, oui.
28:58Et je reste frustré de ne pas avoir pu mettre la main sur l'auteur de ces faits-là.
29:04Et je vous comprends tout à fait, Marc Marier, encore une question.
29:08Non-lieu, en 2011, non-lieu, c'est toujours un aveu d'échec, qu'en pensez-vous ?
29:13Ce n'est pas un aveu d'échec, c'est un constat de ce que les investigations n'ont pas permis d'identifier l'auteur.
29:21Ce n'est pas un échec des enquêteurs, ce n'est pas un échec de la justice.
29:25C'est malheureusement un constat que les éléments recueillis ne permettent pas d'identifier l'auteur des faits.
29:33Une lueur d'espoir, enfin !
29:36Un ADN masculin inconnu et puis aussi des bijoux qui réapparaissent.
29:41Françoise Lamarck et le visiteur sans visage.
29:43Une trace génétique jamais repérée jusque-là dans la voiture de la victime.
29:47L'enquête de l'heure du crime.
29:48On se retrouve dans un instant sur RTL.
29:50Jean-Alphonse Richard sur RTL.
29:53C'est l'heure du crime jusqu'à 15h.
29:56L'heure du crime, présentée par Jean-Alphonse Richard sur RTL.
30:00Retour dans l'heure du crime.
30:02Sur l'affaire Françoise Lamarck, une kinésithérapeute retraitée, 70 ans, battue à mort chez elle à Dax au printemps 2007.
30:09Aucun suspect confondu.
30:11Enquête reprise 17 ans après les faits par le pôle des Colquaises.
30:15Un ADN jamais détecté est retrouvé.
30:18Lundi 19 mai 2025, la juge d'instruction Sabine Kéris, sa greffière, les policiers spécialisés de l'OCRVP et leurs collègues de la PJ de Bayonne sont à pied d'oeuvre à Dax au numéro 21 de la rue Léon-Guichia,
30:34là où Françoise Lamarck a été tuée 18 ans plus tôt.
30:38La juge du pôle des Colquaises, familière de ses visites in situ, destinée à visualiser les lieux et à s'imprégner de la scène de crime, la juge va rester trois jours sur place.
30:52Depuis la reprise du dossier par le pôle des Colquaises, les investigations ont progressé.
30:57Elle pourrait même connaître un tournant décisif grâce à de nouvelles expertises.
31:01Un ADN masculin inconnu a été détecté dans l'Opel Agila de la victime, selon le journal Marianne.
31:08Cette trace génétique nouvelle ne correspond à aucun individu figurant dans les fichiers judiciaires.
31:14Les recherches ont été élargies en utilisant la technique de la parentèle tentée d'identifier dans les fichiers un ADN proche, celui d'un parent, pour se rapprocher de cette inconnue.
31:27L'avocate de la famille de la victime se félicite d'une autre découverte lors de récentes investigations.
31:34Des bijoux volés à Françoise Lamarck lors de son agression semblent être réapparus sur des sites de vente en ligne.
31:41Les enquêteurs cherchent à remonter cette piste sans toutefois se bercer d'illusions.
31:47Alors là, c'est important. Et le plus important, c'est effectivement cette trace ADN.
31:53On sait qu'aujourd'hui, une simple trace ADN, même ancienne, peut permettre de remonter à un criminel, peut permettre de remonter à un suspect.
32:02Donc c'est très important.
32:03Thierry Lévesque, journaliste, c'est vous qui avez révélé la présence de cet ADN dans le magazine Marianne,
32:09dans une enquête qui concerne évidemment la mort de Françoise Lamarck.
32:13Qu'est-ce qui nous raconte cet ADN ? Est-ce qu'on en sait un peu plus ?
32:17De toute manière, c'est capital aujourd'hui. C'est la seule trace dans le dossier.
32:20Oui, alors c'est peut-être la solution de l'affaire, puisque c'est une trace qu'on a retrouvée vraisemblablement avec les nouvelles technologies
32:28qui n'étaient pas encore disponibles au moment des expertises initiales.
32:34Cet ADN n'est pas lié à la famille, donc on l'imagine lié au crime sans qu'il puisse y avoir de certitude.
32:44De ce que je peux savoir, pour l'instant, c'est quelque chose qui peut déboucher.
32:48Et le principal, évidemment, voire l'unique élément qu'on cherche à tirer pour aboutir à la solution.
32:55Mais je n'ai pas les détails encore de ce que les enquêteurs vont faire pour...
33:02ADN masculin ?
33:03Oui.
33:04ADN masculin.
33:06Alors c'est d'autant plus intéressant que tout a été nettoyé.
33:09Vous nous l'avez dit, Thierry Lévesque, la maison a été nettoyée, la voiture a été nettoyée.
33:13Donc c'est peut-être une trace oubliée qu'on a détectée grâce aux nouvelles techniques.
33:19Autre point qui est peut-être un peu plus fragile, ce sont les bijoux.
33:22On va un petit peu s'affoler d'un seul coup, parce qu'on va voir sur des ventes en ligne, etc.,
33:27Internet, les photos de bijoux qui pourraient être vraiment ceux de Françoise Lamarck.
33:33On est là des années après, l'affaire était en 2007.
33:36Oui, alors là, depuis l'article qui a été publié dans Marianne en août, il y a du nouveau.
33:40En réalité, ce qui s'est passé, c'est que Mme Herman, avocate de la partie civile,
33:46ayant fait quelques déclarations à la presse, les enquêteurs ont cherché à voir
33:51si ça avait provoqué des réactions, puisqu'on évoquait la relance de l'affaire.
33:56Par hypothèse, se disait-on, l'auteur pourrait se débarrasser des pièces à conviction sur des ventes en ligne.
34:02C'est très hypothétique, bien sûr.
34:04On a surveillé, on a cru apercevoir sur des sites de vente en ligne des bijoux qui étaient ceux du dossier,
34:10enfin ceux volés chez Mme Lamarck.
34:11En réalité, une fois qu'on a exploré complètement cet élément, il s'est avéré qu'il n'était pas relié au dossier.
34:20Donc cette piste est froide, voire terminée.
34:23Donc on en revient sur l'ADN.
34:25Eh oui, l'ADN c'est central, mais c'est très très important dans cette affaire.
34:28Enfin, une lueur, une lumière qui s'allume, parce qu'effectivement on n'avait aucune trace
34:33et on peut retrouver des années après avec la parentèle, rapprochant, etc.
34:36Dans les fichiers, on peut retrouver quand même beaucoup de choses.
34:40Marc Mariet, en 2007, vous étiez, je le rappelle, vice-procureur de la République de Dax
34:45et vous êtes l'un de nos invités aujourd'hui dans l'heure du crime.
34:48Alors il faut saluer le travail de vos collègues du Paul Colquay,
34:52Mme Kéris qui s'est déplacée.
34:55Elle adore se déplacer sur ces scènes de crime, même anciennes,
34:59parce qu'elle a besoin, avec beaucoup d'enquêteurs, de travailler comme ça d'ailleurs,
35:02de s'imbiber du climat de l'époque,
35:04de savoir comment les gens marchaient dans cette maison,
35:08ce qui a pu se passer, comment la porte a été ouverte, tout ça.
35:11Ça paraît être des détails, mais ils sont fondamentaux.
35:14Le Paul Colquay, Marc Mariet, là c'est un espoir dans cette affaire.
35:19Je suis tout à fait ravi que le Paul Colquay soit saisi de ce dossier,
35:26parce que s'il y a la moindre chance de pouvoir progresser,
35:30parce que les moyens techniques ont changé depuis ces faits-là.
35:35Peut-être qu'aujourd'hui, des éléments qui n'ont pas pu être exploités à l'époque,
35:40parce que techniquement, ils n'étaient pas exploitables,
35:43peut-être qu'aujourd'hui, ils le sont.
35:45Et si, ils peuvent l'être.
35:46Mais c'est avec une grande satisfaction que j'apprendrai l'évolution de cette enquête.
35:52Et j'espère que les progrès scientifiques permettront d'aller plus loin
35:59du point où nous avons été obligés de nous arrêter,
36:02faute d'éléments suffisants.
36:04Et on l'espère aussi, évidemment, que ça amènera quelque chose.
36:08Question un peu plus personnelle.
36:09Est-ce que vous avez une intuition dans cette affaire ?
36:11Par exemple, est-ce que vous pensez que Françoise Lamarck connaissait son tueur ?
36:14On l'a vu, ça, dans certaines affaires.
36:15Moi, je pense en Gironde, avec l'affaire des époux Muller,
36:18il y avait ce voisin qui était en face de chez eux,
36:21qui n'attirait pas l'attention.
36:22Puis on s'est aperçu que c'était lui qui avait tué ce couple,
36:25le couple Muller.
36:27C'est possible pour vous, ça, que ce soit une personne
36:29qui était proche, finalement, du domicile ?
36:32Les deux solutions sont envisageables.
36:34C'est possible, c'est possible.
36:36Mais il faut se garder d'avoir des sentiments.
36:39Il faut procéder étape par étape.
36:42Il ne faut rien négliger.
36:44Il faut tout envisager et tout vérifier.
36:46Et après, on regarde dans quel sens vont les éléments probants.
36:52Les intuitions, vous savez, sont souvent mauvaises conseillères
36:56et il faut les tenir à distance.
36:58Il faut s'en méfier.
37:00Trois filles qui attendent de leur côté depuis trop longtemps la vérité.
37:04Françoise Lamarck et le visiteur sans visage.
37:06Notre souffrance est infinie.
37:08Pendant ce temps, le ou les criminels sont en vie.
37:11L'enquête de l'heure du crime.
37:12Je vous retrouve tout de suite sur RTL.
37:14Dans l'heure du crime, aujourd'hui, l'affaire Françoise Lamarck,
37:26une kinésithérapeute retraitée, découverte morte chez elle à Dax en 2007,
37:31frappée avec acharnement à la tête.
37:33La thèse du cambriolage est incertaine.
37:35Aucune arrestation.
37:37Le pôle des Colquais est saisi.
37:38La famille n'a jamais perdu espoir.
37:42Les trois filles de Françoise Lamarck ne cessent depuis presque 20 ans.
37:45A leur façon, de rechercher le ou les meurtriers de leur mère.
37:49Toute la famille souffre autant aujourd'hui qu'au jour de la découverte du meurtre,
37:53écrivent-elles.
37:54La justice s'inscrit dans un temps long et c'est légitime,
37:57mais l'attente de la famille aussi.
38:00La souffrance est infinie.
38:02Pendant ce temps, le ou les criminels sont en vie,
38:04nous espérons simplement que justice soit faite.
38:08Samedi 7 juin 2025,
38:11les filles de Françoise Lamarck lancent un nouvel appel à témoins dans le nouvel Ops.
38:15Si vous avez des informations,
38:17même si elles vous paraissent anodines,
38:19n'hésitez pas à contacter la police.
38:21Nous avons besoin de tous les témoignages.
38:25Le pôle Colquais s'est déplacé pour faire des vérifications sur place.
38:28Aujourd'hui, on a des techniques beaucoup plus performantes
38:30qu'on peut mettre au service de ces scellés
38:32et qui permettent de révéler des choses qu'on n'aurait peut-être pas pu trouver à l'époque.
38:36Maître Corinne Hermann,
38:38qui défend les intérêts des filles de Françoise Lamarck,
38:42elle a été interrogée par nos confrères de France Bleu,
38:45c'était en juin 2025.
38:48Thierry Lévesque, vous nous aidez à décrypter cette affaire depuis une heure,
38:50maintenant dans l'heure du crime.
38:53Journaliste, auteur pour le magazine Marianne,
38:55d'une grande enquête sur l'affaire Françoise Lamarck.
38:58Alors évidemment, les filles cherchent à savoir,
38:59et c'est bien normal, c'est tout à fait légitime,
39:01mais on les salue, évidemment, on salue leur combat.
39:04Un appel à témoins, il faut en relancer, en relancer encore,
39:07parce qu'on croit qu'on a oublié,
39:10que les gens ont oublié ce qui s'était passé,
39:11mais en fait, il y a toujours des détails qui subsistent.
39:13Oui, alors l'expérience montre,
39:15et notamment l'expérience du Paul Colquet,
39:17c'est des dossiers criminels anciens,
39:20que maintenant avec le numérique,
39:22il y a possibilité peut-être,
39:24peut-être de faire remonter un témoignage
39:26qui serait décisif.
39:28Alors le Paul essaye de développer cette technique,
39:32elle a, dans d'autres affaires,
39:35diffusé des petits modules vidéo d'appels à témoins.
39:37Ce n'est pas encore tout à fait au point,
39:39parce que ce n'est pas posté dans les conditions optimales,
39:42mais je crois que c'est en voie d'amélioration.
39:44Peut-être un jour, créera-t-on même un site internet
39:46avec le dossier Lamarck et tous les autres
39:48qui sont traités à Nanterre.
39:50Et maintenant, la puissance du numérique,
39:52la puissance tout simplement du nouveau monde,
39:55fait que des choses qui, à l'époque,
39:58ne pouvaient pas apparaître, peuvent remonter.
39:59Donc ça, c'est une voie possible
40:01de l'amélioration des enquêtes.
40:04Et de résolution, évidemment.
40:05Et vous faites bien de parler du numérique.
40:07Je vais donner à nos auditeurs le mail,
40:10tout simplement, du Paul des Colquaises,
40:12parce qu'on peut écrire au Paul des Colquaises
40:13dès lors qu'on peut témoigner quasiment,
40:15même anonymement, si on le veut,
40:17il n'y a aucun souci.
40:18Alors ce mail, on va le mettre d'ailleurs
40:19sur le site de l'heure du crime,
40:21c'est témoignages, au pluriel,
40:23.colquaises, au singulier,
40:26.tj-nanterre-justice.fr.
40:32Alors évidemment, là, vous n'avez peut-être pas eu le temps de le noter,
40:34mais c'est important parce que vous allez le retrouver
40:36sur le site de l'heure du crime,
40:38et vous pouvez envoyer des témoignages
40:40sur toutes les affaires qui ont été oubliées.
40:42Ce n'est pas uniquement l'affaire Françoise Lamarck.
40:44Encore un petit mot, Thierry Lévesque,
40:48quelles sont selon vous les priorités ?
40:50Alors vous allez me dire, l'ADN, il faut l'exploiter.
40:53Et là, il y a plusieurs manières de l'exploiter, c'est ça ?
40:55Alors oui, l'ADN maintenant,
40:57les techniques et les possibilités se sont multipliées,
41:00donc on peut faire une parentèle dans le fichier pénal français.
41:05Et puis, ultime possibilité,
41:06on peut envoyer, ça a été fait cet été pour d'autres affaires,
41:09aux Etats-Unis, faire une parentèle encore plus large
41:11dans les fichiers généalogiques privés.
41:13Et ça, c'est important, effectivement.
41:15Il faut bien le dire que tout est possible.
41:17Évidemment, aujourd'hui, avec l'ADN de Marc Mariet,
41:19vous étiez vite procureur de la République de Dax en 2007.
41:23Vous connaissez donc bien ce dossier, vous l'avez traité.
41:26Pourquoi est-ce qu'elle vous a marqué, cette affaire ?
41:28Pourquoi elle m'a marqué ?
41:29Elle m'a marqué par la violence de la scène
41:32qu'on pouvait imaginer.
41:34C'est une affaire que je n'oublierai pas non plus
41:37parce qu'on n'a pas identifié l'auteur.
41:39Ça reste, effectivement, c'est une frustration
41:44de ne pas avoir réussi à identifier celui
41:47qui a pu commettre une horreur pareille.
41:50C'est une affaire qui a marqué la région aussi, les Landes.
41:53Bien sûr.
41:54Bien sûr.
41:56Une affaire, la ville de Dax,
42:00qui est une ville tranquille,
42:02dans un quartier tout à fait tranquille,
42:05une affaire d'une telle violence a, bien entendu,
42:09marqué les esprits.
42:10Un mot encore.
42:12La famille, on l'a dit, elle reste toujours très mobilisée.
42:14Qu'est-ce que vous en pensez, vous,
42:16de cette volonté d'aboutir ?
42:20Je comprends que ces filles, aujourd'hui,
42:23demandent toujours la vérité.
42:26Elles recherchent cette vérité.
42:27C'est impossible d'admettre
42:30qu'il n'y a pas d'explication,
42:32qu'on ne puisse pas désigner le coupable.
42:34Je les comprends totalement.
42:37Si votre émission permet, effectivement,
42:39d'avancer, ce sera tant mieux.
42:42Oui, ce serait tant mieux.
42:43On l'espère et on le souhaite.
42:44Merci beaucoup, Marc Mariet et Thierry Lévesque,
42:46d'avoir été les invités de l'Ordre du Crime.
42:48Merci à l'équipe de l'émission,
42:49rédactrice en chef, Justine Vigneault.
42:51Préparation, Marie Bossard,
42:52Lisa Canalès,
42:53réalisation en direct, Jonathan Griveaux.
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