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  • il y a 6 mois
Les disparus de l'Isère, une dizaine d'affaires dont certaines ont plus de quarante ans. Des enfants, garçons, filles, de six ans à quinze ans, dont la plupart n'ont jamais été retrouvés. Des enquêtes tortueuses, parfois closes prématurément. Le pôle des cold cases, qui fête ses quatre ans, peut-il encore remonter jusqu'aux sources de la vérité ?
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.

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Transcription
00:00Charles.
00:0214h15, c'est l'heure du crime sur RTL.
00:06La justice relance l'instruction de trois dossiers des disparus de l'ISER.
00:10Au total 9 meurtres ou disparitions entre 83 et 96.
00:14Des enfants ou des adolescents de la région.
00:16Une cellule spéciale mineure 38 avait été mise en place.
00:19Trois des dossiers considérés comme prescrits vont donc faire l'objet d'une nouvelle information judiciaire.
00:24Les familles des victimes attendaient cela depuis longtemps.
00:26Bonjour, les disparus de l'ISER.
00:29Une dizaine d'affaires dont certaines ont plus de 40 ans.
00:33Des enfants, garçons, filles de 6 à 15 ans dont la plupart n'ont jamais été retrouvés.
00:39Enquête tortueuse, parfois négligée.
00:42Un ou plusieurs tueurs.
00:44Le pôle des cold case qui fête ses 4 ans peut-il encore remonter jusqu'aux sources de la vérité
00:49?
00:49Les disparus de l'ISER.
00:51La montagne au cold case, l'heure du crime.
00:53La seule émission radio 100% fait diverser tout de suite sur RTL.
01:01Jeudi 17 mars 1983, autour de 18h30, 3 des 4 enfants de la famille Janvier quittent l'appartement de la
01:10rue du docteur Roux à Saint-Martin-d'Air, commune limitrophe de Grenoble.
01:14Les 3 garçons, Jérôme, 7 ans et demi, Ludovic, 6 ans et Nicolas, 2 ans, partent acheter un paquet de
01:22cigarettes pour leur père.
01:24Les Janvier ne sont installés que depuis 3 semaines en ville.
01:28Le quartier est passant, commerçant, tranquille.
01:31Une demi-heure plus tard, seuls 2 enfants, Jérôme et Nicolas, sont de retour dans l'appartement.
01:36« Ils ont perdu Ludovic », le grand frère, explique que sur le chemin du retour, à une quinzaine de
01:42mètres de l'immeuble,
01:43ils ont été abordés par un homme, un individu avec un casque de motocycliste, visière relevée, en bleu travail,
01:52ils portent des chaussures avec une fermeture éclair.
01:55Il leur a dit qu'il cherchait son chien loup.
01:57« Si tu m'aides à retrouver mon chien, je te donnerai des bonbons », a-t-il dit.
02:01Il a proposé de se séparer en deux groupes pour faire le tour du pâté de maison.
02:06Jérôme est parti avec Nicolas, le monsieur avec Ludovic, le père de famille.
02:10Aussitôt inquiet, arpente le quartier, il va voir les commerçants.
02:14À 20h25, la sûreté urbaine est alertée.
02:18Face aux enquêteurs, le grand frère, Jérôme, a bien du mal à décrire le visage du ravisseur.
02:23La patronne du bureau de tabac, l'élite, rue Jules Vallès,
02:27croit reconnaître Ludovic comme un petit garçon passé à acheter des bonbons avec un homme.
02:32Mais la piste ne va pas plus loin.
02:35Ludovic Janvier, 6 ans, est le premier disparu de l'Isère.
02:41Aucun témoin n'a aperçu le petit Ludovic Janvier.
02:44Les parents collent des affiches avec sa photo.
02:46L'enquête s'essouffle, puis se perd.
02:4821 novembre 1986, 3 ans et demi après la disparition,
02:52la juge déplore l'absence d'avancée décisive.
02:55Non-lieu. Dossier clos.
02:57Les parents protestent, estiment que toutes les vérifications n'ont pas été faites.
03:01Ils se demandent pourquoi on ne fait pas le lien entre leur affaire
03:05et un autre rapt d'enfant dans le coin.
03:08Le 9 juillet 83, 4 mois après Ludovic,
03:12c'est le petit Grégory Dubrule, 8 ans,
03:15qui a été enlevé devant chez lui rue Adrien Ricard à Grenoble.
03:19Un homme en voiture lui a demandé de monter pour l'aider à retrouver sa route.
03:23Grégory se souvient du petit footballeur pendu au rétroviseur intérieur et d'un individu qui conduisait en short.
03:30Puis, plus rien, le lendemain, Grégory Dubrule est retrouvé sur un tas de déchets.
03:36A 26 kilomètres de chez lui, il a le crâne fracturé, il a été tabassé, à moitié étranglé, on l
03:41'a laissé pour mort.
03:42Il est vivant, mais sa mémoire est effacée.
03:46Les affaires Ludovic Janvier et Grégory Dubrule, toutes deux frappées de non-lieu, ne sont pas rapprochées.
03:51A l'époque, on ne croit pas à un auteur unique pour ces deux enlèvements.
03:55Les recherches s'arrêtent, malgré les détails donnés par le grand frère de Ludovic et le miraculé Grégory Dubrule.
04:01La maman de Ludovic Janvier, Marilyn, résume le désarroi et le sentiment d'abandon qui étreint la famille.
04:08Au début, on ne comprend rien, on se dit qu'il va peut-être revenir le lendemain, puis les mois
04:14passent et on entre dans la nuit.
04:18Ludovic Janvier, le premier des disparus de l'ISER, une longue série d'enfants et d'adolescents victimes d'enlèvements
04:24dans ce département dans les années 80 et même au début des années 90.
04:30On va retrouver rarement les corps, hélas, il faut bien le dire.
04:32Et dans cette liste, Grégory Dubrule fait figure de rescapé, il a été kidnappé, il a été frappé, il a
04:40été tellement frappé durement que sa mémoire est effacée.
04:43Il est en partie amnésique, en tout cas il ne se souvient plus du tout de ce qui a pu
04:46se passer à l'époque.
04:48Et cette liste, elle ne va cesser de s'allonger avec des enquêtes qui sont malmenées, ou en tout cas
04:53pas suffisamment suivies, et qui finissent par s'éteindre avec des non-lieux.
04:57A l'époque, c'est vrai que le non-lieu, on y arrive souvent très vite.
05:01Bonjour Marie-Céline Lavrise.
05:03Bonjour.
05:03Merci beaucoup d'être avec nous en direct aujourd'hui dans le studio L'Ordre du Crime.
05:07Vous êtes procureure de la République adjointe au pôle des Coilcase à Nanterre.
05:11Évidemment, cette affaire des disparus de l'ISER, vous la connaissez très bien, puisque c'est le pôle qui est
05:17aujourd'hui en charge de ces dossiers, parfois dossiers oubliés.
05:21C'est compliqué de remonter la piste des années après, parfois 40 ans après, Marie-Céline Lavrise ?
05:27Oui, c'est compliqué, mais ce n'est pas un obstacle du tout.
05:31Nous avons la possibilité maintenant, car la création du pôle le permet, d'avoir une centralisation de toutes ces informations
05:37-là,
05:37donc de toutes ces procédures, pour pouvoir effectuer des recoupements éventuels.
05:41Est-ce qu'il s'agit d'un même moteur pour toutes ces victimes ?
05:45Est-ce que les conditions, justement, d'enlèvement de séquestration et des crimes commis sont identiques ?
05:50Est-ce qu'on a des éléments, des points communs qui nous permettent éventuellement d'avoir la certitude, ou peut
05:57-être l'hypothèse, d'une sérialité ?
05:59C'est ça.
06:00A l'inverse, au-delà même d'avoir une seule et même juge d'instruction sur ces dossiers-là, au
06:06pôle Colcaise, je vais l'appeler comme ça, Sabine Kéris,
06:09nous avons également une cellule dédiée au sein de la section de recherche de Grenoble, la cellule Colcaise.
06:15Alors, j'ai commencé par vous dans cette émission, parce qu'évidemment, on rend honneur aujourd'hui au pôle les
06:19Colcaises.
06:19Vous êtes tout jeune encore, vous avez 4 ans d'existence, mais vous avez fait du bon boulot, et on
06:24compte sur vous, évidemment, pour que ces dossiers avancent,
06:28et les familles attendent des réponses. C'est surtout ça qui est important dans cette affaire, parce que vous travaillez
06:32pour les familles, pour la justice, certes, mais aussi pour les familles.
06:35Bonjour, maître Didier Seban.
06:37Bonjour.
06:37Merci beaucoup d'être avec nous également en direct dans l'heure du crime. Vous êtes avocat des familles de
06:42Ludovic Janvier et Fabrice Ladoux, dans cette affaire des disparus de l'ISER.
06:47Un mot sur Ludovic Janvier, parce que c'est le point de départ, effectivement, de cette affaire, en tout cas
06:52dans le temps.
06:54La dernière personne qui voit l'enfant vivant, c'est qui ? C'est la commerçante de ce bureau de
06:59tabac ? Son témoignage est fiable ?
07:02On se pose des questions, puisqu'il y a deux témoignages différents sur les conditions de la disparition de Ludovic.
07:08C'est d'abord son frère, c'est son frère qu'on va réinterroger, qu'on va remettre en situation.
07:14D'ailleurs, tout récemment, Sabine Kiri s'est allé avec lui, sur place, à Saint-Martin d'Air, et va
07:23le remettre en situation pour comprendre ce qu'il a pu vivre.
07:28Il en a un tel point, à la fois de culpabilité et d'envie de savoir, qu'il a demandé
07:32à ce qu'on lui donne, à ce qu'on l'hypnotise, à ce qu'on lui donne un sérum
07:37de vérité,
07:37pour que quelque chose puisse éventuellement...
07:39Ça déclenche des souvenirs, c'est ça ?
07:41Ça déclenche des souvenirs. Et puis, il a tellement raconté tellement de fois qu'est-ce qu'il ne s
07:46'est pas refait un film ?
07:47C'est évidemment une question qu'on peut se poser, non pas par mauvaise foi, mais tout simplement parce qu
07:54'il était quand même très jeune.
07:57C'est vrai qu'on n'a pas beaucoup d'éléments. Juste ce point de départ, un homme à moto,
08:02une autre entend une voiture, donc on ne sait plus si c'est vraiment une moto ou une voiture.
08:07Il y a un casque, c'est certain.
08:08Il y a un casque, c'est certain, mais évidemment, c'est un peu compliqué. On a le sentiment aussi
08:13qu'il n'y a peut-être pas de personne qui est partie en voiture à ce moment-là,
08:16que tout s'est peut-être aussi passé dans le pâté de maison tout proche, parce qu'il n'y
08:19a pas de témoins très extérieurs.
08:21Bon, ça c'est une autre question. Thibaut Solano, bonjour.
08:24Bonjour.
08:25Journaliste, directeur adjoint de la rédaction de Marianne, vous connaissez parfaitement ses dossiers.
08:29Il y a Ludovic, et puis quatre mois après, alors en parlant de mémoire, on va en parler un instant,
08:34mais c'est Grégory Dubrulle.
08:35Il est enlevé par un homme en voiture. Effectivement, c'est troublant parce que ses affaires, elles sont très proches.
08:41Oui, tout à fait. Elles sont très proches géographiquement. Grégory Dubrulle, donc lui, il est plus dans le nord de
08:47Grenoble.
08:49Et effectivement, d'après son témoignage, il y a un automobiliste qui passe dans son quartier.
08:54Lui, il est juste en bas au biais de son immeuble. Il fait très chaud. C'est un climat déjà
08:59estival.
09:00Et en fait, il y a quelqu'un qui lui demande son chemin et qui discute avec lui et qui
09:05finalement le fait monter à bord.
09:07Et ensuite, ils prennent une direction. Après, on se fie au témoignage de Grégory Dubrulle, qui est à la fois
09:14avec des trous,
09:15mais qui a aussi beaucoup de détails, de façon très troublante. Parce que Grégory Dubrulle, lui...
09:19Ce sont des flashs, finalement.
09:20Voilà, comme des flashs. Par exemple, il voit un tatouage sur le bras de son ravisseur.
09:24Un tatouage représentant un cœur avec deux initiales et une flèche.
09:29Il se souvient d'une Mercedes marron, en tout cas, ça c'est dans les premières versions,
09:32de ce petit personnage de footballeur accroché au rétroviseur intérieur,
09:36que le ravisseur était en short. Et ce qu'on sait, c'est que finalement, il a été laissé pour
09:42mort
09:42dans une sorte de décharge le long d'un chemin.
09:46Et ces deux cas, encore une fois, ils sont très proches.
09:49On peut se poser des questions, Didier Seban, juste un petit mot là-dessus.
09:51Oui, très proche par les dates, très proche par l'âge des enfants.
09:56On aura une troisième affaire avec Fabrice Ladoux, mais là, il y a quand même trois ans de différence.
10:01C'est troublant.
10:04C'est troublant.
10:05C'est troublant.
10:05C'est troublant.
10:07Marie-Céline Lavrisse, la mémoire, avec un grand thème,
10:11effectivement, près des années après, elle fait défaut, cette mémoire, fatalement ?
10:15Alors, elle fait défaut même au départ, parce que lorsque vous êtes confronté à un traumatisme
10:19en tant que victime ou en tant que témoin, parfois, vos souvenirs,
10:22en tous les cas, ce que vous allez relater dans les premiers temps de l'enquête,
10:25ne sont pas forcément exacts.
10:27Par la suite, là, c'est ce que disait M. Solano, s'agissant de Grégory Dubrul,
10:31dès le départ, il est entendu, il est à l'hôpital, il est sédaté,
10:35il a été particulièrement violenté, il est entendu, il parle de Mercedes.
10:39Mais très rapidement, il va dire, non, je n'ai jamais dit Mercedes.
10:42Je ne connais pas les voitures, je suis très jeune,
10:45je ne peux pas vous dire si c'est une Mercedes ou pas.
10:46Je peux vous dire que c'est une voiture qui me semblait être une voiture de sport,
10:51un peu de luxe, une belle voiture avec un béquet arrière.
10:54Voilà ce que je peux vous dire.
10:56Mais c'est vrai que les premiers éléments qui sont recueillis par les enquêteurs,
11:00vont nous donner une piste qui est celle de la recherche d'un conducteur de Mercedes.
11:05Chara Z, puis Fabrice, deux nouveaux raptes fatales.
11:09Les disparus de l'Isère, la montagne au cold case.
11:12Je me disais que quand on la retrouverait, je lui passerais un savon.
11:16Mais le mauvais rêve a continué.
11:18L'enquête de l'heure du crime, on se retrouve dans un instant sur RTL.
11:33L'heure du crime consacrée aujourd'hui à l'affaire des disparus de l'Isère,
11:38une série de raps d'enfants et d'adolescents dans les années 80 dans ce département.
11:42Des enquêtes qui ne donnent rien.
11:44Quatre ans après Ludovic et Grégory, deux autres disparitions.
11:48Chara Z, puis Fabrice.
11:51Mercredi 8 juillet 87, autour de 13h,
11:54Chara Z, Bindouillou, 10 ans, et sa grande sœur, Ferouze, 11 ans, sont dans l'appartement familial.
12:00Immeuble Les Tilleuls, quartier Chanfleury, à Bourgogne-Jailleux, entre Grenoble et Lyon.
12:05La maman demande aux filles d'aller jeter un carton au local poubelle du rez-de-chaussée.
12:10C'est la cadette, Chara Z, qui s'y colle.
12:13Elle porte une robe jaune.
12:15Elle a demandé l'autorisation de jouer devant l'immeuble avec d'autres enfants.
12:19Les minutes s'égrennent, puis l'orage éclate sur Bourgogne.
12:22Des trombes d'eau.
12:23La maman descend au rez-de-chaussée, mais elle n'aperçoit pas Chara Z.
12:27La famille, les voisins, la cherche partout.
12:30Cave, parking, posqué, dans la soirée.
12:33Les policiers sont là.
12:33Il n'exclut pas la fugue.
12:35Le lendemain, on amène un chien pisteur.
12:38Un hélicoptère survole le quartier, mais aucune trace de la petite fille.
12:42Je me disais que quand on la retrouverait, je lui passerai un savon.
12:45Mais le mauvais rêve a continué, dira Ferouze, la sœur aînée.
12:49Des témoins sont entendus.
12:51René, elle, dit avoir vu deux gamines.
12:54L'une en robe jaune, traverser la dalle pour se rendre dans l'immeuble voisin.
12:58Il se demandait ce qu'elle faisait, ses deux filles, sous la pluie battante.
13:01Deux sœurs étudiantes ont reconnu Chara Z, qui s'approchait d'une Renault 5 bleu marine, véhicule signalé mais jamais
13:08retrouvé.
13:09Un Lyonnais, Marcel J, déjà inquiété pour des attouchements sur des fillettes, est interpellé.
13:14Il a du mal à fournir un alibi, mais on le relâche.
13:1817 janvier 1989, deux ans et demi après la disparition de Chara Z, le juge délivre en non-lieu.
13:24La famille n'est pas informée.
13:26Pendant des années, les Bindouilloux vont croire que l'enquête était toujours en cours.
13:33Vendredi 13 janvier 1989, deux ans après la disparition de Chara Z, Bindouilloux, Fabrice Ladoux, 12 ans, est signalé absent
13:40à la reprise des cours à 14h au collège des Eau Claire, à Grenoble.
13:44Dans l'après-midi, la maman appelle le commissariat.
13:47Elle explique que Fabrice est passé déjeuner.
13:50Il est reparti ensuite à pied au collège.
13:52Un témoin l'a aperçu vers 13h, marché devant un bar juste devant le passage souterrain, puis plus aucune trace.
14:01Dimanche 15 janvier, 15h10, deux jours après la disparition, un promeneur aperçoit un corps à 40 mètres en contrebas d
14:08'un ravin à quai en Chartreuse, à 20 minutes de Grenoble.
14:12C'est celui d'un enfant. Il porte un sac à dos. Il s'agit de Fabrice Ladoux.
14:16Il était mort quand il a été jeté ici.
14:19Le collégien présente plusieurs hématomes et un coup sur le crâne.
14:23Fabrice a été violé, battu avec une grande violence, puis étranglé avec un lien large.
14:28Peut-être une chaussette de sport comme celle retrouvée sur place.
14:32Peu ou pas de témoignages.
14:34Un professeur de l'école de musique de Grenoble, il sera des années plus tard condamné pour le viol d
14:39'un élève,
14:40est un temps suspecté, mais relâché.
14:43Jeudi 26 juin 1997, après 8 ans d'enquête,
14:46le juge d'instruction de Grenoble délivre en non-lieu dans le dossier Fabrice Ladoux.
14:50Le juge Luc Fontaine avait eu le premier l'idée d'élargir ses vérifications aux autres affaires ressemblantes dans la
14:57région.
14:58Mais il est obligé de déplorer.
15:00Les très nombreuses investigations par le biais d'expertises techniques
15:04ou le rapprochement avec d'autres affaires se sont révélées infructueuses.
15:10Des raptes qui continuent donc et alimentent l'affaire des disparus de Grenoble.
15:14Une série qui va s'arrêter en 1996 avec la disparition du petit Léo Ballet,
15:20six ans dans un massif montagneux de la région.
15:23Évidemment, ces enquêtes vont s'arrêter.
15:25Il y a des non-lieux.
15:26Les enquêtes sont interrompues.
15:28Certaines vont repartir.
15:29Tout ça est un peu dans le désordre.
15:31On a du mal à relier les dossiers les uns aux autres.
15:36Maître Didier Seban, vous êtes avec nous dans cette heure du crime, avocat.
15:39Alors je l'ai dit, vous êtes l'avocat des familles de Ludovic Janvier.
15:42Et, pour ce qui me concerne là tout de suite, de Fabrice Ladoux.
15:46Fabrice Ladoux, il a été massacré.
15:49Lui n'a pas survécu, contrairement à Grégory Dubrulle.
15:52On a le sentiment toutefois qu'il y a peut-être un lien entre ces deux affaires.
15:56Tant le mode opératoire paraît presque similaire.
16:00Oui, l'extrême violence, déjà, qu'ont subi ces deux garçons.
16:07Je rappelle que Grégory Dubrulle a été laissé pour mort.
16:10Et il a dû à une forme d'énergie vitale d'arriver à ramper jusqu'à la route
16:17et d'être repéré par un passant.
16:20Donc, l'extrême violence, il s'agit de deux petits garçons.
16:25Il y a des attouchements sexuels, on le saura plus tard pour Grégory Dubrulle.
16:30Il y a un caractère sexuel, il n'en parlera pas tout de suite, mais il en parlera dans un
16:35deuxième temps.
16:37Je dirais que tout rapproche ces faits, y compris les coups à la tête qu'ils ont subis les uns
16:43et les autres.
16:43Et c'est vrai qu'il a fallu que les familles se réunissent pour obtenir du parquet général de Grenoble
16:49à l'époque,
16:50dans des conditions un peu épiques, je m'étais indigné des conditions de réception des familles,
16:55pour qu'on charge les gendarmes d'un travail en rapprochement sur tous ces dossiers
17:02et que les gendarmes concluent au fait qu'il fallait rapprocher les affaires de petites filles,
17:08les affaires de garçons, peut-être avec deux auteurs ou plusieurs auteurs différents.
17:14Et je crois que c'est ce travail-là qui a fait qu'il y a eu des réouvertures,
17:18il y a eu plusieurs non-lieux, il a fallu aller plaider devant la cour d'appel de Grenoble.
17:22J'y ai été personnellement plusieurs fois pour sauver ces dossiers,
17:25jusqu'à la création du pôle, où là, on a l'espoir que ça soit suivi dans la durée et
17:30la continuité.
17:31Et le pôle des Colquaises, on en parle aujourd'hui dans cette heure du crime,
17:34parce que c'est le pôle des Colquaises qui a repris toutes ces affaires des disparus de l'ISER.
17:38Marie-Céline Lavris, vous êtes avec nous, procureure de la République adjointe au pôle des Colquaises,
17:42et merci encore d'être avec nous dans le studio de l'heure du crime.
17:46Le rapprochement des affaires, c'est capital,
17:48parce que là, on s'aperçoit tout de même qu'il y a vraiment presque des liens
17:51qui sont en train de se faire entre certains dossiers, et ça des années après.
17:55C'est ce qu'on appelle, oui, l'analyse criminelle,
17:57et cette analyse criminelle, elle est nourrie par la mémoire criminelle,
17:59donc tout ce recensement d'affaires non élucidé que nous faisons.
18:04Donc en mémoire criminelle, actuellement, on a près de 500 dossiers,
18:07500 procédures qui ont été portées à la connaissance du pôle.
18:10Toutes ne font pas encore l'objet de réouvertures,
18:13mais elles nous permettent de faire des recoupements.
18:16C'est exactement ce qui est fait rapidement par les enquêteurs aussi,
18:19et par le parquet général, mais évidemment par les avocats des partis civils,
18:23à savoir qu'entre Grégory Dubrul et Fabrice Ladoux,
18:28il y a des éléments similaires.
18:31C'est ça.
18:31La manière, le mode opératoire, la manière dont l'auteur va s'adresser à l'enfant,
18:36j'ai besoin d'aide, ou alors j'ai besoin d'aide pour trouver mon chemin,
18:39ou sur la voie publique.
18:41La voiture, etc.
18:42La voiture, et puis l'extrême violence,
18:44et notamment des blessures quasi similaires entre les deux enfants.
18:48Alors ça, c'est un point important,
18:49parce que là, effectivement, on s'aperçoit qu'il y a au moins un dossier
18:52qui est rapproché de manière très concrète, c'est ça ?
18:55En tous les cas, on peut le supposer.
18:56C'est ça.
18:57Et vous recevez toujours des témoignages sur ces affaires anciennes ?
18:59On reçoit toujours des témoignages.
19:01C'est ça qui est étonnant.
19:01D'où l'importance de toujours parler de ces dossiers.
19:04C'est fou, parce que la mémoire revient, enfin revient,
19:07il y a des témoins qui peuvent encore se manifester,
19:09et des témoins dignes d'intérêt.
19:10Je ne parle pas de personnes farfelues.
19:11Tout à fait.
19:12Alors, on a des personnes farfelues aussi,
19:13mais on exploite quand même les témoignages.
19:15Mais des témoignages dignes d'intérêt,
19:17vous l'avez effectivement noté,
19:18nous en avons encore eu récemment pour ces affaires.
19:23Thibaut Solano, vous êtes avec nous également dans l'heure du crime.
19:25Journaliste, directeur adjoint de la rédaction de Marianne.
19:29Il faut parler un peu de Charazette Bandouillou,
19:32parce que la petite disparue,
19:34alors elle, c'est une des rares filles d'ailleurs,
19:35qui disparaît dans ce paysage.
19:38Il y a beaucoup de témoignages,
19:39on l'a vu la petite fille,
19:40et pourtant, il n'y a rien qui se passe.
19:42Oui, bien sûr.
19:43Alors, il y a quand même eu un flou au début
19:46sur les circonstances de la disparition,
19:47c'est-à-dire que cet après-midi-là,
19:50elle descend jouer toute seule,
19:51parce que sa soeur regarde plutôt les dessins animés,
19:55et sa mère lui dit de descendre les poubelles en même temps.
19:58Et dans un premier temps,
19:59on va penser qu'elle a disparu finalement dans le local poubelle.
20:03Après, on sait qu'elle est remontée,
20:05prendre un verre d'eau,
20:06et puis il y a des témoins qui la voient,
20:07il y a également une témoin qui la voit devant la vitrine d'un commerce.
20:12Mais là aussi, il y a du monde,
20:14on est dans un espace urbain,
20:17et pourtant, il n'y a pas de témoignage,
20:19si vous voulez,
20:19qui indique un kidnapping.
20:23Mais, ce qu'il faut préciser,
20:24c'est que finalement,
20:25c'est assez classique
20:26dans les affaires de disparition d'enfants.
20:28Parce que ces enlèvements
20:30ne se font pas,
20:31assez souvent en tout cas,
20:32ils ne se font pas par la violence,
20:34mais par la ruse.
20:34C'est ça.
20:35J'ai perdu mon chien,
20:37ou alors...
20:38Montre-moi où je dois aller,
20:39montre-moi mon chemin, etc.
20:40Exactement.
20:40Alors, je connais tes parents,
20:41ils ont eu un accident,
20:42je t'emmène à l'hôpital,
20:43ça peut être n'importe quoi.
20:44Et à cet âge-là,
20:45c'est même pas forcément par naïveté
20:46qu'on suit plus facilement en adulte,
20:48mais c'est parce qu'on est intimidé aussi.
20:50Donc, c'est pour ça
20:50qu'il n'y a pas forcément
20:51de témoignages qui viennent
20:52et que quelqu'un a vu quelque chose
20:54puisque les choses
20:55se sont faites sans violence.
20:56Et pourtant,
20:56toutes ces affaires,
20:57elles sont quasiment déroulées
20:58toutes en milieu urbain,
20:59ce qui est très étonnant
21:00parce qu'il y a beaucoup de monde,
21:01toutes les affaires
21:01en question dont on parle.
21:03Et effectivement,
21:03c'est par la ruse
21:04que ces petites filles,
21:05ces petits garçons sont attirés.
21:0720 ans après la première disparition,
21:09des affaires enfin rapprochées.
21:12Les disparus de l'Isère,
21:13la montagne au cold case.
21:15Je suis surprise
21:16par la proximité de ces affaires.
21:18L'enquête de l'heure du crime,
21:1920 ans plus tard,
21:20des dossiers sauvés de l'oubli
21:21que vont trouver les juges
21:23et les gendarmes
21:23à suivre dans un court instant
21:25sur RTL.
21:27Jean-Alphonse Richard sur RTL.
21:29C'est l'heure du crime jusqu'à 15h.
21:32L'heure du crime,
21:33présentée par Jean-Alphonse Richard sur RTL.
21:36Il y a 20 ans,
21:37la science criminologique
21:38n'était pas du tout
21:39ce qu'elle est maintenant.
21:39Et donc,
21:40un certain nombre d'indices ont manqué.
21:41Et c'est peut-être l'espoir
21:42que nous avons.
21:43L'état de la science actuellement
21:44pourra permettre
21:45de faire progresser
21:46des enquêtes.
21:48Au programme de l'heure du crime,
21:49l'affaire des disparus de l'Isère.
21:51Une dizaine d'enfants
21:52et adolescents
21:52enlevés et tués
21:53dans les années 80-90.
21:55Certains corps
21:56n'ont jamais été retrouvés.
21:57Des enquêtes non résolues.
21:5920 ans après les faits,
22:00les dossiers oubliés
22:01refont surface.
22:03Lundi 7 juillet 2008,
22:05la procureure générale
22:06de la cour d'appel de Grenoble
22:08lance un appel à témoins
22:09pour neuf disparitions
22:10et meurtres d'enfants
22:11inexpliqués
22:12survenus entre 1983
22:14et 1996
22:16dans l'Isère.
22:17La procureure est intriguée
22:20par la proximité
22:20de ces affaires
22:21et dit-elle,
22:22touchée par la souffrance
22:23des familles
22:24qui attendent la vérité.
22:25Les gendarmes
22:26d'une nouvelle cellule
22:27baptisée Mineur 38
22:29travaillent sur ces dossiers
22:30qui concernent 5 garçons
22:32et 4 filles
22:33de 5 à 16 ans.
22:3512 enquêteurs,
22:367 locaux
22:36et 5 analystes
22:38de l'IRCGN
22:39sont mobilisés.
22:40Les cas à Ludovic Janvier,
22:42Grégory Dubrulle,
22:43Charazette Bandouillou,
22:44Fabrice Ladoux
22:44sont bien sûr retenus.
22:46Un an plus tard,
22:47un rapport de la Gendarmerie nationale
22:49écrit que l'hypothèse
22:50d'un auteur unique
22:52pour les affaires Janvier,
22:54Dubrulle,
22:55Ladoux,
22:55ne peut être écartée.
22:57Trois dossiers
22:58qui se ressemblent donc.
22:59En juillet 2013,
23:01les enquêtes vont permettre
23:02d'élucider les disparitions
23:04et les meurtres
23:05à Vorep
23:05de Sarah Siad,
23:076 ans,
23:08en 91
23:08et de Saïda Berch,
23:1110 ans,
23:11en 96.
23:12Le meurtrier
23:13est un habitant du coin,
23:14Georges Pouille,
23:1640 ans.
23:17Vendredi 7 février 2014,
23:208 ans après la réouverture
23:21des dossiers des disparus,
23:22le procureur de Grenoble
23:24demande un non-lieu.
23:25A la grande surprise
23:26des enquêteurs
23:27qui travaillent sans relâche
23:28sur les dossiers.
23:29Ils ont par exemple acquis
23:30la conviction que l'homme
23:31qui a tué le collégien
23:32Fabrice Ladoux
23:33est sans doute le même
23:34qui a laissé pour mort
23:36Grégory Dubrulle,
23:37un individu
23:38qui se déplaçait en voiture
23:39et dont le mode opératoire
23:40est similaire.
23:41La cour d'appel de Grenoble,
23:42convaincue
23:43que les investigations en cours
23:44peuvent porter leurs fruits,
23:46refuse le non-lieu
23:47souhaité par le parquet,
23:49les affaires sont
23:51sauvées.
23:53C'est un peu le chaos
23:54dans ces dossiers oubliés,
23:55on le voit bien.
23:56Marie-Céline Lavrice,
23:57vous êtes avec nous
23:57dans cette heure du crime,
23:58procureur de la République
23:59adjointe au pôle
24:00des Coilcase de Nanterre,
24:01le pôle qui fête aujourd'hui
24:03ses quatre ans d'existence
24:05et effectivement
24:06qui a déjà fait
24:06beaucoup de travail
24:07et qui continue à le faire.
24:09Il a fallu 20 ans,
24:1120 ans,
24:11et le pôle des Coilcase
24:12n'était pas encore créé
24:13à l'époque,
24:14mais il a fallu 20 ans
24:15pour ouvrir le dossier
24:16des disparus de l'Isère
24:17ou enfin qu'une procureure générale
24:19se dise,
24:19mais après tout,
24:20il y a tous ces dossiers,
24:21il faut travailler ensemble,
24:22il faut tout remettre
24:23sur la table.
24:24C'est incroyable,
24:2520 ans.
24:2620 ans,
24:27mais les prémices
24:28de la coordination
24:29qui nous manquaient
24:30et de la centralisation
24:31des informations,
24:33certainement aussi grâce,
24:34et même pas certainement,
24:35c'est sans doute grâce
24:37aux familles,
24:38parce que c'est pour ça...
24:39Elles ont fait le boulot quand même.
24:40Elles ont souvent été
24:42très tenaces,
24:43très courageuses
24:43pour pouvoir maintenir
24:44des dossiers vivants
24:46et c'est au gré
24:48des informations
24:49que la procureure générale
24:50à l'époque,
24:51en 2008,
24:52avait,
24:52à force aussi
24:53d'obtenir des renseignements
24:55de la part des proches
24:56de victimes,
24:57de se dire que peut-être
24:57une centralisation
24:58par une cellule
24:59d'enquête dédiée,
25:01mineure 38,
25:02par la section de recherche
25:03de Grenoble.
25:04C'était les prémices
25:05de la section de recherche
25:07de Grenoble
25:07qui a créé récemment
25:09une cellule Colcaise.
25:10Oui, c'est la première étape,
25:12la première marche
25:13et puis ensuite,
25:13il y aura évidemment
25:14la création du pôle
25:16bien plus tard.
25:17Justement,
25:18ces gendarmes,
25:19à l'époque,
25:20ils rapprochent
25:21eux trois dossiers,
25:22janvier,
25:23du brûle,
25:23Ladoux,
25:24Thibaut Solano,
25:25journaliste,
25:26Marianne,
25:27directeur de la rédaction.
25:29Là, effectivement,
25:29les gendarmes,
25:30ils avancent beaucoup
25:31là-dessus.
25:32Il faut absolument
25:33relier les affaires
25:34pour pouvoir progresser.
25:35Bien sûr,
25:36dans le cas de Dubrulle
25:38et de Ladoux,
25:39il y a eu plusieurs expertises.
25:40Tout le monde est d'accord,
25:41à peu près.
25:42En fait,
25:42il y a surtout
25:43plusieurs expertises,
25:44dont une assez récente,
25:45qui indique
25:46que les blessures
25:48au crâne,
25:48qui ont quand même
25:49déformé le crâne
25:50de M. Dubrulle,
25:52sont identiques.
25:53Donc, effectivement,
25:54on peut penser...
25:55On frapper de la même manière.
25:56Voilà, exactement.
25:57Donc, on peut penser,
25:58là, vraiment,
25:58à un tueur unique.
26:00Pour ce qui concerne
26:02Ludovic Janvier.
26:03Il n'y a pas de corps.
26:05Il n'y a pas de corps.
26:06Donc, on ne sait pas
26:06s'il a été finalement
26:07frappé au crâne.
26:09Il y a le témoignage
26:10de son frère.
26:11Vous avez parlé
26:11de l'audition
26:13qui a eu lieu
26:13début 2024,
26:15qui est une audition
26:16très intéressante
26:17parce qu'elle a été faite
26:18de manière assez innovante.
26:20En fait,
26:20au lieu de partir
26:21du début de l'histoire
26:22pour aller vers la fin,
26:22on part de la fin
26:23pour aller vers le début.
26:24C'est une psychocriminologue
26:26qui a mené cette audition
26:28sur les lieux
26:29de disparition
26:29et ensuite
26:30dans la maison
26:31où vivait alors
26:32la famille Janvier.
26:34Et, en fait,
26:34ça a permis aussi
26:35peut-être de revoir
26:36certains détails
26:37du déroulement.
26:38Le grand frère
26:39a vu les choses
26:40un petit peu
26:40sous un angle différent,
26:42c'est ça ?
26:42C'est ça, exactement.
26:43Ce qui a d'ailleurs
26:44beaucoup marqué.
26:45Oui, c'est ça,
26:46parce qu'il ne va pas
26:47comprendre pourquoi même
26:48il a peut-être
26:48déclaré certaines choses,
26:49etc.
26:49Tout ça est très déstabilisant.
26:51Mais ça, encore une fois,
26:52c'est la mémoire.
26:52C'est une histoire
26:53presque de spécialiste.
26:55Maître Didier Seban,
26:56vous êtes dans cette affaire,
26:58évidemment,
26:58vous êtes avocat,
26:59vous avez beaucoup
27:00de dossiers de cold case,
27:01notamment ceux
27:02pour l'ISER
27:03de Ludovic Janvier
27:03et Fabrice Ladoux.
27:05La tentation,
27:06en tout cas à l'époque,
27:07elle est forte
27:08de délivrer des non-lieux.
27:09On voit que chaque fois
27:10qu'on commence
27:11un peu à creuser,
27:13fatalement,
27:13là, on se dit
27:14c'est pas assez,
27:14on va fermer.
27:16Vous savez,
27:16c'est la magie
27:18ou je dirais même
27:19le drame des statistiques,
27:21c'est-à-dire
27:21qu'un dossier
27:22qui se termine
27:22par un non-lieu,
27:23c'est un dossier
27:24résolu.
27:27C'est-à-dire
27:27que dans les statistiques
27:28du juge d'instruction
27:29ou de la juridiction,
27:30on a tant d'affaires
27:32terminées.
27:34Et donc,
27:35évidemment,
27:36il y a des instructions
27:36pour qu'on ferme
27:37ces dossiers vite.
27:39Aujourd'hui,
27:40on ne le ferait plus.
27:41Heureusement,
27:42ça a changé.
27:42Heureusement,
27:43ça a changé,
27:44les mentalités ont changé.
27:45Mais souvent,
27:46des disparitions d'enfants,
27:47c'était un an,
27:48deux ans,
27:49des viols,
27:50c'était quelquefois
27:51six mois après.
27:52Je veux dire,
27:53on s'aperçoit
27:54de dossiers vides
27:54et surtout
27:55d'une absence
27:56de mise en perspective.
27:57Alors,
27:58quelquefois,
27:58on avait des enquêteurs
27:59plus malins que les autres,
28:00évidemment,
28:01qui regardaient,
28:01qui s'intéressaient
28:02à la criminalité.
28:03Mais je vous rappelle
28:04qu'encore tout récemment,
28:06les procureurs
28:07n'avaient pas la liste
28:08des meurtres commis
28:09sur leur ressort.
28:10On ne pouvait pas
28:11faire cette liste,
28:12donc on ne pouvait pas
28:12faire les rapprochements.
28:14La justice ne les faisait pas.
28:15Et aujourd'hui,
28:16elle commence à le faire,
28:17effectivement,
28:17et c'est une bonne chose.
28:18le long combat
28:19souvent invisible
28:21des familles.
28:22Les disparus de l'Isère,
28:23la montagne au Colcaise.
28:25Tant que ma soeur
28:25ne sera pas enterrée
28:27dans une tombe décente,
28:28je ne laisserai pas passer
28:29l'enquête de l'heure du crime.
28:30On se retrouve
28:31dans un instant
28:31sur RTL.
28:33L'heure du crime,
28:34c'est avec Jean-Alphonse Richard
28:36sur RTL.
28:39L'heure du crime,
28:40présentée par Jean-Alphonse Richard
28:42sur RTL.
28:44Retour dans l'heure du crime
28:45sur les disparus de l'Isère.
28:46Une dizaine de disparitions
28:47et de meurtres d'enfants
28:48dans ce département
28:49dans les années 80-90.
28:52Investigations longues,
28:53malmenées,
28:53peu de résolutions.
28:56Près de 40 ans après,
28:57le nouveau pôle d'école
28:59qu'hérite de plusieurs dossiers.
29:01Mardi 31 mai 2022,
29:03Ferouz Bindouillou,
29:05très active
29:05pour faire éclater la vérité
29:07dans la disparition
29:07de sa petite soeur Charazède,
29:09est reçue
29:10avec d'autres représentants
29:11de familles
29:12de disparus
29:12au pôle des Colquayes
29:14à Nanterre.
29:15L'affaire Charazède-Bindouillou
29:16rejoint alors
29:17les dossiers du pôle.
29:20Mercredi 8 mars 2023,
29:22Sabine Kéris,
29:23juge d'instruction
29:23au pôle des Colquayes,
29:24se déplace à Grenoble.
29:26Elle se rend jusqu'au Ravin
29:27de Quai-en-Chartreuse.
29:28C'est ici
29:29qu'a été découvert
29:30en 1989,
29:32le corps du collégien
29:33Fabrice Ladoux,
29:3412 ans.
29:35Dix mois auparavant,
29:36le pôle a hérité
29:37de cette procédure.
29:38La juge,
29:39familière des déplacements
29:40sur des scènes de crime oubliés,
29:41veut comprendre
29:42comment l'enfant
29:43a été amené jusqu'ici.
29:45Le corps de Fabrice
29:46est exhumé
29:47afin d'obtenir
29:48une empreinte ADN
29:49sûre et fiable.
29:50Maître Didier Seban,
29:52avocat de la famille,
29:53parle d'une épreuve
29:54pour les proches
29:55même si,
29:55selon lui,
29:56malgré les années,
29:57la perspective
29:58de retrouver
29:59l'auteur du meurtre
30:00l'emporte
30:01sur la souffrance.
30:02La juge Kérisse
30:03reçoit
30:03la famille
30:04de Fabrice Ladoux
30:05pour l'assurer
30:07que le dossier
30:08ne sera jamais refermé.
30:09Un ancien gendarme
30:11confie
30:11au Dauphiné libéré.
30:12C'est l'affaire
30:13que je regrette le plus.
30:14Si de nouvelles investigations
30:16pouvaient déboucher,
30:18ce serait
30:18formidable.
30:21Maître Didier Seban
30:23est avec nous
30:23dans cette heure du crime
30:24et dans le studio
30:24de l'heure du crime,
30:25avocat des familles
30:26de Ludovic Janvier,
30:27Fabrice Ladoux.
30:28Évidemment,
30:29vous en voyez beaucoup
30:30des familles
30:30dans ces histoires
30:31de cold case.
30:32Aujourd'hui,
30:33Maître Seban,
30:34le pôle judiciaire
30:35des cold case
30:36qui, encore une fois,
30:37célèbre
30:38ses quatre ans d'existence,
30:39c'est l'ultime espoir
30:41pour ces familles ?
30:42Ah oui,
30:43elles l'ont attendu.
30:44Souvent,
30:45le temps du transfert
30:46leur paraît long
30:47puisqu'on a souvent
30:49entre le moment
30:49où nous le demandons,
30:51où la décision est prise
30:52un an,
30:52voire deux ans
30:53pour que le dossier arrive
30:54jusqu'au pôle cold case.
30:55Mais quand il arrive,
30:57ils savent que ça va être
30:59pris en charge
30:59par des magistrats spécialisés
31:01qui connaissent tout
31:02de la nouvelle police scientifique,
31:05qui mettent en œuvre
31:06des techniques modernes,
31:07qui vont rapprocher
31:08les dossiers.
31:09Ça change évidemment
31:10complètement les choses
31:12par rapport à des juges
31:13qui font ce qu'ils peuvent
31:15mais qui sont débordés
31:16par la masse des dossiers
31:17qu'ils ont à suivre.
31:19Et donc,
31:19il y a cet espoir
31:21qui naît
31:22et je crois
31:23qu'on a fait beaucoup
31:24avec la création
31:25de ce pôle.
31:26Ce qui manque aujourd'hui,
31:27c'est des enquêteurs.
31:28Pas à Grenoble,
31:29on a une division spéciale
31:31mais souvent,
31:33souvent des enquêteurs,
31:34la police judiciaire
31:34est en crise,
31:35je tiens à vous le dire,
31:36on manque d'enquêteurs
31:38dans beaucoup d'affaires
31:38du pôle cold case.
31:39C'est vrai,
31:40ils souffrent beaucoup,
31:40la PJ souffre beaucoup,
31:42il n'y a pas assez de monde,
31:43il n'y a pas assez de formation
31:44et c'est très compliqué.
31:45On salue leur boulot aujourd'hui.
31:47Alors,
31:48Thibaut Solano,
31:49vous êtes journaliste,
31:50directeur adjoint
31:50de la rédaction
31:51de Marianne
31:53et vous connaissez très bien
31:53ces dossiers.
31:54On parle des familles là
31:56et je parle de Ferouz Bandouillou
31:58parce que son cas est exemplaire.
32:00Ferouz Bandouillou,
32:00c'est la grande sœur.
32:02Elle a vu sa petite sœur
32:03disparaître
32:03comme ça
32:04au pied de l'immeuble.
32:06Elle est incroyable
32:06cette femme,
32:07Ferouz Bandouillou
32:07parce qu'elle n'a jamais
32:09cessé de se battre
32:10et sans elle,
32:11sans doute,
32:11le dossier serait éteint
32:12aujourd'hui.
32:13Oui,
32:13puisque ça tient quand même
32:14beaucoup,
32:15énormément même
32:16sur la mobilisation
32:16des familles
32:17quand les affaires
32:18sont aussi anciennes.
32:19Elle a fondé
32:20une association
32:20qui a regroupé
32:22une partie
32:23des familles
32:24de victimes.
32:25Elle a fait beaucoup
32:26d'interventions médiatiques,
32:28elle a fait elle-même
32:29des recherches
32:29dans les archives
32:31pour essayer
32:32d'en savoir plus
32:33et c'est elle encore
32:34qui tient beaucoup
32:34le combat
32:35des familles
32:36de disparaît de l'Isère.
32:37C'est ça,
32:37elle porte le drapeau
32:38parce que pour tout le monde,
32:39effectivement,
32:40on l'entend,
32:40elle se manifeste
32:41et elle a bien raison
32:42et on la salue
32:42d'ailleurs dans cette
32:43heure du crime.
32:44Marie-Céline Lavris,
32:45procureure de la République
32:46adjointe au Pôle des Colquais
32:48de l'Enterre avec nous
32:49depuis le début
32:49de cette émission.
32:50Alors j'ai cité
32:51dans ce que je viens
32:52de raconter
32:52le travail de la juge
32:54Keris.
32:55J'aurais pu choisir
32:56notre juge
32:57mais effectivement
32:57c'est très intéressant
32:58cette histoire
32:59où elle va à Grenoble
33:00etc.
33:01sur le terrain
33:02tout ça.
33:03Parce que ça,
33:06et effectivement
33:07tous les magistrats
33:08instructeurs
33:09qu'il s'agit de Sabine Keris
33:10mais aussi
33:10Madame Bernard,
33:12Fabienne Bernard,
33:13Aude Christo,
33:14Régis Pierre
33:15vont commencer
33:16les investigations
33:17quand ils reprennent
33:18un dossier
33:18par un déplacement
33:19sur les lieux
33:20pour se familiariser
33:22avec ces lieux-là
33:23pour mieux comprendre
33:24la lecture d'un dossier
33:25où se trouve
33:26l'endroit
33:27où un enfant
33:28a été enlevé,
33:28l'endroit
33:29où le corps
33:30a été retrouvé
33:30et s'imprégner
33:32des lieux
33:32c'est très important
33:33aussi parce que
33:34souvent,
33:35notamment
33:36Madame Keris
33:37le fait en compagnie
33:38des partis civils
33:38ça a été le cas
33:39avec Jérôme Janvier
33:41ou avec Jérôme Janvier
33:43donc le frère de Ludovic
33:45et également
33:45avec Grégory Dubrulle
33:46avec cet entretien cognitif
33:48qui fait partie
33:48en réalité
33:49du travail même du Pôle
33:50l'entretien cognitif
33:50ce qui a été décrit
33:51tout à l'heure
33:52par M. Solano
33:52à savoir
33:53essayer de faire
33:55remodeler la mémoire
33:57exactement
33:58et ça
33:58c'est important
34:00vous le dites
34:00parce que
34:00moi j'étais surpris
34:02de voir que
34:02effectivement ces magistrats
34:03qu'on croit
34:04qu'ils sont derrière
34:04leur bureau
34:05etc.
34:06en train de relire
34:07des vieux dossiers
34:08pas du tout
34:09là il faut vraiment
34:10s'imprégner
34:11de ce qui s'est passé
34:11à l'époque
34:11c'est important
34:12la scène de crime
34:13la scène de disparition
34:14c'est essentiel
34:16même si la scène
34:16a changé
34:17même si
34:18les lieux
34:19ne sont plus
34:20les mêmes
34:21Grégory Dubrulle
34:22expliquait que
34:23quand il a été
34:24enlevé
34:25il y avait
34:26un hangar
34:27il y avait une pépinière
34:28un hangar
34:28de la SNCF
34:29des commerces
34:31il occupait
34:32que l'immeuble
34:33était occupé
34:34de personnes
34:34plutôt âgées
34:35qui étaient sans arrêt
34:36aux fenêtres
34:36qui auraient dû voir
34:37quelque chose
34:38ce qui n'est plus
34:39forcément le cas
34:39aujourd'hui
34:40oui c'est effectivement
34:41tout a changé
34:41mais effectivement
34:42un détail
34:42un témoignage
34:44peut toujours
34:45faire tout
34:45basculer
34:46les disparus
34:48de l'ISER
34:48à la montagne
34:49au cold case
34:50j'ai vu son inquiétude
34:51dans ses yeux
34:52j'ai compris
34:52que j'avais fait
34:53une bêtise
34:53l'enquête de l'heure
34:54du crime
34:55je vous retrouve
34:55dans un instant
34:56sur RTL
35:01dans l'heure du crime
35:07aujourd'hui
35:08l'affaire
35:08des disparus
35:09de l'ISER
35:09une dizaine
35:10de raptes
35:10de meurtres
35:11dans les années
35:1280-90
35:13dans ce département
35:14depuis 4 ans
35:14le pôle des cold case
35:16est saisi
35:16de la plupart
35:17des dossiers
35:17avec quelques succès
35:20lundi 25 novembre
35:212024
35:22Mohamed Chabar
35:2362 ans
35:24est interpellé
35:25à Dijon
35:26soupçonné
35:27de deux meurtres
35:27en ISER
35:28celui d'une femme
35:29en 2000
35:30mais aussi
35:30celui d'une adolescente
35:32de 15 ans
35:32en août 88
35:34Nathalie Boyer
35:35faisait partie
35:36de la liste
35:37des disparus
35:37de l'ISER
35:38Chabar n'y l'est fait
35:39il est mis
35:39un examen
35:40suspect
35:41qui intéresse
35:42beaucoup
35:42les enquêteurs
35:43car cet homme
35:44aurait connu
35:45à l'époque
35:46le père
35:47de la petite
35:47Charazette
35:48Bindouillou
35:49enlevé
35:50et jamais retrouvé
35:52Virginie et Jérôme
35:53Janvier
35:54sœur et frère
35:54de Ludovic Janvier
35:55le premier
35:56des disparus
35:57de l'ISER
35:57n'ont jamais cessé
35:58d'espérer
35:59connaître
36:00la vérité
36:00Jérôme
36:01le grand frère
36:02a toujours culpabilisé
36:03d'avoir laissé
36:04son petit frère
36:05partir avec un inconnu
36:06j'ai vu son inquiétude
36:08dans ses yeux
36:09là j'ai compris
36:10que j'avais fait
36:11une bêtise
36:12dira-t-il
36:13la famille
36:14a été complètement
36:16à nu
36:17arrachée
36:17et il nous manque
36:18que quelqu'un
36:19en fait
36:19il nous manque
36:20toujours quelqu'un
36:21si au moins
36:22on avait son corps
36:24on pourrait éventuellement
36:26se reposer
36:27se dire
36:27bon ben
36:29le fameux souffle
36:30on pourrait
36:31mais là on peut pas
36:32on est en apnée
36:32en fait
36:33ça fait 35 ans
36:34qu'on est en apnée
36:36la voix de
36:37Férouz Bandouillou
36:38on en a parlé
36:39tout à l'heure
36:39c'est la
36:40la grande sœur
36:41de Charazel
36:42de la petite fille
36:42qui avait disparu
36:43en 1987
36:45c'est un document
36:46France 5
36:48maître Didier Seban
36:49je reviens vers vous
36:49dans cette heure du crime
36:50vous défendez
36:51vous avez beaucoup
36:53de dossiers
36:53dans cette histoire
36:54des disparus de l'Isère
36:55Ludovic Janvier
36:56Fabrice Ladou
36:58on entend la voix
36:59de Férouz Bandouillou
37:01mais c'est pour être
37:01la voix de toutes les familles
37:02finalement
37:02parce qu'elles sont marquées
37:04à vie ces familles
37:05et souvent
37:06parfois les parents
37:07disparaissent
37:08ou bien les plus âgés
37:09disparaissent
37:10et ensuite
37:10dans ces familles
37:12les plus jeunes
37:13reprennent le relais
37:14ça c'est très étonnant
37:16on le voit assez souvent
37:16oui souvent
37:18les frères et sœurs
37:19puis après
37:19même
37:19les petits enfants
37:24reprennent ces combats
37:25parce que
37:26si vous voulez
37:27cette idée
37:28tant qu'on ne sait pas
37:29on ne peut pas
37:30se construire
37:31ailleurs
37:32ils vont vivre
37:33avec ça
37:34je me rappelle
37:35toujours
37:35la maman
37:36de Ludovic Janvier
37:37qui s'était fait
37:38tatouer
37:39le prénom
37:40de son fils
37:41sur le bras
37:42qui n'avait pas
37:45déménagé
37:45quoi que ce soit
37:46dans sa chambre
37:47et qui attendait
37:48peut-être
37:49qu'un jour
37:49il revienne
37:50il y a vraiment
37:52ces histoires-là
37:54elles sont
37:55non seulement
37:55des histoires
37:56de famille
37:56mais elles les marquent
37:57à vie
37:57et elles marquent
37:59les différentes générations
38:01donc
38:02beaucoup de familles
38:03ne lâchent pas
38:04ne cèdent pas
38:05parce que ça peut être
38:06le voisin
38:06parce que ça peut être
38:07le cousin
38:08parce que ça peut être
38:08quelqu'un de la famille
38:09parce que ça peut être
38:10quelqu'un qui connaisse
38:11et il se dit
38:12je ne peux pas vivre
38:12à côté du meurtrier
38:14sans qu'il soit arrêté
38:16jugé
38:16donc vraiment
38:18cet espoir de justice
38:19c'est ce qui évite
38:22de sombrer
38:23s'il n'y a pas
38:24cet espoir de justice
38:25s'il n'y a pas
38:25ce combat
38:26pour finalement
38:27qu'une justice ait lieu
38:29que l'auteur soit retrouvé
38:30il n'y a plus rien
38:31il y a le vide
38:32et il y a la douleur
38:33simplement
38:34et je crois que
38:35ce combat
38:36qui porte les familles
38:37c'est aussi
38:38ce qui leur permet
38:39de rester aujourd'hui
38:40en vie
38:41Thibaut Solano
38:42un mot
38:43là-dessus
38:44vous êtes journaliste
38:45et directeur adjoint
38:46de la rédaction
38:47de Marianne
38:47et encore une fois
38:48vous traitez
38:48tous ces dossiers
38:50aujourd'hui
38:51c'est quoi
38:51les armes
38:52les plus efficaces
38:53les témoignages
38:53bien sûr
38:54ça on rêve
38:55d'avoir des témoignages
38:55d'ailleurs
38:55il faut lancer
38:56un appel aux témoignages
38:57pour toutes ces affaires
38:58dont on parle aujourd'hui
38:59et si vous avez entendu
39:00ou quoi que ce soit
39:01vous pouvez toujours
39:01communiquer
39:02vous envoyez vos informations
39:04à la police
39:05à la gendarmerie
39:06ou bien directement
39:07au pôle des call cases
39:08il y a d'ailleurs
39:09un mail qui est dédié
39:10une adresse mail
39:11qui est dédiée
39:12qu'on met d'ailleurs
39:12sur le site
39:13de l'heure du crime
39:14Thibaut Solano
39:15les témoignages
39:16l'ADN
39:16oui
39:17alors je sais que
39:19beaucoup de magistrats
39:21pensent que
39:21dans la plupart des call cases
39:22dans 90%
39:24des call cases
39:25le nom du tueur
39:27est déjà dans le dossier
39:28c'est parfois
39:29juste un témoin
39:31périphérique
39:32dont l'audition
39:32a donné lieu
39:33à deux pages
39:34mais c'est vrai
39:35que ça se vérifie
39:36assez souvent
39:37ça s'est vérifié
39:38dans l'affaire
39:39des deux filles
39:40de petites filles
39:40de Vorep
39:41par exemple
39:41tout à fait
39:42dont le tueur
39:43est Georges Pouille
39:44mais pour arriver
39:45à ce témoin périphérique
39:47c'est effectivement
39:48souvent l'ADN
39:50alors maintenant
39:51il y a la généalogie génétique
39:52qui permet
39:53d'avoir
39:54des résultats
39:55encore plus performants
39:57simplement
39:57il n'est pas sûr
39:58que cette technique
39:59puisse être utilisée
40:00dans le cas
40:01des disparus de l'ISER
40:02c'est ça
40:02donc voilà
40:04c'est compliqué
40:05on avance à petits pas
40:06il y a beaucoup d'affaires
40:07il n'y a pas assez
40:09de policiers
40:10il n'y a pas assez
40:10de gendarmes
40:11il n'y a pas assez
40:11de magistrats
40:11on peut un petit peu
40:13résumer l'affaire
40:13comme ça
40:14si le ministère
40:15d'ailleurs nous entend
40:16de la justice
40:16et de l'intérieur
40:17ben voilà
40:18allez-y
40:18vous pouvez mettre
40:19du personnel là-dessus
40:20Marie-Céline Lavrise
40:21procureure de la République
40:22adjointe au pôle
40:23des call cases
40:23de Nanterre
40:24je parlais de l'affaire
40:25de l'arrestation
40:26de Mohamed Chabar
40:27il a été mis en examen
40:28cet homme
40:30notamment pour la mort
40:32la disparition
40:33et la mort
40:33d'une adolescente
40:35de 15 ans
40:36Nathalie Boyer
40:37dans ses affaires
40:38de disparu de l'ISER
40:39ça montre
40:40qu'on continue
40:41d'arrêter des gens
40:42on peut comme ça
40:43avoir des surprises
40:44Chabar c'est incroyable
40:45on va chercher ce dossier
40:46comment on le trouve
40:47cet homme ?
40:48Alors Chabar
40:49on le trouve
40:50parce qu'il fait partie
40:50de l'environnement
40:51de deux victimes
40:52qui sont dans deux dossiers
40:54différents du pôle
40:56dont celui de Nathalie Boyer
40:58et puis il fait partie
40:59de l'environnement
41:00effectivement c'est une personne
41:00qui a déjà été entendue
41:02dans une procédure
41:03ce que disait tout à l'heure
41:05après le pôle call case
41:07c'est 132 procédures
41:08qui sont en cours
41:09et 13 dossiers
41:11qui ont bien avancé
41:12avec 15 personnes
41:13mises en examen
41:14donc après 4 ans
41:15on avance
41:16dans beaucoup de dossiers
41:17et vous attendez
41:18des réponses
41:19pour des dossiers
41:19en cours
41:20évidemment
41:20avec l'espoir
41:21de trouver
41:22tout à fait
41:23parce que là
41:23évidemment
41:24il faut donner ce message
41:25aux familles
41:25toujours l'espoir
41:26parce qu'on nous a donné
41:27les moyens
41:27alors on n'en a pas beaucoup
41:29mais on a les moyens
41:30maintenant de donner
41:30des réponses aussi aux victimes
41:32et si on n'arrive pas
41:33forcément à résoudre
41:33un dossier
41:34on peut peut-être
41:35l'élucider
41:36merci beaucoup
41:37Marie-Céline Lavrise
41:39Thibaut Solano
41:40et Maître Didier Seban
41:41d'avoir été les invités
41:42de l'heure du crime
41:43merci à l'équipe de l'émission
41:44rédactrice en chef
41:45Justine Vigneault
41:45préparation Lisa Canalès
41:47Valentine Bardet
41:48réalisation en direct
41:49c'est Jonathan Griveaux
41:50Merci d'avoir regardé cette vidéo
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