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  • il y a 11 minutes
Ce lundi 16 février, Arthur Charle, cofondateur de Cocorico, était l'invité dans l'émission Good Morning Business sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Good morning business, parole de patron.
00:03On va parler textile avec Arthur Schall. Bonjour, vous êtes le cofondateur de Cocorico.
00:08Alors c'est un petit peu dans votre nom, j'imagine que vous décevendez le textile français.
00:12Made in France est une marque bordelaise qui a été vendue jusqu'ici exclusivement sur internet.
00:17Vous allez vous mettre à vendre directement dans les magasins.
00:20Vous avez signé un partenariat avec InterSport.
00:24Ça se passe plutôt bien pour vous puisque vous avez fait une croissance des ventes en 2024 de 40%.
00:29Qu'est-ce qui fait qu'aujourd'hui vous arrivez à vous démarquer avec du Made in France face aux
00:34géants comme Chine est émue ?
00:35Bonjour, je pense que c'est avant tout le concept même de Cocorico.
00:39C'est le fait de proposer des vêtements qui soient intégralement fabriqués en France.
00:42Confection, tissage, tricotage.
00:45Et de le proposer à des prix qui sont hyper attractifs pour nos consommateurs.
00:49Historiquement, Cocorico, on s'est lancé avec le premier boxer 100% Made in France à 9,90€.
00:54Donc à ce prix-là, vous êtes compétitif par rapport à des géants du secteur qui produisent à le bout
00:59du monde.
01:00Et nous, ce qu'on est persuadé depuis le début de l'aventure, c'est que si vous arrivez à
01:03lever la barrière du prix pour le Made in France,
01:05à qualité égale, à prix égal, c'est le Made in France qui remporte la timbale à chaque fois.
01:09Alors lever la barrière du prix, c'est pas rien dans la production ?
01:13Non, c'est pas rien, mais c'est possible. On le dit pas assez.
01:16Aujourd'hui, Cocorico, on s'est rendu compte que le fait de produire en France vous permet d'être plus
01:21compétitif.
01:21Et ça, on le dit pas. Pourquoi ? Parce qu'un élément important, vous évitez les invendus.
01:26Aujourd'hui, quand vous avez vos usines à 200 ou 300 km de vos consommateurs, vous êtes approvisionné en flux
01:30tendu.
01:31Vous dépendez de personne, vous dépendez pas des fluctuations internationales, etc.
01:35Et donc, vous êtes beaucoup plus compétitif.
01:37On estime aujourd'hui que l'invendu, c'est 30% du prix de vente d'un vêtement qu'on
01:41vous fait porter en magasin.
01:42Donc, c'est significatif.
01:45Donc, juste avec la gestion des stocks, vous allez pas me dire que le coût du travail est quand même
01:49plus élevé en France qu'ailleurs ?
01:51Vous arrivez à produire où exactement ?
01:53Aujourd'hui, on a 40 usines partenaires partout en France.
01:56On a un tissu industriel français qui est encore hyper développé.
01:59On a des capacités aujourd'hui.
02:00Et donc, quand vous commencez à faire des volumes, comme nous, on a vendu un million de pièces sur notre
02:04site en 2025.
02:05On a plus de 850 000 clients actifs.
02:08Vous générez des gains d'échelle.
02:09Et donc, vous êtes capable d'avoir un modèle économique hyper performant.
02:12Et une offre pour les clients qui soit compétitive.
02:15Mais sur un volume pareil, vous faites pas de la précommande, du coup ?
02:18Non.
02:18Donc, comment vous arrivez à gérer votre stock aussi finement ?
02:21Aujourd'hui, Cocorico, on a provisionné à la semaine, quasiment.
02:24Donc, chaque semaine, on a provisionné.
02:25On a une super flexibilité parce que notre fournisseur, je vous le dis, il a 200-300 km.
02:29Donc, on n'a pas à s'engager sur des stocks à 6 mois avec un appro chinois.
02:34Et rien que ça, c'est 30% du prix de revient d'un produit.
02:36C'est hyper significatif.
02:38Quand vous voyez aujourd'hui les difficultés des grandes marques de vêtements,
02:41pour la plupart, vous regardez leur bilan, leur problème, c'est le stock.
02:44Ils sont trop stockés.
02:45Donc, quand vous enlevez ça, puis bien sûr, quand vous commencez à mettre un petit peu d'innovation dans les
02:49usines,
02:49quand vous commencez à automatiser les chaînes de production, comme nous, on le fait.
02:52Mais ça, ce n'est possible que si vous faites des volumes aussi importants que nous.
02:55Parce que ce n'est pas vos usines, c'est des partenaires.
02:57Tout à fait, oui.
02:58C'est des partenaires chez qui on met des volumes très importants.
03:00On leur garantit des volumes.
03:02Ils nous garantissent en échange de la flexibilité.
03:04On investit ensemble sur des chaînes de fabrication, automatiques pour la plupart.
03:08Aujourd'hui, on achète des machines automatiques qui permettent de gagner du temps.
03:11On vient aussi optimiser les produits avec eux pour avoir le meilleur rapport qualité-prix.
03:16Nous, aujourd'hui, Cocorico, on se définit beaucoup plus comme des industriels que comme un acteur de la mode, en
03:20fait.
03:21Il y a un exemple que je donne souvent, très concret.
03:23On a retiré de nos t-shirts au début ce qu'on appelle la bande de propreté.
03:26C'est un petit bout de tissu que vous avez dans le col, vous l'avez dans tous les t
03:29-shirts,
03:29qui n'a aucun intérêt autre qu'esthétique.
03:32Ça cache une couture.
03:33On l'a enlevé.
03:34On a gagné une minute par t-shirt sur chaîne.
03:37Et l'année dernière, on a vendu 220 000 t-shirts.
03:40Donc la minute, elle commence à compter à la fin.
03:42Vous connaissez Guillaume Gibault, j'imagine, du slip français.
03:46Lui, le pivot qu'il a fait du slip français pour justement essayer d'aller sur la bataille du prix.
03:50Là, vous vous retrouvez sur le même segment, en fait.
03:53Oui, nous, c'est notre concept depuis 2017.
03:56Et on est ravis, d'ailleurs, de pouvoir inspirer d'autres marques comme le slip français vers le concept que
04:01nous, on porte depuis le départ.
04:03En fait, pour que ce Made in France abordable marche, il faut qu'on soit beaucoup, il faut qu'on
04:07fasse des gros volumes.
04:09Et après, vous rentrez dans un cercle vertueux parce que les usines ont des volumes.
04:13Elles peuvent investir dans de l'automatisation et ça roule comme ça.
04:16Mais vous dites, le combat, il n'est pas sur le prix parce que, vous voyez, quand vous recevez Saint
04:20-James ou que vous recevez des marques comme ça,
04:22ils disent, ouais, on fait Made in France, mais comme on peut proposer des pulls à 150-200 euros, là,
04:27ça fonctionne.
04:28Vous dites, on n'a pas besoin forcément d'aller sur une montée en gamme.
04:32On peut être en compétition directe avec les Primark, avec les Chines et tout ça.
04:36Oui, tout à fait. Nous, on est persuadés qu'on est capables en France de produire des biens de grande
04:40consommation à petit prix.
04:42Alors, ça demande du travail, ça demande des volumes, ça demande peut-être aussi aux marques de commencer par faire
04:46un effort.
04:46On a commencé par baisser nos marges. Alors aujourd'hui, on trouve d'autres solutions.
04:51Moi, je crois que ce n'est pas une fatalité, l'arrivée des marques chinoises, qu'on est capable de
04:55se battre,
04:55qu'on a les moyens de le faire avec notre tissu industriel,
04:58et qu'aujourd'hui, les Français, pour la plupart, on est tous d'accord pour consommer Français,
05:02mais on n'en a pas tous les moyens.
05:04Par contre, si vous levez cette barrière, vous avez un avantage compétitif par rapport à ces géants qui est énorme.
05:10Nous, on le voit tous les jours. Là, on vient d'encher notre troisième année consécutive à 40% de
05:13croissance.
05:15Vous faites un move chez Intersport où vous allez vendre en physique.
05:20Ça change quelque chose dans votre gestion du stock, dans la manière dont vous allez bosser ?
05:25Non, parce qu'aujourd'hui, la force du Made in France, c'est exactement ce qu'on a réussi à
05:29apporter à Intersport,
05:30ce que cherche un Intersport. Ils ont les mêmes problématiques que les autres.
05:33Ils cherchaient des marques Made in France qui avaient du sens pour leurs clients.
05:36Ils n'arrivaient pas à en trouver à des prix qui soient accessibles.
05:39La force d'un Intersport aujourd'hui, c'est de proposer des marques au meilleur prix.
05:43Ils sont sur la défense du consommateur.
05:45Quand on s'est rencontrés, ils ont tout de suite compris l'intérêt de Cocorico.
05:50Et puis sur les stocks, aujourd'hui, on approvisionne les magasins en flux tendu également.
05:54Et ça, pour eux, c'est révolutionnaire.
05:55Et vous allez être dans un corner Made in France spécifique ?
05:57C'est de la marque blanche ? C'est quoi ? Il y a votre marque installée ?
06:01Tout à fait, c'est la marque Cocorico qui est présente actuellement dans 55 magasins.
06:04Donc c'est un corner chez eux ?
06:06C'est ça, c'est un corner chez eux, au même titre que Nike ou des marques comme ça.
06:09Et on est actuellement dans 55 magasins.
06:11Et on espère se développer progressivement dans les 850 magasins du groupe.
06:15Mais vous ne dites pas « je me mets en boutique propre », ça ne s'est pas encore le
06:19moment ?
06:20Peut-être un jour.
06:21Je pense qu'on a aujourd'hui une grosse clientèle en ligne.
06:23On a plus de 850 000 clients, je vous le disais.
06:26On a ce gros partenariat qu'on est en train de développer.
06:29Mais on ne s'interdit rien pour l'avenir.
06:30Merci beaucoup d'être venu ce matin pour nous parler de textile Made in France.
06:34Arthur Charles, le cofondateur de Cocorico.
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