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Ce lundi 23 février, Frédéric Simottel a reçu François Stephan, directeur IA du Groupe OMNES Education et directeur général de l’ECE École d’ingénieurs, Vincent Rapp, directeur exécutif d’Hi! PARIS, et Isabelle Ryl, directrice de l’IA Cluster PR[AI]RIE-PSAI (Paris School of AI). Ils se sont penchés sur l'Inde en tant que nouveau pays de la tech, et les coulisses du sommet de l'IA en Inde vu par les entrepreneurs, dans l'émission Tech & Co, la quotidienne, spéciale débrief du sommet de l’IA en Inde, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez-la en podcast.
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00:01Tech & Co, la quotidienne, le débrief de la tech.
00:06De la tech un peu particulier ce soir, je vous l'ai dit, spécial Inde.
00:11Le sommet Yann en Inde, c'était il y a quelques jours.
00:13On a parlé régulation, on a parlé souveraineté, on a parlé évidemment innovation.
00:17Et le sujet central, c'était l'intelligence artificielle.
00:21Tiens, un sommet qui s'appelait l'EI Impact India.
00:23Est-ce que l'impact a été un mot fort au cours de ce sommet ?
00:28Les Français étaient en nombre, à la fois des chercheurs, à la fois des entrepreneurs,
00:33à la fois des patrons de grandes entreprises, des start-upers, mais aussi des patrons d'écoles.
00:36Donc on va essayer de décrypter un peu tout ce qui s'est dit là-bas pendant ces quelques jours.
00:42Évidemment, un séjour fort aussi au niveau français, puisque Emmanuel Macron était en personne.
00:47Là-bas, il a rencontré Narendra Modi, le président indien.
00:51On va parler de tous ces sujets.
00:52Première partie plutôt sur le côté institutionnel, recherche, les talents.
00:57Et puis on aura, dans la dernière demi-heure, on aura trois start-upers qui étaient là-bas
01:00et qui vont nous raconter un peu leur vécu après ce voyage en Inde.
01:05Avec nous, pour en parler ce soir, Isabelle Ryd.
01:07Bonsoir Isabelle.
01:07Bonsoir.
01:08Merci d'être avec nous, vice-présidente IA à l'université PSL et directrice de l'IA Cluster Prairie,
01:14PSAI, Paris School of AI.
01:16Des gros événements ces derniers jours, donc il y a eu ce voyage en Inde.
01:19Mais auparavant, il y avait les journées scientifiques, c'était ça ?
01:21Alors, auparavant, nous avons organisé une espèce d'anniversaire du grand événement scientifique
01:27qui avait eu lieu l'année dernière, nous sommes français, avec nos amis d'IP Paris
01:31et du Cluster AI Paris, qui sont à ma gauche là.
01:35Et nous avons fait aussi une journée business avec France Digitale, qui était à Station F.
01:43Avec nous également, Vincent Rabe.
01:45Bonsoir Vincent.
01:45Bonsoir.
01:46Justement, directeur exécutif d'IP Paris, c'est un centre de recherche interdisciplinaire,
01:49c'est HEC, l'Institut Polytechnique.
01:51C'est ça, c'est l'Institut Polytechnique de Paris et HEC qui sont mis ensemble pour traiter
01:55des sujets de l'IA, à la fois sur l'impact de l'IA sur la société, mais aussi évidemment
01:59toute la recherche en IA sur les sciences vraiment dures.
02:02Avec une labellisation Cluster IA, c'est ça qui est important ?
02:04Tout à fait, comme Prairie, on est labellisé IA Cluster dans le cadre de France 2030.
02:09Voilà, et donc présent au voyage en Inde également.
02:11Et avec nous, François Stéphane.
02:13Bonsoir François.
02:14Bonsoir Frédéric.
02:14Merci d'être avec nous, directeur général de l'ECE, c'est l'école centrale d'électronique,
02:18c'est ça ?
02:18Tout à fait.
02:19Et Chief IA Officer du groupe Omnes Education, duquel dépend cette école.
02:23Et tu étais aussi à ce voyage en Inde, pour nous raconter un peu tout ce qui s'est dit
02:30là-bas.
02:30D'ailleurs, tiens, je vais commencer avec toi François.
02:34Voilà, la présence, enfin pourquoi tu es jugé important d'aller là-bas ?
02:38J'y suis allé avec ma double casquette effectivement.
02:40D'abord, directeur général de l'ECE, qui est une école, alors comme son nom ne l'indique
02:44pas, en anglais, on pourrait dire ECE, c'est Electronics and Computer Engineering.
02:47On est une école du numérique, de l'ingénierie numérique et de l'IA, bien évidemment.
02:51On intervient beaucoup sur l'IA.
02:53Et donc, on accueille de plus en plus d'étudiants indiens qui viennent faire leurs études, une
02:57partie de leurs études dans nos programmes, pas uniquement en échange, mais aussi des
03:00Indiens qui choisissent, par exemple, après leur bachelor d'ingénierie en Inde, de venir
03:05passer un Master of Science chez nous.
03:08Donc ça, c'était le premier objectif.
03:10C'était pour moi de comprendre les interactions avec quels étudiants, quelles universités
03:14ont pouvait nouer davantage de partenariats, parce qu'il y a, je ne sais pas si tu sais
03:17Frédéric, mais l'Inde diplôme chaque année autant d'ingénieurs que le reste du monde.
03:22Voilà, donc c'est assez...
03:23On parle beaucoup de la Chine, là, on court et voilà.
03:26Donc c'est des chiffres qui marquent.
03:27Et puis je suis allé avec mon autre casquette en tant que directeur IA, comme on dit en
03:31français, chief officer du groupe Omnès Education, qui réunit un certain nombre, une
03:34grosse petite quinzaine d'écoles de management, de communication et d'ingénieurs.
03:38Et on parlera justement, parce que Vincent, je crois que tu étais au Rush aussi, c'est
03:43les rencontres universitaires et scientifiques de haut niveau, voilà, qui l'année dernière
03:47c'était un peu en amont du sommet AI Action Summit à Paris, là c'était un peu en
03:52même temps, voilà, c'était, on s'est dit hors micro, voilà, il fallait comprendre
03:56un peu le mode d'organisation, mais enfin le but c'était de se rencontrer et là
04:00il y a eu pas mal de rencontres.
04:01Ce qui est intéressant, c'est qu'à la fois pour le sommet en 2025 en France, mais
04:05aussi pour le sommet du coup en Inde en 2026, c'est qu'on sent bien qu'il y a
04:09une
04:09part de la recherche qui est quand même assez fondamentale.
04:12Le sujet en France, c'était vraiment de positionner ces journées scientifiques qui
04:16avaient eu lieu à IP Paris, qui réunissait tout l'écosystème de l'enseignement supérieur
04:20et de la recherche français, donc pas que IP Paris, c'était vraiment, tous les acteurs
04:23étaient là pour vraiment montrer un peu quel était l'état de l'art.
04:26Et d'ailleurs, on avait fait venir aussi beaucoup l'international.
04:30En Inde, pareil, on a fait la même chose, alors c'était beaucoup plus France-Inde,
04:35mais le sujet, c'est quand même de mettre la recherche un peu au cœur des débats.
04:41En Inde, parce que l'IP Paris, c'est le groupement HEC et l'Institut Polytechnique,
04:45donc voilà, on est quand même dans la formation de nos élites.
04:48Est-ce qu'en Inde aussi, ils ont, c'est un peu, on sait qu'aux États-Unis, il y
04:53a
04:53quelques grandes universités dans différents domaines, mais les Stanford, les MIT pour la
04:57partie, la partie tech, la partie santé. Est-ce qu'en Inde aussi, ils ont comme ça
05:01quelques trois, quatre grandes universités qui forment vraiment les étudiants les plus
05:06doués ?
05:06Ils ont tous ce qu'on appelle les IIT, en fait. C'est des instituts technologiques,
05:10un peu comme l'MIT, mais aussi comme IP Paris ou d'autres grandes écoles. Ils en ont
05:14plusieurs, donc il y en a une à New Delhi, il y en a une à Bombay, il y en
05:17a plusieurs
05:18comme ça sur le territoire, mais c'est très, très sélectif. C'est vraiment très, très
05:23sélectif. Donc, tu le disais, il y a énormément d'étudiants. Je crois que
05:27l'horizon, c'est 40 millions d'étudiants en Inde. C'est des chiffres qui sont absolument
05:32vertigineux. Et le problème, c'est que quand les IIT vont prendre 99,5 en termes
05:39de performance, on se dit que le 99,4, ça représente des millions d'étudiants qui
05:43sont très, très bons et qui ne vont pas sur les formations. Donc, c'est aussi pour
05:47ça que c'est très intéressant pour nous d'aller là-bas.
05:49Et puis, on l'a dit pendant suffisamment longtemps. C'est vrai que depuis, ça fait 25 ans
05:55qu'on a vu cette vague d'amener, enfin même un peu plus, mais d'amener beaucoup
06:00d'ingénieurs. Enfin, l'Inde est devenue un gros centre de développement offshore
06:05notamment. Mais là, on a vu en quelques années, le niveau a vraiment grimpé.
06:10C'est plus seulement un atelier de développement numérique, mais ce sont des centres de recherche
06:14importants.
06:14Mais complètement. Et ce qui est marrant, c'est qu'on voit très bien avec nos partenaires,
06:18c'est-à-dire qu'il y a des partenaires industriels qui vont aller en Inde pour chercher des talents
06:22plus, justement, de l'ordre de l'ingénieur, capables d'apporter de la masse et de massifier
06:27les usages, etc. Mais on a aussi toute une partie des acteurs qui vont chercher des vrais
06:31talents, parce qu'il y en a. Et donc, vraiment, l'intérêt, c'est aussi de les faire venir
06:35chez nous.
06:37Isabelle, signature d'un partenariat entre l'IA Cluster Prairie et l'Indian Institute
06:41of Technology de Delhi, l'Indian Institute of Science de Bangalore. C'était ça aussi
06:45le but de ce voyage ? C'est aller nouer des partenaires ? Bon, je pense qu'il en existe
06:49déjà, mais renforcer un peu ces liens. Ça fait partie des raisons de se déplacer,
06:55rencontrer des nouveaux partenaires et créer de nouveaux partenariats. Alors, bien sûr,
07:00l'université PSL a déjà des partenariats avec l'Inde depuis de longues années. En
07:05termes de Cluster, nous n'en avions pas. Donc, c'était l'occasion de lancer de nouvelles
07:09choses. Et puis, pour les mêmes raisons...
07:12Cluster, ça veut dire quoi, pour ceux qui voudraient comprendre un peu l'étymologie ?
07:15À quoi c'est correspondant ? Dès 2018, la France s'est dotée d'une stratégie
07:19nationale en IA, a créé des instituts, à l'époque les instituts interdisciplinaires
07:24d'intelligence artificielle, il y en avait quatre. Et puis, en 2024, 24, voilà, a relancé
07:30un appel pour créer des clusters. Ce sont des projets universitaires recherche, formation,
07:35innovation, qui ont une masse critique importante en IA. Ça ne veut pas dire que d'autres universités
07:42en France ne font pas d'IA. Ça veut simplement dire que peut-être qu'elles le font sur des
07:47volumes moins importants. Donc, on a neuf clusters en France.
07:49Et qui peut être regroupé sur la santé, la robotique, l'IA, la mathématique...
07:53Tout à fait. L'ensemble des disciplines.
07:54Et donc là, oui, le but...
07:56Et donc là, pour nous, l'idée, c'était de pouvoir créer ce partenariat qu'on souhaite
08:01étendre, qui sera ouvert à qui veut nous rejoindre, pour travailler sur quelque chose
08:06qui était assez dans l'esprit du sommet, c'est-à-dire une autre voie pour l'IA.
08:10Et en particulier, pour travailler sur toutes les méthodes qui pourraient permettre de
08:15partager des données entre pays, mais de manière sûre, en respectant les lois, en
08:20respectant les usages. Ça veut dire des problèmes techniques, la préservation de la
08:28privacy ou des choses comme ça. Mais ça veut dire aussi des travaux en amont, puisque
08:31si vous regardez, par exemple, le RGPD européen, donc la loi qui vous permet de protéger vos
08:37données personnelles, il existe un équivalent indien, mais qui n'est pas tout à fait le
08:43même. Et donc, si vous voulez partager des données, en respectant les deux côtés,
08:48il faut se mettre d'accord sur le minimum de règles à respecter.
08:50Ils sont un peu moins... Par rapport aux Américains, il y a un peu moins ce côté Far
08:55West, ils sont un peu plus respectueux. Alors, on sait que l'Inde, c'est un pays continent,
09:00il y a sept grandes régions. Mais est-ce que globalement, on a une ADN plus... On voit souvent,
09:06lorsqu'on parle aux Américains de RGPD, protection des données, oui, certains voient bien,
09:11mais il y a beaucoup qui voient ça de façon complètement différente. Mais est-ce qu'on
09:15est plus proche de notre compréhension de la protection de la vie privée ?
09:21Il faut l'espérer, puisque c'est une voie dans laquelle on essaie de s'engager.
09:24Non, mais comme ça, au contact, ils sont beaucoup plus réceptifs à ce genre de...
09:28Tout n'est pas exactement similaire. Si on parle de RGPD européen, globalement, il est
09:32très centré sur les droits de la personne, et celui d'Inde est très centré sur les droits
09:37associés à la donnée. Donc, l'approche n'est pas tout à fait la même, même si on s'engage
09:42dans des voies de régulation et de respect d'un certain nombre de valeurs.
09:48François, justement, sur ce côté culturel, ADN, on se sent, parce que souvent, déjà,
09:54la distance est différente. Le côté culturel, il y a quand même une grosse différence culturelle,
09:59mais est-ce que, dans ce domaine technologique, dans ce domaine enseignement supérieur, est-ce
10:04que là, oui, il y a des choses qui nous rapprochent beaucoup plus qu'avec d'autres pays ?
10:08Oui, par rapport à ce qu'on disait, je voulais juste rappeler que le patron de Microsoft
10:11c'était India, Google, le patron de Google aussi, donc n'oublions pas qu'ils ont des
10:16talents. Alors oui, pour répondre à ta question, l'Inde est un pays d'ingénieurs, et la France
10:24est un pays d'ingénieurs. Et donc, dès ça, on se retrouve là-dessus. Nous sommes des
10:28pays d'ingénieurs. On voit ce que l'Inde est en train de faire, effectivement. Donc,
10:31effectivement, ils sont beaucoup développés dans l'ingénierie numérique, mais dans
10:33l'ingénierie en général, ils sont en train de préparer un plan massif de montée en puissance
10:38dans le spatial, dans le nucléaire, dans l'armement, etc. Donc, il y a des similarités
10:42culturelles. Nous avons cet ADN. Après, nous sommes deux démocraties. Donc, nous, on
10:47est une petite démocratie. L'Inde est une énorme démocratie, mais je crois que ça
10:50compte beaucoup en termes de valeur. Ce qui est intéressant, on est aussi des pays
10:53très divers. Tu as dit qu'effectivement, l'Inde est un continent. La France est un petit
10:57continent aussi. La France est un pays aussi très divers, avec des régionalismes très
11:01importants, du multilinguisme, de la francophonie. Le président de la République l'a rappelé.
11:05La France défend la francophonie, voire d'autres langues, je dirais, un peu locales en France.
11:10On voit bien que l'Inde veut aussi avoir une intelligence artificielle, ou des IA, qui
11:15préserve la diversité linguistique, qui est une vraie menace avec les grands acteurs
11:19américains et chinois. Donc, je vois, moi, beaucoup de similarités, au-delà du fait
11:23que l'Inde, et ça, j'ai pu le sentir aussi, est un pays avec beaucoup de savoir-vivre, un
11:27pays qui aime la bonne cuisine, qui aime la culture, la musique, et qu'on retrouve beaucoup
11:31en France. Donc, on est des pays très divers, mais en même temps très proches sur les
11:34valeurs, je trouve. Et donc, ça, je trouve, c'est vraiment le ferment de bonnes collaborations.
11:39Et moi, je l'ai senti sur le volet universitaire, le volet académique. J'ai rencontré un certain
11:43nombre d'universités qui m'ont accueilli à bras ouverts, et j'ai senti vraiment des
11:47choses intéressantes à faire.
11:48Oui, et puis on imagine, Vincent Rapp, que les Indiens voient aussi toutes ces technologies
11:53comme un moyen d'emporter la population un peu valable, parce que le seuil de provoterie
11:57est quand même important dans certaines régions, même dans beaucoup de régions, et que là,
12:03c'est peut-être un moyen aussi, peu à peu, d'amener la population à grimper de certains
12:08niveaux dans leurs conditions sociales.
12:10Là-dessus, complètement. Alors, il y a des vrais sujets d'adoption, mais ça, c'est assez
12:14global, que ce soit en France ou que ce soit en Inde. Je rebondis sur le point. Il y a
12:18quelque
12:18chose qui rapproche énormément quand même la France et l'Inde sur l'IA générative
12:22en général, c'est cette histoire d'avoir des modèles qui préservent la culture et qui
12:26sont représentatifs de notre patrimoine. Et ça, c'est quelque chose qui est particulièrement
12:30important en Inde. Encore plus, ils ont énormément de cultures différentes. C'est quelque chose
12:35particulièrement important et c'est quelque chose sur lequel on se retrouve énormément.
12:38Et je trouve ça assez intéressant dans le narratif par rapport au sommet qu'on avait
12:41en France en 2025, où on parlait vraiment beaucoup de souveraineté. On parlait de souveraineté
12:47à l'échelle de la France. On a beaucoup mis l'accent sur les infrastructures de calcul
12:51pour qu'on soit souverain, etc. Et là, on voit qu'il y a une espèce de changement de
12:56discours autour de la souveraineté pour beaucoup plus axer sur des modèles représentatifs
13:01de nos valeurs qui intègrent exactement ce que notre patrimoine doit intégrer, doit
13:05représenter. Et là-dessus, on se retrouve énormément. Et c'est comme ça, en fait, qu'on arrivera
13:10à maximiser une utilisation, une adoption d'une IA dans les populations. Et c'est vrai
13:16en Inde ou en France.
13:17Je regardais, Isabelle, quelques objectifs des signatures des différents accords avec
13:23l'Indian Institute de Delhi, l'Indian Institute de Bangalore. C'est sur la protection des
13:31données, c'est la cyber, c'est prendre deux, trois axes de travail et puis ensuite approfondir
13:36un peu tout ça, puis voir ensuite comment on pourra aller dans d'autres domaines. Après,
13:39c'est ça l'idée ?
13:41Oui, tout à fait. C'est quand vous commencez une collaboration avec n'importe quel partenaire
13:45universitaire du monde, vous ne pouvez pas signer un partenariat sur tout. Et donc, l'idée,
13:49c'est de trouver des points d'accroche, quelques sujets dans lesquels des chercheurs de notre
13:54côté ont intérêt, qui sont aussi des sujets développés par des chercheurs du partenaire.
14:02Et puis, c'est comme ça qu'on peut commencer une collaboration un peu à la fois. Et donc,
14:06là, pour le coup, cette notion de pouvoir partager des données, parce qu'on parle toujours
14:11aussi des fameuses masses de données qui sont nécessaires pour l'entraînement, du fait
14:17qu'elles sont globalement majoritairement de langue anglaise, qu'elles sont possédées
14:21par un certain nombre de grands acteurs. Là, l'idée de pouvoir partager des données,
14:26c'est aussi, si on pouvait le faire de manière complètement sécurisée, d'avoir la possibilité
14:32d'utiliser des données beaucoup plus importantes en nombre, en utilisant ceux de différents
14:37pays, ce n'est pas celles de différents pays. Et donc ça, ça nécessite qu'elles soient
14:41protégées d'une manière extrêmement précise. D'où le fait qu'il faut encore développer
14:45en amont des travaux de recherche pour y arriver.
14:48Alors, quelques mots. Donc, vous étiez là-bas tous les trois. Est-ce qu'il y a des petites
14:52choses qui vous ont marquées dans les coulisses ? Alors, on sait qu'ici, depuis Paris,
14:56je reviendrai sur ce qu'a dit Emmanuel Macron, sur Sam Altman qui s'est exprimé sur la
15:01régulation. Emmanuel Macron, pour dire, mais nous, en France, on a un espace... Enfin,
15:04il s'est présenté comme un grand représentant de l'Europe en disant, venez chez nous, on
15:09a un espace sécurisé. Alors, on reviendra sur ça. Nous, il y a des petites choses qui
15:12nous ont marquées. C'est Dario Amodide, patron d'Anthropic, et Sam Altman qui se
15:16retrouvent sur scène avec tout un tas d'autres patrons qui refusent de... Enfin, on les
15:21voit, ostensiblement, ils ne se serrent pas la main. Voilà, je ne sais pas ce qu'il y a des
15:25petites choses dans les coulisses ou une ambiance un peu particulière, je ne sais pas,
15:28Vincent. C'est vrai que l'image de Altman... On voit tout le monde qui se donne la main,
15:33sauf les deux. Oui, c'est un peu étonnant dans un contexte où on essaye d'être très
15:37inquiets et de réunir... Je crois qu'il y a des... Voilà, pour ceux qui nous regardent
15:42en télé, on voit l'image. Donc, c'est un peu bizarre comme message. Non, moi, ce que je trouve
15:49dommage, en fait, c'est... Donc, il y avait Rush. Donc, Rush, c'était les rencontres
15:56universités scientifiques de haut niveau. C'est ça, de haut niveau, qui réunissaient tout
15:59l'écosystème un peu français et indien pour parler de la recherche et pour avancer. Ce que
16:03je trouve un peu dommage, c'est que c'était en parallèle du sommet et ce n'était pas si
16:07loin,
16:07mais en Inde, 8 kilomètres ou 5 kilomètres, c'est très, très loin à faire. Donc, en fait,
16:13je trouve que c'était un peu décorrélé. C'était à New Delhi ? Oui, tout était à New Delhi,
16:17en fait. Et sur la carte, ce n'est pas très loin, mais en réalité, c'est un peu... Oui,
16:20parce qu'il y a une
16:21circulation dingue. C'est ça. Et donc, du coup, je trouve un peu dommage qu'il y ait eu cette
16:29démarcation, en fait, entre ce qui a pu être fait avec l'ESR, donc les enseignements...
16:32Oui, parce qu'à Paris, ces journées-là avaient eu lieu quelques jours avant. Ça avait un peu marqué
16:36un peu le début de toute cette semaine, de ces 10 jours consacrés à l'IA à Paris.
16:43Donc, c'est un peu le retour que j'aurais à faire. Après, sur le sommet en lui-même,
16:48je pense que le fait qu'il s'appelle l'impact, ça avait du sens. Il y avait quand même
16:54cette
16:54dimension qui était très verticalisation de l'IA, aller adresser des secteurs spécifiques,
17:00notamment en termes d'ingénierie. Ça, ils y ont répondu. Des investissements massifs qui ont
17:05aussi été annoncés. Quand on y est, ça se déroule comment ? Il y a des grandes keynotes d'hommes
17:10d'État qui disent, voilà, l'IA, ça doit représenter ça pour notre pays. Et un peu partout, il y
17:15a des
17:15conférences avec des experts. En fait, c'était bien différent de celui qu'on a fait en France.
17:19Celui qu'on a fait en France, c'était très fermé au Grand Palais. Et il y avait des side
17:24events qui étaient organisés. Là-bas, il y avait sur quatre jours, c'était une espèce de très grand
17:30vivatech de l'IA, donc avec plein d'entreprises, plein de délégations qui venaient présenter. Et
17:35il y avait une journée spécifiquement diplomatique où tous les chefs d'État et les grands patrons
17:39d'entreprises étaient pour ne pas se tenir la main sur scène.
17:45François ?
17:45Moi, ce qui m'a frappé, peut-être, c'est plusieurs choses. D'abord, dans toutes les rues de
17:49Delhi, des panneaux partout, partout, partout, partout, à tous les coins de rue, qui faisaient
17:54la promotion du sommet. Alors évidemment, à chaque fois avec la photo du Premier ministre
17:58maudit, mais à chaque fois, des messages, avec des messages différents, très positifs
18:02sur l'IA, partout dans la rue, mais vraiment partout. Deuxième chose qui m'a frappé,
18:07c'est effectivement le côté ouvert, comme tu l'as dit, c'est-à-dire, venez, welcome
18:13delegates, et venez, quoi, très ouvert. J'ai trouvé très ouvert par rapport, effectivement,
18:19au sommet de l'année dernière. Et puis, troisième point, moi, j'ai eu l'occasion d'aller
18:23effectivement sur le pavillon de la French Tech, qui avait été organisé par la French
18:26Tech. J'ai trouvé très bien fait. Ce qui m'a frappé, c'est la présence d'un certain
18:29nombre d'entreprises françaises, des grands groupes, des PME, des startups, avec vraiment
18:36un engagement très fort. Et ça m'a vraiment fait comprendre que le développement de la
18:41France et de l'année, notamment sur le volet académique, c'est-à-dire tant sur le volet
18:44pédagogique que sur le volet recherche-innovation, se fera aussi avec les entreprises. C'est avec
18:50nous, les instituts d'enseignement supérieur et de recherche, mais aussi avec les entreprises.
18:54Et on a, je pense, une chance phénoménale en France. C'est qu'on a un certain nombre
18:57de très grands acteurs industriels qui sont présents en Inde depuis très longtemps.
19:01On a des startups qui se développent là-bas, des entreprises de taille intermédiaire aussi.
19:06Et je pense que ça, c'est vraiment un moyen très, très fort pour nous d'accélérer
19:10nos collaborations avec ce grand pays.
19:13Isabelle, sur le côté coulisses, le côté ambiance, le côté ressenti ?
19:18Je ne sais pas si j'ai beaucoup de choses à ajouter. Je pense que moi, j'ai eu l
19:21'impression
19:21d'une énergie incroyable dans cet endroit, dans ce grand parc d'exposition, dans lequel
19:27il y avait effectivement plusieurs halles immenses.
19:30Ouverts au public, Paris, on était quand même, voilà, c'était un endroit fermé,
19:34c'était des professionnels et tout ça. Visiblement, c'était un peu plus ouvert au grand public.
19:38J'imagine, alors je ne sais pas comment ils ont validé les demandes d'inscription.
19:43Comme ils annonçaient 250 000 visiteurs, il n'a quand même pas dû être trop restrictif.
19:48Et avec, effectivement, un endroit plus fermé, là où il y avait les conférences
19:53des chefs d'État, mais sinon des conférences en parallèle, un peu partout, et vraiment
20:00une foule enthousiaste dans les allées qui était assez extraordinaire.
20:03Vous parlez beaucoup de ce côté France-Inde. Est-ce qu'il y a beaucoup d'Asiatiques, par
20:09exemple ? Parce que c'est vrai que quand on va au CES, on est surpris par les Coréens,
20:13les Chinois, un peu moins de Japonais. Mais est-ce que là...
20:17Je pense qu'il y avait effectivement beaucoup d'Indiens. Moi, j'ai trouvé deux choses.
20:24Alors d'abord, que la place qui était faite à la France était non négligeable, parce
20:28qu'il y avait beaucoup de portraits de Moody dans les rues, mais il y avait aussi beaucoup
20:31de portraits d'Emmanuel Macron. Et je n'ai pas vu de portraits d'autres chefs d'État,
20:37sauf erreur de ma part. Et par ailleurs, sur ce côté...
20:47Sur ce côté étranger, les Asiatiques, ces gens-là ?
20:51Je ne sais pas, mais je pense qu'il y avait vraiment énormément de pays représentés.
20:56J'ai même eu la surprise, en allant dans l'un des pavillons, de tomber sur un pavillon
21:00de l'Institut cybernétique de Prague, qui est l'un de nos partenaires, mais qui n'est
21:03pas forcément non plus la nation qu'on voit le plus sur ce genre d'événements.
21:07Donc il y a eu vraiment une représentation extrêmement diverse et variée.
21:11Oui, c'est peut-être le truc. Alors autant, je suis assez d'accord sur la partie
21:18start-up, qui peuvent venir au sommet pour présenter un peu comme on peut le faire
21:23à VivaTech. Là, il y avait plusieurs pays qui étaient représentés.
21:27Sur la partie diplôme, par contre, j'ai l'impression qu'il y en avait moins, quand même, que ce
21:31qu'on a pu faire en France l'année dernière. Je crois qu'il y avait moins de pays représentés
21:35autour de la table. C'est peut-être une bêtise, mais c'est à vérifier.
21:37Oui, je crois qu'il y avait moins de pays d'Afrique aussi, notamment.
21:40Après, l'Inde est loin. Enfin voilà, nous, la France, on est un peu plus...
21:44Ça dépend de qui.
21:46Mais par rapport à cet univers africain, ces pays européens.
21:49C'est aussi une volonté... Alors je ne dis pas que ce n'était pas une volonté de l'Inde
21:52d'être très inclusive, mais c'était une volonté de la France d'être le plus inclusif
21:56possible et d'avoir le plus de pays autour de la table. Il y avait quand même en France
21:59un sujet de gouvernance qui était très fort, une gouvernance de l'IA qui était très
22:03très fort, que j'ai un peu moins senti en Inde. On était beaucoup plus sur de la
22:09collaboration, sur de l'impact, que sur vraiment les sujets de gouvernance pure et
22:14dure de l'IA.
22:15Moi, j'ai l'impression d'en parler un peu tout à l'heure en coulisses. J'ai l'impression
22:18que quelque chose a été lancé là. C'est-à-dire qu'on a eu ce sommet à Paris l
22:21'année
22:21dernière.
22:21Oui, il faut rappeler que Néantramondi était l'année dernière à Paris.
22:24Voilà, donc c'est l'année dernière, c'était un sommet franco-indien, sponsorisé
22:26par les deux pays. Là, on a une espèce de vivatech. Moi, ça me rappelle dans ma jeunesse
22:31les salons Télécom, Télécom Europe, Télécom Etats-Unis, machin. On s'est déjà donné rendez-vous
22:37l'année prochaine en Suisse, si j'ai bien compris. J'ai l'impression que ça y est, la
22:40dynamique est lancée avec une ouverture. C'est un espèce de, peut-être une sorte
22:43de vivatech de l'IA quelque part, qui est en train de se lancer. Moi, ce qui m'a frappé
22:47aussi, c'est que j'ai appris qu'ils avaient décidé d'ouvrir, ils l'ont fait au dernier
22:51moment, d'ouvrir le salon encore le samedi. C'est-à-dire samedi 21. Finalement, il
22:55a ouvert parce qu'il y avait tellement de demandes que moi, j'ai discuté avec des écoles,
22:59des universités qui m'ont dit oui, oui, on va y aller samedi parce que finalement, ils
23:02ont ouvert samedi. Donc, ça va bien dans le sens de cette grande ouverture, parce que
23:06j'ai enjeu effectivement pour l'Inde, c'est que l'IA soit adoptée par cette population.
23:11Il faut se rappeler que l'Inde, elle est passée directement du pas de téléphone au
23:14téléphone mobile. Et finalement, l'Inde va peut-être passer avec un niveau de numérisation
23:21de la société, qui est-ce qu'il est, à tout de suite, ils vont faire le leapfrog,
23:25ils vont aller directement avec l'IA, utiliser massivement, et peut-être ils vont nous dépasser,
23:29nous, la France. Donc, on a peut-être des choses à apprendre aussi de la manière
23:32dont ce pays va faire adopter l'IA par tous les citoyens.
23:36Alors, on va marquer une courte pause, on va revenir, je voudrais bien qu'on aborde
23:39un peu, il y a eu ce thème de la régulation, Sam Altman a dit qu'il y avait un
23:44besoin,
23:45une urgence de régulation, il y a quelques messages qui ont été passés, Emmanuel Macron
23:48défend l'Europe comme un espace sûr, Arthur Menj dit attention à la concentration
23:52des pouvoirs, enfin voilà, il y a plusieurs personnalités qui ont profité pour faire
23:56pas de ces messages. On va marquer une courte pause, on se retrouve juste
23:59après, avec nos invités pour continuer à parler de ce sommet indien.
24:03Avant de se retrouver, voilà, dans un moment, ce sera à Genève, en effet,
24:06pour le prochain IT AI sommet.
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