- il y a 2 jours
Vendredi, samedi et dimanche dans Europe 1 Soir Week-end, Stéphanie de Muru reçoit un invité au cœur de l'actualité politique.
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00:00Europe 1 Soir Week-end, 19h, 21h, Stéphanie Demureux.
00:04Europe 1 Soir Week-end, j'accueille mes débatteurs de la première heure.
00:09Sarah Salman, avocate au barreau de Paris. Bonsoir Sarah.
00:11Bonsoir Stéphanie.
00:12Jules Torres, journaliste politique au JDD. Bonsoir Jules.
00:16Bien bonsoir.
00:16On parle évidemment de la mort de Quentin de Ranck.
00:20On a suivi avec attention la marche d'hommage hier à Lyon.
00:24Et bien ce meurtre, il n'y a pas d'autre mot, a des répercussions sur les relations franco-italiennes.
00:31Passe d'armes cette semaine entre Emmanuel Macron et Giorgia Meloni.
00:35Bonsoir Vincenzo Soffo.
00:37Bonsoir à tous.
00:38Vous êtes ancien député européen Fratelli d'Italia, le parti de Giorgia Meloni.
00:43Alors il n'y a pas qu'au rugby, pardon de vous rappeler que cet après-midi on vous a
00:47battu au rugby.
00:48Ça c'est pas bien de vous accueillir comme ça mais je ne pouvais pas m'en empêcher.
00:52Oui exactement, vous commencez très mal.
00:52Ben oui, en tout cas le président français n'a pas du tout apprécié que Giorgia Meloni réagisse à la
00:58mort de Quentin de Ranck.
01:00Que chacun reste chez soi, dit Emmanuel Macron, et les moutons seront bien gardés.
01:06Alors pour rester dans le lexique animalier, c'est une manière claire de vous envoyer pêtre.
01:11Oui oui, c'est évident mais c'est très étonnant et incompréhensible.
01:16Parce que déjà, ça montre qu'il y a une manque de connaissances de l'histoire italienne.
01:21Parce que, en fait, nous on connaît beaucoup plus que vous la violence politique, le terrorisme.
01:26On a eu des centaines de morts dans les années 70 et 80.
01:29Donc c'est normal que ça nous choque particulièrement.
01:33Et surtout quand ça s'agit de la France.
01:35Parce que beaucoup des auteurs de ces meurtres dans les années 70 et 80 se sont cachés justement en France
01:41et protégés par la doctrine Mitterrand.
01:45Donc on a quand même déjà un petit sujet entre l'Italie et la France à propos de ça.
01:50Et Emmanuel Macron devrait le savoir très bien.
01:53Parce qu'en 2021, ils s'étaient engagés auprès de l'alors premier ministre Mario Draghi, italienne, à accorder l
02:02'extradition des dix terroristes ex-brigades rouges.
02:08Sauf que finalement, ils ne sont jamais arrivés en Italie.
02:11Apparemment, c'est la magistrature française qui a bloqué.
02:15On ne sait pas, mais finalement, on ne les a jamais vus.
02:18Par contre, moi je vous dis une chose.
02:20Moi, je pense que c'est un prétexte.
02:21Et je vous l'ai dit, là, on voit, c'est l'info d'aujourd'hui.
02:25Qu'est-ce qui est un prétexte ?
02:27Cette polémique avec l'Italie sur l'affaire Quentin.
02:31Et il y a deux éléments qui me font penser à ça.
02:35Déjà, il y a eu aujourd'hui l'annulation de la présence de l'écournu, du premier ministre français, à
02:41la cérémonie des clôtures des Jeux Olympiques en Italie.
02:44Et ça, c'est assez bizarre et significatif.
02:47Parce qu'en plus, le prochain pays où il y aura les Jeux Olympiques, c'est justement la France.
02:51Donc, normalement, tu as aussi le passage du flambeau olympique de l'Italie à la France.
02:56Et ça m'apparaît bizarre qu'on plie la diplomatie, que c'est quand même quelque chose d'assez important
03:04et structuré, avec des conséquences énormes,
03:06à une polémique qui est honnêtement assez absurde, celle pour un poste de Mélanie.
03:11Sauf que, si vous pensez, il y avait déjà eu le manque de la présence de Macron à la cérémonie
03:22d'ouverture.
03:23Donc, ça veut dire, en fait, qu'est-ce qui me fait penser ça ?
03:26Que peut-être qu'il y a une séquence qui a été un peu étudiée pour créer, alimenter et montrer
03:31un conflit entre la France et l'Italie.
03:33Et après, on voit ce qui se passe aujourd'hui aussi avec les États-Unis.
03:37Mais quelle serait l'arrière-pensée d'Emmanuel Macron pour monter un conflit avec l'Italie ?
03:42C'est à lui de les demander.
03:43Moi, la seule chose que je vois, c'est qu'évidemment, on parle dans ces périodes d'un protagonisme de
03:49l'Italie au niveau des relations internationales et européennes,
03:52alors qu'objectivement, la France est quand même un peu en difficulté.
03:56Et on parle d'un rapprochement entre l'Italie et l'Allemagne.
04:00Et là, au détriment de la narration, du récit de la couple franco-allemande.
04:05Donc, peut-être que ça, c'est un élément.
04:08Donc, il y a une espèce un peu d'énervement pour des équilibres européens qui sont en train d'échanger.
04:13Mais je veux vous dire, en fait, l'Italie, Mélanie, fait son travail.
04:18Donc, il fait les intérêts italiennes.
04:20Et là, d'ailleurs, des résultats.
04:21Alors, Vincenzo Sofo, c'est vrai qu'il y a aussi une différence probable de valeur de plus en plus
04:26criante entre la France et l'Italie.
04:28Je vous propose d'écouter, c'est assez intéressant, tendez l'oreille, Jean-Noël Barraud, ce matin, sur France Inter.
04:33En l'occurrence, il interpellait les États-Unis, mais pas que.
04:37Je crois que l'incident est clos.
04:40Ce que nous demandons simplement à nos partenaires et à nos amis, c'est de respecter un principe auquel nous
04:44nous tenons.
04:45Pas d'ingérence dans nos affaires et singulièrement pas dans un drame qui, une nouvelle fois, je le répète, touche
04:51d'abord la communauté nationale.
04:53Nous allons convoquer l'ambassadeur des États-Unis en France,
04:56puisque l'ambassade des États-Unis en France a fait un commentaire sur ce drame,
05:00dont je rappelais tout à l'heure, qu'il concerne la communauté nationale.
05:03Nous refusons toute instrumentalisation de ce drame qui endeuille une famille française à des fins politiques.
05:13Nous n'avons aucune leçon, s'agissant de la violence en particulier, à recevoir de l'international réactionnaire.
05:19Et les analyses de la vie politique, de la place qui occupe la violence et des violences plus généralement,
05:26nous nous les servons nous-mêmes avec assez de verve et nous ne permettons pas que d'autres nous les
05:31servent.
05:31Donc la première phrase de Jean-Noël Barraud, c'était « Destinez à vous, Italiens, pas d'ingérence ».
05:35La deuxième, plutôt aux États-Unis, mais quand il parle d'international réactionnaire, on se doute qu'il pense aussi
05:41aux Italiens.
05:42Oui, oui, mais déjà, votre ministre, je pense qu'il a un manque de mémoire,
05:46parce qu'en fait, si on doit faire un historique des ingérences,
05:49on peut parler des ingérences que la France et le gouvernement français ont fait à plusieurs reprises sur l'Italie,
05:55notamment le lendemain de l'élection de Giorgia Meloni,
05:58où on a quand même des déclarations assez maladroites et bizarres dans le cadre diplomatique
06:04des membres du gouvernement français qui disent qu'on va veiller sur l'Italie,
06:09sur le respect de l'État des droits et sur les politiques.
06:13Exactement, en plus, et aussi les ministres des Affaires européennes de l'époque,
06:17et en rentrant sur des détails des politiques, par exemple, antérieures,
06:20comme l'avortement, les politiques migratoires.
06:22L'Italie ne s'est jamais permis de faire, et on a eu ça à plusieurs reprises.
06:28Après, je vous dis une autre chose,
06:30c'est pas de l'international réactionnaire.
06:33Moi, la seule internationale que je vois dans ce moment,
06:36qui nous pose un problème et qui concerne nous aussi,
06:39c'est l'international de la violence antifa.
06:41Parce que, désolé, mais moi je veux bien dire que c'est une affaire qui est seulement française,
06:46mais quand on sait, on découvre que les membres de la Gengarde se baladent en Italie,
06:50que Raphaël Arnaud, il est présent en Italie à plusieurs reprises,
06:54toujours dans des manifestations antifa,
06:56quand on découvre, et donc il y a même une enquête,
06:59parce qu'il y a, au début janvier, la présence des jeunes de la Gengarde,
07:04et aussi de Raphaël Arnaud, dans une manifestation antifa.
07:07Ça, c'était avéré.
07:08Et à côté, ça c'est avéré, parce qu'il y a aussi les photos
07:11qui ont mis sur leurs réseaux sociaux,
07:13et à côté, la veille de cette manifestation,
07:18il y a eu une agression à des militants des Fratelles d'Italia,
07:20donc des jeunes des Fratelles d'Italia.
07:22Je ne dis pas qu'il y a forcément un lien,
07:25peut-être qu'il y a, c'est simplement une coïncidence.
07:27Mais vous vous interrogez, et d'ailleurs, vous demandez une enquête.
07:29Oui, il y a une enquête, déjà un cours,
07:32parce qu'il y a des témoignages en plus qui disent,
07:34de ceux qui sont faits agresser, qu'ils n'étaient pas tous italiens.
07:38Après, ça ne peut vouloir rien dire.
07:40Par contre, ce qui est avéré,
07:41c'est qu'il y a des liens entre les antifas français
07:44et les antifas italiennes,
07:45et notamment entre la jeune garde et des organisations italiennes.
07:49Donc, désolé, ce n'est pas une affaire seulement français.
07:53si on découvre que ces mouvements-là sont capables
07:56d'arriver jusqu'au meurtre d'une personne,
07:59et si on sait que les mêmes organisations
08:02sont opérationnelles aussi en Italie.
08:04Vous, clairement, pour qu'on comprenne bien,
08:05Vincenzo Soffo, vous craignez,
08:07et vous soupçonnez des liens,
08:09des réseaux antifas structurés à l'échelle européenne.
08:14Ah oui, moi, je ne le soupçonne pas,
08:16parce que c'est assez clair aussi,
08:17parce que ça suffit de regarder.
08:18Il y a une interview sur les JDD d'un député italien
08:21qui explique ça, les boucles télégrammes.
08:24Il y a clairement une action coordonnée,
08:27structurée, organisée au niveau international.
08:30Nous, vous savez, on a un cas similaire
08:33à celui de Raphaël Arnaud.
08:34Il y a un député européen, une femme italienne,
08:38en plus élue dans les partis alliés à LFI à Bruxelles,
08:41qui était déjà condamnée par différents faits,
08:45et qui est devenue connue et célèbre en Italie.
08:48Pourquoi ? Parce qu'elle a été accusée
08:50d'avoir participé à un commando
08:51qui a fait une expédition punitive
08:53pour agresser de façon brutale
08:54un militant de droite en Hongrie.
08:56Donc, l'Hongrie procède avec l'accusation
08:59pour la mettre à procès,
09:00et les partis de gauche alliés à LFI,
09:03qu'est-ce qu'ils font ?
09:04Ils la présentent, ils la font élire
09:06au Parlement européen,
09:07et donc, elle est dotée maintenant
09:08d'immunité parlementaire,
09:10il ne peut pas y avoir de procès en Hongrie.
09:14Et comprenez qu'il y a quelque chose
09:17sur laquelle il faut enquêter.
09:18Moi, je demande seulement ça,
09:19qu'il y a une enquête,
09:20qu'il y a une coopération
09:21entre la France et l'Italie
09:22pour comprendre ce qui se passe.
09:23Et ce n'est pas le cas aujourd'hui.
09:24Il n'y a pas d'enquête conjointe.
09:26Mais surtout, j'aimerais bien entendre
09:27quand même les gouvernements français,
09:28plutôt que faire la polémique
09:29avec les gouvernements italiennes,
09:30dire, vous savez quoi ?
09:32On va coopérer,
09:34on va comprendre si effectivement
09:35il y a une internationale.
09:36Moi, je pense que c'est quand même
09:37assez évident.
09:38Mais comprendre jusqu'à où
09:40cette internationale a envie d'aller.
09:41S'il y a des projets violents,
09:43s'il y a des projets de déstabilisation
09:45de l'ordre et de la sécurité sociale,
09:49c'est ça qui m'intéresse.
09:50Après, chacun peut, disons,
09:53représenter ses idées, ses opinions.
09:54Moi, je n'ai aucun problème avec ça,
09:56même si c'est l'extrême gauche.
09:57Ça ne me pose aucun problème.
09:59Si ça ne touche pas, justement,
10:02à la sécurité des gens.
10:04Jules Torres.
10:05Oui, c'est vrai que la réaction
10:06d'Emmanuel Macron a été un petit peu surréaliste
10:08dans le sens où le poste de Georgia Meloni
10:09n'était quand même pas un poste très offensif.
10:11Elle se lamentait juste d'un jeune mort,
10:14d'un mort d'un jeune de 15 ans,
10:16mais elle ne disait certainement pas
10:17que c'est la faute de l'État français,
10:19c'est la faute d'Emmanuel Macron.
10:20Est-ce que derrière ça,
10:21vous ne voyez pas non plus un aveu de faiblesse
10:23d'un Emmanuel Macron
10:24à qui il reste 14 mois de pouvoir,
10:27un pouvoir où il n'a quasiment plus de pouvoir,
10:29où l'Assemblée nationale ne fonctionne pas,
10:31où lui-même est à 11% de satisfait
10:33dans les baromètres,
10:35et où Georgia Meloni, elle,
10:36a toute la latitude pour agir en Italie,
10:39que son bilan commence à se construire
10:41et commence à être bon.
10:42Est-ce que vous y voyez une sorte de aveu de faiblesse ?
10:43Moi, je vois surtout une coïncidence
10:46qui est la coïncidence des élections,
10:49parce que nous, on aura les élections en 2027
10:51à peu près au même moment que vous.
10:53Et c'est évident que la dynamique italienne
10:57va influencer la dynamique française
10:58et que la dynamique française
10:59va influencer la dynamique italienne.
11:01Donc, c'est pour ça que peut-être
11:03il y a aussi une recherche d'un conflit
11:05qui est un conflit idéologique,
11:07que du coup, les gouvernements français,
11:09aujourd'hui, ils cherchent aussi,
11:10vis-à-vis des États-Unis
11:12pour essayer de polariser
11:14à peu près les positions
11:16et se positionner comme la leadership
11:18un peu du camp progressiste,
11:20anti-réactionnaire ou anti-droite
11:22en Europe et dans les camps occidentaux.
11:24Parce qu'on arrive quand même dans une phase
11:26où la politique,
11:27en fait, les frontières de la politique
11:29sont à peu près brisées.
11:31On les voit avec un temps,
11:32mais on les voit avec Charlie Kirk,
11:34on les voit avec les débats
11:35sur l'ice américaine.
11:38Donc, on est dans un cadre des conflits
11:40qui deviennent distribués
11:41dans tous les camps occidentaux.
11:43J'ai simplement une remarque.
11:45Ce qui est étonnant,
11:45c'est que quand Donald Trump
11:47envoie des tacles à Emmanuel Macron
11:48qui sont bien plus puissants
11:50que ceux de Georgia Méloni,
11:51parce que Georgia Méloni,
11:52en réalité, n'a même pas taclé
11:53Emmanuel Macron.
11:54Elle a simplement apporté ses condoléances.
11:55Oui, et puis il y avait un côté
11:56aussi à mettre en garde.
11:58Oui, exactement.
11:58Emmanuel Macron ne répond pas
12:00à Donald Trump,
12:01alors que là, Georgia Méloni,
12:02il lui a répondu
12:03comme si elle l'avait attaqué
12:04violemment.
12:05Donc, ce poids de mesure,
12:06c'est quand même assez étonnant.
12:06Comment vous l'expliquez ça,
12:08Vincenzo Sopo ?
12:09Je vous l'ai dit,
12:10après, moi,
12:11je peux avoir des suppositions,
12:14mais après, il y a aussi,
12:15on voit quand même
12:16la différence des parcours politiques.
12:18En fait, quand Macron
12:19fait une polémique comme ça
12:20sur Méloni,
12:22on voit qu'il ne connaît pas
12:24ou il ne comprend pas
12:25les parcours de Méloni.
12:27En fait, pour Georgia Méloni,
12:29un meurtre,
12:30donc un cas comme celui de Quentin,
12:31ça lui rappelle quand même
12:32son parcours politique,
12:33parce que Georgia Méloni,
12:34et ça, c'est une grande différence
12:35par rapport à Macron,
12:38elle est quand même
12:41les produits de la politique
12:43qui est fait dans la rue.
12:44Georgia Méloni,
12:45c'est d'abord les militants
12:46des bases
12:47qui vont faire
12:48les collages la nuit,
12:50qui vont faire
12:50les assemblées
12:51dans les instituts,
12:52qui vont distribuer
12:53les tracts dans la rue,
12:54qui connaît les gens,
12:57qui subissent les violences,
13:00qui connaît les gens
13:00qui connaissent les violences,
13:01parce que la violence,
13:02c'est partout,
13:03donc à droite, à gauche,
13:04etc.,
13:04mais qui est très sensible
13:07à cette histoire,
13:10à ce parcours,
13:10parce que nous,
13:11on l'a passé,
13:11on a eu beaucoup de mal,
13:13vous savez,
13:13à sortir des années de plomb,
13:15nous.
13:15On a encore des cicatrices sociales
13:17à cause de ça,
13:18c'est pour ça qu'il y a,
13:19là où Raphaël Arnaud
13:21était là le début janvier,
13:22c'était justement
13:23la commémoration
13:24des deux personnes
13:25qui se sont fait tuer
13:26par un commando
13:26d'extrême-gauche
13:27dans les années 70,
13:28il y en a beaucoup.
13:29Moi aussi,
13:30j'ai commencé
13:30à faire de la politique
13:31en découvrant
13:33un événement
13:34comme celui
13:34des Quintans,
13:35donc ça veut dire
13:35un gamin
13:36de 17 ans
13:37qui s'est fait tuer
13:38avec des coups
13:39de déclés anglais,
13:40je ne sais pas comment vous dites,
13:41en France,
13:42sur la tête
13:42par un commando
13:44d'extrême-gauche.
13:45Donc,
13:45pour nous,
13:46c'est vraiment des faits
13:46qui touchent notre histoire,
13:48notre sensibilité politique,
13:49nos mémoires collectives.
13:51Quand je vous demande
13:52comment vous l'expliquez,
13:54est-ce que pour vous,
13:54Emmanuel Macron
13:55est dans une forme
13:56de déni,
13:57tout simplement,
13:57de cette situation
13:58ou est-ce qu'il craint
14:00plutôt justement
14:01l'avenue
14:02d'un gouvernement
14:03plutôt proche
14:04de Giorgia Meloni
14:05qui serait peut-être
14:06le RN en France
14:08aux prochaines élections ?
14:09En tout cas,
14:09ce que je comprends bien,
14:11c'est que Meloni,
14:12aujourd'hui,
14:13représente un modèle
14:14parce qu'elle a montré
14:15que la droite
14:16peut gagner
14:17et seulement elle peut gagner
14:18parce que nous,
14:18on est habitués,
14:19ce n'est pas la première fois
14:19que ça arrive en Italie,
14:21on a de l'avance
14:22par rapport à vous.
14:22Avec de bons résultats
14:23sur l'économie.
14:24Exactement,
14:25mais qui peut gouverner,
14:26qui peut donner
14:26de la stabilité.
14:27Si vous imaginez
14:28qu'aujourd'hui,
14:29l'exemple de stabilité
14:30en Europe,
14:31c'est l'Italie.
14:32Vous imaginez
14:32où on est ?
14:33L'Italie,
14:34c'était le contraire.
14:35Normalement,
14:35c'était toujours
14:36pris comme l'exemple
14:38de l'instabilité,
14:39mais l'ONI a réussi
14:39à mettre en stabilité
14:41pas seulement les comptes
14:42et justement l'économie,
14:44mais donner une stabilité
14:46institutionnelle
14:46à l'intérieur du pays
14:48et il a encore
14:49sur l'immigration
14:51et tout ça,
14:51mais même géopolitique.
14:53Énorme.
14:54Et donc,
14:54je comprends que ça,
14:56évidemment,
14:56depuis qu'il y a ça
14:57en Italie,
14:58en France,
14:58tout le monde s'est dit
14:59finalement,
14:59si ça s'est passé
15:00en Italie
15:01qui est à côté
15:01de chez nous,
15:02pourquoi ça ne peut pas
15:03se passer en France ?
15:05Et donc,
15:05je peux comprendre
15:06que du coup,
15:07pour la gauche
15:08ou pour ceux
15:08qui veulent,
15:09disons,
15:10empêcher
15:10l'arrivée
15:11de la droite
15:12au pouvoir,
15:13essayer d'obstaculer
15:15ou d'essalir
15:16l'image
15:16de Mélanie
15:17en Italie,
15:18ça sert
15:18pour salir
15:20l'image
15:21d'une droite
15:21qui gagne,
15:22qui est rassurante,
15:23qui peut être
15:24vraiment un point
15:25de référence institutionnel
15:26et politique
15:27pour les années à venir.
15:28Je me pose une question,
15:29comment l'Italie
15:30a réussi
15:31ces 30 dernières années
15:32à endiguer
15:34ce fléau
15:34de la violence politique,
15:35notamment celle
15:36de l'extrême gauche
15:37après les années de plomb ?
15:38Vous disiez qu'il y avait
15:38encore certaines cicatrices
15:40sociales qui émanaient
15:42de ces années de plomb,
15:43mais comment l'Italie
15:44concrètement a réussi
15:45à faire ?
15:45Parce que c'est vrai
15:45que nous,
15:46on voit aujourd'hui
15:46qu'il y a une sorte
15:47de privilège rouge,
15:48que les antifas,
15:48avec des grands guillemets,
15:50évidemment,
15:50bénéficient de relais
15:51médiatiques politiques
15:52qui aujourd'hui
15:53peuvent paraître étonnants.
15:55Donc ça m'intéresse
15:55de savoir comment
15:56ça a réussi.
15:57Déjà,
15:58la violence politique
15:59et le terrorisme,
16:00il faut être honnête,
16:01ça n'a pas été
16:02seulement de gauche.
16:03C'était de gauche,
16:04de droite,
16:05mais c'était quand même,
16:08un période où
16:09cette violence
16:10était aussi un peu poussée,
16:11parce qu'en fait,
16:12en connaissant l'histoire,
16:13après on sait que
16:14souvent il y a eu aussi
16:16des manœuvres un peu obscures
16:17pour justement
16:18alimenter ça
16:19et on a beaucoup d'effets
16:20pour lesquels
16:21on n'a pas encore
16:21des réponses judiciaires.
16:24Des faits aussi,
16:25c'est très efféré.
16:27Pourquoi c'est aussi long d'ailleurs ?
16:29Parce que l'histoire
16:30est très complexe
16:32et voilà,
16:32et aussi qu'est-ce qui se passe
16:33dans les pays,
16:35souvent c'est aussi
16:36beaucoup plus complexe
16:37de ces compenses.
16:39Mais du coup,
16:40on a eu beaucoup de mal
16:41à en sortir de ça
16:44parce que justement,
16:45ça crée des cicatrices,
16:46ça crée des blessures,
16:47ça crée des fractures sociales,
16:49idéologiques,
16:50et qu'après,
16:51récomposer,
16:51c'est compliqué.
16:52Nous,
16:52on a encore
16:53beaucoup de commémorations
16:55de ces victimes
16:56et il y a beaucoup d'efforts,
16:58vous savez,
16:58entre à gauche et à droite
17:00dans les deux camps politiques
17:01pour essayer
17:02de faire en sorte
17:04que ces commémorations
17:05qu'on a encore aujourd'hui,
17:0650 ans après,
17:08ce ne soient pas
17:08des commémorations
17:09qui gardent les divisions
17:11et les blessures,
17:12mais qui deviennent
17:13en fait des commémorations,
17:14une mémoire partagée.
17:16Donc,
17:16par exemple,
17:16qu'on n'a pas vu
17:17dans cette séquence
17:18quant à l'Europe,
17:19malheureusement.
17:19de ces faits de 1975,
17:21Serge Jorameli,
17:22qui m'a poussé
17:22à m'engager en politique.
17:24Pendant des années,
17:25des années,
17:26c'était hyper compliqué
17:27chaque fois qu'il y avait
17:28une commémoration de ça.
17:29Là, aujourd'hui,
17:30on arrive à Milan,
17:31parce que ces faits
17:32s'étaient passés à Milan,
17:33à voir les maires de gauche
17:34qui sont les premiers
17:36à déposer les fleurs
17:37et un hommage
17:38à cette personne-là,
17:38comme tu peux voir
17:39des gens de droite
17:40qui vont déposer des fleurs
17:42sur les morts
17:43faits par l'extrême-droite
17:44et les victimes
17:45d'extrême-droite.
17:46Voilà, je vous avais vu,
17:47on a eu un maire
17:47qui a refusé
17:48de mettre une affiche
17:49sur la mairie
17:50de Quentin de Ranca.
17:51Pour arriver à ça,
17:52et c'est là la leçon
17:53que moi, je pense
17:54que la France
17:54devrait prendre de l'Italie,
17:56tu dois déjà
17:57arriver aux années
17:58des plombes,
17:59donc avoir
18:00des centaines de victimes
18:02et après,
18:03passer des dizaines d'années,
18:04donc 50 ans
18:04pour notre cas,
18:06pour fermer les blessures.
18:08Est-ce que vous avez envie
18:09de passer tout ça ?
18:11Moi, je ne vous souhaite
18:12pas savoir.
18:12Et oui, c'est ça.
18:14Exactement.
18:14Merci beaucoup,
18:15merci Vincenzo Sofo,
18:17ancien député européen
18:18Fratelli d'Italia
18:19d'être passé par le studio
18:20d'Europe.
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