00:00Bonjour Alexandre. Bonjour Alexis, bonjour Estelle, bonjour à tous.
00:02Journaliste au Figaro Magazine.
00:05Il y aura une marche blanche tout à l'heure en la mémoire de Quentin de Ranque à Lyon
00:09et vous avez souhaité à juste titre, Alexandre, revenir sur le meurtre de Quentin.
00:13Celui-ci pourrait selon vous être un point de bascule dans la violence.
00:17Pourquoi dites-vous cela ?
00:18D'abord rappelons que la violence de l'extrême gauche a toujours existé.
00:22Elle est même au cœur de son logiciel politique depuis la terreur.
00:25Il n'y a pas si longtemps, le groupuscule Action Direct, à l'instar des Brigades Rouges en Italie,
00:31faisait couler le sang en France.
00:33Entre 1979 et 1987, ses membres ont revendiqué plus de 80 attentats ou assassinats sur le territoire français.
00:42Parmi leurs crimes les plus marquants, on peut citer l'assassinat de l'industriel Georges Besse en 1986.
00:48De ce point de vue, le meurtre de Quentin s'inscrit dans une longue tradition de la violence à gauche,
00:53même si nous l'avions un peu oublié ces dernières décennies.
00:56Ce qui est totalement inédit, en revanche, c'est l'institutionnalisation de cette violence par la France insoumise.
01:03Jusqu'alors, la gauche parlementaire condamnait les dérives de l'extrême gauche,
01:06tandis que ces dernières années, LFI n'a cessé de les légitimer.
01:11L'élection de Raphaël Arnaud, militant antifasciste, fiché S au poste de député, est le symbole de cette rupture.
01:18Deux jours avant l'agression mortelle de Quentin,
01:20le groupe parlementaire LFI publiait un communiqué demandant l'abandon de la dissolution de la jeune garde
01:26qualifiée d'essentiel dans sa lutte contre l'extrême droite.
01:29Et aujourd'hui encore, la France insoumise relativise ou justifie la violence
01:34au nom de la lutte contre des adversaires qu'elle diabolise et déshumanise.
01:38Autre fait inédit en France, le compagnonnage de LFI
01:42et même plus largement de toute une partie de la gauche avec la mouvance islamiste.
01:46Il y a là un cocktail politico-idéologique, explosif,
01:51susceptible de mettre le feu à la société tout entière.
01:53D'autant plus, Alexandre, que cette violence politique fait partie d'un climat de violence générale.
01:58Oui, c'est l'aspect le plus inquiétant de la situation.
02:01La montée de la violence politique s'inscrit dans un contexte d'ensauvagement
02:05et d'affaissement de l'ordre public.
02:07Songeons que plus de 1000 homicides sont commis par an,
02:10soit environ 3 par jour.
02:12L'école, autrefois considérée comme un sanctuaire,
02:15est désormais le théâtre de multiples agressions allant jusqu'au meurtre de professeurs.
02:20Le narcotrafic impose sa loi sur des pans entiers du territoire,
02:23tandis que la menace djihadiste flotte dans l'atmosphère.
02:26Cette violence est en partie le fruit d'un choc des cultures lié à l'immigration de masse,
02:31mais aussi la conséquence de l'individualisme consumériste
02:35qui atomise la société et fait voler en éclat toute règle commune.
02:38En cela, le meurtre de Quentin peut aussi être lu comme le symptôme
02:42d'un processus de décivilisation beaucoup plus large
02:45et le prélude à un basculement qui pourrait à terme emporter la paix civile.
02:49Et la question ce matin, Alexandre, c'est aussi comment enrayer ce processus ?
02:54Deux nécessités s'imposent.
02:56Recouvrer la maîtrise de nos frontières
02:57et restaurer le principe d'autorité à tous les étages de la société.
03:01Cela ne se fera pas sans une profonde réforme de l'état de droit.
03:05Depuis des années, celui-ci a été dévoyé
03:07au point de faire primer en toutes circonstances
03:10le droit des individus sur le bien commun.
03:12Il faut inverser cette logique hyper-individualiste
03:15pour que l'intérêt général prime de nouveau sur le droit des individus.
03:19Faute de quoi, nous devrons arbitrer dans un avenir proche
03:22entre un retour de bâton dictatorial
03:25ou un basculement dans la guerre du tous contre tous.
03:27Faute de quoi, nous devrons-nous.
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