00:00Europe 1 Soir Weekend, 19h21, Stéphanie Demureux.
00:04Toujours en compagnie de Raphaël Stainville et Antonin.
00:07André, mes débatteurs de la première heure, on revient évidemment avec vous messieurs sur cette marche à Lyon.
00:12Environ 3200 personnes qui ont participé à l'hommage pour Quentin Deranque, battu à mort, on le rappelle, par des
00:19membres de l'Ulcra-Gauche.
00:21Alors l'enquête est toujours en cours avec 7 personnes interpellées à un rassemblement dans le calme.
00:28organisé à l'initiative des Amis du Jeune Homme.
00:30Alors c'est un soulagement de dire dans le calme parce qu'on nous avait prédit une marche qui a
00:36été placée effectivement sous votre sécurité.
00:38Emmanuel Bompard hier parlait de la venue de 1000 néo-nazis venus d'Europe.
00:42Je voyais ici ou là les titres de la presse, Libération, marche d'extrême droite, ça a été extrêmement politisé.
00:49Mais force est de constater, Raphaël Stainville, que les choses se sont plutôt bien déroulées à Lyon.
00:53Oui, ce cortège qui s'est tenu à Lyon s'est tenu dans le calme, dans la dignité.
01:01Les prises de parole des amis de Quentin ont été à la hauteur de ce jeune homme qui était, comme
01:09ils ont pu le traduire avec leurs mots,
01:12un jeune homme patriote, un catholique engagé, fervent pratiquant, qui aimait aider les autres.
01:20C'était les mots qu'ils ont retenus.
01:22Mais il faut souligner aussi, et vous avez raison de le rappeler, qu'effectivement ça s'est tenu dans le
01:27calme,
01:27en dépit des récits presque apocalyptiques qui avaient été écrits avant que cette marche ne se tienne,
01:36où on avait l'impression que l'ensemble de l'extrême droite européenne allait s'emparer de la capitale des
01:44Gaules.
01:44Ce n'est pas ce qui s'est passé, même s'il faut aussi, si l'on se doit d
01:49'être absolument honnête,
01:50noter qu'il y avait quelques figures de cette extrême droite résiduelle qui étaient présentes dans ce cortège,
01:58sans que les organisateurs ne les en aient exclus, probablement aussi,
02:02parce qu'ils ignoraient, non pas leur présence, mais leur physique, leur identité.
02:10Ce qui a expliqué, d'ailleurs, Antoine André, la prudence hier du patron du RN, Jordan Bardella,
02:16justement, qui s'était plutôt habile d'ailleurs.
02:18– Bien sûr, mais c'est très habile, de toute façon, dans cette affaire,
02:21bon, d'abord, effectivement, on peut se satisfaire qu'il n'y ait pas eu de débordement.
02:26S'il y avait des craintes, c'était aussi parce qu'on craignait que des membres de l'ultra-gauche
02:29viennent aussi, évidemment, rejouer des confrontations et que la violence puisse éclater à nouveau.
02:36Il y a eu quelques incidents en périphérie, mais les forces de l'ordre ont très bien canalisé les choses
02:41et d'ailleurs ont très bien sécurisé ce parcours.
02:45Pour le reste, le RN n'avait rien à gagner.
02:48Et d'une certaine façon, à se joindre à ce défilé ou à vouloir le récupérer.
02:54– Si, il y avait un sénateur LR, Étienne Blanc, qui était à titre individuel.
02:59– Mais le RN, d'une certaine façon, dans cette séquence, si on parle de politique,
03:05je veux dire, n'a rien à faire, si ce n'est qu'à être dans la compassion et dans
03:10l'accompagnement
03:10et dans la dénonciation de la LFI, mais même sur la dénonciation de la LFI,
03:15finalement, toutes les forces politiques aujourd'hui sont unanimes quasiment,
03:18en dehors des ambiguïtés de la gauche, à dénoncer cette violence d'extrême-gauche.
03:23Donc, le RN n'a qu'à préserver son statut légèrement en retrait, tout en condamnant les attaques,
03:29mais n'avait aucun intérêt à aller donner le sentiment de récupérer ce drame atroce.
03:35– Alors, vous dites, Antonin, oui, tout le monde est condamné,
03:39condamné les outrances de l'extrême-gauche.
03:41Alors, c'est vrai qu'il y a eu quand même quelques dissonances,
03:44et puis un narratif de gauche qui a quand même interpellé,
03:47à commencer par le maire de Lyon, Grégory Doucet.
03:50Je ne veux pas que Lyon soit la capitale de l'ultra-droite.
03:53Aujourd'hui, on a vu des réactions qui interrogent, notamment de Ségolène Royal,
03:58qui était quand même ancienne candidate à l'élection présidentielle.
04:01Oui, mais bon…
04:01– Non, mais je veux dire, Ségolène Royal, malheureusement,
04:03dans ses prises de position en règle générale,
04:05est quand même souvent dans l'erratisme et le baroque.
04:09Je veux dire, elle ne représente plus qu'elle, Dieu merci.
04:11Mais effectivement, sa façon de qualifier la victime de ce lynchage,
04:17en le désignant quasiment comme justifiant le fait qu'il ait pu être pris à partie,
04:22en disant qu'il était soupçonné d'être néo-nazi,
04:24évidemment, est totalement déplacé et indigne,
04:27surtout dans un moment comme celui-là,
04:28où l'heure était plutôt à la commémoration.
04:30– Oui, mais ce sont des narratifs qui portent,
04:32parce que, vous l'avez vu sur les réseaux sociaux,
04:35c'est repartagé, on les lit,
04:38ces déclarations, ça sème le doute,
04:40ça s'allie la personne, effectivement,
04:43de Quentin Derange, Raphaël Steinville.
04:45– Derange.
04:47– Derange, pardon.
04:47– Ce sont des procédés qui marquent
04:51ceux qui tiennent ce genre de propos,
04:53comme des tenants de l'extrême-gauche
04:56ou de la gauche ultra.
04:59Effectivement, on a attendu
05:00nombre de responsables politiques
05:02tenir des propos assez similaires
05:04à ceux de Ségolène Royal,
05:06et c'est absolument navrant,
05:07parce qu'en faisant d'un adversaire politique,
05:09un ennemi,
05:12une personne à abattre,
05:13en le disqualifiant,
05:15en le nazifiant,
05:15effectivement,
05:16on rend possible
05:18ce genre de drame,
05:20de tragédie que nous avons connu la semaine dernière.
05:22C'est ça qui est terrible
05:23dans la manière dont Ségolène Royal
05:27a mis une pièce dans la machine,
05:32a extrême-droitisé
05:33ce malheureux Quentin
05:36qui, on le sait,
05:39ne correspond pas au portrait
05:40qui est fait par la gauche
05:42et l'extrême-gauche.
05:43– Écoutez, d'ailleurs,
05:43l'ambiance qu'il y avait à Rennes
05:45où une contre-manifestation
05:47s'est tenue cet après-midi,
05:50anti-fasciste,
05:51donc ce matin
05:52où on a pu entendre des chants
05:53comme ici,
05:54on ne pleure pas les nazis.
05:55Écoutez.
05:55– Ici, ici,
05:57on ne pleure pas les nazis !
05:59Ici, ici,
06:00on ne pleure pas les nazis !
06:02Ici, les nazis !
06:04– Il y a quand même
06:07cette musique,
06:07aujourd'hui,
06:08à l'extrême-gauche française
06:10et on peut regretter quand même,
06:12Antoine André,
06:13que ce moment
06:13qui devrait être une émotion
06:15et un pays unis…
06:17– Ce qu'on doit regretter,
06:18c'est que des responsables politiques
06:20donnent le sentiment
06:20de justifier l'injustifiable
06:22et la violence politique
06:24et le fait de tabasser
06:25quelqu'un pour ses idées.
06:26De la part de responsables politiques,
06:28c'est totalement déplacé.
06:30Ensuite,
06:31on ne va pas nier le fait
06:33qu'il existe aussi à Lyon
06:34une longue tradition
06:37de groupuscules
06:38et de partis
06:38et de groupuscules
06:39d'extrême-droite
06:40qui sont quasiment
06:42de tradition dans cette ville.
06:43C'est une ville
06:43qui est de droite authentiquement
06:44et qui, c'est vrai,
06:46a aussi un courant identitaire
06:48assez fort.
06:48Et donc, de fait,
06:50il y a des affrontements
06:50entre l'extrême-gauche
06:51et l'extrême-droite.
06:53Simplement,
06:54ce qu'on attend
06:55des responsables publics,
06:56c'est qu'ils pacifient
06:56et qu'ils expliquent
06:58et qu'ils éduquent leurs enfants
06:59parce qu'on peut être
07:00en désaccord politique,
07:01voire violemment
07:02en désaccord politique,
07:03j'allais dire,
07:03avec ses opposants,
07:04mais ça passe
07:05par le débat public,
07:06ça passe par les mots,
07:07ça passe par l'échange
07:08d'arguments.
07:09Promouvoir la violence
07:10comme un vecteur
07:12d'intimidation
07:13ou de discussion politique
07:14est évidemment
07:15complètement déplacé.
07:17Mais Antonin a raison,
07:18mais le problème,
07:18c'est qu'aujourd'hui,
07:19et depuis,
07:19ça fait quand même
07:20un certain nombre d'années
07:21que ça dure,
07:22c'est que la séquence
07:23est totalement orwellienne,
07:24les mots n'ont plus de sens.
07:26Lorsque vous qualifiez
07:28Quentin de nazi
07:29ou de nazi présumé,
07:30ou que vous-même,
07:32vous l'étiquetez
07:32comme étant un membre
07:33de l'ultra-droite,
07:34c'est déjà mentir
07:38et au-delà même
07:41de le salir,
07:42c'est déjà mentir.
07:43C'est-à-dire que
07:43ça ne correspond pas
07:44à ce qu'il est.
07:46Ce n'est pas parce qu'il aurait
07:48des sympathies
07:49avec l'action française
07:50que ça en fait
07:52un antisémite,
07:53que ça en fait
07:53un nazion.
07:54Pour rappel,
07:56les royalistes
07:57ont été parmi les premiers
07:58à rejoindre
07:59le général de Gaulle
08:00à Londres.
08:01Donc, il faut arrêter
08:02de vouloir
08:06dresser des portraits.
08:07Oui, mais pourtant,
08:08moi j'ai le sentiment
08:08que c'est une France
08:10qui est coupée en deux.
08:11Le débat est extrêmement polarisé.
08:12Je ne sais pas
08:12si vous avez lu
08:13Le Figaro ce matin
08:14avec cette boucle
08:15WhatsApp.
08:17C'est assez grave
08:18ce qu'il s'est passé.
08:19Deux professeurs
08:20de Sciences Po
08:20à Paris
08:21qui, en gros,
08:22justifient la mort.
08:23J'ai lu tous les dialogues.
08:25Justifient la mort de Quentin.
08:26Ces nazillons
08:26qui ont récolté
08:27ce qu'ils cherchaient.
08:29Quand même,
08:30il s'agit de...
08:31Ce qui est très inquiétant,
08:32c'est que ce soit
08:33les enseignants à Sciences Po.
08:33Ce sont des enseignants
08:34qui potentiellement
08:36forment les futurs gouvernants.
08:38Alors,
08:38Louis Vassi
08:39a fait le ménage depuis.
08:40Le dirigeant de Sciences Po
08:41qui est arrivé
08:41il y a un an et demi
08:42qui est très ferme
08:43sur ces sujets
08:44mais quand même.
08:45Mais la France Insoumise
08:46a participé
08:47de ce mouvement
08:48de noyautage,
08:49de radicalisation
08:50dans les universités
08:50qui conduit
08:51jusqu'à cette conférence
08:54de Rima Hassan
08:55qui,
08:55de mon point de vue,
08:56enfin,
08:57si j'avais des enfants
08:58à Sciences Po Lyon,
08:59je n'admettrais pas
09:00qu'on puisse
09:01les faire assister
09:02à une conférence
09:03de Rima Hassan.
09:04Les universités,
09:06les instituts de Sciences Po
09:07sont des endroits
09:07où on doit distiller
09:09le savoir,
09:10on doit distiller
09:11l'esprit de contradiction,
09:13la complexité,
09:14y compris du débat public,
09:16des notions politiques
09:17exactes
09:18et non pas faisandées
09:19comme ce que vient
09:20de décrire Raphaël Stainville
09:21à l'endroit
09:22de ce jeune homme.
09:23Donc,
09:24il y a un problème
09:24de dérive aujourd'hui
09:25dans l'enseignement supérieur
09:26et du noyautage
09:27des universités
09:28et d'une partie
09:29des enseignants
09:30par cette idéologie
09:32brutalisante,
09:32violente et sectaire
09:33qu'est aujourd'hui
09:34la France Insoumise
09:35qui,
09:35d'une certaine façon,
09:36voit ce qui arrive
09:37aujourd'hui
09:39quasiment
09:40en le saluant.
09:41Je veux dire,
09:41quand Jean-Luc Mélenchon
09:42revendique et assume
09:44son attachement
09:45à la jeune garde
09:45et trouve encore
09:46le moyen de les défendre,
09:48c'est à dessein.
09:49Il le fait en conscience
09:50parce qu'il veut
09:50brutaliser le débat public
09:51et qu'il veut
09:52que ce clivage
09:53et cette espèce
09:53de fragmentation
09:54de l'espace public
09:55soit encore poussé
09:57à son extrême
09:57parce que lui,
09:58c'est un révolutionnaire.
09:59Il veut renverser
10:00la République.
10:01Il s'en défend,
10:02mais tout du moins,
10:03Raphaël Stainville,
10:04est-ce qu'on peut
10:04clairement parler
10:05aujourd'hui
10:06sans se tromper,
10:08sans prendre le risque
10:08de se tromper,
10:09de responsabilité
10:11idéologique
10:12au moins
10:12de la France Insoumise ?
10:13Bien évidemment,
10:15Jean-Luc Mélenchon
10:17et ses lieutenants
10:18ont armé
10:20idéologiquement
10:21la jeune garde,
10:22les antifas.
10:23Jean-Luc Mélenchon
10:24qui est le premier
10:25à vouloir
10:26tout conflictualiser
10:27a été le premier
10:29à finalement
10:30donner
10:31du crédit
10:32et du poids
10:33à ce mouvement
10:34qu'est la jeune garde
10:35au point
10:36de le faire rentrer
10:38à l'Assemblée nationale,
10:39de le proposer
10:39comme exemple
10:40à ses militants
10:42à la France Insoumise.
10:44Donc oui,
10:44il a une vraie responsabilité
10:46morale,
10:47politique,
10:47philosophique,
10:48idéologique.
10:48On poursuit nos débats
10:50parce qu'il y a Emmanuel Macron
10:51aussi qui a réagi
10:52et qui prépare
10:53une réunion
10:54sur les groupes violents.
10:55Il a aussi parlé justement
10:56de cette violence légitime
10:58dont l'État a le monopole.
11:00On en parle
11:00dans quelques instants
11:02avec vous sur Europe 1.
11:03Sous-titrage Société Radio-Canada
11:05Sous-titrage Société Radio-Canada
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