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Andrew Mountbatten-Windsor, le frère du roi Charles III, cité dans les dossiers Epstein, est soupcçonné d'avoir transmis des documents confidentiels au milliardaire pédocriminel.

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Transcription
00:00Le dossier Epstein à présent est le volet français.
00:02Trois semaines que ce dossier ou ces dossiers plutôt inondent la planète.
00:05L'onde de choc de cette fin de semaine, c'était jeudi.
00:07L'arrestation de l'ex-prince Andrew et son interrogatoire pendant dix heures.
00:12Mais la France n'est pas épargnée.
00:13Loin de là, pour en parler avec nous, j'accueille
00:15Vincent Vantigame, grand reporter PJ du service de BFM TV,
00:19Mathias Darmon, avocat d'Innocence en Danger,
00:22et Sir Andrew Simpkin, j'espère que je prononce bien.
00:25J'adore le titre, je prends.
00:28Président de la Royal Society of Saint-Georges, merci d'être avec nous.
00:31On va d'abord démarrer avec le cas Andrew, le frère du roi Charles III,
00:35donc dans les filets des dossiers Epstein,
00:37soupçonné d'avoir transmis à Jeffrey Epstein des documents.
00:40Notre équivalent en français, lorsque l'ex-prince Andrew
00:45est mis en garde à vue, interrogé pendant dix heures,
00:47qu'est-ce que serait l'équivalent chez nous en France ?
00:48On a du mal à trouver.
00:50C'est une bombe.
00:51Vous auriez dû faire ça avec toute la classe de l'époque.
00:54Mitterrand, d'ailleurs, peut-être qu'ils vont y passer maintenant.
00:58Quel effet sur le peuple britannique, selon vous ?
01:01Nous avons une éthique protestante qui va du travail jusqu'aux mœurs,
01:06qui implique que chaque personne qui a fauté va direct dans l'enfer.
01:11Donc quelque part, Andrew, de toute évidence, est coupable d'insouciance
01:16ou de bêtises, voire de la haute trahison.
01:20Donc quoi qu'il arrive, on souhaite qu'Andrew soit écarté définitivement
01:25de ses fonctions royales.
01:27Mais qu'est-ce que ça fait ?
01:28Le peuple britannique est très attaché à la monarchie.
01:31Est-ce qu'il savait d'une manière ou d'une autre que les jours de l'ex-prince Andrew
01:36étaient déjà comptés ?
01:37Vous savez, depuis 2011, il a été démissionné de son rôle de commissaire au commerce.
01:44Et depuis 2019, depuis son entretien catastrophique à la BBC,
01:48où il s'est mis en danger tout seul comme un imbécile,
01:51vraiment comme un homme naïf et inconséquent encore une fois.
01:54Et il est fini.
01:55Depuis 2019, même sa propre mère a dit
01:58« Andrew, mon petit, tu ne feras plus rien pour la famille royale ».
02:01Depuis 2022, Charles a enlevé son nom, son titre, ses logements.
02:07Et il a terminé tout récemment dans une cellule.
02:09Andrew, il a quand même été 7-8 heures en garde à vue, c'est ça ?
02:13Ou entendu, je ne sais pas si on dit.
02:157-8 heures, ce n'est quand même pas beaucoup.
02:17Il était 11 heures.
02:1811 heures, oui, ce n'est pas beaucoup quand même,
02:20pour toutes les questions qu'on doit avoir à lui poser.
02:22Il est toujours logé, d'après ce que j'ai entendu,
02:24je ne suis pas un spécialiste, mais dans l'enceinte d'un domaine
02:27qui appartient à la couronne.
02:29Non, non, faux.
02:30Il a été muté de Windsor, qui appartient à l'État, à la couronne,
02:36à Sandringham, qui est un domaine privé, qui appartient à Charles.
02:40Et donc Charles loge et paye son petit frère.
02:43Son petit frère, dans quand même une ancienne ferme, c'est ça ?
02:47Une petite ferme qui devait être la maison de retraite du prince Philippe.
02:53Donc il est quand même un peu protégé, non ?
02:55On pourrait lui dire, vous nous quittez, vous quittez la famille royale,
02:58vous quittez le domaine où tout s'y appartient pas.
02:59Tout le problème, c'est comme pour les déchets radioactifs.
03:04Il faut les mettre quelque part.
03:05Il faut les mettre quelque part.
03:07Donc il faut empêcher cet homme d'écrire ses mémoires,
03:11il faut empêcher cet homme de prendre la parole en public,
03:13il faut empêcher Foggy de faire la même chose.
03:15Donc quelque part, nous avons quelques petits soucis à régler.
03:21Alors on va rejoindre Laura Calmu parce qu'on l'avait perdue
03:24et on l'a retrouvée en direct de Londres.
03:26Quel effet sur le peuple anglais, Laura,
03:28quand l'ex-prince Andrew est interrogée pendant plus de 11 heures ?
03:31Est-ce que c'est la fin de l'impunité ?
03:33C'est ce que je vous demandais tout à l'heure.
03:37Eh bien, ça a été beaucoup dit ces derniers jours.
03:40Personne n'est au-dessus de la loi.
03:42Le Premier ministre Keir Starmer l'a dit.
03:44Les Britanniques l'ont également répété.
03:46Il y a eu aussi ce communiqué très rare du roi Charles III
03:49qui a dit que la loi devait suivre son cours.
03:52Et ça dénote avec ce qu'on a vu ces dernières années.
03:54Rappelez-vous, en 2022, il y a eu cet accord financier
03:57entre Virginia Jeffrey et Andrew.
04:0012 millions de livres, soit 13 millions d'euros payés en partie,
04:04on le sait désormais, par la reine Elisabeth.
04:07Alors, c'était une façon de refermer discrètement l'affaire.
04:10Cette fois-ci, les images ont littéralement choqué les Britanniques.
04:15Il y a eu cette garde à vue, ces arrestations également,
04:18ces perquisitions qui vont continuer d'ailleurs jusqu'à demain à Royal Lodge.
04:23Alors, on se dit qu'il y a quelque chose qui a changé,
04:26et qu'il n'y a plus donc cette impunité.
04:29Avec, regardez, la une du Daily Mirror qui va encore plus loin,
04:33qui se demande who knew what, qui savait quoi.
04:37Car en fait, il y a tout un système qui est remis en question.
04:40On se demande s'il n'y avait pas eu aussi une conspiration du silence.
04:45Merci beaucoup, Laura Calmus.
04:46En direct de l'on, il y a effectivement des questions
04:48qui se posent en termes de complicité.
04:51Vincent Vantiguem, vous êtes avec nous
04:52parce que vous avez épluché aussi le dossier Brunel,
04:55le dossier français.
04:57Et ce qui est intéressant, c'est que dans le dossier Brunel,
04:59il y a le nom du prince Andrew.
05:01Oui, effectivement.
05:02Le dossier Brunel, pour bien le resituer,
05:04c'est le dossier du nom de cet agent de mannequin
05:06qui a été lui aussi pris dans les filets de l'affaire Epstein,
05:08qui avait été mis en examen pour viol,
05:10soupçonné d'être l'un des rabatteurs
05:12de jeunes femmes auprès de Jeffrey Epstein.
05:14Il s'est suicidé dans sa cellule de la prison de la santé en 2022,
05:17donc il ne peut plus être poursuivi.
05:19Aujourd'hui, il y a une extinction de l'action publique,
05:21mais quand on regarde le dossier,
05:22c'est vrai qu'on se rend compte que le nom d'Andrew apparaît.
05:24Il apparaît notamment dans les déclarations
05:27du majordome de Jeffrey Epstein,
05:28puisque Jeffrey Epstein avait un somptueux appartement
05:3122 avenue Foch, ici à Paris,
05:33et le majordome a été interrogé.
05:35Dans le cadre de cette audition, il dit,
05:37bah oui, le prince Andrew, il est venu deux fois à Paris.
05:39En tout cas, le souvenir qu'il en a, c'est celui-là.
05:41Il se souvient notamment l'avoir conduit sur le champ de Mars,
05:43au pied de la tour Eiffel,
05:44de l'avoir attendu pendant deux heures.
05:46Précise-t-il, Jeffrey Epstein n'était pas à Paris.
05:48C'est bien pour montrer que c'est une affaire tentaculaire.
05:51Là, on parle de l'affaire Andrew, du prince Andrew.
05:53Les déflagrations de l'affaire Epstein,
05:55elles portent sur deux volets, finalement.
05:56On a tout le volet pédocriminel,
05:57et on a le volet transmission d'informations,
06:00parce que c'est ce qui concerne aussi Andrew,
06:01et c'est la raison pour laquelle il a été placé
06:03en garde à vue cette semaine.
06:05Donc on le voit, c'est une déflagration quasi mondiale.
06:07Alors, la justice française entre à son tour dans le dossier.
06:09Sabina Eklazova, vous allez nous éclairer.
06:11Que sait-on aujourd'hui ?
06:12Qu'a décidé le parquet de Paris ?
06:14On a attendu longtemps la communication du parquet.
06:16Elle est arrivée, et vous allez nous la détailler.
06:18Oui, alors après la publication de documents
06:20par les autorités américaines,
06:22le parquet de Paris ouvre deux enquêtes cadres.
06:25L'une pour traite des êtres humains,
06:27et l'autre pour blanchiment et infraction financière.
06:29Cinq magistrats référents sont désignés,
06:32deux issus des sections financières,
06:33et trois spécialisés dans les infractions sexuelles.
06:36Leur rôle centraliser les plaintes
06:38et signalements liés à la galaxie Epstein
06:40et coordonner les investigations.
06:44Alors, pourquoi est-ce que la justice revient aujourd'hui
06:47sur le dossier Brunel ?
06:48Et surtout à ce stade,
06:49le parquet va détailler trois affaires précises
06:52qui sont déjà entre leurs mains.
06:53Oui, alors d'abord le 10 février,
06:55un signalement du ministère des Affaires étrangères.
06:58Le nom de Fabrice Edan,
07:00secrétaire des Affaires étrangères principales,
07:02apparaît dans les documents américains.
07:04Le 11 février 2026,
07:06une femme de nationalité suédoise
07:08dépose plainte contre Daniel Siad,
07:10recruteur de mannequins.
07:11Elle l'accuse de viol pour des faits
07:13qui auraient été commis en France en 1990.
07:17Et enfin, donc, le 12 février,
07:19le parquet de Paris est saisi d'une plainte
07:20visant le chef d'orchestre,
07:22Frédéric Chasselin,
07:23pour des faits présumés d'harcèlement sexuel
07:25datant de 2016.
07:26Merci Sabine.
07:27Alors Vincent, le parquet réexamine
07:28le volet français ouvert en 2019,
07:30vous avez dit par Jean-Luc Brunel.
07:32Je me tourne vers vous aussi,
07:33Maître Darmon.
07:35C'est assez inédit quand même
07:36que le parquet décide de réexaminer,
07:39de rouvrir, de réanalyser.
07:41Est-ce que vous avez déjà vu ce cas de figure ?
07:42Non, ça faisait longtemps qu'on attendait
07:44que le parquet se communique enfin
07:47sur le volet Epstein en France.
07:50Enfin, on a eu ces annonces
07:51de la République mercredi matin.
07:54C'est à mon sens inédit
07:55d'avoir cinq magistrats référents,
07:57je suppose que c'est des procureurs
07:58à la République,
07:59qui seront en charge de ce dossier,
08:01donc à la fois financier et pédocriminel.
08:03Oui, je pense que c'est la première fois
08:04dans l'histoire de la justice française.
08:05C'est ce que vous demandiez
08:06depuis 2019, d'une certaine manière.
08:08C'est depuis 2019 qu'on attend
08:08que le parquet se saisisse
08:10véritablement de ce dossier,
08:11donc c'est une bonne chose.
08:12Et je pense que c'est un appel du pied
08:13pour les victimes,
08:14c'est ce que disait la procureure
08:15à la République aussi.
08:15C'est maintenant, nous vous écoutons,
08:17nous vous attendons
08:19et espérons ensuite
08:20que la parole puisse enfin se libérer.
08:22Les plus grands magistrats,
08:23les plus grands services
08:24en tout cas de la magistrature
08:26et puis aussi de la police,
08:27puisque tous les offices quasiment,
08:31la cybercriminalité,
08:32les victimes,
08:33tout le monde est saisi.
08:34Mais c'est vrai que c'est intéressant
08:35ce que vous dites,
08:35parce que la procureure,
08:36lorsqu'elle a donné cette interview
08:37à France Info
08:38mercredi matin de mémoire,
08:39elle l'a bien précisé aussi
08:40que le but, c'est aussi
08:41de recueillir la parole des victimes
08:43à l'occasion peut-être
08:44d'un traumatisme
08:45qui s'est ravivé
08:45avec la divulgation des documents
08:47en disant peut-être
08:48que certaines victimes,
08:49pour des raisons
08:50qui leur sont propres,
08:51ne voulaient pas témoigner
08:52en 2019
08:53quand le premier dossier
08:54est arrivé,
08:54peut-être qu'aujourd'hui
08:55le souhaitent.
08:56Est-ce que vous avez vous,
08:57pardon, je vous coupe,
08:58est-ce que vous avez vous
08:59depuis des remontées
09:00via votre cabinet
09:01de jeunes femmes
09:01qui aimeraient témoigner
09:02dans ce sillage
09:03des dossiers Epstein ?
09:05C'est un peu tôt
09:05depuis mercredi,
09:06mais on avait déjà eu avant,
09:07depuis la transmission
09:08des documents par les Etats-Unis,
09:10des familles
09:11qui nous ont contactés
09:12ou des victimes.
09:14Nous, la première chose
09:14qu'on leur dit,
09:15c'est de toute façon
09:16d'aller déposer plainte,
09:16parce qu'on n'est pas certain
09:18de la véracité des propos
09:19qui nous sont rapportés.
09:20Est-ce que c'est des personnes
09:21qui ont entendu des choses
09:22à gauche, à droite
09:22et qui évoquent certains faits ?
09:24Nous, le réflexe premier,
09:25de toute façon,
09:26c'est d'aller déposer plainte
09:26au parquet,
09:27soit d'aller déposer plainte
09:28auprès des services
09:29de police directement,
09:30soit rédiger un courrier
09:30à l'attention du parquet,
09:31et ensuite,
09:32ils verront
09:33quelle enquête peut-être mener.
09:35Mais je veux revenir
09:36sur un point important,
09:38c'est le communiqué
09:39de presse du parquet,
09:40avant d'ailleurs
09:40que la procure parle
09:42sur France Info,
09:43c'était une réanalyse
09:45intégrale du dossier Brunet.
09:46Vous avez raison,
09:46tous les membres.
09:47Chaque mot compte.
09:48Il y a des choses
09:49qui ont été faites
09:50dans ce dossier,
09:50on ne peut pas dire non plus
09:51que rien n'a été fait.
09:52Il y a eu des perquisitions,
09:53il y a eu des saisies,
09:53il y a eu des choses.
09:54Mais c'est quand même fou
09:54de se dire qu'on a eu
09:55une instruction
09:56qui a été ouverte
09:57de 2019 à 2023,
09:58l'ordonnance de non-lieu
09:59c'est juillet 2023,
10:00de se dire que le parquet
10:02va récupérer un dossier
10:03pour le réanalyser entièrement.
10:05Donc ça,
10:06vous n'aviez jamais vu ?
10:07J'avais jamais vu ça avant.
10:09Est-ce que vous savez
10:14parler beaucoup
10:15à l'antenne ici à BFM TV ?
10:17Donc on trouve
10:18au cours de la perquisition
10:20un CD-ROM,
10:21on trouve des clés USB,
10:23on saisit des ordinateurs,
10:24il y a 62 noms de mémoire
10:26de jeunes femmes.
10:28Et puis surtout,
10:29il y a les emails,
10:29enfin un tout petit échantillon
10:31des emails du Préphine.
10:32Et donc,
10:33pendant tout ce temps-là,
10:35on dit voilà,
10:36fin du dossier Brunel,
10:37est-ce que tout ça
10:39a été détruit ?
10:40Il me semble que les CD
10:41existent encore.
10:42Il vous semble,
10:43vous n'en êtes pas sûr.
10:44Après, on en a parlé
10:45et il me semble
10:46que les CD existent encore.
10:47Ce serait une aberration
10:48de se dire qu'ils étaient détruits.
10:50C'est le contenu
10:51de la gravité des faits
10:52qui sont retrouvés.
10:52Non, mais donc ça veut dire
10:53qu'ils vont pouvoir
10:53les réutiliser
10:54et les repasser
10:55à ce tamis-là ?
10:56Oui, mais il n'y a plus
10:57d'action publique,
10:58mais je veux dire,
10:58le dossier,
10:59il existe encore
11:00physiquement, numériquement.
11:01Imaginez que le greffier dise
11:02voilà, il n'y a plus
11:03d'action publique,
11:03les CD,
11:04vous les détruisez.
11:05Vincent ?
11:05Oui, mais ce dossier,
11:07comme je le disais,
11:07beaucoup de choses
11:08ont quand même été faites
11:09à l'époque de cette enquête
11:11entre 2019 et 2022.
11:12Il y a eu beaucoup
11:14de témoignages
11:14qui m'étaient apportés
11:15puisque Jean-Luc Brunel
11:16a été visé par différentes plaintes,
11:17une dizaine au total.
11:18La plupart étaient prescrites,
11:20mais on le rappelle,
11:21quand il s'est donné la mort,
11:22il était mis en examen
11:23pour des viols
11:23sur deux jeunes femmes
11:24et pour le harcèlement sexuel
11:26sur une troisième.
11:26Donc ça veut bien dire
11:27qu'il y avait quelque chose.
11:28Il y avait des auditions,
11:29il y avait des témoignages,
11:29il y a des investigations.
11:30C'est aussi tout ça
11:31qui va être réanalysé.
11:32Et pourquoi ça va être réanalysé ?
11:33C'est ça aussi
11:38des 3 millions de documents
11:38par les autorités américaines
11:40que peut-être
11:41il y a des noms
11:41qui figurent dans ce dossier
11:43sur lesquels
11:44on ne s'était pas forcément
11:45arrêté en 2019-2022.
11:46Mais là,
11:46avec les nouveaux documents,
11:47on va peut-être essayer
11:48de faire des liens.
11:49En tout cas,
11:50la procureure a dit
11:51que ça va être
11:51un travail titanesque
11:52et ça,
11:53on s'en rend bien compte
11:54sans garantir aucune
11:55d'un résultat à la fin.
11:56Mais elle annonce
11:57les moyens conséquents
11:58pour analyser tout ça.
11:59Alors, avec nous en ligne,
12:01Arnaud Ouachdik,
12:02j'espère que je prononce
12:02bien votre nom.
12:03Vous êtes journaliste
12:04à West France,
12:04coordinateur des enquêtes
12:08On découvre par exemple
12:08grâce à vous
12:09que Jeffrey Epstein
12:10et Ghislaine Maxwell
12:11voulaient s'offrir
12:12un château en France.
12:13Alors, expliquez-nous,
12:14que pouvez-vous nous dire
12:15de ce château de la Villette
12:16et de ses envies de châtelains
12:18si je puis dire ?
12:19On est juste après
12:20la sortie du film
12:21d'Aven Chikon
12:22en mai 2006.
12:23Epstein a l'air fasciné
12:25par les châteaux.
12:25Il veut s'offrir
12:26une propriété en France
12:27effectivement
12:27et il repère ce domaine
12:29de 77 hectares
12:30situé à l'abri des regards
12:32à une heure de Paris.
12:33Ils font une offre,
12:345 millions d'euros,
12:352 dollars pardon,
12:36ils visitent les lieux,
12:37ils organisent un dîner.
12:39On a retrouvé même
12:39des photos assez surréalistes
12:41et inédites
12:41où on les voit s'amuser
12:43dans la chapelle du château
12:44ou même inspecter
12:45les dépendances.
12:46Et puis, il va exiger
12:47l'inventaire de tout
12:47ce qui se trouve dans le château.
12:48Il y a même une bête-lée
12:49qui se trouve dans le garage.
12:52Visiblement,
12:52à cette époque-là,
12:53vu le nombre de mails
12:55qui existent autour
12:56du mot château et castle,
12:57il veut investir
12:59dans un château en France
13:00et on lui fait
13:01plusieurs propositions.
13:02Cette proposition
13:04justement de ce château
13:07dont vous parlez
13:08n'a pas pu se faire
13:08en raison d'un petit souci
13:10de finances
13:11et de montants proposés.
13:13Mais il va en chercher d'autres.
13:14Il y a même un contact
13:16très influent
13:16comme Marianne de Rothschild
13:17qui va lui proposer
13:18des domaines
13:18en Seine-et-Marne.
13:19Et puis,
13:20peu de temps après aussi,
13:21il va même faire une offre
13:22pour l'hôtel Lambert
13:23qui est situé
13:24sur l'île Saint-Louis
13:25à 25 minutes
13:27du siège de BFM TV.
13:29Et il voulait,
13:30il fondait
13:30un institut mathématique
13:31pour sans doute
13:33réunir des cercles
13:34scientifiques et intellectuels
13:35en France
13:36et peut-être aussi
13:37se racheter
13:38quelque part
13:39une conduite
13:40à un moment donné
13:40où il allait subir
13:41des ennuis judiciaires
13:42à un an et demi
13:43ou deux ans après.
13:44En tout cas,
13:44il avait des envies
13:45d'acquisition française.
13:46C'est ce qu'on comprend avec vous.
13:47Quand vous épluchez
13:48tous ces dossiers,
13:49Epstein,
13:49et c'est un travail colossal
13:50et on le sait,
13:51vous découvrez aussi
13:52la mission
13:52d'une étudiante russe
13:54en droit
13:54à la Sorbonne
13:55qui,
13:56écrivez-vous,
13:57recrutait des femmes
13:58pour Jeffrey Epstein
13:59à Paris.
14:00Est-ce que vous pouvez
14:00nous expliquer ce profil ?
14:02Oui,
14:03on est à la période
14:042012-2013.
14:05C'est une étudiante modèle.
14:06Elle a 21 ans.
14:07Elle est en droit
14:07à la Sorbonne
14:08comme vous le disiez.
14:08C'est aussi une ancienne
14:09championne olympique
14:10de snowboard.
14:11Mais de l'autre côté,
14:12les mails révèlent
14:13qu'elle est devenue
14:13le radar d'Extine à Paris.
14:15Elle s'installe
14:15à Avenue Foch.
14:17Elle commence
14:18à lui sourcer des profils.
14:19Lui-même,
14:20elle lui écrit texto
14:21dans les mails.
14:21Je peux te trouver
14:22de belles femmes à Paris.
14:24Et puis,
14:24il y a cette phrase
14:25qui fait un petit peu froid
14:26dans le dos.
14:27Parfois,
14:27je pense que je suis
14:28à Guylaine Maxwell
14:28à Paris,
14:29avec un petit
14:30haha juste à la fin
14:31qui finalement montre
14:32toute l'ambiguïté
14:33de l'affaire,
14:34une forme de légèreté apparente
14:35sur un système
14:35de recrutement
14:36qui en réalité
14:36est d'une violence absolue.
14:39Elle l'appelle
14:40« cher professeur »,
14:41elle est prête à tout
14:42pour payer ses études,
14:43même à devenir
14:43escort girl,
14:44elle lui dit en ses mots.
14:46Bref,
14:47elle contribue
14:47parmi tant d'autres,
14:49sans doute,
14:49à faire de Paris
14:50une véritable plaque tournante,
14:51une sorte de vivier
14:52entre guillemets
14:53pour alimenter
14:54le régio Epstein
14:54avec des étudiantes
14:55françaises
14:56ou des mannequins
14:56russes
14:57et même d'autres femmes
14:58qui viennent
14:59de Pays de l'Est.
15:00Merci beaucoup.
15:01C'est ça qui nous intéresse,
15:02c'est Paris,
15:02cette plateforme,
15:03cette capitale du vice,
15:05je ne sais pas comment
15:05est-ce qu'on peut l'appeler.
15:06Qu'est-ce que ça vous inspire
15:07lorsque vous entendez
15:08ce genre d'informations ?
15:09Il faut d'abord
15:10factuellement rappeler
15:11que Jeffrey Epstein,
15:11il passait un certain
15:13nombre de temps à Paris
15:13dans cet appartement
15:15et que visiblement
15:15il s'y passait des choses.
15:17C'est l'énorme araignée
15:20au cœur d'une toile
15:21d'araignée
15:22qui touche tout le monde,
15:23les têtes couronnées,
15:25les gouvernements,
15:26même quelques familles royales.
15:29Pour nous,
15:30en Angleterre,
15:31nous avons toujours
15:32des soucis
15:32par rapport à ce
15:33Keir Storm
15:33et Peter Mandelson,
15:36le fameux ambassadeur
15:38que Keir Storm
15:39a nommé,
15:40tout en sachant
15:41qu'il était proche
15:42d'Epstein,
15:43etc.
15:44Et nous avons
15:44le problème de Fergie,
15:46nous avons le problème
15:46d'Andrew.
15:48Nous,
15:48nous serons
15:49blancs comme neige
15:50comme dirait
15:51Jack Lang
15:53quand nous serons
15:54débarrassés
15:55de ces 3-4.
15:56Mais franchement,
15:58l'influence de cet homme
15:59est absolument
16:00Tentaculaire ?
16:01Extraordinaire.
16:02C'est intéressant
16:03l'interview
16:05de notre confrère
16:06de West France
16:06sur cette histoire
16:07de château,
16:08parce que ça vient
16:09corroborer
16:10ce qu'on dit
16:10depuis des semaines,
16:11ça vient ajouter
16:12un nouvel élément,
16:13c'est qu'en fait
16:13Jeffrey Epstein,
16:15son histoire
16:16c'est d'avoir un réseau
16:17pour avoir des jeunes femmes
16:19mais pour avoir aussi
16:19de l'argent pour investir.
16:21Ce qu'ils cherchent
16:21c'est avoir de l'information
16:22où est-ce que je dois investir,
16:23où est-ce que je peux acheter
16:24un château,
16:24où est-ce que je peux
16:25trouver tel profil.
16:25C'est surtout que tout ça
16:26est fait avec des contreparties,
16:29il y a forcément des deals.
16:30C'est toujours la question.
16:31Alors ce qui est intéressant
16:32dans le dossier Brunel,
16:33par ailleurs,
16:33et c'est noté par les enquêteurs,
16:35à aucun moment,
16:35il y a des dizaines,
16:36des centaines,
16:37des milliers d'échanges
16:38de courriels,
16:38à aucun moment
16:39il n'est fait état
16:46mais les enquêteurs
16:47notent que les désidératages,
16:48je reprends leur terme,
16:49de chacun des deux,
16:50semblent bien connus
16:51de chacun des deux.
16:51Et Vincent,
16:52on a vraiment l'impression
16:53qu'il y a la France d'en haut,
16:54la France d'en bas,
16:55ces gens-là sont des intouchables.
16:56Un prince,
16:57un ministre,
16:58Jack Lang,
17:00des personnalités
17:01qui sont insouptionnables.
17:01Et à la fois des jeunes filles.
17:02Est-ce que ça leur a permis
17:04de traverser
17:05toutes ces tempêtes
17:07plus tranquillement,
17:08sans être inquiétés ?
17:09Oui, ça c'est sûr,
17:10mais ils ne sont plus intouchables.
17:12C'est la fin de l'assuréité.
17:13Et c'est quand même
17:13qu'il y a des jeunes femmes,
17:15rappelons-le,
17:16qui sont souvent dans le besoin,
17:18désemparées
17:18et qui ont été dans les griffes
17:21de tous ces affreux personnages.
17:23Tous ces hommes-là,
17:24puissants,
17:25ont réussi à cibler
17:26des jeunes femmes,
17:27parfois très jeunes,
17:28qui étaient vulnérables
17:29et qui étaient sous emprise
17:31de ces hommes
17:32parce qu'ils avaient de l'argent,
17:33parce qu'ils avaient un réseau,
17:34parce qu'ils avaient du pouvoir.
17:35Et forcément,
17:36elles allaient vers eux
17:37et c'est là
17:38que le phénomène d'emprise
17:39s'exerce le plus.
17:40Un exemple,
17:41je peux donner juste un exemple,
17:42celui de Rosa,
17:43Jean-Luc Brunel
17:44va la récupérer
17:44en Ouzbékistan
17:47en 2008
17:48et lui dit
17:49je vais te mettre
17:49au service de Jeffrey Epstein
17:50parce que
17:52tes parents n'ont que 100 dollars
17:54pour faire vivre toute la famille.
17:55Elle part aux Etats-Unis,
17:56elle se fait abuser
17:57par Jeffrey Epstein
17:58qui demande régulièrement
17:59à la faire venir
18:00avec Jean-Luc Brunel.
18:01C'est ça aussi,
18:02c'est vrai qu'on parle
18:03des intouchables,
18:03mais il ne faut pas oublier
18:04les victimes
18:05qui, elles,
18:06sont bien souvent
18:06des personnes fragiles.
18:07Etats-Unis
18:07– Sous-titrage FR 2021
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