- il y a 7 semaines
Chaque week-end, Anne Seften et Mathieu Coache vous accompagnent de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00On passe à notre deuxième dossier, c'est l'une des questions les plus insolubles du moment.
00:04Donald Trump va-t-il frapper en Iran dans les prochaines heures pour tenter d'y répondre ?
00:09Nous sommes ce soir aux Etats-Unis avec notre correspondant Axel Monnier.
00:13Nous sommes également avec Igor Saïry, envoyé spécial en Israël.
00:17Climence Dibout est au Moyen-Orient, au Qatar plus précisément.
00:21Et nous irons tout à l'heure à Londres retrouver Laura Calmus.
00:24Un Donald Trump qui, jeudi, nous a affirmé qu'il laissait un délai de 10 à 15 jours à l
00:28'Iran pour parvenir à un accord sur le dossier du nucléaire iranien,
00:31mais qui ne perd pas de vue son objectif et qui menace toujours le régime.
00:35Écoutons les toutes dernières déclarations de Donald Trump ces dernières 48 heures.
00:41Envisagez-vous une frappe limitée, monsieur ?
00:44Tout ce que je peux dire, c'est que je l'envisage.
00:46J'ai dit, si vous pendez une seule personne, il y aura des frappes.
00:53Et ils ont arrêté les pendaisons.
00:57Bonsoir Axel Monnier, correspondant de BFM TV à Washington.
01:00Sibyl 1, c'est le qualificatif qui convient peut-être le mieux à Donald Trump
01:04quand on essaye de savoir quand il pourrait être amené à une action en Iran.
01:08Est-ce que, selon vous, la décision a été prise,
01:11mais le chef de la Maison-Blanche attend maintenant le moment opportun ?
01:16Alors, ce qu'on nous dit ici à la Maison-Blanche,
01:19c'est que la décision définitive de Donald Trump n'a pas été prise.
01:23Et d'ailleurs, l'administration continue à vouloir privilégier officiellement la voie diplomatique.
01:28Donald Trump, vous l'avez entendu, a répété qu'il était en train d'envisager ces frappes limitées toujours.
01:35Mais en même temps, il offre aussi une porte de sortie à l'Eyran
01:38puisqu'il donne encore 15 jours, 10 jours à 15 jours à Téhéran
01:42pour essayer de conclure un accord.
01:44Alors, tout cela, ça se fait dans un contexte très tendu
01:47parce qu'on le sait, les Américains sont en train de muscler leurs capacités militaires
01:51dans le golfe Persique avec un second porte-avions en route pour la région.
01:55D'après plusieurs sources militaires citées par des médias états-uniens,
01:58les Américains ne seraient pas tout à fait prêts à frapper l'Iran
02:01mais devraient l'être très très prochainement.
02:03En parallèle, on a aussi des journaux américains qui publient ces images satellites de l'Iran
02:08où on voit que ça s'active aussi autour des sites nucléaires, autour des sites militaires.
02:13Donc, ce qu'il va falloir surtout observer dans les prochaines heures, les prochains jours,
02:16ce sont les pourparlers directs et indirects entre Washington et Téhéran.
02:21Et d'après Bloomberg, on vient d'apprendre que, normalement,
02:24les États-Unis auraient accepté que Téhéran puisse continuer à enrichir l'uranium.
02:30C'est important parce que c'était un point qui faisait débat
02:33et on n'était pas sûr que les États-Unis puissent accepter cela.
02:36Est-ce que cela suffira ? Rien n'est moins sûr.
02:38Est-ce que Donald Trump peut avoir accumulé autant de forces militaires
02:42dans le golfe Persique pour, finalement, ne rien faire ?
02:44On sait qu'il y a toujours beaucoup de dissensions au sein de l'administration
02:47sur la possibilité d'une attaque et sur la pertinence, surtout, d'une attaque contre Téhéran.
02:52Mais ils sont aussi nombreux, désormais, à dire à Donald Trump
02:55que des menaces en l'air, ça ne sert à rien et c'est même contre-productif.
02:58Il y a plusieurs alliés aussi qui répètent ça à Donald Trump.
03:01Bref, il y a la plus grande confusion.
03:03On ne sait même pas si la Maison-Blanche sait à l'heure actuelle ce qu'elle compte faire.
03:07Surtout qu'en matière de diplomatie, encore plus que dans n'importe quel autre secteur,
03:11avec Donald Trump, on ne sait absolument jamais à quoi s'attendre.
03:14On va essayer justement d'en savoir un petit peu plus ce soir.
03:17Merci beaucoup, Axel Monnier, en direct de Washington.
03:20Pour en parler, nous sommes avec Lovarinelle.
03:23Vous êtes chercheur associé à la Fondation pour la Recherche Stratégique.
03:26Bonsoir et merci d'être avec nous.
03:28Didier François également, éditorialiste Défense BFM TV.
03:31Thierry Arnaud est toujours avec nous.
03:33Et Jérôme Clèche, consultant Défense BFM TV.
03:36Thierry, vous vouliez rebondir sur un point important qu'a évoqué Axel Monnier.
03:40C'est cette idée que les États-Unis pourraient laisser l'Iran enrichir de l'uranium.
03:46Oui, c'est évidemment le contraire de ce qu'on a entendu jusqu'à présent,
03:49puisqu'on sait qu'il y a plusieurs sujets sur la table et plusieurs buts de guerre potentiels de la
03:54part des États-Unis.
03:55Mais au cœur des discussions, il y a évidemment le nucléaire iranien et singulièrement le nucléaire militaire,
04:00avec l'exigence américaine que l'Iran renonce à toute forme de capacité à enrichir l'uranium
04:07à un tel degré qu'il puisse permettre la fabrication d'armes nucléaires.
04:11Alors, ce que dit ce soir une agence d'information iranienne,
04:15c'est cette information-là qui est reprise par l'agence américaine Bloomberg que citait Axel à l'instant,
04:20c'est que les États-Unis auraient accepté de laisser l'Iran enrichir l'uranium,
04:26mais avec un degré nettement inférieur, simplement pour un usage civil et non pas militaire.
04:33Compte tenu de ce qu'on sait des discussions entre les deux pays,
04:36qui, ça paraît être une concession quand même pour le moins étonnante de la part des États-Unis,
04:42mais c'est ce qu'annonce une agence iranienne ce soir.
04:45Mais c'est un signal, c'est-à-dire qu'il y a une espèce de marchandage.
04:48On voit bien qu'on fait fuiter des informations des deux côtés, en fait.
04:52Du côté des États-Unis, on fait fuiter des informations sur l'état très avancé de préparation,
04:58cette armada absolument invraisemblable qui est en train d'être déployée.
05:01Et on donne le détail des scénarios, des plans possibles qui ont été soumis à Donald Trump.
05:07Ça, c'est ce que laisse fuiter les Américains,
05:09ce qui est évidemment une façon de faire passer des messages à l'Iran.
05:11Et dans l'autre sens, on fait passer des messages aussi en disant
05:14« Peut-être que si vous, les Américains, vous acceptiez de nous faire un petit geste
05:17sur l'enrichissement d'uranium, on pourrait faire un deal. »
05:20Alors, on reviendra sur les différents scénarios.
05:21On reviendra aussi avec vous sur l'enrichissement d'uranium
05:24et notamment ce que prévoirait cet accord.
05:26Vous allez tout nous dire, Lovarinelle.
05:27Mais un mot, Didier François, sur ce qu'on a appris du New York Times,
05:31qui a été démenti sur ces éventuelles évacuations de soldats en amont sur les bases américaines.
05:36C'est le New York Times qui nous disait ça.
05:38Information contredite par Times of Israel, par exemple.
05:40Qu'en est-il précisément ?
05:41Alors, on ne le sait pas pour une raison simple.
05:43C'est que la logique même de ce genre de situation,
05:46c'est ce qu'on appelle la sécurité opérationnelle.
05:48Donc, s'ils le font et ils le feront, ils ne le diront pas.
05:51Ils ne vont pas faire de déclaration officielle.
05:53Alors après, la presse peut le savoir et la presse américaine peut décider de le dire.
05:57Mais il n'y aura pas de déclaration officielle de la part des armées américaines
06:01sur les mouvements de troupes, sur les bases.
06:03De la même manière que leur...
06:04La difficulté étant que quand on fait bouger des milliers de personnes, ça risque de se voir.
06:07Non, mais ce n'est pas des milliers de personnes, en fait.
06:09Là, ce qu'ils ont déjà commencé à faire, ça a déjà allégé les dispositifs.
06:13C'est-à-dire que tout ce qui est non-essentiel est parti.
06:16Un certain nombre d'officiers alliés qui devaient être dans les bases se feront dire
06:22à quel moment ils devront les quitter.
06:25Et eux-mêmes ne le rendront pas public pour des raisons simples.
06:27C'est qu'il y a une certaine solidarité et ils ne mettront pas en cause de risques opérationnels.
06:34Donc oui, ça va se faire, mais ça, ça ne sera pas vraiment public.
06:38Parce que, voilà, c'est ce qu'on appelle à un moment...
06:41Au moment où vous rentrez en phase opérationnelle, vous faites ce qu'on vous appelait...
06:46Vous plombez les QG.
06:48Alors, Thierry l'a évoqué il y a un instant.
06:50Je vous propose qu'on regarde les différents scénarios qui sont sur la table du côté américain,
06:55puisqu'ils ont fuité dans différents médias.
06:58Alors, il y a trois scénarios.
07:00Le premier, ce sont des frappes limitées pour pousser l'Iran à négocier un accord.
07:05Est-ce que c'est envisageable, Jérôme Clèche, cette idée de frappes limitées ?
07:10Oui, c'est la dernière sortie de Donald Trump sur la manœuvre militaire qui pourrait avoir lieu.
07:15On voit bien, effectivement, que ce qui, finalement, indexe l'ensemble de la situation,
07:20c'est cette espèce d'atermoiement, ces atermoiements sans fin.
07:23Donald Trump veut une négociation fondamentalement.
07:25Il essaye de l'avoir par une pression militaire sans précédent,
07:29puisqu'il y a sur place, maintenant, trois fois plus de forces et de puissances aériennes
07:33que ce qu'il y en avait en juin 2025, lorsqu'il y a eu l'opération de Minay Tamer.
07:38Donc, il faut bien voir cette pression qui est mise.
07:40Mais c'est quoi, des frappes limitées ?
07:41Alors, des frappes limitées, ce seraient des frappes qui ne remettent pas,
07:44de façon existentielle, en cause, l'Iran et le régime des Mollah.
07:48C'est exactement, d'ailleurs, ce qui s'est produit en juin 2025, lors de Minay Tamer.
07:52C'était des frappes limitées, très spectaculaires, en effet,
07:55puisqu'il était question de détruire le nucléaire iranien.
07:57On sait bien qu'il n'en a rien été, ça a été endommagé.
08:00Ma collègue le dira, le temps de percer a été allongé.
08:03Mais c'est tout, il n'y a rien eu de véritablement impactant.
08:07Et donc, des frappes limitées, ça peut être l'occasion, effectivement,
08:10de faire pression sur l'Iran sans que l'Iran, et c'est ça, véritablement, le point clé,
08:14sans que l'Iran ne soit poussé à des représailles significatives.
08:18On entend par là la destruction d'un bateau.
08:21On entend par là, pourquoi pas le Hezbollah, avec ses 150 000 roquettes
08:24qui pourraient frapper massivement Israël.
08:26C'est éviter ce point-là. Voilà.
08:28Alors, on sera justement avec Igor Saheri pour parler du Hezbollah dans quelques instants.
08:31Mais l'Ovarine, deuxième scénario, des frappes pour détruire, on en parlait,
08:34les infrastructures nucléaires.
08:36Est-ce une forme d'aveu d'échec quand on sait que ça n'a pas donné grand-chose
08:39et qu'on n'a pas vraiment de retour par rapport à ce qui s'est passé en juin dernier
08:42?
08:42Alors, vous savez, moi, dans le nucléaire, on analyse deux choses importantes.
08:45C'est la crédibilité et donc forcément la dissuasion.
08:49Et là, en fait, il y a une forme de discrédit de la méthode américaine.
08:54Vous venez en juin en disant « je bombarde, je bombarde, je bombarde, il n'y a plus rien ».
08:59Vous nous dites qu'il n'y a plus rien.
09:01Et vous arrivez, quoi, huit mois après, plus tard, il nous dit « ah ben non, on va recommencer à
09:05faire quoi ? »
09:06On ne sait pas trop.
09:07Les sites sont endommagés objectivement.
09:09Donc, je ne sais même pas ce qu'ils vont détruire.
09:11Et ça pose la question, effectivement, de cette limitation de tir.
09:15Mais vers quoi ? Quelles sont les cibles ?
09:17Puisque ce que vous disiez la dernière fois, c'est « qu'est-ce qu'on vise ? Qui on
09:21vise ? »
09:22Moi, ce que je vois, c'est que…
09:23Et comment on le vise ?
09:23Et comment on vise ?
09:24Et bien, en fait, on a toujours un régime qui est là, qui tient,
09:27quand on a des Américains qui avancent, qui reculent et dont on ne sait pas quels sont les objectifs.
09:32Moi, sur les questions nucléaires, j'interroge encore.
09:34Qu'est-ce qu'on veut obtenir des Iraniens par l'enrichissement d'uranium ?
09:38Mais enfin, l'utilisation civile, c'est 3,67.
09:41Ce n'est pas 27,23 où on a un temps de…
09:45Parce que je rappelle, en fait, entre 0 et 3, je ne vais pas dire que c'est facile,
09:49mais ils ont des capacités de ressources humaines capables de faire ça très rapidement.
09:55Tous ceux qui sont signateurs, d'ailleurs, du TLP, du traité de non-prolifération, peuvent le faire.
10:00Mais de passer de 0 à 20, c'est extrêmement long.
10:04Attendez, de 0 à 20 quoi, pardon ?
10:0520% d'enrichissement d'uranium.
10:07Oui, c'est extrêmement long.
10:09Enfin, plutôt de 5 à 20, c'est extrêmement long.
10:10Donc déjà, de 0 à 5, c'est accessible.
10:12Tout le monde peut le faire, j'ai envie de dire.
10:13Tous ceux qui pratiquent de la médecine, enfin voilà, des pays normaux, entre guillemets.
10:17Mais de 5 à 20, c'est extrêmement complexe, dur et long.
10:21Mais je ne sais pas de quel niveau d'enrichissement on parle.
10:24Et c'est pour ça que ça m'interpelle, puisque la question, c'est dire,
10:28plus de nucléaire pour les Iraniens.
10:29Et là, on parle d'enrichissement d'uranium.
10:31C'est un non-sens, j'allais dire, de sécurité internationale et de logique stratégique pour les Américains.
10:37Le troisième scénario, Thierry, avant de voir les capacités militaires américaines qui sont déployées dans la région,
10:45c'est d'aller plus loin, de faire tomber le régime carrément.
10:47Mais là, ce n'est pas juste des bombardements, il faut des hommes au sol.
10:50Oui, effectivement.
10:51C'est une opération militaire beaucoup plus longue, beaucoup plus complexe,
10:55parce qu'il faut à la fois toucher des infrastructures, toucher les centres de pouvoir
10:58et éliminer physiquement ceux qui gouvernent le pays.
11:01Alors, ce qui soulève une autre question d'ailleurs,
11:03parce qu'on peut imaginer que vous ne cherchez pas à les éliminer tous,
11:07parce qu'il faut qu'il vous en reste pour prendre le relais
11:11avec lesquels potentiellement vous avez déjà un petit peu préparé le terrain.
11:15Donc tout ça est évidemment extrêmement complexe, extrêmement risqué.
11:18Si ça se fait, ça sera sur la base notamment d'une coopération étroite à nouveau avec Israël,
11:22dont on a vu la capacité à détenir des renseignements très précis sur les allées et venues
11:27et la localisation des responsables iraniens, bien sûr.
11:30Mais c'est évidemment une opération risquée, aléatoire, complexe,
11:35même si à plusieurs reprises, publiquement, vous vous en souvenez comme moi Mathieu,
11:40Donald Trump a déclaré publiquement qu'il souhaitait que ce régime tombe.
11:45Vous vous souvenez de ce message qu'il met sur son réseau social favori le 13 janvier dernier,
11:49au moment où les gens sont en train de se faire massacrer dans la rue,
11:52et il écrit sur ce réseau social,
11:54continuez à protester, attaquez-vous, renversez les institutions, l'aide est en route.
12:00Et donc il a, en quelque sorte, fait cette promesse qu'il allait faire tomber le régime
12:03au service de ceux qui manifestaient au risque de leur vie, au péril de leur vie à ce moment-là.
12:08Comment y parvenir ? C'est ce qu'on voit avec vous, Anna Didier.
12:10On va parler du dispositif militaire américain, Didier en particulier, du dispositif aérien,
12:15puisqu'il y a des images satellites qui nous sont parvenues.
12:18Première photo, tout d'abord, on est en Jordanie, vous allez nous dire pourquoi la Jordanie ?
12:22On nous disait que l'Arabie saoudite et les Émirats avaient décidé d'interdire le survol de leur espace aérien,
12:28c'est pourquoi il y avait une bonne partie des avions de combat qui étaient ici ?
12:30En fait, oui, c'est sur la base aérienne de Muwafag-Saltic que sont, en fait, la force avancée de
12:38l'aviation américaine,
12:41pas de l'aéronaval, puisque vous avez bien qu'il y a...
12:42Donc c'est les avions de combat qu'on voit là ?
12:44Alors là, ce que vous voyez, vous voyez, sur le côté gauche, vous avez des F-35,
12:48et sur le côté droit, vous voyez du Grohler, qui sont des F-18 un peu spéciaux,
12:54qui servent, en fait, à viser la défense antiaérienne.
12:59Voilà, donc vous avez le F-35 étant un avion de supériorité aérienne,
13:04et en fait, depuis ces images-là, il y en a des nouveaux qui sont arrivés.
13:07J'ai regardé là tout à l'heure, vous allez voir, les plots que vous voyez au fond, maintenant, ils
13:12sont tous pleins.
13:12Vous voyez bien que sur cette base-là, rien que sur cette base-là, entre les F-35, les EA
13:18-18 et...
13:19Alors les EA-18, ils servent à quoi ces EA-18 ?
13:22Alors c'est ceux-là qui servent, en fait, à faire de la lutte anti-défense aérienne.
13:25C'est eux qui vont faire... Enfin, ceux qui vont partir les premiers, entre guillemets, pour frapper, sont ceux-là.
13:30Pourquoi ? Parce qu'ils vont ouvrir un corridor pour aller casser les missiles de défense antiaérienne et les radars,
13:38évidemment, parce qu'ils vont repérer les radars et taper sur les radars.
13:42Et ils vont ouvrir la voie aux autres avions derrière qui vont venir bombarder.
13:46Alors, deuxième photo.
13:47Et donc, il y en a 70 à la louche qui sont en tout, de tous ces avions-là, sur
13:50l'autre base.
13:50Alors ça, c'était avant. On va passer à une deuxième photo.
13:53Là, c'est l'Arabie Saoudite.
13:53Et on voit bien, du coup, le avant-après. On va passer à une deuxième photo.
13:56Là, on est en Arabie Saoudite, le 20 février 2026.
13:59C'est la Basse-Prince-Sultan qui est assez importante.
14:02Et là, vous voyez, en revanche, c'est des avions un peu différents.
14:04Parce que ce que vous voyez, c'est tous ces gros avions qui vont servir, alors essentiellement, des ravitailleurs en
14:10vol.
14:11Pourquoi ? Parce que ça va donner de l'allonge.
14:12Et puis, pourquoi ils sont plus loin, justement, pour éviter d'être directement sous menace iranienne.
14:18Mais qui vont donner de l'allonge aux autres avions de chasse.
14:21Et puis, là, je crois, sur la base...
14:23J'ai regardé, je l'ai noté parce que je n'ai pas tout dans ma petite tête.
14:26Allez-y, allez-y.
14:26Il y a aussi, sur cette base-là, trois des avions qui s'appellent les E-11.
14:36On les voit là-bas.
14:36Ce sont des petits avions qui servent de boîtes internet volantes.
14:45Et qui permettent...
14:46C'est ultra important, l'air de rien, ces avions-là.
14:47C'est quoi ? C'est la connexion Wi-Fi qu'on a en vol ?
14:49Voilà, c'est de la connexion Wi-Fi aérienne qui permet d'avoir de la bande passante
14:52pour faire circuler l'ensemble des données et coordonner l'ensemble des moyens
14:57qui, eux, vont l'être par des AWACS, qui sont des espèces de gros radars volants.
15:02Et il y en a six qui sont sur cette base-là.
15:04Vous voyez, ça arrive en masse.
15:05C'est important parce que dans l'ensemble du dispositif, il y a les E-11.
15:11Il y en a huit aux États-Unis.
15:13Il y en a cinq qui ont été déployés sur l'ensemble de ce théâtre.
15:16Aujourd'hui, sur le théâtre-là, en termes de US Air Force, donc d'aviation,
15:22il y a, on estime, entre 40 et 50% des capacités américaines
15:26qui sont déployées entre le commandement européen et le commandement Sankom,
15:30qui est le commandement arabe.
15:31Les deux commandements travaillant ensemble.
15:35Et ensuite, il y a évidemment les groupes aéronavales qui sont...
15:38On va en parler.
15:39Mais au niveau aérien, vous voyez bien qu'on est sur quelque chose d'assez énorme
15:42puisqu'on est grosso modo sur une centaine d'avions ravitailleurs.
15:45On est sur une vingtaine d'avions qui peuvent faire du renseignement et du commandement.
15:48Et on est sur à peu près 130 avions pour frapper.
15:51Alors, on va terminer avec le plus grand porte-avions du monde,
15:53le USS Gérald Ford, bien évidemment, précédemment déployé dans les Caraïbes.
15:57Il avait servi à l'enlèvement du président vénézuélien.
15:59Il est où actuellement ?
16:00Parce qu'on s'est dit, il a passé le détroit de Gibraltar.
16:03Il est bien plus loin maintenant.
16:03Il a passé le détroit de Gibraltar dans la nuit hier.
16:07Et là, j'ai regardé juste avant qu'on rentre, il est passé en dessous de la Sicile.
16:12Et il arrive à la hauteur de la Grèce, donc très bientôt.
16:15Il sera ce soir au large d'Israël avec là à nouveau 70 appareils de combat supplémentaires
16:22qui viendront remporcer les autres 70 appareils.
16:24Donc vous voyez bien qu'on a 130-140 appareils côté Air Force, donc aviation,
16:30et 130 appareils si on met les deux porte-avions ensemble côté aéronaval.
16:35Donc on est vraiment sur quelque chose de très lourd.
16:37On nous dit que c'est le dispositif militaire le plus impressionnant depuis l'invasion en Irak de 2003.
16:42Alors pour tout ce qui est aérien, oui, et aéronaval,
16:44puisque derrière il y a aussi quand même trois sous-marins nucléaires,
16:47deux porte-avions, une dizaine de frégates.
16:50Mais en revanche, ce que vous remarquerez, c'est qu'il n'y a pas de division,
16:54il n'y a pas d'armée de terre, il n'y a pas de bateau de débarquement.
16:56Donc il n'y a pas autant, il n'y a qu'à tenir à la louche une cinquantaine de
17:01jours
17:02sur une campagne lourde, sur trois types de cibles possibles,
17:05le nucléaire, le balistique et le changement de régime.
17:08Et pas de commandos au sol.
17:08En revanche, pas d'hommes au sol.
17:10Ok.
17:12Vous nous rejoignez, Anne, Didier et son petit cahier absolument très utile.
17:18Il vaut mieux avoir un cahier que seulement sa tête.
17:20Alors, oui, Thierry.
17:21Je vais juste livrer un article passionnant que j'ai lu dans l'Ouest des Journals aujourd'hui
17:27qui raconte la vie à bord de l'USS Ford et qui explique qu'en fait ce porte-avions
17:31qui est donc le porte-avions le plus moderne, absolument gigantesque,
17:35est déployé depuis juin dernier.
17:36Typiquement, un porte-avions, explique-t-il, il est déployé pour six mois.
17:40Là, il était en Méditerranée, puis il a été envoyé en Venezuela,
17:44puis là, il doit revenir.
17:45Il va potentiellement rester un an en mer et ça pose des tas de problèmes.
17:51Quel genre de problème, justement, par exemple ?
17:53Il y a un vrai sujet de morale des troupes, raconte le Wall Street Journal.
17:57Il y a des gens qui ont manqué des naissances, des enterrements,
18:01des vrais traumatismes familiaux.
18:03Il y a, pardon de donner ce détail, mais il donne une idée de ce qu'est la vie à
18:05bord,
18:06des toilettes bouchées et des problèmes d'écoulement.
18:09Et donc, la mobilisation de cet armada et, en l'occurrence, de ce bâtiment symbole,
18:16commencent à poser de vraies questions dans la gestion logistique de ce déploiement spectaculaire.
18:23Alors, attendez, on a une bonne idée du dispositif maintenant.
18:26On va voir avec vous, Jérôme Clech, ce qui se passe si des frappes ont lieu dans les prochaines heures,
18:31parce que c'est une option qu'il y ait des frappes qui aient lieu cette nuit.
18:35Ça partirait d'où ? De quelle manière ? Expliquez-nous.
18:38Alors, la première chose, c'est le ciblage. Il faut savoir ce qu'on va frapper.
18:40Ce qu'on va frapper, c'est effectivement tout ce qui est batterie de défense solaire
18:44de façon à s'assurer la supériorité aérienne.
18:47Ça, comme l'a dit Didier, c'est typiquement les A18 Grôleur.
18:50Pourquoi ? Parce qu'ils ciblent en fait des radars et donc, en tapant les radars,
18:54ils coulent véritablement la vue, ils rendent aveugle l'Iran.
18:56Ça, c'est la première chose.
18:58Simultanément, tout ça se fait quasiment en un seul moment.
19:01Simultanément, vous allez avoir de la défense aérienne et donc des F-22 ou des F-35,
19:06qui sont des avions multi-rôles d'ailleurs, qui vont faire en sorte que rien ne vole.
19:09Et puis ensuite, il va falloir percer des corridors pour aller taper toujours des batteries de missiles balistiques,
19:15puisque je vous le disais, ça, c'est typiquement ce qui peut permettre à l'Iran
19:18de faire des représailles massives, des représailles significatives.
19:21Et donc, il faut neutraliser ces missiles balistiques.
19:24Et les drones, et les usines, et les stocks, et les centres de commandement, et les infrastructures.
19:29Et c'est là où il faut faire de l'attaque au sol.
19:30Ça se fait avec typiquement des F-35, parce qu'ils sont, on appelle, furtifs secteurs avant.
19:35Donc, ils peuvent vraiment ouvrir un raid aérien suivi d'avions type F-22,
19:40ou même des F-15 qui sont venus en renfort et qui sont présents sur les bases jordaniennes
19:45ou les bases en Arabie saoudite.
19:47Et qui donc peuvent véritablement mener un raid pour lui supprimer l'ensemble des points critiques
19:54et qu'il puisse faire tomber éventuellement le régime iranien.
19:58Cela dit, le grand point dans tout ça, c'est que si je vous dis, ça se fait rapidement,
20:02mais ça ne se fait pas d'un coup.
20:04Donc, le grand risque, c'est de ne pas pouvoir foudroyer véritablement l'Iran.
20:08Et c'est ce que souhaiterait faire Donald Trump, ce qu'il ne peut pas faire depuis des semaines.
20:12Et donc, véritablement, le risque, c'est qu'il y ait une représailles significative de la part de l'Iran.
20:18Et c'est pourquoi, en fait, il ne mène pas ces frappes-là.
20:21S'il était capable d'avoir cette certitude de n'avoir aucune représailles, il le ferait.
20:25D'où les frappes limitées qui peuvent à la fois faire pression, à la fois éroder le magot.
20:31Ils sont les missiles balistiques, c'est ce à quoi tient le plus l'Iran.
20:34C'est fondamental pour avoir une capacité nucléaire.
20:37Et s'ils peuvent éroder ça, c'est peut-être un moyen de pression,
20:40sans pour autant avoir ces représailles significatives qu'ils redoutent.
20:43Alors, vous allez nous reparler des missiles balistiques.
20:45Combien ont été détruits ? On ne le sait pas encore exactement.
20:47Mais écoutez, l'Iranien, rien ne change.
20:49Le président iranien reste inflexible.
20:50Vous allez l'entendre.
20:51Écoutez sa communication officielle.
20:52Massoud Pesshian.
20:56Nous ne céderons pas face à ces difficultés.
21:00Les puissances mondiales s'allient lâchement pour nous forcer à baisser la tête.
21:07Tout comme vous n'avez pas cédé face aux difficultés,
21:09nous ne céderons pas face à ces problèmes.
21:14On va tout de suite aller à Téhéran, retrouver le correspondant des RFI de France 24,
21:18Syavosh Ghazi.
21:19On a entendu le président iranien, toujours inflexible donc,
21:23mais qu'est-ce qu'en coulisses les négociateurs iraniens
21:26tentent tout de même d'éviter cette guerre avec les Etats-Unis ?
21:31Est-ce que vous croyez à un accord possible sur le programme nucléaire ?
21:36Pour l'instant, on ne sent pas une très grande fébrilité parmi la population.
21:41La vie continue.
21:43Il n'y a pas, par exemple, de ruée dans les magasins
21:45pour acheter des produits nécessaires en cas de conflit.
21:49Donc, c'est une situation de calme et d'attente par rapport à ce qui va se passer.
21:55Est-ce que les Etats-Unis vont décider finalement, attaquer ou pas ?
22:00En revanche, côté pouvoir, il y a eu des déclarations positives de la part du ministre,
22:04Irène Ataville-François, qui a accompli que l'Iran allait présenter,
22:07d'ici quelques jours, de nouvelles propositions aux Américains.
22:10Et donc, une rencontre avec Sibitkov d'ici une semaine.
22:15Donc, pour parler de ces nouvelles propositions,
22:18Téhéran se dit prêt à diluer le niveau d'enrichissement,
22:22notamment les 400 kg d'uranium enrichis à 60 %,
22:26mais aussi baisser son niveau d'enrichissement en cas d'accord avec les Américains.
22:30En revanche, pas question de négocier sur le point de la balistique,
22:35la portée des missiles iraniens.
22:36Mais Téhéran, selon certains responsables, notamment parmi les réformateurs,
22:41pourrait par exemple s'engager ou proposer un engagement de non-agression vis-à-vis d'Israël.
22:50Donc, pas question que l'Iran attaque Israël en premier,
22:53mais vous devez garder ces missiles pour se défendre en cas d'attaque israélienne
22:58comme cela s'est passé en juin dernier.
23:01Didier, quelle peut être la réponse de l'Iran, les forces et les faiblesses ?
23:04Je lisais, et c'était CNN qui rapportait ça,
23:06l'Iran affirme posséder des bases navales souterraines profondes le long de ses côtes,
23:10dotées de dizaines de vedettes rapides prêtes à être déployées dans les eaux du Golfe Persique.
23:14Ça reste un peu faible sur le papier par rapport aux dispositifs américains,
23:17mais néanmoins, les missiles balistiques peuvent faire du mal en Israël et en Israël dans quelques temps ?
23:22C'est ce qu'on vient de vous dire.
23:25Le missile balistique reste l'arme la plus forte que les Iraniens puissent utiliser,
23:32à la fois contre Israël, à la fois contre le groupe aéronaval s'ils peuvent y arriver,
23:37et surtout aussi contre les pays arabes de la région.
23:39Pourquoi ? Parce que l'idée c'est de les pousser à eux faire pression sur les Etats-Unis ensuite.
23:43Donc le missile balistique, à mon avis, c'est le centre de gravité de la défense iranienne qu'il faut
23:51péter.
23:52C'est la deuxième chose qu'il y a, c'est la fermeture du détroit d'Hormuz.
23:55Pourquoi ? Parce que c'est avec de la mine ou de l'assaut de petites vedettes.
23:59Ce n'est pas que ça peut couler, c'est que c'est...
24:01Et beaucoup de mines, ça permet de couper quand même...
24:04S'ils arrivent à couper la circulation sur l'endroit où passe 20% du pétrole mondial,
24:09ça fait monter les prix du pétrole.
24:10Là aussi, c'est une grosse pression, l'air de rien.
24:12Donc il ne faut pas penser toujours qu'aux militaires.
24:13Et puis enfin, on l'a vu aujourd'hui peut-être avec la frappe israélienne sur le Hezbollah.
24:17On va y aller dans quelques temps.
24:19On sera avec Igor en Israël.
24:20C'est un autre élément.
24:21Et puis il y a les drones.
24:23Non, c'était pour vous dire, c'est que les Iraniens, effectivement,
24:25leurs joyaux, c'est les missiles balistiques, mais ils n'ont que ça.
24:28En fait, ils n'ont que ça.
24:29C'est-à-dire que c'est autant important pour eux de menacer, mais aussi de le conserver.
24:34C'est-à-dire que par rapport à Israël, effectivement, ils sont moins bien dotés,
24:37mais ils ont une capacité de frappance en seconde.
24:39C'est-à-dire qu'admettons que les Iraniens tirent, les Israéliens peuvent riposter.
24:43Ils ont des sous-marins, ils ont une capacité de tirer.
24:45Les Iraniens, ils sont limités avec ce joyau, il faut le dire,
24:48cet arsenal qui est aujourd'hui à peu près estimé à 2000 missiles.
24:52Oui, on faisait 1500 à 2000.
24:54Mais si en fait, ils les épuisent, ils s'épuisent.
24:57Et la question, c'est est-ce que c'est ça peut-être l'objectif ?
25:00C'est épuiser et accepter des dommages.
25:03Et la question, c'est est-ce que les Américains accepteraient combien de soldats ?
25:08C'est ça le sujet.
25:09Parce qu'il y a des êtres humains en jeu.
25:12Et je crois que Donald Trump s'était engagé à ne jamais faire en sorte qu'aucun de ses soldats...
25:16Ce n'est pas une option ça Thierry de perdre des soldats pour Donald Trump, des hommes.
25:19Alors il faut rappeler quel est le contexte.
25:21Effectivement, ça n'a jamais été une option pour lui.
25:24Les Américains ne comprennent pas nécessairement la nécessité de cette intervention en Iran.
25:29On est à deux jours du discours sur l'état de l'Union qui est un moment politique important.
25:33Et on est aussi et surtout en année électorale bien sûr, puisqu'il y a les élections à mi-novembre
25:39qui ne se présentent pas forcément très bien pour lui.
25:42Dans un contexte par ailleurs, même si ça n'a rien à voir, il s'est pris un camouflet de
25:46la Cour suprême hier sur ses droits de douane.
25:48Donc il marche un peu sur des oeufs politiquement en ce moment, Donald Trump.
25:53Et effectivement, il n'a pas le droit à l'erreur sur ce sujet iranien.
25:55Je renvoie vers votre podcast Thierry, le monde selon Trump.
25:59C'est toutes les semaines ?
26:00C'est toutes les semaines, absolument. Merci Mathieu.
26:02Alors BFM TV qui est partout, on vous le disait, dans la région, notamment en Israël, où on vous retrouve,
26:07Igor Saheri.
26:08Est-ce que l'un des proxys de l'Iran, le Hezbollah iranien, peut réagir et intervenir si l'Iran
26:14est frappé par les États-Unis avec l'aide d'Israël ?
26:16On sait qu'il a appelé à la résistance aujourd'hui suite à ces frappes israéliennes ces dernières heures.
26:21Que s'est-il précisément passé, Igor ?
26:26Oui, en fait, en réalité, on a appris par l'intermédiaire de deux médias saoudiens, notamment Al-Arabia,
26:33que depuis quelques jours maintenant, il y avait des officiers iraniens du corps de la révolution iranienne au Liban
26:41pour plusieurs missions et notamment pour reprendre en main, si j'ose dire, le Hezbollah avec trois objectifs.
26:50D'abord, eh bien, reconstruire les capacités militaires du Hezbollah,
26:56superviser les plans de guerre stratégiques et puis surtout pousser le Hezbollah
27:01et bien intervenir avec l'Iran contre les États-Unis et Israël si les Américains venaient à frapper le régime
27:09iranien.
27:10Et hier, il y a eu des frappes israéliennes qui ont ciblé un poste de commandement du Hezbollah dans la
27:16vallée de la Beka.
27:17C'est à l'est du Liban et c'est le fief historique du Hezbollah.
27:21Et dans ce poste de commandement, il y avait un site, il y avait une unité de missiles de longue
27:28portée.
27:29Le bilan est très lourd.
27:31D'abord, cette unité de missiles balistiques, mais aussi une cinquantaine de blessés
27:36et au moins huit combattants du Hezbollah et notamment un haut gradé du groupe terroriste affilié au régime iranien.
27:45Ce sont des chiffres qui ont été publiés dans les médias israéliens.
27:49Évidemment, pour le Hezbollah, il s'agirait d'après eux d'un prélude d'une plus grosse aventure israélienne militaire
27:58au Liban
27:58pour neutraliser le Hezbollah qui a toujours été l'objectif d'Israël depuis septembre 2024.
28:06Ne pas faire en sorte que le Hezbollah se reconstitue notamment à la frontière nord d'Israël.
28:12Aujourd'hui, un porte-parole du Hezbollah a déclaré que le groupe terroriste n'est pas d'autre choix
28:17que de se défendre et que de résister.
28:20Et Israël, de son côté, par l'intermédiaire de l'armée, a confirmé ses frappes israéliennes hier
28:26en rappelant effectivement que le Hezbollah ne reconstituerait jamais ses forces militaires au Liban.
28:34Grand merci à vous, Igor Saheri, en direct de Tel Aviv.
28:37Est-ce que ces frappes peuvent annoncer quelque chose ?
28:41Est-ce que ça peut être les prémices des frappes américaines ?
28:44On le disait, s'il devait y avoir à un moment donné des frappes américaines
28:48et des représailles de la part de l'Iran, ce serait via les missiles balistiques iraniens,
28:53bien sûr, mais ça peut être aussi via ses proxys.
28:56Et donc le Hezbollah possède 150 000 roquettes à peu près,
29:01des missiles balistiques, c'est un peu moins...
29:03Il a encore les moyens d'intervenir, on le disait affaibli.
29:05Affaibli, oui, mais il ne veut pas dire annuler.
29:07Ils ont reconstitué une certaine partie de leur stock, en tout cas en roquettes,
29:11et donc sont tout à fait en mesure d'infliger des dommages qui seraient significatifs à Tel Aviv.
29:16Parce qu'il faut bien voir qu'ils peuvent se répartir les tâches.
29:19L'idée, à chaque fois, c'est de comprendre que la force du faible vis-à-vis du fort,
29:23c'est que s'il y a un bateau de coulée, s'il y a quelques centaines de morts à
29:27Tel Aviv,
29:28s'il y a, à un moment donné, un millier de soldats américains qui sont abattus,
29:32eh bien ça fait la victoire de l'Iran.
29:34Ça suffit effectivement pour infliger un coup politique, et Thierry Arnaud le disait,
29:38que Donald Trump ne veut sûrement pas endurer, et encore en particulier actuellement.
29:43Donc si vous voulez, il suffit simplement de marquer un point, si j'ose m'exprimer ainsi, pour l'Iran,
29:47pour emporter la guerre.
29:48Et c'est ça dont Donald Trump veut se prévenir.
29:51D'où des frappes éventuellement limitées, en érodant légèrement le butin,
29:56c'est-à-dire les missiles balistiques,
29:58pour faire comprendre à l'Iran qu'il vaut mieux envisager un accord même très limité.
30:03D'où l'idée qui a été sortie, c'était autoriser l'enrichissement.
30:06Je crois que le terme qui a été employé, c'était « enrichissement symbolique ».
30:09On va retourner à Washington, parce que, Axel Meunier, vous êtes notre correspondant sur place,
30:14il y en a qui voudraient limiter les pouvoirs militaires de Donald Trump,
30:19et ce sont des membres de la Chambre des représentants ?
30:24Oui, effectivement. Alors évidemment, les démocrates en premier lieu,
30:27mais il y a aussi quelques républicains qui seraient favorables à cette réduction des pouvoirs militaires de Donald Trump.
30:35Ils sont quelques-uns à la fois à la Chambre des représentants, mais aussi au Sénat.
30:41Et ça, on l'a vu il y a quelques semaines,
30:43puisque avant même que les États-Unis n'attaquent le Venezuela,
30:46ils avaient essayé de restreindre les possibilités d'action pour le président états-unien, sans succès.
30:52Le problème, c'est qu'est-ce qu'ils ont vraiment les moyens, même en réussissant à voter,
30:57ce qui n'est pas encore sur une restriction,
31:00est-ce que Donald Trump s'en préoccuperait ?
31:01On l'a vu qu'avec le Venezuela, il avait frappé sans demander l'autorisation.
31:06De nombreux experts ici ont expliqué qu'à la fois l'attaque et la capture de Nicolas Maduro étaient illégales.
31:12Donc difficile de savoir si Donald Trump pourrait se conformer à ce que lui dirait le Congrès.
31:18En tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'il y a un vrai sujet ici.
31:21Il y a beaucoup d'inquiétudes sur la façon dont Donald Trump,
31:24qui avait promis de ne jamais plus lancer les États-Unis dans une quelconque guerre,
31:28il y a donc beaucoup d'inquiétudes autour du fait qu'il multiplie les actions à l'étranger,
31:32sans se référer au Congrès.
31:34Et ça, juste avant le discours sur l'État de l'Union, qui aura lieu mardi.
31:39C'est une grande étape de la vie démocratique états-unienne.
31:42Le président se rend au Congrès pour faire un peu le point sur sa politique.
31:46Et il y aura évidemment beaucoup de sujets, notamment sur l'Iran.
31:50Mais c'est aussi dans un moment tendu en politique intérieure pour Donald Trump,
31:54après la décision de la Cour suprême sur les droits de douane qui ont été rendus illégaux,
32:01avec l'économie qui ne se porte pas très bien ici aux États-Unis.
32:05Bref, beaucoup de sujets.
32:06L'ombre de l'affaire Epstein également, mais évidemment aussi la question de l'étranger et de l'Iran.
32:13Tout ça, ce sera au cœur de ce discours sur l'État de l'Union.
32:16Donald Trump, qui se trouve à Washington, une fois n'est pas coutume pour ce week-end,
32:20il est peut-être en train de travailler à tous ces sujets, et notamment à son discours de mardi.
32:24Il est derrière vous donc, Axel Monnier, directeur de la Maison Blanche. Merci beaucoup.
32:28Partons à présent au Royaume-Uni.
32:30Vous retrouvez, Laura Calmu.
32:31Bonsoir, Laura.
32:32Alors, on savait que la principale chaîne d'opposition au régime Iran international émettée depuis Londres,
32:37mais ce qu'on ne savait pas, peut-être moins, et c'est vous qui avez enquêté, Laura,
32:41c'est que tout se fait dans un véritable bunker et que les gens qui y travaillent,
32:44en l'occurrence les présentatrices, reçoivent de véritables menaces.
32:52Exactement. Nous sommes ici dans une zone industrielle de Londres.
32:56Autour de moi, il y a des hangars, des entrepôts,
32:59et c'est ici qu'Iran international opère.
33:03Alors, je ne vais pas vous montrer le bâtiment, l'exact bâtiment,
33:06car en fait, l'entrée et l'adresse n'est pas connue du public.
33:11À l'entrée, il y a des blocs de béton, des hauts grillages, des agents de sécurité,
33:16car en fait, en 2023, Iran international a dû suspendre ses activités,
33:22car les autorités britanniques estimaient qu'il y avait trop de menaces pour les journalistes,
33:28et des ingérences étrangères.
33:30La police antiterroriste britannique a même conseillé à la rédaction de déménager.
33:36Alors, tout ça, et bien maintenant, c'est sur ce site ultra sécurisé,
33:41avec des menaces qui sont toujours quotidiennes.
33:43Une journaliste m'expliquait que sa voiture a été incendiée
33:47et qu'elle se fait suivre souvent, mais pour elle et pour tous les autres journalistes,
33:53c'est rien comparé à ce que vivent les Iraniens en Iran.
33:57Et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle ils veulent continuer de travailler pour la chaîne.
34:01Alors, j'ai pu passer une matinée avec eux, essayer de comprendre comment ils opèrent.
34:06Je vous propose de regarder ce reportage.
34:09Depuis Londres, Iran International se présente comme la voix des Iraniens.
34:14Une chaîne d'information en continu diffusée 24h sur 24
34:18qui couvre la contestation en Iran à distance.
34:21En plateau aujourd'hui, une carte interactive recense les morts depuis le début de la Révolution.
34:27Un travail minutieux construit à partir de milliers de vidéos et messages envoyés chaque jour depuis l'Iran,
34:34puis vérifiés par la rédaction.
34:36Lorsque nous recevons toute l'histoire, nous enregistrons le nom sur la carte.
34:41Par exemple, elle avait 14 ans. Elle venait de Kermansha.
34:45La chaîne est qualifiée d'organisation terroriste par le régime iranien
34:48et le climat de pression est constant.
34:50Même à Londres, les menaces sont quotidiennes.
34:53Je reçois souvent des messages sur mon téléphone ou sur Instagram.
34:57On m'écrit « On va te tuer à Londres. On sait où tu es. On te suit. »
35:02Arrête et démissionne d'Iran International.
35:08– Réane Fala est l'une des figures phares de la chaîne.
35:12Elle a dû couper les ponts avec sa famille.
35:14Parfois, j'ai l'impression que je n'y arriverai plus.
35:16C'est difficile. Nous ne faisons pas que présenter les informations.
35:19Nous vivons avec ces événements.
35:21Près de 500 journalistes et techniciens travaillent ici.
35:24Et chaque jour, ils trient, vérifient et authentifient des centaines de témoignages d'Iran.
35:29Selon le porte-parole de la chaîne, ces images sont parfois envoyées au péril de la vie des Iraniens.
35:35– La coupure d'Internet n'a pas coupé l'information.
35:37On est passé de 12 000 messages par jour à 400.
35:40Il y avait des connexions intermittentes, des vidéos envoyées via Starlink ou sorties du pays,
35:44puis transmises ici.
35:45– La chaîne affirme être indépendante, financée par un investisseur britannico-saoudien
35:50et suivie par près de 50 millions de personnes chaque semaine en Iran.
35:55– Merci Laura Calmus pour ce reportage passionnant.
35:59Donc Laura Calmus, la correspondante de BFM TV à Londres, Didier François.
36:03À partir de maintenant, on peut se dire que tout peut arriver,
36:06que ces frappes peuvent intervenir à n'importe quel moment ?
36:08– Oui, en fait, pour faire simple, c'est ça.
36:09Maintenant, aujourd'hui, le dispositif militaire américain, il est quasiment complet.
36:14Et il peut durer.
36:15Donc voilà, ça peut partir n'importe quand, c'est une décision politique.
36:19Après, c'est le président qui décide ce qu'il veut faire
36:21en fonction des objectifs qu'il va fixer aux militaires.
36:24Mais aujourd'hui, à ce stade, ce soir, là maintenant, à partir de minuit,
36:28je pense que militairement, ils sont capables de partir quand ils veulent.
36:31– Thierry, ça pourrait intervenir avant le discours sur l'État de l'Union, selon vous ?
36:35– Oui, si on lui présente un scénario, s'il adhère à un scénario
36:38qui lui permet de grandvendiquer une victoire rapide.
36:40– Il veut « when » Donald Trump, s'il entrevoit la possibilité
36:45d'obtenir quelque chose de décisif en l'espace de quelques heures
36:48ou peut-être même quelques jours à ce moment-là,
36:51effectivement, la probabilité qu'il appuie sur le bouton,
36:53qu'il donne le go, comme dit les militaires, est très élevé.
36:56– Merci à tous les quatre.
36:58— A hepinizi appuie sur le bouton.
36:58– Sous-titrage Société Radio-Canada
36:58–
36:58–
36:58–
36:58C'est parti !
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