- il y a 6 heures
Chaque soir, Julie Hammett vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00libanaises, avec
00:02des députés, des ministres.
00:04Et donc, la seule solution,
00:06en fait, c'est pour ça qu'on a parlé
00:07d'une forme de suicide du Hezbollah,
00:10qui pourrait être la mort du Liban
00:12d'une certaine manière, ou en tout cas le retour à la guerre civile,
00:13c'est que la seule façon
00:15pour le Hezbollah de subsister, ça serait
00:17de devenir un mouvement politique comme les autres.
00:19Mais sans la capacité armée
00:22de terreur, de viser
00:24Israël. Et ça, c'est le grand enjeu.
00:26C'est est-ce que ce mouvement va se
00:28transformer ou en sera incapables
00:30et donc sera l'objet d'une bataille
00:32permanente, d'une guerre permanente avec Israël.
00:34Il est minuit sur BFMTV.
00:36Bonsoir et bienvenue. Si vous nous rejoignez,
00:38on reste ensemble et en direct avec
00:39ce coup de théâtre, donc, au 24ème
00:42jour de la guerre au Moyen-Orient. Donald Trump
00:43qui change de ton.
00:45Il évoque maintenant des négociations avec l'Iran.
00:48Il évoque
00:49également un potentiel sommet
00:52au Pakistan, à Islamabad
00:53à la fin de la semaine. Et il annonce
00:55reporter son ultimatum de 5 jours.
00:57On écoute le président américain.
01:02Il y a eu des pourparlers
01:04avec l'Iran ces deux derniers jours.
01:06Et j'ai demandé que les frappes
01:08contre l'Iran soient reportées
01:09temporairement, notamment les frappes
01:12contre les centrales électriques.
01:15Ces centrales électriques
01:16auraient pu être détruites
01:17avec seulement un seul de domicile,
01:20bien que leur construction ait coûté
01:21des milliards de dollars. Pour déterminer
01:24si un accord plus large pouvait être conclu,
01:26nous avons eu des discussions qui ont été
01:28excellentes. Il faut bien le comprendre.
01:32Antoine Hollard, vous êtes notre correspondant
01:33à Washington. Le changement ton, là,
01:35Donald Trump, il est spectaculaire.
01:40Absolument. Et Donald Trump,
01:42aujourd'hui, à chaque fois qu'il a pris la parole,
01:43s'est montré extrêmement optimiste
01:45sur l'issue de ces discussions.
01:47il explique que les choses
01:50avancent vite et que
01:51un accord est en bonne voie.
01:54Selon lui, il y a déjà 15 points
01:55sur lesquels l'Iran et les Etats-Unis
01:58se seraient mis d'accord. Et notamment
02:00la question du nucléaire, même si Donald Trump
02:02ne donne aucune précision
02:03ou aucun détail à ce sujet.
02:06Donald Trump qui dit qu'il se donne
02:08jusqu'à vendredi pour trouver
02:10pour conclure un deal avec les Iraniens.
02:12Mais il laisse entendre que les choses
02:14pourraient aller eux-mêmes encore plus vite.
02:15Il a mandaté, en tout cas, ses deux hommes
02:17de confiance pour mener les discussions
02:19côté américain. Steve Witkoff
02:21et Jared Kushner. Ce sont les deux
02:23émissaires qui ont déjà négocié la paix
02:25à Gaza, qui discutent aussi avec Poutine
02:27sur l'Ukraine. Donald Trump leur fait
02:29une confiance absolue. Quel est leur
02:31interlocuteur ? Ça reste encore
02:32une interrogation. Certains évoquent
02:35le président du Parlement iranien.
02:37Donald Trump n'a pas confirmé cette
02:38information. Il évoque simplement un très
02:40haut dirigeant iranien, quelqu'un de très
02:42respecté, dit-il. Alors la question
02:44qui se pose désormais, c'est de savoir si
02:45Donald Trump est vraiment sincère et si
02:47les choses avancent aussi bien qu'il le
02:49dit. Ou alors, est-ce que Donald Trump
02:51bluffe ? D'une part, pour rassurer les
02:53marchés, pour faire baisser les prix du
02:55pétrole. De ce point de vue-là, ça a
02:56marché. Dès ses premières déclarations
02:58sur les négociations, le prix du baril
03:00de pétrole s'est effondré. Et puis,
03:03l'autre hypothèse, c'est que Donald Trump
03:05fait tout cela pour brouiller les cartes
03:08et finalement pour frapper ensuite à nouveau
03:11l'Iran de façon plus forte encore. Il faut
03:14bien voir que sur le terrain, il y a des
03:16unités de Marines qui sont en route. La
03:18première unité va arriver justement
03:20vendredi à la fin de ce nouvel ultimatum
03:22de Donald Trump. Des soldats qui pourraient
03:25être utilisés pour prendre le contrôle de
03:27l'île de Kark. C'est en tout cas l'un des
03:28scénarios qui avait été envisagé. Ce qui est
03:30clair en tout cas, c'est que le Pentagone
03:32n'a pas ordonné à ses Marines de faire
03:34demi-tour malgré l'ouverture de ces
03:36négociations et le fait que selon Donald
03:38Trump, elle se déroule bien. Merci beaucoup
03:40Antoine Hollard depuis Washington. C'est la
03:42grande question, Ulysse Gosset. Est-il
03:44sincère Donald Trump quand il dit qu'il est
03:48pour des négociations et qu'il y a
03:50potentiellement une voie de sortie ? Trump, il a
03:53des intérêts à défendre et l'Amérique
03:54d'abord et donc il veut que l'Amérique,
03:57grande puissance impériale, dispose dans la
04:01région de capacités pétrolières qui
04:03correspondent à ses ambitions. C'est-à-dire
04:06en particulier le pétrole iranien. De la
04:09même manière qu'il a cette volonté d'être
04:11l'empereur des Amériques et de contrôler
04:13le pétrole du Venezuela et de mettre la main
04:17sur Cuba pour transformer le régime et en
04:19faire un allié de l'Amérique et pas un
04:21ennemi de l'Amérique. Donc en Iran, il est
04:24clair que l'objectif numéro un de Trump,
04:26c'est le pétrole. C'est bien entendu la
04:29destruction nucléaire parce que ça fait
04:30partie du deal mais l'objectif c'est de
04:33pouvoir bénéficier des capacités pétrolières
04:35iraniennes et éventuellement d'empêcher la
04:37Chine d'en profiter. Donc c'est là où on
04:39rejoint le contexte global de cette guerre
04:41des empires à laquelle nous assistons avec
04:43l'empire chinois, l'empire américain et
04:46l'empire russe en difficulté mais qui quand
04:47même grignote en Europe avec l'Ukraine et
04:50peut-être ailleurs. Donc dans cette zone-là
04:52du Proche-Orient, il y a une relation
04:54stratégique avec Israël qui est je pense
04:58durable et en tout cas même s'il y a
05:00beaucoup de critiques.
05:01Durable mais tout à fait sur la même ligne et on
05:03entendra dans un instant.
05:04Non mais objectif sur la guerre en Iran il
05:05peut y avoir des divergences mais la relation
05:07Israël-Amérique elle est durable, elle est
05:10essentielle. Mais pour Trump ça serait la
05:13victoire avec la capacité de contrôler les
05:17exportations, le détroit d'Ormuz et donc
05:20finalement renforcer la puissance en matière
05:23énergétique de l'Amérique. C'est ça qui compte.
05:26Ensuite il y a la sincérité dont vous parlez.
05:29Non je pense qu'il est pragmatique. Si c'est
05:33bon pour lui, pour sa politique et pour le
05:35pays, il va le faire. Si c'est pas bon il ne le
05:37fera pas.
05:37Et pourquoi Ulrich Bouna ce changement
05:39tombe maintenant ?
05:41Je pense qu'il y a plusieurs raisons. Il y a
05:43déjà le fait que l'objectif initial, un
05:46éventuel changement de régime, je pense que
05:47les Américains m'ont pris conscience que ce
05:48serait extrêmement compliqué, extrêmement
05:50coûteux s'il fallait le faire et qu'il faudrait
05:51aller sur le terrain et que visiblement ça ne se
05:53fera pas. Donc il revoit ces objectifs
05:55à la baisse en fonction aussi de la
05:58résistance iranienne. Et deuxième point c'est
06:00que cette tentative, en tout cas cette
06:02menace d'escalade a fait l'objet d'une
06:04menace d'escalade en parallèle. On en
06:05parlait tout à l'heure avec sur les
06:06centrales de désalinisation, enfin les
06:08régimes de désalinisation, les centrales
06:10électriques. Larry Jani juste avant de
06:12mourir disait qu'ils allaient plonger
06:13le Moyen-Orient dans le noir si jamais
06:15les installations électriques iraniennes
06:17étaient frappées. Donc finalement Donald
06:19Trump a vu que sa tentative, sa menace
06:21d'escalade ne fonctionnait pas. Donc
06:23effectivement il a préféré plutôt que de
06:24devoir se déjuger en disant au bout de
06:2648 heures qu'il ne faisait pas,
06:28finalement il ne mettait pas son
06:30ultimatum à exécution. Il a préféré
06:32prendre le chemin des négociations et
06:34après c'est aussi le style de négociation
06:36de Donald Trump. Donald Trump adore
06:37négocier avec un pistolet sur la
06:38tombe de son adversaire. Donc il va
06:40tenter ça et c'est aussi la raison pour
06:42laquelle ces négociations, si elles se
06:44déroulent vraiment au Pakistan, se
06:46déroulent en même temps que l'arrivée
06:47de groupes de Marines dans la région.
06:482 200 marines qui arriveront au même
06:50moment, ce qui peut donner l'impression
06:52d'un message un petit peu contradictoire.
06:56Oui mais attention, sur ces 2 200 marines
06:58en fait, ce n'est pas 2 200 qui vont
07:00pouvoir débarquer, c'est à peu près
07:02800 par groupe amphibie. Et donc en fait
07:05c'est deux fois 800 si vous voulez. Et puis
07:07après vous avez cette 82e Airborne, ça c'est
07:093000. Mais ce n'est pas une masse suffisante
07:11si vous voulez pour les béreurs mousses
07:12par exemple. Les américains n'ont plus
07:14assez de masse comme ils avaient il y a 20 ans
07:16pour pouvoir faire ce qu'ils veulent
07:17dans la région. Et donc oui effectivement
07:19Ulrich Bounin a raison, Trump a un pistolet
07:22sur la tempe des Iraniens, mais les
07:23Iraniens aussi ont un pistolet sur la
07:24tempe des Américains qui est Hormuz en
07:26fait. C'est un affront à la puissance
07:28américaine. Ça veut dire que les
07:29Américains ne sont pas capables de
07:31protéger une des quatre régions les
07:33plus importantes du monde. Et d'ailleurs
07:35le détroit d'Hormuz, je le rappelle, par
07:37où transit 20% des hydrocarbures
07:39mondiaux. Et vous aurez noté d'ailleurs
07:41que maintenant les médiateurs, ça n'est
07:42plus le Qatar, les Émirats ou alors
07:45Bahreïn, c'est Turquie, Égypte et
07:47Pakistan. On a le retour des pôles
07:49régionaux du Moyen-Orient contre les
07:51petits pays qui maintenant sont en train
07:53de subir les coups des Iraniens. Vous
07:55voyez ? Donc là on a quelque chose de
07:56très nouveau parce que moi depuis 20 ans
07:58que je me promène dans le Moyen-Orient,
07:59c'est toujours la diplomatie qatarie, la
08:01diplomatie merdée. Là c'est terminé.
08:03Là maintenant vous avez le retour des
08:05Pakistan, Arabie Saoudite, Égypte,
08:07Turquie. Ce n'est pas un hasard. C'est
08:08parce qu'il y a une perte d'influence de
08:10ces pétromonarchies à la faveur des
08:13grands pays orientaux traditionnels.
08:15Meryem Améla vient de nous rejoindre,
08:16journaliste spécialiste Afrique
08:17Moyen-Orient sur France 24. Bonsoir.
08:19Bonsoir. Moi je voulais juste réagir sur
08:22la faiblesse des pays du Golfe. Je pense
08:23qu'ils sont quand même derrière la
08:24manœuvre. Il ne faut pas oublier que la
08:25Turquie, c'est un grand allié du Qatar et
08:28que le Pakistan c'est un allié de l'Arabie
08:30Saoudite. On parle de ces deux pays. On
08:32parle aussi de l'Égypte qui est un pays
08:35très important dans le monde arabe. C'est
08:36là-bas où se situe le siège de la
08:38Ligue arabe. C'est un pays qui a aussi
08:39beaucoup d'intérêt dans la région. C'est
08:41vrai que peut-être que les pays du Golfe
08:43ayant subi la guerre sur leur territoire
08:45ne veulent pas s'afficher, ne peuvent
08:46pas être jugés partis. Mais qu'il y a
08:47quand même derrière, je pense, ce qui
08:49explique aussi leur prise de position
08:52depuis le début. Ils n'attaqueront pas
08:54mais ils se réservent le droit de
08:56riposter, rester en dehors mais en même
08:58temps un pied dedans. Je pense qu'ils sont
08:59quand même, même si ces pays reprennent
09:03toute la place qu'ils ont dans la région,
09:07la Turquie et le Pakistan ont aussi des
09:09relations très complexes avec l'Iran. Ce
09:12sont deux pays qui n'ont pas intérêt à
09:14avoir un régime de la République
09:16islamique fort et en même temps pas
09:17vraiment une chute du régime parce que
09:19le chaos serait très très compliqué pour
09:21eux. La Turquie a très peur des Kurdes
09:24et de la solution kurde. C'est une ligne
09:25rouge. Je vous rappelle quand même
09:27que pendant la guerre en Syrie en
09:312020, lorsque l'État islamique a
09:33attaqué la région kurde de Syrie, que
09:37Erdogan a bombardé les Yépégués, les
09:39combattants kurdes et pas l'État
09:40islamique. Donc il les considère comme
09:42plus dangereux que les terroristes et
09:43l'État islamique. Pour le Pakistan, c'est
09:45pareil. Il y a le Balouchistan, il y a des
09:48tensions régulières. En 2024, il y avait
09:49la dernière, les dernières tensions
09:52entre les deux pays. C'est quand même
09:54des pays qui ont...
09:56Oui, mais intéressant quand même l'idée
09:58aussi, et je sais que vous y ajoutez un
09:59mot là-dessus, vous qui avez passé du temps
10:00aussi dans la zone tout récemment,
10:02cet aveu d'impuissance aussi des États-Unis
10:04qui peut-être, parce qu'ils se rendent
10:05compte que débloquer le détroit d'Hermouz
10:07est l'ultimatum qu'ils ont fixé, ils
10:09ne vont pas pouvoir le tenir, préfèrent
10:10prendre une autre voie de sortie, c'est-à-dire
10:12celle des négociations. Vous souhaitez
10:13ajouter une information ?
10:14Ce qui est sûr, c'est que le temps joue
10:16contre Donald Trump sur cette question
10:17du détroit d'Hermouz. On a d'ailleurs
10:20fait une carte, vous allez la voir, on a
10:21fait une carte qui montre en fait
10:23toute la tension et l'importance
10:25énergétique qu'il y a autour du Qatar.
10:28Le Qatar, le gaz qatari est obligatoirement,
10:33doit obligatoirement passer par ce détroit
10:35d'Hermouz, alors que les Émirats
10:37arabes unis ont ce qu'on appelle une
10:39espèce de voie de passage par l'est
10:41des Émirats arabes unis et contournent
10:43quelque part le détroit d'Hermouz. Le Qatar
10:45et le gaz naturel liquéfié du Qatar qui
10:48stabilise les marchés, c'est très important
10:50de le dire, ce gisement gazier, à partir
10:53du moment où il est impacté, et on n'a pas
10:55regardez cette carte, le Qatar, le gaz
10:58du Qatar, le passage par le détroit d'Hermouz
11:00est obligatoire. Pour les Émirats arabes unis
11:02qui stabilisent également le marché sur la
11:04question du pétrole, ils peuvent, ils ont
11:06une voie de sortie par le port de Foujaïra.
11:08Et d'ailleurs, les Iraniens savent très bien,
11:10c'est pour ça qu'ils ont bombardé ce port
11:12à plusieurs reprises ces derniers jours.
11:14Mais vraiment, j'insiste sur
11:16l'aspect qataris et l'aspect
11:18gazier et l'importance qu'ont
11:20ces installations. Et c'est pourquoi
11:22d'ailleurs, Donald Trump et l'administration
11:25américaine est mis sous pression par les
11:28États du Golfe qui le sommes finalement
11:30d'agir et quelque part de trouver une
11:32solution. Mais cette solution, il ne l'a pas.
11:34Et que là, on parle de cet engrenage
11:36qui est lancé et personne ne sait
11:39véritablement comment est-ce que cela va
11:40pouvoir finir.
11:41Avec peut-être donc ces négociations
11:42à Islamabad à la fin de la semaine.
11:45Une image à vous montrer.
11:47l'image de la ville de Haïfa en Israël
11:51à un bâtiment. Visiblement, a été touché
11:55par des frappes.
11:58Un bâtiment éventré à Haïfa.
12:01Ce qui dit aussi quelque chose.
12:05Mathieu Gadiri, je rappelle que vous êtes
12:07ex-agent du Mossad. Vous avez été infiltré ?
12:09Non.
12:10Non, pas ex-agent du Mossad.
12:11Non, j'ai été agent de l'infiltration
12:13pour le compte du contre-espionnage
12:15français.
12:16Ah, pour le compte du contre-espionnage
12:18français, pardonnez-moi. Mais ça dit
12:20quelque chose quand même de la... Vous
12:21qui avez été infiltré en Iran, ça dit
12:24quand même quelque chose de la puissance,
12:25de la riposte iranienne.
12:29Vous savez, en fait, les pays du Golfe,
12:35ils payent le prix de leur double jeu.
12:39C'est-à-dire, pendant des années,
12:41ils ont eu des relations un petit peu
12:43ambiguës avec la République islamique.
12:45J'entends dire que la République islamique,
12:47en fait, c'est les gardiens de la Révolution.
12:49Ils disent, après moi, la déluge.
12:51Si je coule, tout le monde coule avec moi.
12:56Donc, ce qui fait que, par exemple,
12:58quand on regarde, on voit que
13:01les gardiens de la Révolution,
13:05ils ont des centaines de milliards de dollars
13:08sur les comptes aux Émirats.
13:11Ils ont investi dans l'immobilier.
13:14Donc, avec eux, ils ont eu des relations.
13:18Je t'aime, moi non plus.
13:20Par exemple, ils ont fermé les yeux
13:22sur les activités des services de renseignement
13:25de la République islamique,
13:27c'est-à-dire la force, surtout la force Al-Rotz,
13:30qui est le bras extérieur des gardiens
13:33de la Révolution, notamment à Dubaï.
13:37À Dubaï, il y a la zone franche Djebel Ali.
13:43Les gardiens de la Révolution,
13:45ils ont créé des sociétés là-bas
13:51avec l'aide du Hezbollah libanais.
13:56Et, comme j'ai dit tout à l'heure,
13:58c'est une organisation mafieuse.
13:59Donc, ils ont, dans leurs activités criminelles,
14:04ils ont même utilisé les proxys
14:07qu'ils ont créés, formés, financés.
14:12Par exemple, en 2004, nous avons eu un renseignement
14:16comme quoi il y avait des conteneurs
14:20qui arrivaient du Venezuela, du Brésil,
14:23de la Bolivie, contenant de la cocaïne.
14:28À Djebel Ali, il y avait une société libanaise
14:32qui avait été créée par les Iraniens et le Hezbollah.
14:36Ils disaient, ah, c'est une erreur.
14:38Ce conteneur, ce n'est pas pour nous,
14:40ce n'est pas pour Dubaï,
14:42c'est pour Beyrouth.
14:44Donc, ils changeaient les papiers
14:46et les conteneurs repartaient de Dubaï
14:50pour Beyrouth.
14:52Et le port de Beyrouth était géré par le Hezbollah.
14:55Donc, la marchandise arrivait là-bas,
14:57la cocaïne,
14:58et à partir de là, Hezbollah distribuait
15:01partout en Europe, en Afrique.
15:05Ou, par exemple,
15:07quand je dis, ils ont batifolé
15:09avec les services de renseignement iraniens
15:11il y a quatre ans,
15:15à Abu Dhabi,
15:17les gardiens de la révolution,
15:18ils ont enlevé
15:20un opposant iranien
15:23qui avait la nationalité allemande
15:26et qui résidait aux États-Unis.
15:27Il est arrivé pour ses affaires
15:31commerciales à Abu Dhabi
15:32et les Iraniens,
15:33ils l'ont enlevé à Abu Dhabi.
15:36Ils l'ont amené en Iran.
15:38Il a été jugé et après prendu l'année dernière.
15:41Donc, ce double jeu,
15:44à un moment donné,
15:44maintenant, il se rend compte
15:45que ça ne sera plus comme avant.
15:48L'Iran, qui selon Donald Trump,
15:51souhaite la fin de la guerre,
15:52veut la paix,
15:53il n'aurait même plus l'arme nucléaire
15:55ou de quoi la fabriquer.
15:56On écoute Donald Trump à nouveau aujourd'hui.
16:00Les discussions sont excellentes.
16:03Elles sont en bonne voie.
16:05Elles se sont déroulées hier soir
16:07et avant-hier soir également.
16:10Et je pense que c'est en bonne voie.
16:15Ils veulent la paix.
16:16De toute façon,
16:17ils ne peuvent plus avoir l'arme nucléaire maintenant.
16:18Donc, on verra bien comment ça se termine.
16:21Voilà.
16:21Ils veulent la paix.
16:22Et ils n'ont plus l'arme nucléaire.
16:24Réponse de la télévision iranienne
16:26qui dément toute négociation,
16:28toute discussion avec les États-Unis.
16:30On les écoute.
16:32Le président américain a affirmé
16:35que des discussions avaient eu lieu
16:36entre Téhéran et Washington
16:38et a relayé cette information.
16:41J'ai tenté d'obtenir des renseignements
16:43à ce sujet auprès de sources bien informées
16:46au sein des plus hautes autorités.
16:47Et nous les avons diffusées sur les réseaux sociaux.
16:52Ces sources ont déclaré qu'aucune discussion
16:55n'avait eu lieu entre l'Iran et les États-Unis.
16:57Les affirmations de Trump
16:59concernant ces conversations
17:00sont donc mensongères.
17:04Qui croire, Ulysse Gosset ?
17:08Moi, je suis comme Saint-Thomas.
17:09J'attends de voir si la négociation a lieu.
17:11Mais il est clair qu'il y a, en ce moment,
17:15de façon assez discrète,
17:17mais quand même, on le voit,
17:18ça a été révélé ce matin par Donald Trump,
17:20confirmé par le Premier ministre britannique,
17:23par les Égyptiens, les Turcs,
17:25il y a quelque chose qui est en train de se passer.
17:27Et d'ailleurs, le président iranien
17:29a discuté avec le Premier ministre du Pakistan.
17:31Donc, il y a, en ce moment,
17:33un début de négociation
17:34pour mettre en place la rencontre de samedi,
17:36si elle a lieu,
17:36avec d'un côté, donc,
17:38le vice-président américain,
17:40si les Iraniens obtiennent ce qu'ils souhaitent,
17:43Jared Kushner, le gendre du président,
17:45et l'envoyé spécial de Trump,
17:49Steve Whitcoff.
17:49Donc, le trio américain face à des Iraniens
17:53qui pourraient être le président du Parlement,
17:55qui auraient fait le voyage d'Islamabad
17:57de façon discrète,
17:58c'est ce qui se dit,
17:59mais ça n'a pas été confirmé,
18:00et puis, un ou deux négociateurs.
18:02Les Iraniens sont prêts à négocier n'importe quand,
18:05puisqu'ils l'ont fait depuis déjà,
18:06maintenant, plus de dix ans.
18:07Donc, l'enjeu, c'est d'abord de confirmer
18:09que la négociation aura bien lieu,
18:11et surtout, quels seront les termes
18:12d'un possible accord.
18:14Trump parle d'un accord en quinze points.
18:17Qu'est-ce que les Iraniens sont prêts à concéder ?
18:19Qu'est-ce que Trump est prêt à concéder ?
18:21Ce que Trump veut, c'est, finalement,
18:23le déblocage d'Hormuz,
18:24et la garantie que l'Iran n'aura plus l'arme nucléaire.
18:27Mais, justement, alors, j'allais dire,
18:29est-ce que, réellement, les Iraniens vont accepter
18:34de signer cet accord en quinze points,
18:36qui dit, notamment, qu'il ne faut pas
18:37qu'ils aient l'arme nucléaire ?
18:39En fait, j'ai envie de dire que ça rappelle un peu
18:41l'accord de 2015, au final.
18:43À l'époque, en 2015, les Iraniens avaient accepté,
18:45alors, les conditions étaient très différentes,
18:47il n'y avait pas eu de guerre,
18:48mais les Iraniens avaient accepté, en quelque sorte,
18:50qu'il y ait une limite d'enrichissement à peu près à 3%,
18:53que le stock d'uranium qui était enrichi au-delà
18:55soit transféré aux Russes pour dilution.
18:57Donc, en fait, sur le principe,
18:59ce n'est pas complètement aberrant de la part des Iraniens.
19:01On peut imaginer ça.
19:02Même si le régime a cette capacité d'escalade,
19:05il prend quand même des coûts assez sévères militairement.
19:07Donc, on ne peut pas non plus tenir comme ça
19:09des mois et des mois.
19:10Et pour le coup, ils sont, paradoxalement,
19:13peut-être un peu aussi en position de force.
19:14Donc, pourquoi pas négocier un accord
19:15qui ne serait peut-être pas complètement défavorable aux Iraniens.
19:17Après, il est très clair que ce sera extrêmement compliqué.
19:20Ça a été compliqué en 2015.
19:22Ça le sera encore plus maintenant.
19:24Les Iraniens, c'est aussi la raison pour laquelle
19:26ils font de l'escalade.
19:27C'est pour faire...
19:27En fait, on prépare la négociation.
19:29Lorsqu'on menace de frapper les usines de désalinisation,
19:31lorsqu'on menace de miner le détroit de la mousse.
19:33Ça, c'est une préparation aux négociations.
19:34Bien sûr, c'est une façon pour les Iraniens de dire
19:36qu'on n'arrivera pas en position de faiblesse
19:37à la table des négociations.
19:39Et donc, effectivement, Donald Trump,
19:40si on s'en tient à ce qu'il a dit,
19:42le zéro, donc pas d'enrichissement,
19:45potentiellement, bien évidemment, pas de brouilles atomiques,
19:47moins de missiles, mais potentiellement pas...
19:49Enfin, peut-être un certain nombre de missiles pour les Iraniens.
19:51Donc, on voit bien quand même qu'il y a déjà
19:53un certain nombre de concessions qui sont faites,
19:54si on se rappelle du discours inaugural de Donald Trump
19:56par rapport à cette opération.
19:57Et pourquoi est-ce que l'Iran démentirait alors ?
20:00Pourquoi est-ce que les autorités iraniennes disent
20:01non, non, non, il n'y a absolument pas de discussion
20:03avec les États-Unis actuellement,
20:05si visiblement c'est en cours ?
20:07Non, parce que la position de base de l'Iran,
20:10c'est nous sommes en guerre et nous ne cèderons jamais.
20:12Il n'est pas question de capituler.
20:13Donc, ils veulent arriver à la négociation,
20:15si elle a lieu, avec une exigence très forte
20:18qui sera forcément diminuée au cours de la négociation.
20:22Vous savez, ça me rappelle le plan sur l'Ukraine
20:24où il y avait soi-disant un plan en 20 points des Américains
20:28et la guerre continue et on n'a jamais vu, finalement,
20:30la finalisation de ce plan.
20:32Là, il y a une certaine urgence parce que,
20:34contrairement à l'Ukraine, ce qui se passe dans le Golfe,
20:37ça a une répercussion globale, partout,
20:40même chez nous en France, à la pompe.
20:41Et ça, Trump, je pense, n'avait pas anticipé.
20:44Et c'est curieux parce qu'en fait, si on regarde l'histoire,
20:47on se souvient qu'en 1980,
20:49à l'époque de la première guerre du Golfe,
20:52il y avait déjà eu un conflit autour du Troyes d'Hormuz
20:54et il y avait déjà eu un blocage d'Hormuz
20:56et les Américains avaient envoyé des bateaux de guerre
20:58pour protéger les pétroliers qui passaient le détroit.
21:01Et qu'est-ce qui s'est passé ?
21:02Il y a eu deux bateaux de guerre américains
21:03qui ont été ciblés gravement
21:06et il y a eu même 37 marins américains qui ont été tués.
21:08Donc, ils devraient se souvenir de ça.
21:10Mais visiblement, Trump n'a pas la réflexion suffisante
21:13pour voir quel est le danger.
21:15Donc, il a été surpris par la réaction des Iraniens.
21:18Les Iraniens, eux, contrairement à Trump,
21:20étaient préparés depuis juin dernier,
21:22depuis juin 2025.
21:23Ils se préparaient à une nouvelle guerre
21:25et ils avaient organisé non seulement les défenses du pays,
21:28mais aussi l'organisation du régime
21:30en fonction de l'élimination
21:32à laquelle ils s'attendaient des principaux acteurs du pays.
21:35Et donc, après la première décapitation du régime,
21:38ils étaient prêts à envoyer une deuxième ligne de dirigeants
21:42et ainsi de suite.
21:43Vous savez, on parle de cette stratégie dite de la mosaïque en Iran,
21:49c'est-à-dire la capacité,
21:50non pas d'avoir un pouvoir central qui décide de tout,
21:53mais finalement d'avoir une mosaïque
21:55qui est représentée par des petits centres du pouvoir
21:58qui ensemble forment l'Iran,
22:00mais qui est en fait très décentralisée
22:02avec une capacité d'autonomie et de réaction
22:04sans avoir besoin d'avoir un contact direct avec le centre.
22:08Et cette stratégie de la mosaïque
22:10ou bien de la défense douce,
22:12c'est le terme utilisé par les experts
22:14qui connaissent bien l'Iran,
22:15elle marche et elle a réussi jusqu'à présent
22:18à empêcher l'écroulement complet du régime.
22:20Oui, parce que c'est vrai qu'on le voit,
22:22Ali Ramenei éliminé dès le premier jour,
22:25mais finalement derrière son fils qui prend la relève,
22:30Larry Jani qui derrière devient l'homme fort
22:32qui est éliminé,
22:33et puis là il y a un nouvel homme fort qui apparaît
22:35qui est le président du Parlement iranien.
22:38Il a réagi d'ailleurs aujourd'hui,
22:39le président du Parlement iranien.
22:41Aucune négociation n'a eu lieu avec les Etats-Unis,
22:43les fausses nouvelles servent à manipuler
22:44les marchés financiers et pétroliers
22:46et à fuir le bourbier dans lequel les Etats-Unis et Israël
22:49sont piégés.
22:50Mais en réalité, il y aurait bien des discussions en cours
22:54et j'aimerais qu'on s'arrête un instant sur cet homme,
22:57Galibaf, donc le président du Parlement iranien.
22:59Et vous le disiez, Mathieu Gadiri,
23:04c'est cet homme-là, qu'on voit là sur la gauche de l'écran,
23:07qui est clé, qui est peut-être l'homme le plus puissant
23:09en Iran en ce moment.
23:12Oui, il représente les gardiens de la révolution.
23:17Je suis tout à fait d'accord avec vous,
23:18votre analyse était très juste,
23:20sauf que Galibaf, il aura un problème.
23:24majeur, c'est qu'il n'a pas eu le temps
23:27de préparer l'opinion publique en Iran,
23:31c'est-à-dire leur base.
23:33C'est la raison pour laquelle, pour la première fois,
23:35immédiatement, ils ont réagi à la télévision iranienne
23:39en disant qu'il n'y a pas de discussion,
23:41il n'y a pas de négociation.
23:42Ils sont en train de préparer.
23:44Ils ne peuvent pas, du jour au lendemain,
23:48partir au Pakistan,
23:50bien qu'il y a une chaîne iranienne basée à Londres
23:55qui a annoncé, qui a souvent de très bonnes informations,
23:59qui a annoncé que l'Arabie saoudite a demandé
24:02l'autorisation du vol de l'avion de Galibaf au Pakistan.
24:06Donc, son problème...
24:08Moi, je pense qu'ils sont dans une situation d'urgence
24:13et ils vont signer n'importe quoi.
24:16Même si Donald Trump leur propose 20 points,
24:19ils vont accepter.
24:20Parce qu'ils ont peur,
24:21ils savent que c'est la fin.
24:24Mais le problème, c'est comment expliquer...
24:28Ça veut dire quoi, pardon ?
24:28Ils savent que c'est la fin.
24:29Ils savent qu'ils ne pourront pas aller beaucoup plus loin,
24:32que sinon le régime serait trop affaibli ?
24:34Oui, parce que ce régime, pratiquement, est à genoux.
24:40Donc, 24 jours de bombardement.
24:43Donc, à genoux, mais quand même, ils résistent.
24:46Oui, oui.
24:47Et ils tirent des missiles sur Israël et sur l'Arabie saoudite.
24:50Vous savez pourquoi ?
24:50Parce que cette guerre est complètement différente
24:51de toutes les guerres qu'on a vues.
24:54Comme je l'ai dit, il n'y a pas de guerre propre.
24:55Mais les Iraniens, ils savent très bien
24:58qu'aussi bien pendant la guerre de 12 jours le mois de juin
25:03et maintenant,
25:05les Israéliens, ils frappent.
25:07Ils ne frappent pas la population.
25:09Ils ne bombardent pas les villes à l'aveugle.
25:12C'est-à-dire, ils frappent les centres militaires,
25:16les centres des pastarans, des miliciens.
25:19Donc, les Iraniens, ils savent que si une maison a été touchée,
25:22c'est parce qu'il y avait un homme-clé du régime.
25:26Tout à l'heure, vous avez dit,
25:27est-ce que les Israéliens sont capables de continuer sur le terrain ?
25:31Oui.
25:32Pour la simple raison que, d'abord,
25:34il y a leurs agents sur le terrain,
25:36qui sont très actifs.
25:37Deuxièmement, ils ont le soutien
25:39et la collaboration indirecte de la population.
25:44C'est-à-dire, souvent, c'est des Iraniens...
25:45Mais à votre avis, on parle de combien d'agents du Mossad en Iran ?
25:47Pardon ?
25:47On parle de combien d'agents du Mossad en Iran ?
25:49Une estimation ?
25:50Je ne sais pas, mais on dirait plusieurs centaines.
25:55Et qui bénéficient de la collaboration d'une partie de la population ?
25:58À la fois des agents,
25:59et puis même des Iraniens qui collaborent avec eux.
26:02Vous voyez ?
26:03Donc, on les appelle des contractuels.
26:05Donc, ça, les Iraniens,
26:10enfin, les gardiens de la révolution,
26:12de la République islamique, le sait.
26:13Il sait qu'il ne peut pas continuer.
26:16Mais à un moment donné, il va falloir qu'on arrête.
26:19Mais il faut qu'ils sauvent la face.
26:21Il faut que ça soit une proposition américaine
26:26pour qu'ils disent,
26:27vous voyez, on a résisté, on a gagné,
26:30on va négocier.
26:31Voilà.
26:32Donc, c'est pour ça que Galiboff,
26:34il a besoin du temps.
26:35C'est intéressant,
26:36parce qu'on a l'impression que c'est le cas des deux côtés,
26:38que pour l'Iran, c'est sauver la face
26:41et essayer de sortir un peu dignement.
26:43Les Américains, c'est un peu pareil.
26:44Ils se retrouvent un peu bloqués, un peu surpris.
26:46Et eux aussi, ont envie de tout faire,
26:48pour trouver la porte de sortie ?
26:52Oui, ils sont exactement dans le même cas.
26:54La seule différence,
26:55c'est que le régime iranien joue sa survie.
26:58Et c'est pour ça que je suis tout à fait d'accord
27:00avec ce que vous avez dit.
27:01C'est que c'est un pouvoir qui,
27:04soit la guerre continue
27:05et il va finir par s'affaiblir et tomber,
27:07soit il négocie une porte de sortie.
27:09Il essaye de se régénérer sans garantie qu'il survive
27:11après ces bombardements,
27:13sachant que la population lui est hostile, etc.
27:15Donc, c'est pour ça que, oui,
27:17c'est une porte de sortie.
27:18Et je suis d'accord.
27:18Je pense qu'on veut juste sauver la face.
27:21C'est aussi la propagande iranienne
27:22depuis le début de cette guerre.
27:23On n'arrêtera pas la guerre.
27:24On va continuer.
27:25On a été agressé.
27:26On va frapper les pays du Golfe.
27:28On va frapper les alliés des Américains.
27:31Et on est dans ces éléments de langage.
27:34Donc, on ne va pas se renier.
27:35On va le faire progressivement,
27:36en disant, bon, ils insistent pour des négociations.
27:38Bon, puisque vous insistez, on va venir.
27:40Et on va finir par signer n'importe quoi.
27:43Je suis assez d'accord avec vous,
27:44parce que le régime est quand même très affaibli.
27:46Il continue parce que c'est un système,
27:48vous l'avez dit, avec plusieurs têtes.
27:50C'est un peu le Léviathan de Thomas Hobbes.
27:52C'est le monstre à plusieurs têtes.
27:53On en coupe une, il y en a une autre.
27:55Donc, on voit bien que ça permet de continuer.
27:58Ça a été conçu pour ça.
27:58Et puis, ils se sont préparés, effectivement,
28:00à cette guerre.
28:01Donc, c'est pour ça qu'on voit encore une résistance.
28:04Mais, en réalité, c'est un régime qui est très affaibli
28:07par l'extérieur et aussi par l'intérieur.
28:09Ils savent très bien.
28:10Et c'est pour ça que les Iraniens ne sortent plus, d'ailleurs.
28:12Mais c'est ce que j'allais dire.
28:12Alors, c'est une très mauvaise nouvelle pour les Iraniens, finalement.
28:15Que les États-Unis disent, bon, on veut une porte de sortie,
28:19on veut que ça s'arrête.
28:21Eux, ils vont essayer aussi de préserver le régime
28:25avec cet homme fort qui va aller négocier.
28:28Et il n'y aura pas de changement de régime derrière.
28:31La répression va se poursuivre.
28:33Elle sera même pire.
28:34Elle sera pire, effectivement.
28:37Mais depuis le départ, je pense qu'il se semble assez clair
28:39que Donald Trump, son objectif principal,
28:41ce n'était pas de sauver les Iraniens.
28:42Déjà au mois de janvier, il avait dit…
28:43Enfin, tout s'est joué, à mon sens, au mois de janvier,
28:45lors de la répression ultra-sanglante contre les manifestants.
28:49C'était probablement là qu'il aurait fallu faire quelque chose,
28:52si éventuellement il fallait faire quelque chose.
28:53Là, c'est quasiment deux…
28:54Enfin, on est à plus de deux mois plus tard.
28:56Et effectivement, c'est en quelque sorte trop tard.
28:58La répression a déjà eu lieu.
28:59Une partie de l'opposition a été assassinée dans les rues Téhérans et ailleurs.
29:03Et donc, effectivement, ça va être très compliqué.
29:05Et il est très clair que le régime a montré, à ce moment-là,
29:08qu'il était prêt à tout pour conserver le pouvoir,
29:09quitte à fusiller en masse sa population.
29:11Donc, il semble quand même relativement évident que si jamais…
29:15Et d'ailleurs, on commence à revoir des pendaisons
29:18de soi-disant espions ou d'opposants, etc.
29:20Donc, ça montre bien que le régime, effectivement,
29:22conserve quand même sa capacité d'oppression de la population
29:25qui tourne à plein régime.
29:26Et si jamais la guerre s'arrête demain ou après-demain,
29:29on voit quand même mal les Iraniens se soulever
29:30face à une machine répressive qui tourne encore.
29:32Mais ça veut dire aussi qu'il n'y a pas en Iran aujourd'hui
29:35une opposition organisée avec des mouvements clandestins,
29:39avec des partis politiques qui s'unissent pour faire face au régime.
29:44Elle est désorganisée dans le pays et on comprend pourquoi.
29:46Parce qu'il y a une répression terrible et beaucoup ont payé de leur vie.
29:49Je rappelle que la prix Nobel de la paix, elle est toujours en prison.
29:52Mais il y a aussi une incapacité à l'extérieur de l'opposition
29:55à fédérer ses forces pour être crédibles
29:58et pour pouvoir constituer une alternative au régime.
30:01Donc cette faiblesse-là profonde,
30:04elle explique aussi pourquoi le régime est capable de tenir.
30:07Et n'oublions pas aussi que même si Trump avait décidé d'agir
30:11comme il l'avait promis,
30:13il y avait un vrai risque de guerre civile en Iran.
30:16Et c'était non seulement un risque terrible pour le pays
30:20avec des milliers de morts,
30:21mais c'était aussi un risque d'explosion de l'Iran
30:24qui inquiétait beaucoup les voisins
30:26comme le Pakistan et comme la Turquie et l'Irak
30:29où se trouvent des milices pro-iraniennes.
30:31Donc c'est un pays d'une complexité absolument considérable.
30:35C'est un immense pays, une civilisation,
30:36perse, 3000 ans d'histoire.
30:38Et visiblement, Trump pensait qu'il allait refaire à Téhéran
30:42le coup qu'il avait réussi au Venezuela
30:45avec l'enlèvement du président Maduro.
30:47– Oui, il en a beaucoup parlé en disant
30:51celle qu'il a remplacée est super,
30:52c'est le bras droit de Maduro.
30:55– Mais ce sentiment de toute puissance et de réussite,
30:59hubris comme on dit,
31:00ça a certainement précipité la décision de Trump,
31:03mais le contexte était évidemment complètement différent.
31:06– La faiblesse de l'opposition iranienne, vous le disiez,
31:09et d'ailleurs c'est le régime qui organise les manifestations
31:12actuellement qu'on voit là à Téhéran.
31:14On a des images à vous montrer.
31:16des Iraniens qui, j'imagine, manifestent donc à l'appel du régime
31:21et qui scandent mort à Trump.
31:23Comment vous l'analysez, ça ?
31:25– On a 20% du pays qui est très organisé,
31:28c'est tout le souci.
31:31Ça me rappelle un petit peu ce qu'un historien français
31:34m'avait dit une fois, le roi Ladurie, sur la France,
31:36qu'au fond, la France, au Moyen-Âge,
31:38c'était 20% du pays au nord qui contrôlait le reste, en fait.
31:43Et c'est vrai que cet héritage-là français est resté,
31:45puisque maintenant c'est Paris qui est la capitale de la France.
31:48Maintenant c'est un pouvoir parisien qui est beaucoup plus doux
31:51qu'il ne l'était au Moyen-Âge,
31:52mais c'était déjà le cas dans notre propre pays
31:55avant que les choses ne se pacifient, on va dire.
31:58Mais oui, il y a ce bloc de 20%,
32:00et puis il y a aussi, je pense, une difficulté pour les Américains
32:03à revenir à Hormuz et dans le Golfe Persique, en fait.
32:05Moi je ne vois pas les Iraniens, ce régime iranien,
32:07accepter que les Américains reviennent
32:09avec des porte-avions et des destroyers, en fait.
32:12Donc la vérité, c'est que les Iraniens s'attendent
32:14à un troisième passage aérien américain bientôt,
32:18parce que les Américains doivent renverser ce régime
32:21s'ils veulent retrouver leurs mains mises dans la région,
32:25qu'ils ont en fait perdu, je suis assez d'accord.
32:27Le régime iranien est affaibli,
32:29mais aussi l'Empire américain sort aussi affaibli de cette affaire.
32:33Trump a perdu la maîtrise de son calendrier,
32:35Ulysse Gosset en a parlé, il a bien commencé l'année,
32:39Venezuela, Groenland en une certaine mesure,
32:41l'immigration, et là en fait, il perd le contrôle
32:43de son année 2026.
32:45Est-ce qu'il va réussir à récupérer la maîtrise du temps
32:47au mois d'avril ?
32:49Moi je ne crois pas.
32:51Je pense qu'il avait prévu de faire autre chose
32:53au mois d'avril, jouer au golf déjà.
32:55Vous avez le Master d'Augusta qui reprend,
32:59c'est une compétition magnifique.
33:00Vous avez aussi des opportunités dans les Caraïbes
33:03avec Cuba qui a priori vont être perdus.
33:07Et aussi peut-être le Groenland d'ailleurs.
33:09Donc il avait d'autres projets, un autre calendrier
33:11et il se retrouve embourbé dans la guerre en Europe.
33:13Le pays avait d'autres projets et le président aussi je crois.
33:16Je ne vois pas en fait comment Donald Trump
33:18peut sortir, grandir de ses négociations.
33:21Parce que si l'objectif de ces négociations
33:23c'est juste la réouverture du détroit d'Hormuz,
33:27tout ça pour ça, ça n'aura pas servi finalement à grand chose.
33:31Ça aura coûté la vie à des soldats américains,
33:34ça aura coûté des centaines de milliards de dollars
33:36aux contribuables américains,
33:38ça aura fait exploser le prix à la pompe aux Etats-Unis
33:41alors que le détroit d'Hormuz avant la guerre
33:42était totalement ouvert.
33:43Alors vous, il y a le nucléaire ?
33:45Oui alors, d'accord, sur la question nucléaire
33:48et des missiles balistiques, mais on le voit encore,
33:51il y a eu avant-hier des tirs de missiles balistiques
33:53sur des cibles, encore une fois, très précises en Israël,
33:57à Domina, sur des sites de recherche nucléaire.
33:59Ça montre bien, même s'il y a une amputation
34:02du régime iranien et de leur capacité balistique,
34:05ils ont encore la capacité de frapper
34:08de façon très ciblée avec des missiles très sophistiqués,
34:11avec un guidage lors de la phase de descente
34:14qui vraisemblablement aussi déjoue les systèmes anti-aériens
34:17que ce soit israéliens, américains
34:19qui sont dans les états du Golfe.
34:22Pour moi, ma lecture, c'est que c'est pour Donald Trump,
34:26quoi qu'il arrive, un échec à venir
34:27si le régime ne tombe pas.
34:29Et on ne voit pas comment aujourd'hui il pourrait tomber.
34:31Je pense qu'il le présentera comme une victoire auprès de sa base.
34:34Il a déjà commencé, si on l'écoute, il a déjà gagné plusieurs fois.
34:37Mais donc il arrivera toujours à présenter effectivement
34:39les choses comme une grande victoire,
34:40quand bien même ce serait l'accord de 2015.
34:42On n'est pas dupe.
34:43Mais ça ne trompera personne.
34:44Enfin, sauf sa base.
34:45Oui, c'est ça.
34:46Mais finalement, c'est peut-être ce qui compte pour lui.
34:47Mais par contre, quand bien même il y aura un accord de paix
34:50ou disons un cessez-le-feu, etc.,
34:52ça ne réglera pas les problèmes sur le fond.
34:54Et donc effectivement, je suis tout à fait d'accord.
34:56Il est plus que probable que, peut-être les Américains,
34:58mais surtout les Israéliens, en fait,
35:00auront maintenant qu'il y a une maîtrise du ciel,
35:02retourneront faire un tour en Iran
35:03si jamais ils estiment que l'Iran reprend un programme balistique
35:06ou reprend des capacités nucléaires, etc.
35:09Donc en fait, finalement, mais comme souvent,
35:11Donald Trump ne va pas résoudre un problème,
35:13il va mettre un peu les ténoirs sur un problème
35:16qu'il a beaucoup créé lui-même.
35:17Mais il est très probable qu'on reparlera peut-être,
35:19si jamais il y a un cessez-le-feu,
35:21dans six mois, dans un an, dans deux ans,
35:22de nouvelles frappes sur l'Iran.
35:24– En attendant, alors que des négociations sont donc en cours
35:27et qu'une réunion pourrait avoir lieu à Islamabad au Pakistan,
35:30donc ce vendredi,
35:32l'Iran continue de mettre la pression sur les pays du Golfe.
35:35On va tout de suite aller retrouver Boris Karlamov depuis Doha.
35:39Alors, il y a quand même une petite accalmie
35:41depuis deux, trois jours à Doha.
35:43– Alors, elles sont moins fréquentes qu'il y a une semaine.
35:47C'est vrai que le fait que Donald Trump repousse son ultimatum,
35:51il y a un certain soulagement qui s'installe,
35:54notamment ici au Qatar.
35:56Et pour cause, cela fait désormais trois jours,
35:58trois jours qu'aucun missile,
36:00qu'aucun drone n'a été lancé depuis l'Iran vers le Qatar.
36:04Trois jours qu'il n'y a pas eu d'alerte antimissile,
36:08alors qu'il y a tout juste une semaine,
36:10nous avions ici avec Margosev deux à trois alertes par jour.
36:15Un soulagement qui se traduit par un retour à la vie dans les rues.
36:19Il y a de plus en plus de monde qui descendent,
36:21notamment sur la corniche de Doha pour se promener face à la skyline.
36:26Il y a la circulation qui est de plus en plus intense ici
36:29jusqu'à très tard dans la soirée.
36:31Et puis surtout, un fait notable.
36:33Ce n'est pas anodin puisqu'il est très compliqué
36:36d'échanger avec les habitants de Doha.
36:38Mais depuis hier, il y a certaines personnes
36:40qui d'elles-mêmes viennent nous adresser la parole.
36:44Ça a été une nouvelle fois le cas ce soir
36:46d'un jeune homme, un saoudien,
36:48qui, en voyant notre caméra, nous a demandé très clairement
36:52« Mais pourquoi êtes-vous ici ? »
36:54Il n'y a pas la guerre au Qatar.
36:56Même son de cloche chez un autre homme hier sur la corniche
36:59qui nous a dit qu'il se sentait en parfaite sécurité aussi au Qatar
37:03grâce au système de défense aérien.
37:06Donc une pensée qui est en train d'évoluer
37:09chez certaines personnes ici au Qatar.
37:13Ce n'est pas le cas, ce n'est pas la même situation
37:15dans certains pays limitrophes.
37:17Je pense notamment aux Émirats arabes unis
37:19puisqu'une nouvelle fois depuis ce matin,
37:21le système de défense aérien a intercepté
37:23pas moins de 16 drones iraniens
37:25et 7 missiles balistiques.
37:28La riposte iranienne qui se poursuit à haute intensité
37:31contre les Émirats arabes unis.
37:34Et puis du côté du Koweït, là encore,
37:35il y a eu plusieurs drones qui ont été interceptées
37:37par ce même système de défense aérien.
37:39Donc une situation qui est en train de s'apaiser.
37:42Des tensions qui retombent en ce qui concerne le Qatar.
37:46Mais on sait bien qu'ici au Moyen-Orient,
37:48ces périodes d'accalmie sont souvent bien précaires.
37:51Merci beaucoup Boris, avec Margot Sev.
37:54Samy, vous avez passé une dizaine de jours
37:56dans ces pays du Golfe.
37:57Et précisément sur le trottoir.
37:59Vous connaissez bien.
38:01À Doha, alors là visiblement il y a une petite accalmie,
38:03mais ça n'a pas été le cas quand vous y avez été.
38:06Vous, c'était la semaine dernière.
38:08C'était quasi incessant.
38:09Non, non, quand on y était,
38:10en tout cas quand j'y étais avec Anthony Métro qui m'accompagnait,
38:13c'était des alertes, je dirais, 4-5 fois dans la journée,
38:16plusieurs fois parfois aussi la nuit.
38:19Le Qatar n'est pas du tout préparé à ce genre de menaces.
38:22À la différence d'Israël et de Tel Aviv,
38:24vous, là vous avez des abris antimissiles un peu partout.
38:26Le Qatar, il n'y en a absolument pas.
38:29Donc quand votre téléphone sonne parce qu'il y a une alerte,
38:32parce que les défenses qataris ont signalé des missiles
38:36qui pénètrent dans l'espace aérien qataris,
38:38là vous n'avez en fait que quelques secondes
38:40pour vous mettre dans le hall de l'hôtel ou de l'immeuble.
38:43Parce qu'on le disait tout à l'heure,
38:45le Qatar et l'Iran, c'est 150 à 200 kilomètres seulement.
38:48Donc ça va très vite.
38:49Dès que le missile part, en quelques secondes
38:51ou quelques minutes maximum, il arrive.
38:53Mais donc on se réfugie où alors ?
38:54On se réfugie, nous c'était dans le hall de notre hôtel.
38:57Il nous disait, voilà, vous mettez à distance de vos fenêtres
39:00quand c'était la nuit.
39:01Et puis c'est tout, on ne peut pas faire grand-chose de plus.
39:05Donc l'alarme, vous recevez l'alarme,
39:06vous allez dans la salle de bain, vous allez loin des fenêtres.
39:09On reçoit une alarme, on se met loin des fenêtres absolument.
39:13Parfois, l'alarme sonne en signalant des interceptions.
39:16Et puis tout de suite après, l'alerte est levée.
39:21Mais vraiment, j'insiste sur le fait que Doha et le Qatar,
39:24donc Doha, la capitale, n'est pas du tout habituée
39:27à ce genre de choses.
39:28Doha, c'est vraiment un quartier diplomatique au Moyen-Orient.
39:32C'est-à-dire que vous avez là-bas,
39:33et d'ailleurs même pour nous, pour la presse,
39:35on pouvait travailler.
39:36On ne pouvait pas tout faire, mais on pouvait travailler.
39:38On ne pouvait pas filmer partout,
39:39mais à la différence des Émirats Arabes Unis
39:41ou de l'Arabie Saoudite ou d'Omane,
39:43on pouvait travailler.
39:44Il y a la chaîne la plus regardée dans le monde arabe
39:46qui est Al Jazeera, que tout le monde connaît,
39:48à son quartier général au Qatar,
39:50avec un immeuble qui est absolument gigantesque.
39:52Donc Doha, c'est une autre approche.
39:54Vous avez aussi, par exemple,
39:55lorsqu'il y a des négociations entre,
39:57on se rappelle ces dernières années,
39:59entre les Américains et les Talibans,
40:01les Talibans viennent à Doha pour négocier.
40:03Donc il y a un quartier qui s'appelle
40:05le quartier diplomatique, la Diplomatic Tower,
40:07où là, vous avez des négociations
40:10avec des pays un peu, en tout cas,
40:12pas vraiment fréquentables,
40:14qui ont lieu sur place.
40:14Donc ils se sentaient protégés aussi
40:16par ce statut un peu,
40:18pas comme la Suisse,
40:20mais un statut un peu à part.
40:22Ils hébergeaient les négociations avec le Hamas.
40:25Donc ils avaient également cette proximité-là
40:27que les Émirats arabes unis n'avaient pas du tout.
40:31Et c'est en ça que l'Iran a surpris un peu tout le monde
40:34en allant jusqu'à frapper,
40:36notamment le Qatar.
40:37C'était facile pour eux.
40:39Avant, pour leur protection,
40:40il y avait une personne avec qui ils avaient un contact,
40:44c'était les Américains.
40:45Vous aviez un problème sécuritaire,
40:46vous aviez un trois étoiles américain,
40:48quatre étoiles américains qui étaient à côté.
40:50Là, maintenant, on va vers autre chose,
40:51un autre monde pour eux,
40:53vers une fragmentation sécuritaire,
40:55avec des Saoudiens présents,
40:57des Iraniens aussi, je pense,
40:58des Irakiens qui vont mettre la pression,
41:00peut-être, sur le Koweït.
41:01Et puis vous avez aussi une Asie qui va arriver,
41:04beaucoup plus, Chine, Inde.
41:05Nous aussi, Européens, on va être là,
41:07on est déjà là, France et Angleterre.
41:10Donc ce sera un nouveau système de sécurité régionale.
41:14Espérons que cela se fasse de façon diplomatique,
41:17où tout le monde se mette autour de la table.
41:19Mais ce ne sera pas aussi facile qu'avant.
41:21Il suffisait d'appeler Washington
41:22pour résoudre des problèmes.
41:24Mais c'est vrai que la pression des États du Golfe
41:26sur les Américains est considérable
41:28parce que les Américains ont énormément d'intérêts aussi
41:30dans la région,
41:31des intérêts, bien sûr, financiers.
41:34Il y a, en tout cas, au Koweït,
41:37il y a une dizaine de bases américaines.
41:39L'Arabie saoudite également.
41:42Donc, véritablement, je pense que Donald Trump
41:44est en train de revoir sa stratégie
41:47parce qu'il n'avait peut-être pas anticipé
41:49que les Iraniens les tapaient aussi fort
41:51sur les États du Golfe.
41:53Et c'est bien ce qui s'est passé,
41:54avec d'ailleurs des cibles vraiment très précises.
41:56Et est-ce que, sur place, notamment à Doha,
42:00mais plus globalement dans ces pays du Golfe,
42:02est-ce que vous avez ressenti une inquiétude ?
42:04Parce qu'on avait une économie sur le plateau
42:05il y a quelques jours qui disait,
42:06dans tous les cas, ça y est, le dommage est fait.
42:09Et pour que les investisseurs retrouvent
42:11la confiance qu'ils avaient avant,
42:14ça va prendre des années.
42:15Qu'est-ce qu'ils vous disent sur l'avenir ?
42:16Moi, j'ai pu me rendre aussi également
42:18aux Émirats arabes unis.
42:20Vous savez, les Émirats arabes unis,
42:21ils ont considérablement verrouillé maintenant le pays,
42:24la communication du pays.
42:25Vous ne pouvez plus capter des images,
42:26vous ne pouvez plus diffuser d'images
42:27au risque de partir en prison.
42:29Et d'ailleurs, il y a quelques Français
42:30qui sont encore en prison aux Émirats
42:33pour avoir filmé.
42:34Mais pour revenir sur votre question,
42:37il y avait par exemple, à Abu Dhabi ou à Dubaï,
42:40des investissements qui sont toujours en cours,
42:42colossaux, sur des infrastructures hôtelières,
42:44des infrastructures qui permettaient
42:46une transition aussi après les revenus
42:48qui étaient liés à leur pétrole.
42:49Et tout ça, il y a un énorme point d'interrogation
42:52autour de ça.
42:53Et les gens qui vivent là-bas,
42:54ils nous le disaient,
42:55ils nous disaient,
42:56voilà, nous, il y a des hôtels à Doha,
42:58vous avez des hôtels partout,
43:00ils sont totalement vides.
43:01Donc forcément, il y a toute une industrie aussi
43:03qui est pénalisée.
43:05Un détail qui peut vous paraître peut-être anodin,
43:07mais il y a un souk qui est au centre de Doha
43:10qui est très connu.
43:12On discute avec les commerçants,
43:13ils nous disent, on n'a pas vu un client
43:16depuis des semaines,
43:17depuis le début de la guerre.
43:18Donc bien sûr, il y a un climat
43:19qui est absolument, pour eux, inquiétant.
43:22Et encore une fois,
43:23si ces pays-là ne sont plus fréquentables
43:25et n'assurent plus leur sécurité,
43:27ils savent très bien que cette image
43:29de havre de paix qu'ils avaient,
43:30qui assurait leur protection,
43:32si cette image vole en éclats,
43:34il n'y aura plus grand-chose, en fait,
43:35pour leur permettre d'assurer leur transition
43:38après les énergies fossiles.
43:40Et même sur les énergies fossiles,
43:41quand bien même le détroit d'Ormuz
43:43serait débloqué demain,
43:44il va falloir des mois, en fait,
43:45pour non seulement faire reprendre
43:47un trafic normal,
43:48si les Iraniens acceptent,
43:50et après, il faut bien comprendre
43:51qu'il y a des zones de stockage
43:53qui ont été frappées,
43:54donc il va falloir reconstruire
43:54ces zones de stockage.
43:55Il y a des puits de pétrole
43:56qui ont été arrêtés,
43:57notamment en Irak, au Koweït.
43:59Donc en fait, un puits de pétrole,
44:00ça ne se redémarre pas comme ça non plus.
44:01Il va falloir des semaines,
44:03voire des mois,
44:03probablement, pour revenir...
44:04Enfin, encore une fois,
44:05s'il a cessé le feu de tien,
44:07il faudra des semaines et des mois
44:08pour retrouver une activité économique normale,
44:10ne fût-ce que sur les hydrocarbures.
44:11Et d'autant qu'on se demande
44:12un petit peu comment tout ça va se solder,
44:13puisqu'il y a effectivement
44:14ces négociations en cours
44:15entre l'Iran et les Etats-Unis.
44:17Et Israël,
44:17qui par la voix de Benyamin Netanyahou aujourd'hui,
44:19dit, nous, on va continuer à frapper
44:22l'Iran et le Liban.
44:23On écoute Benyamin Netanyahou.
44:26J'ai parlé aujourd'hui
44:28avec notre ami le président Trump.
44:32Il estime qu'il est possible
44:33de tirer parti
44:34des formidables succès de Tzal
44:37et des forces armées américaines
44:38afin de réaliser les objectifs de la guerre,
44:41dans le cadre d'un accord
44:43qui préservera nos intérêts vitaux.
44:46Parallèlement,
44:47nous continuons à frapper
44:48à la fois en Iran et au Liban.
44:51Meryem Amelal,
44:52qu'est-ce qui va se passer
44:53si Israël ne veut pas mettre fin à la guerre ?
44:56L'Iran va continuer à riposter ?
44:58Je pense qu'Israël est parti
45:00avec un objectif bien précis
45:01qui est un peu différent
45:03de celui des Etats-Unis.
45:04C'est un peu une guerre existentielle.
45:06C'est éliminer le régime
45:07pour pouvoir continuer à...
45:09pour vivre en paix dans la région.
45:12Du moins, c'est l'objectif affiché
45:14de Benyamin Netanyahou.
45:15Donc, il est fort possible
45:17qu'Israël continue à frapper l'Iran.
45:21Après, évidemment,
45:22si Israël frappe l'Iran,
45:24il y aura des ripostes.
45:26Est-ce que ça n'arrangera pas
45:28Donald Trump ?
45:28Mais finalement,
45:30même les Iraniens
45:30continueront à riposter
45:33et ça leur permettra peut-être
45:35de continuer dans leur propagande
45:38pour essayer.
45:39Parce que vous le disiez tout à l'heure,
45:40il faut préparer l'opinion
45:42ou en tout cas au moins la base.
45:44Et ça, ils n'ont pas eu le temps
45:45de le faire pour des négociations.
45:46Et peut-être que ça les arrangera,
45:48ça leur laissera plus le temps
45:49de préparer l'opinion iranienne.
45:51Et en fait, le régime iranien
45:54cherche à gagner du temps
45:55pour se régénérer,
45:56pour se renforcer,
45:58pour gagner l'opinion,
45:59pour réprimer la population
46:01qui ne serait pas de son côté.
46:03Donc, ça serait peut-être
46:04une solution aussi
46:06qui serait,
46:08en tout cas,
46:09qui permettrait au régime
46:10de se maintenir encore.
46:11Est-ce que vous pensez
46:12que cette divergence,
46:13elle était planifiée ?
46:15Que depuis le départ,
46:17c'était écrit
46:18que les Israéliens diraient
46:19« Nous, on continue »
46:20et les États-Unis se retirent
46:22comme ils ont pu le faire.
46:22Il y a eu un moment donné,
46:24une séparation qui s'est faite.
46:25Au début,
46:26il fallait changer le régime
46:27et on a l'impression
46:28que les Israéliens
46:30ne veulent plus que ça.
46:32Ils veulent aussi affaiblir
46:33l'Iran en tant que pays.
46:35Les Israéliens,
46:36maintenant,
46:36ne croient plus
46:37à aucune sornette.
46:40comme ils disent,
46:41ils ne croient plus à l'ONU,
46:42ils ne croient plus vraiment
46:42aux frontières
46:43du Proche-Orient,
46:44de Saxe-Picot.
46:47Et le changement de régime,
46:48en fait,
46:48on a l'impression
46:49qu'ils n'y croient pas
46:49vraiment non plus
46:50et qu'en fait,
46:51ce qui compte pour eux,
46:52c'est d'affaiblir l'Iran
46:53en tant qu'État
46:54avec ses infrastructures.
46:56Et je pense que c'est là
46:57où il y a une divergence
46:58avec les Américains
46:59parce que pour les Américains,
47:00ça va trop loin
47:00parce qu'il y a risque d'escalade,
47:03parce qu'en termes d'image,
47:05de réputation,
47:05ce n'est quand même
47:06pas terrible non plus.
47:08Et c'est la raison
47:08pour laquelle
47:09il y a, je pense,
47:11un écart qui est fait.
47:12C'est vrai qu'on est parti
47:13avec un discours très idéaliste,
47:15changement de régime.
47:17Même Trump a repris un mot
47:18qui était très intéressant
47:19le 28 février.
47:20Il a dit
47:20« Nous faisons ça pour le futur. »
47:22Ce que Trump ne dit
47:23absolument jamais.
47:24Il n'utilise jamais
47:25ce terme de futur
47:25qui était repris
47:26des éléments
47:27de langage israélien,
47:28mais qui, en fait,
47:29on le voit,
47:30sont passés
47:31d'un certain idéalisme
47:32de façade
47:32à quelque chose
47:33de beaucoup plus réaliste
47:35qui a très plus
47:36à la réelle politique
47:37qu'à autre chose.
47:38Donc, des négociations
47:39entre les États-Unis
47:40et l'Iran
47:41qui seraient en cours
47:42et qui pourraient avoir lieu
47:43ce vendredi
47:45depuis Islamabad
47:45au Pakistan,
47:46alors qu'on apprend
47:48selon le Wall Street Journal
47:49que 2200 marines
47:52seraient en route
47:53pour le Moyen-Orient.
47:54Ce vendredi,
47:55évidemment,
47:55on continue à suivre
47:56sur BFM TV
47:57les dernières évolutions
47:59sur ce conflit
47:59au Moyen-Orient.
48:00Vous restez avec nous.
48:02Sous-titrage Société Radio-Canada
48:04Sous-titrage Société Radio-Canada
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