- il y a 6 heures
Chaque week-end, Emilie Broussouloux vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00Partons maintenant au Moyen-Orient, où les Etats-Unis pourraient lancer une attaque à tout moment.
00:05Donald Trump est-il sur le point de frapper l'Iran ?
00:08Il semblerait que tout soit prêt.
00:10Le porte-avions américain Lincoln est arrivé ce soir dans le golfe Persique.
00:14On en parle dans un instant, mais d'abord, souvenez-vous, il y a 72 heures,
00:18le président américain promettait d'y envoyer l'armada américaine.
00:21Écoutez-le, c'était jeudi soir depuis son avion présidentiel.
00:24Vous savez, nous avons beaucoup de navires qui se dirigent dans cette direction.
00:30Juste au cas où, nous avons une grande armada qui se dirige dans cette direction.
00:35Et nous verrons ce qui se passe.
00:37Nous avons une importante force qui se dirige vers l'Iran.
00:41Je préférerais qu'il ne se passe rien, mais nous les surveillons de très près.
00:45Et nous sommes rejoints par les plus fins spécialistes de l'actualité internationale.
00:49Stéphane Bureau, bonsoir.
00:51Bonsoir.
00:51Vous êtes notre consultant aux Etats-Unis.
00:53On est aussi avec le général Christophe Gomart.
00:56Bonsoir.
00:57Bonsoir.
00:57Ancien directeur du renseignement militaire et député européen LR.
01:00On a beaucoup de questions à vous poser, justement, sur ce qui se passe dans le golfe Persique.
01:05Rocaïa Diallo, bonsoir.
01:06Bonsoir.
01:07Auteur, réalisatrice et éditorialiste au Washington Post et aux Guardian.
01:11Il sera beaucoup question des Etats-Unis aussi ce soir.
01:14Bertrand Gallichet, bonsoir.
01:15Bonsoir.
01:16Grand reporter et spécialiste des relations internationales.
01:18Est-ce que j'ai oublié quelqu'un ?
01:19Oui, Richard Verly, bonsoir.
01:21Éditorialiste international aux médias suisses Blic, auteur de l'ouvrage « C'est
01:25Amérique qui nous déteste ». On va donc parler de ce qui se passe autour de l'Iran
01:31avec vous, général.
01:33On l'apprend ce soir.
01:34Le porte-avions américain Lincoln est donc arrivé.
01:37Vous nous le confirmez ?
01:38Oui, oui, oui, d'après les sources que vous avez.
01:42D'après ce que vous rapporte mes anciens camarades de jeu, je crois comprendre qu'il est arrivé
01:46dans le golfe Persique.
01:47Mais il y a toujours eu un porte-avions américain dans le golfe Persique, en réalité.
01:52Donc là, il y a une déclaration très forte de Donald Trump, mais en réalité, il n'y a
01:55pas beaucoup plus.
01:56C'est un porte-avions avec toute son escorte, quelques croiseurs, des lanceurs de missiles,
02:01plus des sous-marins nucléaires d'attaque qui sont en dessous de l'eau et qu'on ne
02:04voit pas.
02:04Vous vous rendez compte de comment vous nous dites ça ? C'est juste un petit porte-avions
02:07avec des sous-marins nucléaires ?
02:09Non, mais ce que je dis pas là, c'est qu'il n'y a rien de beaucoup plus par rapport
02:11à d'habitude.
02:11C'est-à-dire qu'il y a les décalations de Trump qui en rajoutent beaucoup.
02:14C'est vrai.
02:14Et tous ces bateaux sont équipés de Tomahawk, donc ils sont prêts à frapper, en cas
02:18de besoin ou si le président Trump peut décider, de frapper l'Iran.
02:22Le fera-t-il ou pas ? C'est toute la question.
02:23Et je pense qu'aujourd'hui, personne n'a la réponse.
02:26Peut-être dans l'État-major américain.
02:27Mais alors, il n'était pas dans cette région-là.
02:29Il était en mer de Chine, méridionale, jusqu'à présent.
02:32C'est bien ça ?
02:33Exactement.
02:34D'ailleurs, la Chine en profite pour se remettre pas loin de Taïwan, puisque après
02:38le départ de ce porte-avions et de son escorte, les Chinois en ont profité pour se rapprocher
02:42de l'île de Taïwan.
02:43Mais il y a toujours eu un porte-avions et son escorte.
02:46En fait, ce qui est plus rare, c'est qu'il n'y ait pas de porte-avions américains dans
02:48la région.
02:49Et c'est un peu lié à l'opération qu'a menée plus tôt cette année au Venezuela le
02:53président Trump en déplaçant le Gérald Ford, qui est un des plus récents porte-avions
02:57américains et qui n'a pas vocation.
03:00Il y a très rarement des porte-avions américains qui sont au large des côtes de l'Amérique
03:04latine ou centrale.
03:06Donc, ils ont décidé de ramener à l'évidence ce porte-avions parce qu'il y a peut-être
03:10une opération qui se prépare, mais parce qu'ils étaient, pardonnez l'expression, un
03:13peu à poil dans la région.
03:14Ils n'ont pas l'habitude de l'être.
03:15Et leurs bases, qui sont dans les Émirats, au Qatar particulièrement, étaient aussi
03:21assez dégarnies.
03:22Donc, il y a des avions qui sont partis d'Angleterre.
03:23Il y a des Britanniques aussi qui ont fait voler des avions.
03:26Ce qui annonce peut-être une opération, mais qui annonce aussi une intention des États-Unis
03:29de dire, on reprend notre rôle habituel de gendarme de la région parce qu'ils ne l'étaient
03:34pas depuis quelques semaines.
03:35Oui.
03:35Thierry Arnaud, ce n'est quand même pas anodin, ce porte-avions qui est arrivé dans la
03:39région après cette annonce tonitruante de Donald Trump.
03:42On ne parlait que de ça ces dernières heures.
03:44Oui, bien sûr, parce que le président est allé assez loin dans les engagements qu'il
03:47a pris.
03:48Il a demandé aux manifestants de continuer à manifester au péril de leur vie.
03:52Il leur a demandé de s'attaquer aux dignitaires du régime très explicitement.
03:55Il a écrit sur son réseau social et il leur a promis, je cite, que l'aide était en
04:00route.
04:01Alors, cette aide, pour les raisons que Stéphane vient de rappeler, elle a tardé à venir.
04:04Il a fallu attendre que ce groupe aéronaval autour du Air One Lincoln soit effectivement
04:09à portée de bombes ou à portée de F-35 ou de F-18 de Téhéran.
04:15À partir de là, maintenant, le président américain dispose en effet des moyens pour
04:19cibler.
04:20Mais après, cibler quoi ? C'est là effectivement toute la question.
04:22Est-ce qu'on peut se contenter d'aller cibler des installations militaires, d'aller cibler
04:27les installations des gardiens de la Révolution ? Ou est-ce que sur la base d'un renseignement
04:31très précis, dont on a vu que les Israéliens, par exemple, qui n'ont pas douté une nouvelle
04:37fois, travaillent main dans la main avec les Américains dans cette affaire ?
04:40Nous irons justement à Jérusalem dans un instant.
04:41Est-ce que sur la base d'un renseignement très précis, on va aller viser très directement
04:46des responsables du régime, des responsables de la répression de ces dernières semaines ?
04:52C'est aussi évidemment une des hypothèses sur la palette des options qui sont sur la table
04:58du président américain aujourd'hui.
05:00Donc il y a quand même un changement important général ce soir, c'est que ce soir, Donald
05:05Trump dispose de toutes les cartes.
05:07Il peut décider d'y aller ce soir, ces prochaines heures ?
05:10Oui, il peut tout à fait décider d'y aller.
05:12Je crois qu'il y avait un temps de latence pour permettre aux Israéliens en particulier
05:15de recompléter leur stock en termes de missiles, antimissiles, parce que la guerre des 12 jours
05:19a largement diminué les stocks israéliens, a largement diminué les stocks américains
05:24également, donc ça leur permettait de se laisser tant de se réapprovisionner.
05:27Et dans un deuxième temps, il y a quelques jours de cela, ils ont pu voir quelles étaient
05:32les réactions iraniennes au déplacement d'avions, au fait de libérer des bases, pour regarder
05:37où étaient les chefs des MOLA et où étaient également les parties défensives, de façon
05:42effectivement à faire du renseignement.
05:43Mais on est toujours en période de tension, les Américains sont prêts à tirer, les Israéliens
05:48sont sans doute prêts à les accompagner.
05:50Reste la problématique avec les Saoudiens, reste la problématique avec les pays du Golfe
05:53qui n'ont aucune envie qu'une guerre se déclenche parce qu'une guerre qu'on sait
05:57quand ça commence, on ne sait jamais comment ça se termine.
05:59Oui, j'allais dire...
06:00Justement, eux aussi ne sont pas d'accord.
06:02Voilà les cartes que Donald Trump n'a pas pour l'instant, c'est l'objection de ses alliés,
06:06les plus importants dans la région, qui n'ont pas envie de ses frappes.
06:08Ils l'ont fait savoir, ils n'ont pas envie de ses frappes, notamment l'Arabie Saoudite,
06:12pour des raisons évidentes d'engrenage régional et ce que pourrait signifier un chaos régional
06:18avec aussi tout le problème des détroits.
06:19Ne l'oublions pas, les deux détroits les plus stratégiques pour le trafic pétrolier mondial
06:24que sont le détroit d'Hormuz et le détroit de Bab el-Mandeb.
06:26Alors, ce que l'on m'a expliqué, ce que j'ai lu, c'est qu'avec la force aéronavale
06:30déployée sur place, les Américains ont les moyens de libérer ces détroits
06:33s'ils devaient être entravés, mais néanmoins, ce seraient des opérations très lourdes
06:36et incontestablement, le marché du pétrole, mais aussi l'économie mondiale
06:40se trouveraient en difficulté.
06:44Concrètement, je voudrais juste comprendre exactement ce qui pourrait se passer
06:47ces prochaines heures, puisqu'on dit que ce porte-avions est arrivé,
06:50qu'Israël aussi est en train de se...
06:54vous nous disiez de refaire ses stocks, en gros, de se repréparer.
06:59Il y a aussi le renseignement militaire qui entre en compte,
07:02c'est notamment votre spécialité.
07:04Qui est indispensable, c'est-à-dire qu'il n'y a jamais d'action sans renseignement
07:07et tout le temps qui se passe, les Américains, les Israéliens en profitent
07:11pour effectivement affiner leur renseignement, de façon à savoir déterminer
07:16ce qu'ils frapperaient, sachant que les Américains disposent d'environ
07:19quelques centaines de tomahooks, je crois que c'est...
07:22Si on doit faire le point, là, sur ce dispositif dont dispose Donald Trump aujourd'hui.
07:28Mais il dispose de ce porte-avions, il dispose de bâtiments de surface,
07:30et en particulier des bateaux qui lancent des missiles,
07:35et également des sous-marins qui peuvent également lancer des missiles.
07:39Donc c'est à partir de ces bateaux-là qu'ils lanceraient une attaque,
07:42plus ces avions qui sont embarqués sur les porte-avions,
07:44je crois qu'ils ont des F-18 et ils ont sans doute du F-35,
07:48qui peuvent également aller bombarder les sites.
07:50Donc tout ça mis en place, ça fait plus de 300 tomahooks,
07:52ça permet de détruire quand même beaucoup, beaucoup de choses.
07:56Et les Américains...
07:56Tout est contrôlé depuis ce porte-avions ?
07:58Alors je ne sais pas d'où est leur PC,
08:01je ne crois pas que ça soit depuis le porte-avions,
08:03mais il doit y avoir des bases,
08:04mais beaucoup de choses sont contrôlées depuis les États-Unis.
08:06La dernière fois, beaucoup de choses sont contrôlées
08:08depuis l'état-major, j'allais dire à Washington,
08:11et ensuite les états-majors qui sont projetés,
08:13ce qu'on appelle un état-major avancé,
08:17à partir duquel ils peuvent suivre et conduire
08:19les éléments qui sont au contact.
08:21Mais l'essentiel de la manœuvre, l'essentiel est coordonné
08:24depuis Washington, depuis leur état-major principal.
08:26Oui, c'est ce que vous sembliez dire aussi, Bertrand Gallichet.
08:29Oui, et ce qui me paraît, l'élément nouveau sur le plan politique,
08:32compte tenu de tout ce qui vient d'être dit d'un point de vue militaire,
08:36c'est le fait que les Américains, désormais,
08:38peuvent, s'ils le souhaitent,
08:40taper à partir de cette armada.
08:43Donc à partir de bâtiments américains autonomes,
08:47sans avoir nécessairement à faire appel
08:49à leurs bases qui sont dans les pays du Golfe.
08:53Et ça change quand même un peu les données du problème.
08:56Pourquoi est-ce que ça change ?
08:57Parce que ça veut dire que si riposte il y a,
09:00et les Iraniens, en cas d'attaque naturellement,
09:02chercheraient à riposter,
09:05les visées iraniennes contre des bases américaines
09:08dans les pays du Golfe seraient moins légitimes,
09:10puisque les attaques seraient parties des bateaux américains.
09:13Et je crois que ça, c'est quelque chose qui est aussi de nature
09:17peut-être à rassurer les États du Golfe,
09:19dont effectivement on sait qu'ils ne souhaitent pas du tout
09:22embraser la région,
09:23et qu'ils se méfient énormément d'une attaque américaine
09:26qui pourrait avoir des conséquences spectaculaires.
09:29Et encore un dernier mot, si vous voulez,
09:31sur l'objectif qui reste évidemment incertain et secret pour l'instant.
09:36On ne sait pas d'ailleurs si c'est juste un coup de pression diplomatique
09:39ou si c'est une préparation, une forme de coercition,
09:43ou bien finalement un préambule avant une attaque.
09:47C'est plutôt un scénario à la vénézuélienne
09:49qui me semble-t-il se profile,
09:51plus qu'un changement de régime,
09:53plus que finalement un coup d'État
09:55qui serait appuyé par les Américains.
09:57Auquel cas, il faut penser que ça peut être long.
10:01Entre le moment où est arrivé le Gérald Ford au large du Venezuela
10:04et l'opération militaire le 3 janvier,
10:06il y a eu des semaines.
10:07Donc, on a aussi un peu, je dirais, endormi les Vénézuéliens.
10:11On a créé cette espèce d'habitude de voir au large l'armada.
10:15Et on disait, bon, ça y est, c'est du bluff.
10:16Trump ne voudra pas agir.
10:18Et puis finalement, ils l'ont fait.
10:19Ce n'est pas parce qu'aujourd'hui,
10:20le Lincoln est arrivé là où on l'attendait
10:23qu'automatiquement, dans les 24 ou 48 prochaines heures,
10:26on aura une opération militaire.
10:27Et à ce jour, Donald Trump a réussi une chose
10:30que beaucoup de ses prédécesseurs n'avaient jamais réussi à faire,
10:32c'est de maintenir l'effet de surprise.
10:34Il l'a fait sur l'Iran au printemps dernier, en juin,
10:37et il l'a fait, encore une fois, le 3 janvier,
10:39alors qu'on pensait tous que c'était terminé,
10:41qu'il n'allait pas passer à autre chose.
10:42Et puis, ils sont allés, M. Maduro,
10:44qui se battait là probablement,
10:46s'est réveillé plus tôt qu'il ne l'avait prévu.
10:48Oui, c'est vrai qu'il excelle dans ses surprises,
10:51Donald Trocay et Diallo.
10:52Oui, dans ses effets de surprise et aussi dans des annonces
10:54qui ne sont pas nécessairement suivies d'effet.
10:56C'est-à-dire qu'effectivement, au mois de juin,
10:57il avait frappé les sites nucléaires iraniens
10:59et par la suite, il a continué à les menacer,
11:02justement dans cette bataille un petit peu de dissuasion,
11:06mais qui est vraiment dans l'avancée d'une position possible
11:10sans qu'elle ne soit nécessairement suivie d'effet.
11:13Et c'est ce que vous avez dit tout à l'heure
11:14par rapport au fait qu'il a encouragé les manifestants.
11:16Il faut rappeler que ce sont des manifestants qui sont désarmés
11:18et qui font face à un régime qui est non seulement armé,
11:20mais qui les a massacrés par dizaines de milliers.
11:22Il les a encouragés, il a laissé entendre
11:25que l'aide allait arriver de manière imminente
11:27et finalement, elle n'est pas arrivée.
11:28Pour vous, il n'a pas d'autre choix que d'agir aujourd'hui ?
11:31Pas nécessairement.
11:32Alors moi, je pense que quand même le plus important
11:33dans toute la question qui est en train de se poser,
11:36c'est le sort des Iraniens et leur volonté.
11:38Je pense que c'est leur volonté qui doit rester au centre.
11:40Donc si effectivement, il n'y a pas de projet de changement de régime,
11:42ça ne correspondra pas à la volonté populaire
11:44qui s'est exprimée à plusieurs reprises depuis plusieurs décennies.
11:47Et donc, l'intérêt de Donald Trump
11:50n'est pas forcément l'intérêt de la population iranienne
11:53qui, pour de multiples raisons,
11:55d'oppression systémique, de droits humains,
11:57mais aussi d'oppression économique,
11:58s'est mobilisée dans la rue.
11:59Donc si le régime ne change pas,
12:01leur volonté ne sera pas rencontrée par le projet
12:04qui sera celui d'une éventuelle infiltration
12:07et un remplacement par une autre personne.
12:08Sinon que celui qui a le plus insisté
12:10pour que les Iraniens sortent dans la rue,
12:11c'est Reza Palavi, qui a dit nombreuses fois
12:13« Allez-y, allez-y, allez-y,
12:15je vous rejoindrai »
12:17« Et Donald Trump, derrière, vous appuiera. »
12:19Mais il y a une responsabilité aussi.
12:21Et les Américains pourraient ne pas attaquer l'Iran,
12:24c'est ce qui filtre beaucoup dernièrement
12:26dans la presse israélienne.
12:28Bonsoir Stéphane Ammar,
12:29vous êtes notre correspondant à Jérusalem.
12:33D'après le Jerusalem Post,
12:34on apprend que les États-Unis pourraient opter
12:37pour un blocus et non une attaque militaire.
12:39Oui, effectivement, c'est une des thèses
12:42qui circule ici en Israël,
12:43où on parle beaucoup, bien sûr,
12:45de cette crise en Iran.
12:47On est très attentifs aux manœuvres américaines
12:50à l'approche de l'Iran.
12:52Et effectivement, même si beaucoup d'Israéliens,
12:56à commencer par le gouvernement,
12:58souhaitent une attaque militaire,
12:59souhaitent en tout cas que ce régime soit renversé,
13:02car il menace depuis de très longues années
13:05l'existence même de l'État d'Israël,
13:07il se pourrait bien qu'on s'achemine
13:09simplement vers un blocus,
13:11mais qui serait aussi destiné
13:12à déstabiliser ce régime iranien
13:15qui est l'ennemi d'Israël,
13:17mais également l'ennemi des États-Unis.
13:18Quoi qu'il en soit, ici,
13:20déjà, il y a certaines mesures
13:22qui laissent croire à une intervention prochaine.
13:26L'aéroport notamment de Ben Gurion,
13:29l'aéroport de Tel Aviv,
13:31a indiqué aux compagnies étrangères
13:33qu'il y aurait peut-être des perturbations
13:35en fin de semaine
13:35et qu'elles seraient prioritaires
13:37pour évacuer éventuellement leurs ressortissants.
13:41Et également, les compagnies israéliennes
13:43ont signifié à leur clientèle
13:45que les conditions d'annulation étaient assouplies,
13:48que tous les billets pouvaient être annulés
13:50dans les 48 heures.
13:52Merci beaucoup Stéphane Amar.
13:53En direct de Jérusalem,
13:55Christophe Gomart,
13:56quels seraient les avantages
13:58à finalement opter pour un blocus
14:00et non pour une opération militaire
14:02ou une attaque ?
14:03C'est mettre encore plus
14:04la pression sur le régime des Mollas
14:05qui, les sanctions ont quand même
14:07eu un certain effet
14:08et n'ont pas permis au régime des Mollas
14:10de tomber.
14:11Mais surtout,
14:12l'intérêt des Américains,
14:13c'est surtout de bloquer
14:14toute relation avec la Chine.
14:17Il ne faut pas oublier
14:17que dans la stratégie de Trump,
14:19ce qui compte,
14:20c'est de bloquer la Chine en réalité.
14:22D'où le Vénézuélien,
14:23le pétrole vénézuélien,
14:24d'où l'Iran
14:24avec les richesses iraniennes.
14:27En fait, c'est isoler la Chine
14:28pour qu'elle reste
14:29dans sa sphère d'influence.
14:31Le reste du monde
14:31appartient non pas à Trump,
14:33mais en tous les cas,
14:34c'est empêcher que la Chine
14:35puisse devenir
14:36la première puissance économique
14:37et militaire
14:37avant 2049.
14:38Je crois que c'est ça
14:39l'objectif de Trump.
14:39Donc tout est lié à la Chine finalement ?
14:41Beaucoup de choses sont liées
14:41à la Chine,
14:42beaucoup de choses sont liées
14:42à la Russie.
14:43Il est dans l'influence,
14:44il est dans la stratégie.
14:45C'est plutôt un prétexte en fait
14:46ce qui se passe en Iran ?
14:48Ah, c'est un des prétextes, oui.
14:49C'est comme ce qui s'est passé
14:50au Venezuela.
14:51Qui pensait qu'un jour
14:52il irait enlever Maduro ?
14:54Personne,
14:54mais parce que derrière
14:55il y a le pétrole.
14:56De mon point de vue,
14:57quand je lis
14:57la National Security
14:58Stratégie américaine,
15:00il y a bien une volonté
15:00en effet de rester
15:01la première puissance
15:02militaire économique mondiale.
15:03Ils ont exercé aussi
15:04des pressions sur le Venezuela
15:05en faisant un blocus.
15:07Il faut voir que le pétrole
15:08aujourd'hui est contrôlé
15:08par les Américains,
15:10mais qu'à l'entrée et à la sortie,
15:11les pétroliers n'avaient plus
15:12libre circulation
15:13parce que les Américains
15:14interdisaient le trafic.
15:16Et ils se sont aussi attaqués
15:17aux pétroliers
15:18de la flotte fantôme,
15:19vénézuélienne,
15:20mais aussi russe
15:21par extension.
15:23Et ça, je dirais
15:23que ça fâche
15:24beaucoup plus
15:25qu'on ne le dit
15:25qu'on ne l'imagine
15:26à Moscou.
15:27Alors oui,
15:28je pense qu'on s'attaque
15:28évidemment indirectement
15:30aux Chinois.
15:3080 % des exportations
15:31de pétrole iraniens
15:33vont en Chine.
15:34C'est une manière
15:35d'égorger la Chine.
15:36Et la logique
15:37de cette National Security
15:39Strategy,
15:41c'était de dire
15:42nous allons
15:42sur les Amériques
15:44étendre notre hégémonie,
15:46on va imposer
15:47la loi américaine,
15:48mais surtout faire en sorte,
15:50et c'est une logique
15:50qui s'appliquait très bien
15:51au Groenland,
15:52que les Chinois
15:53jamais ne pourront exploiter
15:54les ressources du Groenland.
15:55On dit à nos concurrents,
15:56vous allez où vous voulez,
15:58mais pas chez nous.
15:59Et c'est un peu ça,
16:00c'est-à-dire que davantage
16:01que d'exploiter
16:01les ressources du Groenland
16:02par les États-Unis,
16:03c'était de sortir
16:04les Chinois
16:05de ce qui est
16:06la zone d'influence américaine
16:07et ça vaut aussi
16:08pour le Venezuela
16:09et toutes ses richesses.
16:10Oui.
16:11Qu'a déclaré récemment
16:12Donald Trump,
16:13Thierry Arnault ?
16:14On sait qu'il s'était exprimé
16:15depuis son avion présidentiel
16:16au sujet d'une éventuelle
16:18opération en Iran,
16:19depuis ses silences radio ?
16:21Depuis ses silences radio,
16:22effectivement,
16:23la dernière fois
16:23qu'il a été interrogé
16:24et qu'on lui demandait
16:25concrètement ce qu'il avait
16:26l'intention de faire,
16:27il a dit vous allez voir,
16:27vous verrez bien.
16:29Qu'est-ce que ça veut dire
16:30dans le langage Trump ?
16:31Oui aussi.
16:31Qui arrivait à décortiquer ?
16:34Non, ça veut dire,
16:34je pense qu'au moment
16:35où il est interrogé
16:36par les journalistes,
16:37il n'a pas encore
16:38pris sa décision.
16:39Voilà, on a compris
16:41qu'il l'avait repoussé une fois,
16:42on en a parlé,
16:43donc ça montre bien
16:43qu'elle est difficile,
16:44on a expliqué pourquoi,
16:45c'est-à-dire essentiellement
16:46parce qu'au moment
16:47où il est en situation
16:50politiquement de le faire,
16:51il n'est pas militairement
16:52en situation de le faire,
16:54aujourd'hui il est en situation
16:55militairement de le faire,
16:56mais avec les mêmes questions
16:57qui sont sur la table,
16:58sur les risques
16:59que présente cette opération,
17:00sur les modalités,
17:01et puis encore une fois,
17:02Donald Trump,
17:02il a une grille
17:03de lecture particulière,
17:04c'est-à-dire qu'il veut
17:05rapidement des résultats concrets.
17:07Lorsqu'il va capturer
17:08Maduro au Venezuela,
17:10il peut l'amener
17:11en quelques heures
17:11dans une prison new-yorkaise,
17:13devant les caméras de télévision
17:14du monde entier.
17:15Lorsqu'il mène une opération
17:17avec des B2
17:18sur les installations nucléaires
17:19de l'Iran,
17:20il peut envoyer en quelques heures
17:22ses avions traversés
17:23la moitié du globe,
17:24bombarder et revenir,
17:26la mission est terminée,
17:27c'est un succès,
17:28et il peut aller expliquer
17:29aux Américains à la télévision
17:31qu'il a encore gagné.
17:34Là, en Iran,
17:35quelles seraient les modalités
17:37d'une opération
17:37qui lui permettrait
17:38d'avoir ce scénario à nouveau,
17:40c'est-à-dire quelque chose
17:41qui soit relativement rapide,
17:43efficace, concret,
17:44qui lui permette d'aller
17:45demain après demain,
17:46une fois que cette opération
17:47a été conduite,
17:48devant les caméras de télévision
17:49pour dire
17:49« j'ai gagné,
17:51j'ai vaincu,
17:52une nouvelle victoire pour moi ».
17:54Ça, c'est très important
17:55de sa grille de lecture.
17:56Et il faut effectivement
17:57que les modalités
17:58de l'opération
17:59qu'il approuvera,
18:02si c'est le cas,
18:03lui permettent
18:04de remplir ses critères.
18:05Et il avait visiblement
18:06négocié au Venezuela
18:07avec ceux qui exerçaient
18:09le pouvoir autour
18:10de M. Maduro.
18:11C'est absolument clair aujourd'hui.
18:12Il y avait une connivence.
18:15Aujourd'hui,
18:15est-ce qu'il peut compter
18:16sur le même genre
18:17de complicité
18:18en haut lieu en Iran ?
18:19J'en doute.
18:20C'est peut-être là
18:20qu'on peut trouver
18:23la logique du blocus
18:23parce que le blocus pétrolier,
18:25c'est donc fermer
18:26la navigation
18:27et fermer
18:27les exportations pétrolières
18:28qui sont le revenu principal
18:30des gardiens de la Révolution.
18:31Et donc,
18:32c'est mettre au fond
18:33une tenaille économique
18:34sur les gardiens
18:35de la Révolution
18:36et c'est un moyen
18:37peut-être au sein
18:38de ces gardiens
18:38de la Révolution
18:39qui constituent
18:39véritablement
18:40l'armature du régime
18:41de susciter des divisions
18:43et peut-être
18:44de gagner
18:45l'une ou l'autre faction
18:47qui déciderait
18:48de négocier.
18:49Peut-être d'ailleurs
18:50aujourd'hui,
18:51y a-t-il en Iran,
18:51mais là on ne voit rien
18:52poindre dans la presse,
18:53une partie du régime
18:54qui est en discussion
18:56secrète
18:57avec soit les Israéliens
18:58soit M. Trump
18:59ce qui pourrait amener
19:00à un scénario
19:00à la Vénézuélienne.
19:01C'est ce que vous pensez
19:02Christophe Gomart ?
19:02Je vous vois sourire.
19:03De mon point de vue,
19:05tout est possible
19:06dans la matière
19:06parce qu'il y a quand même
19:07une grosse pression
19:08sur le régime.
19:09On annonce entre 20 000
19:10et 30 000 tués quand même,
19:11c'est-à-dire qu'il y a eu
19:12une véritable répression
19:13absolument gigantesque.
19:14Il y a urgence à agir.
19:16Oui,
19:16et eux-mêmes,
19:17le régime des Molas
19:18se sent sans doute
19:18en difficulté
19:19parce que pour tuer
19:20autant de gens,
19:21il fallait montrer
19:22une répression très très dure
19:23pour essayer de calmer
19:24cette révolte.
19:28Donc je ne sais pas
19:29où on en est aujourd'hui
19:29parce qu'effectivement
19:30les informations remontent
19:30difficilement de l'Iran.
19:31Il n'y a toujours pas
19:32Internet sur place
19:32donc c'est très compliqué
19:33d'avoir des informations.
19:34Donc je crois qu'il y a
19:35toujours des endroits
19:35dans lesquels il y a
19:36toujours des gens
19:36qui protestent,
19:38des protestataires
19:38mais je reste persuadé
19:40qu'il y a forcément
19:41des deals en dessous.
19:42Il y a toujours,
19:43en réalité,
19:43les services de renseignement
19:44servent à ça,
19:45c'est des dialogues
19:46par en dessous
19:46pour essayer de savoir
19:47jusqu'où les gens
19:48sont prêts à aller,
19:49jusqu'où ils sont prêts
19:50à faire la guerre ou pas
19:51et les régimes des Molas
19:53n'ont aucun intérêt
19:53à faire la guerre
19:54donc qu'est-ce qu'ils sont
19:55prêts à dealer ?
19:56Ça, je n'en sais rien aujourd'hui.
19:57Et qu'imaginez-vous
19:57pour ces prochains jours ?
20:00On parle de blocus,
20:01d'intervention.
20:02Ce que j'imagine
20:03dans les prochains jours
20:03c'est un blocus
20:04et de fait,
20:05c'est empêcher
20:06que les Chinois
20:07puissent bénéficier
20:08du pétrole iranien
20:10et ce que disait
20:11Bernard Gréchet tout à l'heure
20:12c'est tout à fait vrai
20:13c'est-à-dire que
20:14le fait de tirer
20:15depuis des bateaux,
20:15on ne tire pas
20:16depuis des bases
20:16donc les bases
20:17sont moins des cibles
20:19potentielles
20:20pour les défenses
20:21air-sol
20:23ou sol-sol iraniennes.
20:25Mais faire un blocus
20:26permettrait
20:27de renverser le régime ?
20:30Est-ce que ce serait suffisant ?
20:31Oui,
20:31avec des déstabilisations intérieures
20:32c'est-à-dire que
20:33rien n'empêcherait
20:34des déstabilisations intérieures.
20:35On a vu qu'il y a eu
20:36des forces spéciales
20:37qui étaient allées au sol
20:37en Iran
20:38lors de la guerre des 12 jours.
20:39Ça,
20:40ça n'est pas impossible
20:41que ça se passe comme ça.
20:43Il y a déstabilisation
20:44plus blocus
20:45plus une pression
20:46avec de l'influence
20:47mise en place
20:48par des avions
20:49qui survoleraient
20:49peut-être des destructions
20:51des attaques internet
20:53de la guerre d'influence
20:54de la cyber-guerre.
20:55Ça,
20:56on ne le voit
20:57beaucoup moins.
20:57Mais il est évident
20:58que,
20:59j'allais dire,
21:00essayer
21:00que les révolutionnaires
21:03puissent utiliser
21:04Starlink
21:05ou d'autres moyens
21:05de communication,
21:06ça me parut une évidence
21:07pour essayer
21:07de déstabiliser ce régime.
21:08Mais s'il choisit
21:09cette option-là,
21:10est-ce qu'il aura
21:10des résultats visibles
21:11très rapidement ?
21:12C'est Thierry Arnaud
21:13qui disait
21:13que Donald Trump
21:14a besoin
21:16de...
21:17De victoire.
21:18Voilà,
21:18d'acheter une victoire
21:19très rapidement finalement,
21:20de brandir quelque chose.
21:21C'est peut-être moins rapide,
21:22mais dans les gens
21:23qui le soutiennent,
21:24ce qu'on appelle
21:25l'Amérique MAGA,
21:26les gens ne veulent pas
21:27d'une nouvelle guerre.
21:28Ils ne veulent pas
21:28des États-Unis
21:29qui s'engagent
21:30d'une nouvelle guerre.
21:31Et jusqu'à présent,
21:31on a eu le sentiment
21:32que finalement,
21:32Trump,
21:33c'était l'isolationnisme
21:34et qu'il ne jouerait plus
21:35aux gendarmes du monde.
21:36Or là,
21:36on voit
21:37qu'il y a un nouvel épisode
21:38dans lequel
21:38il joue les gendarmes du monde,
21:40sans doute pour
21:41l'Amérique première
21:43et sans doute,
21:44en effet,
21:44pour essayer
21:45de prendre de la distance.
21:46Vous avez des Chinois,
21:47en particulier
21:48parce que les Russes,
21:48eux,
21:48sont en guerre,
21:49donc ils sont moins gênants
21:50pour les États-Unis,
21:51mais vis-à-vis des Chinois,
21:52surtout.
21:53On a surtout tendance
21:54à beaucoup sous-estimer
21:55le régime à Téhéran.
21:56On a souvent dit
21:57au cours des 15 dernières années
21:58qu'ils vivaient
21:59leurs dernières heures.
22:00Je pense que c'est
22:01une faute grave
22:01que d'annoncer
22:02la fin éminente du régime.
22:04Peut-être qu'aujourd'hui,
22:05les conditions
22:06sont radicalement différentes,
22:07mais c'est arrivé
22:07à plusieurs reprises
22:08qu'on pensait
22:09que c'était la fin.
22:10Or,
22:10c'est une mécanique
22:11d'oppression
22:12qui fonctionne
22:13et il y a une partie
22:15des Iraniens
22:15qui sont absolument
22:16derrière le régime.
22:17Il ne faut pas
22:17le nier non plus.
22:19Donc,
22:19ce n'est pas un régime
22:20qui est,
22:21aujourd'hui,
22:22ce soir,
22:23à risque de tomber
22:24dans les prochaines
22:25minutes ou jours.
22:26Et je pense que
22:27les Américains
22:28le savent aussi.
22:28Une opération militaire
22:29seule ne peut pas
22:30faire tomber le régime.
22:32Ou alors,
22:32il faudrait une opération
22:33massive et je ne pense pas
22:34que les Américains
22:35en aient ni les moyens
22:36ni l'envie.
22:37Oui.
22:37Merci beaucoup,
22:38Christophe Gomart,
22:39d'avoir accepté
22:40notre invitation
22:41sur BFM TV.
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