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  • il y a 9 heures
Les salariés aidants coûtent un pognon de dingue à l'entreprise... quand celle-ci n'a pas de politique pour les soutenir. Une enquête de How Much révèle que 6 salariés aidants sur 10 ne parlent pas de leur situation au travail, par peur des conséquences. Selon Sandrine Dorbes, experte en politiques de rémunération, des dispositifs d'accompagnement permettraient aux employeurs et salariés d'être mutuellement gagnants.

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Transcription
00:09BISMART
00:12Bien, on sent le job pour parler des aidants, les aidants dont on parle beaucoup sur ce plateau dans SmartJob,
00:18on a fait beaucoup d'émissions, avec une étude qui est passionnante qu'on va vous présenter dans quelques instants.
00:24Sandrine Dorb, merci d'être avec nous, merci d'avoir répondu à notre invitation.
00:27Merci de m'accueillir.
00:28Créatrice d'How Much, on reviendra sur cette étude sur 6 salariés sur 10 qui sont en situation d'aidant,
00:35ce qui n'en parle à personne, mais d'abord un tout petit mot quand même.
00:38Pourquoi How Much a porté cette étude et pourquoi c'était important pour vous de porter cette étude ?
00:44Alors, chez How Much, ce qu'on croit profondément, c'est que la rémunération, ce n'est pas qu'une
00:48question d'argent, ce n'est pas qu'un slogan, c'est vraiment une croyance profonde.
00:51Quand on dit ça, on sous-entend deux choses. La première, c'est que la rémunération, c'est un sujet
00:55qui est certes technique, mais pas que.
00:56C'est aussi un sujet très émotionnel.
00:58La deuxième chose qu'on sous-entend, c'est qu'il faut voir la rémunération au sens large, pas uniquement
01:02son salaire.
01:03Et la rémunération au sens large, c'est tout ce qui coûte quelque chose à l'entreprise et qui rapporte
01:07quelque chose aux salariés.
01:08Donc, en voyant la rémunération au sens large et en regardant un peu ce qui se passe dans la société,
01:13le sujet de l'aidant, c'est quelque chose qui revenait souvent dans mes réflexions.
01:16Et j'ai eu envie, en fin d'année, de lancer cette étude pour en savoir un petit peu plus.
01:21Étude toute chaude.
01:22Absolument.
01:22Elle sort du four.
01:23Elle sort du four 29 janvier, donc il y a quelques jours.
01:26Près de 3000 personnes ont répondu, ont été interrogées sur ce sujet.
01:30D'abord, 6 salariés aidants sur 10 n'ont pas la personne.
01:32Nous, on a des DRH qui nous disent tout est clair, tout est génial, tout se passe bien.
01:36En fait, ce n'est pas si simple que ça que de poser le sujet, en fait.
01:40Ce qui est compliqué, c'est qu'effectivement, des DRH peuvent dire tout se passe bien chez nous,
01:45mais si les gens n'en parlent pas, ils ne sont même pas conscients que ça ne se passe pas
01:48bien.
01:48Déjà, moi, de mon point de vue, de ce que je vois, c'est qu'il y a certes des
01:51entreprises,
01:52des grandes entreprises qui ont mis en place des programmes, des denses.
01:56Ce n'est pas une norme.
01:57C'est une bonne pratique, mais ce n'est pas une norme.
01:59C'est un peu toujours les mêmes qu'on cite dans les médias et dans les papiers.
02:02Il y a des choses qui existent, mais ça reste quand même à la marge.
02:05Ensuite, ce que je constate, le pressentiment que l'étude a confirmé,
02:08c'est que la plupart des gens n'en parlent pas en entreprise.
02:11Ils ne veulent pas en parler.
02:12Une gêne, un tabou.
02:13Et quand on creuse les raisons pour lesquelles on ne veut pas en parler,
02:16il y a d'abord une forme de gêne, de vouloir séparer la vie pro de la vie perso.
02:19De se dire, ok, si je vis ça à la maison, je n'ai pas envie d'en parler au
02:22boulot.
02:22Et puis, il y a aussi la crainte, et c'est ce qui ressort particulièrement dans l'étude,
02:26la crainte qu'il va y avoir un revers à ça.
02:30C'est-à-dire qu'on va quelque part être pas sanctionné, mais pénalisé de par sa situation d'aidance.
02:34On s'auto-censure, et donc on n'en parle pas au risque de se faire mal voir par le
02:38manager ou par la hiérarchie.
02:40Peut-être sorti de certains projets, de ne pas avoir accès à certaines promotions.
02:42Votre étude a plusieurs vertus, on parlera d'argent à la fin,
02:45parce qu'il y a quand même les enjeux financiers, il y a les difficultés de flexibilité du travail,
02:48ça, ça ressort beaucoup.
02:49La rémunération est aussi une question d'argent.
02:51C'est une question d'argent quand même.
02:53Là, dans la liste, en moyenne, combien de temps consacrez-vous à cette aidance ?
02:57J'ai été sidéré de voir qu'il y a 21% qui ont répondu consacré plus de 20 heures
03:02par semaine.
03:03Ces gens ont un double travail.
03:05Ce qui est, quand on regarde ces 20%, on pourrait me dire, ok, c'est qu'une personne sur cinq.
03:10Mais on estime aujourd'hui qu'il y a 5 millions d'actifs qui sont aidants aujourd'hui.
03:155 millions d'actifs, c'est un actif sur cinq.
03:19Donc, dans une équipe de cinq personnes, statistiquement, potentiellement,
03:22il y en a une qui est en situation d'aidance.
03:24Et parmi toutes celles qui sont en situation d'aidance,
03:26pareil, il y en a une sur cinq qui bosse 20 heures par semaine sur son aidance.
03:30Alors, un dernier chiffre, quand même, sans vous inonder de chiffres,
03:32allez voir l'étude, c'est que tout ça vient éclairer ces 20 heures par semaine
03:36le fait que plusieurs personnes interrogées dans votre étude,
03:39c'est-à-dire 35% d'entre elles,
03:41expliquent qu'elles accompagnent plusieurs proches à la fois.
03:44Et là, on touche à un sujet dont on parle assez peu,
03:48qui est la fameuse génération sandwich.
03:51Le fait qu'on ait des enfants de plus en plus tard
03:53et qu'on vive aussi de plus en plus longtemps,
03:58a fait que, pardon, excusez-moi, c'est pas très joli.
04:01Je me reprends moi-même.
04:03Il y a les deux bouts, quoi.
04:03On a des enfants très tard et on a des parents qui...
04:05Cette génération sandwich, c'est cette génération
04:07qui est entre des enfants qui sont très jeunes
04:09et dont il faut encore s'occuper, qu'il faut encore accompagner,
04:11mais des parents âgés qu'il faut accompagner aussi,
04:15tout en ayant un travail qui...
04:17On est à un moment de sa carrière, en général,
04:19où on nous demande beaucoup.
04:20Et donc, cette génération sandwich doit s'occuper
04:22des enfants à la maison, potentiellement malades,
04:24des parents, potentiellement malades,
04:27et de sa carrière.
04:28Et cette génération sandwich est peut-être celle
04:31qui se plaint le moins, qui en parle le moins,
04:33et qui subit le plus.
04:35« How much » s'intéresse aux rémunérations.
04:38Et à travers cette étude, on voit évidemment qu'il y a une volonté,
04:40une demande de flexibilité.
04:42On voit, et on le redit, qu'il y a une peur d'évoquer ce sujet
04:45avec ses managers ou sa hiérarchie.
04:47Et puis, on voit un autre sujet qui a émergé
04:49lorsqu'on a parlé de ces sujets sur le plateau,
04:51confirmé dans votre étude,
04:52c'est qu'il y a une baisse de pouvoir d'achat des aidants.
04:56Les aidants, ils ont besoin de deux choses.
04:57Ils ont besoin de temps, ils ont besoin d'argent.
05:01Accompagner un proche ou une proche malade,
05:03ça coûte de l'argent.
05:04Quand bien même on est en France
05:05et qu'on a un système social qui nous soutient,
05:07il y a beaucoup de déplacements,
05:09de dépassements et de déplacements
05:10qui nécessitent certains moyens.
05:14Qui plus est, dire qu'on a besoin de temps,
05:17en France, là aussi, c'est assez mal vu.
05:19Dire qu'on a besoin de passer à temps partiel,
05:21quel que soit le projet, c'est mal vu.
05:22On est encore dans un système
05:24qui favorise le présentéisme.
05:26Avant de nous quitter, cette étude,
05:28vous l'envoyez évidemment au DRH,
05:30aux entreprises, pour leur dire
05:31que c'est une photographie très fraîche,
05:35très récente, d'une situation d'aidant.
05:37Allez les voir, vos aidants.
05:38Allez les voir, vos salariés, peut-être.
05:40Moi, en tant que manager,
05:41il y a longtemps, j'ai été confrontée
05:43à un aidant, une personne.
05:45C'était sûrement la personne
05:46la plus enthousiaste de l'équipe,
05:47la plus proactive, la plus sympa.
05:49Et un jour, il m'a avoué
05:51qu'il était en situation d'aidance,
05:52mais dans une situation grave.
05:53Et il m'a fait promettre
05:54de ne le dire à personne.
05:57Parce qu'il avait très, très peur
05:58que ça le pénalise,
05:59qu'on ne le regarde plus pareil,
06:00qu'on ne lui confie plus les bons projets.
06:02Et il était, en plus,
06:03cette personne était assez jeune,
06:04il avait une trentaine d'années.
06:06Il dit, si on me coupe les ailes maintenant,
06:08ça va être très dur de rebondir
06:09et d'être de nouveau venu.
06:11Absolument.
06:12Merci Sandrine Dorp d'être venue
06:13nous écrire.
06:14Étude importante, elle vient de sortir.
06:16Créatrice d'AoMudge,
06:17vous la retrouvez évidemment
06:18sur le site d'AoMudge
06:20qui s'intéresse à la rémunération,
06:21mais vous l'aurez compris
06:22au sens concret et large.
06:24Merci de nous avoir rendu visite.
06:26On tourne une page.
06:26Tiens, on s'intéresse à un sujet
06:28auquel on est confronté sans le vouloir.
06:30D'ailleurs, les influenceurs,
06:31vous savez, quand vous scrollez sur Internet,
06:33pour mille et une choses,
06:35mille et un produits,
06:36vous avez ceux qui vous propagent,
06:38qui vous les vendent.
06:38Alors, il n'y a pas que des produits aussi.
06:40Ils sont parfois les portes-drapeaux
06:41d'une entreprise.
06:42On ne s'en rend pas toujours compte,
06:43mais ce sont des influenceurs,
06:45des artistes d'ailleurs,
06:46ou des commerçants.
06:47On en parle avec mes invités.
06:48C'est le thème du débat.
06:50C'est le cercle et rachetés tout de suite.
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