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  • il y a 8 heures
Les clefs d'une vie de José Frèches

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##LES_CLEFS_D_UNE_VIE-2026-02-18##

Catégorie

Personnes
Transcription
00:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:03Sud Radio, les clés d'une vie, celle de mon invité.
00:06Depuis un demi-siècle, vous avez énormément travaillé dans des univers très différents.
00:11Vos souvenirs du passé vous donnent un recul qui vous permet aujourd'hui d'aller de l'avant
00:16dans un roman où se mêlent le passé et le futur.
00:19Bonjour José Frèche.
00:20Bonjour.
00:21Alors, on vous avait reçu tout au début des clés d'une vie, il y a bien longtemps.
00:24Vous avez fait beaucoup de choses depuis.
00:25Et puis ce livre, La Présidente, qui se termine en 2040, qui est chez Ixo, qu'on va évoquer tout
00:32à l'heure.
00:32Mais le principe des clés d'une vie, vous le savez, c'est d'évoquer votre parcours à travers des
00:37dates clés.
00:38Donc j'ai un peu trouvé des dates différentes de la première fois.
00:41Et notamment le 3 janvier 1984, votre première télé.
00:45Vous parlez justement d'une première dans tous les sens du terme, aux actualités régionales de l'île de France.
00:51On vous présente comme le monsieur câble de la ville de Paris.
00:54Et vous évoquez un projet novateur, une télévision par câble pilote dans le 13e arrondissement.
01:00Oui, effectivement, c'était un des grands dossiers que le maire de Paris de l'époque, Jacques Chirac, m'avait
01:05confié.
01:07Jusqu'à cette époque-là, il y avait peu de chaînes de télévision et elles étaient toutes diffusées par voie
01:12hertienne.
01:13Et il y en avait trois, exactement.
01:14Il y en avait trois et bientôt une quatrième qui était la fameuse quatrième chaîne.
01:19Et donc la télévision par câble qui avait été développée aux Etats-Unis et au Canada,
01:24ça consistait à envoyer les images de télévision par des fils et non plus par des voies hertiennes.
01:29Et donc ça permettait d'avoir plusieurs télévisions.
01:32Et donc déjà en 1984, par exemple à Montréal, les abonnés à la télévision par câble avaient 20, 30, 40
01:40chaînes de télévision.
01:41Alors qu'en France, on n'en avait que trois.
01:43Et effectivement, l'idée qui avait été lancée à l'époque, c'était donc de diffuser toutes ces télévisions dans
01:50la ville de Paris et alentour
01:51pour justement permettre aux téléspectateurs d'avoir un choix beaucoup plus important que celui qui était à la disposition des
01:59gens à l'époque.
02:00Et l'objectif était alors très modeste, José Frèche, puisque je crois que vous aviez prévu 46 000 abonnés pour
02:06la première saison.
02:07Oui, parce qu'en fait, on était tributaire du réseau de téléphones,
02:11puisque c'était du fil de cuivre qui devait acheminer les images de télévision par câble.
02:17C'était à l'époque ce qui était l'ancêtre de France Télécom et donc d'Orange,
02:25qui était la direction générale des télécommunications.
02:28Vous voyez, nous sommes dans des temps antédiluviens, qui était l'opérateur.
02:31Et donc, l'idée était d'utiliser le réseau de téléphones tel qu'il existait,
02:38de faire ce qu'on appelle toujours un multiplexage qui permettait de diffuser plusieurs canaux de télévision
02:44sur les fils qui, normalement, étaient réservés à la voix, puisque c'était le téléphone.
02:50Donc, c'est l'ancêtre de la télévision d'aujourd'hui, José Frèche ?
02:52Donc, c'est l'ancêtre de la télévision d'aujourd'hui.
02:54À ceci près qu'à l'époque, le signal était toujours analogique.
02:58Il n'était pas encore numérique, numérisé.
03:01Et donc, on était vraiment au balbutiement de la nouvelle économie d'aujourd'hui.
03:06Mais bon, les choses ont toujours un début.
03:09Oui, mais on imaginait qu'il y aurait autant de chaînes aujourd'hui.
03:13Alors, certainement pas, parce que, d'abord, il n'y avait pas encore l'offre de toutes les télévisions par
03:18satellite.
03:19La numérisation du signal n'existait pas encore.
03:22En tout cas, elle était à ses balbutiements.
03:24Donc, on tablait sur 20, 30 chaînes de télévision.
03:27Ce qui paraissait déjà absolument colossal à l'époque.
03:31Alors, une autre nouveauté pour vous et une autre première,
03:34c'est que lorsque la mairie de Paris a été gagnée par Jacques Chirac,
03:38vous êtes devenu l'un des premiers à travailler à la communication de la ville de Paris.
03:42Il n'y en avait pas à ce moment-là.
03:43Ben oui, il n'y en avait pas.
03:44Et donc, moi, j'ai fait la connaissance de Jacques Chirac.
03:47C'était en 1982.
03:50Donc, à l'époque, j'étais encore un tout jeune conseiller à la cour des comptes qui était le corps
03:55d'origine de Chirac.
03:57Et c'est comme ça que moi, j'ai pu rentrer à la mairie parce que je lui avais écrit
04:02un petit mot.
04:02Il m'a reçu très gentiment et il m'a effectivement proposé de travailler à la direction de la communication
04:07qui était une direction qu'il avait lancée lorsqu'il avait été élu maire de Paris quelques années plus tôt.
04:13Le premier maire de Paris, je l'ai un peu retrouvé, il s'appelait Jean-Sylvain Bailly.
04:18Je ne sais pas si vous le savez.
04:19Il a été élu le 14 juillet 1989.
04:22Et lorsque le roi Louis XVI est venu lui présenter ses civilités,
04:26il lui a offert une sorte de médaille, une coquette tricolore.
04:29C'est vrai.
04:29Et ensuite, la mairie de Paris a été considérée très rapidement par le pouvoir central comme quelque chose de gênant.
04:36Et donc, elle n'a bénéficié d'un statut de plein exercice, c'est-à-dire d'un statut municipal,
04:42qu'en 1977, c'est Giscard qui l'a voulu.
04:48En imaginant qu'il allait mettre, Giscard, à la mairie de Paris, un de ses fidèles qui était Michel Dornano,
04:55et manque de peau pour Michel Dornano, c'est Jacques Chirac qui a été l'humain de Paris.
04:59Et on peut dire que pour Chirac, la conquête de la mairie de Paris a été un premier pas vers
05:04la conquête de l'Elysée.
05:05Alors, il se trouve aussi que c'était une époque où la mairie de Paris avait encore une dimension humaine.
05:10Il n'y avait pas de ras dans les rues de Paris.
05:13Effectivement, il n'y avait pas de ras dans les rues de Paris.
05:15Et je pense aussi, sans faire de mauvais esprit, qu'il y avait beaucoup, beaucoup moins de fonctionnaires
05:20et de personnel pléthorique, comme c'est le cas aujourd'hui à la mairie.
05:26D'après ce qui se dit et d'après les chiffres qui circulent.
05:29Oui, et il circule bien en ce moment.
05:31Alors, il se trouve aussi que vous êtes quand même très loin de votre ville natale, Dax,
05:34parce que vous n'êtes pas du tout de Paris.
05:36Et Dax, d'ailleurs, j'ai découvert qu'aux Etats-Unis, on connaît Dax, mais pas la ville,
05:40parce qu'on l'associe à Dax Shepard, un acteur humoriste
05:43qui anime Armchair Expert, un podcast qui interview des célébrités.
05:47Ah, vous voyez, alors là, vous me l'apprenez.
05:49Et c'est vrai que Dax, c'est votre ville d'origine, avec un père, Claude Henry,
05:54qui était professeur de lycée et d'université, je crois.
05:56Oui, qui a fait sa carrière d'abord à l'étranger,
06:00et ensuite qui a fini comme professeur à l'université d'Aix-en-Provence,
06:04où moi-même, j'ai passé mon bac et j'ai fait mes premières années à l'université.
06:08Et dans vos jeunes années, Joseph Frech, vous avez beaucoup déménagé.
06:11Nous avons effectivement beaucoup déménagé.
06:14Nous avons... Moi, je suis presque né au Portugal.
06:16C'est pour ça que je m'appelle... De mon prénom, c'est José.
06:20Ensuite, nous sommes partis au Brésil.
06:22Ensuite, nous sommes passés en Italie, à Rome,
06:27où mon père était au lycée Châteaubriand,
06:30au moment, d'ailleurs, des Jeux Olympiques.
06:33Et ensuite, nous sommes revenus au Portugal,
06:35et enfin, aller à Aix-en-Provence,
06:38qui était pour moi la première fois où j'habitais vraiment en France.
06:42Donc, j'avais, à l'époque, 16 ans, 17 ans.
06:47Et donc, j'ai découvert la France sur le tard.
06:50Je la connaissais uniquement pendant les vacances,
06:52lorsque nous rentrions dans les Landes, qui est mon berceau familial.
06:56Alors, il se trouve que je me suis un peu renseigné,
06:58et que le lycée où vous avez commencé vos études à São Paulo,
07:02s'appelle le lycée Pasteur.
07:03Oui, absolument.
07:03C'est un lycée plus prestigieux du Brésil.
07:06C'était comme beaucoup de lycées français à l'époque,
07:10et surtout, d'ailleurs, au Brésil,
07:11puisque le Brésil a une tradition francophile et francophone
07:15extrêmement importante depuis le 19e siècle.
07:19Par exemple, au Brésil,
07:22Auguste Comte, le philosophe positiviste,
07:27a été tellement considéré comme une star, entre guillemets,
07:31de la philosophie, qui avait des temples,
07:34encore dans les années 1960,
07:36à São Paulo et à Rio de Janeiro,
07:38d'Auguste Comte.
07:39Et donc, les gens adhéraient au positivisme d'Auguste Comte,
07:44et parlaient évidemment français.
07:46Et pendant la guerre,
07:48beaucoup de Français sont partis au Brésil,
07:50dont l'Orchestre de Reventura,
07:51et au retour, est né, avec cet orchestre et Paul Mistraqui,
07:55la première amba.
07:56C'était la plus belle fille du Brésil.
08:01Maria de Bahia,
08:02on ne connaissait pas la samba en France à cette époque,
08:04je ne sais pas si vous le savez.
08:05Non.
08:06Et c'est l'Orchestre de Reventura qui l'a rapporté,
08:08et elle est devenue célèbre.
08:09Formidable.
08:09Et il y a donc,
08:10à Rome, le lycée Châteaubriand,
08:12il était sous l'égide de l'ambassade de France.
08:14C'est quand même une autre époque, José Frèche.
08:16Oui, c'est une autre époque.
08:17C'était l'époque où,
08:19donc,
08:20au lycée Châteaubriand,
08:22il y avait à la fois les Français expatriés,
08:26dont je faisais partie avec ma famille,
08:28et puis il y avait également
08:30des rejetons de la grande noblesse romaine,
08:33donc les Pamphilies,
08:35les Borgias,
08:35etc.,
08:36qui avaient leurs enfants
08:37au lycée Châteaubriand,
08:39qui étaient effectivement considérés,
08:41à l'époque,
08:41comme un lycée élitiste,
08:43et il y avait effectivement
08:45des cours d'italien
08:47de très bon niveau au lycée,
08:49justement,
08:50à destination de ces Italiens
08:51qui venaient faire leurs études.
08:54Et il y avait eu une professeure célèbre,
08:55Lucie Aubrac,
08:56je crois qu'elle a enseigné là-bas,
08:58et je crois que l'élève la plus célèbre,
09:00c'est Edmond de Charleroux.
09:01Ah oui, absolument,
09:02parce que je crois que son père
09:03était ambassadeur
09:04ou consul général à Naples,
09:05je ne sais plus.
09:07Et quand il y a eu le centenaire du lycée,
09:08elle est allée faire une conférence
09:10en évoquant 14 années passées à Rome
09:12entre lumière et découverte.
09:14Oui, et moi j'ai eu la chance à Rome
09:16de faire mon entrée en sixième à Rome,
09:21donc apprentissage du latin à Rome.
09:24Et donc, c'était,
09:25je garde de ces deux ou trois années,
09:29sixième, cinquième, quatrième,
09:32effectuées à Rome,
09:33un souvenir absolument inoubliable.
09:36C'était l'époque,
09:37dans les années 60,
09:38c'était tout à fait l'époque
09:40de la Dolce Vita encore.
09:41Et il y a eu ensuite le Portugal
09:43avec le lycée Charles-le-Pierre.
09:46Et là aussi,
09:47c'est un établissement
09:48où les valeurs de la langue française
09:50sont respectées.
09:51Absolument,
09:51et c'est également un établissement
09:53très coté à Lisbonne
09:57où toutes les nationalités
09:59présentes au Portugal
10:00font leurs études
10:01au lycée Charles-le-Pierre.
10:03Le problème dans tout ça,
10:04Joseph Frech,
10:05c'est qu'on ne se fait pas de copains
10:07pendant les années de lycée.
10:08C'est-à-dire,
10:09on peut s'en faire,
10:12mais comme on change beaucoup,
10:15on se perd de vue,
10:16alors ensuite,
10:17on se retrouve.
10:19Moi, j'ai retrouvé
10:20un très bon ami
10:22de lycée au Portugal,
10:25dont le père était conseiller
10:27d'ambassade,
10:28et qui d'ailleurs maintenant
10:29est un éminent membre
10:30de l'Académie des Beaux-Arts,
10:32et un des plus grands dessinateurs,
10:35graveurs français,
10:36Éric Desmazières.
10:37Et il se trouve aussi
10:38que vous êtes arrivé en France
10:39en mai 68, pratiquement.
10:41Absolument,
10:41un an avant
10:43le mois de mai 68,
10:44et je dois dire,
10:45la première fois
10:46que j'ai découvert Aix-en-Provence,
10:48donc en fin 66,
10:51début 67,
10:52ce qui m'a surpris le plus,
10:55Aix-en-Provence,
10:56à l'époque,
10:56était une petite ville,
10:58il y avait à peine
10:5830 000 habitants,
11:00ce qui m'a surpris le plus,
11:02c'était le nombre
11:03de magasins,
11:03de commerces.
11:05Je n'avais jamais vu
11:06des rues
11:06avec autant de magasins
11:08à touche-touche.
11:09A Lisbonne,
11:10il y avait beaucoup moins
11:11de magasins,
11:11c'est des souvenirs
11:13presque d'enfance,
11:14mais extrêmement frappants,
11:16et donc une ville commerçante
11:17comme je n'en connaissais pas.
11:19Ça, c'était les débuts,
11:20et puis il y a une autre date
11:21que j'ai repérée
11:23dans votre parcours,
11:24c'est le 29 janvier 1972.
11:26A tout de suite
11:27sur Sud Radio
11:28avec José Frèche.
11:29Sud Radio,
11:30les clés d'une vie,
11:31Jacques Pessis.
11:32Sud Radio,
11:33les clés d'une vie,
11:34mon invité José Frèche,
11:35nous parlerons tout à l'heure
11:37de ce nouveau roman volumineux,
11:39La Présidente,
11:40chez Ixo,
11:41un roman qui se passe
11:42de 1981 à 2040,
11:45c'est demain.
11:45Alors, une autre date
11:47qui est dans votre parcours,
11:48après vos débuts,
11:49le 29 janvier 1972,
11:52j'ai repéré
11:53votre première conférence
11:55des initiations
11:57aux esthétiques de l'Asie,
11:59une conférence
12:00sur l'art de la Chine
12:01au musée Guimet.
12:03Absolument,
12:04parce qu'à l'époque,
12:05j'avais été reçu
12:07au conservateur
12:08des musées de France,
12:09qui aujourd'hui
12:10est l'équivalent
12:10de l'Institut du patrimoine,
12:12donc un concours
12:13qui permettait
12:14de devenir conservateur.
12:15Vous étiez premier,
12:16je crois, non ?
12:16Oui, j'ai été reçu premier,
12:18effectivement.
12:20Et ce qui ne m'a pas empêché
12:22d'ailleurs de quitter
12:22les musées assez vite.
12:24Et donc, à l'époque,
12:25j'étais un conservateur
12:26stagiaire au musée Guimet,
12:28puisque j'avais appris
12:29le chinois
12:29et donc on m'avait affecté
12:31au musée Guimet.
12:31Et effectivement,
12:32au musée Guimet,
12:33il y a une jolie salle
12:36de théâtre
12:37au sous-sol
12:38et il y avait,
12:39je crois que c'était
12:40le samedi après-midi,
12:41des conférences
12:42qui étaient ouvertes au public
12:44justement sur les arts
12:45de l'Asie
12:45et j'étais à l'époque
12:47la directrice du musée
12:48m'avait demandé
12:48si je serais d'accord
12:50pour faire des conférences.
12:51Donc, j'ai accepté,
12:52effectivement,
12:53j'ai fait cette conférence.
12:54Ce jour-là,
12:54vous voyez,
12:54je ne m'en souvenais pas
12:55mais vous me le rappelez.
12:56Vous l'avez refait
12:5715 jours plus tard d'ailleurs.
12:58C'est possible.
12:59Et le musée Guimet,
13:00on a un peu oublié,
13:01mais il a été créé
13:02en 1889
13:03au moment
13:04de l'exposition universelle
13:05de Paris.
13:05Absolument,
13:06par Émile Guimet
13:07qui était un industriel lyonnais,
13:09qui était un homme
13:11curieux,
13:12un grand voyageur
13:13qui avait amassé
13:15une collection d'arts asiatiques
13:16qui a commencé
13:17par faire un musée Guimet
13:18à Lyon
13:19et ensuite,
13:21il a,
13:21si j'ose dire,
13:22transformé l'essai
13:23en bâtissant
13:25le musée Guimet
13:27à Paris
13:27qui à l'époque
13:28était un musée
13:29qui était centré
13:30essentiellement d'ailleurs
13:31sur l'Indochine,
13:33le Cambodge
13:33et pas encore
13:34tout à fait sur la Chine
13:36et petit à petit,
13:38quand Guimet
13:38est mort
13:39et qu'il a fait
13:39l'aigle de sa collection,
13:41l'État français,
13:42donc le Louvre
13:43et le ministère des Beaux-Arts
13:44à l'époque
13:45et de la Culture après,
13:47ont enrichi
13:47les collections
13:48du musée Guimet
13:48qui est aujourd'hui
13:51le musée asiatique
13:53hors de Chine
13:53le plus important
13:54concernant les collections.
13:56Et le père
13:57d'Étienne Guimet,
13:57Jean-Baptiste Guimet
13:58était un chimiste important,
14:00parce que vous le savez,
14:01il a mis au point
14:01une couleur,
14:02le bleu intense
14:04qui est devenu universel
14:05dans la peinture
14:06et dans la mode
14:06et le bleu michou,
14:07à la base,
14:08c'est le bleu intense
14:09de Jean-Baptiste Guimet.
14:10Effectivement,
14:11c'est une famille,
14:13je savais que
14:14la famille Guimet
14:16était une famille
14:16d'industriels
14:17de la chimie.
14:19Alors,
14:19la passion pour la Chine,
14:20c'est né comment,
14:21José ?
14:21Alors,
14:22la passion pour la Chine,
14:23elle est née,
14:24en fait,
14:25de manière assez fortuite.
14:27À l'époque,
14:27nous étions au Brésil
14:29et donc,
14:30on m'avait offert
14:31pour mon anniversaire
14:32Tintin et Lotus Bleu
14:33et c'est comme ça
14:34que d'abord,
14:35j'ai découvert
14:36l'écriture chinoise,
14:37les idéogrammes,
14:38l'écriture de haut en bas
14:42et puis,
14:43à l'époque,
14:45ma fascination
14:47pour justement
14:48le Shanghai
14:49des années 30
14:50puisque c'est le cadre
14:51dans lequel
14:53Hergé met son héros
14:55Tintin,
14:57le Lotus Bleu
14:58et donc,
14:59tout ça,
14:59ça m'a donné envie
15:00d'aller voir
15:02un peu de l'autre côté
15:03de la mer
15:04et des océans
15:05ce qui se passait
15:06dans l'extrême-orient
15:08et donc,
15:08en particulier en Chine
15:09et c'est comme ça
15:10qu'Aix-en-Provence,
15:12j'ai eu la possibilité
15:14après mon bac
15:15de m'inscrire
15:16à la faculté
15:17des lettres d'Aix
15:18où il y avait justement
15:19pour la première fois
15:20un enseignement de chinois
15:21qui avait été ouvert.
15:22Oui,
15:23je crois qu'il y avait
15:23quatre personnes inscrites.
15:24Il y avait quatre personnes inscrites
15:26dont je faisais partie
15:28un très grand professeur
15:30qui était Léon Van Der Merch
15:31qui malheureusement
15:32est décédé il y a quelques années
15:33qui était un grand spécialiste
15:36de l'écriture chinoise archaïque
15:38et donc un monsieur
15:39d'une très très haute volée scientifique
15:41qui apprenait
15:42aux béossiens
15:44que nous étions
15:45ces quatre élèves
15:47le béabar,
15:48si j'ose dire,
15:49du chinois
15:50et donc c'est comme ça
15:51que j'ai commencé
15:52à me familiariser
15:54avec cette civilisation
15:55tout à fait étonnante
15:56et tout à fait foisonnante
15:58qu'est la civilisation chinoise.
16:00Alors il se trouve
16:01José Frèche
16:01qu'en même temps
16:02tout en faisant
16:03une licence de l'art
16:04en chinois
16:05vous avez obtenu
16:06un diplôme
16:07d'institut politique.
16:08Ça n'a rien à voir au départ ?
16:09Ça n'a rien à voir
16:10mais c'était effectivement
16:11à l'époque
16:12on pouvait faire
16:13il n'y avait pas
16:14parcoursup
16:15il n'y avait pas
16:15un système
16:17un peu d'entonnoir
16:18aujourd'hui
16:19où malheureusement
16:19on met les jeunes
16:21et on ne leur donne
16:22pas trop le choix
16:22parce qu'ils sont
16:24un peu conduits
16:25comme ça
16:25par des algorithmes
16:26vers une
16:29une discipline
16:30particulière.
16:31À l'époque
16:31on pouvait
16:33je dirais
16:33butiner un peu
16:34à droite à gauche
16:35et effectivement
16:35j'avais suivi
16:37j'avais suivi
16:38les cours
16:38de l'institut
16:39d'études politiques
16:41d'Aix-en-Provence
16:42qui se trouvait
16:43d'ailleurs juste
16:43à côté
16:44de la faculté
16:45des lettres
16:45où on enseignait
16:46à la fois
16:47l'histoire de l'art
16:47et le chinois
16:48et donc
16:49j'ai effectivement
16:50eu un diplôme
16:51de sciences politiques
16:52non pas de Paris
16:53mais d'Aix-en-Provence
16:54à l'époque.
16:55Et résultat
16:56un petit tour
16:57dans les musées
16:57guillemets
16:58le Louvre en particulier
16:59en province
17:00et puis vous passez
17:01à autre chose
17:01c'est-à-dire
17:02que vous décidez
17:02de faire l'ENA.
17:03C'est-à-dire
17:04entre-temps
17:06je me marie
17:07je fais mon service militaire
17:09dans les services spéciaux
17:11donc
17:11qui était
17:12à l'époque
17:13ça ne s'appelait pas encore
17:14la DGSE
17:15c'était le SDEC
17:16donc je fais
17:18puisque je parlais chinois
17:19on m'avait
17:20orienté par là
17:22on m'a d'ailleurs
17:23proposé
17:24à la fin
17:25du service
17:26de rentrer
17:26dans les services spéciaux
17:28de devenir agent secret
17:29je n'ai pas voulu
17:31j'ai peut-être eu tort
17:32vous auriez écrit
17:32les livres
17:33j'ai peut-être eu tort
17:34mais bon
17:35le colonel
17:36qui dirigeait
17:37le service
17:38du renseignement
17:39était un peu déçu
17:40parce qu'il m'avait demandé
17:41il m'avait dit
17:41mais il faut
17:42on vous embauche
17:43tout de suite
17:44on vous prend
17:45sous-lieutenant
17:46et ensuite
17:47vous serez
17:48lieutenant
17:49capitaine
17:50etc
17:50donc je n'ai pas voulu
17:52et effectivement
17:53quelques années après
17:54j'ai passé
17:57le concours
17:57de l'ENA
17:58et je suis devenu
18:00par la suite
18:02auditeur
18:02à la cour des comptes
18:03et pourquoi ce changement ?
18:05ça ne vous intéressait plus
18:05les musées ?
18:06si vous voulez
18:07il y avait
18:07c'était
18:09pour une raison
18:10d'abord
18:11effectivement
18:11disons que
18:12j'étais
18:14peut-être un peu jeune
18:15lorsque je suis rentré
18:18dans les musées
18:19et j'avais un peu peur
18:20de devenir
18:22un savant poussiéreux
18:24qui s'intéresse
18:25à des objets
18:26qui va travailler
18:27pendant des mois
18:29et des mois
18:29sur une petite coupe
18:31ancienne
18:32en bronze
18:33archaïque
18:33avec des inscriptions
18:34puis qui va publier ça
18:36etc
18:36donc ça me faisait
18:37un peu peur
18:38pour ne rien vous cacher
18:39et puis aussi
18:41précision
18:42non négligeable
18:44les conservateurs
18:45à l'époque
18:46étaient très très mal payés
18:47on était vraiment payés
18:50alors que le concours
18:52d'accès
18:52était très sélectif
18:54on était très très mal payés
18:56et donc
18:58à l'époque
18:59dans les musées
19:00il y avait deux catégories
19:02de personnes
19:02il y avait soit
19:03les gens
19:03qui avaient beaucoup d'argent
19:05qui étaient
19:05d'ailleurs tout le monde
19:06était des savants
19:08très importants
19:09mais il y avait des gens
19:10qui étaient là
19:11pour la beauté du geste
19:13et qui n'avaient pas
19:14de problème
19:15ils habitaient
19:15les hôtels particuliers
19:16ils étaient
19:18des grands héritiers
19:19et puis il y avait
19:20d'autres personnes
19:21qui elles
19:22avaient un peu
19:22mon profil
19:23et que je voyais
19:24tirer la langue
19:27et donc je me suis dit
19:28non tu ne peux pas
19:29tu ne vas pas
19:30rester là-dedans
19:31et donc
19:33effectivement
19:33j'ai passé
19:34le concours
19:35de l'ENA
19:35et je suis devenu
19:38haut fonctionnaire
19:38et c'est comme ça
19:39d'ailleurs
19:39que je suis rentré
19:40au service de Chirac
19:42en 1982
19:43et il se trouve
19:44José Frèche
19:45que votre promotion
19:45c'était la promotion
19:46Pierre Manex France
19:47et que parmi les promus
19:49il y avait un certain
19:49Philippe de Villiers
19:50je crois
19:50absolument
19:51qui est un ami
19:53que je connais bien
19:56et qui déjà à l'époque
19:58avait lancé
19:59le Puy du Fou
20:02et d'ailleurs
20:05on avait lié connaissance
20:07et même eu des liens
20:08amicaux
20:09pendant la scolarité
20:11et après la scolarité
20:13on ne s'est pas perdu de vue
20:15parce que Philippe
20:16lui il est devenu
20:17sous-préfet
20:18à la sortie de l'ENA
20:19et quand
20:21en 1981
20:22il a démissionné
20:23avec fracas
20:25du corps préfectoral
20:28et il est devenu
20:30il est rentré en politique
20:31et à ce moment-là
20:33on a continué à se voir
20:35et voilà
20:37donc s'il écoute
20:38cette émission
20:39je lui passe le bonjour
20:40et puis alors
20:41vous êtes effectivement
20:41plutôt que le passé
20:43vous avez choisi le futur
20:44puisque vous avez travaillé
20:45auprès de Jacques Chirac
20:46en emmenant un homme d'image
20:47et en mettant au point
20:49avec la vidéothèque
20:50des films sur Paris
20:52et le premier film sur Paris
20:53c'était celui-ci
20:54c'est ainsi
20:55tu auras que
20:57on cueille comme une fleur
20:59premier film parlant et chantant
21:01sous le toit de Paris
21:02de René Clerc
21:02avec Albert Préjean
21:04diffusé à la vidéothèque
21:05car la vidéothèque de Paris
21:06ça a été également
21:07quelque chose d'important
21:08dans votre parcours José Frèche
21:10oui absolument
21:10alors la vidéothèque
21:12avait été créée par Chirac
21:17et l'idée
21:18c'était de rassembler
21:20dans un lieu
21:21toutes les images sur Paris
21:22les images fixes
21:23et animées
21:24et de mettre en place
21:26de les mettre
21:27sur des cassettes
21:28les films
21:29ou les reportages
21:31à l'époque
21:31il n'y avait pas encore
21:32des disques compacts
21:33et encore moins
21:34des clés USB
21:35et donc les cassettes
21:37ensuite étaient disposées
21:38dans des racks
21:39et il y avait un robot
21:40qui venait les chercher
21:41et on pouvait piloter ça
21:42depuis une salle
21:44où le public
21:45pouvait venir s'installer
21:46et appeler donc
21:48le film
21:49et l'image
21:50qu'ils voulaient voir
21:50sur une console
21:52et l'idée
21:53de la médiathèque
21:55à l'époque
21:56on l'appelait
21:56la vidéothèque
21:57et aujourd'hui
21:58c'est Paris
21:59Forum des images
22:00et donc l'idée
22:02avait été soufflée
22:03à Chirac
22:04par un poète
22:06un grand poète français
22:07qui était Pierre-Emmanuel
22:08exactement
22:09qui avait
22:11bon Chirac
22:12avait comme ça
22:13des
22:14de très grandes
22:16admirations
22:17pour des
22:18pour des poètes
22:20ou pour des
22:21des écrivains
22:23enfin
22:23ou des grands historiens
22:25enfin bon
22:25des gens qui étaient
22:26quand même
22:26toujours d'ailleurs
22:27un peu marginaux
22:28dans leurs bords
22:29sur les bords
22:30et donc
22:33ces gens-là
22:34avaient accès à Chirac
22:35en direct
22:37Chirac les voyait
22:38en tête à tête
22:38et puis comme ça
22:40un beau jour
22:40il y avait quelque chose
22:41qui tombait
22:41Lucas
22:42il disait
22:42bon vous allez
22:44il y a telle personne
22:45qui m'a dit ça
22:46et on va faire ça
22:47et donc c'est comme ça
22:47que le Forum des images
22:50la vidéothèque de Paris
22:52est sortie des limbes
22:53et effectivement
22:54à un moment donné
22:55Chirac m'a demandé
22:56de devenir le directeur
22:58de cette
22:59de cette institution
23:00que nous avons
23:01inauguré en 1988
23:03exactement
23:04alors ça c'est le côté image
23:05et puis il y a le côté écrit
23:06qu'on va commencer à évoquer
23:08à travers la date
23:09du 28 août 2002
23:10à tout de suite
23:11sur Sud Radio
23:11avec José Frèche
23:14Sud Radio
23:14les clés d'une vie
23:15Jacques Pessis
23:16Sud Radio
23:17les clés d'une vie
23:18mon invité
23:19José Frèche
23:20la présidente
23:21le roman chez Ixo
23:22on va en parler tout à l'heure
23:23mais j'en reviens
23:24au 28 août 2002
23:25un jour qui a changé
23:27votre vie
23:27car ce jour-là
23:28sort le premier tome
23:29d'une trilogie
23:30le disque de Jade
23:31et c'est un roman
23:32qui se déroule en Chine
23:33au 3ème siècle
23:34avant Jésus-Christ
23:35et ce roman
23:36va changer votre vie
23:37José Frèche
23:37oui parce que
23:38d'abord il va marcher
23:40énormément
23:41il marche bien
23:43donc l'éditeur
23:44Berlin Fixot
23:46est content
23:47et moi je me dis
23:48au fond
23:49que
23:49j'ai peut-être
23:50c'est peut-être
23:52un sillon
23:52que je vais creuser
23:54que je dois creuser
23:55puisque d'abord
23:57je m'accomplis
23:58beaucoup dans l'écriture
23:59donc je
24:01j'aime écrire
24:02et j'aime
24:04penser des choses
24:05qu'ensuite
24:06je vais coucher
24:07sur le papier
24:07et surtout
24:09dans le domaine
24:10de la fiction
24:13et donc effectivement
24:14à partir de ce moment-là
24:16je décide
24:17de me consacrer
24:17davantage
24:18à l'écriture
24:20et donc
24:24j'écris
24:26d'abord
24:26les trois tomes
24:27du disque de Jade
24:29et ensuite
24:29il y a d'autres
24:31romans
24:31qui se dessinent
24:33et qui se mettent en route
24:34je crois qu'au départ
24:35vous êtes arrivé
24:36chez Bernard Fixot
24:37avec l'idée de ce roman
24:38et il a bondi
24:39de son fauteuil
24:40en disant
24:40il y a dix ans
24:41que j'attendais un sujet
24:41sur la Chine
24:42oui parce que Bernard
24:43lui avait
24:45découvert
24:46Christian Jacques
24:46et donc
24:48déjà
24:48des romans historiques
24:50sur l'Egypte
24:51et puis effectivement
24:52quand je l'ai rencontré
24:54et c'est ce qu'il m'a dit
24:56et effectivement
24:57les deux civilisations
25:02qui dans l'imaginaire
25:04occidental
25:05font le plus rêver
25:06c'est
25:07l'Egypte
25:08et la Chine
25:09donc
25:10effectivement
25:11ça paraît
25:12assez logique
25:13que
25:13dans le domaine
25:15de la Chine
25:15on puisse
25:16développer
25:17un certain nombre
25:18d'histoires
25:19et développer
25:20des histoires
25:20mêlant
25:21un cadre historique
25:22réel
25:24et scientifiquement
25:25établi
25:25avec
25:27des héros
25:28romancés
25:29qui eux
25:29vont se
25:30naviguer
25:31dans cette
25:32civilisation
25:33tout à fait étonnante
25:34mais au départ
25:34romancier
25:35c'était pas prévu
25:36dans votre parcours
25:37José Frèche ?
25:38pas du tout
25:38pas du tout
25:41il faut dire
25:42avant
25:42moi j'ai été
25:43un peu prisonnier
25:44de mes diplômes
25:44mener de mes études
25:45puisque j'ai
25:48fait des études
25:49et comme j'avais
25:50une certaine facilité
25:51pour les faire
25:52je les ai
25:53si j'ose dire
25:54un peu accumulées
25:56et puis après
25:57je me suis rendu compte
25:58que c'était pas forcément
25:59ça
25:59qui me convenait
26:02ou dans lequel
26:03je m'épanouissais
26:05et donc
26:06effectivement
26:06la création
26:09est quelque chose
26:10qui correspond
26:11peut-être plus
26:12à mon tempérament
26:13et à ma vocation profonde
26:14et notamment
26:15la création littéraire
26:17et c'est un travail
26:18de recherche
26:19et de simplification
26:19en une époque
26:21où finalement
26:21la civilisation chinoise
26:23elle n'est pas très connue
26:23dans la littérature
26:24et encore moins
26:25dans la BD
26:26je me suis renseigné
26:26je n'ai trouvé
26:27dans les 60-70
26:28qu'une seule BD
26:29le Jushti
26:30inspiré d'une histoire chinoise
26:32dans Spirou
26:33sinon il n'y avait rien
26:33ça n'existait pas
26:34il y avait l'Egypte
26:35avec le mystère
26:35de la grande pyramide
26:36mais la Chine non
26:37absolument
26:37et
26:39c'est vrai que
26:40d'abord
26:41il faut dire aussi
26:41que d'abord la Chine
26:42c'est plus loin
26:43que l'Egypte
26:45bon puis l'Egypte
26:46nous on a quand même
26:47on a Napoléon
26:48qui a fait la campagne
26:51d'Egypte
26:52bon
26:54et puis l'Egypte
26:56à la limite
26:56si vous voulez
26:57d'abord
26:58la civilisation égyptienne
27:00n'existe plus
27:03et c'est un tout
27:04qui est peut-être
27:05plus simple
27:06que la civilisation chinoise
27:08qui est à quelque chose
27:09d'immense
27:10et qui continue
27:11à se dérouler
27:12puisque la Chine
27:14existe toujours
27:15et la Chine d'aujourd'hui
27:16la Chine communiste
27:17de Xi Jinping
27:19c'est une
27:20ça n'est que
27:20le prolongement
27:21de la Chine
27:23multiséculaire
27:23dont je parle
27:24dans le disque de Jade
27:25et donc
27:26ça
27:27vu aujourd'hui
27:30la crainte
27:31un peu
27:31qu'inspire la Chine
27:34je pense
27:35que c'est peut-être
27:36aujourd'hui
27:37peut-être un peu
27:37plus difficile
27:38de s'intéresser
27:39à la Chine
27:39à cause de ça
27:40que de s'intéresser
27:41à l'Egypte
27:42parce qu'au fond
27:42l'Egypte
27:43c'est les pharaons
27:44c'est les pyramides
27:46puis ça mange pas de pain
27:47on va aller voir
27:48le grand musée au Caire
27:49et puis voilà
27:50alors que la Chine
27:52ça peut éventuellement
27:53aujourd'hui
27:53nous inquiéter
27:54compte tenu
27:55de ce qui se passe
27:56sur la planète
28:00le 19 janvier
28:022026
28:03exactement
28:04c'est autre chose
28:04alors il se trouve
28:05qu'à l'époque
28:06non seulement
28:07vous êtes l'un des premiers
28:09à faire des livres
28:09sur la Chine
28:10mais en fait
28:11le cinéma
28:12n'en avait pas parlé
28:13sauf pour un film
28:19Les Chinois à Paris
28:20de Jean-Yan
28:20il caricaturait la Chine
28:23avec une invasion
28:24de la Chine
28:25tout à fait pacifique
28:26et il inventait
28:27un système de taxi
28:28en pousse-pousse
28:29je ne sais pas
28:29si vous connaissez
28:30ce film
28:31et c'est vrai
28:31qu'à l'époque
28:32ce film a marché
28:33mais c'était
28:33une nouvelle vision
28:34de la Chine
28:34oui c'était
28:35une nouvelle vision
28:36de la Chine
28:36encore que
28:37le péril jaune
28:39ça existe
28:40depuis le 19ème siècle
28:42c'est les Allemands
28:43les Prussiens
28:45qui avaient
28:47comme ça
28:47lancé l'idée
28:48que les Chinois
28:49se développaient
28:51un peu comme
28:52des fourmis
28:52et qu'à un moment donné
28:53les fourmis
28:54elles vont se précipiter
28:55sur le champ de blé
28:56et il ne restera plus rien
28:57bon et donc
28:58il y a eu
28:59cet imaginaire
29:01des Chinois
29:04populations
29:05extrêmement nombreuses
29:06qui tout d'un coup
29:07va fondre
29:08sur l'Occident
29:08ce qu'on appelait
29:09donc le péril jaune
29:10à une certaine époque
29:11et puis donc
29:12votre livre est arrivé
29:13et le succès
29:14a été immense
29:15vous l'avez imaginé
29:16ce succès
29:17José Fraîche ?
29:18je n'imaginais pas du tout
29:20le succès
29:21ni les traductions
29:22qu'il y a eu
29:23une vingtaine
29:23je crois
29:24une vingtaine
29:25de traductions
29:27et effectivement
29:28alors il y avait
29:29quand même eu
29:30des livres
29:31sur la Chine
29:33alors d'abord
29:34des livres
29:34sur des spécialistes
29:36puisque
29:37ce qu'on appelle
29:38la cinologie
29:38c'est-à-dire
29:39l'étude
29:40de la civilisation
29:41chinoise
29:42ancienne
29:43est quelque chose
29:44de très important
29:45en France
29:46avec toute une
29:48série de savants
29:49tous plus
29:50glorieux
29:51les uns que les autres
29:51qui ont publié
29:52et effectivement
29:53qui publiaient des livres
29:54pour des savants
29:56donc ça restait
29:57entre savants
29:58ensuite
29:59il y a eu
29:59le livre
30:00de Perfit
30:00oui
30:01qui a été
30:02un peu né
30:02par hasard
30:03puisque je crois
30:03qu'il avait fait
30:05il avait dirigé
30:06une commission
30:06des affaires culturelles
30:07en Chine
30:07absolument
30:08il avait ramené des notes
30:09dont il a fait
30:09un livre best-seller
30:10dont il a fait
30:11un livre best-seller
30:12il est arrivé en Chine
30:13il ne connaissait
30:14absolument pas
30:15la Chine
30:16il a découvert
30:20la Chine
30:20il a été
30:22fasciné
30:23par l'organisation
30:24pyramidale
30:25du pouvoir
30:26à l'époque
30:27la Chine
30:28était quand même
30:28un pays
30:29quand Perfit
30:29y est allé
30:30c'était un pays
30:31pauvre
30:31et communiste
30:32et les gens
30:33étaient
30:33il y avait quand même
30:34la moitié de la population
30:35qui était largement
30:36sous le seuil
30:37de pauvreté
30:37mais tout ça
30:38ça marchait
30:39à la baguette
30:40avec Mao
30:41au-dessus
30:42qui dirigeait
30:43tout ça
30:43Chuan Lai
30:44et tous les grands
30:45révolutionnaires
30:46créateurs
30:47de la Chine
30:48populaire
30:49et donc
30:49Perfit
30:50a été fasciné
30:51par ce pays
30:53d'ordre absolu
30:56et
30:56comme c'était
30:58quand même
30:58un esprit
30:58très brillant
31:00Perfit
31:03il a deviné
31:04que la Chine
31:05à partir du moment
31:06où elle s'ouvrirait
31:07parce que ça a toujours
31:08été un pays de commerce
31:09et donc
31:10les communistes
31:11avaient tué
31:11le commerce
31:12et donc
31:12ce que Perfit
31:13s'est dit
31:14c'est qu'à un moment donné
31:15les communistes
31:16ne pourront pas
31:17continuer
31:17à interdire
31:18le commerce
31:19et que le jour
31:20où la Chine
31:20va s'ouvrir
31:21au commerce
31:21ça va devenir
31:22une superpuissance
31:23économique
31:23et donc ça
31:24il a eu cette intuition
31:25quand même très tôt
31:27son livre
31:28qui était un livre
31:30bien écrit
31:30parce qu'il avait
31:32toute une armée
31:32de documentalistes
31:34et de jeunes gens
31:35brillants
31:36et de jeunes femmes
31:36brillantes
31:36dans son cabinet
31:37puisque c'était un ministre
31:38du général de Gaulle
31:39et de Giscard
31:41par la suite
31:42et donc
31:42il a
31:43il a fait ce livre
31:45qui a eu
31:45énormément de succès
31:48qui s'appelait
31:48donc
31:49quand la Chine
31:49s'éveillera
31:50le monde tremblera
31:51citation de Napoléon
31:53et vous avez écrit
31:54ensuite
31:54quand les Chinois
31:55cesseront de rire
31:56le monde pleurera
31:56voilà
31:57ça j'ai écrit ça
31:58il y a presque 20 ans
32:00et
32:01c'est peut-être
32:02un peu prémonitoire
32:03parce qu'aujourd'hui
32:04la Chine de 2026
32:06qui nous fait peur
32:08elle ne va pas si bien
32:09que ça
32:10contrairement à ce qu'on pense
32:12les dernières statistiques
32:14démographiques
32:15qui viennent de sortir
32:16montrent
32:17qu'en Chine
32:18en 2025
32:19c'est la
32:20c'est l'année
32:21où il y a eu
32:22le moins de naissances
32:23en Chine
32:24donc la Chine
32:25est un pays
32:25qui vieillit
32:26et de manière accélérée
32:28parce que eux
32:29ils ont interdit
32:30d'avoir plus d'un enfant
32:32pendant des décennies
32:33et donc ce système
32:34de l'enfant unique
32:35aujourd'hui
32:35se retourne
32:36contre la Chine
32:38qui est un pays
32:39qui vieillit
32:40de manière exponentielle
32:42et avec une jeunesse
32:46chinoise
32:46qui
32:47a très peu accès
32:50au travail
32:51au monde du travail
32:53est l'objet
32:54d'une concurrence
32:55acharnée
32:56est obligée
32:57de se faire
32:57une concurrence acharnée
32:58pour rentrer
32:59à l'université
33:00donc les
33:01les parents
33:02sont obligés
33:02comme en Corée du Sud
33:04de payer
33:05des cours
33:06particuliers
33:07à leurs enfants
33:08pour qu'ils puissent
33:09entrer à l'université
33:10donc tout ça
33:10comme au Japon aussi
33:12donc c'est une pression
33:13énorme
33:14sur les épaules
33:15de la jeunesse chinoise
33:17qui aujourd'hui
33:18d'abord
33:18un
33:18est totalement dépolitisée
33:20et deux
33:20on a tellement marre
33:22qu'elle
33:23elle se replie
33:25sur les écrans
33:26et il y a une expression
33:28en Chine
33:28aujourd'hui
33:29qui consiste à dire
33:30faire la planche
33:30donc ils font la planche
33:32ils sont sur l'eau
33:33sur le dos
33:35ils ne bougent pas
33:36et ils se laissent flotter
33:37et les parents
33:39de cette jeunesse
33:42un peu désespérée
33:43eux-mêmes
33:43sont traumatisés
33:45parce qu'ils se disent
33:46finalement
33:47notre enfant
33:48va sans doute
33:49vivre moins bien
33:51que la façon
33:52dont nous
33:53nous avons vécu
33:54alors que nos parents
33:55ont vécu
33:56beaucoup plus mal
33:56que nous
33:57et donc vous voyez
33:57il y a un retournement
33:59un peu comme ce qui se passe
34:00en Occident
34:01et en France
34:02où la classe moyenne
34:04craint pour l'avenir
34:05de ses enfants
34:06et donc on ne peut pas dire
34:07que la Chine aujourd'hui
34:08soit dans une position
34:10aussi conquérante
34:11qu'on veut bien le dire
34:12lorsqu'on regarde les choses
34:13vues à la loupe européenne
34:16d'aujourd'hui
34:16et vous l'avez compris
34:17je crois
34:18José Frèche
34:19lorsqu'en 2010
34:20vous avez présidé
34:22le pavillon français
34:23d'exposition universelle
34:24de Shanghai
34:25et cette exposition universelle
34:27vous avez dit
34:27j'accepte d'y participer
34:29parce que je pense
34:30que ce sera la dernière
34:31aussi importante
34:32oui
34:32et si vous voulez
34:33c'était d'ailleurs
34:34moi c'était en 2010
34:38deux ans avant
34:39la Chine avait eu
34:40les Jeux Olympiques
34:41à Pékin
34:42ensuite
34:43elle avait eu
34:44les
34:46l'exposition universelle
34:47à Shanghai
34:48où il y a eu
34:49100 millions
34:50de Chinois
34:51qui sont venus voir ça
34:52et donc
34:5310 millions
34:54qui sont venus voir
34:55le pavillon
34:56de la France
34:57donc ça a été
34:58extraordinaire
34:59mais en plus
34:59je crois que
35:00les dépenses
35:01ont été beaucoup plus fortes
35:02que pour les Jeux Olympiques
35:03je crois que c'est
35:0344 milliards d'euros
35:05qui ont été dépensés
35:05oui absolument
35:06parce qu'ils ont reconstruit
35:07tout un quartier
35:08de Shanghai
35:09ils ont mis
35:10tous les moyens
35:11qu'il fallait
35:11et je dirais
35:13qu'après ça
35:14donc
35:14à la fin
35:16de l'année 2010
35:17il y a eu
35:19comme un espèce
35:20de retournement
35:21de la situation
35:21en Chine
35:22ça a commencé
35:23à se
35:23si vous voulez
35:24cette espèce
35:25d'optimisme
35:26extraordinaire
35:27dont l'acmé
35:28justement
35:29est l'exposition
35:30universelle
35:31où vous avez
35:32une joie
35:33extraordinaire
35:33les gens
35:34viennent voir ça
35:35et en plus
35:36cette exposition
35:37universelle
35:37c'était
35:39unique
35:40parce que vous aviez
35:41à la fois
35:42évidemment
35:44le pavillon
35:45chinois
35:45un énorme
35:46pavillon
35:47les pavillons
35:48européens
35:49Italie
35:49France
35:50le pavillon
35:51anglais
35:52à côté du pavillon
35:53français
35:53magnifique
35:54le pavillon
35:55de la Corée
35:56du Sud
35:56le pavillon
35:57de l'Arabie
35:58Saoudite
35:58le pavillon
35:59de la Corée
35:59du Nord
36:00le pavillon
36:01de l'Iran
36:01donc tout ça
36:02si vous voulez
36:02y compris
36:03tous les états
36:04voyous
36:04rassemblés
36:05dans cet énorme
36:07parc d'attractions
36:08avec ces millions
36:10de personnes
36:10qui venaient
36:11faire la fête
36:12de tous ces Chinois
36:13et puis
36:14je dirais que
36:15ça
36:16ça fait partie
36:16de la Chine
36:17triomphante
36:18et encore optimiste
36:19et après ça
36:21le basculement
36:22se fait
36:23alors les historiens
36:24nous expliqueront
36:25comment et pourquoi
36:26et en 2000
36:28et l'année suivante
36:29donc 2011
36:302012
36:30Xi Jinping
36:31devient
36:32le dirigeant
36:34chinois
36:34et à ce moment-là
36:35verrouillage complet
36:37arrivé au pouvoir
36:38d'un homme
36:39qui est un marxiste
36:40convaincu
36:41Xi Jinping
36:42qui considère
36:44in petto
36:45que le capitalisme
36:46c'est affreux
36:48et donc
36:48qui voit
36:49d'un très mauvais oeil
36:50toutes les marques
36:52de luxe
36:53toutes les voitures
36:54les Maserati
36:56les Ferrari
36:58les appartements
37:00absolument extraordinaire
37:01à Shanghai
37:02Pékin
37:02etc
37:02donc qui n'aime pas
37:04la richesse
37:05étalée
37:05et qui a très peur
37:07que son pays
37:07perde
37:08ses racines profondes
37:10qui sont des racines
37:11collectivistes
37:13et au fond
37:14qui aujourd'hui
37:16correspond un peu
37:17à cette Chine
37:20qui a peur
37:21de l'avenir
37:21et donc
37:22qui est un peu
37:22raidie sur elle-même
37:24et dont je pense
37:26la population
37:26est beaucoup moins
37:27heureuse aujourd'hui
37:28qu'elle n'était
37:29il y a
37:30une dizaine d'années
37:31ça c'est le passé
37:32mais le futur
37:33on va l'évoquer
37:34à travers la date
37:34du 6 novembre 2025
37:36à tout de suite
37:36sur Sud Radio
37:37avec José Frèche
37:39Sud Radio
37:40les clés d'une vie
37:41Jacques Pécy
37:42Sud Radio
37:43les clés d'une vie
37:43mon invité
37:44José Frèche
37:45nous avons évoqué
37:46votre passé
37:47votre passion de la Chine
37:48toutes vos activités
37:49et puis
37:49le 6 novembre 2025
37:51est sorti un roman
37:52de près de 700 pages
37:54aux éditions XO
37:54La Présidente
37:55alors l'histoire
37:56c'est qu'on est
37:57le 6 mai 2040
37:58une jeune femme
37:59de 31 ans
38:00devient présidente
38:02de la République française
38:03elle est née en Chine
38:04en 2009
38:05sa mère a vécu
38:06aux Etats-Unis
38:06et elle se prénomme
38:08Jade
38:08un prénom
38:09qui vous a porté bonheur
38:10absolument
38:11pourquoi cette idée
38:12qu'est-ce que c'est
38:12que ce livre
38:13alors ce livre
38:14c'est un
38:16ça part de 1981
38:19et ça va effectivement
38:21jusqu'en
38:232040
38:24et ça s'arrête
38:25la première partie
38:26du livre
38:26s'arrête
38:27en 2025
38:28et donc je raconte
38:29je raconte
38:31le monde
38:33depuis
38:341981
38:35jusqu'à 2025
38:36et pourquoi cette idée ?
38:39et cette idée
38:39c'est que
38:40au fond
38:42tout ce qui arrive
38:43aujourd'hui
38:44s'explique
38:45par ce qui est arrivé
38:46hier
38:46une sorte de maillon
38:47de chaîne
38:48c'est une chaîne
38:50dont les maillons
38:51sont effectivement
38:51liés les uns aux autres
38:53tout s'explique
38:54par le passé
38:55par l'histoire
38:56et donc là
38:56je suis parti
38:57de 1981
38:58j'aurais pu remonter
39:00à 1950
39:01à 1940
39:02ou autre
39:03pourquoi 1981 ?
39:04parce que c'est
39:05l'arrivée de la gauche
39:05au pouvoir
39:06et que je pense
39:06que pour la France
39:07il y a un certain
39:08basculement aussi
39:08qui se fait à ce moment-là
39:10et donc au milieu
39:11de cette histoire
39:13du monde
39:14de 1981
39:15à 2025
39:17je fais intervenir
39:18un certain nombre
39:19de personnages
39:19à la fois
39:20des personnages
39:21qui existent
39:22ou qui ont existé
39:23Mitterrand
39:24Chirac
39:25Clinton
39:25Poutine
39:27Xi Jinping
39:30Teng Xiaoping
39:31etc
39:32et au milieu
39:33de ça
39:34qui sont des personnages
39:36que je montre
39:37dans des certaines actions
39:38très précises
39:39je fais intervenir
39:40mes personnages inventés
39:42les personnages
39:43les héros
39:44de mon roman
39:46et en particulier
39:47l'ascendance
39:50de cette jeune
39:52chinoise
39:52qui s'appelle Jade
39:53donc sa grand-mère
39:55ce qui s'est passé
39:57et un peu d'ailleurs
39:58son âge
39:58grand-mère aussi
39:59sa tante
40:01sa mère
40:02son père
40:02donc on raconte
40:04tout ça
40:06face à ça
40:06il y a un certain
40:07nombre de personnages
40:08français
40:09qui interviennent
40:11qui vont aller en Chine
40:12pour un certain
40:13nombre de raisons
40:14qui sont des raisons
40:16soit
40:16le familial
40:18soit
40:18parce que
40:20ils sont envoyés
40:22là-bas
40:22pour des
40:23pour
40:24le business
40:25comme on dit
40:26soit pour d'autres raisons
40:28le hasard
40:29faisant loi
40:30aussi
40:31dans cette histoire
40:32et donc
40:33cette jeune
40:35fille
40:36Jade
40:37qui va être
40:39conçue
40:40à Pékin
40:41le soir
40:42de la
40:43de la
40:44cérémonie
40:44d'ouverture
40:45des Jeux
40:45Olympiques
40:46de 2008
40:47donc elle va naître
40:48en avril
40:492009
40:50elle va avoir
40:51une destinée
40:52tout à fait
40:53extraordinaire
40:53parce qu'elle va
40:54perdre ses parents
40:55elle va être
40:56recueillie
40:57par sa tante
40:58qui elle-même
41:00se met en couple
41:01avec un français
41:03qui va finalement
41:04exfiltrer
41:05cette jeune
41:06chinoise
41:07parce que
41:08comme cette jeune
41:09Jade
41:09n'a pas ses parents
41:11et donc
41:11la seule façon
41:12pour elle
41:13de ne pas être
41:14confiée
41:14au parti
41:15communiste
41:16c'est qu'elle
41:17soit
41:17exfiltrée
41:18en France
41:19par
41:21la personne
41:22qui va devenir
41:22un peu son père
41:23adoptif
41:25et donc
41:25je raconte
41:26comment
41:26ensuite
41:27cette jeune
41:28chinoise
41:29qui est
41:30très intelligente
41:31très douée
41:32et qui a une culture
41:33la double culture
41:35c'est à dire
41:35une culture française
41:36mais également
41:37la culture chinoise
41:38c'est à dire
41:38une culture confucéenne
41:40parce qu'on l'oublie
41:42mais la société chinoise
41:43tout comme la société
41:45japonaise
41:46ou coréenne
41:46sont des sociétés
41:47confucéennes
41:48donc
41:49dans l'idéologie
41:50de Confucius
41:51le grand philosophe
41:53du sixième siècle
41:54avant Jésus-Christ
41:56qui prône
41:57la suprématie
41:59du collectif
41:59par rapport
42:00à l'individuel
42:01et donc
42:02le respect
42:02de la collectivité
42:04l'effacement
42:05de l'individu
42:06au profit
42:06de la collectivité
42:07le respect
42:08des anciens
42:08le respect
42:10de l'histoire
42:10l'ordre
42:12et donc
42:12à la fois ça
42:13plus la créativité française
42:15l'ouverture
42:16aux autres
42:17que va avoir Jade
42:19fait qu'elle devient
42:20une personne
42:21tout à fait exceptionnelle
42:23qui va être
42:24finalement remarquée
42:25parmi la jeunesse
42:27et le pari
42:28que je fais
42:28donc pour l'élection
42:29de cette jeune
42:31ex-chinoise
42:33néo-française
42:34à la présidence
42:35de la France
42:36c'est qu'à un moment donné
42:38la crise
42:39que nous subissons
42:40dans les pays
42:43occidentaux
42:45et qui fait
42:46aujourd'hui
42:47je crois qu'on peut le dire
42:48sans ex-génération
42:51mais disons que
42:52nous sacrifions
42:53la jeunesse
42:55par rapport
42:56à l'ordre établi
42:58pour
42:58les anciens
42:59regardez par exemple
43:00ce qui se passe
43:01sur les retraites
43:02où effectivement
43:03on privilégie
43:05plus les retraités
43:06que les jeunes actifs
43:07et donc
43:07c'est à juste titre
43:09je pense en tout cas
43:10qu'à un moment donné
43:11la jeunesse va dire
43:12stop
43:13maintenant ça suffit
43:14et donc
43:14ils vont se retrouver
43:15dans Jade
43:16et Jade va devenir
43:18en quelque sorte
43:19leur porte-parole
43:20la porte-parole
43:21de cette jeunesse
43:21et c'est comme ça
43:22qu'elle va réussir
43:23à se faire élire
43:24présidente de la France
43:25sans l'avoir cherché
43:26il se trouve en plus
43:27que l'homme d'image
43:28que vous avez été
43:29avec le câble
43:30que vous avez été
43:31le premier à découvrir
43:32finalement ça se rejoint
43:33dans ton solide
43:34puisque vous évoquez
43:34les réseaux sociaux
43:35en montrant l'importance
43:37des réseaux sociaux
43:37et votre expérience
43:38du passé là
43:39elle sert
43:39José Frèche
43:40oui alors
43:40les réseaux sociaux
43:41comme on dirait
43:43pour la langue
43:44des hop
43:45c'est la meilleure
43:45à la paire des choses
43:47mais je dirais
43:48moi je ne fais pas partie
43:49pour les réseaux sociaux
43:50je ne fais pas partie
43:51de ceux qui jettent
43:52le bébé avec l'eau du bain
43:53en disant
43:53c'est affreux
43:54c'est la foire d'empoigne
43:56c'est la haine
43:57en direct
43:58etc
43:58moi je pense que
43:59c'est d'abord
44:01certes ça peut être ça
44:02mais c'est aussi
44:03des choses
44:04enfin des moyens
44:07pour des gens
44:08de se retrouver entre eux
44:11de faire passer
44:12des informations
44:14de se reconnaître
44:15dans un certain nombre
44:16de héros
44:17de valeurs
44:17ou autres
44:18et donc je pense
44:19qu'on peut tirer
44:20et même il faut tirer
44:21des réseaux sociaux
44:22des choses qui sont
44:23tout à fait positives
44:24et donc ce que fait Jade
44:25c'est qu'elle va être portée
44:28justement
44:28par les réseaux sociaux
44:29par la musique
44:30par ce qui rassemble
44:32les jeunes d'aujourd'hui
44:35et ils vont vouloir
44:36tourner la page
44:37et donc
44:38rentrer dans un monde
44:39qui va être tourné
44:40vers la jeunesse
44:41vers l'optimisme
44:42pas vers la guerre
44:44pas vers la mort
44:45pas vers les armes
44:46pas vers la contrainte
44:47et donc en ce sens
44:50le pessimiste
44:52que je suis
44:52est optimiste
44:54en tout cas
44:55pour les jeunes
44:56puisque je fais élire
44:58cette jeune chinoise
44:59présidente de la France
45:00et je pense
45:01que c'est une issue
45:03un peu rêvée
45:04pour notre pays
45:05oui mais qui
45:06pas tout à fait improbable
45:08mais il se trouve aussi
45:09que vous évoquez
45:10à travers ce récit
45:12prémonitoire
45:13l'intelligence artificielle
45:15oui
45:15l'intelligence artificielle
45:17qui est déjà présente
45:19mais depuis très longtemps
45:20parce que
45:21tout le monde dit
45:22mais l'intelligence artificielle
45:25chat GPT etc
45:27oui bien sûr
45:28depuis 3 ou 4 ans
45:29il y a des nouvelles formes
45:31d'intelligence artificielle
45:32et en particulier
45:32l'intelligence artificielle
45:34générative
45:35qui font qu'effectivement
45:37il y a des tas de choses
45:38qu'on peut faire
45:39qu'on peut susciter
45:40des vidéos
45:41alors là pour le coup
45:42des choses bonnes
45:42et très mauvaises aussi
45:44mais l'intelligence artificielle
45:46donc les algorithmes
45:48ça existe depuis déjà
45:49pas mal de temps
45:50mais c'est vrai
45:51que ça va avoir
45:52un impact
45:55considérable
45:55sur nos sociétés
45:56d'ailleurs à cela
45:59personnellement
45:59je suis quand même
46:00un peu inquiet
46:02des conséquences
46:03que peut avoir
46:04l'intelligence artificielle
46:06en particulier
46:07sur des économies
46:08qui sont des économies
46:09avec beaucoup de services
46:11comme c'est le cas
46:12des économies occidentales
46:17européennes
46:18françaises
46:18mais également
46:20américaines
46:20il ne faut pas
46:21se faire d'illusions
46:21et je pense que là
46:23effectivement
46:24il risque d'y avoir
46:24pas mal de casse
46:25et pas mal de dégâts
46:26et que
46:27ce qu'on peut penser aussi
46:29c'est qu'à un moment donné
46:30le balancier
46:31sera allé tellement loin
46:32dans un sens
46:33qu'il reviendra dans l'autre
46:34alors ce livre
46:35vous dites que c'est
46:36le livre de votre vie
46:37vous avez mis 4 ans
46:37à l'écrire
46:38et il y a beaucoup
46:39de souvenirs personnels
46:40et inédits
46:41de vos années
46:43de fonctionnaires
46:44notamment
46:44vous évoquez
46:45François Mitterrand
46:46que vous appelez
46:46Ramina Grobis
46:47d'ailleurs
46:47c'est le seul surnom
46:49que je donne
46:50au personnage historique
46:51dont je parle
46:52dans cet ouvrage
46:55oui parce que
46:57François Mitterrand
46:57c'est un personnage
47:00moi j'ai un tout petit peu
47:02connu
47:02je n'ai pas du tout
47:04travaillé pour lui
47:05puisque j'ai travaillé
47:07pour Chirac
47:07mais je l'ai rencontré
47:10à plusieurs reprises
47:11c'était un personnage
47:12tout à fait fascinant
47:16qui a apporté à la fois
47:18beaucoup de choses positives
47:20mais également
47:20à mon avis
47:21beaucoup de choses
47:23défastes
47:25parce que
47:26à l'économie
47:27parce que c'est un homme
47:28qui ne s'intéressait
47:29absolument pas
47:29à l'économie
47:31et qui alors
47:32effectivement
47:33après il y a eu
47:33ce qu'on a appelé
47:34le tournant de la rigueur
47:35donc on est passé
47:36d'un socialisme
47:39distributif
47:39à quelque chose
47:40qui était beaucoup plus
47:42entre guillemets
47:43libéral
47:43et politique de l'offre
47:45en 1984
47:46et puis ensuite
47:48n'oublions pas
47:49qu'après 1988
47:52il y a eu
47:53une dérégulation
47:54des marchés financiers
47:56un peu à la rigane
47:58qui a été faite
47:58par Bérégovoy
47:59et donc tout ça
48:01si vous voulez
48:01fait qu'au fond
48:02Mitterrand
48:03a un peu
48:05mis en germe
48:06je pense
48:07sans s'en rendre compte
48:08et sans le savoir
48:08parce que lui
48:09ce n'est pas des sujets
48:10qui l'intéressaient vraiment
48:11un peu toutes les choses
48:13qui ont donné
48:14un certain nombre
48:14d'excès
48:15et en particulier
48:16cette crise financière
48:17terrible de 2008
48:18qui est un peu liée
48:19au fait
48:20qu'il y avait quand même
48:20dans les marchés financiers
48:22beaucoup beaucoup de choses
48:23qui étaient
48:23qui étaient un peu
48:25ni faites ni à faire
48:25il se trouve aussi
48:26que vous évoquez
48:27Chirac
48:27à la mairie de Paris
48:28que vous avez connu
48:29en jogging
48:29et faisant des étirements
48:31ce qu'on ne savait pas
48:32il faisait fraîche
48:32si si si
48:33il faisait des étirements
48:34parce qu'il avait
48:35comme coach sportif
48:36Guy Druth
48:37et Guy Druth
48:38venait
48:39je pense
48:39au moins
48:40une fois par semaine
48:42si ce n'est pas deux
48:42pour lui faire faire
48:43des exercices
48:45mais Chirac
48:45si vous voulez
48:46était un homme
48:46extrêmement secret
48:47sur sa vie privée
48:49sur ses
48:51donc il compartimentait
48:52énormément
48:53et finalement
48:53très peu de gens
48:54savaient exactement
48:56comment Chirac
48:56vivait
48:58chez lui
48:59c'était
49:00c'était un homme
49:01extrêmement
49:02caparassonné
49:02et très protégé
49:03de ce point de vue là
49:04qui se protégeait
49:05beaucoup
49:05ce livre aussi
49:06José Fraisse
49:07vous l'avez écrit
49:07avec le recul du temps
49:10absolument pas dupe
49:11de cette comédie du pouvoir
49:12à laquelle
49:13vous avez assisté
49:14bah non
49:14parce que moi
49:15si vous voulez
49:17moi j'ai vu
49:18ce qui se passe
49:19aujourd'hui
49:20en France
49:21ne m'étonne absolument pas
49:22moi j'ai connu
49:25pour le coup
49:25j'ai bien connu
49:26Jacques Chirac
49:30je ne suis pas allé
49:31quand il a été élu
49:32président de la république
49:32je ne suis pas allé
49:33l'Élysée
49:34mais vous voyez
49:34quand il y a eu
49:35la dissolution
49:36de 1997
49:37moi j'ai fait partie
49:38de ceux qui
49:39lui ont dit
49:40par écrit
49:41mais c'est de la folie
49:42vous êtes en train
49:43de vous
49:45faire sauter
49:47le portrait
49:48en appuyant
49:49sur le bouton rouge
49:49et puis c'est là
49:51où je me suis rendu compte
49:52que autour
49:52le président
49:53d'abord c'est quelqu'un
49:54qui est très isolé
49:56qui est entouré
49:57par des courtisans
49:58donc par des gens
49:58qui n'osent pas lui dire
49:59les choses
50:00vous voyez
50:02Chirac était entouré
50:03par des gens
50:03qui l'ont poussé
50:04à faire les dissolutions
50:05et aucun
50:07aura eu l'idée
50:08de lui dire
50:08ou aura osé
50:10rentrer
50:10forcer la porte
50:11de son bureau
50:12pour lui dire
50:12mais ne faites pas ça
50:14ou alors
50:15vous me passez
50:15sur le corps
50:16pour le faire
50:16personne ne lui a dit
50:17et aujourd'hui
50:18je pense que
50:20Sarkozy
50:21également
50:21était entouré
50:22par beaucoup de gens
50:24qui lui disaient
50:25oui monsieur
50:26je dirais
50:27que le plus grand défaut
50:28d'un chef de l'état
50:30c'est de ne vouloir
50:31écouter que ce qu'on
50:32veut entendre
50:33et malheureusement
50:34aujourd'hui
50:36moi je ne connais pas
50:38personnellement
50:39l'actuel chef
50:40de l'état français
50:41mais d'après tout
50:42ce qui me revient
50:44et tout ce qu'on peut voir
50:46tous les gens
50:47qui étaient autour
50:48de Macron
50:49et qui pouvaient
50:50lui dire
50:51les choses sont parties
50:52mais très vite
50:54ça ça m'a
50:55un peu
50:56troublé
50:57et je pense
50:58qu'aujourd'hui
50:59quand le président
51:01de la république
51:01est un homme seul
51:02entouré de courtisans
51:05il peut faire
51:06les pires
51:07bêtises
51:08et vous
51:09vous êtes un homme seul
51:10mais qui a fait le meilleur
51:10avec ce livre
51:11La Présidente
51:12qui est chez Ixso
51:13qui est un roman passionnant
51:15à la fois
51:15pour découvrir la Chine
51:17de façon très simple
51:18et pour découvrir
51:19les coulisses du pouvoir
51:20depuis 1981
51:22merci José Frech
51:23de vous être livré ainsi
51:24dans ce livre
51:24et continue comme ça
51:25merci à vous Jacques
51:26merci
51:27les clés d'une vie
51:27c'est terminé
51:28pour aujourd'hui
51:29on se retrouve bientôt
51:30restez fidèles
51:30à l'écoute de Sud Radio
51:31à l'écoute
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